Nouvel Elan TV - Banlieue, Politique et Stigmatisation : Le Message D'Aly Diouara
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Peux-tu retracer ton parcours du jeune Ali à la Courneuve ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment se construit-on en venant de la cité des 4000 ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir éducateur spécialisé ?
- 9:00OuverteRéponse directe
En 2021, tu as dit 'on n'a pas vocation de faire des carrières politiques'. Qu'est-ce qui a changé ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Comment vulgarises-tu la politique pour les habitants des quartiers ?
- 17:00OuverteRéponse directe
As-tu toujours senti être représenté en politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Ali DiouaraFait
« On n'a pas vocation de faire des carrières politiques, c'est pas l'objectif, mais si on doit le faire par défaut, on le fera. »
- 6:00Aly DiouaraFait
« Moi je considère que mon rôle de député par exemple, c'est un rôle qui se veut être aussi beaucoup sur le terrain et beaucoup bah avec cet objectif de vulgariser et de faire rentrer euh bah la rue, la street à l'Assemblée nationale. »
- 11:00Aly DiouaraFait
« C'est la maison du peuple, c'est nos impôts qui payent ça et tout le monde paye des impôts. »
- 15:00Aly DiouaraFait
« Être député au-delà de représenter le peuple, c'est surtout aussi restaurer la dignité des gens qui habitent dans nos quartiers. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour. Bonjour. Je suis avec Sabrina.
Je suis avec Walid. Et bienvenue sur Nouveland TV, le média qui donne la parole à la ville. On se retrouve pour notre première émission.
Ici, notre objectif, c'est de traiter des sujets d'actualité et d'inspirer la jeunesse avec des parcours de réussite varié. Et ça tombe bien parce qu'aujourd'hui, nous avons le plaisir de retracer le parcours prestigieux d'un député de la France insoumise et président de Sainte Saint-Denis au cœur et surtout de la voix des villes populaires Ali Diara. Bonjour.
Bonjour. Comment ça va Ali ? Ça va, ça peut aller pour l'instant.
En tout cas, c'est un honneur pour nous de t'avoir avec nous. Honneur partagé. Merci d'avoir accepté l'invitation.
Pour commencer, des petites questions un peu un peu basiques. Est-ce que tu peux nous retracer ton ton parcours du jeune Alli quand il était plus petit et son enfance à la Courneuve ? Euh bah le jeûne déjà, merci, merci pour l'invitation.
Franchement, ça fait ça fait plaisir puisque je pense que des podcasts comme ça permettent de vulgariser justement la vie la vie publique et j'espère que au-delà des vues, ça touchera pas mal de monde et que beaucoup de jeunes et même moins jeunes dans nos quartiers populaires décideront de s'intéresser un peu plus à la chose publique et à la politique. Et pour mon parcours donc Alidjouara, donc 38 ans, je suis né et j'ai vécu toute ma vie quasiment à la Courneuve. Euh donc dans une ville populaire, dans une cité populaire, la cité des 4000.
Euh donc j'ai fait toute ma scolarité là-bas quasiment du moins euh en tout cas jusqu'au collège. Et ensuite au lycée, j'ai été à Aubertvilier au lycée Henri Valallon euh dans lequel j'ai passé un bac ES que j'ai royalement loupé au début et ensuite j'ai été au lycée le Corbusier. Je vais repasser mon bac que j'ai obtenu.
Par la suite, je me suis orienté vers euh vers un un DUT euh technique de commercialisation, je crois. Euh j'ai pas été j'ai même pas été. Ensuite, un BTS communication des entreprises aussi, j'ai lâché l'affaire. euh par la suite très orienté encore en sociologie politique puis en sciences de l'éducation et euh et ensuite en master et j'ai décidé de travailler donc en pour être éducateur spécialisé et par la suite un un parcours dans le service public territorial donc dans des communes à la Courneu à Bobini à Drans et et puis voilà pour le parcours le parcours scolaire on va dire.
OK, donc quand même un parcours de réussite qui est quand même semé d' bûche. Comment est-ce que en tant que aujourd'hui àudara, comment on se construit en venant de la Cour neuve, la cité des 4000 ? C'était quoi un peu le climat quand quand tu as grandi ?
Après, je sais pas si c'est un parcours de réussite. Je dirais plus que c'est un parcours qui est censé être ordinaire. Euh voilà, on va à l'école et on suit un cheminement tout à fait normal comme un mec des vauges et c'est tout.
Donc après c'est c'est une question de de d'opportunité mais après voilà c'est il y a des obstacles, il y a des embuches sur le sur le sur ce parcours-là et euh et c'est lié à j'ai envie de dire un peu à notre condition sociale, à notre environnement social. Euh encore récemment, je traitais du contrôle aux facièes et cetera. Donc c'est c'est des réalités qu'on qu'on vit.
Euh je pense que quand on veut, on peut. Euh mais il faut vouloir beaucoup plus que les autres et on sera toujours un peu confronté au aux mêmes difficultés. Là, on revient d'une visite de l'Assemblée nationale.
On a toujours les mêmes stéréotypes, clichés qui s'abattent sur nous et quand bien même on est aujourd'hui député, hein, j'ai fait une visite, on est parti prendre un café euh à la suite de cette visite avec avec toutes les personnes qui qui nous accompagnaient, qui qui ont été nos invités aujourd'hui. Et à la fin de la au moment où où je suis parti payer, on m'a demandé si j'étais bien éducateur, moniteur, éducateur ou je sais pas quoi. OK.
Voilà. Donc c'est comme ça. Donc on fait avec et on avance.
Tu as parlé du métier des d'éducateurs spécialisés. Qu'est-ce qui t'a donné envie de de faire ce métier ? Est-ce que c'est c'était peut-être autour de toi ?
Ça sent un besoin de la part des habitants ou non ? Disons que bah le besoin oui, on l'a parce que j'ai pendant pendant pendant très longtemps et je le suis encore aujourd'hui, j'ai été militant associatif bénévole au sein d'une association depuis 2004 qui s'appelle Action de solidarité pour l'autonomie durable. Donc association Assad dans laquelle je milite qui accueille quasiment 200 gamins de la grande section maternelle à la terminale.
Et euh et forcément j'ai voulu mettre en adéquation, j'ai envie de dire un peu mon engagement associatif avec mes études et je me suis dit vraiment que j'allais m'orienter vers ça. C'est à ce moment-là que j'ai trouvé un peu ma vocation et c'est la raison pour laquelle je me suis orienté vers ces études de sciences de l'éducation. En gros, j'apprenais la théorie à la fac et je la mettais en pratique dans dans mon engagement. associative de quotidien et je passais vraiment beaucoup de temps dans cette association là euh de sorte aussi à la développer, à la à la péréniser en quelque sorte et euh et donc voilà, c'est ce qui m'a poussé à à faire ces études pour les mettre en adéquation avec avec cet engagement.
Et l'engagement, bah j'ai envie de dire quand on est dans les quartiers populaires euh forcément c'est des lieux où on a euh je sais plus si c'est Orwell qui disait ça, qui disait "Nous sommes tous égaux, certains plus que d'autres. Donc chez nous, c'est un peu plus voilà, il faut s'engager davantage." OK.
Donc euh forcément dans un environnement social où tu as à la fois de la de la des gens qui et beaucoup de personnes qui malheureusement bénéficie de minim sociaux euh ou vivent sous le seuil de pauvreté et cetera. forcément, on voit les choses un peu différemment et je pense que le devoir d'un certain nombre de personnes, c'est justement de s'engager dans ça et et euh et de concourir à c'est peut-être un peu utopique, mais à l'établissement d'une société un peu plus juste. Et c'est ce à quoi j'essaie de mateler tout en sachant que en en faisant ça, bah franchement, ça va pas forcément toujours plaire à tout le monde et et il faut se battre après, faut se battre contre les dinosaures, c'est comme ça.
Euh en pour revenir ce que tu disais sur ta vocation, pardon, en 2021, tu nous as dit lors de l'élection départementale euh "On n'a pas vocation de faire des carrières politiques, c'est pas l'objectif, mais si on doit le faire par défaut, on le fera." Pour revenir sur ce que tu disais euh en matière de motivation, de réalité du terrain, qu'est-ce que qu'est-ce qui a fait que pour toi ? Est-ce que ça a été une évidence de te diriger vers la politique ?
Est-ce que ça a été une motivation qui est un peu plus qui a plus de fouel que les autres ? Bah disons que par rapport à ce que tu cites, c'était je crois dans un article du Bondi Blog à l'époque où je disais ça et en fait je disais avant ça, je disais que on allait faire un rappel à l'ordre aux politiques. C'est-à-dire que quand on a créé notamment la scè scin New Yorker, c'était euh l'idée pour nous c'était de remettre au centre du débat public et politique les habitants.
Finalement quand on entre en politique, on se rend vite compte que gauche et droite localement ça veut peut-être même au niveau de l'Assemblée nationale, parfois ça veut aussi rien dire. aujourd'hui dans dans dans le combat politique notamment localement euh finalement les habitants, ils existent qu'au moment des élections mais tout au long d'un mandat on en a strictement rien à faire de leur existence et j'ai envie de dire que même le politique justement dans sa posture parfois d'élu local avec un vrai pouvoir ou d'un élu national type député et cetera, les conditions d'exercice du mandat font qu'il l'éloigne justement des des de de du peuple. Euh moi, je suis député aujourd'hui et je vois beaucoup de mes collègues en fait, ils n'ont aucun rapport au peuple et c'est même parfois le cas dans des services public même de proximité.
Vous allez avoir, vous allez voir dans certains un certain nombre de services, état civil et cetera, les gens, vous allez les voir en fait, ils ont peur de voir les gens, ils ont une phobie des gens et euh et il est là le problème. Donc en fait mon objectif et notre objectif à ce moment-là c'était à la fois de vulgariser la vie publique et politique et aussi remettre les citoyens au centre du débat public et politique au centre des du du champ décisionnel vraiment du du champ décisionnel qu'on qu'on leur refusait parce qu'on on nous réunit souvent dans des réunions dans dans des lieux où on parle de démocratie participative, venez à tel ou tel endroit, donnez votre avis et cetera. Mais tout ça c'est du vent en réalité.
En réalité ce qui prime notamment dans les municipalités c'est la gestion des affaires et des marchés publics. C'est ça le plus important. Les gens et il y a il y a une formule de de euh de Mohamed Niabali qui est maire de de Lil Sand qui qui souvent en campagne dit "Les gens les gens avant l'argent." Euh et moi je dis souvent que euh le temps le temps le temps administratif des affaires et de tout de la gestion des affaires et et de la gestion d'une commune n'est pas le temps de ceux qui ont faim.
Euh et il est là le problème. Et plus vous mettez des personnes à des postes à responsabilité qui sont très éloignés de la réalité de la vie des gens, plus c'est compliqué à faire à faire entendre un certain nombre de doléances légitimes de cette même population. Et c'est la raison pour laquelle je considère que malheureusement par défaut, c'était pas le chemin que je souhaitais emprunter et encore moins celui de la députation.
Mais euh parfois faut les choquer pour pour que ça bouge. Et moi j'ai une autre citation, on va beaucoup de citer aujourd'hui. On ne cherche pas à avoir le pouvoir mais on cherche à poser des questions et jouer notre rôle de vigilance en tant que citoyen.
Là je suppose que tu parles un peu du travail de terrain entre guillemets. Tu parlais du peuple. Est-ce que tu as une manière de parler différente ou est-ce qu'il y a une pédagogie peut-être avec bah les gens de la Cour neuve ou de ta circonscription aujourd'hui euh pour vulgariser la politique aujourd'hui ?
