Face à Face : Vincent Jeanbrun - 06/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez
RMC
RMC jusqu'à 9h
Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe 8h32 sur RMC et BFM TV Bonjour Vincent Jambrun Vous êtes le maire à Les Républicains de La Île-et-Rose On avait tous découvert Ou redécouvert votre visage Tristement au moment de ces émeutes Puisque vous étiez en première ligne Votre femme, vos enfants avaient été touchés Une de ces nuits des émeutes De début juillet, trois mois après On en est où ?
Écoutez, on est malheureusement au même point C'est même peut-être encore un peu plus grave Puisqu'on a des émeutiers Qui ont goûté au sang Et qui n'ont pas eu véritablement de sanctions Donc le sentiment que je peux en avoir C'est qu'on est toujours au même point Voir peut-être pire parce qu'il y a une tentative de dire On met la poussière sous le tapis En espérant que ça ne redémarre pas tout de suite
Ce qui s'est passé hier soir, vous étiez reçu Avec une trentaine d'autres maires Pour un CNR Un Conseil national de la refondation Avec Elisabeth Borne et un certain nombre de ministres Il n'en est pas sorti grand-chose
Moi je veux être positif Et constructif La vérité c'est qu'il y a eu au moins Une analyse lucide On a eu y compris le ministre de l'Intérieur Qui a fait un bilan très franc, très sincère Sur le fait que l'organisation de la police N'était pas prête à vivre ce type d'émeutes C'est-à-dire des émeutes qui sortent des quartiers Et qui vont aux quatre coins de la France Y compris dans les zones rurales Donc il y a là-dessus un constat lucide Et une volonté de transformer les choses Une volonté de la première ministre d'écouter Ce qu'on avait à dire Et vous vous en souvenez Elle était venue à la Île-et-Rose Tout de suite après les attaques Et pour l'essentiel J'avais essayé de la sensibiliser Sur le fait que nos polices municipales Devaient absolument avoir des moyens De police judiciaire supplémentaires Ça a été entendu semble-t-il Puisqu'hier ils nous ont annoncé Qu'ils allaient travailler en ce sens Donc pour dire les choses Comme bien souvent Les mots étaient justes Les paroles étaient là Maintenant on attend les actes
Alors on va rebondir justement Sur la situation chez vous à la Île-et-Rose Mais plus globalement aussi Sur les solutions qu'il faudrait selon vous Apporter pour ne plus que ça se passe Quand vous dites que Gérald de Darmanin A dit hier avec une certaine lucidité Que la police à ce moment-là N'était pas prête à faire face Est-ce qu'aujourd'hui Elle serait prête ?
Non je pense qu'elle ne le serait pas Mais d'ailleurs il n'a pas essayé De nous dire le contraire Il a dit que l'organisation Elle était en train de se mettre en place Pour plusieurs raisons D'abord parce qu'on le voit bien On a en France déjà deux systèmes Il y a les zones police Et les zones gendarmerie Vous avez besoin de renforts en zone police Vous devez appeler vos collègues Qui sont peut-être à 45 minutes de voiture Pour pouvoir venir vous prêter main forte Alors que la gendarmerie Peut-être aurait été plus proche Donc il y a des enjeux très structurels Techniques Qui sont une première chose
En fait il y a des blocages
Il y a énormément de blocages administratifs Bureaucratiques Moi je me souviens de cette affaire Des munitions Vous savez j'étais justement La veille de l'attaque à mon domicile En train de parler sur les plateaux En disant Il nous reste 20 munitions de flashball On en a tiré 80 la veille Comment on fait ? Et c'est uniquement Des blocages administratifs De formulaires En fait on ne fait pas confiance Aux gens dans ce pays On est toujours dans le principe De précaution Alors qu'on devrait être Dans un principe de responsabilité
Mais on aurait dû faire confiance A qui ce soir-là ?
