THOMAS MÉNAGÉ : « On a supprimé 31 000 lits d'hôpital depuis 2017 ! » (TF1)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a raison de faire la police d'une certaine manière ?
- 0:46RelanceRéponse directe
Il dit d'ailleurs qu'il envisage d'annuler le festival Solidaire ou la marche des fiertés demain à Paris, il faut le faire pour protéger nos hôpitaux ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Vous êtes inquiet ? Vous avez la crainte qu'on ne soit pas capable de faire face dans les prochaines heures à l'hôpital ?
- 2:10ComplaisanteRéponse directe
Le Premier ministre a dit qu'il allait avoir un doublement de l'enveloppe pour la rénovation des hôpitaux. Il y a des moyens qui sont mobilisés.
- 2:30RelanceRéponse partielle
Il aurait dû prévoir, malgré tout, pour vous, ce record que personne n'avait jamais vu ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Vous considérez que vous êtes prêt et que vous seriez prêt si vous étiez au pouvoir demain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45Invité politiqueChiffre
« on a supprimé 31 000 lits depuis 2017, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« l'État a reconstruit à Nantes un centre hospitalier qui coûte un peu plus d'un milliard, je crois, sans même la climatisation de la totalité »
- 4:55Invité politiqueChiffre
« Premier mandat, 10 milliards d'euros »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« 10 et 10 »
- 5:14Invité politiqueChiffre
« on perdrait entre 2026 et 2030 240 milliards de recettes fiscales et de productivité quand il y a une augmentation de la température »
- 7:34Invité politiqueChiffre
« on pèse 1% »
- 7:36Invité politiqueChiffre
« 50%, c'est la Chine, c'est l'Inde, c'est les États-Unis »
Temps de parole
- Thomas Ménagé68 %
- Présentateur32 %
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7h35, bonjour Adrien Gindre. Bonjour Brest. Votre invité ce matin, Thomas Ménager, député Rassemblement National du Loiret. Bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci à vous. Une canicule record, on vient de le voir à l'instant en match des bleus ce soir. Il y a même la finale du top 14 en rugby demain. Ce qui fait qu'à Paris, le préfet de police a décidé d'interdire la consommation d'alcool sur la voie publique dès midi aujourd'hui. Même la vente a emporté à partir de 18h. Est-ce qu'il a raison de faire la police d'une certaine manière ?
Nous, Rassemblement National, on pense que les gens sont responsables. On est pour la responsabilisation des Français seulement. Mais malheureusement, quand on est dans une situation catastrophique comme on connaît actuellement, avec un risque pour la santé publique, des urgences qui sont déjà en train de monter en charge et qui vont monter en charge ce week-end, je pense que c'est une mesure de bon sens que de protéger tous ceux qui vont aller faire la fête pour que ça se passe dans les meilleures conditions possibles malgré le climat.
A tel point qu'on puisse, il dit d'ailleurs qu'il envisage, annuler le festival Solidaise ce week-end ou la marche des fiertés demain à Paris, il faut le faire pour protéger justement nos hôpitaux ?
Là encore une fois, pareil, même logique. Voilà, s'il y a un risque, et on le sait, il y a un risque, puisqu'en fin de semaine, il va y avoir un décalage et il va y avoir de plus en plus d'entrées à l'hôpital. C'est triste pour les organisateurs. Moi, j'ai pensé, pour tous les bénévoles, mais partout en France, là, on pense de ces gros événements, mais il y a partout, dans tous nos villages, dans toutes nos communes, énormément d'événements qui vont être annulés. Il faut essayer de les reporter. Il faudra aussi que l'État soit souple pour essayer de reporter, redonner les autorisations, si malheureusement, on doit en venir à l'annulation.
Et ça veut dire que pour vous, même si hier, le Premier ministre a décidé de monter encore d'un cran dans ce qu'on appelle le plan Orsan, c'est-à-dire le plan de mobilisation du système de santé, vous, vous êtes inquiet ? Vous avez la crainte qu'on ne soit pas capable de faire face dans les prochaines heures à l'hôpital ? C'est vrai qu'on voyait dans le journal à l'instant, il y a, c'est factuel, une hausse, une multiplication des passages aux urgences ou des appels à SOS médecins.
