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interviewBFMTV· 15 février 2022 6 min

"Face à BFM" : Yannick Jadot était l'invité du débrief de l'émission sur Twitch

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Ah, et nous accueillons Yannick, nous allons accueillir Yannick Jadot, super, merci beaucoup. Ah, je vais aller prendre la chaise pour que Yannick Jadot puisse s'installer. Exactement. Non, je disais, voilà, le fait qu'Emmanuel Macron ne soit pas encore dans la campagne ne devrait pas empêcher les autres candidats de dérouler leurs idées, leurs programmes, leurs mesures, et puis même de débattre entre eux. Mais c'est vrai que ça donne quand même un petit côté, c'est comme si un des acteurs principaux n'était pas là dans un film, on dirait, que se passe-t-il. Donc la campagne démarra, c'est vrai, différemment. Après, ça ne saurait tard. Ah, et voilà Yannick Jadot qui nous rejoint.

Merci beaucoup. Merci beaucoup de nous rejoindre. On est en plein Twitch, donc avec tout un nombre considérable de personnes qui nous suivent, qui nous ont posé des questions qu'on a préféré vous poser à vous parce que c'était difficile pour nous de le faire, avec une question qui revient souvent au fond. Qu'est-ce qui vous distingue, Yannick Jadot, de Jean-Luc Mélenchon ? Alors, juste si je puis me permettre, il faut bien parler dans le micro pour que tout le monde puisse vous entendre.

1:01
Yannick Jadot

Écoutez, il y a des points sur lesquels on converge avec Jean-Luc sur un certain nombre d'objectifs environnementaux. Alors, c'est vrai qu'on n'a pas forcément la même vision pour les océans, notamment. Nous, on considère qu'au fond, il faut quand même protéger beaucoup les océans. Mais on a aussi des divergences sur l'Europe et sur la démocratie dans le monde. Moi, je considère que pour faire face aux grandes puissances économiques, qu'elles soient d'ailleurs des entreprises ou des puissances d'État, pour faire face aux dictatures, on a besoin d'une Europe forte, d'une France puissante dans une Europe forte.

Et quand j'entends Jean-Luc Mélenchon ne pas arriver à voter la reconnaissance du génocide des Ouïghours, ou considérer que le problème en Ukraine, c'est les États-Unis et pas Vladimir Poutine, on a des différences qui sont des différences importantes.

1:50
Présentateur

Il y a une autre question, c'est en ce qui concerne l'influence des réseaux sociaux dans la campagne, tout ce qui est TikTok, Instagram. C'est vrai qu'on ne voit pas beaucoup l'utilisation de ces réseaux sociaux pour l'instant dans votre campagne. Ça va venir ?

2:00
Yannick Jadot

Non, je trouve que là, je trouve taquine, parce qu'y compris tous les jours, j'ai une chaîne Twitch qui permet d'avoir des débats, qui permet d'avoir des invités. C'est une autre façon de traiter de l'actualité, de traiter de la campagne. Ça se passe aussi là, la campagne ? Oui, parce qu'en fait, vous avez beaucoup de personnes aujourd'hui qui ne regardent pas forcément BFM, ne lisent pas forcément le journal, écoutent la radio le matin ou regardent le JT le soir. Et donc, ça passe par les réseaux sociaux et notamment les jeunes qui ont d'autres formes d'affiliation, je dirais, en termes d'accès à l'information.

Et c'est important de les toucher parce que cette élection est essentielle, notamment pour eux qui vivront longtemps dans le monde qui vient.

2:48
Présentateur

Et TikTok, non ? Parce qu'on voit certains ministres qui se mettent sur TikTok maintenant.

2:51
Yannick Jadot

Oui, oui, j'ai vu. Écoutez, quand je vois certains ministres, notamment un ministre des Transports, la caricature qu'il donne de sa fonction sur TikTok, je ne suis pas sûr que ça serve la politique.

