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Podcast / conversationyoutube.com· 29 mars 2026 110 minDivertissementInstitutions & électionsJusticeSécuritéSolidarités & famille

DE L'AFFAIRE DREYFUS À LA FRANCE DE PÉTAIN : FAITES ENTRER LES ANTISÉMITES - ÉPISODE 18

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 41 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:06:17non_speechFait
    « Ce sont les fameux accords de Munich qui laisse Hitler annexer les Sudettes sous condition qu'il n'occupe pas le reste du pays. »
  • 1:06:20non_speechFait
    « Accord violet démars 1939 quand l'armée allemande conquère le reste du pays. »
  • 1:06:25non_speechFait
    « Hitler déclare aux troupes SS Gengiscan a volontairement et de gaié de cœur fait massacrer des millions de femmes et d'enfants. »
  • 1:07:01non_speechFait
    « Le gouvernement français aurait très bien pu se réfugier à Londres et continuer la guerre sous la forme d'une union franco-britannique. C'est ce que leur proposait Churchill. »
  • 1:07:45non_speechFait
    « Le 10 juillet 1940 au casino de Vichi, l'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République sous l'autorité et la signature du maréchal Pétin. »
  • 1:08:30non_speechFait
    « De Gaulle qui a lancé depuis Londres l'appel du 18 juin à poursuivre la résistance et condamné à mort par Contumas. »
  • 1:09:14non_speechFait
    « Pétin instaure une législation antisémite. Ce n'est pas à la suite du demande particulière de la part des Allemands. C'est un choix de Pétin lui-même. »
  • 1:10:43non_speechFait
    « Le choix de l'armistice de Pétin en juin 1940 n'était pas poussé par la nécessité mais par le désir de pouvoir enfin redresser la France avec sa révolution nationale. »
  • 1:11:28non_speechFait
    « Campagne contre l'alcoolisme divorce rendu quasi impossible avortement réprimé de mort pour les médecins avorteurs. »
  • 1:12:11non_speechChiffre
    « Dès le 17 juillet 1940, l'épuration commence. On lance une grande révision des naturalisations opérées depuis 1927. 15154 personnes perdent de la nocialité française dont 40 % de juifs. »
  • 1:12:55non_speechFait
    « Tous ceux dont un des grands-parents est juifs sont exclus de la plupart des fonctions publiques de la politique, du cinéma et de la presse. »
  • 1:14:21non_speechChiffre
    « En tout, 78000 juifs déportés de France sous l'occupation dont 80 % ont été arrêtés par la police française et dont 24000 le tiers avaient la nationalité française. »
  • 1:15:03non_speechChiffre
    « Plus du quart de la production agricole et industrielle française est livrée à l'Allemagne. 70 % de la production automobile et 100 % de la production aéronautique. »
  • 1:15:48non_speechFait
    « Les Français sont alors la seule population européenne contrainte par son propre gouvernement de travailler alors quasi exclusivement pour la victoire de l'Allemagne nazi. »
  • 1:17:15non_speechChiffre
    « En 1943, c'est la création de la milice française pour lutter contre la résistance. 30000 hommes dont beaucoup de gangsters et ex-prisonniers de droits commun. »
  • 1:18:00non_speechFait
    « Pétin essaie à nouveau de bananer tout le monde. Cette fois, il déclare avoir toujours été une sorte d'allié symbolique du général de Gaulle. »
  • 1:18:43non_speechFait
    « La cour le déclare coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison. Il est frappé d'indignité nationale, condamné à la confiscation des biens et à la peine de mort. »
  • 1:19:27non_speechFait
    « Instauration d'une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie. »
  • 1:20:11non_speechFait
    « Vichi a montré ce que donnent les idées de l'extrême droite portée au pouvoir. Des mesures d'exclusion visant minorité injustement brimé et ennemis politique plus ou moins imaginaire. »
  • 1:20:55non_speechFait
    « Pétin a inventé l'homme qui se soumet à une puissance étrangère et qui soumet sa propre population, mais qui prétend rénover son pays en assassinant à la fois les plus fragiles et ceux qui ne veulent pas se soumettre. »
  • 1:21:39non_speechFait
    « Macron qu'il appelle le maréchal annulant symboliquement sa condamnation à la dignité nationale. »
  • 1:22:21non_speechChiffre
    « Bilan de la Seconde Guerre mondiale, les chiffres varient entre 50 et 70 millions de morts, soit 2,5 % de la population mondiale de l'époque. »
  • 1:25:16non_speechFait
    « Nous savons que la seule et unique solution au mots de l'humanité est le partage des richesses. »
  • 1:26:44non_speechFait
    « On voyait les rues se dépeupler. On voyait une sorte de désert à la fois existentiel et moral commencer à gagner. »
  • 1:28:12non_speechFait
    « Dora Bruder a fait une fugue. Plus tard, pas très longtemps plus tard, comme ses deux parents, Dora Bruder sera déporté et mourra au Schwiitz. »
  • 1:29:41non_speechFait
    « Roger Gilbert Lectte a écrit certains des plus beaux poèmes de son temps. Ainsi, hommage fraternel où la bête immonde. »
  • 1:44:58non_speechFait
    « Les massacres de Cétif et de Gelma en Algérie lorsque la population du nord Constantinois au moment de célébrer la victoire des alliés décide de rappeler pacifiquement à la France ses revendications nationalistes. »
  • 1:46:26non_speechFait
    « L'hitlérisme consiste dans l'application par l'Allemagne au continent européen et plus généralement aux pays de race blanche des méthodes de la conquête et de la domination coloniale. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Locuteur

Prends ton sablier, le temps est hors de ses gons. W il a l'air il a l'air tout bougon. Mais non, surtout là, il me fait peur. En 1966, Charlotte Berra publie rêvé sous le trisème Reich. Ce sont les résultats d'une enquête menée à Berlin entre 1933 et 1939. Berér a collecté des rêves de médecins, d'avocats, de femmes de ménage, de cordonniers, de femmes au foyer, des juifs et des nonjuifs. L'objectif de son enquête était de rendre compte de l'impact du nazisme jusque dans ce que les êtres humains pensent avoir de plus intime, leur sommeil. Robert Ley, un dirigeant nazi suicidé avant son procès à Nurber, avait déclaré "En Allemagne, il n'y a plus d'affaires privées.

Dès le moment où vous vous réveillez et vous rentrez en contact avec une autre personne, vous devez vous rappeler que vous êtes un soldat d'Aolp Hitler. La seule personne qui soit encore un individu privé en Allemagne, c'est celui qui dort." Et ben non, même pas. Même celui qui dort travaille pour le fureur. La réalité du nazisme est telle qu'elle s'impose jusque dans les rêves. Berat a collecté des rêves de nonjuifs qui rêvent avec inquiétude qu'on leur découvre une ascendance juive.

Une jeune fille qui rêve qu'elle doit fournir un certificat d'Arianité à un employé qui déchire le certificat et lui dit "Et maintenant, est-ce que tu es purement arienne ou des nonjuifs qui rêvent qu'on met en doute leur adhésion au nazisme ? un chef d'entreprise. Bref, que Gbels vient visiter son usine. Je dois lever le bras pour faire le salut hitlérien. Il me faut une demi-heure pour réussir à lever le bras millimètre par millimètre. Gbbels observe mes efforts comme s'il était au spectacle, sans applaudir ni protester. Mais quand j'ai enfin le bras tendu, il me dit ses cinq mots. Votre salut, je le refuse. Il fait demi-tour et se dirige vers la porte.

Un juriste de 40 ans rêve qu'il dit à son frère qu'il n'a plus de joie à rien et reçoit immédiatement un coup de téléphone du service de surveillance. Je sais que mon crime est en rapport avec ce que j'ai dit à propos de la joie. Je m'entends argumenter, prier, supplier qu'on me pardonne cette fois, que juste cette fois on ne me dénonce pas. On raccroche en silence, me laissant dans les affres de l'incertitude. On dirait du Kafka. Tout se met à ressembler à du Kafka. Et puis il y a les rêves de négociation. Ceux où le rêveur antinazi essaie de trouver des compensations personnelles narcissiques à une situation que pourtant il déteste.

Un ophtalmologue antinazi de 40 ans rêve qu'il doit soigner les yeux d'Hitler. Je suis le seul au monde à en être capable. Honteux d'en être fier. Je me mets à pleurer. La sexualité s'en mêle. Ainsi une femme de 40 ans, pourtant tout aussi antinaisie. Hitler me veut et je lui dis "Mais je ne suis pas nazi et je lui plais encore plus." Une employée de maison de 33 ans. Je suis au cinéma, j'ai peur. Seuls les camarades du parti ont le droit d'aller au cinéma. Hitler arrive et j'ai encore plus peur. Or, non seulement il m'autorise à rester, mais il s'assit à côté de moi et passe son bras autour de mes épaules.

Enfin, un médecin juif qui rêve qu'il soigne Hitler parce qu'on a décrété, un peu comme pour l'ophtalmologue, qu'il était le seul à pouvoir le faire. Que voulez-vous pour m'avoir guéri ? Demande Hitler. Pas d'argent, dis-je. Sur quoi un grand blond de l'entourage de Hitler, toi juif crochu, tu ne veux pas d'argent ? Alors Hitler d'un ton de commandement, naturellement pas d'argent. Nos juifs allemands ne sont pas ainsi. Mais le changement est total si l'on se tourne vers les récits de rêves rapportés des camps. Charlotte Berat parle d'un jeune homme qui ne rêve plus que de carrés, de triangle ou d'octogone parce qu'il est interdit de rêver.

Jeanol, lui-même rescapé d'un camp de concentration rapportera semblable rêve sans vie et sans objet. Le prisonnier pouvait être sauvé par une couleur majeure. Toutes les forces invincibles de l'homme se retrouvaient dans le cri de cette couleur sacrée et originelle. Si la réalité du nazisme est si forte qu'elle s'impose jusqu'au rêve, celle des camps ne permet plus de se figurer aucune perspective, aucune narration, aucune forme. On en était arrivé là il y a moins d'un siècle.

La mise en œuvre d'une politique génocidaire à échelle industrielle visant des populations entières jugées indésirables, mais aussi la découverte que le progrès scientifique dans lequel la philosophie héritière des lumières avait mis tant d'espoir l'opposant à l'obscurantisme religieux. La découverte que le progrès scientifique allait surtout aider les hommes à s'entretuer avec plus d'efficacité, plus de froideur, plus d'indifférence encore. S'étonner que les choses que nous vivons soient encore possibles au 20e siècle n'a rien de philosophique, écrit le critique littéraire et philosophe allemand Benjamin dans les thèses sur le concept d'histoire.

Ce n'est pas un étonnement qui se situe au commencement d'une connaissance si ce n'est la connaissance que la représentation de l'histoire qui l'engendre n'est pas tenable. Les thèses sur le concept d'histoire sont le dernier [musique] texte que nous possédons écrit par Walter Benjamin. Il a été rédigé à Paris entre la fin de l'année 1939 et le début de l'année 1940. Le pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939 a donné un coup d'arrêtané au mouvement de contestation antifasciste et désorienté une partie de la gauche. Puis en juin 1940, c'est l'armistice et les pleins pouvoirs apétins. Walter Benjamin, comme de nombreux intellectuels juifs exilés en France, n'est plus en sécurité.

Il fait parvenir une copie du texte à Gretel Adornau, l'épouse de Théodore Adorna et en confie le manuscrit. à Anna Harent au moment de quitter la France pour l'Espagne ou croyant sa situation personnelle désespérée, il se suicide le 26 septembre 1940 à Portbou. Le texte de Benjamin s'attaque à une vision de l'histoire mettant en scène l'humanité avançant inéluctablement dans la direction de son émancipation. À cette histoire présentant une progression ordonnée et harmonieuse où Alter Benjamin oppose une tradition des vaincues non chronologique, une histoire intempestive qui fasse des sauts de tigre dans le passé pour transformer notre regard sur le présent. Je cite Benjamine.

Faire œuvre d'historien ne signifie pas savoir comment les choses se sont réellement passées. Cela signifie s'emparer d'un souvenir tel qui surgit à l'instant du danger. Bien sûr, cette vision bjaminienne de l'histoire se distingue en tout point de la philosophie de Hegel où l'on lit à travers la figure des grands hommes César, Napoléon et cetera, la réalisation de la raison dans l'histoire. une conception de l'histoire qui est aussi toujours une conception de la grandeur. Conception de la grandeur à laquelle s'oppose de son côté la philosophe Simon Veille dans ses textes écrits à Londres en 1943 alors qu'elle travaille pour la France libre. Je cite Simon Veille.

