Mobilisation du 17 octobre : entre 200 et 300 casseurs et "un niveau de violence inédit" à Poitiers, selon le maire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse partielle
Quels sont les dégâts aujourd'hui ? Est-ce qu'ils sont chiffrés ?
- 1:23RelanceRéponse directe
Comment garantir le droit de manifester malgré les casseurs ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Comment vous positionnez-vous face aux gaz lacrymogènes sur des manifestants pacifiques ?
- 3:13RelanceRéponse partielle
Le dispositif policier était-il à la hauteur ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous la défaillance de renseignement et d'anticipation ?
- 5:13RelanceRéponse directe
Fallait-il utiliser LBD et grenades assourdissantes face à la situation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Non, ils sont en cours d'évaluation, effectivement. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Les casseurs, ils ne font pas seulement du mal au centre-ville, ils font du mal aux manifestants et à la démocratie. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Très clairement, les policiers qui étaient là ont fait un travail difficile. »
- 5:00Invité politiqueFait
« force est de constater qu'un niveau de violence en marge du manifestation en centre-ville de Poitiers, c'est peut-être inédit à part éventuellement en 2009. »
- 5:22Invité politiqueFait
« ce que je constate, c'est qu'on avait un niveau de violence inédit à Poitiers dans le centre-ville par ses casseurs et que la police a dû, face à eux, répliquer et donc utiliser les outils qu'elle jugeait adaptés à la situation. »
Temps de parole
- Anthony Brottier58 %
- Présentateur39 %
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Ce matin, Morgane, on va revenir sur la mobilisation qui a agité le Poitou et toute la France. Hier, samedi, avant-hier samedi, on reçoit ce matin le maire de Poitiers. Bonjour, Anthony Brottier. Bonjour. Samedi, entre 4 et 6 000 personnes, selon les sources, ont manifesté plusieurs heures à Poitiers, pour l'essentiel dans le calme, avant que tout bascule, à cause notamment de petits groupes de casseurs. Déjà, quels sont les dégâts aujourd'hui ? Est-ce qu'ils sont chiffrés
?
Non, ils sont en cours d'évaluation, effectivement. Je n'aurais pas dit petits groupes, j'aurais dit des groupes assez conséquents, finalement. On estime entre 200 à 300 personnes qui sont venues, non pas pour manifester, et je fais bien la différence avec ceux qui ont manifesté pacifiquement, mais qui sont venues pour casser, pour voler, pour piller. Et donc, les travaux de ces jours-ci, c'est d'abord de sécuriser, puisque certains magasins avaient été sécurisés, ont été revandalisés dans la nuit de samedi à dimanche,
un
peu plus tard. Et puis après, d'évaluer, de voir quand est-ce qu'on peut envisager des réouvertures pour les commerces concernés.
Alors,
effectivement,
deux commerces notamment touchés. On a aussi des abribus tagués, voire cassés, des trottoirs abîmés. Quel dégât aussi pour la ville ?
Oui,
c'est exactement ça. Beaucoup de tags un peu partout dans le centre-ville. Donc, les équipes sont déjà à pied d'œuvre pour nettoyer tout ça. Il y
a
eu un gros travail de mobilisation des agents pour nettoyer l'espace public dimanche matin de bonne heure. Et puis, sécuriser les différents magasins.
C
'est tout ce travail-là qu'on doit mener, mais un peu avec la gueule de bois, je dois le dire.
Alors,
vous l'avez dit, entre 200 à 300 casseurs estimés, sur un cortège de 4 à 6 000 personnes, comment est-ce qu'on garantit malgré tout le droit de manifester ? Parce qu'on a un cortège qui, finalement, s'est retrouvé bloqué.
Oui, tout à fait. Les casseurs, ils ne
font
pas seulement du mal au centre-ville, ils font du mal aux manifestants et à la démocratie. Aujourd'hui, vous l'avez dit, de 14h jusqu'à 18h, la manifestation de samedi, elle s'est globalement bien déroulée. Elle a déambulé de Poitissus jusqu'au centre-ville avec, oui, près de 6 000 personnes dans le calme. Donc, c'est une vraie difficulté, aujourd'hui, de sécuriser. On voit bien, quand la manifestation est organisée, encadrée, il n
'y a
pas de difficultés majeures. Mais c'est vrai que ces manifestations, c'est devenu l'opportunité, non pas pour des manifestants, mais pour des casseurs, de venir pillés, dégradés. Et donc, toute la vigilance dans les semaines à venir, ça va être de pouvoir garantir ce droit de manifester.
Alors, Anthony Brottier, justement, je voudrais vous faire entendre des jeunes manifestants qui étaient à l'avant du cortège devant la préfecture de Poitiers samedi. C'était assez pacifique au départ et où on a commencé à se faire gazer pour rien, quoi. En fait, on
a commencé à se faire gazer, il y avait plein d'enfants, de familles et tout. Et du coup, en plus, ils bloquaient les rues pour qu'on aille vers un endroit. Mais du coup, il y avait des enfants qui se faisaient gazer.
Ce type de témoignage, on en a reçu beaucoup, y compris d'auditeurs. Nos équipes aussi ont pu le constater, vers 16 heures avant que la situation dégénère, il y
a
eu des sommations que certains jugent à peine audibles, des tirs incompris dans le cortège de gaz lacrymogènes. En tant qu'élu, comment vous vous positionnez par rapport à ça
?
