SMART TECH - Emission du jeudi 24 septembre
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 51 %Attaque 20 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous y croyez à ce sursaut possible dans la commande publique après ce pacte ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Votre réaction, comme ça, à brûle pour poing sur la signature du pacte numérique entre le gouvernement et la filière numérique, est-ce que vous croyez, vous, un sursaut possible dans la commande publique ?
- 13:38OuverteRéponse directe
Quels sont, vous, les deux grands constats que vous avez envie de nous partager, déjà, suite de ce rapport ?
- 16:15OuverteRéponse directe
Quelle est cette empreinte de l'IA ? Mais d'abord, comment fait-on pour la mesurer ?
- 19:04OuverteRéponse directe
Une réaction là-dessus ?
- 24:30FerméeRéponse directe
Vous pensez qu'on doit ralentir dans le développement de l'IA ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56PrésentateurFait
« La volonté, c'est vraiment d'accélérer sur l'achat public de solutions souveraines françaises. »
- 2:50InvitéFait
« C'est ce que font les États-Unis, c'est ce que fait la Chine, depuis très longtemps. La préférence nationale pour toute la commande publique, y compris pour des choses qui ne marchent pas. »
- 15:18InvitéFait
« C'est un constat qui est assez difficile à établir parce qu'on a très peu de métriques. »
- 16:40InvitéFait
« Le vrai sujet, c'est d'avoir la donnée. L'ARCEP est en chemin sur ce sujet-là. »
- 20:12InvitéFait
« Sur les petits modèles, on a une opportunité fantastique. Et l'empreinte environnementale peut être un catalyseur de tous nos industriels. »
- 22:05InvitéChiffre
« On sait que l'électricité française, elle est 13 fois moins carbonée que l'électricité américaine. »
- 28:55InvitéFait
« Dans la rédaction du règlement sur l'intelligence artificielle, l'AI Act, il y avait toute une obligation de transparence qui était à la base très fournie et qui a été petit à petit vidée de son sens par les lobbying. »
- 29:38InvitéFait
« C'est un article 15 qui est tout petit. Il n'y a pas de règles de responsabilité adaptées dans cet AI Act non plus. »
- 30:06InvitéChiffre
« Ces dispositions-là, elles n'entrent pas en application tout de suite. Ça va aller jusqu'en 2028. »
- 31:57InvitéFait
« 26 août 2026, ils se font un deal, 16 milliards, et en échange, Meta coupe les réseaux sociaux entre minuit et 6 heures, interdit les notifications pendant les heures de classe, et surtout, stoppe le compteur de like. »
Temps de parole
- Présentateur30 %
- Invité25 %
- Invité 216 %
- Invité 313 %
- Invité 411 %
- ?4 %
≈ 18,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
à tous, bienvenue dans le grand direct pour débriefer l'actu tech. Je vais vous présenter les sujets commentateurs juste après, mais restez bien connectés. On est en direct donc pendant 43 minutes sur la chaîne Bsmart comme tous les jeudis. A tout de suite.
C
'est parti pour le grand débrief de l'actu tech que vous regardez sur Bsmart en direct les jeudis. C'est désormais toutes les semaines, ça dure 43 minutes. Alors donc on a plein de sujets à vous présenter, mais je vais déjà vous présenter les commentateurs du jour avec nous. Alexandra Itéanou, bonjour Alexandra. Bonjour Delphine. Avocate au cabinet Itéanou et Alain Staron. Bonjour Alain.
Bonjour Delphine.
Qui est le CIO de Artifil, donc une boîte dans la tech. Voilà, et très disruptive bien sûr, parce que c'est le regard disruptif d'Alain qu'on sollicite ici. On aura peut-être la chance d'avoir Audrey Soussant avec nous, qui est membre de France Digitale et qui devait nous rejoindre, mais qui n'est pas arrivé. Comme on est en direct, eh bien on démarre quand même. On va parler de quoi aujourd'hui ? Du pacte numérique et IA qui a été signé entre le gouvernement et la filière numérique, la filière privée. On aura en invité un sénateur, puisqu'il est le co-auteur du rapport sur l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle. Beaucoup d'attentes autour de ce sujet.
Et puis ce sera le moment de la revue de presse. On va sortir nos cartons rouges, nos cartons verts pour donner notre avis. Et on terminera avec une découverte dans le domaine du biomimétisme. Mais c'est parti, on démarre avec ce pacte numérique et IA, signé par David Amiel, le ministre de l'Action et des Comptes Publics, Anne Le Hénanf, la ministre de l'Intelligence artificielle et du numérique, avec le comité stratégique de filière logiciel et solutions numériques de confiance, avec Numéum, qui est un syndicat représentatif aussi de la filière, et Exatrust pour la partie filière de cybersécurité. La volonté, c'est vraiment d'accélérer sur l'achat public de solutions souveraines françaises.
Première question que j'ai envie de vous poser, Alexandra et Alain, c'est Est-ce que vous y croyez à ce sursaut possible dans la commande publique après ce
pacte ?
Alexandra ? En fait, c'est une très bonne chose. On ne
peut
pas ne pas saluer cette initiative. Après, d'un point de vue clairement juridique, ce n
'est
pas un contrat, ce n'est pas un engagement contractuel, ce n
'est
pas une obligation légale non plus. Donc, ça reste plutôt un engagement moral et politique de l'État. Donc, est-ce que vraiment ça va donner quelque chose ? En tout cas, ça donne le bon signal à la filière. Est-ce que ça ira jusqu'au bout ? On peut l'espérer quand même, parce que c'est vrai que les...