Pas forcément un public jeune mais même avec les les parents aujourd'hui qui ne comprennent pas forcément l'univers de la politique ? Non, moi je pense que déjà parler aux gens avec le langage qu'ils comprennent, je pense que déjà c'est important. Euh c'est ce que fait très bien par exemple Mélanchon mais ça clive mais c'est ce qui fait aussi très bien.
Mais de l'autre côté en fait il y a pas besoin de on va Moi, j'invente pas l'eau chaude quand je m'exprime. On vit dans les mêmes quartiers, on a vécu les mêmes choses, on a joué au foot dans les mêmes endroits et finalement les gens je pense qu'ils ont quand même besoin d'avoir une réelle représentation euh de de s'identifier à des gens. Euh tout à l'heure, je disais encore que aujourd'hui, on a 12 députés, par exemple en Sintis et sur ces 12 députés, je suis le seul qui est né là-bas.
Oui, c'est vrai que et moi je trouve que c'est problématique et les gens c'est pas une question de discours, c'est une question de représentation de véritablement un vrai vécu. Je ne crois pas aujourd'hui que tu puisses quand bien même tu es à l'iduara du nouveau Front populaire, France insoumise, tout ce que tu veux, je ne pense pas qu'on puisse me parachuter dans les vauges. Voilà.
Pourquoi ce qu'on ne peut pas faire avec moi en me catapultant dans les vauges, on le fait par contre avec d'autres en les en les mettant en scène sanni ? Pour quelle raison ? Qu'est-ce qui justifie ça ?
Qu'est-ce qui légitime cela ? Moi, je trouve que c'est pas normal. Et à un moment donné, les femmes et les hommes des quartiers populaires, jeunes ou moins jeunes, aspirent, je pense, à cette juste représentation de gens qui finalement euh ont eu ce vécu, ses problématiques aussi ses réussites.
Et euh c'est pour ça tout à l'heure, je parlais d'un parcours ordinaire. Finalement, c'est pas forcément de la réussite. L'extrême majorité des gens qui viennent dans les quartiers populaires réussissent. sinon on serait pas là en train de faire ce podcast-là, je pense.
Et on a tous des parcours, je parlais de licence de droit, Infocom et ainsi de suite. On a tous des parcours euh avec, j'ai envie de dire, un peu une certaine forme de similitude. On a envie de faire des choses, on a envie de réussir mais c'est censé être la règle.
On a même pas à se le dire en fait, c'est censé être inconscient. Et aujourd'hui, en fait, quand quelqu'un sort un peu euh du bah devient par exemple député en l'occurrence et en vraiment en toute humilité, euh la dernière fois on m'a posé la question, m'a dit "Est-ce que tu considères pas être un peu une anomalie ?" Mais non, l'anomalie c'est le fait de ne pas y être.
C'est le fait qu'on ne soit pas assez. C'est le fait d'être le seul natif de la scène Saint-Ni qui est député de la Sandy. Elle est là l'anomalie.
Aujourd'hui en Sandy, vous avez un certain nombre de mères qui ont un accent du sud. Il y a pas de problème. Je suis témoin mon Il y a pas de problème.
Mais pourquoi ? C'est quand même le département le plus peuplé de d'Île-de-France sans compter Paris. Pourquoi ?
Pourquoi ? On a parlé de mobilité sociale pour un certain nombre d'entre nous, on est des transfuges de classe aussi. Mon père était ouvrier, charisma nutentionnaire.
Rien ne présager à ce que je sois député à la fin ou même que j'aille en licence et tout ce qu'on veut parce que la reproduction sociale et cetera. Mais maintenant qu'on on a réussi à atteindre ces ces ce niveau-là et cetera, finalement pour s'asseoir à certaines places, on nous dit bah non, en fait ça c'est la place à Timothé. Ben non, Timothé vous m'avez compris hein.
Voilà. Moi je pense que Mamadou peut y être. C'est ça.
Et c'est pas faute, c'est pas faute de candidat en plus. C'est vraiment que ces places là, elles sont réservées pour Bah sur en fait, je pense que c'est quand même aussi parfois faute de candidat parce qu'on nous a mis dans un monde dans lequel en fait ça on n'y a vraiment pas accès. Ça veut dire que on a créé chez nous un désintérêt pour cette chose-là.
Voilà, on a vraiment créé un désintérêt pour la chose publique et politique euh voire même un désamour, avoir peur et dire c'est ils sont tous les mêmes, ils sont ceci, ils sont cela, c'est un sale monde, c'est ceci et cela. OK. Euh mais pourquoi eux ils sont si c'est tellement un sal monde, pourquoi ils se battent autant pour avoir cette place là ?
Moi je pense que quand on se bat autour d'un d'un ou qu'on course un gibier, c'est que il y a quelque chose de très intéressant là-bas et je le vois, je le vois là-bas. Et puis si j'ai l'impression que c'est un peu aussi fait exprès euh que on nous fait croire que la politique c'est quelque chose de compliqué, que ah ça devient trop politique, c'est quelque chose de politique, tout de suite c'est péjoratif comme comme mot à mon à mon sens tout est politique. Tout est politique.
Tout ce qu'on fait tout ce qu'on fait au coaching, tout est politique. La politique c'est la chose publique, c'est la gestion des affaires, c'est les relations humaines, c'est tout ça. Et il y a pas besoin d'avoir d'avoir fait Harvar pour devenir qui que ce soit en fait en politique.
Euh on a même des délinquants politiques euh qui portent actuellement même des bracelets. La politique c'est euh l'affaire de tous. Et comme j'aime à dire euh ou du moins j'aime à rappeler euh c'est soit on est autour de la table, soit on est dans l'assiette et en Sain Saint-Den particulièrement.
Voilà et en Saint Saint-En particulièrement, on est souvent dans l'assiette. C'està-dire qu'on nous éloigne de toutes ces choses-là et on préfère nous cantonner à des rôles d'irresponsabilité. Ça veut dire que et pourtant il y a des rôles.
Par exemple euh souvent euh moi quand j'étais plus jeune, quand on avait quelqu'un qui travaillait à la mairie et qui était pourtant animateur, c'était un truc de ouf. C'était une dinguerie. Il travaille Ah lui il est chaud et c'est chez lui qu'on allait.
Le mec, il était animateur de centre de loisirs, mais on on le mettait un niveau qui était important parce qu'il était entré à la mairie et tous nos parents avant ça avaient travaillé dans d'autres boulots et c'est il y avait une forme de d'ascension sociale. Mais quand on est animateur de centre de loisirs, le plus haut niveau qu'on peut atteindre parfois c'est directeur. Mais à aucun moment on nous parle de chef de service, de de direction générale et ainsi de suite. des postes véritablement qui permettent d'influer dans des dans les décisions de la commune.
Et moi, c'est ça qui me dérange. C'est pour ça que je dis que c'est pas les postes que politique. Il y a des postes en administration qui sont hyper hyper importants, voir primordiaux et pour lesquels on a énormément de talent chez nous pour pouvoir occuper ces postes-là.
Et c'est ça qu'on nous refuse souvent. On a souvent des des gens de direction générale dans nos communes en Saint-Inie particulièrement. qui viennent de toute la planète, sauf de chez nous, de toutes les contrées du monde et ils ont ils sont toujours pareil, c'est toujours les mêmes.
Et moi ça me dérange un peu. Donc par défaut, on va secouer l'arbre pour pour faire pour faire tomber des personnes qui pourront justement occuper ces postes à responsabilité et ouvrir la porte. Moi mon objectif c'est juste ça, c'est je pense qu'on est tous un peu d'une manière ou d'une autre précurseur de quelque chose et on a tous une mission.
La mienne c'est de démonter la porte et de faire en sorte qu'elle reste ouverte parce que un certain nombre de nos aînés avant nous pas avant moi, l'ont bien fermé à double tour une fois qu'ils sont entrés. Ça aussi c'est une réalité qu'il faut savoir dire pour pour faire comprendre aux gens que ceux qui entrent doivent ouvrir la porte et tendre la main. Il y a de la place pour tout le monde.
Le gâteau qui partage là, nous aussi on veut. Voilà, nous aussi on le veut. Euh nous aussi on aime bien la crème, on aime toutes ces chosesl donc c'est pas un problème.
On veut juste pouvoir entrer et échanger, discuter des affaires qui nous en fait des affaires qui nous concernent au quotidien. Dans nos appartements, dans nos clubs sportifs, dans nos associations, on veut pouvoir discuter et débattre des affaires qui nous concernent. C'est pas histoire de manger le gâteau ou pas manger le gâteau.
En réalité, quand je dis ça, je vulgarise. Mais c'est pour faire prendre conscience qu'il y a de la place pour tout le monde. Voilà, c'est juste d'être assis à la table.
Moi, je veux qu'on soit autour de la table parce que il n'est pas normal que celui euh qui gère par exemple euh la question de l'éducation dans ma ville habite à Paris. Mais c'est même Mais en fait non, c'est pire que ça. Il est totalement connecté puisqu'il est parti habiter à Paris.
Il sait pourquoi il est parti à Paris. Il est totalement connecté. Ce qu'il veut c'est ce qu'il veut pour ses enfants.
Il ne voilà ce qu'il voit, il ne veut pas pour ses enfants. Donc il part à Paris justement et il est en charge de l'éducation ou il est en charge de la sécurité. Donc OK les guux, je gère pour vous vos affaires mais pour moi c'est sans façon.
Ça veut dire ça en fait. Donc laissez-nous gérer nous-même. On va créer les conditions à la fois de notre émancipation euh et surtout de notre poursuite de l'épanouissement collectif.
Tu vois souvent on nous a parlé de vivre ensemble et compagnie et nous on sait très bien vivre ensemble et heureusement qu'on sait vivre ensemble parce que ce serait l'anarchie. Voilà. Mais voilà, on a besoin quand même de gens foncièrement honnêtes et sincères qui s'inscrivent dans cette dynamique là aussi localement.
Et je pense que ça peut pas se faire avec les personnes aujourd'hui qu'on a à la dans à la tête d'un certain nombre de nos de nos villes populaires. Euh et quand je dis ville populaire, c'est partout en France. Tu parlais de représentation et ça tombe bien parce que chez Nouveland TV, c'est ce qu'on essaie de faire. on essaie de présenter déjà des parcours qui n'ont qui sont parfois peut-être atypiques et surtout qui peuvent inspirer de de nouvelles personnes, des plus jeunes pour se lancer en politique, dans le sport et cetera.
Tu parlais de représentation, est-ce que quand tu étais plus jeune, tu as pu être représenté ou tu t'es senti représenté que ça soit politiquement ou à l'échelle locale et toi c'est quoi ton déclic pour t'intéresser à ça et te lancer ? déjà plus jeune. Non, je j'ai jamais senti être représenté par qui que ce soit en politique.
La seule fois où je me suis senti représenté, ça fait peut-être un peu cliché, mais la seule fois où je me suis senti représenté, c'était à la finale de la Coupe du monde 98. Euh parce que pour la première fois, on avait quelqu'un de visible qui était affiché à l'Arc de Triomphe. C'était Zidane.
Avant ça, c'était Turam en demi-finale. C'est les seules fois où on s'est senti représenté véritablement. C'est d'ailleurs qu'en 2007 où vous avez Sarkozi qui arrive au pouvoir et qui nomme et un mec de droite hein, il arrive au pouvoir et il nomme des noirs et des Arabes dans des à la tête de ministère.
