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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 19 mars 2024 11 min

Émeutes à la Courneuve : Éric Zemmour est l'invité du 19 mars 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute.

0:07
Invité

Il est 7h40, tout pile sur Télématin. Les 4V, Thomas vous recevait ce matin, le président du parti Reconquête, Éric Zemmour.

0:17
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Les 4V, Éric Zemmour. La nuit a été calme à la Courneuve, mais ce qui s'est passé là-bas dimanche soir avec l'attaque aux mortiers d'artifice d'un commissariat est révélateur de l'état de tension de notre société. Si vous étiez au pouvoir, Éric Zemmour, comment apaiseriez-vous les choses ?

0:32
Éric Zemmour

Écoutez, d'abord, avant d'apaiser, il faut bien définir ce que c'est parce que je vois bien, j'écoute les journaux, on appelle ça actualité. Actu, moi je vois plutôt de la routine, ça revient régulièrement. On appelle ça émeute à la limite, moi j'appelle ça guérilla. Et ce qu'on appelle des échauffourés avec la police, moi je vois ça comme une guérilla donc contre une force armée qui représente la France et qui veut être expulsée par des gens qui veulent coloniser ce territoire. Et c'est pour cela qu'il faut prendre des mesures très sévères.

Vous savez, j'ai l'impression que le pouvoir actuel, Emmanuel Macron, veut arrêter l'ordre, veut faire régner l'ordre à Mariupol et il n'est pas capable d'arrêter des tirs de mortier à la Courneuve. La situation à Mariupol et à la Courneuve ne sont pas tout à fait comparables. Tout à fait différentes, vous comprenez l'image. Je veux dire par là qu'il s'occupe beaucoup d'arrêter des chars à Mariupol, il ferait mieux de s'occuper de faire régner l'ordre en France. Alors comment vous apaiseriez la situation ? Je pense qu'il ne faut d'abord sanctionner avant d'apaiser, parce que c'est par la sanction et par le respect de l'autorité qu'on apaise.

Il faut dans un premier temps que les policiers puissent se défendre. Il est absolument scandaleux qu'ils soient ainsi agressés, caillassés, blessés. Il faut prévoir une présomption de légitime défense. Il faut aussi cesser le harcèlement judiciaire à l'égard des policiers. Il faut que certains juges, en particulier dans le 93...

1:56
Présentateur

Les policiers ne vont pas tirer à l'arme lourde sur 10 débiles qui lancent des mortiers d'artifice.

2:00
Éric Zemmour

Ce n'est pas 10 débiles. Justement, vous voyez les mots qui ont une importance. Ce ne sont pas 10 débiles. Ce sont des gens qui veulent imposer leur loi et la loi de leur communauté sur leur territoire.

2:10
Présentateur

Qu'est-ce qui vous permet aujourd'hui, dans cette situation-là, de... Vous connaissez leur profil aux personnes qui ont été interpellées ou pas ?

2:16
Éric Zemmour

Écoutez, à chaque fois, c'est la même chose. À chaque fois, ce sont les mêmes. Ça fait des années que ça revient. On sait très bien que ce sont des jeunes de l'immigration arabo-musulmane qui ne supportent pas que les flics viennent...

2:27
Présentateur

C'est un peu dangereux, c'est la répétition.

2:30
Éric Zemmour

Est-ce que vous connaissez le profil des 9 personnes qui ont été interpellées ? À chaque fois, on nous fait le même coup. Et à chaque fois, ce sont les mêmes, à peu de choses près. Alors évidemment, il peut y avoir une exception, etc. Donc je continue dans mes mesures, parce que vous m'avez demandé qu'est-ce qu'on fait. Donc on fait que, justement, on supprime les allocations familiales et toutes les allocations aux familles de ces gens quand ces jeunes sont mineurs. Par ailleurs, on établit une règle, que j'aurais voulu voir déjà rétablie après les émeutes successives à la mort de Naël. C'est qui paye, qui casse, paye.

Et enfin, on expulse les étrangers, les émeutiers étrangers et binationaux, dont ont des choix de nationalité, dans leur pays d'origine. Et s'ils sont français ? S'ils sont français... Ou français d'origine étrangère. Alors, s'ils sont français d'origine étrangère, ça dépend de quel cas. S'ils n'ont pas de double nationalité, ce qui est assez rare en vérité. Là, ils doivent faire leur peine, ils doivent être sanctionnés, etc.

Et s'ils ont une double nationalité, comme c'est pour la plupart des cas, c'est-à-dire qu'ils sont franco-algériens, franco-tunisiens, franco-marocains, franco-maliens, je rappelle que dans ces pays, on ne perd jamais sa nationalité, et bien dans ce cas-là, on les déchoie de la nationalité française et on les renvoie dans leur pays.

