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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 février 2026 27 min

Loïc Hervé : « Il faut mettre un terme aux campements illicites des gens du voyage »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Louis Hervé, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes sénateur union centrice de la Haute Savoir vice-président du Sénat. On va revenir avec vous sur deux actualités aujourd'hui au Sénat.

Le vote du texte sur les polices municipales et puis l'examen de votre texte sur les campements illicites des gens du voyage. Mais d'abord, on regarde les unes de la presse régionale et justement les polices municipales sont à la une de nos quotidiens régionaux. C'est la une de West Rand.

Jusqu'où étendent l'émission des policiers municipaux ? Le Sénat qui vote ce mardi sur l'élargissement des pouvoirs des policiers municipaux qui pourraient réprimer de nouvelles infractions et c'est pas sans poser des questions financières et juridique. La deuxième une, c'est celle du Dauphiné.

Ces milliards que l'État va récupérer avec la fin des concessions d'autoroute prévue entre 2031 et 2036. L'État espère pouvoir empocher plusieurs milliards de plus par an. Une mane qui pourrait servir à d'autres infrastructures de transport.

Et puis la dernière, celle de presse océan, exercice de guerre à Saint-Nazer. Dans le cadre de l'opération Orion qui a commencé dimanche, une coalition internationale s'entraîne à résister à une agression. De quelle avez-vous envie de nous parler ?

Ah, j'ai choisir non pas par chovinisme mais celle du Dauphiné parce que la question c'est votre presse locale c'est c'est mon quotidien favori. Euh cette question des autoroutes, elle elle est très importante et depuis longtemps la manière dont l'État a concédé à les opérateurs privés la gestion des autoroutes est à à certains égards quelque chose de purement scandaleux. Ça a été ça a été dénoncé il y a quelques années par François Bairou.

Il y a il y a une vingtaine d'années au moment où Dominique de Villepin a choisi cette ce mode de gestion, Vincent Deil dans mon groupe a beaucoup travaillé sur ce sujet et donc il est utile de regarder évidemment les mineurs que l'État va récupérer mais surtout de mettre à jour la manière dont l'État concède euh les autoroutes françaises. On a la chance d'avoir des autoroutes qui sont en bon état, entretenu par des sociétés qui sont des sociétés euh tout à fait honorables. Le problème c'est la manière dont on contractualise et dont l'État vérifie la manière dont les choses sont faites.

Et puis il y a pardon mais il y a quand même la question des tarifs qui est une question aussi qui doit être interrogée quand on voit que dans d'autres pays d'Europe le fait d'emprunter une autoroute est quand même beaucoup moins cher. On va parler de l'actualité au Sénat. Double actualité, on commence par les polices municipales.

Le texte qui renforce les pouvoirs de ces polices municipales sera donc soumis au vote cet après-midi. Il a été quelque peu modifié par le Sénat. Est-ce qu'il en sort un bon texte selon vous ?

Oui, il en sort un bon texte parce que c'est une c'est un équilibre qui est toujours recherché par le Sénat l'objectif qui est celui du gouvernement qui est qui est porté par le ministre Nunz et aussi la réalité du terrain. Les polices municipales dans le continuum de sécurité pour apprendre une expression cher Gérald Darmanin à l'époque quand il était ministre de l'intérieur les polices municipales jouent un rôle absolument important beaucoup plus important qu'il y a eu il y a 10 ou 20 ans. Et donc, il faut reconnaître euh et adapter euh le mode d'intervention des polices municipales sans en faire les adjoints du procureur de la République, sans en faire une forcément une troisème force de sécurité intérieure, c'est bien une police municipale, c'est la police du maire, c'est le bras armé de la politique qui est voulue par les élus locaux.

Donc faut bien garder cette spécificité-là, cette caractéristique propre, mais il faut l'adapter à l'évolution de la délinquence aujourd'hui. Mais est-ce que c'est pas le risque justement que l'État avec ce texte décharge trop sur les mères pour assurer la sécurité ? Mais on peut pas en même temps vouloir la sécurité des Français au quotidien et ne pas euh donner des pouvoirs à ceux qui en ont la charge.