En bas de la page, il y a la
signature de deux ministres, mais qui sont un peu en sursis, puisqu'on est dans une période
en plus électorale. Alain
? C'est ce que font les États-Unis, c'est ce que fait la Chine, depuis très longtemps. La préférence nationale pour toute la commande publique, y compris pour des choses qui ne marchent pas. Donc, moi j'applaudis...
C'est-à-dire, y compris
pour des choses qui ne marchent pas
? Les États-Unis passent des commandes sur des produits qui n'existent pas. Ah oui,
d'accord.
Spastic, ça a démarré comme ça.
OK.
Donc, un, il était temps,
et
on n'a pas le choix. Donc, je pense qu
'on
ne
va
pas revenir en arrière, parce que les autres font ça, si nous on ne le fait pas, on va juste continuer à se faire vassaliser, et tout le monde a compris le problème. Donc ça, c'est très bien. La difficulté que je vois,
c
'est à chaque fois que la France, l'État,
propose
des programmes, la France, l'État, dit exactement ce qui doit être fait par les entreprises.
Oui.
Et ? Et bien, donc,
il
se met à la place des entreprises pour faire de l'innovation. Oui. Et là, on va bien à la limite.
Parce que là, ce qui est intéressant, c'est
que
c
'est
justement un dialogue qui va être instauré entre l'État et la filière numérique, puisque l'idée, c'est de dire, on vous fait part de notre expression de besoin, on vous dit quelles sont nos priorités.
Sauf si ils disent, et je voudrais bien que vous fassiez ça comme ça. Le jour où ils font ça, on est mort. Ça fait penser un peu à ce qu'a fait l'État avec la suite, au final. Tu sais, la fameuse...
La suite numérique. Au début,
ils avaient fait une sorte d'appel d'offres, si je comprends bien, et après, ils l'ont développé en interne. Donc
là,
on
a peut
-être espoir que ça se passe un peu différemment. Ce qui est intéressant aussi, c'est qu'il y a trois critères, je crois, pour adhérer à ce pacte numérique quand on est un industriel. Il faut avoir son siège social en France, pas en Europe, en France, si j
'ai
bien compris. Avoir des capacités industrielles en France aussi, ça c'est quand même... Et ne pas être soumis à des lois extraterritoriales, bien sûr. Donc, c'est encore plus restrictif que des qualifications comme c'est GnumCloud, par exemple. Il faut quand même saluer ça, et donc, ça sera vraiment franco-français, pour le coup. Eh
bien, voilà. On a notre commentatrice qui est arrivée. Merci beaucoup. Alors, je pose la question de... Votre réaction, comme ça, à brûle pour poing sur la signature du pacte numérique entre le gouvernement et la filière numérique, est-ce que vous croyez, vous, un sursaut possible dans la commande publique ? Vous dites, OK,
c
'est ce que vous espérez.
Tout à
fait. Alors, moi, je dirais que la partie positive,
c
'est que là, il y
a
un dialogue qui va être effectivement créé entre les différents ministères et les filières. Et bien sûr, au-delà de ce dialogue, il y a une définition des besoins. Donc, ça, c'est évidemment très positif et on sent qu'il y
a
un élan du gouvernement pour aller vers plus de souveraineté, notamment française, comme vous le soulignez, plus même qu'européenne. Maintenant, il y a un frein juridique que je suis sûre que vous avez déjà soulevé, qui est ce frein que le droit de l'Union européenne empêche que la commande publique soit tournée vers des sociétés françaises ou même vers des sociétés européennes. Alors, quand même, quand on entend
la ministre du numérique, Anne Le Hénant, elle nous explique qu'aujourd'hui, il y a possibilité quand même de faire de la préférence nationale à travers la commande publique en détournant un petit peu l'interprétation.
Je crois que c'est exactement ça. On est obligé un petit peu de jongler et de danser autour
de... Donc, c'est
possible. Alors, en tout cas, c'est possible dans certaines limites. Idéalement, en fait, il faudrait revoir ce droit et ce droit européen de manière à ce que ce soit beaucoup plus fluide, beaucoup plus facile et que la commande publique soit majoritairement tournée. Moi, je ne
suis
pas favorable à ce qu'elle soit tournée que vers les sociétés françaises, mais vers des sociétés européennes, puisque chacun, on est complémentaire dans la chaîne de valeurs technologiques.
Ce
qu'on pourrait un petit peu déplorer, c'est que le pacte, ce n
'est
pas vraiment une commande publique à proprement parler. Le pacte, c'est effectivement un dialogue, c'est une définition des besoins, c'est une promesse de discussion, mais ce n'est en rien une allocation budgétaire, ce n'est en rien un engagement, quel qu'il soit. Donc ça, on peut un petit peu le déplorer, mais disons que ça va dans mon sens. La deuxième chose que je déplorerais un petit peu, c'est qu'au vu des associations qui ont été sélectionnées des différentes filières,
on
a le sentiment
que...
On
a cité Numéum, Exatrust, alors en plus, oui, je n
'ai
pas précisé, pardon, et le comité stratégique de filière solution de confiance, je n
'ai
pas précisé que les priorités se reportaient d'abord sur les solutions de suite collaborative, justement, sans doute pour répondre à la polémique autour de la suite numérique qui a été créée par la Dinum, et sur la cybersécurité.