Avant ça, ça n'a jamais jamais jamais existé. Avant ça, ça n'a jamais jamais jamais existé. Donc non, à l'époque je me sentais pas forcément représenté euh et euh malheureusement ça a toujours été euh euh ça a toujours été un peu comme ça.
Moi moi pour rebondir sur ce que tu disais par rapport à la représentation, tu parlais de bah de Zizou du camp 98 et Turam. Est-ce que toi à part Zizou et Turam, est-ce que tu as eu des exemples dans ta vie qui t'ont inspiré pas forcément politiquement dans ta vie en général ? Est-ce que tu as eu des des exemples ?
Très sincèrement euh celles et ceux qui m'ont inspiré en tout cas ça a été plus les grandes macités. Euh qu'on le veuille ou non quand on grandit dans un environnement, c'est ce qu'on voit le plus souvent qui nous inspirent de bonne ou de mauvaise manière mais qui nous inspire. Euh moi, la parole des grandes ma cité a comptait beaucoup pour moi.
Euh un certain nombre de parcours comptait beaucoup pour moi. Euh certains blazes dans le quartier euh signifiait beaucoup de choses pour moi. Euh quand un mec qui porte un blaz du type nucléaire, mec, tu te dis ça un poids.
Tu dis comment c'est ça un poids. Donc forcément ça ça joue chez moi et ils avaient tous des parcours plus ou moins liés au sport. artistique mais sur le champ vraiment public, politique, il y en avait pas vraiment.
On nous a vraiment pas ouvert la porte à ce niveau-là. Et encore une fois, il a fallu que Sarkozi débarque en 2007. Il a mis des noirs et des Arabes, Rashidati, Ramayad, Fadela Amara et cetera pour que les mecs de gauche par la suite dans nos quartiers disent "Ah, il faut peut-être qu'on ouvre un peu la porte et qu'on donne quelques miettes et quelques cacahuètes aux uns ou autres." Et c'est à partir de là 2008 les élections municipales arrivent.
Et c'est là où vous voyez et on observe un changement dans la composition des listes électorales et des listes municipales qui se présentent et vous avez plus de rebux et de renois qui se mettent dans les listes mais par euh euh c'est Sarkozy qui amène le truc. Ça veut dire que c'est même pas un choix de la gauche. Je le disais encore ce matin, euh la lutte antiraciste commence à gauche, pas contre la droite et l'extrême droite.
Faut voir qui sont tes alliés à gauche. Aujourd'hui, quand on a des problèmes liés au racisme aujourd'hui en France, une grande partie de ces problèmes dans leur expression publique, c'est lié à ce qu'a fait le PS juste avant le Parti socialiste Hollande, la déchéance de nationalité, Valses et compagnie. C'est lié à eux.
C'est eux qui ont permis tout ça. Donc c'est pour ça que je dis souvent le combat à mener notamment sur la lutte antiraciste, il commence à gauche et la le souci de représentation commence à gauche. Les gens de gauche très souvent si on leur met pas entre guillemets le couteau sous la gorge, ils te prennent pas parce que tu as un grand risque.
Tu es le plus grand risque qui existe pour eux. Tu es un rebeux, tu es un renois, tu habites les quartiers populaires, tout le monde te connaît. Il y en a combien en fait dans toutes les villes, dans toutes les cités, tu as un mec que tout le monde connaît, un mec ou une meuf que tout le monde connaît, que tout le monde apprécie.
Et cette personne-là, si elle se souvent on lui dit on l'appelle monsieur le maire souvent et cette personne-là pourrait être ma politique fait en sorte qu'elle ne vienne jamais, qu'elle ne rentre jamais dans cet espace là. Et moi l'idée vraiment c'est de casser ça. En fait les monsieurs le maire ou madame le maire de nos quartiers, il faut qu'ils le deviennent.
C'est les meilleurs représentants possibles pour nous. C'est les meilleurs experts de nos territoires et il y a pas besoin encore une fois d'avoir fait Harvard pour comprendre ça. Il y a pas besoin de ça.
Donc euh donc voilà. Toi tu parlais des des grandes tacités. Moi je voulais parler aussi de ton ton entourage.
Est-ce qu'ils ont compris euh ton orientation vers la politique ? Est-ce qu'ils t'ont soutenu ? Parce que tu parlais des des gens qu'on appelle monsieur le maire, madame le maire.
Est-ce que toi ils t'ont soutenu de cette manière-là ou ils se sont dit "OK, pourquoi il va vers ça ? Ils ont pas forcément Non, moi sincèrement ils m'ont en fait j'ai eu deux expériences en 2015. J'avais soutenu quelqu'un. je l'ai accompagné et cetera et toutes les personnes que j'avais soutenu à ce moment-là parce que c'est aussi le lot de dans nos quartiers, tu as plein de traîtres, a plein de gens qui te suivent au départ et parce que la gamelle est meilleure ailleurs et qui on veut on n pas envie entre guillemets de s'emmerder avec certaines personnes, on va de l'autre côté ou parce qu'on veut euh préserver son association ou avoir telle ou telle subvention.
Tout à l'heure, tu me disais, tu me parlais de de personnes qui m'auraient inspiré, mais juste un truc tout bête. Tout à l'heure, je te disais, un animateur de centre de loisir pour nous à l'époque, c'était une dinguerie quand il entrait en mairie. C'était quelque chose d'inatteignable. parler à l'époque des francs.
Moi, j'ai vécu à l'époque des francs et à l'époque des francs, quand quelqu'un gagnait 10000 francs, ce qui équivaut aujourd'hui à 1500 € on estimait que c'était énorme. Alors que c'est tout pourri. C'est c'est vraiment tout pourri.
Ça veut dire que quand je dis que c'est tout pourri, c'est qu'on peut pas aspirer à ça, à être au SMIC. On doit pouvoir euh nos parents, ils sont venus en tout cas pour un certain nombre d'entre nous, ils se sont installés ici, ils avaient pas beaucoup de choix. D'accord ?
Mais nous, on a fait l'école ici. Qu'importe ce que tu as ce que tu as fait avant, tu sais lire, tu sais écrire. Et puis on est des générations de débrouillard.
On sait tout faire. Et même si on sait pas faire, on va jamais le dire. On va rentrer et on verra.
À la fin, il nous vire, c'est pas grave. Voilà. Mais on va rentrer.
Et le but, comme disait Turam, c'est euh le plus important, c'est d'avoir la première sélection et internationale et après sur le marché, tu vaut cher en fait. Qu'importe ce qui se passe, tu vaux cher. Et et c'est ça l'objectif.
Tu vois ce que je veux dire ? C'est ça l'objectif. J'avais une partie de l'entourage que j'avais accompagné et par la suite, bon en gros, ils m'ont trahi et cetera.
Mais moi, je suis resté sur ma ligne et mon entourage proche, elle m'a toujours soutenu dans ça. C'està dire qu'ils m'ont toujours dit "Va va, t'inquiète pas, t'inquiète pas, t'inquiète pas." Et lors de mon élection, l'élection départementale de 2021, justement, je fais 30 % dans ma ville et dans les 30 % que je fais dans ma ville, 80 % du résultat c'est ma cité des 4000.
Voilà. Et c'est là où j'ai vu en fait ma cité me soutient. Voilà, ils me soutiennent vraiment.
Euh s'il m'avait pas soutenu, je pense que j'aurais peut-être pas continué. Non pas parce que je ne crois pas en la sincérité du combat que je mène, mais parce que finalement si les gens tu vulgarises le plus possible et que tu as tout fait qu' veulent pas de toi, bah à un moment donné, je pense que j'aurais changé le sens peut-être de mon combat parce que la politique ça c'est c'est pas si simple que ça. C'est parfois on me dit la politique c'est un monde de requin.
C'est pire. C'est pire que ça. C'est pire que ça.
Ça use c'est fatiguant. Moi, je le prends comme une mission et comme un un sacrifice. Je me donne un temps pour ça et après j'arrêterai et je passerai la main.
C'est pour ça que je dis que je vais ouvrir la porte et on va pas la fermer. Euh mais c'est un sacrifice. Mais en tout cas, mon entourage proche et moins proche euh m'ont vraiment soutenu.
Vraiment. OK. Et justement comme comme là tu as vu que les résultats c'était euh 80 %, c'était des gens que qui te soutenaient, qui venaient de ton entourage, comment est-ce que toi tu fais pour t'adresser à un public qui est peut-être désintéressé de la politique comme on a pu en parler ou euh qui s'y retrouve pas, qui se sent pas représenté.
Comment est-ce que toi tu as pris ? Quelle approche en fait est-ce que tu as pris pour Bah bah déjà moi je le public que je vis justement c'est celui qui a voté pour moi. C'est celui qui est désintérêt qui est désintéressé de la politique qui n'a jamais voté et qui est parti spécialement même pas pour ça.
Il savait même pas c'était quoi le projet il pas le programme il a rien à sirer. Il dit je vote Ali point. Voilà moi j'ai vu des gens rentrer dans le bureau de vote il est où le le truc à Ali ?
Et il prenait le truc et l'autre lui dit je faut en prendre deux minimum. Il dit non non. Je prends que celui-là.
Donc euh voilà. Donc eux je je me bats pour ces personnes-là. Et après, il y a ce genre de de moment de podcast qui permettent aussi de vulgariser et d'étendre.
J'ai envie de dire un peu le périmètre où on peut se faire entendre. Mais voilà, moi mon discours, il se porte avant tout et c'est même pas du parce que souvent on on nous taxe de communautariste et cetera. Quand les agriculteurs on va les voir, on dit quoi ?
Ils sont que des agriculteurs. Ils sont entre eux c'est des communautaires. Voilà.
Et je suis pas moi, désolé mais si au 4000 il y a que des noirs et des Arabes. C'est pas moi qui inventé les 4000. Fallait pas aller fallait pas coloniser la moitié du globe.
Vous nous avez mis là. On est là, on est entre nous, on arrive, on a envie de faire un truc ensemble, bah on le fait. En fait, des fois on on juste pour nous et que pour nous, on met des mots que pour nous.
Mais en fait, c'est quoi qu'on nous oppose ? Le fait de vouloir voter. Vous dites il y a de l'abstention tout le temps.
Le jour où on va voter, vous dites "Ah mais c'est des communautaires, mais vous êtes malade. On a le droit de voter. C'est c'est la base.
Donc en fait ce qui vous devrait vous déranger, c'est le fait qu'on ne vote pas. Mais non, finalement quand on vote parce que ils savent très clairement si on vote tout change. Les habitants des quartiers populaires s'il se lève un jour et décident d'aller voter massivement, ce pays sera un autre pays.
Si on décide d'arrêter de tafer, ce pays sera un autre pays aussi. Donc à un moment donné, ça il faut il faut pouvoir le dire clairement. Il faut pouvoir il faut collectivement s'emparer de ce pouvoir-là.
Votez pour qui vous voulez, sauf pour celui qui vous tape dessus. Moi, je veux sortir de ça. C'est pour ça que j'ai pas vocation à plaire aux gens d'extrême droite, à la droite.
J'en ai strictement rien à faire d'eux. Moi, mon sujet, c'est les gens de chez nous. Quand je dis les gens de chez nous, c'est les noirs et les arabes qui ne votent pas.
