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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 9 janvier 2022 26 min

Manifestations contre le pass vaccinal, télétravail dans la fonction publique, grève des enseignants... le "8h30 franceinfo" d'Amélie de Montchalin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bienvenue à tous, le 8.30 France Info sur France Info Radio, le canal 27 de la TNT. On est avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour Racine, bonjour à tous. Notre invitée ce matin est la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, Amélie de Montchalin. Bonjour à vous. Bonjour. On va commencer par la mobilisation des antipasses, qui a connu hier un rebond très net. Plus de 100 000 manifestants dans toute la France selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Est-ce qu'Emmanuel Macron, par ses propos dans Le Parisien sur ses Français qu'il souhaite, je cite, emmerder, a jeté de l'huile sur le feu ?

Avant d'entendre votre réponse, écoutez le commentaire de Valérie Pécresse, candidate Les Républicains à la présidentielle, hier à son siège de campagne.

0:47
Locuteur non identifié

Si le Président s'autorise à emmerder, comme il dit, les Français, pourquoi les Français respecteraient-ils l'État ? Pourquoi les Français se respecteraient-ils les uns les autres ? Emmanuel Macron alimente le rejet de toutes les figures d'autorité. Il fracture le pays. Il divise les Français.

1:09
Présentateur

Le Président de la République est-il allé trop loin ? A-t-il joué les pompiers pyromanes, finalement, en utilisant ce mot ?

1:17
Locuteur non identifié

D'abord, je pense qu'il fallait tirer la semaine d'alarme. Et ça fonctionne, puisque nous avons augmenté la semaine dernière très significativement, à la fois le nombre de rappels, mais surtout le nombre de primo-vaccinés. C'est-à-dire des gens qui n'étaient pas vaccinés du tout et qui sont allés se faire vacciner. C'est déjà plus de 230 000 personnes depuis le début de l'année. C'est plus de 60 000 personnes par jour. On a 53 millions aujourd'hui de Français qui ont reçu au moins une première dose. Et ça, c'est l'objectif, c'est de protéger.

Ensuite, le Président, et les Français le savent, il veut protéger tout le monde, y compris peut-être même ceux qui n'ont pas au départ envie d'être protégés, mais c'est notre responsabilité. On ne va pas laisser des personnes se mettre en danger. Vous savez qu'on a un principe qui est...

1:59
Présentateur

C'est le sens du mot qu'il a employé, vous pensez ?

2:00
Locuteur non identifié

Non, le sens de tout ça, c'est quoi ?

2:02
Présentateur

C'est le sens du mot « emmerder », ça veut dire « je vous protégerai malgré vous ».

2:06
Locuteur non identifié

Non, c'est de dire, nous devons absolument, et l'échange avec les infirmières fatiguées, nous devons aller à fond sur la vaccination, nous devons continuer à avoir les gestes barrières. Nous avons fait le choix du pass, et c'est une politique qui est à la fois efficace, qui est proportionnée, qui est claire, qui est assumée.

2:22
Amélie de Montchalin

Mais à fond sur la vaccination quand même, Amélie de Monchelin, je me permets de vous interrompre une seconde. L'Inserm, cette semaine après les propos du Président de la République, a rendu publique une étude selon laquelle 40% des 4,7 millions de Français qui ont vacciné n'ont en fait tout simplement pas accès au vaccin. Ce n'est pas une volonté de leur part de ne pas se faire vacciner, c'est tout simplement qu'ils n'ont pas accès à un moyen de se faire vacciner.

2:45
Locuteur non identifié

C'est ça notre combat ?

2:47
Amélie de Montchalin

Alors pourquoi les emmerder ? Pourquoi ne pas rendre le vaccin plus accessible ? Pourquoi ne pas les chercher pour se faire vacciner ?

2:52
Locuteur non identifié

Qui est-ce qui est derrière ? Vous avez tous ces Français-là, évidemment on a une responsabilité, et on continue, et les médecins traitants, les entourages, les pharmaciens, la grande proximité c'est essentiel. Vous aviez hier dans la rue des hommes et des femmes qui se disent politiques, Florian Philippot et d'autres, qui appellent à la manifestation, qui sont des anti-vax, qui sont des complotistes, qui mettent en danger la vie des uns et des autres sous couvert de pseudo-théories. Objectivement, ces gens-là sont dangereux pour la nation, ils sont dangereux pour la santé des Français. Et puis, Mme Pécresse ne parle pas d'autorité.