Tout
à fait. Et donc, ces associations-là, en fait, elles vont probablement flécher les discussions et les réflexions sur les grands acteurs, les fleurons français, et c'est très bien, déjà, que ça redirige la commande publique vers la France, c'est parfait. Moi, qui travaille dans le monde de l'innovation, je travaille pour un fonds d'investissement et je représente France Digital, l'association qui vise à promouvoir l'innovation tech française et européenne. Mon objectif, c'est que, voilà, au sein de ces ministères, on retrouve des sociétés qui soient très innovantes, des sociétés qui soient à la pointe de la technologie, des sociétés qui soient très agiles.
Et donc, voilà, moi, je voudrais juste mettre un petit point de méfiance et en tout cas, encourager les acteurs des ministères à bien parler à des sociétés innovantes et que ce ne soit pas One Point, Dassault, enfin, je
n'ai
rien contre eux, mais voilà. Pas
toujours les mêmes, en fait.
Exactement.
J'imagine qu'Alain va
rejoindre Audrey sur ce
point.
C
'est ce que j'ai dit. Alors, t'as oublié le troisième sujet qui est les infrastructures critiques. Oui, c'est vrai. Et c'est exactement ce qu
'on
fait. Nous, nous sécurisons les infrastructures critiques. Alors, on n'a pas six ans, on est 24 et donc, effectivement, on est sous les radars. Et ce que je rebondis sur ce que je disais tout à l'heure, quand la techno est neuve, la commande publique, les acteurs de la commande publique peuvent ne pas être rassurés et dire soit je prends des leaders
et
on n'encourage pas l'innovation, donc ça ne
va
pas du tout. Soit je dis aux startups ce qu'ils doivent faire et comment ils doivent le faire et ça ne va pas non plus.
Là,
on a une opportunité qui est une opportunité incroyable qui est que grâce à cette définition des besoins, on peut tout remettre à plat et être à la pointe de l'innovation. Donc, empruntons, utilisons ce momentum qui est très très fort pour vraiment utiliser le meilleur de ce qu'on a en France
et en Europe.
Alexandre a le rappelé, ce n
'est
pas un contrat, ça n'a rien de
contraignant.
Ce n'est pas une obligation
légale non plus.
Absolument. Et derrière, il va y avoir des groupes de travail. Un calendrier quand même. Il y a un petit calendrier mais il va y avoir des groupes de travail. Est-ce qu'on n
'a
pas un peu peur de la lenteur et de
ce
qui peut ressortir d'un groupe de travail ? L'exemple qu'on a en entreprise, ce n
'est
pas forcément convaincant. Alors, peut-être qu'au niveau ministériel, c'est beaucoup plus efficace.
mais non. C'est un truc qui s
'arrête vite.
qui
s'arrête à l'expression des besoins qu'ils ont déjà. Dans le sujet des infrastructures critiques, j'attends juste un groupe de travail dans lequel on dit oui, effectivement, nous avons plein d'infrastructures critiques à risque. Rechercher une solution pour résoudre le problème. Avec telle et
telle
fonctionnalité. Avec telle et telle fonctionnalité et nous
l'avons. Donc, allons
-y. Non, mais saluons l'initiative parce que sans débat,
sans
groupe de travail, sans expression des besoins, il n
'y
aura pas de commande publique. Donc, je dirais que c'est la première étape. Et bien sûr, chacun autour de la table, on est tous très intéressés par l'innovation qui va vite.
Et
donc, on s'attend à ce qu'il y ait un après-ça. Mais il faut bien
commencer
par cet état. Non,
mais c
'est-à-dire que ça fait tellement de mois, j'allais dire, peut-être d'années, en fait, qu'on parle de l'indépendance numérique et qu'on parle de l'importance de la commande publique. Bien avant de parler de la question des subventions, que oui, on est un peu impatients. Ça, c'est sûr.
Et il vaut mieux une commande publique que de la subvention.
Ben oui. La subvention, d'argent pour reçoit, pour
faire, c'est ce que disent
tous les éditeurs. On
doit répondre à un vrai besoin.
En tout cas, l
'écosystème
dit ça. Tu confirmes, toi aussi, en tant que start-upper ?
Moi, je confirme. Et France Digital
? Voilà, j'allais dire, en tant que représentante de France Digital, on a sorti un baromètre, justement, du premier semestre de l'état de l'innovation en France. Et la première demande des start-up et des scale-up françaises, c'est la commande publique qu'elle soit plus tournée vers la France et l'Europe. 43% mettent cette demande-là en premier. Donc, c'est vraiment plus que des subventions.
Et
dans le contexte qu'on connaît actuel de restrictions budgétaires, on sait qu'on ne sera pas forcément aidés sur ce niveau-là. Et c'est bien ce qui nous différencie avec l'écosystème tech américain. Donc,
il
faut que, voilà, on soit au niveau de ce que les autres régions nous
proposent.
Bon,
c'est quand même intéressant de voir qu'il y
a
un dialogue qui va quand même réussir à se nouer entre le gouvernement, donc les décisionnaires aussi, parce que tout ça va être piloté par la DINUM, qui est elle aussi en pleine transformation en interne. Donc, ça va être intéressant de voir comment ils échangent, que l'écosystème prenne conscience des besoins des administratifs, mais aussi que l'administration découvre l'écosystème. Non, mais parce qu'ils ne sont pas forcément au courant de tout ce qui existe. Effectivement,
tu dis artifices sous les
radars. Il y a plein de sociétés aujourd'hui sous les radars. Et pourtant, nous, on a l'impression qu'ils sont évidentes. Voilà, en tout cas, dans Smartech, on les reçoit. Pour nous, ce sont des pépites. Ils ne
sont
pas forcément connus. Une petite accélération
possible,
c'est les élections. Pas parce qu'on va élire quelqu'un. Toi, tu dis accélération, mais c'est le
contraire. Non, non,
non,
non.