C'est euh la maman euh euh la famille monoparentale, la maman qui euh a du mal à joindre les debouts et qui a du mal à à nourrir ses enfants. C'est le papa qui est en situation d'handicap et qui a du mal à faire les démarches administratives. C'est les passoirs thermiques dans les logements sociaux dans lesquels on vit et qui accentue les maladies respiratoires, les maladies cardio-vasculaires. les jeunes renois des quartiers populaires qui sont atteints de drepanocytose et qui est pas prise en compte, c'est toutes ces personnes là.
C'est ça mon sujet. Moi mon sujet c'est celui-là. Je m'éparpille pas.
Je suis en mission et c'est ça mon sujet. Le reste j'en ai c'est pas que j'en ai rien à faire mais j'en ai rien à faire. C'est pas mon sujet.
On peut pas être sur tous les combats. Mais celui-là c'est pour moi le plus important. Donc qui m'insulte de communautaire ?
Tout ce que j'en ai rien à faire. Mon objectif, c'est que les gens de chez nous s'emparent du pouvoir qu'ils ont, à savoir le pouvoir de vote et qu'on peut leur dire parfois on dit "Ouais, le vote ça sert à rien." Non, ça sert pas à rien.
Faut y aller. Quand on l'aura tous voté, on verra si ça sert à rien. Mais moi, je suis convaincu que si demain on vote tous pour les bonnes personnes et encore une fois, je dis toujours qu'on a on a toujours quelqu'un dans nos cités et dans nos quartiers qui est en mesure d'avoir le poste qu'il doit avoir.
On en a toujours un. On en a un, c'est une certitude. Donc et puis on le connaît tous.
On le connaît tous dans tous les quartiers. Je vous pose la question à vous. Vous connaissez quelqu'un ?
Voilà. Et si je pose la question derrière, c'est la même chose. On connaît tous quelqu'un, on l'appelle monsieur le maire.
Ah la suit. Voilà. Et je parle pas du entre guillemets bolos.
Non. Parce que même ça c'est un problème chez nous. Quelqu'un qui va à l'école qui fait de grand vas-y la suit.
Il est chelou. Il Non juste il a il a un cap. Voilà.
Et c'est censé être quelque chose d'ordinaire mais on a toujours quelqu'un et parfois c'est même un un mec du club de foot he tu vois lui il est là ça fait 20 piges il est là il veut rien lâcher. Il connaît tout le monde il veut vraiment rien lâcher. Tu fais plein d'âgés tu veux le monter en l'air il bouge pas et tout le monde le connaît.
Et lui en fait ça peut être lui. Ouais. Et pourquoi on lui donne pas ?
Parce qu'on nous fait croire déjà que pour être député, faut avoir été en dans avoir eu une bourse en Pennsylvanie ou je sais pas, il y a rien. Tu il y a pas besoin de diplôme. Faut juste donner le pouvoir à ceux qui ne le veulent pas et donc aux bonnes personnes.
Et chez nous, on a toutes ces bonnes personnesl quand je dis chez nous parce que pour moi là on est on vient de l'Assemblée nationale, je vous jure, entre l'Assemblée nationale et ici, c'est un autre monde. C'est deux pays différents. Donc c'est pour ça je dis chez nous parce que d'ailleurs eux-mêmes nous traitent comme ça.
Donc justement en en terme de participation l'année dernière il y a eu un taux record de participation législatif c'était 67,1 %. C'est les chiffres les plus hauts depuis 1997 et c'est vrai qu'il y a une grosse euh il une grosse Ouais. Ouais, exactement.
Une grosse mobilisation. Il y a des grosses campagnes de mobilisation partout. Euh comment aujourd'hui est-ce qu'on conjugue avec tous les moyens de communication comme les réseaux sociaux ?
Bah déjà, il y a une forte mobilisation mais elle est toujours très relative dans nos quartiers. C'est l'abstention à bah quand même encore des records. En 2002, il y a eu la même chose quand Le Pen est arrivé au 2e tour, tout le monde a paniqué et des manifestations 1 million 1 million de personnes dans les rues de Paris et cetera et cetera.
Euh mais moi j'ai plus envie de voter comme ça. Moi je veux voter juste pour les bonnes personnes. Il nous faut des gens.
C'est ça qui m'intéresse. Et moi, je pense que quand on aura des personnes qui nous ressemblent euh qui rassemblent, qui s'investissent vraiment dans dans la défense euh pour la justice sociale, dans la défense des personnes les plus en difficulté et cetera, parce que là dans nos quartiers, c'est ça la réalité. Euh je pense qu'on on ira voter un peu naturellement pour eux.
Encore une fois, moi quand je suis dans mon dans mon bureau de vote lors des élections européennes par exemple, dans mon bureau de vote euh au 4000, la liste que je soutenais a obtenu 79 %. C'est dire que les gens en fait ils me font confiance sur ça. Moi-même aux élections départementales, j'ai fait 67 % dans mon bureau de vote alors que j'étais face au président sortant du département.
Donc à partir du moment où vous mettez les bonnes personnes, on cherche même pas à savoir c'est quoi leur programme, on leur fait confiance. Voilà, là on vote par défaut, par crainte et par des gens qu'on ne verra sans doute jamais de nos vies et qui pour un certain nombre d'entre eux vont nous trahir. Mais voilà, il faut faire attention à ça parce que c'est ça qui justement fait reculer et pousse des gens à ne pas aller voter.
Après euh les représentants de parents d'élèves, faut aller voter. Vous êtes parents dans une école, il y a rien. Une école c'est pas une garderie.
Faut aller voter pour pouvoir influer sur les décisions qui sont prises dans cette école. les représentants de locataire, faut aller voter pour des amicales des locataires. Quand ton ascenseur elle est en panne, elle est en panne depuis 1 mois, 2 mois, 3 mois et que personne réagit, c'est parce que il vous avez des représentants que vous ne connaissez même pas et qui siègent au sein des bailleurs sociaux et qui euh sont en accord avec les bailleurs sociaux.
Et eux, ils ont pris les meilleurs apparts. Ils ont les meilleurs appartements, ils les ont. Donc pourquoi ? parce que ils sont en accord avec le bailleur et là aussi il y a des on a des représentants et ils perçoivent une indemnité en tant que représentant du bailleur par exemple tout à l'heure on parlait des locaux bon on va pas vous mettre en difficulté on va r on va r mais voilà on a des locaux voilà on paye un loyer et le bailleur voilà c'est les les il y a des gars qui siègent là-bas et qui qui qui prennent qui prennent des tunes c'est ça parce que bout d'un moment quelqu'un est parti et ils ont voté pour ces personnes-là.
Non, ces personnes-là par exemple, on a même pas eu besoin de voter pour eux parce que euh le taux de participation, il est de moins de 5 %. Donc ils sont ils sont élus grâce à l'abstention comme nos maères. Dans nos villes, vous avez des villes, il y a 50000 habitants, le maire, il est élu avec moins de 3000 voix.
Mais c'est de la folie. Et le le mec dans votre quartier là que je dis que tout le monde connaît, lui il est fait les 3000 fois. Facile.
Bah largement, voyez ce que je veux dire sur un à un moment donné il y a il y a un enjeu dans tout ça. Il y a un enjeu. Franchement je vais pas dire que c'est ça qui a influencé mon positionnement politique au départ.
C'est surtout l'environnement social dans lequel je vivais. Il faut voir dans les bâtiments dans lesquels on vivait avant. Euh, on nous faisait croire que l'ascenseur était en panne à cause de nous euh parce qu'on pissait dedans ou je ne sais quoi.
Mais la réalité c'est pas ça. C'est qu'il y a il y a il y a tout un écosystème autour. Euh plein de politiques qui vraiment ils gèrent tout hein.
Quand je vous dis encore une fois que soit on est autour de la table, soit on est dans l'assiette, c'est la réalité. Il mange, il il mange comme pas possible. Euh euh un truc tout bête, hein.
Euh lors des élections municipales de 2020, euh il y a eu le Covid et euh on savait qu'il allait avoir énormément d'abstention, mais on a maintenu le premier tour qu'importe le risque et on a vu qu'à la fin, il y avait beaucoup de gens qui sont morts. Et moi je pense qu'on l'a maintenu pour une seule une seule chose, c'était au cas où on n'est pas dans le confinement ou je ne sais quoi, que les maires sortants qui ont réussi à se maintenir puissent de par leur élection signer les marchés publics. C'est une question économique, tout est calculé.
Pourquoi SN c'est le département métropolitain ? Je parle même pas des outremères, ça devait être un truc de dingue où il y a eu le plus de mort. Même dans nos quartiers, tout est fait vraiment tout est fait pour qu'on ne sorte pas.
Oui, c'est ça. Terme d'infrastructure. Tout est fait.
On met tout. Les médecins, la pharmacie parce qu'on est tous malades. On fait la queue à la pharmacie, on est tous malades.
Voilà. Pharmacie, médecin, tout ce qui vraiment tout est fait pour pas qu'on sorte. et on ne sort pas alors que Paris est à 15 20 minutes, on sort pas.
Voilà. Et c'est pas qu'on veut pas, c'est que en fait on nous a culturellement habitué à ça, vraiment au à à être un produit vraiment à s'inscrire que dans ça. Et moi tout ça me dérange. que je veux pas dire que c'est et après il y a il y a forcément l'héritage, nos parents, notre histoire, nos parcours, il y a l'immigration et cetera et puis on est tous un peu on est tous un peu des désides, on est des révolutionnaires, pas on vit dans les quartiers.
Ça veut dire que on sait tous qu'il y a un truc qui qui va pas. C'est juste que parfois on sait juste pas le matérialiser, mais on sait tous qu'il y a un truc qui va pas dans dans le fonctionnement de ce qui ce qu'il y a autour de nous. Et euh et moi je l'ai vu très tôt, très très tôt.
Je me rappelle en CM2, on avait fait un pour la fête de fin d'année, on avait fait un un rap souvent, on a été dans les mêmes écoles, hein. Voilà, on fait un petit rap et le rap qu'on avait fait, je me rappelle encore, c'était on on avait dit "Bon, jugeait pas le rap, hein." Non, mais j'attends le freestyle là, s'il te plaît.
Voilà. Mais en gros, on avait dit dans ma cité, on est tous découtés, la camé. juste de dire la cam la drogue nous a tous fait tomber alors que je suis en CM2.
Comment c'est possible encore une fois Timothé ? Ouais. Lui à Paris il peut pas dire ça parce qu'il peut pas le voir et il l'a pas vu.
Mais moi je t'ai dit la cam la drogue nous a tous fait tomber. On peut plus rien faire. On est dans la galère.
Comment normalement c'est pas possible. Déjà quand j'étais petit, j'étais grave télé, manga, Dragon Ball et cetera, Chevalier du Zodiaque. J'étais dans ça.
Mais ça c'est quand même quand j'ai voulu écrire, j'ai écrit ça. C'était et c'est pas sorti de ma tête, c'était instinctivement comment c'est possible que mon rap ce soit ça alors que l'autre il écrit des poèmes. Mais pourtant école de la République dans les mêmes écoles, on a tous su quasiment les mêmes.
On a eu les mêmes profs pour le coup vraiment à l'époque on avait vraiment les mêmes profs. Maintenant ça a changé. Maintenant on a des rebeurs renois qui sont profs et cetera.
Il y en a ils sont très bons. Il y en a ils sont catastrophique. Mais on a on a on a des profs.
Ça change en tout cas. Mais à l'époque c'était ça. Mais j'ai écrit ça.