Moi j'ai quand même un problème, je crois personnel, que les Français ont dû voir. Comment vous pouvez considérer aujourd'hui que dans votre propre parti, les Républicains, quand vous êtes une candidate à la présidentielle, que vous faites des discours sur justement l'autorité, la clarté, la cohérence qu'il faudrait, si on écoute Mme Pécresse, être évidemment quand on l'écoute, pour le pass vaccinal. Et avoir ce même parti, les Républicains, qui pendant trois jours ont donné un spectacle de coups politiques, d'obstruction parlementaire, de débats qui étaient instrumentalisés pour à la fin avoir quoi ? Un parti qui n'est pas capable de suivre sa chef.

D'avoir un parti qui s'est divisé en trois. Alors, un tiers du groupe des Républicains à l'Assemblée, la semaine dernière, a voté pour le pass vaccinal et pour la loi. Un tiers a voté contre. Et un dernier tiers, c'est à la fin.

4:16
Amélie de Montchalin

Alors justement, le pass vaccinal arrive au Sénat demain, à la Commission des lois, puis en séance mardi. Est-ce que vous vous attendez à ce que les débats soient aussi tendus ? Bruno Retailleau, le patron du groupe LR au Sénat, a indiqué que le groupe allait voter pour.

4:33
Locuteur non identifié

Oui, donc, c'est pour ça que quand on nous parle d'autorité, Mme Pécresse, je pense qu'il y a beaucoup à balayer dans son propre camp. Moi, ce que j'attends du Sénat, c'est que, comme depuis le début de cette crise, nous fassions pleinement jouer la démocratie. C'est parce que nos mesures sont démocratiquement votées, qu'elles sont fortes, qu'elles sont légitimes. C'est le douzième projet de loi. Et moi, j'attends une chose au Sénat, c'est que les débats ne soient pas instrumentalisés. C'est normal qu'il y ait du débat. C'est tout à fait normal. C'est normal que les parlementaires puissent faire des propositions.

C'est d'ailleurs normal et c'est nécessaire que le gouvernement puisse y répondre. Et ensuite, il y a parfois des ajustements. On n'est pas, vous avez vu, dans l'Assemblée, bien que l'ambiance ait été particulièrement instrumentalisée et peu productive, les choses ont évolué. Donc, ce que j'attends du Sénat, c'est que la démocratie joue pleinement son rôle, que ce soit un débat et pas du théâtre.

5:21
Présentateur

Simplement, Amélie de Montchalin, vous n'avez pas répondu sur la question initiale, c'est-à-dire la mobilisation hier, plus de 100 000 personnes dans les rues. Est-ce que c'est, d'après vous, la conséquence directe des propos du président de la République ?

5:31
Locuteur non identifié

Écoutez, 100 000 personnes, 66 millions de Français. 100 000 personnes, effectivement, 4,5 millions de Français encore vaccinés. Donc, c'est légitime, toujours, dans notre pays, de manifester. Ce qui est moins légitime, c'est d'instrumentaliser, c'est de mettre en danger la santé des Français. C'est de considérer qu'il y aura un grand complot, c'est de considérer que nous soyons en dictature. Et donc, soyons très, très lucides, le combat, il est où ? Le combat, il est de protéger les Français. Moi, juste, si vous me permettez, je voudrais qu'on n'oublie pas de quoi on parle. Parce que j'ai parfois l'impression qu'on a des débats totalement désincarnés.

On parle d'une maladie qui a fait 130 000 morts. On parle de 3 800 personnes, aujourd'hui, qui sont dans des réanimations. On parle des millions de soignants dans notre pays, de toute la communauté soignante qui s'est mobilisée, qui est épuisée. On va venir à la vague épidémique. Je disais, nous avons un devoir, aujourd'hui, aussi, de nous rappeler que nous parlons de vie et de mort. Absolument. Nous parlons de santé. On n'est pas juste là dans un débat, parce que sous prétexte de faire de la politique,

6:24
Amélie de Montchalin

on pourrait utiliser le Covid. Amélie de Monschalin, on va venir à la vague épidémique, juste après le rappel des titres. Mais dans l'immédiat, vous disiez, il faut respecter la démocratie, on respecte les provisions. Les sénateurs veulent introduire dans le pass vaccinal une clause de revoyance, une clause de péremption. C'est-à-dire que ce pass ne s'applique pas forcément des mois et des mois, mais s'applique en fonction de l'évolution de la crise sanitaire. D'accord, pas d'accord ?