Pourquoi ? Nous, on constate, nous sécurisons les infrastructures critiques.
Que
nous disent nos clients ? Une recrudescence des actes de sabotage. Oui, ça. Voilà. Donc, il faut s'attendre à...
De toute façon, le sujet de la sécurité informatique et de la cybersécurité, là, je
crois
que... Quand les gars citent un pylône de RTE, on n'est pas dans la cyber.
Dans
l'administration, ils sont quand
même en mode
urgence.
Mais il n'y a plus d
'électricité dans tout le bassin d'un fasse et d'un tonne en lébain. Ce qui est sûr, c'est qu
'il
y
a
une prise de conscience actuellement, à la fois au niveau géopolitique, du fait de... des pouvoirs américains qui prennent des actions qu'on n'avait jamais vues auparavant, couper des fables, enfin, couper des moteurs IA à des Européens sous prétexte qu'ils sont Européens. On n'avait jamais vu ce genre d'action auparavant. Mais à la fois du fait des élections politiques en France, mais à la fois du fait de l'urgence
environnementale. Après, ce n'est pas le
sujet de la sécurité de l'IA. Mais bon, oui, tout à fait. Il y
a
un contexte toujours...
Voilà, il y a l'urgence
environnementale, il y a la cybersécurité,
il y a la géopolitique. On a dit
qu'on a un sénateur impatient de nous parler. Et nous, on est impatients de l'écouter. Donc, c'est le moment d'accueillir Damien Michelet, qui est sénateur de l'ISER, membre de la commission... Pardon. Il est surtout co-auteur, parce que je ne
vais
pas faire tout le détail, on va aller vite, puisqu'il nous attend. Il est surtout co-auteur du rapport d'information du Sénat, l'empreinte environnementale de l'IA, un défi pour la planète, une opportunité pour la France et l'Europe. Bonjour, monsieur le sénateur, vous nous entendez bien, vous nous voyez bien, tout va bien ?
Bonjour, je vous entends très bien, je vous vois très bien, et j'ai pu écouter avec intérêt le débat sur le pacte numérique et l'IA.
Oui, on est assez d'accord tous autour de la table sur ce sujet. Mais alors, est-ce que ça va être le cas sur votre sujet, sur la question de l'impact environnemental de l'intelligence artificielle ? Quels sont, vous, les deux grands constats que vous avez envie de nous partager, déjà, suite de ce rapport
? Alors,
d'abord, préalablement, ce rapport, on n'a pas regardé l'intérêt de l'IA ou pas, on n'est pas allé là-dedans, on s'est vraiment concentré avec mes collègues sénateurs sur l'empreinte environnementale de l'IA. Deux points essentiels, c'est aussi fou que ça puisse paraître, c'est qu'on y voit une vraie opportunité pour la France, parce que lorsque l'on veut diminuer l'empreinte environnementale des usages de l'intelligence artificielle, utiliser de l'énergie française, c'est de
l
'énergie décarbonée, et en France, on est en capacité d'avoir des modèles de data centers qui consomment beaucoup moins d'eau, c'est la réglementation qui l'impose, et donc avoir des data centers en France, c'est une meilleure IA qu'ailleurs,
d'un
point de vue environnemental.
D
'accord, et vous dites aussi que c'est une opportunité, parce qu'en fait, il y
a
un volet environnemental, mais vous le présentez aussi comme une opportunité.
Oui, une opportunité, parce qu'il y a des débats autour de l'installation de data centers, il
y
a une adhésion qui n'est pas forte sur certains territoires, et il faut aussi comprendre pourquoi un data center en France, au-delà des aspects de souveraineté, de création de filières, peut avoir un intérêt, c'est simplement que dans nos usages, un data center qui est en France, lorsqu'on fait de l'IA, eh bien, on a une empreinte environnementale qui est beaucoup moindre que lorsqu'on utilise un data center qui est aux États-Unis ou en Chine.
Je voulais dire une opportunité aussi économique, industrielle, voilà, c'est un point que vous soulevez également. Quel est le constat sur l'empreinte actuelle de l'intelligence artificielle, l'empreinte environnementale
? Alors,
c'est un constat qui est assez difficile à établir parce qu'on a très peu de métriques. Donc, on a deux grands éditeurs d'intelligence artificielle qui ont essayé de mettre une équation sur la table. On a Google et Mistral AI qu'on a rencontrés dans le cadre de notre rapport. Les deux approches sont différentes, donc on peut commenter les résultats. En tous les cas, ce sont les deux seules qui ont mis sur la table une équation de consommation de l'intelligence artificielle.
Donc,
on a eu quand même des difficultés à trouver des éléments. On a rencontré un peu plus de 80 interlocuteurs. On a fait des auditions très longues. Ça a duré neuf mois pour arriver à un constat où il est urgent de s'entendre sur une équation de mesure ou en tout cas sur un métrique de l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle comme on l'a fait au niveau du numérique.
Alors, comment faire justement ? Parce qu'en fait, c'est le sujet clé effectivement aujourd'hui. Quelle est cette empreinte de l'IA ? Mais d'abord, comment fait-on pour la mesurer ? Donc, quelles sont vos recommandations pour qu'on puisse vraiment avancer sur ce sujet
? Alors,
on a plusieurs approches. D'abord, s'appuyer sur l'ARCEP qui, dans le cadre de la Loire-Renne, a des obligations de consolidation de data. Donc, le vrai sujet, c'est d'avoir la donnée. L'ARCEP est en chemin sur ce sujet-là. Derrière, on a rencontré également l'AFNOR parce qu'il est fondamental que ce ne soit pas que de la réglementation mais que les industriels s'entendent sur l'équation à mettre en place.