Notre conception de la grandeur est la tare la plus grave. Notre conception de la grandeur est celle même qui a inspiré la vie toute entière d'Hitler. Nous y sommes. Comment on va faire pour traiter d'un problème pareil en un seul épisode à l'intérieur de ce morceau de planète qu'on a pris l'habitude d'appeler la France ? est une tâche, il faut l'admettre, impossible comme de faire l'exégèse en un seul épisode de ce qu'il faut bien appeler la culture antisémite française. Une culture à la fois journalistique, littéraire et politique indissociable de l'évolution de la droite française entre le 19e et le 20e siècle.

une culture antisémite française qui va conditionner les modalités très particulières de la collaboration de Pétin avec l'Allemagne nazie. Alors, comment on va faire ? On va commencer par la fin. On va partir de la condamnation lors de la libération le 25 janvier de l'Ation française. Premier mouvement d'extrême droite au sens moderne du terme au moment du verdict. Moras s'écrit comme si le passé lui bondissait à la gorge. C'est la revanche de Drefus. Retourne ton sablier, le temps doit repartir à l'envers. On est là. Let's go. Mon nom est pas comme Tiemand. Je ne suis pas historien. Je suis exégète.

9:21
Non speech

[musique] [musique]

9:28
Locuteur

Ce programme ne prétend pas plus à l'objectivité qu'à l'exhaustivité. C'est un voyage de l'âme dans le monde des morts. Une expérience durant laquelle le temps se fait espace. Pour cet épisode, j'ai reçu l'aide des historiens Raphaël Carbone et Marie Miromieux, de l'écrivain et historien Grégoire Koffman et de l'écrivain et journaliste Delfille deon. Alors si vous n'aimez pas mon histoire de France, écrivez la vôtre. [chant][musique]

10:05
Non speech

[musique]

10:11
Locuteur

Bienvenue dans l'Empire na jamais pris fin saison 3 épisode 4 Drumon Pétin et compagnie [grognement] faites entrer les antisémites.

10:22
Non speech

[musique]

10:40
Locuteur

Alfred Drefus né le 9 octobre 1859 à Mulouse. Il meurt le 12 juillet 1935 à Paris. Il est issu d'une vieille famille juive alsaciennienne. C'est le petit dernier d'une fraterie de sept enfants. Son père, Raphaël Drefus, possède une modeste filature de coton. Après la défaite de Sedan et l'armistice de 1870, la France perd l'Alsace et la Moselle. Pour garder la nationalité française, les Drefus quittent l'Alsace. Il s'installe en Suisse à Bal et envoie le petit Alfred à Paris où il passe son baccalauréat et est reçu à l'école polytechnique. Patriote, consciencieux et zellé, percevant la défaite de 1870 comme une humiliation, Alfred Drefus décide d'embrasser une carrière militaire.

Il est nommé lieutenant en 1882. Il va bientôt devenir capitaine et entrer au ministère de la guerre. En, il épouse Lucy Adamar avec qui il a deux enfants, Pierre et Jeanne. On est dans une période marquée par la guerre vite perdue de ce Bzo de Napoléon I, guerre perdue en 1870 qui a entraîné une obsession de la revanche et une course aux armements, mais aussi le développement du contre-espionnage militaire, la section des statistiques dirigée en 1894 par le lieutenant colonel Sander. secondé dans sa tâche par le commandant Henry. La course aux armements plonge l'armée dans une parano totale. Alors, on contrepionne comme des bêtes.

En particulier, l'attaché militaire à l'ambassade d'Allemagne, Maximilien Von Schwarzcopen. On le contreespionne par l'intermédiaire de Madame Bastian, employé comme femme de ménage à l'ambassade d'Allemagne et qui fouille tous les soirs dans ses poubelles pour le compte de la section des statistiques. Dans les poubelles de Schwarrzcopen, le commandant Henry découvre en septembre 1894 une lettre qu'on va appeler par la suite le borderau. Le bordau annonce la transmission prochaine de plusieurs documents militaires confidentiels. Pas des documents de grande importance et surtout pas de première main.

On promet une note sur un frein hydraulique, une autre note sur quelques modifications relatives aux troupes de couverture, une troisième sur une modification dans les formations de l'artillerie des miettes. Mais bon, dans une période d'espionnage à gogo, il y a pas de petite trahison, ça peut s'entendre. Le ministre de la guerre, Mercier, lance une enquête pour trouver le traître. Le chef d'étatmajor, le général de Bois d'Efre et le sous-chef d'état-major le général Gon sont sur le coup. Et un certain lieutenant colonel d'Aboville trouve une sorte de traître idéal de con, le capitaine Alfred Drefus. Traître idéal à quel titre ? Traître idéal à titre qu'il est juif. C'est tout. C'est tout.

C'est qu'avant il y a eu la publication de la France juive d'un certain drumon. en suivi par la création en 1892 d'un journal dirigé par ceux Drumon la libre parole journal dont le sujet et je vous le donne en 1000 les juifs un quotidien un quotidien faut le remplir et ben Drumon pour le remplir il le remplit son quotidien on va y venir bois d'fre Gon et le commandant Henri lancent alors une analyse comparative de l'écriture du bord et de celle de Drefus. Elles se ressemblent un petit peu mais elles sont pas identiques.

Alors le commandant du pati de clam nommé officier de police judiciaire chargé de l'enquête officielle propose l'idée que Drefus aurait contrefait volontairement son écriture pour ne pas être démasqué. Bien tordu tout ça. Le 13 octobre, Drefus est convoqué pour une inspection générale en civil. Dupati compte obtenir des aveux. Les Drefus n'avoue rien. Cassan tienne. On le fait arrêter quand même. On l'inculpe d'intelligence avec l'ennemi et on le traduit devant un conseil de guerre. Et l'affaire fuite aussitôt dans le journal de Drumon, la libre parole. Drumon jubile, il a un juif à se mettre [musique] sous la dent. Un officier juif. Ça va bien remplir ses pages. Drumon.

Personne dans le [musique][chant] monde ne marche même pas. Pas le papa adoptif d'Arnold et Willy, Édouard Drum. Pour comprendre la place qu'Edouard Rumon a prise dans la vie intellectuelle bourgeoise française depuis 1886 et qu'il gardera plus ou moins pendant un demi-siècle, il n'est pas inutile de se reporter au souvenir d'un de ses fanboys célèbres. Ce fanboy, c'est Léondé. Léon Dodé, futur membre de l'Action française qui n'existe pas encore, écrivain et journaliste, fils d'un écrivain très connu, Alphonse Dodé, l'auteur des lettres de Montmoulin.

Par son père et par sa mère, Julia Hallard qui tenait un salon littéraire, enfin par son mariage avec une petite fille de Victor Hugo, Jeanne, Léon Dodé a accès aux plus grands écrivains et artistes de son temps. Il les connaît tous, il aime la littérature, il aime l'art. Et pourtant, le grand événement de sa jeunesse, c'est la France juive de Drument. Ses souvenirs sont littéralement construit autour de l'apparition du livre La France juive. On voit le livre poindre par allusion. Il est régulièrement annoncé en fin de chapitre, par exemple par son père qui dit de son ami Drumon qui est venu dîner le livre qu'il est en train de préparer ne sera pas une petite affaire.

J'ai hâte d'arriver à la bourasque de la France juive. Piaf d'impatience léon dodé. L'ouragan sorti de ce volume a d'abord soufflé chez les hommes de l'être. Puis dans le public assis de lecteur, puis dans les divers milieux sociaux, les soulevants, les étraignants, les forçant à réfléchir. Nul ne peut prévoir où il s'arrêtera. Ah bah, tu crois pas si bien dire ? Léon Dodé ne se souvient pas seulement du jour de la sortie. Il se souvient de ce qu'il faisait la veille. Il se souvient de son père 10 ans avant d'aller faire dodo. C'est demain que paraît la France juive. C'est que Léon Dodé a l'impression qu'avant l'éclatement de cette bombe, c'est comme ça qu'il en parle.

L'antisémitisme était beaucoup trop diffus, beaucoup trop anecdotique et pour ainsi dire politiquement inopérant. On pouvait être antisémite individuellement, mais cet antisémitisme n'était pas organisé, il n'était pas théorisé, il ne faisait pas explication générale. Cet antisémitisme ne prétendait pas faire programme. Que ce programme soit journalistique, métaphysique ou politique, ce n'était pas encore une vision du monde. Pourquoi ? À cause de l'emprise de la République sur les consciences, explique Léon Dodé. à cause des principes républicains. Je cite d'OD. Tous s'accorder pour mettre les sémites sur le même pied que les autres français comme on disait.

Mais oui, souvenez-vous, c'était pendant la constituante le 23 décembre 1789 que face au grotesque Abemori, porte-parole de l'aristocratie qui parlait des sueurs des esclaves chrétiens arrosant les sillons où germa l'opulence des juifs, Maximilien Robespierre avait défendu l'accès des juifs à la citoyenneté. Je cite Robespierre. Comment peut-on leur opposer les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier en leur rendant les droits imprescriptibles de l'homme dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller.

Robèsespierre et la Révolution française avaient fait beaucoup de mal à l'antisémitisme et celui-ci avait dû se réinventer. Se réinventer de façon séculière en dehors de son schemme initial, c'est-à-dire de son sens religieux chrétien. Les Juifs comme peuple déicide, vous savez, ils ont tué Jésus. Les juifs qui empoisonnent les puits, [musique] qui tuent les enfants dans des crimes rituels et utilisent leur sang pour faire du pain se réinventer voire s'inventer. Si on pense qu'en 1886, le mot d'antisémitisme existait à peine, qu'il a commencé à circuler au début des années 1880 dans les écrits du panflet terire Vilemmar. Mais la mentalité existait.

Cependant, désormais, elle devait abandonner son substrat théologique pour s'installer dans une lecture raciale. Ce qui est largement pire dans la perspective de l'antjudaïsme chrétien. Un juif était sauvé s'il se convertissait. Mais dans les yeux d'un antisémite moderne, conditionné par le racisme biologique, un juif ne peut pas changer. Il est mauvais et puis c'est tout. Et c'est ce qu'il faut comprendre lorsqu'on parle ici de culture antisémite française particulière. Une culture antisémite française s'épanouissant pleinement entre la France juive de Drumon et l'affaire d'éfus.

On ne parle pas ici d'aimer ou de ne pas aimer les juifs, mais de penser que tout ce qui est mal vient des juifs. De penser que tout ce qui est mal est juif. Le grotesque sentiment d'importance qui accompagne la publication de la France juive n'est pas que dans le cœur des dodés père et fils. Il est dans celui de Drumon lui-même. À un journaliste qui lui demande "Comment avez-vous été amené à écrire ces deux volumes de la France juive qui sont d'une si prodigieuse documentation ?" Drumon répond : "Et bien, vous allez me trouver extraordinaire mais j'ai obéi à une vocation parfaitement.

J'ai entendu à un moment comme une voix intérieure qui me répétait du matin au soir : "Va, va !" Et j'ai fini par y aller. En effet, il y allit. Drumon, cet homme au comportement notoirement excessivement malsin. Drumon, qui, comme l'écrira son ami Maurice Bars, pourtant turboantisémite lui-même, jamais ne fut à l'aise [musique] ni ne mit personne à l'aise à cause d'une gêne qu'il mettait dans l'atmosphère et que je ne puis définir. Drumon a lui-même rédigé le prière d'inséré de son livre à l'attention des journalistes. En effet, il est gênant. C'est la gênance.

Dans la France juive, le vaillant écrivain a étudié sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations cette société française jadis si brillante et dans laquelle, sous l'influence délétaire du Juif, tout est en train de périr la foi, l'art. l'enthousiasme, le sentiment de l'idéal, l'industrie, le commerce. Et ben mon vieux, tout ça, tout ça. Et ce livre de 1200 pages en deux volumes qui ne nous semble aujourd'hui ni fait ni affaire va se vendre à 62000 exemplaires rien qu'en 1886. Le vaillant écrivain sera traduit en italien, en espagnol, en polonais, [musique] en allemand. Pourquoi ?

Parce qu'en pleine époque révolutionnaire, faite de revendication sociale et de proposition politique communiste et anarchiste, Drumon a trouvé un joker. Il a trouvé quelque chose [musique] qui tout en prétendant partager les indignations du peuple mais la lutte des classes au second plan. Ce qu'a trouvé Drumon, c'est de faire la synthèse de trois choses qui jusqu'alors roulaient séparément. le vieil antijudaïsme chrétien, le peuple desicid et toutes les légendes idiotes qui vont avec. de le racisme scientifique ce qui donne la race juive décrite comme race biologiquement inférieure et enfin tr une sorte de pseudosocialisme pour les cons.

Les juifs se partagent tout le nient pendant que vous le petit peuple tri comme des bêtes. Ainsi lorsque Drumon couvrira le massacre de Fourmis en 1891. Une manifestation ouvrière pacifique revendiquant des journées de huit heures et réprimé dans le sang par l'armée française. Drumon expliquera le massacre par la présence d'un sous-préfet juif et dira d'une des victimes : "On n'a jamais pu retrouver la magnifique chevelure blonde dont elle était si fière. La légende prétend que cette chevelure a été dérobée et vendue. Elle aura probablement été hornée la tête chauve de quelques vieilles baronnes juives.