On parle de l'impréparation face à ces canicules, mais il y a aussi globalement l'impréparation à l'hôpital parce qu'on a supprimé 31 000 lits depuis 2017, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron, que les hôpitaux sont en tension tout le temps. Chaque été, il y a des hôpitaux, avant même qu'il y ait une canicule, qui sont fermés, des services qui sont fermés. Et donc, il faut protéger les soignants. Là, on va avoir un peu comme pendant le Covid, il faut avoir une pensée pour tous les soignants qui vont en baver et qui vont, en final, essayer de rattraper le manque d'investissement, le manque de moyens à l'hôpital. Et donc, oui, on peut être inquiet pour ce week-end notamment.
Alors, je précise que pour l'hôpital, le Premier ministre, hier, a dit qu'il allait avoir un doublement de l'enveloppe pour la rénovation des hôpitaux. Il y a des moyens qui sont mobilisés. Le chef de l'État s'est défendu, plus globalement hier, à l'occasion d'une prise de parole. Il dit, il y a un gros travail qui a été fait, mais on ne s'adapte pas à un pic qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe et qui n'a jamais eu d'équivalent dans notre histoire. Il aurait dû prévoir, malgré tout, pour vous, ce record que, factuellement, personne n'avait jamais vu ?
Non, mais bien entendu que, peu importe ce qui aurait été fait par Emmanuel Macron, il y aurait toujours encore un certain nombre de trous dans la raquette. Il faut aussi être sincère, ça va prendre du temps. Mais quand on voit qu'on reconstruit, que l'État a reconstruit à Nantes un centre hospitalier qui coûte un peu plus d'un milliard, je crois, sans même la climatisation de la totalité que j'ai coûté, on a encore... Il y a une climatisation dans certains secteurs, du rafraîchissement dans d'autres.
Voilà, mais à un moment, on voit bien que quand on est sur ces niveaux de canicule et dans les années à venir, il faut climatiser la totalité qu'on a acheté encore ces dernières années des ambulances non climatisées. Il y a quand même eu un manque d'anticipation, mais rénover la totalité, tout changer, dans tous les cas, ça prendra du temps d'adapter notre vie, d'adapter notre logement, d'adapter nos mobilités. Mais il faut aujourd'hui voir les choses clairement, il faut mettre le paquet sur le sujet.
Mais vous, vous considérez que vous êtes prêt et que vous seriez prêt si vous étiez au pouvoir demain. Ça fait des jours que le RN parle de son plan climatisation. Il y a quelques jours, à votre place, c'était le député RN Jean-Philippe Tanguy qui faisait ses calculs à voix haute. Si on fait l'addition, on arrive quand même à un plan qui coûte entre 30 et 200 milliards. Je dis entre parce que les fourchettes données par Jean-Philippe Tanguy lui-même sont gigantesques. On est capable de financer entre 30 et 200 milliards pour la clim ?
Alors déjà, je vous rassure parce que c'est vrai qu'on a besoin encore de clarifier un certain nombre d'éléments. C'est pour ça qu'on tiendra une conférence de presse avec Jean-Philippe Tanguy mardi prochain pour que tous les chiffres soient donnés précisément. Il y a deux manières. Il y a la question de combien ça va coûter et comment on le finance. Nous, on le finance pas par de l'argent magique, par des subventions que l'on va donner. C'est ce qu'on fait avec MaPrimeRénov' depuis maintenant plusieurs années, avec des objectifs qui ne sont pas à la hauteur, mais par des prêts verts à 0% de long terme. C'est-à-dire que l'État, en fait, n'a pas à payer le capital.
L'État paye les intérêts sur les marchés. Et donc, la différence entre ce que vous empruntez et quand vous prêtez à tout zéro. Pour donner la possibilité, quelles que soient vos ressources, d'emprunter pour pouvoir, sans même payer d'intérêt, et sur du très très long terme, pour pouvoir adapter votre habitation, c'est-à-dire à la fois faire de la rénovation énergétique, mais aussi de faire des adaptations, c'est-à-dire mettre la climatisation.
Mais quand c'est sur des petits montants, Thomas Ménager, ce que vous expliquez, ça peut se comprendre. Là, Jean-Philippe Tonguille dit même, on gagnerait de l'argent. On gagnerait 200 milliards à compenser ? Je vais vous expliquer.
