PHILIPPE BALLARD : « Le macronisme a conduit notre pays dans le mur ! » (LCP)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse partielle
À quel compromis êtes-vous prêt ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Sur l'immigration
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce que le groupe socialiste s'en sauvera ?
- 3:14OuverteRéponse partielle
Comment il s'en sort François-Jolivet ?
- 3:58OuverteRéponse partielle
Racontez-nous la fin de l'histoire de ce budget.
- 6:12RelanceRéponse directe
Sous Michel Barnier, Premier ministre, vous aviez discuté, vous aviez avancé. Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« c'est le bilan de 10 ans de macronisme quand même »
- 1:00Invité politiqueFait
« par exemple sur les énergies intermittentes, et je renvoie même à l'interview que M. Lecornu avait, le Premier ministre avait donné au Figaro il y a une quinzaine de jours »
- 1:17Invité politiqueFait
« sur l'immigration, quand là il commence à nous dire, sur tout ce qui est non-contributif, on va peut-être aligner le droit des étrangers qui arrivent sur les Français qui ont été expatriés »
- 2:03Invité politiqueFait
« Comme sur les retraites, notamment. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« 1260 euros, toute retraite confondue, c'est pas que celle du régime général. »
- 6:49Invité politiqueChiffre
« Notre contre-budget et la trajectoire d'économie de 125 milliards d'euros sur 5 ans. »
- 11:08Locuteur 1Fait
« Il existe un constat partagé par les services de renseignement sur l'origine du mouvement. Ce serait une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche. »
- 12:01InvitéFait
« Marine Le Pen, elle aussi, s'en prend à Jean-Luc Mélenchon. Elle estime sur X qu'il porte une lourde responsabilité dans la situation que connaît aujourd'hui notre pays. »
- 12:12Locuteur 4Fait
« Il n'y a ni un tract, ni un discours, ni un appel, où que ce soit, du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée. »
- 12:37InvitéChiffre
« Le ministre de l'Éducation nationale, ce soir, vient d'annoncer que 400 établissements seront fermés demain. »
- 15:02Invité politiqueFait
« Cette image d'une policière coursée dans les rues de Paris qui a failli se faire lyncher, on l'a tous en tête. »
- 16:01Invité politiqueChiffre
« Il y a 2,3 millions de lycéens en France. Juste, il faut faire aussi peut-être le rapport. »
Temps de parole
- Philippe Ballard24 %
- Invité18 %
- Présentateur15 %
- Locuteur 512 %
- Invité 211 %
- ?8 %
- Invité 35 %
- Locuteur 72 %
- Locuteur 42 %
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Philippe
Ballard,
personne ne fera l'économie d'un compromis dans les semaines à venir, a dit ce matin la porte-parole du gouvernement, suivez mon regard, à quel compromis êtes-vous prêt
?
Bon là c'est la copie de départ, on va commencer le débat, on va déposer des amendements, et il est bon de rappeler qu'effectivement ça tombe le jour où on emprunte quasiment à quasiment 5%, c'est
-à
-dire pour fixer un peu les esprits, parce que je pense que les gens ont peut
-être
du mal à comprendre ce que ça veut dire, dans un an, a priori, l'impôt sur le revenu qu'un foyer fiscal sur deux payes, ça permettra juste de rembourser la charge de la dette, enfin on en est les intérêts, oui c
'est
ce qu'on appelle la charge de la dette dans le budget, c'est le bilan de 10 ans de macronisme quand même, on arrive à la présidentielle, il faut quand même rappeler des évidences, donc c'est la copie de départ, moi comme tous les parlementaires,
on
a reçu fin août une lettre signée de Sébastien Lecornu, nous disant, faites-moi des propositions, et puis voilà, on verra. Alors là, on remarque quand même, mais ce sont des victoires un peu idéologiques pour nous, par exemple sur les énergies intermittentes, et je renvoie même à l'interview que M. Lecornu avait, le Premier ministre avait donné au Figaro il y a une quinzaine de jours, dans lequel il s'interroge sur le niveau de subvention des énergies intermittentes, nous ça fait des années qu'on dit que, non ça va pas,
c'est rien.