Les la gendarmerie et la police sont en en charge sous l'autorité notamment en matière judiciaire euh des parquets de de faire un certain nombre de missions puis il y a des missions du quotidien de sécurité qui doivent être euh dans un certain nombre de secteurs urbains, j'entends d'avoir une mission qui qui est une mission importante. La police assassurer la sécurité, ça reste le rôle de l'État. Est-ce que là ça va pas mettre trop de pression sur les mères ?

Mais en matière de police, vous savez que le maire est un agent de l'État et que les polices municipales sous l'autorité du maire, ce sont bien des personnes qui concourent à la sécurité des Français. Faut pas faut pas forcément opposer. Moi, je suis très vigilant à ce qu'on aille pas trop loin et que ce soit pas évidemment l'État qui prennent la main sur les polices municipales, mais au travers du maire, au travers on va avoir des municipales dans quelques semaines, c'est bien aux équipes municipales et en particulier aux maires de définir les politiques qui l'ont mené sur le leur territoire.

Autre question de ce texte, c'est la question de l'armement des policiers. Est-ce que là aussi il faut s'inquiéter d'un problème de formation ? Moi, j'étais maire il y a il y a 18 ans euh d'une police municipale armée.

Euh je pense que c'est un outil de protection euh des agents et d'intervention malheureusement qui est en leur en leur en leur possession. Euh la question de l'information est fondamentale et la question notamment du tir d'entraînement est une question très importante parce que vous avez c'est pas n'importe quoi que d'avoir un revolver dans votre dans votre poche enfin sur votre flanc. Et donc oui, la question est centrale mais moi je ne remets pas du tout en cause la question de l'armement des politiers.

Je pense que c'est une quelque chose de très important. Mais est-ce que ce texte il encade suffisamment la formation ? ce qu'il rassure forcément il contribue à développer la formation des agents de police municipale y compris quand ils sont armés donc il va dans le bon sens.

Autre question, il y a beaucoup de pouvoirs qui sont laissés à la main du maire dans ce texte. Est-ce que du coup il y a des risques d'inégalité territoriale ? Mais il y a des inégalités territoriales dans le domaine de la délinquence.

Vous avez des territoires français qui sont plus ou moins euh sûrs et pour faire face à cette insécurité, je parler de l'urbain, mais je peux aussi parler du rural dans lequel il y a aussi des incivilités que l'on connaît. Et bien, il faut adapter à les choses. Donc vous savez espèce d'idée de de jardin à la française très rectiline dans lequel on aurait des mesures nationales.

Moi, je trouve que c'est bien qu'il y a une boîte à outil à la main des maires et que les maires puissent choisir ce dont ils ont besoin. D'avoir une police municipale, de ne pas en avoir, de l'armée, de ne pas l'armée ou de doter ces polices municipales de prérogativ spéciales pour répondre à cette question centrale. Vous avez commencé votre émission là-dessus Oriane, est-ce que la sécurité priorité des Français ?

Et bien répondons-y. Et le Sénat avec cette proposition de loi et aussi avec la suivante sur les gens du voyage essayera d'y répondre. Et justement, on va en parler de la suivante puisque c'est un autre texte examiné cet après-midi dans l'hémicycle du Sénat.

Comment lutter contre les installations illicites de gens du voyage ? La proposition de loi transpartisane que vous avez cigné est examinée donc cet après-midi. Les signataires de ce texte ont plusieurs constats, notamment que le besoin de terrain aménagé de plus en plus important mais que cette charge financière est lourde pour les communes dans un contexte budgétaire déjà tendu et enfin que les mesures existantes ne sont pas suffisantes pour lutter contre les installations illicites.

Du coup, pour répondre à ces observations, quelles sont les mesures que propose ce texte Guinette ? Alors tout d'abord et bien le texte affirme vouloir renforcer les possibilités d'accueil et pour cela, il assoupli les obligations des communes et facilite les possibilités de financement. Par exemple, il allonge de 2 à 5 ans euh le délai dont disposent les communes pour se conformer à leurs obligations.

Il leur permet aussi de comptabiliser les aires d'accueil permanentes dans les quotas de logements sociaux. Alors, monsieur le sénateur, ce sont des mesures donc présent présentées comme renforçant les possibilités d'accueil, mais les opposants en texte vont vous accuser au contraire de les diminuer puisque elle diminue les obligations des des communes. Il y a il y a 25 ans 26 ans, euh ce pays se dotait de la loi Besson, loi qui était censée équiper le pays, permettre l'accueil des gens du voyage.