6:48
Locuteur non identifié

On verra la nature du débat. D'accord, pas d'accord ? Je ne sais pas comment est écrit l'amendement, et je ne sais pas si c'est pour nous faire revenir tous les mois au Sénat, ou si c'est pour nous dire une chose qui est du bon sens. Mais est-ce que ce n'est pas frappé au coin du bon sens, justement ? Mais le bon sens, c'est quoi ? C'est que oui, quand le Covid sera parti, on n'aura plus besoin de suivre.

7:03
Amélie de Montchalin

Mais pourquoi ne pas l'inscrire dans la loi ?

7:06
Locuteur non identifié

Je ne connais pas la nature du débat. Mais là aussi, pas de complot. N'inventons pas des fausses polémiques. Évidemment, évidemment, le jour où cette épidémie sera derrière nous, nous n'aurons plus à nous faire valider des passes tous les matins.

7:18
Amélie de Montchalin

Une dernière question importante, compte tenu des débats autour de ce pass vaccinal. Est-ce que vous souhaitez, ou est-ce que le gouvernement va saisir le Conseil constitutionnel à l'issue du vote des assemblées ?

7:30
Locuteur non identifié

Je n'ai pas d'annonce à vous faire, mais vous savez très bien. Et d'ailleurs, c'est ça qui rend à nouveau nos mesures fortes et légitimes. Nous n'avons pas peur ni de la Constitution, ni de la démocratie. Donc ça serait bienvenu ? Et donc, évidemment, évidemment, si c'est la décision qui a été prise, le pass sanitaire a été validé par le Conseil constitutionnel. Et donc là aussi, pas de fausses polémiques. Nous ne nous cachons pas, nous assumons, nous respectons la démocratie, nous respectons l'état de droit.

7:55
Amélie de Montchalin

Ce qui n'est pas ça la question. La question, c'est savoir si le gouvernement devait saisir le Conseil constitutionnel.

7:59
Locuteur non identifié

En général, c'est le Premier ministre qui fait ce genre d'annonce et c'est à sa main.

8:02
Présentateur

Amélie de Montchalin, invitée du 830 France Info. On reprend cette discussion juste après le Filinfo. 9h moins 20, Diane Ferschit.

8:08
Invité

La perspective de la prochaine entrée en vigueur du pass vaccinal voulue par le gouvernement remobilise ses opposants. Ils étaient plus de 100 000 hier réunis dans tout le pays. 18 000 personnes, notamment à Paris, dans trois cortèges distincts. Dix interpellations et trois policiers blessés dans la capitale. Dans le reste de la France, ce sont là 24 personnes qui ont été interpellées. Un regain de participation quelques jours à peine après les propos du chef de l'État à l'encontre des non-vaccinés. Pour ce qui est de la situation sanitaire, le nombre de nouveaux cas quotidiens s'établit à plus de 215 000 en moyenne ces sept derniers jours. Dans les pharmacies, c'est la surchauffe.

Plus d'un million de tests antigéniques sont réalisés par jour. Une réponse sévère à toute nouvelle agression russe contre l'Ukraine. C'est ce que promettent les États-Unis. Alors que pour parler entre les deux pays, commence ce soir à Genève. Moscou se dit ce matin déçu par les signaux envoyés par Washington avant ces discussions et prévient qu'il n'y aura pas de concessions. Le choc en Ligue 1 de football ce soir. L'OL reçoit le PSG à 20h45. Les Parisiens sont les leaders incontestés du classement. Ils affichent 22 points d'avance sur les Lyonnais. Un PSG privé de ses supporters ainsi que de Lionel Messi, l'attaquant star contaminé par le Covid pendant les fêtes.

Et puis c'est aussi le début de la 33ème Coupe d'Afrique des Nations. Elle se déroule au Cameroun. Le Cameroun qui affronte en ouverture le Burkina face au coup d'envoi à 17h.

9:26
Présentateur

France Info. La ministre Amélie de Montchalin est l'invité du 8.30 France Info. Ce matin, à propos de cette vague épidémique, Amélie de Montchalin, plus de 300 000 nouveaux cas recensés en 24 heures en France. Les mesures prises par le gouvernement, les jauges, l'impossibilité de consommer debout dans les bars. Est-ce que c'est suffisant pour faire face à cette épidémie ? Écoutez ce qu'en a dit Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de la PHP. Il était mercredi l'invité de France Info.