Et l'objet du rapport est de signifier qu'en fait, et ça rejoint un peu ce que vous disiez dans votre débat préalablement sur le pacte, c'est qu'on est en capacité, en mesurant l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle, de créer des dynamiques économiques françaises et européennes. Parce qu'en France, on est très avertis de ces sujets environnementaux dans nos comportements mais aussi dans nos relations patrons-salariés, dans nos modèles économiques d'entreprise. Et si la commande publique pouvait avoir quelques critères, des éco-scores, par exemple, ça lancerait des dynamiques très intéressantes pour les industriels français et européens.
Oui, ça donnerait un avantage aux industriels françaises. Notre façon de faire de la préférence, effectivement. Une réaction là-dessus
? Oui,
Alexandra ? Ou une question pour le sénateur, d'ailleurs ?
C'était plutôt juste une remarque, c'est que c'est aussi opaque que leur technologie, leur empreinte écologique, au final. Non, mais c'est vrai, on n
'en sait pas.
On ne sait pas comment mesurer ça, on ne sait pas vraiment comment ça fonctionne. Moi, j'ai vraiment eu un sentiment d'opacité globale sur comment ça fonctionne, qu'est-ce que ça coûte, à l'environnement, etc. Donc, c'est vrai que ça, ça demanderait peut-être des obligations de transparence aussi. Peut-être, est-ce que c'est des choses que vous avez soulevées ? Est-ce que ça a été soulevé dans le rapport ? Est-ce que ça a été évoqué
? Sur l'obligation de
transparence, oui. Vous avez raison. Après, ce qu'on a essayé de faire, c'est que ce ne soit pas une nouvelle réglementation qui vienne s'asseoir et casser les dynamiques de la filière. Donc, en fait, on cherche absolument à créer des dynamiques de mesure, mais pour accompagner la filière, la filière française et européenne, et pour essayer de dire quand on a de
l
'énergie décarbonée, une IA qui tourne en France et dans certains pays d'Europe, en fait, elle consomme différemment qu'une IA qui tourne avec de l'énergie fossile aux États-Unis. Mais là où je vous rejoins, c'est que pour avoir les données et pour motiver à aller vers cette voie-là, ce n
'est
pas simple. Ce n
'est
pas simple.
Et ce qui n
'est
pas simple, c'est aussi que mettons dans cet outil de mesure parce
qu
'il n
'y a
pas forcément de consensus sur les bonnes métriques et les externalités positives, négatives. Alors, une
réaction ?
J'avais une question complémentaire sur la partie IA frugale. Oui. J'ai vu dans le rapport que vous militiez en faveur du IA frugal. Donc, ma question, c
'est
est-ce que vous avez déjà des pistes technologiques sur ce qu'il faudrait faire
? Alors,
pistes technologiques, ce n
'est
pas trop le sujet du Sénat. On laisse aux industriels ces voies-là. Par contre, on s'est aperçu que les dynamiques d'IA étaient vraiment différentes et qu'il y en a en France, en fait, et que les petits modèles, les modèles spécialisés qui vont s'attacher à une problématique, un process, un marché, la France et encore une fois l'Europe sont en capacité de répondre à cette problématique-là. Et donc, il y
a
un moment où il faut accélérer. Pour accélérer, il faut accompagner, on peut accompagner en réglementant, mais il faut aussi, encore une fois, créer ces dynamiques de création de valeur. Donc, sur l'IA frugal, on en a fait plusieurs points dans notre rapport où, en fait, on préconise absolument, on va jusqu'à d'ailleurs, pour être un peu conclusif, mais on va jusqu'à dire, on a une opportunité sur l'IA, les grands modèles, c'est quand même un peu compliqué pour la France, même si on a Mistral et laïe, et pour l'Europe de lancer des choses maintenant. Par contre, sur les petits modèles, on a une opportunité fantastique.
Et l'empreinte environnementale peut être un catalyseur de tous nos industriels, par industriel, comprenez tous les acteurs qui fabriquent de l'intelligence artificielle. Donc oui, l'IA frugal peut être une opportunité fantastique pour la filière, d'un point de vue environnemental, mais aussi d'un point de vue création de valeur.
Il faut avoir les moyens aussi de la faire cette IA frugal, il faut avoir la bonne techno, il
faut
avoir les moyens.
Il
y a un choix marketing aussi, plus
que
marketing, de business. Quels sont les marchés des petits modèles versus le marché des grands modèles ? Est-ce qu'ils ne peuvent pas se faire bouffer l'un par l'autre ?
Ce
serait dommage de s'engouffrer dans une
voie qui s'avère transition. de se
contenter finalement d'un mini-marché qui risque d'être complètement
absorbé.
Non mais attention, on parle pas d'un mini-marché.
Moi,
ce dont j
'ai
le sentiment, c'est qu'on est en train de dire que parfois on utilise à mauvais escient les énormes modèles et que pour chaque besoin, il pourrait y avoir un petit modèle dédié. Ce qui n'empêche pas que le marché soit gigantesque.
