Nicolas Dupont-Aignan invité sur CNews (6 avril 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:49OuverteRéponse directe
Le port du masque, il y a eu un changement de ligne au départ des autorités sanitaires et du gouvernement. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites qu'il faut rendre obligatoire, généraliser le port du masque ?
- 5:50OuverteRéponse directe
Dites-moi, vous parliez du déconfinement tout à l'heure. Damien Abad a dit que ce mot est prononcé trop tôt. Vous pensez qu'il faut en parler et l'organiser tout de suite ?
- 7:18RelanceÉludée
Vous êtes très critique face au gouvernement. Est-ce que vous n'êtes pas en train d'instrumentaliser le coronavirus ?
- 9:33OuverteRéponse partielle
Une question sur l'attaque au couteau de Romans-sur-Isère, deux morts. L'auteur est un demandeur d'asile soudanais, sans doute islamiste. Vous avez mis en cause la politique migratoire folle et dangereuse. Clairement, est-ce que ça veut dire qu'il faut arrêter complètement toute politique de droit d'asile ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04Invité politiqueChiffre
« Le coronavirus a déjà fait 8000 victimes, 7000 personnes sont en réanimation, mais on semble approcher du pic de l'épidémie. »
- 0:12Invité politiqueChiffre
« Les hôpitaux sont toujours sous tension, il y a eu 550 malades qui ont été transférés. »
- 2:32PrésentateurFait
« Chaque jour perdu est un crime. Chaque jour perdu est un crime. »
- 3:32PrésentateurPromesse
« Je suis indigné que le gouvernement ne nationalise pas l'usine Famar qui produit de la chloroquine. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Le port du masque, il y a eu un changement de ligne au départ des autorités sanitaires et du gouvernement. »
- 7:40Invité politiqueFait
« Le seul pays qui s'en sort bien, c'est l'Allemagne. »
- 9:39Invité politiqueFait
« L'auteur est un demandeur d'asile soudanais, sans doute islamiste. »
- 9:53Invité politiqueFait
« Clairement, il faut dire que ce Soudanais était arrivé en 2016. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Nicolas Dupont-Aignan17 %
- ?4 %
≈ 25,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour
Gérard Leclerc.
Le coronavirus a déjà fait 8000 victimes, 7000 personnes sont en réanimation, mais on semble approcher du pic de l'épidémie. Les hôpitaux sont toujours sous tension, il y a eu 550 malades qui ont été transférés. Est-ce qu'après les ratés du début, est-ce que vous n'avez pas le sentiment que pour l'instant, le système tient, que finalement ça fonctionne
?
Malheureusement, j'aimerais dire oui, mais tout ce qui me remonte du terrain est dramatique. Donc je crois qu'on n'est pas du tout dans l'effort nécessaire pour soutenir nos soignants et permettre non seulement de surmonter le pic qui arrive, vous avez raison, mais de préparer le déconfinement. Et parce qu
'il
faut bien comprendre une chose,
c
'est que si on ne tire pas les leçons des ratés dont vous avez parlé, vraiment dans les actes, pas en parole, en parole, oui, il y
a
un progrès, mais dans les actes, le déconfinement ne pourra pas avoir lieu ou alors donnera lieu à une reprise de l'épidémie. Donc moi je demande,
et
on ne peut pas me reprocher, depuis le 26 janvier, je demande qu'on prenne des mesures très fortes et je vais vous donner deux exemples. Premier exemple, ce sont les tests dans les EHPAD. Ce qui se passe dans nos EHPAD, les maisons de retraite pour les anciens, est abominable, indigne de notre pays, parce qu'on n'a pas testé et qu'on continue à ne pas tester tous les pensionnaires. Or, si on testait les pensionnaires, on pourrait les séparer.
Et
j'avais encore un directeur de maison de retraite de ma ville hier qui me disait, c'est insensé, on demande des tests, on ne les a pas. Donc premier point, il faut tester et donc renforcer la production. Et deuxième point, qui est absolument fondamental,
c
'est d'autoriser la mise sur le marché de la chloroquine, qui aujourd'hui est la seule solution pour limiter les dégâts. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement s'arc-boute alors que l'Italie, les Etats-Unis, Israël, le Maroc, laissent les médecins prescrire ce traitement. Alors il y a beaucoup d'autres choses, les masses, la
capacité hospitalière... On
va y venir progressivement. Mais donc je retiens que vous êtes pour une prescription générale de la chloroquine.
Non,
je ne suis pas pour une prescription générale, je ne
suis
pas médecin. Je suis pour que les médecins
qui
connaissent ce médicament et qui veulent le prescrire parce qu'ils estiment que c'est un bon moyen assez tôt, pas tard, mais tôt de le prescrire, puissent le faire. En pharmacie, avec ordonnance, chaque jour perdu est un crime. Chaque jour perdu est un crime. Je le dis, je le répéterai. Des dizaines de professeurs de médecine le réclament. Personne ne comprend pourquoi ce traitement pas cher, expérimenté depuis 50 ans dans le monde sur des millions, des dizaines, des centaines de millions de personnes, n'est pas laissé à l'autorisation des médecins qui sont des gens compétents. Je vais vous donner l'exemple.