9:57
Invité

On a des mesures de restriction qui sont modestes. On a le télétravail, mais je crois que ça ne concerne que 15% des Français, m'a-t-on dit. Le gouvernement, pour le moment, a considéré comme icon que ce n'était pas trop grave et que ça ne va pas durer trop longtemps et que ça va passer comme ça. C'est le constat que vous faites aussi. Moi, j'ai quand même un peu peur, pour vous dire les choses clairement, j'ai peur qu'il y ait quand même beaucoup, beaucoup d'affluence dans les services d'urgence et que ce soit un peu compliqué à gérer. Vous faites une drôle de tête, Amélie de Montchalin.

10:24
Locuteur non identifié

Oui, parce que sur le télétravail, je vous donne un exemple. Dans les services publics, aujourd'hui, ce sont la moitié de ceux qui travaillent dans nos services administratifs en dehors de Paris qui télétravaillent. Et on applique les trois jours comme dans le privé, voire les quatre jours.

10:39
Amélie de Montchalin

Au bout d'une semaine, ça veut dire combien de fonctionnaires sont en télétravail ? Puisque c'est depuis le 3 janvier que le télétravail est obligatoire.

10:45
Locuteur non identifié

Aujourd'hui, il y a entre 400 000 et 500 000 fonctionnaires de l'État qui peuvent télétravailler. Et donc, on s'assure qu'ils télétravaillent 3 à 4 jours, comme dans le privé, en tout cas le maximum. Après, dans le service public, je vais répondre ensuite, on a une obligation de continuité. Et j'y reviendrai parce que nous avons pris l'engagement, et c'est l'engagement du président de la République, que plus jamais nous ne vivrions la sidération du premier confinement avec des guichets fermés et des Français qui n'avaient plus de réponse.

11:14
Présentateur

Mais vous dites 15% des Français en télétravail, le chiffre que donne Rémi Salomon, c'est pas du tout ça, selon vous ?

11:19
Locuteur non identifié

Je pense qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que nous ne prendrions pas très au sérieux à la fois la menace épidémique, les enjeux de continuité de la vie et les enjeux, évidemment, de précaution. Nous sommes, et les hôpitaux le savent, en train d'anticiper, de nous préparer et d'appeler les Français à la plus grande vigilance. Vous voyez les chiffres. Faire une troisième dose de vaccin, c'est diviser par 6, par 7, par plus de 10, sa capacité à être contaminant, contagieux et surtout de ne pas aller à l'hôpital.

11:48
Amélie de Montchalin

Absolument. Amélie Melonchalin, vous dites anticiper. Par exemple, en Grande-Bretagne, on a appris cette semaine que le service public de santé allait mettre plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de lits devant les hôpitaux, éventuellement des lits, on va dire, temporaires, pour faire face à la plus de patients. Est-ce que la mobilisation est identique en France ?

12:09
Locuteur non identifié

Aujourd'hui, je crois que les Français doivent comprendre. Nous ne manquons pas de matelas, nous ne manquons pas de cadre de lit.

12:15
Présentateur

On ne manque pas de lit à l'hôpital ? On n'a pas fermé trop de lits d'hôpitaux ?

12:19
Locuteur non identifié

En fait, le sujet, ce sont les soignants. Notre pays, il faut bien comprendre, un lit d'hôpital, quand on parle d'un lit, on ne parle pas d'un matelas, on ne parle pas d'un meuble en bois. On parle d'une équipe de professionnels qui peuvent être à vos côtés, à l'hôpital, pour vous soigner selon vos besoins. C'est pour ça qu'un lit de réanimation, ça occupe beaucoup plus de monde qu'un lit de soins de suite. Tout notre système de santé, les cliniques privées, les cliniques associatives, ce qu'on appelle les soins de suite et de réanimation, les hôpitaux sont en train aujourd'hui d'anticiper, de se préparer à tous les scénarios. Est-ce que c'est un scénario avec plus de réanimation ?

Est-ce que c'est un scénario avec plus de lits occupés ?

