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Discours / meetingHervé Juvin· 20 août 2019 3 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Hervé Juvin - Quand le libre-échange menace la paix

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « La douce histoire qui nous est racontée, avec des sons de flûtes, c’est que le commerce adoucit les mœurs, mais c’est aussi que l’alignement progressif des pratiques, des lois et des organisations est un facteur de bonne entente entre les peuples. C’est tout le contraire. »
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    « L’uniformisation que suppose le libre-échange conduit immanquablement au conflit »
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    « Ce n’est pas demain que la Chine va abandonner un système qui en a fait la première puissance mondiale »
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    « Entre le libre-échange et la paix, entre les traités commerciaux, l’entente entre les peuples et la souveraineté des nations, il faudra choisir tôt ou tard »

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Hervé Juvin

La commissaire en charge du difficile travail de négocier les traités de libre-échange et les accords commerciaux, Madame Cecilia Malmström, vient de présenter ce qui pour elle est une grande réussite, le MERCOSUR, le CETA, l’accord de libre-échange avec le Vietnam et peut être, la relance d’un traité de libre-échange avec les États-Unis. Je m’interroge pour savoir si le Parlement européen ne sera pas la dernière enceinte où l’on parlera du doux commerce, de la prospérité et de la richesse partagée qu’apporte le libre-échange.

Parce qu’enfin, c’est tout le contraire, nous devons nous rendre compte que le libre-échange, le commerce débridé, c’est la voie du conflit et peut être la voie de la guerre. Il faut bien mesurer les enjeux du conflit actuel qui oppose les États-Unis et la Chine à ce sujet. La douce histoire qui nous est racontée, avec des sons de flûtes, c’est que le commerce adoucit les mœurs, mais c’est aussi que l’alignement progressif des pratiques, des lois et des organisations est un facteur de bonne entente entre les peuples. C’est tout le contraire.

Nous avons à choisir, nous avons à choisir entre l’uniformisation des règles et des normes, nous avons à choisir entre un modèle unique d’organisation qui assure la concurrence libre et non faussée, nous avons à choisir entre une course au moins-disant, social, environnemental et fiscal, qui en effet permet le libre-échange. Qui en effet permet le commerce, simplement en tuant la démocratie, en supprimant la souveraineté, et ce qui est encore plus dramatique, en légitimant toutes les ingérences dans les affaires intérieures des États. L’autre choix, il est simple. C’est celui du retour à la démocratie, ce qui signifie le libre choix des peuples de leurs lois et destins.

C’est le retour à des frontières, qui sont chargées de séparer ce qui est intérieur, de ce qui est extérieur et de gérer les flux d’échanges, de biens, de personnes et de capitaux. C’est simplement la liberté des peuples de choisir leurs normes, de choisir leurs règles alimentaires et d’exprimer leurs préférences collectives qui est en question, bien sûr ce choix s’oppose au libre-échange et ce choix condamne la majorité des accords commerciaux négociés par l’Union européenne. Oui je le crois, le parlement européen va être la dernière enceinte au monde, où l’on continue à se raconter de belles histoires sur le doux commerce.

Parce qu’on le voit, l’uniformisation que suppose le libre-échange conduit immanquablement au conflit, ce n’est pas demain que la Chine va abandonner un système qui en a fait la première puissance mondiale et qui l’a porté à travers les décennies, avec les plus forts taux de croissance qu’aucune économie n’ait jamais connu dans le monde. Ce n’est pas demain non plus que les États-Unis vont renoncer à leur modèle et à leur choix de société. Entre le libre-échange et la paix, entre les traités commerciaux, l’entente entre les peuples et la souveraineté des nations, il faudra choisir tôt ou tard, l’Union européenne devra choisir.