On peut se constater, sans faire de politique politicienne aucunement que cette politique publique ne fonctionne pas ou disfonctionne de manière très importante. Aujourd'hui, les stationnements illicites des gens du voyage dans nos territoires sont légion et posent des problèmes énormes aux populations, aux habitants parce que c'est très compliqué de de vivre à côté d'un campement illicite des des gens du voyage et aussi au mer. Donc l'idée c'est de d'assouplir suffisamment les mesures pour que les obligations des communes soient remplies au mieux pour y revenir d'ailleurs sur la loi la loi Besson et aussi de renforcer les pouvoirs de coercition pour mettre un terme à ces installations illicites qui révèlent Oui mais c'est pas la question là c'est présenté comme une mesure en faveur des des arts d'accueil au contraire ça les réduit plutôt non ça permet au aux collectivités de les de les réaliser c'est bien ça le sujet C'est comment est-ce que dans un schéma départemental vous créez des obligations aux collectivités et comment vous donnez aux collectivités le pouvoir de les réaliser dans une période où le l'argent public se fait quand même rare et où c'est ces investissements sont extrêmement extrêmement lourds.

Donc c'est plutôt favorable aux collectivités pour qu'elles puissent faire face à leurs obligations. Ça c'est l'article 1er. Oui. [rires] Allez autre question.

Non on enchaîne. Il est question aussi du financement de ces aires d'accueil. Oui, le dossier législatif annonce la possibilité pour les collectivités d'instituer une taxe un peu sur le principe de la taxe de séjour dont ça quitte les touristes et vacanciers quand ils vont notamment à l'hôtel et cette taxe financera l'entretien et la gestion de ces aires d'accueil.

Et puis surtout le texte renforce les sanctions en cas de non paiement de la redevance dont les gens du voyage doivent s'acquitter lorsqu'ils occupent les aires d'accueil. Et désormais, en cas de non paiement euh de celle-ci, et bien le comptable public de la commune bloquera le transfert de l'immatriculation du véhicule concerné. Et ça, en fait, c'est une mesure en clair qui va empêcher la revente des véhicules concernés et c'est une mesure qui est présentée comme très efficace.

Alors, pourquoi cette mesure ? Est-ce qu'aujourd'hui le nonpaiement des redevances était significatif ? Quand vous vendez votre voiture, on va vous demander un certificat de non gage qui va prouver que vous avez honorer l'ensemble des amendes dont vous seriez redevable sur l'immatriculation de véhicule.

Bah c'est ça. Oui. C'est-à-dire que si vous ne payez si vous allez occuper une aire d'accueil euh qui est dévolu aux gens du voyage si avec votre caravane, si vous êtes vous-même de la communauté des gens du voyage et que vous ne payez pas ce que vous devez à la collectivité, et bien effectivement l'immatriculation de votre véhicule sera engagée, vous pourrez pas le vendre.

Mais c'était significatif le non paiement des redevances. Bien sûr, c'était vraiment pas bien sûr. Alors pas partout fort heureusement.

Vous avez chiffre et c'est j'ai pas j'ai pas de chiffre en tête mais de de mémoire puisque j'ai été en charge de la gestion de plusieurs a de de gens du voyage dans mes fonctions précédentes. C'est c'est régulier que vous avez des personnes qui qui partent de leur stationnement. Là on est sur le stationnement licite hein, on est dans les aires d'accueil et qu'il partent sans sans sans payer sans parler d'ailleurs des dégradations de des aires de d'accueil qui sont aussi un phénomène extrêmement préoccupant.

Et la proposition de loi, elle prévoit aussi plusieurs mesures pour stopper ces installations illicites justement notamment en les anticipant davantage. Alors jusqu'ici, la loi prévoyait que seuls les groupes de plus de 150 personnes, 150 caravanes pardon notifient leur arrivée auprès du préfet. Désormais cette obligation, vous le voyez s'applique aussi aux groupes plus petit à partir de 100 caravanes.

Puis ensuite, il s'agit de rendre les mesures déjà existantes plus efficaces. par exemple en faisant en sorte que l'interdiction de stationner entraîne automatiquement le déclenchement de la procédure d'évacuation. Il est aussi prévu que cette procédure d'évacuation soit plus rapide.