Ce soir-là on aurait dû Faire confiance aux polices municipales Depuis bien longtemps C'est-à-dire les équiper Ça a été J'espère entendu En tout cas hier On a dit à la première ministre Qu'il fallait Que les polices municipales Aient des pouvoirs De police judiciaire Pas pour mener des enquêtes C'est pas le sujet Mais pour pouvoir Faire une palpation Faire un contrôle d'identité Faire une fouille au corps Ouvrir un coffre de voiture Vous savez que j'ai des collègues Qui aujourd'hui Nomment des policiers municipaux Garde champêtre Parce qu'un policier municipal Il n'a pas le droit D'ouvrir un coffre Un garde champêtre C'est un vieux reste A le droit d'ouvrir un coffre
Ah donc en fait S'ils ont les doubles casquettes Ils auront le droit D'ouvrir un coffre Ce qu'ils n'ont pas le droit S'ils n'ont pas l'appellation Garde champêtre
Exactement C'est pas sérieux Donc à un moment donné Il faut faire un choc de confiance Avec les polices municipales Ce qui d'ailleurs serait le meilleur moyen De faire un choc de confiance Pour les maires J'ai beaucoup entendu Le fait que le gouvernement Et on les en remercie Voulait mieux protéger les élus Et nous ce qu'on leur dit C'est protégez pas mieux les élus Protégeons mieux la population Et si vous voulez au passage Bien protéger les élus Donnez-leur les moyens D'avoir une police municipale Efficace A qui on fait confiance Vous vous rendez compte Qu'on est dans un pays Où on fait confiance A les policiers municipaux Sous contrôle du préfet bien sûr Pour porter une arme Mais aujourd'hui On leur fait pas confiance Pour faire décoller un drone Pour avoir une vue de situation Qui pendant les émeutes Aurait pu tout changer Donc ça pose un vrai sujet
Et tout cela aujourd'hui Donc n'est pas encore mis en place C'est-à-dire qu'on en est encore Un soir à Matignon Mais sans prendre de décision
La vérité c'est que pour l'instant On en est au diagnostic Donc c'est très frustrant Pour tous les collègues maires Qui eux ont été à toute vitesse Pour réparer les stigmates Pour faire en sorte De fonctionner les écoles Les cantines Tous les services publics J'étais
Est-ce que ça marche d'ailleurs ça Vincent Jambrun Est-ce qu'en effet On avait entendu au moment de la rentrée Que certaines écoles N'avaient pas réouvert Est-ce que dans votre coin Est-ce qu'autour de l'Île-et-Rose Et ailleurs Vous avez l'impression quand même Que les stigmates Sont peut-être encore là Mais que ça fonctionne à nouveau Que les écoles Que les médiathèques C'est très très variable
Sur ma commune J'ai eu la chance De pouvoir réparer Assez rapidement le marché Et ça y est Depuis quelques jours On peut à nouveau Rentrer dans l'hôtel de ville Par la porte d'entrée classique Donc il y a des endroits Où ça s'est bien passé Je pense à mon collègue maire Dolnay Qui était avec moi hier soir Au CNR Bruno Béchisa Qui a eu plus de 10 millions D'euros de dégâts Bien sûr que tout n'a pas été réparé Et là encore On en a beaucoup parlé hier La question des assurances Les assurances ne remboursent pas Ou de toute façon On n'avait pas le temps De les attendre Et là on a un vrai enjeu C'est-à-dire que Quand vous avez Une cantine qui brûle
On ne peut pas attendre Les assurances Non seulement ne remboursent pas Mais on entend De plus en plus de maires Qui nous appellent Y compris sur la hausse On en avait des témoignages Qui nous disent En fait les assureurs Veulent revoir les contrats Tout à fait Et donc on se retrouve Dans des situations Ex-dramatiques En tout cas très difficiles Qu'en est-il ?