La camue nous a tous fait tomber. Et je pense sincèrement que je ne savais même pas ce que c'était que la cam. Ah ben clairement euh tout de suite il y a il y a un conditionnement quand on est jeune qu'on grandit en banlieu c'est exement et je vous ai dit tout à l'heure ou celui qui m'a inspirait peut-être le plus c'était le grand de la cité ça mec s'appelait nucléaire wesh c'est un vrai blaz ça nuclé bien sûr tu veux est-ce que tu sais pourquoi il s'appelait nucléaire parce que c'était lui le boss ok d'accord c'était le boss c'était le boss c'était le boss et récemment je parlais avec un pote et je lui disais parce que en grandissant euh il y avait un un rappeur à l'époque dans mon quartier s'appelait Alibi Montana et il est venu faire un clip euh je sais même plus il s'appelait comment 4000 il viennent à 1000 pas à de je sais pas quoi.
Bref, tout pourri mais il l'a fait. Nous, on était dans le clip un peu et tout, tu compr et à la fin du clip le mec qui ferme le clip c'est nucléaire. C'est lui le l'acteur.
Mais moi, il m'a toujours inspiré euh euh confiance et c'était le mec le plus respect et on voulait être respecté comme les mecs de chez nous en fait. C'est tout. quand alla moi j'allais souvent quand j'étais plus jeune, j'allais en vacances à Montfermeil mais cit faut pas rigoler.
Bref, on a le droit d'aller en vacances où on veut. On a de la famille à Montfermé. On va Monfermeil.
Mais quand tu prenais la voiture, tu roulais, tu roulais. En plus c'était la nationale 3, tu roulais longtemps. Donc pour nous on allait à la campagne.
Donc je disais à moi, j'allais en Sonic, on dis j'allais j'allais chez ma maroré, c'est ma grande tante, j'allais là-bas et là-bas quand je ma carte de visite c'était je viens des 4000. Ouais, directos. Tu passes parce que sinon tu te fais quetra.
Ça passe à l'époque. Ça passait. Ouais.
Et ça c'était lié pour moi au respect de l'autre. Ou parce que c'est une carte de visite dans les quartiers en fait. Aujourd'hui maintenant les petits ils ont plus rien à faire.
Euh mais de cité en cité, on sait qui est plus ouf ou pas. Mais à l'époque on avait un grand chez nous. Il y avait des grands dans tous les quartiers, dans toutes les villes et eux se connaissaient.
Ouais. Là il y avait pas les réseaux sociaux tout ça. Eux se connaissaient.
Donc quand on disait qu'on venait de là-bas, c'était ton pass. Ouais. Tout de suite, on va dire tu connais voilà c'était ton pas.
Ça veut dire que même si tu étais le entre guillemets, je mets des grandes guillemets le plus grand bolos entre guillemets, tu avais une respectabilité automatique parce que tu venais de là-bas alors que tu t'avais pas de battre, tu t'avais pas un mec, tu faisais tes devoirs même en marchant, il y avait pas de problème. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc c'est en fonction de ça aussi. et moi et comme beaucoup de jeunes, c'est beaucoup encore aujourd'hui sont inspirés par euh par des gens qui voient en fait au quotidien, tu vois un mec qui il est pas footballeur, toujours bien sapé, euh bête de voiture mais bien évidemment et toi tu vois ton bâtiment, tu dis "Ah moi je vais être comme lui." Ouais.
Qu'est-ce qu'il fait ? Vous voyez ce que je veux dire ? Donc il y a eu il y a eu des trucs comme ça, mais euh ceux qui en en gros dérivent et vont pas forcément du bon côté, je considère que c'est il y en a pas beaucoup.
C'est c'est vraiment infime, c'est résiduel. Euh mais voilà, des fois on en parle. Moi, c'est ce qui m'a inspiré mal et et aujourd'hui, je le vois encore.
C'est quelqu'un que je respecte énormément, qui a fait beaucoup de choses, mais nous c'est lui qui nous amener à la piscine. Euh quand je vous raconte ça, on on peut croire que c'était la hess mais comme pas possible. Pas du tout.
Ça l'était mais c'était c'était c'était vraiment c'était vraiment très compliqué dans les années 90 de vivre dans les quartiers. Et si vous regardez d'anciens films euh qui se faisaient dans les quartiers du type euh 100 % Arabica, euh Black Mek, euh R, vous verrez un certain nombre de scènes qui font que vous dites "Mais en fait les nos grands, ils ont vécu là, c'est vraiment pas comme aujourd'hui où il y a d'autres perspectives à l'époque et moi je me rappelle quand tu allais en général au lycée, c'était une dinguerie. Quand tu allais en général, c'était quelque chose.
Ah lui c'est une telle lui alors que tu étais éclaté au sol mais tu avais ce trucl. Donc euh c'est des petites choses comme ça qui font que voilà et tout à l'heure tu disais, tu tu parles du discours. Je pense que c'est ça que les gens aussi dans nos quartiers, ils ont besoin de ressentir vis-à-vis des personnes qui vont les représenter.
Ils ont pas besoin d'avoir euh euh le mec euh juste il s'habille bien et euh il parle bien. Ça suffit pas. Je pense qu'il y a besoin d'avoir ce cette connexion euh entre nous et c'est une connexion liée à un vécu.
Si tu as pas vécu dans les quartiers, désolé, moi je considère que tu peux pas représenter les quartier. On pas les mêmes réalités du coup, on n pas les mêmes codes. Tu ne peux pas représenter un quartier populaire de scè Saint-Denis, des hautes scènes de les du Val de Marne. tu ne viens si tu as pas cette réalité-là si tu as pas cette réalité-là encore une fois moi je ne peux pas aller représenter les agriculteurs dans les vauges.
Les gens ils vont me dire "Mais tu es un fou toi tu es pas un chasseur tu fais quoi ici ?" Ils ne comprend pas et j'ai envie de dire c'est légitime mais le problème c'est qu'on s'est jamais posé la question de ça mais pour moi c'est un problème. Pour moi c'est un problème.
Pourquoi on a on a on a des gens ça tu disais tu as fait des études et cetera euh d'anglais de droit. Pourquoi tu ferais pas pourquoi tu aurais pas ce parcours là ? Pourquoi on est parti chercher quelqu'un là-bas ?
Pourquoi on a des mères tu disais tout à l'heure ton maire qui a un accent du sud ? Pour quelle raison ? Comment c'est possible ?
À un moment donné, il y a il y a un truc qui va pas encore une fois. Et si à la rigueur ils acceptaient qu'on aille ailleurs, on serait jamais traité comme si voilà. Mais vu qu'on n'accepte pas qu'Aliduara puisse représenter euh les habitants qui habitent dans le puit de Dom.
Pourquoi nous ici on a accepté ça ? En fait, on l'a même pas eu le choix d'accepter ou pas, c'est qu'on nous a tellement désintéressé à ce qui se passe. Ouais.
Que finalement et nous, comme j'ai dit tout à l'heure, au mieux quand tu es proche de la mairie, tu es animateur, éducateur sportif. Pour la masse, c'est ça. Est-ce que tu trouves que ces enjeux, ce conditionnement, est-ce que c'est le même pour les jeunes d'aujourd'hui ?
Est-ce que les enjeux, ils sont les mêmes que quand toi tu as grandi, tu es devenu un animateur que quelqu'un qui pourrait faire et commencer son parcours aujourd'hui, est-ce qu'il pourrait avoir les mêmes ? Moi, je pense qu'aujourd'hui c'est pire parce que les réseaux sociaux on ont on participe à cette alignation générale de ce qui se passe autour de nous. Euh et c'est pour ça que je pense qu'il faut impérativement qu'il y ait des gens comme nous qui s'investissent.
Il faut qu'il y ait des gens comme nous qui fassent euh vraiment qui se sacrifient pour la cause. C'est super important. Et à un moment donné, je pense que c'est c'est c c'est c ces personnes-là, si on veut pouvoir justement euh agir un peu en contrepouvoir, il faut qu'il y ait d'autres personnes chez nous, ces fameux que tout le monde connaît, euh qui puissent s'investir et et s'engager parce qu'aujourd'hui, je pense que c'est peut-être pire qu'avant à cause justement de la liberté de circulation de l'information, de la vulgarisation de la chose publique, mais pas forcément pour les bonnes choses. pas forcément pour les bonnes choses et ça je pense que c'est c'est quand même problématique.
Donc donc voilà, comme j'ai des petits frères et sœurs qui sont qui font tampon, donc je reste encore connecté mais ça va peut-être pas durer parce que eux-mêmes avancent dans l'âge aussi et ensuite ça va être un peu plus compliqué mais j'arrive à garder cette et puis j'habite toujours là-bas. Voilà, ça change beaucoup euh le fait que tu ne partes pas ailleurs. Euh j'habite toujours là et je fréquente les mêmes endroits.
Euh un truc tout bête, je pense que depuis que je suis élu, j'ai eu deux fois des soucis avec la police. Pourquoi ça arrive pas à un autre député ? Pourquoi ça m'arrive à moi ?
Pourquoi c'est moi qui défend des jeunes qui se font contrôlés par la police ? Et après, on accuse de tout. Mais moi encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure, que la police m'accuse de x ou y choses ou que les partis politiques de droite et d'extrême droite s'emparent du sujet, je m'en fiche.
Moi, mon objectif à ce moment-là, par exemple, et Ragal était présente, je crois, euh c'est d'éviter euh justement euh que des jeunes se fassent violenter, c'est tout. Et si je peux jouer du rôle qui est le mien en droit, c'est pas que j'en joue pour avoir un pouvoir supérieur. Non, le député a le droit de contrôler l'action du gouvernement et donc de la police.
Donc moi si là tout de suite je veux aller au commissariat de Jeuneviler et je leur demande de m'ouvrir les lieux de privé leur état, j'ai le droit, ils doivent m'ouvrir et ils ouvriront. Euh quand je vais à la prison de Ville-pinte pour comme je sais qu'il y a eu des tentatives de suicide et cetera pour vérifier les conditions, j'ai le droit aussi de le faire. Donc mais cette chose-là qui s'est passée par rapport à la police, je l'ai vécu moi parce que je suis toujours justement dans les quartiers. je peux pas être déconnecté.
Et ça m'a aussi rattrapé pour me dire oublie pas que ces gens-là euh parce que souvent on me dit ouais faut pas faire de généralité et cetera. OK. Mais quand on se fait défoncer, il y en a aucun qui nous défend parmi eux.
Veut bien qu'on fasse pas de généralité. Tout comme nous ici, personne va aller se battre contre la police, tirer au flash bou, il y a il y a pas de problème. Mais quand des policiers te massacre, te te pète le crâne euh euh jusqu'à ce que pour un certain nombre d'entre nous, certains meurent, désolé mais il y a personne pour les défendre à ce moment-là, voire même ils défendent la police.
C'est souvent le cas. Donc moi à ce moment-là, bah je je me mets dans les dispositions de soutenir en droit cell et ceux qui se font violenter. Et je pense que par exemple une situation comme celle-ci, elle n'arrive pas à un certain nombre de collèges parce que on peut on n'est pas on on peut pas vivre les mêmes choses.
À ce moment-là, on était en train de manger. On était en train de manger dans un grec. Ça veut déjà tout dire.
Si on mange dans un grec abobini et qu'on voit en fait c'est une vie normale. Moi quand je suis arrivé à l'assemblée, un certain nombre de collègues m'ont dit "Ah ça va, tu es pas en gros eux ils étaient choqués de tout ce qui s'est passé et moi en fait oui toi c'est normal du coup mais c'est pas quelque chose qu'on doit accepter mais pour moi c'est normal en fait c'est normal c'est dans le sens où c'est c'est du c'est bon je vivre quoi on a déjà fait ça tu vois c'est mais maintenant que je suis député forcément je vais me battre contre ça parce que c'est pas normal on avait un peu parlé vaguement de la vulgarisation de la politique déjà. Est-ce que pour toi Louti, on a parlé un peu des réseaux sociaux aussi, est-ce que aujourd'hui c'est une bonne nouvelle, une bonne chose ou alors pour toi c'est plus un frein pour s'adresser au plus jeune ou en tout cas un public qui est désintéressé de la politique ?