Elle sera désormais fixée, vous allez le voir, à 24h. En cas de cours, le dél de réponse de la part du juge est lui aussi raccourci à 24h au lieu de 48. Et puis la durée d'applicabilité de la mise en deveur de la mise en demeure est-elle allongée de 7 jours ce qui l'apporte à 2 semaines.

Certaines amendes sont également augmenté et enfin vous l'avez dit plutôt en cas d'attente à la en cas d'atteinte à l'environnement dans une zone protégée. Les évacuations pourront être déclenchées sans mise en demeure. Monsieur le sénateur cet après-midi, les sénateurs LR vont proposer de durcir les sanctions jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75000 € d'amende.

Si des dégradations notamment sont commises. Est-ce que vous vous êtes en faveur de ces mesures ? Je suis d'abord en faveur des mesures de la proposition de loi parce que j'en suis l'un des auteurs.

Je suis aussi favorable à ce que l'on renforce la coercition sur les installations illicites tant je suis persuadé que les manquements euh sont tels qu'il qu'il mettent en évidence l'incapacité des préfets, des forces de sécurité intérieure, voire des élus de faire cesser le trouble à leur public. Et donc c'est vraiment si s'il y a du vote dans ce pays et dans un certain nombre de nos territoires, c'est en partie dû au fait que nous n'arrivons pas à juguler cette question de des stationnements illicite des gens du voyage et que nous plongeons des territoires entiers dans des difficultés considérables. Moi dans mon département, c'est l'été 2000 à 3000 caravanes en stationnement illicite.

C'est en haut de savoir c'est considérable. J'ai des zones industrielles qui ne peuvent plus fonctionner pendant des semaines. Et donc il y a une urgence dans ce pays à constater que la loi Baisson est arrivée à au terme de ce qu'elle pouvait faire.

Donc il faut trouver des solutions et d'ailleurs il y a beaucoup d'articles qui modifient euh la loi Baisson. Je pense qu'il faudrait même aller beaucoup plus loin et d'autre part, il faut donner les capacités au pouvoir public d'interrompre ce trouble qui est un trouble absolument scandaleux et qui est révoltant. et de voir les parlementaires comme nous, texte après texte revenir sur ce sujet, c'est un maronier hein du parlement hein le sujet des gens du voyage.

Ça montre quand même que dans notre pays, nous n'arrivons pas à faire face à cette question des stationnements illicites. Moi j'ai ça fait un c'est un sujet sur lequel je travaille depuis des années et je pense qu'il serait temps maintenant d'avoir une politique pénale pour dire que c'est impossible que ça arrive. C'est bizarre parce que nous on a comme voisins les suisses qui n'ont pas cette difficulté là.

Donc, on a un problème franco-français de gestion du stationnement des gens du voyage et de et et de faire cesser ces stationnement illicite qui sont un vrai scandale républicain partout dans le pays. Donc c'est urgent que nous arrivions à des à des solutions pratiques. Oui, je voterai je voterai le le durcissement des sanctions au maximum.

On est dans la navette. Donc l'avantage est d'envoyer un texte le plus euh euh non pas répressif mais le plus dur possible à l'Assemblée nationale et qu'on ait avec les députés une discussion sur l'adaptation. Mais vous pouvez pas avoir des des des récidives extrêmement fréquentes de la part des gens du voyage, de la part de personnes que l'on connaît et aucune réponse pénale, c'est pas possible.

Je veux dire, en terme de d'équité républicaine et en terme de d'or public, il faut vous mettre un terme à ça. Et le texte sera donc examiné en fin d'après-midi dans dans l'hémicycle du Sénat. Un mot sur un autre texte puisque Sébastien Lecornu dans une interview à la presse quotidienne régionale dimanche euh a annoncé quelques mesures euh dont certaines concernent la loi de décentralisation.

Euh il y aura finalement trois textes. Un texte de simplification, un texte de réforme de l'État et de clarification des compétences. Est-ce que vous y croyez à une vraie loi de décentralisation avant 2027 ?

Président de la République a parlé de réforme radicale. Le 31 décembre dans son discours des vœux. Euh le Premier ministre annonce un certain nombre de choses, j'ai l'impression qu'il y a une incohérence entre la volonté initiale d'un grand texte de décentralisation tel qu'on a pu le connaître sous Gaston de fer Jean-Pierre Rafarin et je pense vraiment que le pays a besoin d'un texte de décentralisation extrêmement fort.