3:39
Présentateur

Le maire de la Courneuve veut apaiser et appelle à une marche silencieuse jeudi soir dans sa ville. Est-ce que vous pourriez participer à cette marche ? Non.

3:45
Éric Zemmour

Pourquoi ? Parce que, si vous voulez, je connais...

3:48
Présentateur

Est-ce que la mort de ce jeune homme ou à Nice, 18 ans, quelles que soient les circonstances, n'est pas un drame ?

3:52
Éric Zemmour

Mais bien sûr, toute mort, écoutez, toute mort de qui que ce soit est un drame. C'est logique, surtout quand on a 18 ans. C'est une évidence. Et heureusement qu'on considère encore que toute mort est un drame. Seulement, il y a les circonstances. Il faut bien comprendre que ces quartiers sont hors de contrôle depuis très longtemps, que ce sont pour moi des quartiers, on dit, vous savez, c'est les quartiers perdus de la République. Non, ce sont les quartiers perdus de la France. En vérité, ce ne c'est plus la France. Il y a là-bas... Alors, ne confondez pas les quartiers métissés et les quartiers islamisés. Est-ce que vous ne mettez pas tout le monde dans le même sac, quand même ?

Écoutez, les quartiers métissés, comme vous dites, c'est à peu près 80% de personnes d'origine arabo-musulmane et 20% d'origine européenne de culture chrétienne. Donc, je n'appelle pas ça métissés. Moi, j'appelle ça des gens qui ne peuvent pas partir parce qu'ils n'en peuvent plus, mais qui n'ont pas les moyens de quitter. C'est en général des vieilles personnes qui ont vu leur paysage et leur environnement changer radicalement, qui ne se sentent plus chez eux, qui ne se sentent plus en France. Quand ils ont les moyens, ils quittent. Ils vont soit ailleurs, soit carrément à l'étranger. Et puis, quand les pauvres n'ont pas les moyens, ils restent.

Et ils subissent cette maghrébinisation et cette islamisation de leur environnement qu'ils n'ont pas désiré, mais que malheureusement, ils doivent subir la mort dans l'âme quand ce n'est pas avec des violences, des insultes, etc.

5:13
Présentateur

On attendra quand même que la justice fasse son travail et qu'on sache qui est à l'origine des problèmes à la Courneuve. Je voudrais qu'on se dise quelques mots de la Russie et de la guerre en Ukraine. Je vous ai entendu dire d'Emmanuel Macron qu'il voulait faire peur aux Français et je vous ai entendu dénoncer une technique de manipulation des masses. Mais qui est le problème, en fait ? C'est Emmanuel Macron ou c'est Vladimir Poutine ?

5:29
Éric Zemmour

Ça dépend sur quel plan vous vous placez. En l'occurrence, quand on dit... Quand on dit qu'on va envoyer des troupes au sol, combattre la Russie, alors que je rappelle que la Russie ne nous a pas déclaré la guerre, et que... Il dit qu'il n'exclut rien dans une forme de dissuasion. J'ai bien compris. Mais la dissuasion, c'est pour la dissuasion nucléaire. Ce n'est pas pour la dissuasion au sol et pas pour des troupes au sol. Donc quand on dit qu'on va envoyer des troupes, là, le problème, c'est Emmanuel Macron. C'est évident. Et que moi, je dis qu'il ne fait pas peur... Bon, il ne fait pas ça.

Pour faire peur à Vladimir Poutine, parce qu'il sait très bien l'armée dont il dispose, mais pour faire peur aux Français. Vous savez, pour combattre les Russes, et pour combattre d'ailleurs toute armée conséquente, il faut des troupes, il faut des armes. Et nous n'en avons pas. Il faut bien comprendre que, si vous voulez, nous avons tellement réduit nos effectifs et nos armes qu'aujourd'hui, nous pouvons tenir une guerre, dont les spécialistes appellent ça haute intensité, de trois jours. Je vous donne deux exemples très vite. Nous fabriquons 3 000 obus par mois. Les Ukrainiens en consomment 5 000 par jour. Deuxième exemple.

Aujourd'hui, on détruit dans cette bataille terrible entre les Ukrainiens et les Russes 10 chars par jour. Nous n'en avons en tout 200. Donc vous voyez, on pourrait tenir 20 jours.

6:51
Présentateur

Emmanuel Macron ne trouve pas grâce à vos yeux. Ce n'est pas lui pour Bruno Le Maire. Face au mur, peut-être devrait-on parler du gouffre de la dette, le ministre de l'Économie vote un changement drastique de notre modèle social. Vous lui avez répondu dans une lettre publiée ce matin par Le Figaro. Vous proposez une aspirine à un mourant et vous vous moquez de nous. Quand ils ne font pas d'économie, vous le leur reprochez. Et quand ils veulent faire des économies, vous leur reprochez aussi.