Je confirme Ce n'est pas un sujet technique Il faut que nos concitoyens Les auditeurs entendent bien Que si une mairie Elle n'a plus d'assurance Elle ne pourra plus du tout Agir sur un certain nombre de sujets J'étais avec notre collègue Maire d'Evreux Guy Lefran Mercredi soir Il a lancé une très belle initiative Sur la cohésion La cohésion des villes La cohésion des territoires On échangeait sur la suite des émeutes Il me racontait qu'effectivement Son assurance Dénonce ce contrat Et qu'aujourd'hui Il ne sait pas Comment il va pouvoir avoir Une nouvelle assurance C'est dramatique Parce que ça veut dire Que demain ça va recommencer Et si demain ça recommence Et qu'on lui brûle L'hôtel du départ Enfin l'hôtel de l'agglomération Je crois qu'on a pour 20-30 millions d'euros Personne ne saura reconstruire Un hôtel de ville Un hôtel d'agglomération A 20 ou 30 millions d'euros Donc c'est ça le sujet Et là-dessus Le gouvernement nous a dit Avoir entendu Mais là aussi On attend une réponse forte A la fois parce qu'à mon avis Ils doivent mettre Toutes les assurances Autour de la table Avec l'Association des mères de France
Ils doivent leur dire Écoutez Vous êtes assureur Vous assurez Point barre Vous êtes assureur Vous assurez Soit lui-même L'assureur des collectivités locales
Moi je pense qu'on a De plein d'outils en France Comme la Caisse des dépôts Par exemple Peut-être que créer une assurance Des collectivités fraissances Moi je sais J'y serais favorable Mais déjà en attendant Dans l'urgence Il n'y a pas de raison Qu'on ait des surprimes J'ai des collègues maires L'assurance les appelle En disant Bon On continue à vous assurer Sur les bases du même contrat Par contre on vous met Une franchise de 2 millions d'euros
Une franchise de 2 millions d'euros
Une franchise de 2 millions d'euros Et si vous ne l'acceptez pas De signer l'avenant On rompt le contrat Des collègues juste à côté de chez moi
Qu'est-ce qu'ils font là ? Qu'est-ce qu'ils font ?
Ils sont désespérés Donc justement On appelle les préfets Pour dire qu'est-ce qu'on fait Est-ce qu'on doit signer ces contrats Qui sont une forme d'extorsion Parce que c'est ça le sujet On n'est pas sur une entreprise Une collectivité Elle ne fait pas de profit Elle est là pour défendre L'intérêt général Donc des franchises A 2 millions d'euros C'est se moquer du monde
Vous en appelez donc A l'État là-dessus Absolument Au fond Et on l'avait évoqué avec vous Vous étiez venu au lendemain De cette attaque Contre votre domicile Vous étiez venu à ce micro Pour témoigner Dans le face-à-face Vincent Gembrin Et vous aviez évoqué Non seulement les questions de sécurité On vient d'en parler Mais aussi les questions De logement D'éducation De santé D'intégration Sur ces points-là L'éducation d'abord Puisque je crois que ça a été évoqué Hier soir à Matignon Quelles sont les pistes Sur l'éducation Et sur la question De l'autorité parentale ?
Merci de me donner la parole Et de me l'avoir donné Déjà la dernière fois Parce que Je crois au fait Qu'il faut réveiller Le pays Et faire en sorte Que chacun Prenne sa part Se rendre compte Qu'on a tous une responsabilité Et que la solution Elle viendra Ni d'une personne Qui arriverait Avec toutes les solutions Ni même d'un gouvernement Il faut que ce soit Une réflexion collective Sur l'éducation Il y avait beaucoup De ministres hier soir Mais il manquait Le ministre de l'éducation Nationale Parce qu'effectivement C'est un sujet Qui pour moi est majeur C'est la clé
Je me souviens Que vous aviez parlé Ici même Et ça m'avait beaucoup frappé De ces jeunes Qui parce qu'on ne redouble plus Qui au départ Était peut-être Une idée valable Avaient pour conséquence Que vous aviez cette phrase Les jeunes traversent l'école Et passent d'une classe A une autre Une fois qu'ils ont décroché Ils ne peuvent plus continuer Quand vous entendez Gabriel Attal Qui hier dit En français En maths Il faut peut-être Faire des groupes de niveau Est-ce que vous vous dites Il faut rétablir la possibilité De redoubler Y compris pour que les élèves Eux-mêmes ne décrochent pas Tout au long de leur scolarité Est-ce que ces groupes de niveau Sont une bonne solution ?