Et ben, cette gêne qu'il mettait dans l'atmosphère, il me semble bien la retrouver dans sa façon de parler de la chevelure d'une morte. Ce mec, on lui confie ni sa petite nièce, ni le cadavre d'une femme. S'il vous plaît. En fait, le socialisme, proclame Drumon, il n'y a que l'antisémitisme de dangereux pour les féodux de la plutocratie. L'antisémitisme seul est susceptible d'aboutir à un résultat pratique. Ah ouais ! L'antisémitisme est surtout le seul susceptible d'aboutir à un résultat qui, tout en renchérissant sur les peurs de proltarisation des classes moyennes, ne remettent pas en cause l'ordre social [musique] qui les a mis dans cette situation.

Et ce vague anticapitalisme reste d'autant plus ambigu que Drumon l'installe dans l'éloge de l'ancien régime et la détestation systématique des acquis de la Révolution française. Le seul auquel la révolution est profitée est le juif. Ce qui fait que Drumon est sans réelle proposition politique à part de faire chier les juifs. Drumon doit tenir compte de la diversité de ses soutiens explique Grégoire Koffman.

25:30
Non speech

[musique]

25:31
Locuteur

Ce qui le condamne à rester dans le vague. Il s'abstient prudemment de prendre position sur la forme du régime. Empire, monarchie, république autoritaire débarrassée du parlementarisme, Drumon ne tranche pas. En 1892, 2 ans avant le début de l'affaire de Rfus, fort du succès de ses livres, Drumon va créer un journal, La libre parole, un nouveau journal que son ami Bares va accueillir par ses mots. L'antisémitisme n'était qu'une tradition un peu honteuse de l'ancienne France. Quand au printemps de 1886, Drumon l'a rajun en une formule qui fit tapage. Aujourd'hui, l'antisémitisme est devenu une forme de socialisme.

Il faudrait qu'après avoir mis en relief toutes les injures que nous font les hommes d'argent qui maîtrisent ce siècle, vous Drumon, nous fissiez entrevoir un beau rêve. À votre noir tableau des excès de la France juive, opposez une conception délicieuse de la France sans juif. Et c'est exactement ce que fait aujourd'hui Drumon au cri premier. Suus au juifs, il substitue la France au-Français. Oui, la France au-Français est un slogan de Drumon. En 1894, 2 ans seulement après la création du journal, l'affaire Drefus apparaît comme une obè. La libre parole tirée à 200000 exemplaires, elle double ses tirages et passe subitement à 450000 exemplaires.

L'affaire Drefus fait vendre, c'est peu de le dire. Cette figure répulsive du juif espion et comploteur, écrit encore Grégoire Koffman, Drumon l'avait construite bien avant l'arrestation de Drefus. Il importe donc que ce dernier soit coupable à tout prix avant même de passer en jugement. Tu m'étonnes, c'est même pas une question. On va pas vérifier les éléments du dossier. La libre parole sera à l'avant-garde de l'affaire de réfuge. Cette affaire sera son affaire. Elle va la mener tambour battant et avant même le procès. Le 1er novembre au matin, la libre parole titre en première page haute trahison. Arrestation de l'officier juif à Drefus.

Ce gros titre est le premier consacré à l'affaire de Refus et tout cela ne sera pas sans conséquence sur le procès, sur l'affaire et sur la [musique] vie politique française. Le procès de réfus par le conseil de guerre a lieu à H [musique] clos en décembre 1894. à huit clos ce qui permet de ne pas divulguer le dossier beaucoup trop maigre au grand public parce que dans le rapport d'instruction on le rappelle il y a rien à part ce pauvre [musique] borderoau dont l'écriture ressemble un peu mais pas assez à celle de leur accusé mais le fait qu'il n'y ait rien sert désormais à la charge.

Cela suggère que Drefus a tout fait disparaître derrière lui et toutes ses qualités se retournent contre lui. Son sérieux est un indice de fourberie. son patriotisme, une preuve de dissimulation. Bref, le 22 décembre, il est décrété coupable. [musique] Il est dégradé le 5 janvier 1895 et déporté au Bagne le 14 avril. Est envoyé à l'île du diable, une île ayant précédemment servie à isoler les lépreux. Drefus est le seul prisonnier de l'île, surveillé jour et nuit par des gardiens relevés toutes les deux heures et à qui il a interdiction de parler. Sa liberté de mouvement est limitée aux 200 m entourant sa case de pierre de 4 m/ [musique] 4. Son épouse n'est pas autorisée à le rejoindre.

Il est sous-alimenté, nourri de denrées frelaté et mal [musique] soigné sous une température de 45°. Enfin, le 6 septembre, les conditions s'aggravent. On décide de le mettre au fer la nuit. Oui, toutes les nuits, il est enchaîné à son lit, les chevilles entravées par une double boucle qui meurtrit sa chair. On est à ce niveau d'enfer. Pendant ce temps, son frère Mathieu, convaincu de son innocence, ainsi que son épouse Lucy, font tout ce qu'ils peuvent pour obtenir la révision du procès. Mais personne n'ose s'associer à eux. Tout le monde a peur. Mathieu Drefus rencontre quand même quelqu'un qui n'a pas peur.

Ce quelqu'un, c'est Bernard Lazar, 31 ans, journaliste anarchiste d'origine juive et ami de l'avant-garde littéraire et poétique, adorant, malarmé et vil de laadent et détestant Zolar. Zola qui pourtant partagera son combat. Un brave homme concédera Lazar à propos de Zola après l'affaire de Rfus. Mais un pauvre esprit ayant peu réfléchi sur la vie et se contentant de phrases vides et de coquilles creuses. Bernard Lazar va passer l'été à étudier l'ensemble du dossier et c'est un an plus tard, en été 1896 qu'il publie son premier opuscule. Un opuscule tiré à 3500 exemplaires et adressé à un public choisi de députés, de sénateurs et de journalistes.

Ce que fait Lazar génial, c'est une des premières enquêtes de journalisme d'investigation. Il démontes officiels et il rend disponible des documents cachés jusque-là. Précisons que Bernard Lazar s'était déjà attaqué à l'antisémitisme et en particulier à Drumon. Drumon qui avait écrit à l'adresse de la jeune génération en 1893, "Je sens que c'est vous qui nous vengerez quand vous serez grand et quelque chose me dit que le châtiment sera effroyable." "Avez-vous d'autres solutions ?" lui avez demandé Bernard Lazar au bout de vos idées, de votre logique que le massacre des Juifs du monde entier ?

Un autre des premiers défenseurs de Drefus est bien entendu l'écrivain Charles Peggy dont la librairie qu'il fonde en 1898 sert de quartier général au partisans de l'innocence de Drefus. Peggy va devenir un ami de Bernard Lazar auquel il restera fidèle jusqu'au bout malgré les grandes divergences politiques entre les deux. Pegy, socialiste devenu de plus en plus chrétien, patriote et vat en guerre et Bernard Lazar anarchiste resté indéfectiblement internationaliste. Plus tard, en 1910, au sujet de l'affaire de Réfus dans notre jeunesse, Peggy [musique] écrira "Ce n'était pas une illusion de notre jeunesse. Plus cette affaire est finie, plus il est évident qu'elle ne finira jamais.

Passons au vrai coupable de cette affaire infinie, Ferdinand Esteradzi. Je dis Ferdinand Esteradzi, mais c'est pas son vrai nom. Il y a jamais rien eu de vrai chez lui, même pas son nom. Son vrai nom c'est Ferdinand Valzin. C'est le descendant d'un petit bâtard de la comtesse hongroise Esteradzi de Galant. Adopté par un médecin nommé Valzin. Joueur, boursicoteur, escroc et proxénette. Passé par le contre-espionnage français, Esteradzi vend des documents secrets aux Allemands pour essuyer ses dettes depuis le 20 juillet 1894. Des documents de merde, hein, s'entend, des miettes.

Et il tente même d'escroquer Schwarz Cotton en lui vendant pour neuve une vieille édition d'un règlement d'artillerie. De plus, il est dans une logique de maître chanteur. Quand Schwarz Copen qui en a ralbol de se faire bananer, décide de se passer de ses services. Il fait paraître dans la libre parole des articles dénonçant l'espionnage allemand. Ce qui fait peur à Schwarzcopen qui accepte de recommencer à le payer pour ses brêmes. Il peut jouer sur les deux tableaux parce que Steradzi est aussi un collaborateur de la libre parole de Drumon. Et c'est là où ça devient habissal. Estleradzi, le vrai coupable, le vrai traître à la France est entre 1894 et 1897 documentaliste à la libre parole.

Il donne des infos à un commandant en retraite, un certain bio, qui signe une chronique dans la libre parole sous le pseudonyme de commandant Z. Est-ce que Drumon ? Alors qu'il s'acharne contre un innocent dans son torchon. C'est qu'il abrite alors le vrai coupable. Soyons juste. A priori non. Il s'est sans doute fait lui-même banané par Esteradzi. Bananeur professionnel. Le bananeur va être découvert de deux façons différentes. Fin 1897 par son banquier Jacques de Castro qui reconnaît l'écriture d'Esterzi sur le bord deau fraîchement publié dans une publication reproduisant les documents en fac similé.

et par le lieutenant colonel George Picard qui remplace Sander au renseignement à partir de 1895 parce que toujours dans les poubelles de l'ambassade, Picard tombe sur ce qu'on appellera le petit bleu. Le petit bleu. Une carte écrite par Van Schwartzcopen est adressée à Esteradzi où il lui demande une explication plus détaillée sur un point resté en suspend ainsi qu'une autre lettre du bananeur qui confirme leur relation. En découvrant la lettre d'Esterzi, Picard reconnaît la même écriture que sur le bord de roue qui a servi à incriminer Drfus. Bon dieu ! Mais c'est bien sûr, c'est là que ça va devenir encore plus lunaire quand Picard dénonce Esterzi à l'état-major.

Plutôt que de le féliciter d'avoir trouvé le vrai coupable, l'armée le mute en Tunisie pour lui faire bien fermer sa gueule. Oui, l'armée préfère qu'on trahisse la France plutôt qu'on ne révèle qu'elle a commis une erreur judiciaire. L'armée française ne défend pas la France. L'armée française se défend [musique] elle-même. Elle fait pire. Le commandant Henry, pressé par sa hiérarchie de grossir son dossier de merde, fabrique alors une fausse preuve pour, selon ces mots, faire renaître la tranquillité dans les esprits. Cette pièce, c'est ce qu'on appellera le faux Henri.

Une fausse lettre écrite par lui attribuée à Panizardi, l'attaché militaire à l'ambassade d'Italie et soit dis-isant adressé à Schwarzcopen. Une lettre au style malimité faite dans l'urgence et remplie de pseudoanisme. Je vais lire le faux Henri. J'ai lu qu'un député va interpeller sur Drefus. Si on demande à Rome nouvelles explications, je dirais que jamais j'avais des relations avec ce juif. C'est entendu. Si on vous demande, dites comme ça, car il ne faut pas qu'on sache jamais personne ce qui est arrivé avec lui. Puis Henry accumule les malversations.

Il va même jusqu'à truquer la preuve trouvée par Picard, le fameux petit bleu dont il gratte frénitiquement le nom d'Esterzi pour faire croire que Picar a effacé le nom de Drefus qui serait le vrai coupable. Mais les informations viennent malgré tout à Mathieu Drefus qui porte plainte auprès du ministère de la guerre contre Esteradzi. Mieux, une des anciennes maîtresses d'Esteradzi pour se venger de sa muflerie de quetard égoïste donne au Figaro des lettres de celui-ci. des lettres dans lesquelles il exprime sa haine de la France et son mépris de l'armée.

Esterzi, fascinant méchant de Roman Feuilleton, une espèce de fantomas fantasmé si dit disposé à faire tuer 100000 Français avec plaisir et il rêve du spectacle de Paris pris d'assaut et livré au pillage de 100000 soldats ivres. Waouh ! Que va faire l'armée ? Je sens qu'on va pas être déçu. L'armée intente un procès contre Presterzi. Mais devant le conseil de guerre et à huit clos pour que personne ne sache ce qui va s'y passer. Et avant ce procès, elle brief Esteradzi par l'intermédiaire de lettre mystérieuse signée d'un nom de femme Espérance.

Puis elle envoie son botzo du pâ de clame déguisé avec une fausse barbe retrouver Esteradi dans le parc Montsouri afin de s'assurer qu'il ne va pas faire nimppe pendant le procès.

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Alors Esteradzi faiton on lui dit de faire et après 3 minutes seulement de délibéré il est acquité à l'unanimité. Puis l'état-major fait arrêter Picard pour violation du secret professionnel. Super cette armée française, vraiment super. Elle inspire confiance. On en voudrait une comme ça. Le 12 novembre 1897, Bernard Lazar publie une deuxième brochure. Une erreur judiciaire, l'affaire Drefus. Ça commence à bouger du côté de la défense. Lucien R, bibliothécaire de l'école normale supérieure, monte un réseau de Drfusard parmi lesquels [musique] Peggy bien sûr, mais aussi le futur historien génial et robespieriste Albert Mathie et puis Octave Mirba, Félix Fénéon, [musique] Marcel Prou.