7:11
Éric Zemmour

C'est compliqué. Non, non, non. Je ne leur reproche pas de vouloir faire des économies. Et je ne leur reproche pas non plus de vouloir changer de modèle. Attendez. Je dis simplement que ce qu'ils proposent est dérisoire. Je vous donne quelques chiffres. Vous allez voir que vous allez comprendre très vite et les téléspectateurs aussi. Vous avez 10 milliards d'économies proposées cette année, 20 l'année d'après. Il faut bien comparer à ce qui est comparable. Monsieur Le Maire a fait voter un budget pour l'année 2024 de dépense de 495 milliards.

Si on ajoute les dépenses du budget social et les dépenses des collectivités locales, ça fait en tout des dépenses publiques de 1 500 milliards d'euros. Vous dites que c'est une goutte d'eau. Vous dites vous-même. 10 milliards par rapport à 1 500 milliards. Accordez-moi que c'est ridicule. Si on ajoute à ça 3 000 milliards de dettes, je rappelle que quand Monsieur Le Maire est arrivé à Bercy, il y a 7 ans, la dette était déjà haute à 2 100 milliards. Aujourd'hui, elle est à 3 000 milliards. Il a quasiment rajouté 1 000 milliards. Vous comprenez que je ne peux pas le prendre au sérieux. Donc je lui dis, les 10 milliards, c'est un chiffre dérisoire.

Il faut effectivement, c'est d'ailleurs la partie de son intervention qui me convenait tout à fait, je lui reprochais simplement de ne pas l'avoir fait plus tôt, réduire massivement, changer de modèle, d'abord traquer les gaspillages, puis, puis, j'en ai fini, changer de modèle, si vous voulez, jouer les services publics contre la bureaucratie. C'est-à-dire, par exemple, privilégier les profs et pas les emplois administratifs dans l'éducation nationale. Privilégier l'hôpital et supprimer les ARS. On parle de la police. Supprimer la paperasse et favoriser les policiers. Vous voyez, c'est tout.

8:49
Présentateur

Bon, puisque vous parlez de chiffres, on va dire quand même en une minute qu'il nous reste un mot des européennes. La liste de Jordan Bardella et du Rassemblement National, c'est 5 à 7 fois le score de Marion Maréchal aujourd'hui. Est-ce que vous figurez sur la liste reconquête le 9 juin ?

9:01
Éric Zemmour

Est-ce que vous serez sur la liste ? Oui ou non ? Je ferai sur la liste, mais en place 80e. Je ne pas pourrais être élu. Comme Jean-Luc Mélenchon. Comme Jean-Luc Mélenchon, exactement.

9:09
Présentateur

Voilà un point commun entre vous. Absolument. Bon, je vous écoute attentivement. Je ne juge pas les idées. Ça, c'est les électeurs qui le font. Mais quand même, je me demande si vous n'auriez pas été un excellent candidat pour les européennes de 1979, Eric Zemmour. Parce que vous êtes un peu dans le CETMU avant. On a l'impression, sans nier les problèmes de 2024, que vous n'aimez pas notre époque et que vous refusez que le monde ait changé. Est-ce que je me trompe ?

9:28
Éric Zemmour

Vous savez, je ne vois pas le rapport avec les européennes de 1979. Mais je comprends votre question. C'est la nostalgie qui semble que vous habitez. Ça nous réclamerait un temps plus long que 30 secondes. Vous savez, quand il y a des choses qui marchaient mieux avant, par exemple l'école, il n'y a pas de honte à vouloir revenir à un système qui fonctionnait bien. quand ce n'est pas toujours mieux avant. Mais il y a effectivement des choses, et je vous dis, l'exemple de l'école est parfait. On pourrait aller sur l'exemple de l'assimilation, on pourrait aller sur la gestion de l'État. Il y avait beaucoup moins de fonctionnaires et les services publics fonctionnaient mieux.

Mais par exemple, l'école, oui, effectivement, on a détruit l'école de la République qui fonctionnait remarquablement. Il faudrait absolument, par exemple, supprimer le collège unique, qui a été une catastrophe. Et je vois bien qu'entre Mme Belloubet et M. Attal, ils ne sont pas d'accord. et que Mme Belloubet est en train d'enterrer cette proposition de M. Attal, vous savez, des fameuses classes de niveau, etc.

10:24
Présentateur

Merci, Éric Zébouin, dans les 4V. Bonne journée à vous.

10:27
Invité

Merci à tous les deux. Merci également à Isabelle Lombard qui a traduit cette interview en langue déciée.

10:31
Présentateur

C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. Sous-titrage Société Radio-Canada

Émeutes à la Courneuve : Éric Zemmour est l'invité du 19 mars 2024 — Éric Zemmour · Pourquijevote