Hier, mon directeur de maison de retraite me disait, on a des personnes en maison de retraite qui viennent d'avoir le Covid-19. On sait que personne ne les prendra aux urgences ni en réanimation. Personne.
Le
seul choix que j'ai, me disait-il, c'est de les laisser mourir ou d'essayer un traitement.
J
'ai un médecin coordonnateur dans mon EHPAD. Pourquoi on m'interdit de le faire
? Pourquoi
on le fait trop tard à l'hôpital
alors
qu'il faut le faire en amont ? Enfin, ce sont des questions graves. J'ajoute qu'il faut absolument retrouver une capacité nationale.
Je
suis indigné que le gouvernement ne nationalise pas l'usine Famar qui produit de la chloroquine, ne nationalise pas et ne remette pas en service l'usine Luxfer. Le ministre a dit qu
'il
ne le ferait pas. Il faut développer nos capacités de production nationales pour ne pas dépendre de l'étranger.
Le port du masque, il y
a
eu un changement de ligne au départ des autorités sanitaires et du gouvernement. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites qu'il faut rendre obligatoire, généraliser, rendre obligatoire le port du masque
?
Bien sûr. Vous vous souvenez comme on s'est moqué de moi partout parce que j'avais mis un masque fin février, début mars. Je l'avais mis à l'envers. Oui, bon alors. Mais en attendant, j'avais prévenu. Et pourquoi je l'ai fait ? Parce que, vous savez, c'est curieux quand même. À debout la France, on est un petit parti.
On
n'est pas non plus. On n
'a
pas les moyens de l'État. On a des experts. J'avais des informations de Hong Kong, Singapour. Dans tous ces pays-là, ils ont réussi à prévenir. Il n
'y a
même pas de confinement complet par le port du masque de chacun. Enfin, il n
'y a
pas besoin d'être polytechnicien, d'être un génie pour comprendre que le masque est indispensable. Alors qu'au début,
le
gouvernement l'est limité aux soignants. C'est normal. Et d'ailleurs, les soignants n'en ont toujours pas assez.
Mais il
faut produire nationalement les masques. Il ne faut pas compter sur les importations de Chine. Il faut remettre en service les usines textiles. J'ai proposé une mesure simple parce que je n'ai jamais fait une critique sans la sortir d'une proposition. La proposition est très simple. C'est qu'il faut que l'argent, que le gouvernement mette en place un fonds d'investissement, par la Caisse des dépôts, pour que des usines textiles, j'en ai trouvé dans les Vosges, mon responsable départemental a été les voir il y a un mois, des usines textiles sont prêtes à produire des masques. Mais faut-il qu'on leur avance l'argent
?
Les entreprises sont très affaiblies. Si l'État mettait des dizaines de millions pour que des entreprises textiles se reconvertissent, produisent des masques, on peut le faire. Ça prendra deux semaines, trois semaines. Mais c'est mieux que de dépendre de l'étranger. Il faut que chaque Français,
les
soignants d'abord, ensuite les EHPAD, les aides-soignantes, les infirmières, les médecins, on en est très loin. Et puis ensuite, chaque Français met des masques parfois artisanaux. Mais
donc, il y a une
généralisation du port du masque.
On
a
bien compris. Mais c'est déjà le
cas en Europe de l'Est.
Dans certains pays, en
Slovaquie
et en Slovénie notamment. Mais oui. Mais
qu'est-ce qu'on attend
? Dites-moi, vous parliez du déconfinement tout à l'heure.
Il
y
a
justement une polémique.
Il y a
Damien Abad qui a dit que ce mot est prononcé trop tôt, qu'il y
a
un risque de relâchement. Ou est-ce que vous pensez au contraire qu'il est logique, il faut absolument qu'on en parle et qu
'on
l'organise tout de suite
? Mais
je vais vous dire pourquoi il faut en parler. Parce qu'il faut prendre les Français comme des adultes. Et depuis cette crise, on leur ment en permanence parce qu
'on
les a infantilisés.
Et
c'est ça qui a cassé la confiance. La confiance, elle repose sur la franchise. Il faut dire aux Français une chose simple. C'est qu'on sortira du confinement quand le déconfinement sera prêt.
Et
on comprend mieux pourquoi on est confiné si on sait qu'on va en sortir. Enfin, il y
a
un moment, il faut arrêter de prendre les Français pour des idiots. Les Français voient très bien qu'on pourra sortir du confinement si celui-ci d'abord est bien respecté, ce qui n
'est
pas le cas. Deuxièmement, si on a les masques. Troisièmement, si on peut tester. Quatrièmement, si on contrôle nos frontières. J'ai reçu une information aujourd'hui, il n'y
a
toujours pas de contrôle sanitaire dans nos aéroports. En un mot, s'il
y
a un plan global qui a été fait, qui existe à Taïwan, à Singapour, à Hong Kong. Je veux dire qu'on a l'impression dans notre pays qu'on découvre quelque chose, qu'on est tout seul au monde. Il n
'y
a aucune fatalité. Simplement, les Français ont le droit de savoir qu'est-ce qu'on fait pour préparer le déconfinement. Comment on va le faire ? Quand il va arriver ? Et le gouvernement peut dire, je ne sais pas sur certains points. Moi, je ne demande pas au gouvernement de tout savoir.