Sur l'immigration
aussi, sur l'immigration, quand là il commence à nous dire, sur tout ce qui est non-contributif, on va peut-être aligner le droit des étrangers qui arrivent sur les Français qui ont été expatriés, voilà, puis on a d'autres idées sur notre... Vous
y avez vu
une main tendue
?
À son courrier ?
Non,
mais même dans les mesures que vous listez, que vous
avez repérées dans le PLF
? Si vous voulez, quand c'est face à l'évidence, oui, effectivement, on est un petit peu
obligés
de réaliser
que
la vérité, quand même, est toujours bonne à dire.
La grande main tendue, c'est qu'il
y a
un mot qui a été prononcé plein de fois à Bercy, c'est tout ça, c'est réversible. Il y a plein de choses qui vont être déterminées par décret, comme ça, le prochain président de la République ou la prochaine présidente de la République, hop, dès le lendemain, il peut tout changer.
Comme sur les retraites, notamment.
Pour
vous, Philippe Ballard, c'est pour vous convaincre de, finalement, pas censurer ce budget-là ?
On verra s'il arrive à nous convaincre. Effectivement, je renvoie à la phrase de Marine Le Pen, il y a quelques quinzaines de jours, au tout cas, mieux vaut un mauvais budget que les lois spéciales. Voilà, ce serait réversible.
C'est toujours les cas aujourd'hui. Si on reste,
c'est dinguerie quand même, 1260 euros, toute retraite confondue, c'est pas que celle du régime général. Pardon,
je ne sais pas vous, mais j'en parlais avec un économiste qui me disait, j'ai cru
qu'il y avait une erreur et que c'était 2260.
Il
n'y
a
pas d'erreur, c'est bien 1260.
Non, hélas. On ne parle que du régime général. Non,
non,
non, non, c'est les deux confondus. Ah, les deux confondus,
j'ai rien d'attentivement. C'est intéressant,
parce que vous parlez de main tendue, effectivement, le budget aujourd'hui, c'est une main tendue au compromis avec le Rassemblement
National. Il n'y en a pas du tout avec le Parti Socialiste. Il n'y en a absolument
pas avec le Parti Socialiste. C'est pour ça que nous, nous sommes très en colère. Parce que nos propositions, nous les avons faites il y a 15 jours. Elles sont sur le bureau des ministres. On les a encore vues hier soir. On a discuté avec eux de nos propositions. Elles sont connues et il n'y a rien dans ce budget qui reprend nos propositions.
Donc, visiblement, la stratégie... Est-ce que le
groupe socialiste s'en sauvera ?
Alors, c'est un outil constitutionnel qui est à notre disposition comme un autre. Mais on espère que le gouvernement va se ressaisir et pouvoir modifier sa copie initiale.
Elsa, justement, l'enjeu, c'est quand même le vote de ce budget. Bah,
tout à fait.
Adeline, je vous poserai la question, mais vous le savez, comme nous... Il
n'y a
pas 36 000 façons de faire voter un budget. J'ai envie de dire, il
n
'y
en a
pas 54 milliards, Adeline. Il y en a 3, en fait, de ces façons. Et vous allez voir, toutes les 3, ça va être assez compliqué. Il y a par le vote, évidemment, mais mission impossible de trouver une majorité dans cette Assemblée pour valider ce budget. Sinon, il y
a
le 49-3. Mais si on compte bien entre le budget de la Sécu, le budget de l'État, les différentes lectures, il en faut 10. Sinon, les ordonnances, ce serait inédit sous la Ve République. François-Jolivet, comment il s'en sort ? Racontez-nous la fin de l'histoire
de ce budget. Comment il est adopté à la fin ? Je ne suis pas
un devin. Je suis un Français de base, si j'ose dire, même si je suis parlementaire.
Tous les députés commencent à
parier
sur les ordonnances.
Moi,
je
veux parier sur le jeu politique dans le contexte international, qui est le nôtre, c'est criminel. Parce qu'on renonce à protéger les Français. Ce qui est sûr, c'est que si on n
'a
pas de budget,
parce
que c'est d'abord l'hypothèse, avant de dire j'ai, j'ai, j'ai, j
'ai,
même les ordonnances
qui
n'ont jamais été utilisées, dont personne ne connaît
la
manière véritablement de faire. Peut-être même qu'elle pourrait être déférée aussi au Conseil constitutionnel, mais on ne sait pas. Il
y
a des barrières juristes.