Il commence à être de plus en plus nombreux et célèbres et influents les convaincus de l'innocence de Drefus. Et parmi eux le merveilleux écrivain Marcel Schwab, auteur entre autres du livre de Monel de la croisade des enfants et d'essai sur François Villon et le jargon des coquillards. Jeune, Chuab avait été très ami [musique] avec Léon Dodé, devenu disciple de Drumon et sans surprise antisémite et antidréfusard à pleintemps. Dans ses souvenirs, au sujet de son ami juif Léon Dodé à le culot de S'étonner. Il fut happé par le drefusisme.

Je me suis souvent demandé à quelle mystérieuse affinité ethnique profonde, à quel mystérieux appel de la race avait correspondu cette fureur drfusienne qui le sépara de moi. Mais sombre idiot, au lieu de chercher des mystérieux appels de la race. Allô ! C'est tout simplement parce que ton copain a étudié le dossier lui et compris que Drefus était innocent. ce que tu aurais compris très facilement toi aussi si tu n'avais pas répondu à un mystérieux appel du racisme. Enfin, le 13 janvier 1898, Émilz Zola publie J'accuse dans le journal l'Aurore, une attaque directe contre tous ceux qui ont trempé dans ces mensonges, y compris le ministre de la guerre et l'Étatmajor.

300000 exemplaires de l'urore sont vendus dont 200000 en quelques heures. L'idée de Zola, très bonne et très courageuse et de s'exposer volontairement afin de forcer les autorités à le traduire en justice. Ce qui entraînerait un nouvel examen mais public cette fois de Drefus et d'Esterzi. Et ça marche. Zola passe devant les assises de la scène du 7 au 23 février 1898. Son avocat fait comparaître près de 200 témoins. Zola est condamné à un an de prison et 3000 francs d'amende. Mais la réalité de l'affaire Drefus est enfin connue du grand public. Et ça change tout. Mathieu Drefus dépose sa demande de révision au conseil de guerre.

Entre-temps, devant le conseil d'enquête, Esteradzi pris de panique a avoué ses rapports secrets avec le commandant du pâtis de clam. Et le commandant Henry est parti en sucette. Il a fait des aveux complets avant de se trancher la gorge une fois en cellule. La demande en révision du procès finit par être acceptée en 1899, le 9 juin. Après 5 ans en enfer, Drefus quitte l'île du diable pour son nouveau procès. Encore une fois par le conseil de guerre, encore une fois en hclos. Et Drefus est à nouveau reconnu coupable par le conseil de guerre le 9 septembre 1899. Mais quel bande ! C'est vraiment un gros tas de merde. On doit quand même nuancer.

Il est reconnu coupable mais avec circonstan atténuante. Quoi ? En fait, ils savent que leur dossier est vide, que tout le monde est désormais au courant de leur arnaque monumentale, mais toujours stupidement fier. Ils ne veulent pas admettre leur faute en le jugeant coupable avec circonstances atténuantes. Il rendent possible une grâce présidentielle. Grâce que propose le nouveau président Valde Crousseau. Edrefus accepte. Il en peut plus. Il préfère et on le comprend être libre même s'il n'a pas été innocenté. Il faudra attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de cassation prononce l'arrêt de réhabilitation du capitaine Drefus.

Drefus est réintégré dans l'armée avec le grade de chef d'escadron. Il ne demande ni dédommagement à l'État, ni dommages et intérêts à qui que ce soit. Un ravagé lui tirera quand même dessus au revolver lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon. Ce ravagé, c'est Louis Grégory, un collaborateur de Drumon. Faut voir le manque a gagné depuis la fin de l'affaire Drefus. La libre parole a chuté de 4500 à 100000 exemplaires. Mais nous nous réjouissons pas trop vite, un autre torchon la remplacé, l'action française. Parce que ce à quoi on va également assister à la fin de cette affaire Drefus, c'est à l'apparition de l'action française.

L'Action française à la fois parti politique et revue née en juillet 1899 sous la direction de Charles Moras transformé en quotidien en mars 1908. Moras né en 1868 dans les bouches du Rône démarrant sa carrière comme critique littéraire mais avec des goûts de chiotes à l'éteond. Moras est até et positiviste, mais il est littéralement hypnotisé par l'idée de la France éternel, royaliste et catholique, seule garante pour lui de l'ordre et de la conservation de la hiérarchie sociale. On affirme à juste titre que l'action de l'action française. Oui, c'est le premier grand geste public de Charles Mor, une apologie du faux Henri publiée dans la Gazette de France en septembre 1898.

Je vais citer Moras. Force, décision, finesse. Rien ne vous a manqué si ce n'est un peu de bonheur sur votre dernier jour. Vous avez déployé des dons supérieurs d'initiative et de résolution. Vous les avez employés avec frénésie jusqu'à tromper vos chefs, vos amis, vos collègues et vos concitoyens. Mais il est vrai pour le bien et l'honneur de tous. Oh Henri, dis-moi oui. Dis-moi oui chérie. [musique] On croirait une parodie. C'est pas une parodie. Ou alors toute l'action française est une parodie. L'action française naît de l'apologie d'un four en écriture.

L'action française n'est de l'apologie de la condamnation d'un innocent comme de la protection d'un traître détestant son pays et le disant. Et tout l'amour de la France professé par ce parti d'abruti sera de la même farine. À l'action française. La constante sera de se contrefoutre totalement de la vérité, se contrefoutre des faits. La seule chose qui compte, c'est la ligne politique. Et alors que son innocence sera depuis longtemps établie, l'Action française continuera à publier sur Drefus des textes diffamatoires. C'est au point que Drefus leur intentera plusieurs procès auquels Moras répondra dans son journal.

Le traître juif entrevoie en frissonnant les 12 balles qui lui apprendront enfin l'art de ne plus trahir et de ne plus troubler l'ordre de ce pays qui l'hospitalise. C'est de ce niveau l'antisémitisme inventé par Drumon. Se développer comme un anticapitalisme molaçon qui ne touche pas la grande bourgeoisie détourne la colère populaire sur un bouqu émissaire. Les juifs coupables de tous les mots.

L'antisémitisme de Moras a surtout le rôle d'excitant pour promouvoir le retour à une France monarchique héréditaire catholique où la culture classique serait hégémonique, où les hiérarchies sociales seraient imposées d'en haut et où les juifs et les étrangers n'auraient pas les mêmes droits que les Français de souche. C'est l'idée d'un redressement national. Tout le fait que les juifs soient avant tout décrit comme des ennemis de l'intérieur. Et voilà la petite combine. Si vous ne voulez pas des juifs, retournez à la France d'avant Robespierre et Rousseau. Et Moras va être rejoint par deux collaborateurs principaux.

Léondodé donc né en 1867 et l'historien en carton patte Jacques Binville né en 1879. L'action française est la première extrême droite au sens contemporain du terme dans le sens où c'est un mixte entre des courants nationalistes, royalistes, antisémites, mais réalisé par des mecs modernes qui ne croient pas tellement à leur conneries et pas du tout en Dieu, mais qui s'en foutent parce que pour eux, la vérité n'a aucune valeur. La fin justifie les moyens.

Tout ce qu'ils font, ils le font dans un but politique, celui du redressement national, [musique] le retour à l'ordre perdu de la France d'hier et le petit système idéologique de nos trois petits cochons fonctionnera si bien qu'il pourra même être repris après-guerre presque sans le modifier par l'extrême droite actuelle en ajoutant les Arabes nouveaux ennemis de l'intérieur. Oui. Oui. Les musulmans sous Takia. Et dans les deux cas, en faisant main basse sur la figure de Jean Dark avec ceci de comique que Moras, germanophobe tapageur quasiment toute sa vie par nationalisme, par bellicisme

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et aussi sans doute par étroitesse d'esprit va soutenir l'armistice et le régime de pétin. On va y venir. Enfin, il y a un autre point sur lequel l'action française invente vraiment l'extrême droite moderne. Ils publient des livres pour arnaquer leur public. comme Binville qui pont une plaquette dans laquelle il t'explique comment placer ton fric, comment placer sa fortune. Ceci n'est pas une blague. Ce livre existe, j'ai ce livre. Bref, cette culture antisémite française, à la fois réponse au mouvement révolutionnaire communiste et anarchiste et tentative de consolidation d'une droite qui ne sait plus trop qui elle est et où elle va, va durer pendant un bon demi-siècle.

et elle va totalement infuser la société à toutes les échelles de celle-ci. On la retrouve jusqu'en 1942 dans les décombre de Robaté. Lucien Rebaté, ancien de l'action française, il les trouvait trop mou. Figure de prou de l'hebdomadaire Je suis partout. Journaliste et écrivain fasciste militant. Les décombres bestseller de l'occupation 65000 exemplaires vendus et encore il y a eu pénurie de papier. Je cite rebattez. Les juifs savouraient toutes les délices. Chair, vengeance, orgueil, pouvoir, il couchait avec nos plus belles filles. Tu ne devrais pas dire ça. C'est ce que les jeunes appellent un CSC, un contre son camp.

En remontant les Champs élysées où ils se vautraient dans les beaux bras de leurs esclaves chrétiennes. Ça, à mon avis aussi, tu retires. Ça fait incel. Je repassais dans ma tête toute la suite des édits implacables qui jalonnaient pour les juifs l'histoire de la France. Et on est reparti dans le roman national à la con. Je voyais de Philippe Lebelle à Louis X se dérouler ce long cours de siècle fécond. Tu te calmes sur le vocabulaire séminal. Mon pays ne cessait de grandir où il était le plus puissant du monde. Il se calmera pas. Où il vivait sans juif. Il avait fallu le dogme insane de l'égalité des hommes. Bingo !

Robes Pierre encore une fois pour qu'il puisse à nouveau se faufiler parmi nous en déchirant ses passeports d'infamie. Le juif était l'universel profiteur de la démocratie. Ah [soupir] mais mais dans le long cours de siècle fécond ton pays ne cessait d'enfler, enfin pardon de grandir, si tu faisais partie du peuple, tu n'étais pas beaucoup mieux queux. Pour qui tu te prends ? Pour le marquis Lucien de Rebaté ? Il le flatte lorsqu'il juge nécessaire de le duper. Mais au fond, il y a vraiment une haine du peuple chez les fascistes. Pire, un mépris. rebattez encore dans les décombres encore. Et là, je ne vais même pas commenter. Ça se passe de commentaires.

Le triomphe du Front populaire en 1936 était un événement providentiel. Il avait fallu cette grande éruption marxiste pour que l'Italie et l'Allemagne fissent leur renaissance comme si cette maladie purgeait le sang des nations. Jules Renard, dont j'aime à croire qu'il n'e jamais été un socialiste à la mode du Front populaire disait 30 ans plus tôt au but de chaumon : "Oui le peuple, mais il ne faudrait pas voir sa gueule. Les dieux savent si on la voyait. Ça défilé à tout bout de champ pendant des dimanches entiers sur le tracé rituel de la République à la nation.

Il y avait encore à profusion le prolétaire bien nourri, rouge, frais et dodu chemisette de soie, un pantalon de flanel, d'étincelant soulier jaunes qui célébrait avec une vanité rigolarde l'air des vacances à la plage, de la bagnole neuve, de la salle à manger en noyé l'évitant, de la langouste, du gigot et du triple apéritif. Rebatté n'aime pas beaucoup voir le peuple manger à sa fin, on a compris. Mais ce qu'il craint surtout, c'est ce qui selon lui se profile derrière, c'est-à-dire ne riz pas la fin de la race blanche. Je cite rebata. Les divisions des [ __ ] américains et les divisions Kalmou se répandaient sur l'Europe.

Oui, le grand replacement de Renault Camu, c'est pas nouveau, c'est déjà chez Robaté. Entre leur hordde le pululement des juifs. Yep ! Les juifs cosmopolites qui décident de métisser la France afin qu'elle disparaisse. C'est pas nouveau nom. C'était des millions de métises bientôt. Le rêve des Juifs. La race blanche frappée de mort. La France est en danger de mort. Oh là là, comme Zemour et Devilier, le même slogan débile, la France est en danger de mort. Toute la rhtorique pourrie des racelards de notre époque est déjà chez rebatté. Je pense que la France telle que nous l'avons connu est en danger de mort. Je continue à citer. L'espérance pour moi est fasciste.