Alors Tout ce qui va dans le renforcement Des mathématiques et du français Pour moi est une bonne solution Ça avait été défendu Par notre candidate A l'élection présidentielle C'est des fondamentaux Qu'on a perdu Il faut trouver les meilleurs moyens De le faire Moi je ne suis pas un pédagogue Je ne sais pas si c'est le groupe de niveau Qui répond En revanche Ce que vous évoquiez Sur le redoublement Je crois qu'il faut qu'on invente Un nouveau système Le redoublement d'avant Qui vous fait perdre une année Puisque vous retournez A la même année Que vous venez terminer Ce n'est pas bon En revanche Passer comme ça Sans aucune barrière Ce n'est pas bon non plus Donc on avait proposé A l'époque Au moment de l'élection présidentielle Le fait d'avoir Une évaluation A l'entrée en 6ème Et en fonction de votre niveau Il pouvait y avoir Un sas d'entrée au collège Pour réviser Pendant une année complète Tous les fondamentaux Ça je crois C'est-à-dire qu'on ne dit pas Tu es redoublant On dit Ok On va te faire un stage intensif Pour que tu rattrapes le niveau
Et raccourcir donc Les vacances d'été
Ça ça va dans le bon sens Il y a beaucoup de propositions Qui vont dans le bon sens Et je m'en réjouis Une chose Je parlais de choc de confiance Vis-à-vis des policiers tout à l'heure C'est pareil pour l'éducation nationale Quand je parle de choc de confiance C'est évidemment Qu'il y a besoin de moyens Il y a besoin de moyens partout Tout le temps Vous entendez tous les politiques Vous dire ça Mais d'abord et avant tout Il faut débureaucratiser Et envoyer des signaux de confiance Aux forces de l'ordre Et aux professeurs Le pas de vague Est insupportable J'ai été remettre Pour la région Île-de-France Des ordinateurs aux élèves Dans un lycée Juste à côté de chez moi Et sur 80 profs 86 profs Il en manquait 25 Le jour de la rentrée
Le jour de la rentrée
Le jour de la rentrée 400 heures de perdues Au bout d'un mois C'est ça la réalité De cette rentrée On a un pas de vague Sur les absences des profs On a un pas de vague Sur le harcèlement scolaire On a un pas de vague Sur le séparatisme à l'école Bref A force d'avoir du pas de vague Qu'on ne veut pas regarder On va avoir un tsunami Un tsunami qui va nous écraser Donc l'éducation nationale Aujourd'hui Envoyons de la confiance On n'a pas l'impression
C'est ce que fait Gabriel Attal Quand on l'entend On a plutôt l'impression D'ailleurs qu'il vient des républicains Que de la gauche Dont il est issu au départ
Il a pris des positions Qui sont intéressantes Et j'espère qu'il ira au bout Sauf que c'est pareil Ça ne vient pas d'en haut Le signal d'en haut Est important Mais il faut redonner confiance A la base Je crois que les enseignants Qui nous écoutent Ils ont envie qu'on leur dise On vous fait confiance Et on va vous défendre Parce qu'aujourd'hui Ils ne se sentent pas défendus
Sur le logement Est-ce que A la île est rose Comme ailleurs Vous voyez cette crise Cette tension Est-ce que vous vous retrouvez Vous en tant que maire A devoir refuser Des logements sociaux A ceux dont vous estimez Qu'ils y auraient bien droit Et qu'ils les mériteraient
Attendez C'est de la folie Il faut 8 à 10 ans Pour obtenir un logement social Chez nous Pour une famille C'est un peu plus facile Sur les petits logements Mais bien sûr C'est la pénurie Elle est là depuis toujours Ça fait bientôt 10 ans Que je suis élu maire Évidemment qu'il n'y a pas De logements sociaux En quantité suffisante Mais aussi parce qu'on a Un concept en France Qui est un peu fou C'est le concept De logement social à vie C'est-à-dire qu'une fois Que vous êtes rentré Dans le logement social On ne vous en met Quasiment jamais dehors Moi je suis convaincu Qu'on a une réforme Qui ne coûterait pas d'argent Qui consiste à dire On aligne le logement social Sur le logement privé Avec des bails 3-6-9 Ça a deux avantages fondamentaux Le premier Sur les enjeux De sécurité Tranquillité publique Aujourd'hui On doit judiciariser Je l'ai dit Au ministre de la Justicière Il n'était pas content En disant Mais les lois Ça fonctionne déjà comme ça Il n'y a rien à réviser Gérald Darmanin A diffusé une circulaire Pour dire Maintenant Dès qu'il y a Troubles de jouissance Il faut porter plainte Et je dis Au procureur de porter plainte Je dis Au préfet de porter plainte Donc on va porter plainte Beaucoup Parce qu'il y a Beaucoup de troubles De jouissance Qu'est-ce qu'il va se passer ?