Non, moi je pense que c'est une bonne chose. Tout dépend de l'utilisation si c'est bon ou pas et ça on pourra jamais le savoir totalement mais je pense que c'est une bonne chose pour pouvoir vulgariser et atteindre le plus de monde possible. Maintenant, je pense que euh cette démarche entre guillemets numérique doit pas nous faire oublier qu'il faut aussi de l'humain et être sur le terrain.
Il faut du terrain. Aujourd'hui, euh moi par exemple, je suis quelqu'un qui a beaucoup été dans les associations. Je trouve qu'on a beaucoup trop d'associations euh d'association mytho.
C'est désolé mais il y a beaucoup d'associations qui servent à rien en fait qui pour beaucoup d'entre elles se créent juste avant une élection municipale. Beaucoup et je l'ai je sais je l'ai vécu. J'étais chef de service de la vie associative donc j'ai vu que chaque année dans des villes de taille moyenne vous avez 100 associations, 200 associations qui se créent parfois dans le même secteur.
Dans un bâtiment, dans un même immeuble d'habitation, tu peux avoir 15 20 associations. Fait chaque locataire en a fait une pour pouvoir aller négocier avec le maire quelque chose. Ce que je veux dire, donc je vulgarise comme ça, mais pour dire qu'il y a un problème là-dessus aussi.
Et je pense qu'il faut refaire du terrain et surtout euh accompagner, aider euh les vrais les vrais acteurs et actrices du quotidien qui sont là, qui qui sont pas dans le calcul, qui qui prennent les petits, qui font des de l'animation, qui les emmènent dans des endroits qu'ils auraient jamais visité si il y avait pas eu cette structure et cetera. Et c'est à eux eux tu sais leur leur sol tort souvent. Tu tu as des personnes vraiment comme on dit hin et leur seul tort c'est de pas savoir remplir un appel à projet qui rend dingue.
C'est plus le côté administratif du coup qui s voilà c'est le côté administratif qui les freine. D'accord. C'est le côté administratif qui les freine mais c'est les personnes que tout le monde connaît et euh voilà des fois souvent c'est des personnes qui vont mettre de leur poche et même très souvent.
D'accord. Et moi je pense qu'il faut accompagner ces personnes-là. Je pense qu'il faut mieux les identifier et les accompagner et donner les subventions justement à ces personnes-là qui pourraient faire des des d'énormes choses avec très peu de moyens.
Donc euh donc je pense que voilà, les réseaux sociaux c'est bien, mais il faut remettre aussi euh euh des gens au cœur des cités et surtout accompagner les bonnes personnes et pas les associations euh ceux qui se disent en association, mais qui sont des associations clairement mytho qui qui valent rien et qui sont là juste pour négocier leur petits trucs perso, souvent un appart ou un taf. Euh et ça c'est pas c'est pas c'est pas ce que je en tout cas c'est pas c'est pas mon truc. Voilà, en parlant des réseaux sociaux, on va te demander de revenir sur cette photo qui a beaucoup tourné, qui a beaucoup fait polémique et stylé, hein.
Incroyable la photo. Je monte au public parce qu'il y a du il y a du public. Quand elle est sortie, elle était là là juste là, je pense.
On monte comme ça. On dirait un peu une cover vraiment. Non, elle est elle est elle est bien.
Ouais. Tu veux je te la garde comme ça ? Non non, c'est bon, c'est bon.
Il a il l'a vu 1000 fois, je pense. Comment euh c'est quoi l'état d'esprit quand vous prenez cette photo ? Bah déjà euh il faut savoir que ce jour-là, c'est le premier jour où on entre à l'Assemblée nationale.
Euh moi la veille, je m'étais préparé à ce jour-là parce que euh bah déjà à la base, moi je traîne en survette. OK. Fallait mettre un costume.
Euh donc fallait mettre un costume et la dernière fois que je suis parti acheter un costume, c'était à mon mariage. OK. Donc c'est dire que c'est pas mon truc.
Donc je sais plus où je vais là. Ce jour-là, je crois je vais à Armentierie ou un truc tout pourri comme ça. OK.
Et j'achète un costume. Donc je me je me prépare donc je me mets en condition, je vais rentrer à l'Assemblée nationale. Donc dans ma tête là, je suis au max.
OK. Je je suis vraiment au max. Et on arrive, je crois, il est 9h.
Et en fait, il faut savoir qu'à l'Assemblée nationale, on vote énormément, notamment au moment de l'installation. Et la photo là, quand elle est prise, elle est prise à 21h. OK.
Et on est en heure d'été. On était euh le 8 juillet, je crois ou un truc comme ça ou un peu plus tard. Et euh et du coup, c'est Daniel Obonau, ma collègue, qui passe par là et qui nous voit, elle dit "Oh", elle dit "Oh les beau gosses, attendez, je vous prends en photo." Et moi, à ce moment-là, je sais que quand elle va me prendre, ça va aller sur les réseaux et cetera.
Et j'ai regardé qui était à côté de moi. J'ai vu mes collègues, dis "Ça va être la merde." Ça se voit dans tes yeux en plus.
Donc je me baisse comme je me baisse comme ça. Baisse la tête préparé. Après elle me dit "Ali bon je me relève un peu mais moi je suis déjà atteint parce que c'est pas ma photo et puis j'aime pas les photos à la base.
Là j'en prends par un peu contraint je souris jamais et la preuve en est je souriais pas donc ils la prennent le moi j'avais oublié mais le lendemain je vois sur mon téléphone il y a là les a tourné à la tourné pour le coup les notifications ou je sais pas quoi. Et je vois et c'est Raphaël qui la met et il met Eren pas content et là ça commence à nous torpir. Il y en a qui m'ont il y a il y a des commentaires qui m'ont fait qui m'ont fait rire quand même tu vois quand ils ont dit c'est le pote du marié tu vois ça ça ça j'avoue j'avoue elle était bien placée.
J'avoue elle était bien placée celle-ci. Après pour les autres ah ils ont ils ont abusé. Ils ont abusé.
C'était c'était raciste, c'était xénophobe et cetera. Mais elle veut dire énormément de choses. Ça veut dire que à ce moment-là euh au-delà de la photo, elle est passée et cetera, mais l'expression qu'il y a derrière, elle dit beaucoup de choses.
Ça veut dire que tu as beau te mettre comme eux veulent, respecter leurs règles, venir en costume, en chaussures, faire tes contours, arriver là-bas. On veut pas de toi ici. C'est ton être qu'on veut pas.
C'est ta représentation. Ce que tu représentes qu'on ne veut pas ici. C'était juste ça en fait.
C'était du racisme pur. Voilà. Et d'ailleurs la preuve, il y a quelques jours, les mecs du RN ont refait la même.
Voilà. Mais c'était du racisme pur. Ça veut dire qu'on on ne remettait pas en cause notre intellect, on ne remettait pas en cause nos diplômes, on ne remettait pas en cause nos parcours, on remettait juste en cause notre être.
La preuve en est. Carlos Martinbilongo qui est député du Valdoise d'origine congolaise, lui la première fois qu'il prend qui prend la parole en hémicycle, on lui dit "Retourne en Afrique." C'est dire comment la libération de ça et et tout à l'heure je vous disais que ce qui m'a dérangé et ce qui je vous disais tout à l'heure que le premier combat de la lutte antiraciste, il est pas amené contre eux, il est amené à l'intérieur à gauche.
Quand il y a cette photo, qui sont les person les les personnalités politiques de gauche qu'on réagit ? Aucune. Ouais.
Si ce n'est celle de notre groupe. Tu as quand même plein de parties au NFP qui auraient pu réagir dire "C'est inadmissible, c'est intolérable que des noirs et des Arabes se fassent insulter comme ça sur les réseaux des députés, ceci cela." Même la présidente, elle aurait pu réagir.
Personne n' réagi parce qu'ils il eux-mêmes en interne, ils sont peut-être d'accord un peu. C'était peut-être le banc des accusés pour eux. C'était mais c'est comme ça qu'ils l'ont ils ont même mis des ils ont même fait des montages avec euh 10 € 20 € tu vois sur les murs.
Ils ont fait des montages comme ça. Il y a des trucs qui m'ont fait sourire j'avoue. Mais après, il y a d'autres choses.
Franchement c'était c'était euh c'était on va dire que c'était blessant. Moi, j'ai pas été blessé personnellement parce que encore une fois, je sais pourquoi je suis là et je suis en mission et cetera. Mais euh ça en dit long sur comment ces gens-là pensent.
Et encore une fois, le premier combat, il est à gauche. Quand il y a eu le contrôle au faciè par euh par des policiers de jeunes de Bobini à gauche, ils les ont pas défendu non plus. Quand il y a eu la la question au gouvernement, la QAG, la ma première où que le ministre se tourne vers l'extrême droite, j'ai eu très peu de soutien à gauche, quasiment pas.
Donc c'est plein de choses comme ça. Pour moi, le problème il est il est à gauche. Et encore une fois, tant qu'on aura pas les représentants légitimes euh légitime, bah on aura que ce qu'on mérite.
Et ce qu'on mérite, c'est un peu d'une certaine manière notre résignation, le fait de ne pas aller voter, de ne pas placer les bonnes personnes alors qu'on connaît tous quelqu'un qui connaît quelqu'un qui peut venir et et nous aider et porter ce message là et cetera. Et encore une fois, c'est pas sorcier. Oui, tu prends des coups, oui, c'est dur, oui, c'est compliqué, mais c'est pas sorcier.
Et une fois que tu es dedans, t'inquiète pas, il s'habituent à ta présence, hein. Donc euh donc voilà. Ouais, ils ont Bah, c'est clairement ça.
En plus, du coup, pour vulgariser, est-ce que tu peux expliquer ce que c'est le rôle d'un député, le fonctionnement de l'assemblée ? Peut-être une journée type que tu as là-bas ? En fait, il y a pas vraiment de journée type et on n'est pas tous députés de la même manière.
Moi, je considère que mon rôle de député par exemple, c'est un rôle qui se veut être aussi beaucoup sur le terrain et beaucoup bah avec cet objectif de vulgariser et de faire rentrer euh bah la rue, la street à l'Assemblée nationale. C'est ça mon rôle surtout. C'est et ça va être déjà dans mon recrutement dans mon recrutement de mes collaborateurs, bah je vais pas forcément me tourner vers les candidatures de sciences pot, des grandes écoles ou autres. je vais me tourner vers des candidatures entre guillemets un peu ordinaires de gens qui vivent avec nous, qui sont proches de chez nous et qui vont comprendre les réalités que j'ai envie de défendre.
Donc c'est comme ça que je vais faire mon recrutement. Je pas dire que je vais prendre que des noirs et des Arabes parce que c'est pas vrai. Mais je vais prendre des gens qui ont vécu dans notre environnement social euh sans sans distinction, mais j'ai besoin d'avoir des gens qui vont comprendre le vécu.
Euh je vais accueillir beaucoup de stagiaires, je vais faire beaucoup de visites de l'Assemblée nationale pour susciter des vocations. Pas plus tard que ce matin, tu as un petit qui est venu à l'Assemblée nationale qui disait, je sais plus, il voulait être comment il voulait faire du foot. Parle plus fort, il voulait faire du foot.