12:57
Amélie de Montchalin

Il faut souligner aussi l'absentéisme chez le personnel soignant, par exemple, qui eux-mêmes, touchés éventuellement par Omicron, toujours en Vente-Bretagne, il y a des médecins militaires qui vont arriver, 200 déjà, dans une première vague, 200 à l'hôpital. Est-ce que vous, qui dirigez la fonction publique, vous avez fait une réunion, jeudi, avec l'ensemble des patrons de services publics ? Est-ce que vous prévoyez une mesure identique ? Et est-ce que, par exemple, ce qui se passe à l'hôpital, c'est-à-dire qu'un soignant peut travailler s'il est positif mais n'a pas de symptômes, est-ce que ça pourrait se répéter dans d'autres secteurs publics essentiels ?

13:34
Locuteur non identifié

Alors, la première chose pour rassurer les Français, je peux vous dire que l'armée, les médecins militaires, les infirmières militaires sont déjà mobilisés. Ils ont déjà été dans les hôpitaux publics, ils ont été dans les outre-mer. Aujourd'hui, on déploie, vous savez, des lits d'urgence. Et donc, aujourd'hui, l'armée est déjà mobilisée. Et elle est notamment une des forces, justement, qui permet d'adapter notre réponse en cas de besoin. Oui, jeudi, j'ai réuni, parce que, je vous le disais, la continuité du service public est absolue. Nous ne pouvons ni dégrader, ni fermer, ni laisser quiconque, aujourd'hui, sans réponse des services publics, et jeudi, tous les services publics.

Ça va, évidemment, des services sociaux, mais aussi aux services qui sont au soutien des entreprises, de services de justice...

14:14
Amélie de Montchalin

Quel est le nombre d'absents, aujourd'hui, parmi les fonctionnaires ?

14:17
Locuteur non identifié

En fait, on fait un suivi en continu. J'aurai, là, dans les tout prochains jours, la vision de ce qui s'est passé précisément la semaine dernière, parce que nous avons à faire un travail de suivi territoire par territoire, département par département, autour des préfets. Les chiffres, en moyenne, ne veulent pas dire grand-chose. Et effectivement, je dis... Vous n'avez pas d'indications ? Si, j'ai plein d'indications. Mais vous dire que tel service des impôts, à tel endroit, a effectivement beaucoup compté sur le télétravail, parce qu'à tel endroit, il y avait un peu plus de cas Covid qu'à tel autre, je ne suis pas sûre que ce soit exactement le sujet. Notre but, c'est quoi ?

C'est d'assurer cette continuité, et donc d'anticiper. Jeudi, j'ai réuni tous les directeurs de tous les services publics que les Français connaissent, pour que nous puissions nous préparer à toutes les éventualités. On a quatre engagements vis-à-vis des Français. D'abord, on les protège, on protège agents et usagers, pour s'assurer que les lieux où on se rencontre soient des lieux sûrs. Deuxième engagement, c'est un engagement d'être ouvert. D'être ouvert au guichet, d'être ouvert au téléphone, d'être ouvert par e-mail, d'être ouvert en horaire décalé, d'être ouvert. Ça, je crois que c'est un engagement que les Français voient.

Depuis juillet 2020, tous les services publics sont restés ouverts. C'est un combat quotidien que je mène avec tous mes collègues au gouvernement. Troisième engagement, c'est tenir les délais, ne prends pas de retard. Et quatrième engagement, il est majeur. C'est que les services publics, ils aillent au-devant des plus vulnérables, des plus âgés, des plus précaires. C'est ce qu'on appelle l'administration proactive, qui n'attend pas seulement que vous veniez. Ça, c'est une leçon de la crise. J'ai annoncé la semaine dernière une grande révolution pour qu'on puisse continuer et bien sûr, aller vers les personnes les plus en difficulté.

15:46
Présentateur

En dehors de la fonction publique, le ministre de l'économie a reçu un courrier des représentants des hôtels, des cafés, des restaurants qui demandent que le soutien de l'État intervienne à partir de 30% de perte de chiffre d'affaires, pas 50%. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est non ? Est-ce que le quoi qu'il en coûte est définitivement terminé ?

16:05
Locuteur non identifié

D'abord, on n'a pas mené une politique efficace, quoiqu'en dise ce justement qui, à droite, nous explique que le quoi qu'il en coûte, il aurait fallu ne rien faire. Une politique efficace parce que d'abord, les entreprises n'ont pas fait faillite, parce que l'emploi a progressé, parce que le chômage a baissé et que nous avons emmené le pays, malgré la crise, dans une situation aujourd'hui économiquement qui est meilleure qu'avant la crise.