Vous êtes très critique face au gouvernement. Est-ce que vous n'êtes pas en train d'instrumentaliser le coronavirus ? Quand on voit ce qui se passe à l'étranger, partout, les gouvernements ont des difficultés.
Non, ce n
'est
pas vrai.
En Angleterre, aux
Etats-Unis, en Espagne,
en Italie... Oui, on
parle toujours... Excusez-moi, j'ai une autre idée de la France. On parle toujours des pays... Le seul pays
qui s'en sort
bien, c'est l'Allemagne.
Oui, l'Allemagne qui a fait quoi ? Ce que je recommande depuis fin janvier. Et si on avait prévu, si on avait écouté, pas que moi, d'autres personnes, on n'en serait pas là. Et moi, je suis désolé. Heureusement qu'on a pu critiquer l'affaire des masques. Parce que je vous rappelle qu'il
y a
un mois, quand je disais qu
'il
faut des masques pour tout le monde, on me riait au nez et le gouvernement m'accusait de critique excessive. Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'il fait ? Il a changé de doctrine. Il n'a pas encore les masques, mais il a changé de doctrine. Donc ça veut dire que la critique est utile. Moi, je suis au contraire très surpris que dans notre pays, on est dans le verrouillage totalement. Je vous remercie de m'inviter. Mais un verrouillage médiatique, pas que chez vous, heureusement, mais dans beaucoup d'endroits, qu'on ne dit pas les choses et qu'on a infantilisé les Français qui n'ont plus confiance. Eh bien, je suis désolé, on est encore en démocratie.
À partir du moment où on propose quelque chose, moi, j'ai toujours proposé quelque chose. Je ne
fais
pas de procès d'intention. Je vais vous donner un exemple. Aux quatre réunions de Matignon auxquelles j'ai assisté, vous savez, les réunions des dirigeants politiques avec le Premier ministre, j'ai demandé pourquoi
on
ne remettait pas en place la pharmacie centrale des armées, qui est l'organisme du ministère des armées qui produit des médicaments, des principes actifs en cas de guerre et qui fonctionne aujourd'hui. Pourquoi on ne la relance pas ? Pourquoi on dépend de l'étranger pour le curare ? Je n'ai jamais eu une réponse du gouvernement. Une réponse. Même pas oui, non, jamais. Donc moi, je veux bien l'Union nationale, derrière les soignants, derrière ceux qui bossent.
Mais
je n'accepterai jamais qu'on se taise et qu
'on
mette des vies en danger. Si on avait fait les thèses dans les EHPAD, on n'aurait pas les qu'à tomber. Alors maintenant, on les fait. Je demande qu
'on
les fasse. Je demande qu'on nationalise des entreprises. Je demande qu'on investisse dans la production textile pour faire des masques et qu'on relaie les initiatives fabuleuses.
Vous
savez, les Français sont extraordinaires dans cette crise. Ils se battent. Mais notre boulot d'homme politique, c'est de les aider. Ce n
'est
pas de se taire et de laisser le massacre arriver. Parce que c'est ça qui se passe aujourd'hui.
Une question, Nicolas Dupont-Aignan, sur l'attaque au couteau de Romand-sur-Isère, qui a donc fait deux morts. L'auteur est un demandeur d'asile soudanais, sans doute islamiste. Vous avez mis en cause à ce propos la politique migratoire folle et dangereuse et en particulier le droit d'asile. Clairement, il faut dire que ce Soudanais était arrivé en 2016. Clairement, est-ce que ça veut dire qu'il faut arrêter complètement toute politique de droit d'asile ?
Bien sûr que non. Ce que je dis, c'est que la France nourrit, loge, aide avec l'argent des Français, des gens qui après viennent les tuer. Donc il
y a
un moment où il
faut
arrêter. Et quand je vois que Mme Belloubet, M. Macron ont libéré 7000 prisonniers depuis la crise du coronavirus, je dis qu'on marche sur la tête, c'est tout. Qu'on est un pays de fous, de fous furieux. Et il y
a
un moment où ça suffit. Voilà ce que je dis. Et vous savez, je dis ce que pensent les Français qui n'en peuvent plus. Alors, il
y a
la crise du coronavirus. La priorité, c'est d'aider nos soignants, c'est d'aider les gens qui se battent. Mais les problèmes, ils demeurent. Et cette crise, elle révèle malgré tout les failles de la société française. Et je vais vous dire, la première faille,
c
'est la lâcheté. La lâcheté de nos dirigeants depuis tant d'années. Ce
n
'est pas que ce gouvernement. Et il
y a
un moment où il va falloir que les Français réagissent.
Merci Nicolas Dupont-Aignan. Bonne
journée, bonne semaine.
Romain,
c
'est à vous.
Nicolas Dupont-Aignan