Ce n
'est
pas acceptable que des personnes qui soient venues manifester pacifiquement, parfois avec des enfants, se retrouvent effectivement victimes collatérales de gaz lacrymogènes. Donc, on ne peut absolument pas se satisfaire de ça. Je n
'ai
pas encore pris connaissance du déroulé, des rapports sur le sujet. Et si à ce moment-là, déjà, des personnes s'étaient immissées dans la manifestation pour venir au contact des forces de l'ordre. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, dans le mélange entre les manifestants et les casseurs, on a des victimes collatérales et ça,
ce
n
'est
pas satisfaisant.
40 policiers présents avant-hier pour encadrer la manifestation, plus une dizaine de gendarmes arrivés en toute fin de journée en renfort. Est-ce que vous jugez, comme les maires de Limoges ou Paris, que le dispositif n'était pas à la hauteur ?
Très clairement, les policiers qui étaient là ont fait un travail difficile. Je les ai rencontrés le soir, ils étaient effectivement éreintés. Il ne
m
'appartient pas à moi, maire, de juger si c'était suffisant. Force est de constater, en tout cas, que ça a mis en difficulté le centre-ville. Et il est probable que si d'autres manifestations avec derrière ce même risque se réitèrent, il faut qu
'il
y
ait
un dispositif adapté.
Parce qu'effectivement, ce qui interpelle, c'est qu'on avait donc ce dispositif policier maintenu sur la préfecture, sur la place de la mairie, et ces pillages qui se sont faits presque en l'absence de force de l'ordre.
Oui, mais parce qu'on le voit bien quand il y a 4 à 6 000 manifestants et les effectifs de police sont largement suffisants tant que ça se passe bien. Après, on pourrait avoir 10, 20 policiers nationaux de plus. Quand on a 300 casseurs en face, c'est difficile.
Emmanuel Macron lui-même, ce matin, l'Elysée parle de défaillance, de renseignement, d'anticipation. Comment est-ce qu'on l'explique ? Comment est-ce que vous, vous l'expliquez sur le terrain au niveau local ?
Je crois qu'on a une vraie difficulté. Je pense qu'on avait rencontré ça en 2023 avec les émeutes. On a une partie de la population qui se saisit de chaque opportunité maintenant pour dégrader la ville, pour attenter à la démocratie. Il faut avoir conscience de ça et probablement être un peu plus vigilant sur chaque opportunité qu'on leur donne de venir casser ou payer.
Là, ça faisait des semaines quand même que cette mobilisation assez protéiforme sans syndicat organisateur précis était évoquée, circulait sur les réseaux sociaux. On a l'impression qu'élus et forces de l'ordre se sont laissés surprendre.
Je ne
sais
pas si on peut dire se laisser surprendre. Effectivement, on peut à posteriori dire que le dispositif n'était pas adapté vu le niveau des dégradations. force est de constater qu'un niveau de violence en marge du manifestation en centre-ville de Poitiers, c'est peut-être inédit à part éventuellement en 2009.
D'ailleurs, l'usage de LBD, de grenades assourdissantes du côté des forces de l'ordre,
c
'est aussi assez nouveau à Poitiers. Il fallait ça pour vous face à la situation qu'on a connue ?
Ce n
'est
pas à moi de juger de l'opportunité de...
Je vous demande en tant qu'OPG, puisque
en tant que maire, vous êtes
aussi officier de police judiciaire. Non, mais ce que je
constate, c'est qu'on avait un niveau de violence inédit à Poitiers dans le centre-ville par ses casseurs et que la police a dû, face à eux, répliquer et donc utiliser les outils qu'elle jugeait adaptés à la situation. Ce qui est sûr, c'est que ce niveau de violence en centre-ville, on ne l'a jamais connu.
On
voit déjà, dans certaines grandes villes, notamment Paris, des appels à se retrouver dès ce samedi, à nouveau. Comment est-ce que vous vous anticipez, comment est-ce que vous vous organisez en lien avec les services de l'État ?
Évidemment, j'espère qu'il y
aura
une plus grande vigilance si vous venez à se renouveler le week-end prochain. Donc, on va être en lien avec la préfecture, on l'a été, vous vous en doutez, tout le week-end, à la fois pour que le dispositif soit adapté, permettre aux manifestants d'exercer le droit de manifester en toute sécurité et puis prendre toutes les précautions nécessaires. Si des casseurs devaient revenir se greffer sur ces cortèges.
Et suite à ces débordements, à ces violences, justement, il y a un appel à se rassembler aujourd'hui devant les mairies partout en France qui a été lancé par l'Association des maires de France. Pour Poitiers, c'est en cours de calage, est-ce qu'on a déjà l'heure ?
Oui, on est en train de caler, si on le fait en fin de matinée ou en fin de journée, pour répondre à cet appel. On a vu que de nombre de villes ont été victimes et je crois que c'est important de se rappeler ce qui nous rassemble.
Merci beaucoup, Anthony Braoutier, maire de Poitiers. Je rappelle donc ce que vous nous avez indiqué, environ 200 à 300 casseurs, selon les estimations, en marge de la manifestation samedi à Poitiers, sur un cortège de 4 à 6 000 personnes qui tentaient de manifester calmement. Merci beaucoup à vous tous les deux.