16:26
Présentateur

Est-ce qu'il peut y avoir des aides supplémentaires de cet ordre ?

16:29
Locuteur non identifié

D'abord, évidemment qu'on soutient tous ceux et celles qui sont aujourd'hui en difficulté parce que l'activité est effectivement moins forte du fait des restrictions sanitaires. Je ne suis pas là aujourd'hui, comme le ministre de l'économie est en train de vous annoncer, les paramètres de l'aide. Mais on n'a pas emmené tout le pays jusque-là pour à un moment dire, sous le contexte que certains nous disent qu'on aurait cramé la caisse, pour dire « Désolé, maintenant on arrête ».

16:48
Présentateur

Donc le quoi qu'il en coûte...

16:50
Locuteur non identifié

Ce n'est pas du quoi qu'il en coûte, c'est ciblé, c'est adapté. Là aussi, vous avez des territoires où vous avez plus de Covid qu'ailleurs, vous avez des territoires où il y a plus de cas. Donc on fait du sur-mesure. Mais moi, le message que j'ai passé très fortement aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas fait tout ça pour tenir le pays, pour un moment donné, parce que certains ont des idéologies, ont de l'entêtement, et finalement on arrête tout. Donc Bruno Le Maire a, avec Jean-Baptiste Lemoyne, avec l'ensemble du gouvernement, un dialogue continu avec les TPE, PME, secteur de la restauration. On va évidemment le poursuivre. Et moi, je tiens à rassurer chacun, on protège, on accompagne.

17:24
Présentateur

On va faire une pause dans cette discussion pour retrouver. Diane Ferschit, c'est le fil info, il est 9h moins 10.

17:28
Invité

Quatre départements des Pyrénées placés en vigilance orange, pluie et inondation. Le département du Nord est lui en vigilance orange au cru à cause des pluies de la nuit dernière. Le nord-ouest du pays balayé aussi par de forts coups de vent. En Bretagne, 3 500 foyers sont toujours ce matin privés d'électricité. Le couvre-feu en Guadeloupe sera avancé dès demain à 20h au lieu de 22h. Décision de la préfecture face à l'évolution des contaminations sur place. Le variant Omicron représente désormais 100% des prélèvements sur l'île. Et ce rebond de la mobilisation anti-pass. Plus de 100 000 personnes ont manifesté dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur hier.

L'essentiel à Paris avec trois cortèges, mais aussi à Toulouse. Au total, 34 interpellations, 10 policiers blessés lors de ces manifestations. Le pass sanitaire qui doit devenir un pass vaccinal. Le projet de loi a été approuvé jeudi à l'Assemblée nationale. Il arrive à partir de demain au Sénat. L'envolée des contaminations qui oblige la SNCF à adapter la circulation de ces trains. A partir de demain, 10% des TGV seront supprimés. Ce sera le cas aussi de deux intercités sur 10 et de 90% des Eurostar. En cause également la chute des réservations à cause de cette crise sanitaire.

Quinze jours après son lancement, le télescope géant James Webb vient de franchir une étape importante avec le déploiement de son miroir principal, 6,5 mètres de diamètre. Il va pouvoir commencer dans un peu plus de cinq mois son exploration du cosmos.

18:54
Présentateur

Amélie de Montchalin, invité du 8.30 France Info, Jean-Jérôme Bertolus.

18:58
Amélie de Montchalin

A peine adopté ou à peine communiqué, le nouveau protocole sanitaire à l'école a changé. Les parents ont véritablement du mal à suivre. Les enfants a fortiori. Les syndicats estiment que l'école est prête de craquer. et appellent à une grève nationale la semaine prochaine, le 13 janvier. Est-ce que oui ? Est-ce qu'il vous semble qu'aujourd'hui, plus personne n'y comprend rien sur ce qu'il faut faire à l'école ?

19:24
Locuteur non identifié

Vous savez, moi j'ai trois enfants en classe primaire. Et donc je suis tout à fait à la fois sur ce sujet, comme une citoyenne, mère de famille, et comme effectivement une responsable politique.

19:34
Amélie de Montchalin

Ils se sont trouvés dans une classe où il y avait, par exemple...