3:02
Présentateur

Est-ce que c'est dur une émission comme ça pour un candidat ?

3:05
Yannick Jadot

Il y a deux heures, c'est rythmé, surtout qu'on vous change d'interlocuteur ou d'interlocutrice toutes les 20 minutes, donc les gens arrivent frais sur le terrain. Et vous, voilà, vous vous enchaînez. Vous êtes chaud. Non, mais à la fois, c'est dynamisant parce qu'on est sollicité, parce qu'il y a une dynamique de l'émission, et puis c'est le résultat d'une préparation.

Ce n'est pas totalement un hasard si vous arrivez à tenir à peu près sur tous les sujets aujourd'hui, parce que c'est une préparation, c'est une préparation longue, c'est beaucoup de travail sur les sujets, et puis avec une volonté très forte pour nous, écologie, c'est de convaincre les Françaises et les Français que le temps de l'écologie est venu.

3:51
Présentateur

Et c'est une question qu'on ne vous a pas posée, que vous auriez aimé qu'on vous pose.

3:56
Yannick Jadot

On n'a pas parlé de l'hôpital, on n'a pas parlé des services publics, qui à mon avis aujourd'hui sont quand même au cœur de la réparation de la société, que j'appelle de mes voeux, parce que c'est ça aussi qui rassure. C'est le lien, vous savez, on voit bien dans le débat politique un petit côté où on se divise entre ceux qui veulent se projeter dans l'avenir et ceux qui valorisent le monde d'avant.

Mais le monde d'avant, moi, mes parents étaient instituteurs, le monde d'avant où les enseignants étaient respectés, reconnus, correctement payés, dans des bonnes conditions, on a envie de retrouver ce monde d'avant, pas pour retrouver l'école de la Troisième République, et pour retrouver des services publics qui permettent à chacune et à chacun de se voir respecter sa dignité, de s'épanouir, de s'accomplir dans le monde qui vient.

4:44
Présentateur

Et juste pour revenir sur, c'est ce qu'on se disait après aussi entre nous, qu'on a eu l'impression qu'il y a vraiment deux temps dans cette interview, un moment où vous étiez peut-être un peu plus sur la défensive au début et la deuxième partie un petit peu plus légère, ce n'est pas le bon terme, mais peut-être un peu plus détendue. Vous l'avez senti, vous aussi ? Vous avez senti que c'était vraiment en deux temps ?

5:00
Yannick Jadot

Vous savez, il y a une partie qui traite des questions de sécurité, des questions de migration, des questions de conflits à nos frontières, notamment en Ukraine. Ce sont quand même des questions extrêmement sérieuses, donc moi je tiens à ne pas en faire des objets d'amusement, je tiens à montrer que les écologistes ont des réponses très efficaces, de ce point de vue-là, très sérieuses, très crédibles. Voilà, après peut-être que finalement je suis, pour un écologiste qui est un peu contradictoire, peut-être que je suis un peu diesel.

5:35
Présentateur

C'est le diester, non ? C'est quoi le diesel écolo ? Non, je ne sais plus. Il n'y a pas de diesel écolo. Très bien. C'est comme le nucléaire vert, si vous voulez, il n'y en a pas non plus. D'accord. Juste pour terminer, sur quoi vous voulez mettre l'accent dans les semaines qui viennent ? Vraiment, s'il y a des deux, trois thèmes de campagne pour...

5:54
Yannick Jadot

On va présenter, un, déjà, le climat, parce que ça reste pour nous la priorité absolue. On a toutes et tous profité de Noël quasiment en t-shirt, c'est très agréable, mais c'est un symptôme dramatique du dérèglement climatique. Donc, on va rester là-dessus et puis davantage articuler un grand plan de réindustrialisation autour de ces enjeux de responsabilité environnementale et sociale. L'industrie qui était la thématique par laquelle vous avez commencé. L'accompagne, absolument.

6:26
Présentateur

Merci, Yannick Jadot. Merci.