Voilà. Non, je rigole. Il y a un petit qui est venu à l'Assemblée nationale qui disait qu'il voulait faire du foot.
À la fin de la visite, il disait "Je veux être footballeur et député." C'est trop bien. Donc ça veut dire des choses et ça c'est des choses que j'ai envie de de de promouvoir et cetera.
Euh après, il y a pas vraiment de journée type moi, par exemple, le lundi, si je prends la journée du lundi parce que c'est celle qui euh qui qui symbolise un peu euh le plus un peu mon mon action, c'est je commence à 7h30 où je fais un je prends un café avec euh avec un habitant de la circonscription ou autre. Euh voilà, je fais un temps thé ou café et on discute de l'appui du beau temps. Ensuite je suis censé être à l'Assemblée nationale pour faire un point avec bah avec Rania euh qui s'occupe de la partie légistique de l'Assemblé nationale, tout ce qui est lois, commission et cetera.
Après, c'est des rendez-vous, c'est des coups de fil. En fait, ça dépend. Euh par exemple, si je aujourd'hui euh je fais une visite ce matin, euh je viens là euh en début d'après-midi, ensuite je dois voir euh euh je vais à un barbecue organisé par euh d'autres personnes et euh voilà, ça va dépendre.
Euh après, il y a il y a mardi euh mardi mercredi, on a les questions gouvernement, il y a les réunions de groupe, ça dépend. Il y a des journées qui sont très longues aussi euh des journées où on commence très tôt et on finit très très tard. H minuit, une fois à 4h du matin, ça dépend.
Il y a pas de J'ai pas envie de dire, il y a pas de journée type. Il y a des députés qui sont jamais là aussi. Euh donc, il y a pas de journée type.
Moi, je voulais revenir sur une story que j'avais vu sur Instagram. Euh, tu avais invité du coup les gens à venir visiter, je crois que c'était le palais Bourbon, ça c'est l'Assemblée nationale. Il a rien compris à tout ce qu'on a fait depuis tout à l'heure.
Pardon, pardon, je suis un peu déconnecté. Mais du coup, tu as écrit la maison du peuple en famille ou entre amis. Est-ce que du coup c'est tu as voulu centrer l'importance de découvrir des lieux un peu on va dire fermés pour des gens bah qui viennent du Saint ?
C'est ça un peu l'objectif ? Bah c'est clairement ça, c'est de faire rentrer en fait euh il y en a qui disent "On va les choquer" et c'est vraiment ça parce qu'à un moment donné ils ont pas l'habitude. Moi je vois tous ceux qui font les visites, c'est toujours les mêmes milieux.
En fait, ils sont tous à deux pattes chez eux. Euh nous c'est pas le cas. Donc en fait finalement c'est d'amener que ce soit des écoles, des amis, des en famille.
Moi tous les samedis c'est des visites. C'est des visites sans parler des visites en semaine où c'est programmé pour 50 gamins ou autres. Mais euh voilà, moi l'objectif c'est vraiment de désacraliser ce lieu et euh faire en sorte que tout le monde se l'approprie parce que c'est la maison du peuple, c'est nos impôts qui payent ça et tout le monde paye des impôts.
Euh à partir du moment où tu vas acheter ta baguette à 1 € il y a 20 centimes d'impôts dedans. Donc on voilà ça nous appartient, ça appartient à tout le monde. Et le problème c'est qu'en face on nous fait croire que c'est pas chez nous.
Bah si c'est chez nous, on va leur montrer que finalement c'est notre lieu et ça va être compliqué parfois mais ils s'habitueront de toute façon encore une fois on est là donc tu peux nous appeler français de papier ou tout ce que tu veux. Nous on est là nous et c'est pas une question de sentiment d'appartenance ou pas d'appartenance. On on vit nos vies et il y a pas de il y a pas de il y a pas de souci.
Juste ce lieu-là doit être le lieu de tout le monde et pas réservé à une élite ou les enfants de cette élite ou les grands-parents de cette élite ou les héritiers de cette élite et cetera et cetera. Voilà. Du coup, s'il y a pas de journée type pour toi, c'est quoi la la définition du rôle d'un député au-delà de ses fonctions ?
Pour moi, le rôle d'un député, en quelques mots, c'est surtout représenter euh vraiment le peuple euh à la fois le peuple qui t'a élu et surtout les valeurs que tu as envie de défendre et sans compromission, sans distinction, euh toujours dans le respect, j'ai envie de dire. Euh mais surtout pour moi aujourd'hui, être député au-delà de représenter le peuple, c'est surtout aussi restaurer la dignité des gens qui habitent dans nos quartiers. OK.
Voilà. Pour moi, ça c'est important euh qu'on arrête de nous prendre pour ce qu'on n'est pas et qu'on nous respecte dans notre euh qu'on nous respecte dans notre être et notre paraître. Euh vraiment cette question de dignité pour moi, elle est elle est elle est elle est essentielle.
Donc euh voilà, le député le député se doit de représenter à la fois le peuple qui l'a élu, les habitants de de du pays et tout le monde sans aucune distinction. Euh mais parce que je suis élu aussi précisément euh je suis un élu des quartiers populaires aussi. Euh j'ai envie de représenter tous les quartiers populaires euh tous les parcours de vie aux origines variées diverses et variées et surtout restaurer notre dignité qu'on arrête de nous prendre pour ce qu'on n'est pas.
Ça pour moi c'est très très important. C'est pour ça qu'il y a des choses que je n'accepte pas du tout euh et qui peuvent s'apparenter parfois du euh un manque de respect. Mais voilà, je je sais comme des grands enfants.
Euh bah disons qu'on après moi voilà je je me suis toujours battu contre ça. Donc truc tout bête quand vous assistez. Moi un peu plus jeune en tout cas avant d'être député, je participais à des réunions publiques et euh je m'exprime je m'exprime librement et cetera et à chaque fois à chaque fois vous avez toujours la même scène où vous avez deux trois personnes qui viennent me voir qui me félicitent qui me disent "Vous parlez bien, ça commence à me vénère." Ils sont à deux doigts de dire ça c'est limite ils attendaient tu parles quoi en sonink en schia ?
Je comprends pas. Tu parles, tu t'exprimes, tu as été, tu as fait les écoles, je sais pas on s'attendait à quoi en fait. Et en fait ça inconsciemment, je trouve que c'est raciste parce que il y a pas à à En fait mon camarade qui est à côté qui s'appelle Grégoire, lui il s'exprime, il y a pas de surprise à la fin.
C'est normal, tu sais. Merci pour la soirée. Il part et toi on te fixe et on vient te voir, on te dit vous parlez bien ça je peux pas accepter par rapport à plus dire.
Voilà et en fait c'est juste que ton paraître directement dans la tête d'un certain nombre de personnes inconsciemment et elles sont pas méchantes. Elles ont pas voulu dire ça de manière méchante non plus. Euh mais inconsciemment ils disent limite ça veut dire mais comment ça se fait ?
Il vient de quel pays ? Ça veut dire ça en fait. Et s'il attendent pas alors qu'on est là depuis ce temps.
Moi je suis n en 87 donc depuis un moment maintenant je suis là. Donc jamais vécu au bled il y a pas d'accent. C'est ça.
Des fois on s'attend vo et ceux qui ont un accent qui sont en responsabilité c'est pas nous. Donc donc ça ça voilà, c'est des petites choses comme ça mais l'accent à nous regarder, ils s'habitueront. Et selon d'où vient l'accent aussi, c'est pas pareil parce que c'est ça quelqu'un qui a un accent du sud, on va accent du sud, c'est stylé son héritage c'est stylé.
C'est c'est stylé. C'est quelqu'un qui vient du terroir. C'est très bien.
Mais l'accent l'accent on sort un petit peu et puis c'est fini. du entre guillemets du bled euh c'est autre chose et ça crée et ça crée des difficultés. Il y a quelques semaines, j'ai reçu une famille, la famille d'Israël Tambou qui euh c'est un petit jeune de 13 ans qui est décédé chez lui euh qui revenait d'un centre de formation d'un stage à Châterou et il est décédé parce que justement au départ c'est la fille qui appelle le SAMU.
Une fois que l'opératrice du SAMU, elle a le père au téléphone, elle change. En gros, syndrome méditerranéen, le le le papa, il parle avec son accent euh il parle très bien français, hein, très très bien français. Juste, il a l'accent en fait.
Et en fait ça a ça a ça a mis dans la tête de l'opératrice peut-être une priorisation de l'urgence et il raccroche en dis en disant on fait on a une urgence plus importante et on vient vers vous. Le petit il est mort. Il est mort mais et c'est arrivé à Naomi Mousanga aussi.
C'est arrivé à pas mal de monde et à chaque fois c'est la même c'est le même mécanisme qui se passe. Donc c'est des petites choses comme ça et je pense que tant qu'on déjà il y a il y a des choses qui se sont inconsciemment mais nous aussi on doit s'insérer dans ces sphères-là pour changer en fait l'état d'esprit des des gens. Euh tout à l'heure on a beaucoup parlé de l'importance du terrain d'être connecté au cœur de l'action.
On t'appelle la voix des villes populaires. Est-ce que c'est difficile du coup de jongler entre trois villes parce qu'on sait que tu travailles enfin tu es député de la circonscription de la scène Saint-Denis. tu as une pédagogie différente d'approcher la population.
Pas du tout. Non non non, je j'ai même pas à jongler en fait. Moi je je suis là où je dois être et puis euh et puis je calcule pas.
Je fais des permanences dans les trois villes. Mais euh mais mon objectif c'est d'être partout où il y a il y a un besoin. Voilà.
Partout où je peux répondre à des attentes, partout où je peux vulgariser, partout où je peux faire entendre la voix. Et ben je le fais. Je dis pas que je suis la voix des quartiers populaires, je dis juste que je suis une des voix et qu'il doit y en avoir beaucoup plus.
Euh voilà, moi mon objectif c'est surtout celui-là. Donc je dis pas que je suis député uniquement de cette circonscription là, je dis que je suis à minima député du 93. Mais partout où c'est possible de faire entendre la voix et permettre à d'autres personnes en tout cas de s'intéresser et de rentrer dedans, bah moi je suis prêt à accompagner tout le monde, tu vois.
J'ai pas de pas de souci avec ça. Du coup, on aimerait te demander comment est-ce que tu vois l'avenir de la politique ? Là, on va entrer bientôt dans la campagne des municipales de 2026 et forcément dans tous les quartiers, le sujet va va venir et on va avoir ceux qui nous ont pour un certain nombre de personnes pas calculées pendant un temps vont venir vers nous et ainsi de suite.
Donc le sujet va revenir autour de la table et je pense et j'espère en tout cas que beaucoup d'entre nous s'investiront et et arriveront à s'asseoir autour de cette table. Ouais. D'où l'importance des représentations euh aujourd'hui.
Bah forcément, moi en tout cas moi, c'est ce que je c'est ce que j'appelle de mes vœux comme on dit et euh et je pense que je désespère pas sur ça. Je je suis vraiment je suis vraiment je suis vraiment confiant pour la suite même si je pense que là cette année dans 2 3 ans jusqu'à la présidentielle à minimum et peut-être encore un peu plus ça va être de plus en plus compliqué de vivre dans nos quartiers et qu'on va voilà pas plus tard que avant-hier et et aujourd'hui il a l'apparition dans le parisien ont dénoncé le fait que aujourd'hui la préfecture de Sens a fait un fichage des étrangers en situation régulières à partir du moment où ils font une garde à vue euh on menace en gros de leur retirer leur leur titre de séjour. Moi ça je peux pas accepter.