En
tout cas, ce qui est sûr, c'est que si la France n'a pas de budget et qu'on est en loi spéciale, on en connaît les mots.
Le
président de la République est élu en mai, des députés en juin, sachant qu'en juin, la loi de finances 2028,
elle
est prête. Et la 2027 ne serait pas faite.
Si
on veut emmener, comme le dit très bien notre rapporteur général du budget, la France dans l'iceberg, eh bien, faisons ça.
Ça
ne me paraît
pas
convenable pour les Français, ça ne me paraît pas convenable,
même
pour tous les partis politiques, parce qu'un jour, les responsabilités se trouveront. Et que les mains soient tendues aux uns aux autres, le travail commence. Moi, je suis toujours très optimiste. On avait dit que...
C'est quoi, vous redites ?
Nous proposons, vous débattez, vous votez,
c'était l'antienne de l'année dernière. C'était les
propos de notre ministre, mais
du
budget, mais
finalement,
ça n
'a
pas été si mal que ça. Donc, ce qu'il nous faut, c
'est
un budget et rassurer les marchés. Rassurer les marchés. Mon voisin, qui est à ma gauche, là,
a
quand même dit une chose très juste.
Que
vous
soyez à la gauche, c'est vrai que c'est rare. C'est rare que je sois à la gauche. Non, non, mais
ce que je veux dire, c'est que
c
'est l'ensemble des impôts sur le revenu
pour
payer les intérêts de la dette. Ça devrait... Là, c'est votre bilan. Pardon,
oui.
C'est un bilan qui... Alors, c'est vrai que vous n'avez jamais été au gouvernement. Ah oui, ça arrive, mais... Mais oui, ça peut arriver, pas encore. Et... Mais voilà, je veux dire...
Est-ce qu'il est le mercier ?
Oui, c'est une question. Sous Michel Barnier, Premier ministre, vous aviez discuté, vous aviez avancé.
On n'a pas réussi.
On avait cru que vous alliez topper.
Qu
'est-ce qui a changé aujourd'hui ? Est-ce que l'État va être aussi incertain ? L'État d'esprit, votre État d'esprit,
c'est certain
? Est-ce qu'il
y a l'endrivé ?
On est à 7 mois d'une échéance importante. Voilà, on s'apprête, peut-être, si les électeurs
nous
en offrent l'opportunité de diriger le pays.
Et en même
temps...
Je vais
préciser, pour finir ma réponse, mais très rapidement, que la semaine prochaine, mardi, Marine Le Pen, Jordan Bardera et Jean-Philippe Tanguy...
Vous présentez
le
contre-budget.
Notre contre-budget et la trajectoire d'économie de 125 milliards d'euros sur 5 ans. Alors on verra si
ce
contre-budget, alors on ne
va
pas arriver, sera pas repris intégralement, mais si les éléments seront repris.
Je
disais, et en même temps, parce que le risque, c'est de faire tomber le Premier ministre, qu'on n
'ait
pas de budget, et de créer, d'ajouter de l'instabilité
à
l'instabilité. Donc le risque, c'est aussi de
prendre
le risque d'hériter d'une situation encore plus difficile en mai 2027 sans budget.
On en a conscience, oui. C'est bien pour ça que je vous fais toutes ces réponses. C
'est quand même étonnant que vous posiez la question qu'au Rassemblement National...
Mais je vais vous la poser, mais c'est parce que précisément... Il n'y a pas le Rassemblement National qui veut gagner les élections présidentielles. Vous allez comprendre où je veux en venir. Parce que dans le même temps,
il y a aussi le risque, et c'est pour ça notamment, je pense que les écologistes ont annoncé cet après-midi qu'ils allaient censurer, de donner l'image de coopérer avec un système que vous accusez régulièrement de vouloir vous empêcher d'accéder au pouvoir.