19:36
Locuteur non identifié

Oui, j'ai dû faire tester deux de mes enfants cette semaine, puisqu'ils n'étaient qu'à contact.

19:38
Amélie de Montchalin

Donc deux fois, trois...

19:40
Locuteur non identifié

Donc on a parti sur le cycle de premier jour dans une pharmacie avec un tinsetor générique.

19:44
Amélie de Montchalin

Vous en avez trouvé facilement ?

19:45
Locuteur non identifié

Bien sûr. Ensuite, évidemment, il faut s'organiser, il faut trouver des rendez-vous. Il faut d'ailleurs remercier les pharmaciens d'être disponibles et mobilisés. Mais évidemment que la situation est compliquée. Elle n'est pas compliquée parce qu'on l'a rendue compliquée. Elle est compliquée parce que le virus rend la vie compliquée pour tout le monde. Maintenant, c'est quoi les alternatives ? Je voudrais qu'on réfléchisse ensemble parce que sinon, on a un débat là aussi complètement théorique. Est-ce qu'on referme toutes les écoles ? Je crois que l'ensemble des acteurs, qu'ils soient éducatifs, familiaux, se rendent bien compte que fermer les écoles, c'est beaucoup d'inégalités.

Ce n'est pas, objectivement, des apprentissages de bonne qualité. Et ce n'est pas quelque chose sur lequel on veut revenir. On en a fait une priorité nationale. Est-ce que c'est d'arrêter de tester ? Dans ce cas, ça veut dire...

20:24
Amélie de Montchalin

Non, non, non, non, non. Je vais vous dire l'alternative parce que vous n'allez pas la donner, j'ai l'impression. C'est ce que les syndicats veulent, par exemple, fermer une classe quand il y a un cas positif. Aujourd'hui, les syndicats, y compris les syndicats de médecins scolaires, disent « Attention, l'école n'est plus un lieu sûr pour les enfants. »

20:41
Locuteur non identifié

D'accord. Juste, j'entends ces propositions. Ça veut quand même dire à la fin que vous fermez beaucoup, beaucoup de classes. Vous avez aujourd'hui, juste qu'on donne les chiffres, 9 000 classes fermées sur 527 000 classes. Vous avez 55 000 élèves positifs sur 12 millions d'élèves. Donc, oui, c'est compliqué, mais ce qu'il faut retenir la semaine dernière, c'est que la majorité des élèves, la majorité des enfants ont pu aller en classe. Sinon, c'est quoi l'alternative, la troisième ? Si ce n'est pas tout fermé ou ne plus tester et donc potentiellement laisser l'épidémie se répondre encore plus. C'est de faire comme Mme Pécresse.

C'est de considérer, vous savez, que comme il y a un problème, on va le décaler. Donc là, elle nous a expliqué qu'la semaine dernière, il aurait fallu que les écoles soient fermées. Moi, je n'ai toujours pas compris quelle était la solution. Et comment demain, demain lundi, si on la suit, sur quels paramètres on réouvre ? Vous avez 300 000 cas aujourd'hui dans le pays. La semaine dernière, il y en avait aussi beaucoup. Ceux qui vous disent, au fond, il ne faut rien faire, le problème va partir de lui-même, ce n'est pas responsable. Donc, oui, la situation, elle est compliquée. Mais nous avons fait de l'école de nos enfants une priorité.

Je tiens à remercier ici les enseignants, les parents, l'ensemble de ceux...

21:41
Amélie de Montchalin

Vous condamnez cette grève par avance ?

21:43
Locuteur non identifié

Mais je ne condamne pas la grève, je crois au dialogue social. Et donc, évidemment, aujourd'hui, il faut qu'on trouve des solutions qui soient partagées. Mais revoyons bien d'où nous partons. Nous partons d'un monde où certains pays, par le monde, ont fermé leurs écoles depuis maintenant près de deux ans. Ce n'est pas le choix que nous avons fait. Il est coûteux, il demande des efforts, mais nous accompagnons. Et je crois qu'il faut bien valoriser que les alternatives ne sont pas souhaitables non plus.

22:06
Présentateur

Amélie de Montchalin, des nouvelles d'Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui continue de jouer sa propre partition, il a posté une vidéo pour ses voeux jeudi. Écoutons-en un extrait.