Ça va arriver Sur le bureau d'un juge Qui est déjà Complètement saturé Qui va mettre Des mois et des mois A juger Et si jamais Il juge Pour peu qu'on ne soit pas En trèfle hivernale Il va regarder Qu'il y a un individu Qui a fait un trouble de jouissance Mais que le bail Et au nom des parents Ce que vous appelez
Les troubles de jouissance C'est les troubles de voisinage Oui La délinquance
Le trafic Etc Et en gros La plupart du temps On dit Bah oui Le jeune est condamnable Parce qu'il fait des bêtises Mais le bail est à sa famille Donc on ne peut pas
Le bail est au nom de ses parents
Voilà Donc on ne peut pas le mettre dehors Dit simplement Ça veut dire que Si on revenait dans une logique Du 369 Comme dans le privé Le bailleur pourrait dire Ecoutez Vous n'avez pas respecté Le contrat Qui consiste à ne pas dégrader Le logement A ne pas dégrader La vie du quartier Donc on va pouvoir libérer Ce logement Et on ne le libère pas Pour le plaisir de mettre La famille dehors Pour pouvoir donner accès A une vraie famille Qui le mérite A ce logement Ça c'est sur les enjeux De sécurité Et on déjudiciarise C'est très important Ça veut dire que C'est plus le juge Qui dit J'expulse Ça il faut garder Cette procédure Bah c'est le bailleur Si vous êtes propriétaire D'un logement Et que vous le mettez en location Et que votre locataire Il dégrade le logement Il fait la fête Avec ses copains Il en met partout Ou alors il génère Des troubles de voisinage Vous allez mettre fin au contrat A un moment donné Vous n'allez pas garder ce locataire Les bailleurs n'ont pas Les bailleurs sociaux N'ont pas ce droit aujourd'hui Moi je veux leur donner ce droit Ça c'est fondamental Et puis le deuxième sujet C'est un sujet plus d'émancipation Quand on dit Logement social à vie Aujourd'hui il y a des familles Qui se transmettent Le logement social De père en fils Mais pas par gâté de cœur Parce qu'en fait Le système est tellement engorgé Qu'on ne peut pas déménager Quand sa situation familiale change Donc il faut absolument Fluidifier le marché Du logement social Je vous donne un exemple On dit beaucoup Il y a des mères seules Qui élèvent les enfants Et beaucoup des émeutiers Étaient enfants De mères célibataires Quand vous vous installez À la île Rose Pas loin de l'aéroport d'Orly Vous travaillez de nuit À l'aéroport d'Orly Ou en tout cas Avec des horaires difficiles Et puis on vous mute À Roissy Vous avez obtenu Un logement social À la île Rose C'est tellement dur D'en obtenir un Que vous allez le garder Et donc vous allez faire Des heures de trajet Alors qu'il y a peut-être Exactement la même personne Qui habite à Roissy Dans un logement social Et qui vient travailler À l'aéroport d'Orly On ne peut pas aujourd'hui
Échanger les logements sociaux Vous dites qu'y compris Pour ceux qui vivent Dans ces logements sociaux Ce manque de fluidité Il est terrible Il est terrible Mais ce qui est terrible aussi C'est quand même Que cet exemple que vous prenez Il montre encore une fois Que ce sont ces femmes Souvent des mères seules Qui Et vous êtes très nombreux Les mères à le dire C'est celles qui bossent la nuit
Mais bien sûr Et ce que je veux vous dire C'est que cette maman-là Les heures qu'elle passe Sur le temps de trajet Elle pourra le passer Avec ses enfants Et donc jouer un rôle Encore plus important D'éducation
Quand on entend ce que vous dites Est-ce qu'il faut quand même Punir ces mamans ? Parce qu'il y a quand même aussi Cette question-là De la responsabilité des parents Je voudrais réagir là-dessus Est-ce qu'honnêtement On peut punir une mère Qui bosse toute la nuit Et qui rentre ?