Mais on ne s'attardent à rien. Encore une fois, aujourd'hui, on a la première mouture, en quelque sorte. On va voir comment se déroule ce budget. Est-ce qu'il va comporter des dingueries, des fameuses lignes rouges, comme l'on dit, qui pourraient effectivement nous emmener à censure ? Rien n'est exclu, mais on va travailler,
on
va déposer les
amendements
et débattre.
Est-ce
que
vous vous encourez les mêmes risques ?
D
'être accusé, d'ajouter de l'instabilité à l'instabilité
en n'acceptant pas les compromis
? Nous, les leçons de responsabilité, nous n'avons besoin de personne pour nous les faire. Nous avons, l'année dernière, pris nos responsabilités dans un contexte qui était assez différent, d'ailleurs. Donc, on ne peut pas dire qu'on ne soit pas responsable et qu
'on
ne soit pas une gauche responsable. La différence, aujourd'hui, c'est qu'on a effectivement fait des propositions qui sont sur la table depuis 15 jours. Et on a une proposition initiale de budget qui n'est pas du tout, qui est très en écart par rapport à ce que nous, on propose, et la philosophie de ce que l'on propose, où on demande, nous, un rétablissement des recettes pour pouvoir terminer, en tout cas compléter ce déficit. Mais la question, aujourd'hui, elle est plutôt de qu'est-ce que le gouvernement, aujourd'hui, est prêt à faire pour éventuellement faire un compromis avec nous ? Sur quoi ils seraient prêts à renoncer ? Et surtout, la responsabilité est la leur.
Les 10 ans de macronisme nous amènent, aujourd'hui, à cette situation budgétaire qui est quand même catastrophique, il faut le dire. Et donc, ce n
'est
pas à nous, dans l'opposition, qu'on va nous porter la responsabilité de la situation catastrophique. Et
en même temps, le
gouvernement, la majorité, ont montré l'année dernière qu'ils étaient capables aussi de faire des compromis en allant vers vous. Voilà, c'est ouvert. Le débat aura lieu le 13 octobre dans l'hémicycle. On aura mille fois l'occasion, évidemment, d'en reparler dans chaque voie compte, vous vous en doutez, et sur
LCP.
Le travail parlementaire commence. Merci à tous les trois. Tout cela nous amène au sujet qui a quand même un peu éclipsé. Il faut le reconnaître, le budget aujourd'hui, c'est la mobilisation lycéenne. Et c'est tout de suite dans Bourbon Express avec Marco Paumier. Non, vous ne partez pas, Philippe Ballard. Comme
vous nous avez remercié, si vous voulez. Je vous remercie d'avoir débattu
gentiment avec nous,
cordialement, je vais dire,
du budget. Il faut qu
'on
parle des lycéens avec Marco, des lycéens dont la mobilisation est en train de dégénérer.
Une
journée qui a commencé par ces images. À Nantes, d'abord, une partie du lycée Nelson Mandela ravagée par un incendie volontaire ce matin. À Marseille, ensuite, les restes d'un camion de pompiers brûlés devant le lycée Saint-Exupéry. Au fil de la journée, les incidents se sont multipliés partout en France. Dégradations mortiers d'artifices, transports en commun interrompus dans certaines villes, affrontements avec les forces de l'ordre. Selon plusieurs rectorats, des proviseurs ont aussi été molestés ou agressés. Au total, 1027 établissements perturbés, près de 2000 interpellations. Une situation grave. À la mi-journée, Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise.
Et à l'issue de cette réunion, Matignon a estimé que le mouvement avait basculé vers des violences urbaines.
Et
ce n'est pas le seul constat. Des services du Premier ministre, Matignon accuse la France insoumise d'être à l'origine du mouvement.
Il existe un constat partagé par les services de renseignement sur l'origine du mouvement. Ce serait une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche.
LFI accusé d'instrumentaliser le mouvement des lycéens. Ce matin encore, Mathilde Panot était à Vitry-sur-Seine, regardée, en train de chanter la Marseillaise avec des jeunes. On a vu aussi le député Aymeric Caron à Paris, mégaphone à la main, devant une barricade des postures qui font bondir leurs opposants.