Le fascisme reconnaît, protège et encourage la famille, la propriété, l'émulation qui sont à la base de l'existence. Il ne tend pas à nivel la société ce qui serait la vilir. Il rétablit au contraire la hiérarchie des mérites. Disloqué par la démagogie. Il restaure le pouvoir autoritaire, le seul naturel. Je veux bien, mais s'il s'avère que dans la hiérarchie des mérites, tu sois naturellement voué à récurer le fond des chiotte. Mon petit Lulu, tu espères toujours. Mon sentiment le plus net était une admiration grandissante pour Hitler. Je crois que Hitler a conçu pour notre continent un magnifique avenir et je voudrais passionnément qu'il se réalisa.

On me reprochera en 1942 comme une flagornerie, ce mot qui paraîtra si naturel dans 10 ans. Admiration universelle pour Hitler en 1952. Pas un grand visionnaire le rebattait. À noter qu'après guerre, après avoir été condamné à mort puis gracier, Lucien Rebatta sera un fervant soutien d'Israël. Mais oui, que ce soit par cynisme ou par une authentique admiration pour leur puissance guerrière, le plus violemment antisémite des collaborateur prohitlériens va devenir le plus proisraélien des journalistes et écrivains d'extrême droite au micro de Jacques Chancell en 1969. Alors là, je vais le lire mais on a l'audio avec sa sale voix parce qu'il a vraiment une voix ignoble.

J'ai compris depuis que la question israélite ne relève pas de la race. Les races, c'est les noirs, c'est les blanches, c'est les jaunes. Les les les juifs sont des blancs absolument comme nous. Ce n'est pas du tout que je sois hostile aux Arabes, mais euh je ne vous cacherai pas que j'ai pris partie euh pour Israël pendant la guerre de 6 jours, ce qui m'a parut d'ailleurs normal. Et puis j'aime le succès. D'un point de vue militaire, nous avons encaissé tellement de défaites. Ça me fait plaisir de voir un général victorieux avec un certain génie comme le général Mochet d'Aron. C'est énorme. Du coup, Lucien, quand tu remontes les Champsélysées, ça se passe comment ?

Le passage en revue des édits implacables qui jalonnent ton histoire de France ? Philippe Lebelle, Louis X les passeports d'infamille tout ça. Finito. Finito. Rebatta ne sera pas le dernier antisémite maquillé vite fait en soutien d'Israël. Mais c'est pas le premier non plus. Alors je ne sais pas si vous le savez [musique] mais l'un des premiers français célèbres à soutenir le projet sioniste défendu par Théodore Herz était Drumon. Drumon. Drument. On restera bons amis. écrit Drumenta on voisinera mais enfin on aura chacun son chez soi. Non sans approximation et arrière pensée écrit Grégoire Koffman.

Il n'a de cesse de présenter le sionisme comme une réponse logique aux questions posées par l'antisémitisme et prétend soutenir dans son journal l'œuvre de Herzel. Bref, toute cette bouillie intellectuelle, politique et morale aura plus que contribué à ce qui va se jouer en France entre 1940 et 1944. La collaboration donc ce qui a amené la défaite de la France face à l'Allemagne nazi, on nous le répète souvent, c'est le percement de la ligne Magino du nom du ministre Magino, André Magino, mort en 1932. Mais là-dessus, comme sur beaucoup de choses, faut pas se faire gazl comme disent les jeunes.

Philippe Pétin, en tant que militaire décoré consulté par les autorités, s'était montré sceptique sur l'efficacité de la ligne Magino. Il ne s'était pas opposé, mais persuadé qu'elle ne servait à rien, il avait quand même réussi à convaincre de ne pas la prolonger jusqu'aux Ardaines. Il a insisté sur le fait que l'hypothèse d'une invasion par les Ardenes était à exclure en raison de la nature du terrain. C'est sa déclaration devant la commission sénatoriale de l'armée le 7 mars 1934. Je cite "Ce front n'a pas de profondeur. L'ennemi ne pourra s'y engager. Donc ce secteur n'est pas dangereux." "L'avenir" écrit le naour dans son livre sur Pétin prouvera qu'il s'est lourdement trompé.

En effet, les Allemands sont passés par les Ardennes. Malheureusement, l'avenir ne nous prouve pas seulement que Pétin s'est lourdement trompé, mais que quasiment à chaque moment de sa vie, un peu comme Esteradzi auquel il ressemble sur pas mal de points, tous deux que tard, égoïste et doté d'un absence totale d'intérêt pour la et la littérature, il a réussi à bananer tout son petit monde parce que Pétin était quand même très bon à un truc. faire crari. Je suis celui qui sait ce qu'il vous faut. Philippe Pétin qui est-il ? Né le 24 avril 1856 à Kochi dans le Pas de Calé dans une famille de cultivateurs catholiques aisés. Il a 58 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate.

Il est alors promu général de division et on le présentera comme le vainqueur de la bataille de Verdin. Et je ne fais aucun raccourci mais je n'occulte aucune page de l'histoire. Et Maréchal Pétin a été pendant la Première Guerre mondiale aussi un grand soldat. Voilà, c'est une réalité de notre pays. Enfin, pas tout le monde. Ni Geoffre, ni Foche, ni Clémenceau, n'attribue la victoire de Verdin à Pétin. On va reprendre. Tout d'abord, l'enrayement de l'offensive allemande le 26 février, avant même que Pétin ne soit arrivé est dû à l'initiative du général Casteln, oubliez de l'histoire. Le sauveur de la rive droite de Verdin et Casteln.

Ensuite, Pétin commande les troupes à Verdin de fin février à fin avril. 2 mois. Mais les 7 derniers mois, c'est Nivel qui dégage définitivement la région, repousse les Allemands sur leur base, fait 12000 prisonniers [musique] et prend 1500 canons. Le sauveur de la rive droite est Castelnu. Le sauveur du reste de Verdin, c'est Nivel, secondé par Mangin. Pétin, c'est pas le sauveur, il est juste passé par Verdin. Alors pourquoi on attribué cette victoire à Pétin ? Et ben un Nivel s'est viandé ensuite sur le chemin des dames et on a préféré l'oublier tandis que deux Pétin faisait bien le job. Il faut vendre des héros au public, il leur faut des grands hommes.

Et trois alors que la plupart des généraux de l'époque étaient monarchistes, Pétin ne faisait pas de politique. C'est pour ça que nos politiques l'ont élevé à la dignité de maréchal de France par décret le 21 novembre 1918. En 1925 et 1926, il commande les forces françaises combattant au côté de l'Espagne dans la guerre du RIF. Il envoie des armes chimiques sur la population civile, du gaz moutarde. Oui, c'est ce genre de mec, il fait ce genre de truc. Longtemps, Pétin sera discret sur ses opinions. Il n'est pas publiquement antidéfusard lors de l'affaire Drefus. Est-ce qu'il ne l'est pas ou est-cein de se mettre les gars de toutes les tendances dans sa poche ? On ne sait pas.

Mais cette image d'un militaire non partisan perdurera durant presque tout l'entre de guerre. Pourtant, il va devenir populaire auprès des ligues d'extrême droite, ce qui lui permet d'obtenir, après les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934 le poste de ministre de la guerre dans le gouvernement Dummerg. poste qu'il occupe jusqu'au renversement du cabinet le 8 novembre 1934. Alors, il devient une sorte de figure messianique de l'extrême droite. Le petit journal lance un concours auprès de ses lecteurs pour leur demander qui ils aimeraient avoir comme dictateur. Et ben, Pétin arrive en tête.

Est-ce juste parce que c'est une espèce de vieux pseudo héros de guerre ou est-ce parce qu'ils savent qu'il est plus politisé qu'il en a l'air ? On ne sait pas que Pétin ait été d'extrême droite par conviction initiale personnelle ou qu'il le soit devenu par clientélisme reste que désormais ce type qui n'a pas d'enfant, qui jamais de livre, qui ne croit pas en Dieu et qui a partagé quasiment tout son temps de loisirs entre les maîtresses et les prostituées. Et c'est OK, comme disent les jeunes, ce type commence alors à développer des discours publics sur la déchéance morale du pays.

L'esprit de jouissance qui a gangrainé les esprits, le besoin d'ordre et d'autorité, l'échec de la démocratie, l'importance de la famille, la nécessité de retourner à la France d'entemps. Et ça c'est pas du tout OK. Que mes valeurs, elles n'ont jamais changé. C'est le mérite, le travail, la famille, la patrie. Non, mais on croit rêver. Et le 17 mai 1940, une semaine après que l'armée allemande a percé par les Ardenes, Pétin 84 ans, le vainqueur de Verdin et mon cul sur la commode et nommé vice-président du conseil dans le gouvernement de Paul Renault. immense connerie. Rappelle, il avait dit que les Allemands ne passeraient pas par les Ardenes. Il s'est trompé, on le récompense.

Ce grand homme. Et une fois entré dans le gouvernement de Paul Renault, Pétin n'a qu'une obsession, l'armistice. Pour lui, il faut se soumettre tout de suite aux Allemands sans plus attendre. Il le dit et le répète : "Les Français doivent travailler activement avec les Allemands. Ça leur donnerait, dit-il en contrepartie, plus de liberté d'action." Et ça c'est complètement dingue comme idée. Pourquoi ? Parce qu'en 1940, le degré de violence assumé, de mépris des autres nations et d'indifférence à la parole donnée d'Hitler avait déjà été plus que largement documenté. En 1940, tout le monde sait qu'on ne peut à aucun niveau travailler avec Hitler. Nulle part, jamais. Mieux.

Hitler avait écrit dans Mcampf tout le mal qu'il pensait de la France et des Français. L'ennemi mortel, l'ennemi impitoyable du peuple allemand et et reste la France. Et parce que ça me semble tout de même un peu trop sobre dans un passage plus représentatif de son style bien à lui, alors accrochez-vous hein, c'est de la bouillie. Pour que les troupes marxistes qui mènent le combat au profit du capital juif international puissent définitivement casser les reins à l'État national allemand. Elles ont besoin d'un concours amical venu du dehors.

Aussi, les armées de la France doivent donner des coups de boutoir à l'État allemand jusqu'à ce que le Rich et branlé dans ces fondations succombe aux attaques des troupes bolchviques au service de la finance juive internationale. Le rôle que la France aiguillonnée par sa soif de vengeance et systématiquement guidé par les Juifs joue aujourd'hui en Europe est un péché contre l'existence de l'humanité blanche et déchaînera un jour contre ce peuple tous les esprits vengeurs d'une génération qui aura reconnu dans la pollution des races le péché héréditaire de l'humanité du Hitler dans le texte. C'est avec ça Pétin que tu penses pouvoir travailler activement ? L'épisode n'est pas sur Hitler.

On ne fera pas ici la généalogie du nazisme ni de l'antisémitisme en Allemagne. Si ça vous intéresse, vous pouvez commencer par regarder l'abécédaire de Chaputo sur Blast. Mais avec un tout petit peu de recul historique. Il n'était pas difficile de percevoir la stratégie d'Hitler à l'international car celle-ci n'était en rien nouvelle. Comme l'expliquait alors Simon Veille, sa stratégie remontait à César. Nous en avons connu deux de la même farine en France, Louis XIV et Napoléon, des traîtres notoires à la parole donnée, mieux faisant de la trahison de la parole donnée un élément [musique] essentiel de leur stratégie. Je cite Simon Veille.

Si quelqu'un fait penser à Hitler par la barbarie, la perfidie prémédité, l'art de la provocation, l'efficacité de la ruse, c'est bien César. Ce qu'hitler a ajouté de proprement germanique aux traditions romaines n'est que pure littérature et mythologie. fabriqué de toute pièces. Oui. Et puis en 1940, il n'y avait plus trop de doute qu'un pact avec Hitler était toujours au dépend de celui qui le faisait avec lui. Agro, tout d'abord, les nazis annexent l'Autriche en mars 1938. Puis il se fixe pour objectif la région allemande de la Tchécoslovaquie, les Sudettes. Et les démocraties occidentales, France et Grande-Bretagne en tête décident de les laisser faire.

Ce sont les fameux accords de Munich qui laisse Hitler annexer les Sudettes sous condition qu'il n'occupe pas le reste du pays. Accord violet démars 1939 quand l'armée allemande conquère le reste du pays. Puis été 1939, c'est autour de la Pologne. Pologne que Hitler veut faire disparaître comme nation.

ce qu'il déclare le 22 août 1939 et qu'il peut conquérir à la faveur du pacte germano-soviétique le 23 août Pologne dont il fait exécuter 60000 civils appartenant aux classes supérieures et dont il transforme le reste de la population littéralement en bête de somme pour les travaux nécessaires à l'édification d'un empire germanique à l'est [musique] et Hitler déclare aux troupes SS Gengiscan a volontairement et de gaié de cœur fait massacrer des millions de femmes et d'enfants. L'histoire n'a retenu de lui que l'image d'un grand bâtisseur d'empire.