Donc c'est des choses pour lesquelles je vais me battre mais voilà, je pense que plus on plus on sera et mieux mieux le bouclier sera sera renforcé et on on sera solide. L'idée c'est c'est d'être solide sur ces appuis. Mais ça ça implique aussi de ne pas excusez-moi, ça implique aussi de ne pas de ne pas être quelqu'un d'autre, de ne pas de ne pas s'inventer à la fois une vie et surtout de ne pas euh se limiter dans son expression.
Euh récemment, il y a eu euh il y a eu la période il y a eu il y a eu la période du Ramadan, il y a eu laid et euh et moi notamment à la fin de chaque chaque aï, je je fais une photo mais en Chamis. Les gens s'attendaient à ce que je la publie pas cette année parce qu'en gros tu es député. Non, je la publie.
Il y a rien de mal. Tu as le droit de faire ce que tu voilà. Mais aujourd'hui, en fait ceux qui sont le plus violentés et opprimés se limitent et ont peur.
Et ça se matérialise tout bête, hein. Vous appelez un pote, il est à son travail et n'importe quel travail, vous lui dites salam, il vous dit bonjour. Ça pour moi c'est problématique.
À un moment donné, il y a quoi de mal ? même se saluer. Tu as peur que les RG te tombent dessus ?
À un moment donné, il y a rien. Donc on fait attention un peu à tout. En fait, ils nous ont tellement fatigué moralement euh parfois même physiquement que aujourd'hui on a du mal à nous exprimer sur alors que la loi t'y autorise, alors que la Constitution te le permet, alors que la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour toi justement.
Et non, en fait, on panique sur tout et moi ça, j'ai pas envie. Euh j'ai pas envie et je me restreint à rien du tout et je fais ce que je veux. Et si tu es pas content, c'est la même.
Ali avant d'être le député. Non, je suis je suis Ali. Oui.
Euh et comme je dis souvent, euh j'ai pas trouvé mon nom par terre. Euh je suis euh Alijuara euh et même Samasa et j'ai vraiment j'ai pas trouvé mon nom par terre. Et et avant nous, nos parents n'ont pas trouvé leur nom par terre.
Euh moi je me rappelle d'une d'une anecdote, c'était et pour vous dire nos parents quand ils sont venus, ils sont venus avec leur code et ils n'ont pas changé, ils sont pas habillés différemment, ils sont venus avec leur code. Euh je me rappelle nos darons qu'infries avaient la le gilet multipoche. Gardez, il y a pas eu de souci.
Et je me rappelle d'une anecdote où les papas les papas africains du quartier étaient invités à la mairie pour discuter avec le maire quelques mois avant les municipales et on était dans une association qui s'appelait pour vous dire à quel point à l'époque le racisme tout ça c'était pas dans nos têtes. L'association s'appelait l'association des travailleurs maliens en France s'appelait l'ATMF éit créé en 87 et tout et nous on a tous grandi un peu dans cette association dans laquelle prenait des cours et cetera et cetera et cette association là pour vous dire l'association des travailleurs mal en France moi jusqu'à l'âge de mes 13 ans jusqu'à ce que je parte au bled pour la première fois je pensais que j'étais malien donc c'est c'est vous dire et jusqu'à l'âge de mes 13 ans. Et quand j'ai pris mon le vol pour aller au bled euh pour aller au bled à l'époque, on passait par le Sénégal.
Donc je croyais que j'étais sénégalais là-bas. Et c'est quand j'ai traversé tout le pays. Je suis arrivé en Gambie, j'ai dit bon je suis gambien.
Donc voilà, ça a fait tout ce parcours là. Mais pour vous dire à quel point en fait c'était juste un état d'esprit qui nous réunissait. Il y avait pas de distinction entre les entre les uns et les autres.
Mais tout ça pour dire que à l'époque le maire, il avait invité bah les papas africains à discuter et cetera et euh les papas africain et notamment Sonink en l'occurrence euh qui est une ethnie qui a des principes et cetera particulières en tout cas d'un point de vue religieux qui est qui se veut être voilà suivre voilà l'heure c'est l'heure et cetera et à un moment donné le maire il commence son discours. Chacun s'est présenté. Le maire, il commence son discours et il commence son discours, il commence à parler et là tu as la sonnerie d'un des papas qui sonne et c'est la sonnerie de la prière.
Oui. Et le papa il s'arrête comme ça, il fait "Monsieur le maire, c'est l'heure de la prière, ils se lèvent tous et ils partent. Le maire, il était atteint.
Et en fait des fois, j'ai envie de retrouver ça en fait. Ça veut dire qu'à un moment donné euh ils ont pas prié en mairie, ils ont ils sont juste droits dans leur bottes, dans leur conviction, dans leur manière d'être. Ils ont pas envie d'être d'autres personnes.
Et moi, j'ai pas envie d'être quelqu'un d'autre. Et je pense que c'est ça qu'on peu à peu on on tue un peu en nous. Il y a un bouquin de euh de cheek Amidouan.
Il y a un bouquin de cheek amidouan qui s'appelle l'aventure ambigue. Et dans ce bouquin là euh il suit le parcours d'un certain samba jalo. Et dans ce bouquin là en fait il il dit est-ce que en l'envoyant c'est un jeune talentueux mais qui était au bled qui suivait les cours au bled et cetera. et voulait son maître là-bas spirituel voulait le garder avec lui.
Hm hm. Et il disait est-ce que en l'envoyant à l'école nouvelle, c'est-à-dire en Europe, en France, est-ce que ce qu'il apprendra vaut ce qu'il oubliera ? OK, c'est beau.
Voilà. Et c'est ça la vraie question. Et en et en fait chez nous, alors que nos parents nous ont éduqué, nous ont transmis des valeurs vraiment et parfois oui, parfois on peut faire des erreurs de parcours et cetera comme comme tout le monde en fait.
Est-ce que ce qu'on apprend ailleurs, est-ce que l'endroit où on se couche un peu massivement par crainte et par peur vaut les convictions qu'on nous a transmises ? Et moi, j'ai pas envie de ça. Voilà, encore une fois, on n pas trouvé nos noms par terre.
Donc problème, restons droit digne. C'est pour ça que tout à l'heure je parlais de dignité. Restons droit et digne.
Il y a pas de Il y a rien. OK. Bah tu as on on t'a beaucoup cité.
Hm. Tu as tu as eu beaucoup de citations aussi. Est-ce que tu as une citation favorite qui te vient en tête ?
Parce qu'on a vu que sur Instagram, tu utilises beaucoup de citations qui sont très jolies. D'ailleurs, est-ce que tu en as une en tête ? Je vais pas utiliser la citation de ma collaboratrice qui voulait que je cite à Hassan 2 parce que comme c'est une marocaine d'oujda et que elle a à fond dans ça, mais je vais citer en fait une citation qui pour moi fait sens parce que c'est un livre qui m'a beaucoup inspiré.
Euh et que je répète souvent euh c'est le livre de l'alchimiste de Paolo Cuello. J'aime beaucoup qui dit tout ce que nous craignons, c'est de perdre ce que nous possédons, qu'il s'agisse de nos biens ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous prenons conscience que notre histoire et l'histoire du monde ont été écrites par la même main.
Et en fait, je trouve qu'elle a beaucoup de sens cette citation. Et en gros, il y a il y a aucune inquiétude en fait. Il y a il y a il y a aucun risque véritablement dans la vie.
Faut faut justement aller vers son risque en soi et euh et nous à nous regarder, ils s'habitueront. Donc il y a pas de il y a pas de souci. Ce risque, il a été écrit pour nous.
Du coup, finalement, moi je suis je suis quelqu'un qui voilà qui de nature, j'ai envie de dire, un peu optimiste et puis s'il y a des difficultés, bah il y a tout le monde a un chemin qui est tracé, il y a pas de problème. Paolo Co dans ce bouquin, il parlait de légende personnelle. Ouais.
Euh, il utilisait plein de de de un peu de voilà, c'était une péripétie. Euh franchement voilà, je moi je pense que voilà, il y a pas de il y a pas de mystère, tout est tout est écrit sans faire le le religieux, le spirituel. Mais euh voilà, je pense que il faut il faut rien s'interdire.
Eux ont ils réussissent beaucoup au culot en face. C'est le culot qui leur permet de réussir. Ils ont surtout du du culot.
Il y a il y a rien de plus. Il y a pas de talent particulier, c'est le culot. là où chez nous euh il suffit qu'un mec, tu t'es embrouillé avec lui en 78, on est en 2025, tu en parles encore.
C'est bon en fait, faut juste qu'on passe à autre chose. On on là où en face le camp d'en face d'une certaine manière arrive à à passer un cap sur un certain nombre de points, nous on on on laisse beaucoup de traces sur les affects des uns et des autres quand on a on l'aime pas, on on fait pas semblant ou on pense pas collectif, on pense vraiment très individualiste. Et je pense qu'il faut changer un peu et inverser les choses.
Euh faut penser beaucoup plus collectif. C'est comme ça qu'on arrivera en tout cas euh euh dans la mondanité de nos vies quotidiennes à trouver le salut d'une certaine manière. C'est ça.
Et euh sans vouloir spoiler spoiler le livre pardon. Le fait que à la fin la réponse, elle se trouve littéralement dans ses racines, c'est aussi ça revient sur ce que tu disais de ne pas être ne pas être quelqu'un d'autre qu'on n'est pas ne pas devenir sa fonction. Euh si j'ai un message à faire passer, c'est de ne pas euh laisser les autres quels qu'ils soient, euh des gens même notamment qui vivent dans vos quartiers décidés à votre place.
Euh prenez part au débat, investissez-vous, euh engagez-vous euh notamment très prochainement dans les élections municipales, partout où c'est possible, poser des questions, interroger. Euh pendant la campagne, je disais souvent au aux gens euh fait "Faites chier les politiques" parce que c'est aussi le rôle de répondre à à vos attentes et à vos questionnements. Et encore une fois, engagez-vous, laissez pas les gens décider à votre place quand bien même ces personnes-là soi-disant vous ressemblerait.
On n'est pas tous pareil. La politique, c'est pas un monde qui n'est pas fait pour vous. C'est un monde qui est fait pour tout le monde.
Et si c'est pas vous, c'est quelqu'un d'autre. Et si vous êtes pas autour de la table, vous êtes dans l'assiette. Ne l'oubliez pas.
Merci beaucoup pour pour ces mots. Merci beaucoup Ali pour pour ton temps. Merci de nous avoir fait découvrir un peu ton parcours qui est prestigieux.
On est on est honoré en tout cas de t'avoir reçu aujourd'hui. Euh merci de nous représenter aussi et on te souhaite beaucoup de réussite, un parcours très fructueux et surtout euh on espère grâce à ta représentation et à l'exemple que tu donnes voir plein de Aliara ou euh ou autres. Euh il il y en aura il y en aura beaucoup et je pense qu'ils seront bien bien meilleurs que que moi que nous et chacun dans son rôle fera fera le job.
Quant à nous, on se retrouve très prochainement pour un nouvel épisode sur notre chaîne YouTube et n'hésitez pas à nous suivre aussi sur Instagram nouvel an 93 TV. C'était Sabrina et Walid et on se retrouve très bientôt. Merci beaucoup de nous avoir écouté.
Ciao!
Aly Diouara