J'ai peur qu'on soit plus sur un un paquet de mesures paramétriques où on va aller déplacer une compétence d'une collectivité à l'autre sans toucher le fond. loi 3DS bis quoi 3DS engagement et proximité euh voilà mais pas une réforme de fond il faut une réforme de fond moi je elle aura pas lieu son Emmanuel Macron elle n'aura pas lieu pour une simple raison c'est que vous voyez bien la balcanisation de l'Assemblée nationale et la difficulté qu'ils ont à se mettre d'accord sous le moindre texte vous imaginez que c'est ils vont se mettre d'accord à l'unanimité sur des ou en tout cas à la majorité sur des textes comme ça c'est totalement illusoire par contre ce dont le pays a a besoin et je reprends les les déclarations prophétiques à mes yeux de Jean-Louis Borlot. Ce pays a besoin d'être provincialisé.

Je veux pas dire fédéraliser parce que ça déclencherait une polémique inutile mais provincialisé, c'est-à-dire avoir des collectivités plus grosses que les départements, moins grosses que ces immenses régions, capable capable d'assumer des compétences de proximité pour les Français et capable d'assumer simplement de moderniser le pays. Et cette idée de modernisation du pays, faut qu'on l'a vraiment en tête et et cette modifier cette idée d'un texte de décentralisation est une bonne idée. C'est plutôt une idée pour un début de mandat que pour une fin de mandat.

Et on va continuer à parler des élus dans moins de 5 semaines. Maintenant, ce sera le premier tour des municipales le 15 mars. Et en Lo atlantique, une commune n'a pas un maire mais deux.

Alors pas juridiquement, mais dans le quotidien, ça se passe comme ça. À Tay, on va retrouver Arnaud Pageot. Bonjour, vous êtes le maire de la commune de Tayer.

Jérôme Scolard, bonjour. Merci également d'être avec nous. Vous êtes vous le deuxè adjoint de la ville.

Euh comment vous organisez au quotidien pour être de mèes ? Arnaud Pageo ? On a on a un pardon monsieur le maire, on vous entend pas monsieur Pageot.

Je vais je vais passer la parole à Jérôme Scolard le le temps qu'on règle le petit problème de son. Jérôme Scolar, vous êtes vous êtes vous le deuxè adjoint euh de la ville. Ça c'est sur le papier, ça c'est juridiquement euh dans le quotidien.

Vous êtes aussi maire. Vous m'entendez moi ? Vous m'entendez ?

Bonjour. Alors c'est très simple. En fait en 2019, on était tous les deux adjoint à l'ancien mandat et personne se présentait.

On s'est dit bon, on va y aller tous les deux, on va créer un bureau. Et euh ça s'est fait très naturellement le le binô en fait, on s'est dit on est vraiment là pour l'intérêt collectif et il faut que les gens aient une réponse une réponse au quotidien. Donc il y a toujours l'un ou l'autre ou les deux qui sont présents en mairie.

Et comment pour les comment vous vous fonctionnez au quotidien ? Il y a pas le bureau du maire, il y a le bureau des maires. Comment ça se passe pour vos habitants ?

On a un bureau, on a un bureau l'un en face de l'autre et on travaille. En fait, il y a pas de répartition de tâche. C'est c'est un point important, c'est vraiment on est sur tous les dossiers chacun pour savoir de quoi on parle.

C'est-à-dire qu'on croise quelqu'un dans la rue, on sait de quoi on va parler et les gens ont pris les habitants de Tayer ont pris le pas, le pli. Euh ils nous appellent tous les deux monsieur le maire. Alors pour qui, pourquoi ?

On ça s'est fait très naturellement et on est vraiment là pour l'intérêt collectif et je rajoute le fait qu'on a aussi une super équipe municipale, une super équipe d'agent, ce qui fait vraiment un tout qui permet de un fonctionnement en binu. Vous en êtes arrivé à à décider ça ? C'est aussi une manière de lutter contre l'épuisement des élus.

On sait que la tâche est ardue. Tout à fait. On se rend compte le soir, souvent, on est tous les deux à 21h en mairie, on se dit c'est vraiment bien d'être à deux pour prendre des décision.