C
'est juste qu'il faut arbitrer. D'ailleurs, nous, chez Ventec, c'est exactement ce qu'on fait. C'est essayer de trouver des solutions qui orchestrent les modèles les plus performants en fonction du besoin,
en
fonction du prompt. On a une société dans le portefeuille qui s'appelle Amber qui fait ça très bien, qui va rediriger en fonction du prompt de l'utilisateur vers le bon modèle. Et d'ailleurs, on le voit, même Mistral lui-même, vous le mentionnez tout à l'heure, qui a développé son propre modèle et donc, il pourrait dire que je le privilégie puisque c'est le mien, c'est moi qui ai investi énormément en Capex pour pouvoir le développer. On voit qu'eux-mêmes, ils mettent à disposition aussi des utilisateurs finaux, des modèles, notamment open source chinois, ce qui a posé plein de questions. Mais ils le mettent aussi à disposition pour rediriger chaque besoin au bon modèle.
Donc ça, à mon avis, c'est une bonne direction vers le frugal. Et ensuite, sur la question de la complexité, évidemment, du scoring, la complexité de l'évaluation de l'empreinte environnementale, moi, je pense qu'il faut qu'on se concentre sur le gros, le gros de l'empreinte carbone et qu'il faut qu
'on
se concentre sur ce qu'on sait déjà. On sait que l'électricité française, elle est 13 fois moins carbonée que l'électricité américaine. Après, il y a l'eau. Alors, c'est vrai qu'il
y a
l'eau aussi, mais on sait aussi, le sénateur l'a rappelé, qu'il y a cette réglementation française qui vient imposer aux data centers de moins utiliser de l'eau. Et nous, chez Ventec aussi, on réfléchit à plein d'innovations sur comment moins utiliser l'eau dans les data centers ou les utiliser de manière plus précise au niveau de la puce pour qu'elles puissent fonctionner en circuit fermé, donc qu'on n'ait pas besoin de réalimenter de l'eau à chaque fois. Donc, des innovations dans le domaine, il y en a plein, et des innovations françaises et européennes. Et donc, il faut effectivement avancer dans ce sens-là plutôt que de sur
-réglementer.
Quand, monsieur le sénateur, vous avez rencontré les hyperscalers, j'imagine qu'ils sont quand même très sensibilisés aussi à cette question environnementale parce qu'aux États-Unis, on entend de plus en plus de soulèvements contre l'installation de data centers.
Alors,
aux États-Unis, l'approche d'installation d'un data center est un tout petit peu différente qu'en France. J'y suis allé il
y
a quelques mois. J'ai rencontré des acteurs de la tech qui installent des data centers. Ils ont une approche un peu plus, pardonnez-moi mesdames, plus virile dans l'installation d'un data center. Là où en France, on a une réglementation, on a le ZAN, on a les études environnementales qui poussent à aller vers des approches plus saines. Et donc, les grands acteurs extraterritoriaux que nous avons pu rencontrer ont tous une approche environnementale avec le RSE, etc. Et c'est ce qu'ils nous ont indiqué. Mais précisément sur l'empreinte environnementale, nous n'en avons vu que deux, Mistral et AI, et Google, qui avaient une approche de calcul. Encore une fois, c'est discutable, l'approche qu
'ils
ont eue, mais on n'en a rencontré que deux qui avaient une approche de mesure au travers d'une équation de leur empreinte environnementale sur l'usage de l'intelligence artificielle.
Merci beaucoup, Damien Michalet, d'avoir été avec nous.
Je rappelle que vous êtes le
sénateur de l'ISER et donc le co-auteur de ce rapport sur l'empreinte environnementale de l'IA.
On
voit aussi tout le reste à faire en discutant avec vous et à la lecture de ce rapport et ô combien c'est important. Merci encore. Nous, on enchaîne avec notre revue de presse. Allez, on commence avec les échos. Sécurité de l'IA, l'agenda européen n'est pas déterminé par les patrons américains de l'IA. Je ferme les guillemets. C'est Anne Le Hénor qui s'exprime ainsi dans les échos. Alors, question, carton rouge, carton vert. Vous pensez qu'on doit ralentir dans le développement de l'IA ou pas ? Oui, vert, on doit ralentir. Non, rouge, on ne doit pas ralentir.
On
est presque tous d'accord. Alain, on ne voit pas ton carton. Oui, voilà,
très bien. Et
Audrey non plus, devant le micro. Très bien. Donc, Alexandra, prioritaire, puisque vous avez un avis plus mesuré. Non,
en
fait, ce que je me dis, c'est qu
'il
faut que tout le monde ralentisse. Et donc, c'est ça qui me fait peur dans ces coups de com' qu'ils ont. Alors, au début, ils étaient contre la réglementation, l'IA acte, ils n'ont pas arrêté de taper dessus pendant des années. Et aujourd'hui, ils viennent nous voir en nous disant qu
'il
faut une réglementation mondiale, il faut encadrer ça, etc. Donc, j'ai peur que ce soit entre guillemets un discours commercial qui leur serve à eux, qui desservent les plus petits qui vont être réglementés par la suite. Mais au final, il faudrait des règles communes d'une certaine manière. Donc, ralentir, oui, mais ralentir tous. Et aujourd'hui, je ne
suis
pas sûre que ce soit le cas, en tout cas, qu'ils se visent eux-mêmes quand ils parlent de ralentir ce
genre de
technique. Allez, la parole est au carton rouge
!