Aussi pour l'heure, j'ai envoyé à l'est mes seules unités à tête de mort avec ordre de tuer sans pitié, d' merci tous les hommes, femmes et enfants de race ou d'origine polonaise. Qui parle encore de nos jours de l'extermination des Arméniens. Dans quelle version de la réalité ce monsieur est une personne digne de confiance ? Dans quel monde on peut imaginer pouvoir travailler avec lui ? Alors certes, les Allemands ont percé la ligne Magino par les Ardenes, mais le gouvernement français aurait très bien pu se réfugier à Londres et continuer la guerre sous la forme d'une union franco-britannique. C'est ce que leur proposait Churchill. Ce n'est pas ce qui s'est passé.

Ce qui s'est passé, c'est que Paul Reno a préféré démissionner et confier la présidence du conseil à Pétin. Mais il vous a fait quoi ce mec ? Il vous a hypnotisé ? On est le 16 juin 1940. Dès le lendemain, Armistis s'était couru d'avance. Pétin annonce qu'il fait don de sa personne à la France. Je fais à la France le don de ma personne. Garde ta personne pour toi pépère. Elle doit être un nid de maladie vénérienne. Le 10 juillet 1940 au casino de Vichi, l'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République sous l'autorité et la signature du maréchal Pétin. Il s'octroit le lendemain le titre de chef de l'État français.

La France n'est alors plus une République, mais un régime sans contrôle parlementaire. Bienvenu dans l'inconnu. Désormais, Pétin fait absolument tout ce qu'il veut. Les libertés publiques sont suspendues, les partis politiques également, à l'exception de ceux des collaborationnistes parisiens subsistant en zone nord. Les centrales syndicales [musique] sont dissoutes. De Gaulle qui a lancé depuis Londres l'appel du 18 juin à poursuivre la résistance et condamné à mort par Contumas. Et on met en place un culte de la personnalité de Pétin. On met des photos de sa tête de con dans les vitrines des magasins, sur les murs des écoles, sur les timbres et les calendriers.

Entre 750 et 1000 rues sont renommées de son nom. Même le quai du port de Marseille devient du jour au lendemain quai du maréchal Pétin. Des bustes sont produits en série et installés dans les mairies. Des affiches demandent "Êtes-vous plus français que lui ?" D'autres exigent que chaque français achète son portrait et l'installe en évidence dans son salon. Vous lui devez une place d'honneur dans votre foyer. Et pétin est salué par les hommes d'église comme un homme providentiel. Morace. déposant un voile discret sur 50 ans de germanophobie parle de l'arrivée de Pétin au pouvoir comme d'une divine surprise.

Les lois adoptées de sa seule autorité sont promulguées avec la formule "Nous, maréchal de France, le conseil des ministres entendus, décidons." OK. Louis XIV enfin, le 13 août 1940, Pétin lance ce qu'il appelle la révolution nationale, plus exactement une contre-révolution fondée sur l'autorité, la hiérarchie, l'inégalité entre les citoyens. La révolution nationale est une mise à mort de la révolution française. [musique] Sa devise travail, famille, patrie est emprunté au croix de feu et Pétin prévient que le nouveau régime sera une hiérarchie sociale.

Il ne reposera plus sur l'idée fausse de l'égalité naturelle des hommes, mais sur l'idée nécessaire de l'égalité des chances données à tous les Français de prouver leur aptitude à servir. Robespierre et Rousseau steal the ennemis, même en 1940. Pétin va pouvoir faire la misère à tout le monde puisque la défaite est présentée comme la conséquence non de son idée à la con que les Allemand ne perceaiit pas par les Ardaines, mais de ce goût de la vie tranquille, cet abandon de l'effort qui nous a amené là où nous sommes. W le coupable selon Sherlock Pétin qui a oublié qu'il avait été que tard professionnel comme Moras a oublié qu'il était germanophobe.

Et l'esprit de jouissance qui a triomphé lors du front populaire. Le maréchal Pétin parle à la France. L'a emporté sur l'esprit de sacrifice. On a voulu épargner les forts. On rencontre aujourd'hui le malheur. Et c'est peut-être encore plus sombre. L'historiographie. Depuis les travaux d'Henry Michel, de Robert Paxton et de Jean-Pierre Azema jusqu'à ce plus récent de Laurent Joli a démontré que le choix de l'armistice de Pétin en juin 1940 n'était pas poussé par la nécessité mais par le désir de pouvoir enfin redresser la France avec sa révolution nationale de merde. Celle-ci était impossible dans une France libre.

Seule la défaite pouvait lui permettre de mettre en accusation les institutions républicaines et de développer son programme de réforme. Je vous dis bien où on sait méditez vos malheurs. Campagne contre l'alcoolisme divorce rendu quasi impossible avortement réprimé de mort pour les médecins avorteurs. Loi contre le travail des femmes les renvoyant au foyer de gré ou de force. La interdiction des balles et on redonne du mojo à l'église. Pétin n'est pas plus croyant que Moras mais il seront [musique] désormais tous les dimanches à la messe. Les principales victimes de Pétin seront les juifs. Évidemment, c'est pas une question.

La France, victime de sa générosité et de sa traditionnelle hospitalité, surtout depuis 1936, c'était en juivé. Ils ont conduit la France vers la plus totale des fêtes de son histoire. Dès le 17 juillet 1940, l'épuration commence. On lance une grande révision des naturalisations opérées depuis 1927. 15154 personnes perdent de la nocialité française dont 40 % de juifs. Et avec la loi du 3 octobre 1940, Pétin instaure une législation antisémite. Ce n'est pas à la suite du demande particulière de la part des Allemands. C'est un choix de Pétin lui-même. C'est peut-être ce qu'il appelle avoir de la liberté d'action.

Et le 2 juin 1941, tous ceux dont un des grands-parents est juifs sont exclus de la plupart des fonctions publiques de la politique, du cinéma et de la presse. Sur 100 français de vieilles souches françaises, 90 au moins sont de vrais blancs pur de tout autre mélange racial. Il n'en est pas de même du juif. Enfin, pour couronner l'horreur par la bouffonnerie, on rend en octobre 1941 un hommage à Édouard Drumon. On impose une plaque sur sa maison. en présence de madame veuve Drumont assise sur une chaise. La solution finale est formulée par les nazis en janvier 1942.

En France, c'est 6694 [musique] juifs étrangers polonais pour la plupart qui reçoivent une convocation pour examen de situation. Ceux qui répondent à la convocation plus de la moitié sont déportés le jour même et dans leur majorité, ils sont exterminés à Aushwitz Birkeno en 1942. Mais dès la fin du mois de juin 1942, c'est la rafle du vélodrome d'hiver. 13000 juifs, hommes, femmes et enfants, raflé les 16 et 17 juillet. Pas besoin des Allemands, ce sont des Français qui arrêtent et déportent. En tout, 78000 juifs déportés de France sous l'occupation dont 80 % ont été arrêtés par la police française et dont 24000 le tiers avaient la nationalité française.

Pour les nonjuifs, c'est certainement pas du même niveau, mais je doute que ça fasse envie à grand monde. Le 4 septembre 1942, Pétin promulgue le service du travail obligatoire, le STO. Travail obligatoire au service pas de la France, hein, comprenez bien. Travail obligatoire au service des nazis. Mais oui et le ST organise le départ forcé de plus de 650000 français random pour travailler au renforcement militaire et industriel de l'Allemagne nazi qui manque alors de main d'œuvre et de matière première sans qu'on leur demande leur avis, sans qu'on leur explique où, comment ou pourquoi. Mesurez bien la chose.

Plus du quart de la production agricole et industrielle française est livrée à l'Allemagne. 70 % de la production automobile et 100 % de la production aéronautique. Et pourtant, Pétin juge que ce n'est toujours pas suffisant. Faut faire encore un peu plus d'efforts. Vous souffrez et vous souffrirez longtemps encore. Dans un premier temps, on avait lancé une sorte de volontariat où on promettait la libération d'un prisonnier de guerre contre l'envoi de trois travailleurs libres. On appelait ça la relève. Mais malgré un effort de propagande hors du commun, ça n'a eu aucun succès. Alors, on a imposé un recrutement forcé.

Les Français sont alors la seule population européenne contrainte par son propre gouvernement de travailler alors quasi exclusivement pour la victoire de l'Allemagne nazi. Tu l'apprécies toujours ta plus grande liberté d'action ? Pétin a réussi cet exploit de rétablir pour autrui et par zelle. l'esclavage sur sa propre population. L'atrocité du STO du service de travail obligatoire sera bien raconté dans le roman autobiographique de Cavana Leruskov de 6h à 18h. Face à une presse froide qui transforme des galettes d'acier en cylindres, le jeune Cavana, 20 ans, n'a que quelques secondes pour retirer le cylindre avant que la presse reprenne.

Et on exige de lui qu'il fournisse 10000 caisses par jour. Il en peut tellement plus. Il est tellement épuisé par cet enfer que pour pouvoir obtenir un peu de repos, il laisse volontairement la presse lui trancher un doigt. "J'ai pas tiré 3 semaines", raconte Cavana. J'ai tiré juste 5 jours et j'avais tellement mal que je courais dans le camp comme un fou sans arrêt jour et nuit. Je donnais des coups de pieds et des coups de tête dans tous les poteaux. Ils m'ont refoutu au boulot. Ça me cognait encore là-dedans à chaque battement de pou avec une violence effroyable. Tu l'aimes toujours ton armistice ? Puis en 1943, c'est la création de la milice française pour lutter contre la résistance.

30000 hommes dont beaucoup de gangsters et ex-prisonniers de droits commun qui participent alors à la lutte contre la résistance en terrifiant la population pour leur propre plaisir. C'est ça l'aboutissement du patriotisme à la pétin. Une mafia qui vole, viole, torture, tue qui elle veut quand elle veut avec l'excuse de combattre les membres les plus héroïques du pays. Dans les pays dans lequel les héros sont pourchassés, les innocents assassinés, les jeunes gens mis en esclavage et les gangsters récompensés. Tu y crois toujours à ta révolution nationale ? Il se redresse comme tu veux. Ton pays. Pétin est à Saint-Étienne le 6 juin 1944 quand on l'informe du débarquement en Normandie.

Alors, pas aussi gâteux qu'on voudrait bien nous le faire croire, Pétin essaie à nouveau de bananer tout le monde. Cette fois, il déclare avoir toujours été une sorte d'allié symbolique du général de Gaulle, un allié implicite de la résistance. Je cite Pétin. S'il est vrai que De Gaulle a levédiment l'épée de la France, l'histoire n'oubliera pas que j'ai tenu patiemment le bouclier des Français. Fallait oser, c'est Pétin, il ose mais bref, il y a un jour où même le meilleur bananeur ne banane plus personne. Pétin est mis en procès le 23 juillet 1945 devant la haute cour de justice. La cour le déclare coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison.

Il est frappé d'indignité nationale, condamné à la confiscation des biens et à la peine de mort. Peine de mort commuée en emprisonnement à perpétuité. Il meurt à 95 ans sur l'île Dieu. La dernière initiative vraiment admirable du monde politique français date de cette époque. C'est le programme du Conseil national de la Résistance. Bien sûr, les jours heureux. Adopté à l'unanimité le 15 mars 1944 et appliqué après-guerre. Instauration d'une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.

Nationalisation des grands moyens de production, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques. Rajustement des salaires, rétablissement d'un syndicalisme indépendant et plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tout cas où ils soient incapable de se le procurer par le travail. Pas mal non, c'est français. ce que ceux qui ont le pouvoir se sont acharnés à détruire toutes ces dernières années. Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, l'a admis lui-même dans un éditorial du magazine Challenge en octobre 2007.

Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. Denis Kessler, soit plus clair. Défaire le programme du CNR, c'est revenir à quoi ? À celui de Pétin ? au travail obligatoire. En conclusion de Vichi, histoire d'une dictature dirigée par Laurent Jolie, on peut lire. Vichi a montré ce que donnent les idées de l'extrême droite portée au pouvoir. Des mesures d'exclusion visant minorité injustement brimé et ennemis politique plus ou moins imaginaire accompagné d'un fort investissement dans la propagande, la communication afin de masquer le manque de moyens affectés aux vastes politiques sociales promises.

Rien à redire mais j'aimerais ajouter Pétin à il faut l'admettre inventé quelque chose. Pétin a inventé l'homme qui se soumet à une puissance étrangère et qui soumet sa propre population, mais qui prétend rénover son pays en assassinant à la fois les plus fragiles et ceux qui ne veulent pas se soumettre. Il a inventé la lâcheté devant plus fort que lui, un vrai paillasson, mais mêlé à la violence exterminatrice face au plus faible dans son propre pays. C'est ça, Pétin. Louis XIV où Napoléon était détestable mais ils avaient conquis des pays, fait toute leur guerre à la con. Il n'avait pas signé d'armistice. Il pouvait bien prétendre au rôle de nouveau César.