Euh et on se rend compte que le fait des on rencontre des maires qui sont souvent tout seul, on en a rencontré un une réunion une fois, il était à son 4e burnout sur 6 ans. C'est vrai que des fois c'est pas simple d'être tout seul, donc c'est vraiment un un confort d'être à deux. Louis Carvé, est-ce que c'est une bonne solution finalement ?

Moi, je suis très touché par cette par cette expérience parce que le le maire français, c'est vraiment l'héritage napoléonien, c'est-à-dire la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne qui est à la fois le patron de l'exécutif, le président du délibératif et qui en ses mains concentre l'essentiel du pouvoir. Et moi, je trouve que ce genre d'initiative est tout à fait à saluer parce que plus il y a de collectif et plus il y a de partage possible, mieux mieux ça se passe en fait dans la réalité. dans beaucoup de communes le il y a un tandem maire premier adjoint moi je suis toujours élu municipal dans dans ma commune et Chantal qui est maire Pierre qui est premier adjoint créer un un binôme après il y a le le bureau municipal avec les adjoints le conseil municipal où nous sommes 29 mais c'est touchant parce que c'est une réponse aussi au fait que les compétences du maire ont énormément évolué ces dernières années et et et qu'il faut pouvoir répondre au au souhait des habitants.

Donc je pense que c'est une manière aussi sans sans surcharger une seule personne qui pourrait aller jusqu'au burnout. Le fait de partager le pouvoir, c'est important. Après en droit, il n'y a qu'un maire dans une commune bien évidemment, mais ça ils le savent, je vais pas leur rappeler, mais le la pratique quotidienne du pouvoir c'est quelque chose d'important et le fait de le partager ça ne peut rendre que plus intelligent.

Arnaud Pageot, on vous a retrouvé, on vous entend hein. Alors, officiellement, vous êtes le maire de la commune euh mais ça aide d'avoir plus qu'un adjoint, d'avoir un comaire finalement. Oui, oui, on a organisé les choses pour simplifier, pour être pragmatique, opérationnel le plus rapidement possible et euh ça va au-delà de la fonction euh de de des M et véritablement aussi l'organisation qu'on a essayé de créer depuis le début du mandat avec l'ensemble de l'équipe, des adjoints et comment on communique les informations pour être pour être encore une fois le plus le plus près possible de la réalité et du besoin des administrés. on est euh on est dans une dynamique qui nous permet de de gérer mieux le stress au quotidien parce qu'en fait la réalité euh c'est que c'est effectivement devenu de plus en plus compliqué.

On a un petit peu d'expérience puisque Jérôme et moi on était déjà adjoint et on a bien vu que sur ce mandat ça s'est complexifié. J'entendais tout à l'heure les propos sur la simplification. Effectivement, nous on est tout à fait prêt à simplifier plein de choses parce que le le quotidien est devenu très lourd et notre binô permet de palier dans une certaine mesure à à simplifier un certain nombre de démarches et en tout cas être au plus près de la réglementation, des normes qui arrivent sans cesse et et essayer de comprendre comment tout ça marche.

Merci beaucoup. Merci à tous les deux d'avoir été avec nous. Arnaud Pageot, maire de Tayer Jérôme Scela qui est deuxème adjoint mais qui est également maire.

On l'aura compris. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour nous parler de votre expérience. On termine avec l'actualité dans votre département, dans votre région Loï Hervé.

D'abord, on va parler des J puisqu'on est en pleine période des JO à Milan Cortina. Les prochains seront organisés dans les Alpes françaises et on voit des problèmes notamment au sein du comité d'organisation avec plusieurs démissions. Est-ce qu'il faut s'inquiéter de cette crise ?

Un pour l'image de la France et deux pour l'organisation des jeux de 2030. Est-ce qu'on sera prêt ? Alors, la France est un pays d'organisation de grandes compétitions sportives.

Inutile de rappeler la coupe du monde de rugby, les Jeux Olympique d'été à Paris l'année il y a 2 ans. Euh et nous serons évidemment au rendez-vous parce que c'est le choix qui a été fait d'être sur différents sites de compétition et avec des collectivités qui ont l'habitude elles aussi euh commune, département d'accueillir des grandes compétitions internationales. Donc c'est ce qui se passe juste Pimo, c'est ce qui se passe à Milan aussi.