Mais absolument pas Apolline de manière Vous m'avez toujours entendu Depuis ces émeutes dire Je ne mets pas dans le même sac Les habitants des quartiers populaires Des quartiers dits prioritaires Et les trafiquants et les voyous Il y a deux mondes Dans ces quartiers-là Et moi j'ai dit
Je rappelle que c'est des quartiers Non seulement que vous connaissez Parce que vous en êtes mère Mais vous avez grandi J'ai grandi dans ces quartiers
Absolument Dans des bars HLM Vous savez On appelait ça quartier prioritaire En réalité C'est la priorité de personne Il faudrait que ça le devienne La priorité Il y a 6 à 7 millions de personnes Qui vivent dans ces quartiers Et aujourd'hui Moi Il me donne le sentiment D'être des prisonniers Prisonniers et des trafiquants Du pied de la tour Qui dans certaines villes Se baladent avec des kalachnikovs C'est ça le sujet J'ai prononcé le mot terrorisme On m'a dit Attendez ça n'a rien à voir Je suis désolé Quand on prend en otage Un quartier entier Quand on les terrorise Quand on leur dit A quelle heure ils ont le droit De sortir ou de rentrer chez eux C'est une forme de terrorisme C'est une mafia aujourd'hui Qui a pris le contrôle De certains de nos quartiers
Une mafia c'est peut-être Plus juste que terroriste non ?
Oui peut-être Non mais c'est le mot terrorisé C'est en fait Il y a une peur terrible Dans ces quartiers Il y a des gens Qui terrorisent Dans ce sens-là Vous voyez ce que je veux dire Et donc La mère de famille Qui travaille Qui fait de son mieux Mais il ne faut surtout pas L'accabler Ce n'est pas le sujet En revanche Il faut venir en soutien Ça a été débattu aussi Au CNR hier Parce qu'on a un enjeu De comment on vient Renforcer l'autorité De ces familles A chaque fois qu'on a mis en place Vous savez là
Vous êtes tous en train de dire Le mot autorité Mais personne ne sait Comment la rétablir Mais vous êtes tous Je veux dire Que ce soit au gouvernement Que ce soit vous Elle laisse tout le monde Mais pour une bonne raison
Le problème c'est qu'il y a la sanction Il n'y a pas de sanction
Il y en a eu là La justice En tout cas dans les jours Les semaines qui ont suivi A jugé de manière expresse Ça ne vous a pas suffi Ça ne vous a pas paru suffisant En tout cas à l'auteur
Le président de la République Qui dans le magazine Le Point Nous a fait 18 pages D'autosatisfaits site En disant que finalement Ça avait été très bien Gérer les émeutes Nous dit Autorité C'est très bien Et nous dit Il y a 10 000 personnes Qui ont participé aux émeutes C'est son chiffre à lui Et on a 800 condamnations A l'heure où on se parle Donc il y a quand même Un écart considérable Et puis moi Je serais très curieux Qu'on se revoie Dans 6 mois Dans un an Pour voir quelle est La nature des peines Parce que Vous avez l'impression
Qu'il y a un décalage Entre les peines prononcées Et la réalité ?