22:16
Locuteur non identifié

Nous voulons nous départir de l'acidité, de l'immédiateté, des polémiques incessantes, des petites phrases qui pourrissent le débat public et qui nous interdisent, au fond, d'accéder à l'ambition sur le fond. Penser une stratégie pour la France à 20 ans, à 30 ans.

22:33
Présentateur

Voilà une allusion assez claire au ton familier du président de la République. Vous l'entendez ainsi ou pas ?

22:38
Locuteur non identifié

Moi, je n'entends pas ça du tout. Vous entendez quoi, alors ? J'entends précisément un commentaire aussi sur ce qui s'est passé à l'Assemblée. Mais vous savez, la semaine dernière, revenons à ce débat. Le porte-parole d'Edouard Philippe à l'Assemblée, il s'appelle Thomas Meignet. Il est, vous voyez, en soutien de l'action que nous menons avec le président. Il vote évidemment le texte, il appelle à faire voter. En face, vous aviez le porte-parole de Valérie Pécresse.

22:58
Amélie de Montchalin

On ne va pas peut-être pas refaire toute l'histoire.

23:00
Locuteur non identifié

Non, mais attendez, il fait des petites phrases et des polémiques. Mais où sont les petites phrases et les polémiques ?

23:04
Amélie de Montchalin

Par propos de petites phrases, quand même, Edouard Philippe, il dit qu'il n'est pas là pour beurrer les tartines. Et en même temps, est-ce que vous trouvez que, par exemple, face à la droite, face à Valérie Pécresse, Edouard Philippe, ancien Premier ministre, qui vient de l'UMP, un peu comme vous d'ailleurs, est-ce que vous trouvez qu'il fait le job ? Est-ce qu'il est vraiment en défense du président ?

23:21
Locuteur non identifié

Attendez, j'y reviens sur le débat de la semaine dernière. À l'Assemblée, la Zizani, elle était à droite. Elle était dans le porte-parole de Mme Pécresse, qui vote contre le pass vaccinal, puis ensuite s'en va, puis ne vote plus. Donc, Edouard Philippe, il a aujourd'hui une ligne qui est de soutenir l'action du président. Il a toujours dit qu'il soutenait cette action. On le voit dans les faits, c'est ça qui compte. La suite, les échéances après les échéances présidentielles, c'est pas mon sujet. Ça me semble aujourd'hui prématuré d'avoir ces débats-là ici. Le sujet, c'est quoi ?

On soutient le président, on soutient son action, on permet à la France d'être gouvernée en responsabilité, justement loin des petites phrases, des polémiques, des divisions que l'ensemble de nos oppositions laissent avoir. Je vous rappelle qu'il y a entre ceux qui veulent le vaccin cubain, le vaccin chinois, la chloroquine, et vas-y que je suis pour le pass mais je vote contre, je veux confiner les non-vaccinés. C'est ça qu'on entend. Donc, oui, nous avons autour du président de la République une stratégie France 2030, précisément parce que nous avons à voir ce qui arrive après. Nous avons une stratégie industrielle. Nous avons évidemment à penser ce pays au-delà.

D'ailleurs, qui est étonné aujourd'hui que le président nous dise qu'il ait envie de pouvoir poursuivre une action qui est la sienne depuis 4 ans ?

24:30
Amélie de Montchalin

Attendez, France 2030, comment ça s'appelait déjà le mouvement qui doit réunir toute la majorité ? Ensemble, citoyens, avec un point d'exclamation, mais c'est passé où ça ?

24:40
Locuteur non identifié

C'est passé dans exactement l'action que nous menons sur les différents sujets. Ça s'est réuni depuis la mutualité ? Ça se réunit tout le temps. Quand nous, nous travaillons avec les uns et les autres, qu'ils soient du modem, qu'ils soient évidemment d'horizon, qu'ils soient d'ailleurs de nulle part parce que nous n'avons pas un attachement au parti, nous avons un attachement, comme disait d'ailleurs le général de Gaulle, si on met la France avant les partis, en général, on fait avancer plus son pays que les idées de son parti. Et tout ce qui nous enferme dans du sectarisme, tout ce qui fait ses synthèses molles, tout ce qui fait cet esprit de revanche.

Vous avez aujourd'hui ces Républicains, la seule chose qui cimente leur ambition, c'est de retrouver des postes. Nous, on veut faire avancer notre pays et je pense que ce service-là, c'est aussi la responsabilité d'être responsable politique.

25:23
Présentateur

Merci Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, invité du 830 France Info ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.