C'est ce ce concept éclaté avec Oui. avec Cortina Cortina qui est dans dans les Dolomites. Donc c'est vraiment euh j'imagine que vous regardez ce qui se passe.

Du coup ça ça vous rassure pour 2030 et je et je et je vois aussi euh nos amis italiens de l'autre côté des Alpes être faire face et être capable d'organiser cette belle compétition avec une magnifique cérémonie d'ouverture et puis le monde qui est là et des belles compétitions et déjà des médailles françaises. Enfin euh 2030, c'est un un horizon qui est qui est tout à fait atteignable sur les questions de gouvernance parce qu'elles sont importantes. Il appartient à la ministre de mettre de l'ordre là-dedans parce que c'est la c'est euh la compétition est accueillie par la France et donc le comité d'organisation doit être du point sur la table.

Absolument. Moi je moi je je enfin l'espèce de feuilleton qui consiste à avoir toutes les semaines une démission et quelqu'un qui en plus se répand dans la presse en expliquant ce qui ce qui va pas. Moi je pense qu'il est de l'ord il est du rôle de l'exécutif de de madame Ferrari de de d'être absolument Oui. la ministre des sport d'être absolument euh plus ferme.

Non mais non seulement plus ferme mais de si nécessaire de reprendre la main pour que les choses soient soient faites. Edgar Gopiron est le patron de cette organisation il faut que ça avance maintenant. On va on va pas com passer les l'hiver au moment où d'ailleurs où on on a les yeux braqués sur Milan et Cortina.

Euh encore cette capacité d' bien franco-française d'avoir des polémiques en donc de l'ordre de l'ordre de l'ordre. Un dernier mot plus politique, il y avait une législative partielle chez vous en haute de sa voie il y a il y a 10 jours. Euh c'est le candidat euh d'Éric Sioti qui l'a emporté face au candidat avec le soutien du Rassemblement national.

Avec le soutien du Rassemblement national face aux candidats soutenu par les LR et les centristes. Qu'est-ce qu'il faut y voir ? un déplacement de votre électorat vers l'extrême droite.

La première chose qu'il faut y voir, c'est 70 % des électeurs qui ne sont pas allés voter. Alors, c'est le propre des législatives partielles, mais quand même. Ça veut dire qu'une très grande partie de l'électorat décide de ne pas aller voter et ça c'est préoccupant.

La deuxième des choses, c'est qu'effectivement Antoine Valentin remporte cette élection avec un score important 60 % des des voix et il annonce que c'est la consécration de l'Union des droites. Alors moi dans la question de l'Union des droites comme comme homme du centre droit, je pose deux questions. La première des questions, c'est qui est de droite ?

Et moi, je regarde les votes du groupe RN et UDR à l'Assemblée nationale, notamment dans la période budgétaire et j'ai pas vraiment l'impression que on ait une compatibilité sur les thèmes notamment d'économie libérale et de soutien à l'activité économique euh avec les votes qui ont été les leurs. Et deuxièmement, dans une prétendue union des droites, qui est le patron ? Qui est le patron ?

Si c'est pour faire l'Union des droites avec le patron, quel Rassemblement national. Non merci. C'est ce qu'ils disent que ça derrière eux.

Ben ça ne m'intéresse pas et je ferai partie de ceux qui s'opposeront le plus systématiquement possible ou un centriste, ça vous intéresse plus ? Non, je dis simplement qu'à partir du moment où c'est le RN et que le RN n'est pas clair ni sur les retraites, ni sur les impôts, ni sur le soutien à l'économie et que c'est un parti qui aujourd'hui puise ses origines dans un certain nombre de d'idées, je parle pas je parle pas du reste. On pourrait parler de bien d'autres choses en matière de liberté publique, d'immigration, de sécurité.

Je parle de la question économique. Ce parti n'est pas un parti compatible avec moi qui suis un qui suis un libéral économiquement qui veut que mon pays avance, que c'est que mon pays redevienne une puissance économique telle qu'elle doit l'être et donc euh tel que le pays doit l'être. Et donc ça c'est vraiment une question centrale et la question économique doit revenir au premier plan.

Merci Louis Carvé. Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.

Loïc Hervé : « Il faut mettre un terme aux campements illicites des gens du voyage » — Loïc Hervé · Pourquijevote