Oui, Audrey. En tout cas, ce qu'on comprend,
c
'est que je pense qu'on n
'est
pas dupe, c'est qu'il y a effectivement des gros coups de com' et que leur volonté de ralentir,
c
'est aussi que maintenant qu'ils ont cette avance technologique, ils se disent, si on demande à tout le monde de ralentir, on va garder cette avance technologique et quelque part, on empêche l'innovation. Évidemment, moi,
je
suis contre empêcher l'innovation puisque c'est mon métier qu'il y ait toujours des vagues d'innovation supplémentaires. Donc, je pense que l'encadrer, ça, c'est évident. sans ralentir, l'encadrer et c'est bien ce qu'on essaye de faire en Europe et ce qui a été rappelé par la ministre. Donc, je pense qu'il faut continuer dans cette direction, être maître le plus possible de notre souveraineté européenne et de cet encadrement.
Je parle moins de réglementation que d'encadrement parce que pour moi, il vaut mieux avoir un incentive positif, c'est-à-dire pousser les gens à privilégier, surtout la commande publique mais aussi la commande privée, à privilégier des modèles plus responsables, des modèles moins invactants, des modèles plus précis, plus spécifiques que ralentir l'innovation. Non,
il
faut continuer l'innovation dans un modèle réglementé. Il
y a un peu plus car qu'on rouge
aussi
pour Alain. Il y a un peu plus
sur l'intelligence artificielle générale.
Pas seulement les petits
modèles. Pas seulement. Et parce que c
'est
là qu'eux font la course en tête et c'est là qu
'ils
veulent se séparer du reste du monde. Et je pense que tout le monde a compris. C'est juste, vous ralentissez et nous on continue. C'est fondamental que l'Europe accélère.
Oui, parce qu'en plus, ils demandent à ce qu'il y
ait
un cadre international qui fixe des règles et des limites et tout ça. Mais enfin,
ce serait, si j
'ai
bien
compris, quand même, une autorité à la façon ICAN, c'est-à
-dire
américaine, principalement. C'est international mais c'est quand même piloté par les Américains. Et puis, ce n
'est
pas contraignant commercialement. Donc, voilà. Nous, on aurait tort quand même de surinterpréter aussi leur appel à ralentir, je pense. Et moi, j'ai mis carton rouge parce que moi, j'ai au contraire, il faut accélérer. Et accélérons même dans la sécurité de l'IA où là aussi, il
y a
une opportunité vraiment de tirer notre épingle du jeu en Europe. Et
en fait, ce qu'on voit bien aussi, c'est que ces acteurs américains, ils sont là aussi très challengés par l'open source chinois, notamment. Ils voient bien qu'il y a des modèles qui sont en train de se développer, qui ne coûtent pas cher et que, voilà, s'il y a trop de modèles qui arrivent sur le marché, le prix risque de baisser, de pousser à la baisse. Ça met en question leur propre business
model. Oui. Et puis, il y a quand même cette histoire de discours marketing. Est-ce que ce n
'est
pas juste un peu du marketing, tout ça, pour dire,
regardez, notre
outil est super puissant. D'ailleurs, on l'a vu à l'événement France Digital Day,
le
France Digital Day, merci. Beaucoup de personnalités politiques reprenaient l'image de l'arme nucléaire des gens artificiels. On est d'accord que c
'est...
On revient à cette histoire d'opacité, en fait. On est complètement pendu aux lèvres de ces dirigeants-là sans vraiment comprendre ce qu'il y a derrière. Et d'ailleurs, quand le législateur essaye lui-même de comprendre en auditionnant, etc., c'est aussi très flou pour lui. Donc, c'est quand même pour moi le problème principal de cette technologie-là aujourd'hui. C'est que ce manque de transparence qui fait qu'on est tous à la merci de leur discours, en fait. Et c
'est fondamental pour
faire peur.
Surtout
de ne
pas
dire ce qu'on fait.
Si
nous, on a intérêt à se faire plus transparent aussi, à ne
pas
oublier d'être idiot et à faire ce qu'on doit faire nous de notre côté en disant non, il ne
faut
pas avoir peur. Dans la rédaction du règlement sur l'intelligence artificielle, l'AI Act, il y avait toute une obligation de transparence qui était à la base très fournie et qui a été petit à petit vidée de son sens par les lobbying et par ces fournisseurs d'IALA en disant non,
mais
ça doit être protégé par le secret des affaires, etc. Et on en vient aujourd'hui à des technologies qu'il est difficile de les encadrer, de les réglementer si on ne les comprend
pas. Est-ce que cet AI Act, justement, tiens question pour l'avocate, il nous fait quand même un peu ralentir, nous, sur l'IA en Europe ?
Pour notre propre écosystème. Chacun aura
son point de vue. Moi, je n'en suis pas si sûre. En fait, cet AI Act, pour moi aujourd'hui, sincèrement, je vais le dire comme je le pense, c'est plutôt une coquille vide. C'est-à-dire qu'il y a une obligation de cybersécurité qui ne vaut pas grand-chose. C'est un article 15 qui est tout petit. Il n'y a pas de règles de responsabilité adaptées dans cet AI Act non plus. La propriété intellectuelle, bon, il y
a
des codes de bonne conduite, etc. Mais
en
réalité, il n
'y
a pas grand-chose dans cet AI Act d'aujourd'hui.
C
'est plus une conduite éthique et une réglementation par les risques. Alors, c'est évident pour tout le monde que la notation sociale ou que la manipulation doit être interdite. C'est assez au final, aujourd'hui, je trouve, je ne
suis
pas sûre que ça freine vraiment l'innovation, surtout qu'avec l'omnibus, ces dispositions-là, elles n'entrent pas en application tout de suite. Ça va aller jusqu'en 2028. Donc, on ne peut pas vraiment taper sur les réglementations aujourd'hui pour dire que l'innovation n'avance pas en Europe. En tout cas, ce n
'est
pas le sentiment que j'ai et ce n
'est
pas le sentiment qu'on a au cabinet.