Je
pense aujourd'hui qu
'il
y
a
une question qui se pose. C'est la question de l'interdiction
de
LFI. Je sais que c'est très difficile en droit. Mais je la pose, je la lance dans le débat public. Il faut maintenant siffler la fin de la récréation.
Et
je demande à Jean-Luc Mélenchon et aux députés de la France insoumise d'arrêter d'utiliser les jeunes comme de la chair à canon politique pour les envoyer se mettre en danger eux-mêmes et mettre en danger d'autres personnes, des forces de l'ordre, des personnels de l'éducation nationale.
Marine Le Pen, elle aussi, s'en prend à Jean-Luc Mélenchon. Elle estime sur X qu'il porte une lourde responsabilité dans la situation que connaît aujourd'hui notre pays. Le leader des insoumis, justement, leur a répondu cet après-midi.
Il
n'y a ni un tract, ni un discours, ni un appel, où que ce soit, du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée. Donc comme ils nous en accusent tous, on se dit que
ça
a dû se passer par télépathie. Non, je pense que c'est une manière pour eux de ne pas traiter le problème. Le problème, ce serait Mélenchon et LFI. Mais ça, ça ne marche pas. Ça ne colle pas à la réalité de ce que vivent les jeunes gens.
Jean
-Luc Mélenchon qui répondait à nos confrères de public Sénat. Le ministre de l'Éducation nationale, ce soir, vient d'annoncer que 400 établissements seront fermés demain. Les cours à distance se feront. Du coup, faute de pouvoir assurer la sécurité des élèves et des professeurs dans les établissements. Edouard Geffray qui doit rencontrer demain les syndicats de lycéens et les associations de parents d'élèves.
Je voudrais avoir votre sentiment à tous les trois ce soir sur cette mobilisation lycéenne, sur les incidents qu'on a vus aujourd'hui, des heurts, des violences parfois très graves. Estelle Mercier ?
Moi,
je
suis très, très inquiète. Je vous avoue que quand les lycéens commencent à sortir, c'est très difficile de les faire rentrer dans les lycées. Et que je crois qu'il ne
faut
surtout pas opposer de la violence à leurs revendications. Il faut au contraire envisager un dialogue avec eux et bien traiter notre jeunesse. Donc le fait qu
'Edouard Geffray
reçoive demain les
organisations lycéennes ? Mais la répression n'est
pas une solution. Et en même temps, je n'instrumentalise pas non plus ce mouvement à des fins politiques. Mais je crois que la situation est suffisamment sérieuse. Leurs demandes sont légitimes. Quand vous les écoutez, c'est des fois de la place dans les salles de cours, c'est des chaises,
c
'est des toilettes dignes, c'est des profs. Vous vous rendez compte qu'on a des lycéens qui demandent d'avoir des enseignants dans leurs cours. Donc ça montre la dégradation du service public de l'éducation. Ça montre ça. Et ce qu'ils expriment sont des expressions très légitimes. Je pense qu'il faut les écouter et les prendre très au sérieux. Et ne pas répondre par de la répression. François Jolivet
? Écoutez,
quand on voit des images pareilles, c'est effrayant. Moi, quand j'étais lycéen, j'étais au lycée.
Vous
n'avez jamais manifesté ?
Non, pas à ma connaissance. Et j
'étais un
enfant sage.
Alors peut-être que les régions géraient mieux les lycées, puisque quand on parle des chaises et des plafonds qui s'effondrent, ce n
'est
pas une compétence de l'État, c'est une compétence des régions.
Les régions, elles ont des subventions.
Ensuite, ça ne
veut
pas dire pour autant qu'il ne faut pas entendre. Mais moi, je serais assez curieux de connaître... Je voudrais savoir si les 4000 interpellés étaient bien des lycéens.
Parce
que j'ai cru comprendre que ça venait un peu de partout. Et voilà. Donc j'attends les enquêtes. Et ça nous permettra d'avoir un sentiment.