Pétin que dalle, le touriste de Verdin, mais qui prétend pourtant à l'admiration et même au culte de la personnalité. Le dictateur en carton patte. Il n'y a peut-être pas à s'étonner de voir tant de nos politiques d'aujourd'hui tenter plus ou moins sournoisement de le célébrer. Macron qu'il appelle le maréchal annulant symboliquement sa condamnation à la dignité nationale. Le maréchal Pétin a été pendant la Première Guerre mondiale aussi un grand soldat. Voilà. Et qui tient temps à distinguer le grand soldat de la Première Guerre mondiale de celui qui fait ensuite des choix funestes. Zemour bien sûr, il célèbre en pétin le sauveur des juifs français. Il a sauvé des juifs français.

Oui, on se demande bien dans quelle réalité alternative et déjà Mitteran qui allait fleurir sa tombe jusqu'à ce qu'il s'arrête à la suite de protestation 3 ans seulement avant sa mort. 3. Paillasson. Pétin est peut-être le premier chef d'état français contemporain. Et c'est pas un compliment. Bilan de la Seconde Guerre mondiale, les chiffres varient entre 50 et 70 millions de morts, soit 2,5 % de la population mondiale de l'époque. Mais surtout, la majorité entre 40 et 52 millions sont des civils parmi les victimes des massacres nazis. 3,1 million de prisonniers de guerre morts dans les camps. 1,8 million de civils polonais tués pendant l'occupation.

Entre 200000 et 250000 handicapés tués dans le cadre du programme Action T4, les Romes, désignés par les nazis comme parasites et restant à liquidé dont le nombre de victimes est incertain et varie entre 500000 et 1500000. Rome qui eux ne seront pas libérés à la fin de la guerre mais internés jusqu'en 1946. Et bien sûr, il y a les victimes de la Choa, la tentative de destruction des juifs d'Europe dont les estimations vont de 4,9 millions à 6 millions de morts. On ne pourra pas rentrer ici dans l'histoire de la tentative de destruction des juifs d'Europe. Pour cela, vous avez des films et des livres. Vous pouvez voir Nué et Brouillard d'Alain René ou Choa de Claude Lansman.

Et si vous avez le cœur bien accroché, vous pouvez lire le plus beau et le plus terrible des témoignages si c'est un homme de Primo Lévi. Beaucoup beaucoup de choses y sont à méditer et raisonnent terriblement avec aujourd'hui. C'est une banalité de dire ça, mais c'est surtout un crèvecœur que ce puisse être une banalité. Écoutez, beaucoup d'entre nous, individu peuples, sont à la mercie de cette idée, consciente ou inconsciente, que l'étranger, c'est l'ennemi, écrit Primo Levévi. Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits comme une infection latente. Elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux. Elles ne fondent pas un système.

Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisses majeur d'un sylogisme, alors au bout de la chaîne logique, il y a le camp. Tant que la conception à court, les conséquences nous menacent. On ne pourrait pas mieux dire. La question n'est pas de savoir si vous avez des préjugés antisémites ou islamophobes ou homophobes. Tout le monde a des préjugés, tout le monde est con.

La question est de savoir à partir de quel moment une idée délétaire comme celle-là devient importante dans votre vie, se réinvite régulièrement, commence à faire système au point de vouloir s'imposer politiquement, au point de faire disparaître progressivement tout le reste, au point de devenir la base de votre vision du monde, au point de devenir comme l'antisémitisme français de la fin du 19e siècle, tout ce qui est mauvais vient des juifs, tout ce qui est mal et juif. La question c'est à partir de quel moment vous vous dites tout ce qui est mal est arabe ou tout ce qui est mal vient d'étrance ? J'ajouterai à ce que dit Primo Lévi.

Nous savons que la seule et unique solution au mots de l'humanité est le partage des richesses. Il y en a pas d'autres. Ce que Robespierre défendait sous le nom de droit à l'existence et au moyen de la conserver dans son discours du 2 décembre 1792. Je cite Robespèpierre. Nul homme n'a le droit d'entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim lorsque cela se produit et lorsque pour détourner le regard du pauvre, on lui montre un étranger pauvre. Que celui-ci soit juif, arabe, noir ou trans, en lui disant "Il est la cause de ton problème." Alors, au bout de la chaîne logique, il y a le camp dit autrement par aimé céser, au bout du capitalisme, désireux de se survivre.

Il y a Hitler, c'est là la responsabilité des politiques aujourd'hui quand ils décident [musique] pour ne pas s'attaquer à l'inégale répartition des richesses, c'est-à-dire à leurs amis les milliardaires, à exciter leurs électeurs en mal de justice sociale avec des boucs émissaires racisés ou minoritaires. Ils savent très bien qu'au bout de la chaîne logique de leur discours, il y a le camp et s'ils ne savent pas, pardon, il devrai un peu mieux se renseigner. Les camps de la mort. On nous dit qu'on ne savait pas. Sans doute on ne savait pas. On ne savait pas pour la solution finale. On ne savait pas pour les chambres à gaz et les fours crématoires.

On ne savait pas pas au sens d'un savoir qu'il y avait alors tentative d'extermination des juifs d'Europe de manière planifiée, organisée, optimisée. Mais on voyait les gens disparaître. On voyait des rafles. On voyait des familles emmenées dans des trains. On voyait de plus en plus de gens partir et surtout personne revenir jamais. On voyait les rues se dépeupler. On voyait une sorte de désert à la fois existentiel et moral commencer à gagner. Pour mesurer toute la violence sourde de ces années pétins, pour sentir la dimension fantomatique de ces existences détruites par l'occupation, on peut lire Dora Bruder de Patrick Modiano. Coucou Stéphane, merci pour le conseil de lecture.

Dora Bruder, c'est la tentative de reconstitution de la vie d'une adolescente juive, entendons-nous. Dora Bruder est une personne réelle, pas une héroïne de fiction. C'est une adolescente qui a existé et dont Patrick Modiano découvre au détour d'un numéro de Paris soir daté du 31 décembre 1941 une mention. On recherche une jeune fille Dora Bruder, 15 ans, 1,55, visage oval yeux gris marron, manteau sport gris, pullover bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adressé toute indication à monsieur et madame Bruder 41 boulevard Hornano Paris. Dora Bruder a fait une fugue.

Plus tard, pas très longtemps plus tard, comme ses deux parents, Dora Bruder sera déporté et mourra au Schwiitz. Alors que Modiano poursuit son enquête à la fois dans les archives et dans les rues de Paris, d'autres fantômes viennent à sa rencontre, parmi lesquels celui de Ruf Krenberg. Ruf Krenberg arrêté en zone libre au moment où elle revenait de la plage de Couiour. Elle a été déportée dans le convoi du septembre, une semaine avant Dora Bruder. Une jeune fille de Cologne arrivée à Paris vers 1935 à 20 ans à cause des lois raciales. Elle aimait le théâtre et la poésie. Elle avait appris la couture pour faire des costumes de scène.

Ruf Crenberg était l'amoureuse du poète Roger Gilbert Lectte. Pendant quelques pages du livre de Modiano, Ruf et Roger apparaissent et disparaissent. Leur amour scintillant comme une étoile fragile dans la nuit de ce temps. Roger Gilbert Lectte a écrit certains des plus beaux poèmes de son temps. Ainsi, hommage fraternel où la bête immonde. Nuit maudite à jamais interdite entre toutes. Nuit où le feu sanglant de mon regard troit ce lac debout obscure, absurde et vertical. Et tout voyant vacira sur ce spectacle. Au fond des yeux que je croyais d'un frère, pas trace d'âme, la pourriture noire aux éclairs de phosphore, le vertige sans fond du néant qui dévore.

Roger Gilbert le compte, qui était-il ? Donc cet épisode, il aurait pu être avant le précédent où il est après celui-là. Enfin, disons qu'il y avait l'épisode sur le surréalisme et la question était de savoir si je faisais un épisode sur l'affaire de Refus mais qui irait jusqu'à Pétin ou si je faisais un épisode sur Pétin mais qui commencerait à l'affaire Drefus parce que l'idée c'était de faire un épisode sur ce qui appelé dans celui-ci la culture antisémite française.

En tout cas, ce qu'elle avait de spécifique à partir de la publication de la France juive de Drumont et donc du passage, on va dire et de l'antijudaïsme millénaire, chrétien, théologique à une forme racialiste beaucoup plus violente et surtout qui avait une dimension politique qui pouvait servir de joker par rapport à des mouvements révolutionnaires, c'est-à-dire de le voir aussi sommes à une époque où il y a des mouvements de révolutionnaires internationalistes, que ça soit communiste, anarchiste et cetera, de dire "Oui, oui, vous les pauvres, on le sait, vous souffrez mais on a un ennemi tout désigné qui sera pas la classe bourgeoise." Cet élément-là est l'élément qui permet de le recoller à notre époque parce que finalement dans ces modifications et ses reconfigurations passant de la forme de Drumon à la forme de l'action française et finalement à la révolution nationale de Pétin, on peut voir quand même un continuum.

Et ce continuum terrible, il est explicité dans la phrase que j'ai cité de Primo Lévi. Si vous avez les mêmes prémisses, vous aurez les mêmes conclusions. À savoir si vous avez au départ l'idée du bouc émissaire, de l'étranger qui est cause de vos malheurs ou en tout cas de l'autre qui est cause de vos malheurs et que et que ce prémis vous le nourrissez, vous le remplissez de toutes les causes et les conséquences de de celui-ci, l'aboutissement sera toujours le camp. Et il dit aujourd'hui peut-être que vous avez plus ce prémis sur les juifs. C'est comme ça dans dans si si c'était un homme.

Mais si jamais ça reprend que ça soit sur les juifs ou sur quelqu'un d'autre, la conséquence c'est le camp. Et ça vous pouvez le transposer. C'està-dire que vous pouvez aisément le transposer aujourd'hui aussi dans le délire antiwiste. Tout ce qui est mal est woke mais tout ce qui est mal est trans dans le délire islamophobe. Tout ce qui est mal est musulman. Tout ce qui est mal vient des musulmans en construisant en fait cette série logique, en évitant toujours ainsi la question de la répartition des richesses qui créait le malheur, c'est-à-dire bon la base, le truc que Rebespierre dit et répète et répète et répète quoi.

Je n'est pas acceptable que si vous avez à votre disposition des stocks de blé ou des stocks de riz ou je sais pas quoi qui est quelqu'un qui qui meurt de fin à côté. C'est le droit à l'existence. Le droit à l'existence c'est au moyen de la conserver. Euh si on oublie le droit à l'existence, si euh on va dire les droits de l'homme c'est quelque chose de purement abstrait et ça ne se transpose pas de façon concrète par rapport à des questions de répartition des richesses.

Et si pour éviter d'affronter la question, on va chercher des bouqu émissaires, qu'il soi juif, qu'il soi arabe, qu'il soit noir, qu'il soit homo, qu'il soit trans, ce que vous voulez, la conséquence comme dit Primo Levi infin, ce sera le camp. Les livres. Alors pour cet épisode, j'ai lu beaucoup de livres de [ __ ] que je vais pas vous montrer, que je vais pas vous conseiller. J'y ai trouvé mon compte, c'est-à-dire que j'ai trouvé toujours des choses amusantes évidemment à titre d'exemple, mais on va pas dire que c'est mes lectures préférées. Mais j'ai lu aussi de très bons livres sur les sujets qui nous concernent.

Et le premier en fait, c'est une histoire amusante, c'est le Grégoire Koffman sur Édouard Drumon. Histoire amusante. Pourquoi ? parce que ça doit être sans doute la première fois que l'un des livres consultés pour écrire l'épisode le soit par un auteur qui ensuite va être une des personnes que j'ai consulté pour corriger l'épisode. En fait, il se trouve que Gregard Koffman et moi on avait été en contact il y a quelques années très brièvement et que lorsque je commençais à travailler sur l'épisode en question, je voulais des choses sur Édouard Drumont. Son livre était le livre de référence. Donc j'ai acheté son livre et j'ai commencé à le lire et c'est là où j'ai reçu un mail.

de Grew Koffman qui m'écrivait pour toute autre chose et on a commencé à correspondre. Je lui dit "C'est drôle, je suis en train de lire ton livre sur Drument et puis je lui expliqué ce que je faisais." Puis au bout d'un moment parce que je lui expliqué ce que je fais et je lui demandé tout simplement bon est-ce que ça a tembêtré beaucoup de le revoir et de voir si je dis que des conneries ou si ça si ça va quoi. Il a accepté de relire mon épisode et puis il a retrouvé quelques erreurs factuelles qui auraient été dommage qu'elle qu'elle reste dans dedans quoi.

Très clairement ce livre excellent sur Édouard Drumon de Grégoire Koffman et c'est Grégoire Koffman m'a conseillé le livre sur Esterazzi.