C'est encore un peu tôt Pour le dire Mais oui mon sentiment C'est que les peines Vont être assez légères Finalement
Je suis quand même frappée Vincent Jambrun Vous êtes devenu Un personnage politique Vous êtes le porte-parole De LR Vous allez peut-être D'ailleurs Diriger la liste LR
C'est pas le sujet aujourd'hui Mais ça vous tente ? Mon sujet c'est C'est la banlieue Mais ça vous tente ? Mon sujet c'est de libérer Les 6 à 7 millions de personnes Qui sont prises en otage Dans ces quartiers Et je vais vous dire Mon sujet C'est une prolongation de ça
Non ?
Ou alors au contraire
Peut-être vous avez l'impression Que ça va vous éloigner En vous mettant un bruit
Les élections européennes C'est un sujet majeur Et j'espère que ma famille politique Aura une ligne Et une proposition A faire aux français Qui permettent justement De faire exister un message
Si Eric Ciotti vous appelle En vous disant Vincent je veux que tu diriges La liste LR pour les européennes
J'ai pas l'habitude De faire de la langue de bois Je vous dis Un, c'est pas ma priorité Deux, je pense que Au LR On ferait une énorme erreur De penser à l'incarnation Avant de penser à la ligne Et aux idées Et en ce sens d'ailleurs La nomination d'Emmanuel Mignon Vice-présidente en charge du projet Et des idées Est une très bonne nouvelle Pour notre famille politique
Qui était l'ancienne personne responsable Du programme de Nicolas Sarkozy Vous avez Vous vous êtes du coup Beaucoup exprimé Sur un certain nombre de sujets Et notamment sur l'immigration Vous aviez fait Il y a 10 jours Et ça m'avait frappé Une tribune dans le Figaro Qui s'appelle Nul besoin d'aller jusqu'en Italie Pour constater l'impuissance De l'extrême droite Et quand on lisait C'était au moment de Lampedusa Quand on lisait cette tribune Au fond Le seul point que vous reprochiez Au RN C'était éventuellement De ne pas être capable De mettre en adéquation Leurs paroles et leurs actes Et sur le fond Vous étiez plutôt d'accord avec eux Qu'est-ce qui vous différencie aujourd'hui ?
Non mais attendez Sur le fond Je crois que tous ceux Qui nous écoutent Sont capables de dire Immigration incontrôlée Ça pose des problèmes C'est-à-dire qu'à un moment donné Un pays comme chez vous d'ailleurs De décider qui rentre Qui sort Ça ne fonctionne pas Donc ça c'est la première des choses Moi je fais une énorme différence Avec le RN Et avec les équipes De reconquête de M.
Zemmour C'est que Un Mon sujet Ce n'est pas l'immigration C'est l'intégration C'est comment on fait en sorte Que celles et ceux Qui arrivent sur notre territoire Soient intégrés A notre pays Et aux valeurs de la République Pour moi c'est ça le vrai défi Là où d'autres disent Avec nous il n'y aura plus de problème Puisqu'on ne les laissera plus rentrer Et la promesse De l'extrême droite C'est Immigration zéro Et c'est ce que j'essayais De démontrer dans cette tribune Avec l'exemple de Mme Mélonie Qui a proposé L'immigration zéro Rappelez-vous Elle disait On va faire un blocus maritime Il y aura des bateaux On n'avait presque l'impression Qu'ils allaient tirer sur les canons Un Ça n'existe pas Deux Ce n'est pas souhaitable Donc Intégration oui Et ce que j'ai eu l'occasion de dire En débattant avec M.
Zemmour Il y a quelques jours C'est qu'aujourd'hui Ils essentialisent les Français En fonction de leur couleur de peau De leur croyance Et de leur orientation Ça, ça s'appelle du wokisme Nous on n'essentialise pas les gens
Vous mettez dos à dos Donc le RN Et les wok
Oui Pardon Mais quand on essentialise les gens On est wokiste Et donc wokiste blanc Peut-être pour M. Zemmour Mais c'est un wokiste Et c'est en ça Qu'on a une énorme différence
Vincent Jambrun Maire de la île Les Roses Et porte-parole de LR Et peut-être donc un jour Tête de liste LR pour les Européennes Mais visiblement Ce n'est pas votre agenda Merci d'avoir répondu à mes questions
Vincent Jeanbrun