Philippe Ballard ? Oui, mais qu'il y ait des revendications qu
'on
peut entendre. Effectivement, des profs non remplacés ou des salles de classe. J'ai écouté un lycéen qui avait l'air de bonne foi en disant nous, pendant la canicule, il faisait 35 degrés dans la classe. Donc c'est pour ça qu'on a un plan clim à présenter. Tout ça, ça peut s'entendre. Après, est-ce que ça nécessite de brûler des camions de pompiers, d'attaquer les policiers ? Cette image d'une policière coursée dans les rues de Paris qui a failli se faire lyncher, on l'a tous en tête.
On
voit parfois aussi des interventions policières très musclées.
Oui,
mais la police, comme les gendarmes, ils sont contrôlés.
Ils
sont extrêmement contrôlés. Donc s'il y en a qui
n
'ont pas employé les bonnes méthodes, mais employé le terme de répression policière. Quand on voit un lycée comme à Nantes qui a 10 ans d'âge incendié, qu'est-ce qu'on fait ? On leur amène des fleurs et des croissants ? Non, bah oui, la police, elle est là pour rétablir l'ordre, tout simplement. Et dans des conditions qui sont extrêmement difficiles. Sans parler des proviseurs, des professeurs qui sont attaqués. Il y en a un, je crois, à Marseille, qui s'est pris de l'essence.
Enfin,
stop, quoi. Et, pardon, les LFI sont derrière. Enfin, le nombre, vous les avez montré, le nombre de députés LFI qui vient souffler sur les braises, avec l'aide de la jeune garde, du NPA, enfin, tous les partis d'extrême-gauche, ce sont ces gens-là. On est dans des émeutes urbaines. On n'est plus dans des revendications de lycéens.
Il
y a eu, alors, combien sont-ils dans les rues ? Quelques milliers. Il y a 2,3 millions de lycéens en France. Juste, il faut faire aussi peut-être le rapport.
Estelle Mercier, on parlait de la France insoumise. Vous comprenez qu'il
y a
des députés qui aillent sur les manifs devant les blocages de lycées avec leur écharpe, les
députés insoumis ? Moi, je comprends qu'il y a des
députés qui peuvent aller essayer d'aller discuter avec les lycéens. C'est notre rôle en tant que représentants de la nation d'aller discuter, d'aller écouter ce qu'ils ont à dire. Et donc, apaiser. Moi, je pense qu'il faut apaiser la situation et qu'il ne
faut
pas, effectivement, mettre de l'huile sur le feu. Mais nous sommes des interlocuteurs.
Il
y a beaucoup de députés qui ont été reçus avec les maires, enfin, qui ont reçu avec les maires de leur commune, les jeunes lycéens, pour les écouter, pour échanger avec eux, pour dialoguer. Moi, j'insiste, je pense que la jeunesse, c'est l'avenir de notre pays. On a tous connu, jeunes, des manifestations et autres. On exprime... Il y
a
des expressions qui sont très légitimes. Maintenant, il faut répondre par le dialogue et pas par la violence.
Mais est
-ce
qu'on dialogue avec des gens qui sont cagoulés et qui balancent des cocktails Molotov ? C
'est sans doute pas l
'hélicien.
C'est un peu
compliqué. C
'est sans doute pas l'hélicien. La question de François-Jolivier est très juste. Ne faisons pas
d
'amalgame.
Mais
non, ce n'est pas d
'amalgame.
On est déjà
travaillé
sur
les organes de concertation parce que les gens de plus en plus jeunes se disent avoir une grande maturité et peuvent... Pourquoi pas ?
Merci à
tous
les trois. Mais
en cagoule, ce n
'est
pas un lycéen.
D'être venus ce soir sur le plateau de Chaque Voix Compte. Merci à vous de nous avoir suivis. Cette émission est diffusée tout à l'heure à 23h30. Je vous souhaite une excellente soirée sur la 8. Dans un instant, un nouveau rendez-vous sur LCP. Ça s'appelle Conversation française. Un candidat, un écrivain et un acabana. Bonne soirée. À demain, 19h30.
La Banque Postale, la banque pour avoir un temps d'avance sur le développement de votre territoire. La Banque Postale, citoyenne.
En partenariat avec La Tribune Dimanche, Conversation française, un candidat, un écrivain, avec Edouard Philippe et Olivier Norek, proposés...
Philippe Ballard