Ce personnage quand même vraiment bizarre de l'affaire Drefus, le vrai traître quoi, l'auteur du Borderau et qu'on connaît très mal parce que c'est un c'est une figure d'arnaqueur, d'escroc, de mec qui n'est pas celui qu'on croit qu'il est et qui et qui vit sur plusieurs mondes et qui est à la fois proxenet, boursicoteur, joueur, qui est toujours criblé de dette absolument sans sans morale mais aucune sans scrupule et qui réussit quand même l'exploit à être à la fois le véritable coupable de l'affaire Drefus et à ce moment-là documentaliste à la libre parole le journal de Drumon qui fait toutes ses unes sur Drefus le traître Drefus c'està-dire que le journal qui va faire toute son actu sur Drefus en fait abrite le vrai traître cette histoire de ridicule terrible autour de ce personnage terrible et c'est Gréard Koffman qui m'a conseillé le Marcel Thomas Donc excellent livre sur Esterzi, vraiment très étrange personnage qui reste du reste très opaque jusqu'au bout malgré tout.

Comme souvent les arnaqueurs professionnels, il tombent rarement le masque, il tombent pas du tout le masque et et inquiétant. La figure la plus émouvante dans cette histoire, c'est celle de Bernard Lazar. Il y a évidemment le recueil de ces fasicules sur l'affaire Drefus. L'affaire Drefus, une erreur judiciaire qui a été héréditée par les éditions ALIA. Donc c'est passionnant parce que c'est vous pourrez dire la première enquête de journalisme d'investigation au sens moderne. C'est-à-dire que pour les gens qui s'intéresse au journalisme d'investigation voilà quoi, type type Denis Robert quoi.

Salut Denis, bah c'est c'est vraiment un précurseur parce que c'est vraiment le type qui va reprendre les mensonges, qui va les décortiquer, qui va ressortir les documents, qui va montrer les documents qu'on connaît pas et cetera. et Bernard Lazar, c'est assez dur à lire comme ça en direct quoi parce que c'est il nous manque beaucoup d'éléments, on le connaît mal et cetera. Donc c'est bien aussi et j'ai lu une biographie par un autre des grands spécialistes de l'affaire Drefus qui est Jean-Denis Bredin et qui a fait cette biographie sur Bernard Lazar, le premier des Drefusards et qui m'a passionné. Pourquoi exceptionnellement on n'est pas en extérieur mais en intérieur dans une librairie ?

pas seulement parce qu'il fait froid, parce qu'on est dans une librairie très spéciale, une librairie qui est ouverte il y a pas très longtemps dans le quartier latin et qui porte le nom du contreciel. Et le contre-ciel, c'est le recueil de poème de René Domal qui avec Roger Gilbert Lectte a créé ce mouvement, cette revue exceptionnelle qui est le grand jeu. Roger Gilbert Lectte, qui était-il ? C'était un poète qui appartenait au groupe concurrent, si l'on veut, du surréalisme. Le grand jeu. Grand jeu que Roger Gilbert Lectte avait fondé et dirigé avec René Domâ. Roger Gilbert Lectte est né en 1907, René Domâ en 1908.

Ils se sont rencontrés à Reince dans une ville quasiment détruite par les bombes. Au lycée avec une poignée de camarades de classe, il partagent une passion commune pour Nerval, Rimbau, Jarry, ainsi que pour la pensée orientale, l'hindouisme, le bouddhisme, mais aussi le goût des États limites allant de la drogue au rêve dirigé en passant par les exercices de vision extrarétinienne. Ce qu'ils appellent la métaphysique expérimentale. René Domal et Rogé Gibbert Le ont tous les deux vécu une expérience similaire dans leur jeunesse. Ils ont perçu la présence d'une autre réalité à travers des projections astrales.

C'est dire à René Domâ la certitude de l'existence d'autre chose, d'un au-delà, d'un autre monde ou d'une autre sorte de connaissance. Et à ce moment-là, je connaissais directement. J'ai prouvé cet au-delà dans sa réalité même. Il ne nous fall qu'un regard échangé pour savoir que nous avions vu la même chose. Le grand jeu. La revue que Roger Gilbert Lectte et René Domal dirigeront à partir de 1928 à beaucoup de points communs avec le surréalisme. Mais c'est pas le même ton. Le ton du grand jeu est prophétique. Il voit et annonce. Le grand jeu est irrémédiable. Il ne se joue qu'une fois. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie.

Le lien de leur activité avec une forme moderne de spiritualité non dogmatique est plus fortement affirmée. Tous les grands mystiques de toutes les religions seraient les nôtres s'ils avaient brisé les carcans de leur religion que nous ne pouvons subir. D'ailleurs, parmi les nombreux projets annoncés mais pas réalisés par Roger Gilbert Lectte, il y avait un essai sur les gnostiques dès 1927. Tableau des hérésiarques. Dans certains textes, Roger Gilbert Lect Comte semble percevoir la toutepuissance de la technologie àir et annonce le raptissement de l'homme du futur. Son cerveau déformé par le perfectionnement des machines, par la rationalisation et la spécialisation du travail.

Rappelle-toi, voici, je te donne un signe à quoi tu reconnaîtras si je dis vrai. Dans peu de temps, tu ne rêveras plus. Alors conséquences obscures pour toi et néanmoins fatal direct, tu perdras toute conscience individuelle. Tu seras insecte. Face à cet événement majeur dont Gilbert Leconte situe le commencement en l'an 2000, il annonce également le soulèvement des hommes à trois yeux qui lutteront contre cette prison technologique avec des armes magiques. Ces hommes à trois yeux seront les continuateurs des poètes inspirés débarrassés des carcans religieux du passé. le grand jeu et l'avant-garde dont le monde n'a pas voulu.

Même les règles habituelles concernant la reconnaissance poste des poètes ne s'appliquent pas pour eux. À la limite un peu pour Domal qui abandonnant l'aventure commune pour une quête spirituelle bien différente écrira un recueil, le contre-ciel et deux récits, la grande beuverie et le mot analogue mais pas pour Rocher Gilbert Lectte. Dandy, drogué, androgène, gentil comme un ange, en état de médiumnité [musique] permanente. Ces écrits sont très loin d'avoir aujourd'hui l'écho que leur beauté et leur pertinence devraient susciter. Le sujet poétique principal de Roger Gbert Lectte, c'est le vent. Le vent auquel il donne une dimension métaphysique et symbolique particulière.

Grand voyou chérubin démesuré, clown des tourbillons, sculpteur des nuages, roi des métamorphose. Toi qui fait vivre et perdument les choses, qui sans toi serait voué à l'inertie la plus plate, immense père des spectres et des frissons. Le vent et le désert, le monde que voit Roger Gilbert le Comte dès son enfance, qu'il convoque dans sa poésie est celui dans lequel il va disparaître. Un monde désert dépeuplé où l'humanité n'existe plus ou n'existe pas encore. C'est en 1935 que Roger rencontre Ruf Kronenberg, cette jeune couturière comme lui l'ctrice passionnée de poésie. Ils vont s'installer dans un atelier misérable de la rue Bardiné.

Ruf sera déporté le 11 septembre 1942 et mourra à Aushwitz. Roger, ne sachant ce que Ruf est devenu, la pleurera sans espoir et mourra un an plus tard, le 31 décembre 1943, emporté par le tétanos. Ruf Krenberg et Roger Gilbert Lectte ne se seront pas retrouvé et l'histoire ne les aura pas retrouvé non plus. Quelque chose est resté inachevé ici. Quelque chose a été dérobé, escamoté dans le tissu même de l'espace-temps. La transmission des rapports entre l'homme et le monde nous avait été donné prophétiquement par les poètes depuis la fin du 18e siècle. Blake, Novalis, Nerval, authentique descendant des sans rois.

C'est toujours au poètes qu'on s'était adressé pour nous indiquer nos prochaines métamorphoses, même s'ils agissaient sur nous de façon poste. L'autre Amont Rimbau, le dernier poète français à avoir pu un peu magiquement être transmis jusqu'à nous est Antonin Harta. Mais à partir de Roger Gilbert Lectte et de Colette Thomas, c'est comme si les voix des visionnaires raisonnaient dans un monde parallèle au nôtre, un désert psychique sans connexion directe avec le nôtre, un monde qu'il faudrait arracher aux forces du néant qui nous sépare de lui.

Nous avons été éloignés d'une activité prophétique à la suite d'une perte de confiance, non seulement dans les pouvoirs de la poésie, mais dans toute celle de l'imaginaire, les puissances de l'imaginaire. Non, pour dénoncer une situation présente, pour nous parler d'un futur désirable. Ça c'est vraiment la propagande, l'incompréhension totale de ce que peut l'art. Mais pour voir à travers le temps, pas montrer comment les choses se passent réellement, mais capter une image qui tient à la fois du passé et de l'avenir telle qu'elle surgit à l'instant du danger. Comme dans Conan de Bertram Mandico par exemple, immense film d'aujourd'hui sur le fascisme et sa fascination.

Coucou Bertrand, coucou Elina. Et comme dans la musique de Captain Befert, Mirrorman Trout masque réplica Spotlight Kid Captain Befert nonstar du rock plus importante, plus décisive que toutes les rockstar de son temps. Captain Befert dont toute l'œuvre est prophétique [grognement] et pour cela, il faut accepter de ne pas comprendre et de comprendre quand même autrement. de comprendre par saut interprétatif parce que c'est de l'exégèse de la parole prophétique de nos poètes confisqués que dépend notre reconnexion à la spiritualité révolutionnaire des 100 rois. Et il le savait comme il savait le temps et l'espace qui les séparerait de nous.

Comme dit Colette Thomas, nous avons déjà vaincu évidemment mais personne ne le sait. Tant que ce lien entre eux et nous sera par établi, quelque chose sera déboîé à tout jamais. C'est la revanche de Drfus, avait dit Moras lors de sa condamnation le 25 janvier 1945. Drumon, Moras, pétin. Avec la fin de la guerre, un monde meurt, leur monde. Et c'est bien. Ce serait même très bien si le 8 mai 1945 n'était simultanément la date d'une des pires saletés coloniales de notre pays au moment même de la fin de la guerre.

Ce sont les massacres de Cétif et de Gelma en Algérie lorsque la population du nord Constantinois au moment de célébrer la victoire des alliés décide de rappeler pacifiquement à la France ses revendications nationalistes par des banderoles des drapeaux réclamant à la fois la libération de détenus politiques et l'application des droits de l'homme sur le territoire. Résultat, la police coloniale et les civils européens répondent par des exécutions massives et des représailles collectives. On parle de 45000 morts en une seule journée. 45000 morts. Et pour empêcher toute enquête, les Français ouvrent des charniers et incinèrent les dizaines de milliers de cadavres dans des fours à chaud.

Oui, le 8 mai 1945. Alors que d'un côté, la France se félicite d'en avoir fini avec le nazisme. De l'autre, elle massacre une population avec une inhumanité qui n'a rien à lui envié. Ce qui donne raison à A Céser écrivant dans son discours sur le colonialisme, on s'étonne, on s'indigne, on dit comme c'est curieux mais bah c'est le nazisme, ça passera. Et on attend et on espère et on se tait à soi-même la vérité. que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice, que ce nazisme là, on l'a supporté avant de le subir. On l'a absus, on a fermé l'œil là-dessus, on l'a légitimé parce que jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens.

Quelque chose qu' avait du reste également vu Simon Veille. Si on examine en détail les procédés des conquêtes coloniales, l'analogie avec les procédés hitlériens est évidente, avait-elle écrite dans à propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français. Un texte écrit à Londres pour la France libre. Je cite toujours Simon Veille. L'hitlérisme consiste dans l'application par l'Allemagne au continent européen et plus généralement aux pays de race blanche des méthodes de la conquête et de la domination coloniale.

Ces massacres du 8 mai 1945 peuvent être considérés rétrospectivement comme le début de la guerre algérienne d'indépendance, la guerre héroïque d'Algérie comme l'écrit Franz Fanon en ouverture de l'an 5in de la révolution algérienne. La guerre d'Algérie la plus hallucinante qu'un peuple est mené pour briser l'oppression coloniale. Faites entrer les colonialistes. Merci d'avoir vu cet épisode de l'Empire n'a jamais pris fin et rendez-vous dans un mois pour le suivant. Si celui-ci vous a plu, likez, commentez, partagez, abonnez-vous à Blast, activez la cloche. Les sept épisodes diffusés l'année dernière font désormais l'objet d'un livre.

Aux éditions Florent Masso et Blast, l'Empire n'a jamais pris fin. Tome 2 de Rabel à la révolution. Il contient un texte supplémentaire Quid de Sad. Alors si vous n'aimez pas cette réflexion sur la culture antisémite française de Drumon Apétin, allez pester contre Rebespierre et le principe de l'égalité entre les hommes et repeignez en rose l'histoire de cette France d'avant conquérante, raciste, [musique] colonialiste, inégalitaire. Cette France qui si elle ressuscita aujourd'hui vous ferait immédiatement crever. Image Cyprien Biseau.

Assistant montage Medy Lacal graphisme Margaot Simon graphisme Morgane Sabouret musique Baptiste Veillant son Théo du Chînalation Mathiasoven réalisation et montage Ameyes aoufella

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Non speech

[musique] [musique]