Globalement, on le détaillera, mais il y aura un plan en deux temps. Premier mandat, 10 milliards d'euros. On détaillera, ça veut dire que ce n'est pas encore totalement clair. 10 milliards d'euros. Non, mais on le fera mardi, parce qu'il me faudrait 20 minutes, si vous m'invitez plus longtemps. 10 milliards d'euros sur le premier mandat pour les publics vulnérables. Crèche, école, EHPAD, hôpitaux, et tout le reste des bâtiments publics sur le second mandat. 10 et 10. Après, aujourd'hui, ce qu'il faut voir, c'est que la canicule, elle coûte.
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est une étude d'alliance que j'invite tout le monde à consulter, qui dit que l'on perdrait entre 2026 et 2030 240 milliards de recettes fiscales et de productivité quand il y a une augmentation de la température. Donc ce que l'on va peut-être dépenser d'un côté, d'un premier côté, on va le regagner parce qu'on va éviter des pertes fiscales très importantes et de productivité. Vous savez que gouverner, c'est prévoir, c'est anticiper, c'est investir, et ça, c'est des bons investissements, c'est du bon endettement, puisqu'au final, ils permettent de rapporter ou de moins coûter pour l'avenir.
On verra mardi. De manière plus anecdotique, le ministre du Travail, cette semaine, était interrogé sur la manière de s'habiller pour aller travailler, notamment sur le port du Bermuda pour les hommes. Il dit, à Bermuda et Bermuda, je le cite, si c'est un joli Bermuda bien coupé et une chemisette qui a de l'allure, avec des chaussures qui vont avec, je pense que c'est tout à fait possible. Vous, vous êtes Bermuda, pas Bermuda, quelles règles vous imposez à vos collaborateurs, par exemple ?
Je ne vais pas donner des conseils ce matin, mais ce qui est certain, c'est qu'il a raison, il faut adapter nos horaires, il faut adapter ce qu'on peut accepter dans une entreprise en termes de tenue vestimentaire. Je l'ai fait pour nos collaborateurs, on leur a dit, mais attendez, vous venez en mode cool s'il y a besoin. Tout le monde s'adaptait. À l'Assemblée nationale, on a dit qu'il y avait la possibilité de faire tomber la veste, et c'était logique. Donc il va falloir que tous nos modes de vie, ce qui était un peu, dans certains, cerveau un peu fermé, parce qu'on avait l'habitude de se dire, il faut être en telle tenue.
Quand on ne peut plus tenir en costume cravate, bien entendu, pour en mettre une tenue plus légère, ça semble du bon sens.
Vous disiez à l'instant, on luttera contre les effets du réchauffement climatique avec la clim, par exemple. Est-ce que vous considérez, si vous êtes au pouvoir demain, que vous devez lutter également contre ces causes ? Est-ce que demain, vous nous direz...
Non, mais c'est essentiel, ça serait suicidaire. Et pourquoi on peut faire un plan climatisation en France ? Uniquement parce qu'on a de l'électricité décarbonée. On serait un pays qui crée de l'électricité, notamment en brûlant du gaz ou du pétrole, ce qui se passe malheureusement dans les pays du Golfe. Ça serait suicidaire, parce que tu te fais plaisir, tu te refroidis pendant quelques années, mais à un moment, la planète, elle ne va pas être en capacité de se refroidir.
Ne contestez pas ou ne contestez plus qu'il y a un dérèglement climatique de régime humaine qu'il faut combattre.
Aujourd'hui, il faudrait vraiment être fou pour dire qu'il y a un dérèglement, un réchauffement climatique lié à l'homme et qu'il faut le combattre avec deux jambes. Un, on réduit pour éviter que ça s'accentume. Mais ça, n'oublions pas une chose, c'est qu'on pèse 1% et 50%, c'est la Chine, c'est l'Inde, c'est les États-Unis. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire notre maximum, mais malheureusement, on ne sera pas seul et ça ne sera pas comme le nuage de Tchernobyl, ça ne s'arrêtera pas les gaz à effet de serre aux frontières et le réchauffement climatique.
Et puis après, malgré tout, comme on n'ira pas assez vite pour le réduire, il faut s'adapter et faire en sorte qu'on puisse vivre sur notre planète. Merci beaucoup, Thomas Lénagy. Merci à Adrien Jeanne.
Thomas Ménagé