C
'est
exactement ce
qu'on recherche. On recherche un encadrement qui ne soit pas trop strict, qui ne
soit
pas trop contraignant et qui ne nous freine pas. Et après, à nous d'en faire les meilleurs usages et d'optimiser au mieux cet encadrement. Et je pense que c'est une bonne solution, justement, pour privilégier aussi des solutions européennes chez nos acteurs publics et privés. Et notamment, avec l'aide de sociétés qui viennent enlever tous les freins. On a une société en portefeuille qui s'appelle Naya qui aide à la gouvernance et à la compliance de l'AIA Act, justement.
Donc, pour toute société qui se sent un peu perdue ou qui pourrait avoir peur de cette réglementation, avec cette société comme Naya, on peut se laisser entre les mains d'experts, justement, d'experts du juridique cette contrainte, tout en évoluant, en continuant à innover, mais dans un monde encadré. C'est vraiment ce qu
'on
a besoin.
Très bien. On passe à Libé. Libération, qui titre sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Emmanuel Macron demande à Ursula von der Leyen un nouveau texte européen. Donc, il y a eu des annonces qui ont été faites par la Commission européenne. Ma question, c'est, est-ce que vous pensez, je vous ai déjà fait parier plusieurs fois sur ce sujet, mais comme il ne cesse
de revenir,
est-ce que vous pensez que ça va passer, cette interdiction des réseaux
sociaux
au moins de 15 ans en France ? Donc, oui, je pense que ça va passer. Non, je ne pense pas que ça va passer. Ah, c'est très divisé. D'accord. Alors, à qui je donne la parole ? À ceux qui pensent que ça va passer, parce que ça m'intrigue. Alors, Alain.
10 août 2026, 48 États américains poursuivent Meta. Oui. 200 milliards d'amendes potentielles. Oui. 26 août 2026, ils se font un deal, 16 milliards, et en échange, Meta.
Coupe
les réseaux sociaux entre minuit et 6 heures, interdit les notifications pendant les heures de classe, et surtout, stoppe le compteur de like, qui est un vrai problème. Le sujet,
c
'était la santé des ados. Oui.
26
août, accord américain. 27 août, la Commission européenne demande à Meta de faire la même chose en Europe.
Donc, on va y arriver.
Mais Alain, nous, le dossier était
déjà prêt avec le digital
service.
C'est ça. On avait déjà tout
été prêt. Mais attendez, c'est le moment où, on va pas être quand même plus libertarien que les Américains. Il faut arrêter. C'est
en Europe, normalement, pour protéger les citoyens. L
'interdiction totale
d
'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 40 ans. C'est ça, aujourd'hui, dont on parle. Audrey. Là, je pense qu'on
était sur un point technique légal que je vais laisser à Maître commenté. Mais j
'ai
l'impression qu'il y avait un point technique qui empêchait cette loi de passer. Mais sinon, il y avait un accord, une adhésion totale pour que cette loi, elle passe. C'est une évidence. Pas autour de cette table, non,
mais
peut-être, ailleurs. C'est vrai que le Conseil constitutionnel n'a pas censuré le fait d'interdire les réseaux sociaux, mais plutôt l'interdiction qui était globale et qui interdisait tous les réseaux sociaux, notamment les réseaux de partage de contenu de loisirs, etc. Donc c'était ça que le Conseil a censuré. Et il a mis en avant la liberté d'accès à ces services numériques comme une liberté fondamentale quand même pour les adolescents. Ça,
c
'est quand même important. C'est leur nouvelle... Enfin, nouvelle, je ne
sais
pas, mais c'est une liberté de communiquer pour ces gens-là aujourd'hui. Donc c'est pour ça que moi, je me dis... C'est mortifère. Comment est-ce que ça va... C'est-à-dire que c'est mortifère. C
'est mortifère. Mais ça dépend
quoi ?
Si on autorise
tout, on met le
verre dans le bruit.
Non, mais
d'abord,
tu citais les États-Unis. On peut faire la même chose. On peut imposer avec notre digital service Sysact, on peut imposer aux plateformes de changer leurs pratiques.
Et faisons-le sur les grosses. On fait Meta, on a Insta et Facebook et on a fait le
gros du
job.
Tu
peux demander à changer les pratiques sans forcément interdire... En fait, le
problème qui m'est
posé, c'est la vérification de l'âge systématique pour tous
les
utilisateurs. Oui, il
y a peut-être un entre-deux qui pourrait être trouvé qui est que plutôt que de choisir l'âge spécifiquement, qui est une donnée qui n'est pas forcément illustrative des problèmes que ça peut poser. Il faudrait idéalement évaluer le contexte dans lequel l'usage du réseau social est fait, l'endroit, le lieu. Il y a eu aussi une polémique sur l'utilisation des téléphones dans les lycées et les collèges. Donc, effectivement, idéalement, il faudrait rentrer dans une granularité. Et
puis, les
plateformes sont capables aujourd'hui de vérifier si les utilisateurs ont plus ou moins de 13 ans. Parce que c'est déjà interdit au moins de 13 ans,
on est d'accord. Et puis, avec l'IA, on peut
tellement
mieux targeter.
Au lieu d'utiliser ce
targeting à la publicité, on pourrait
peut-être le
targeter sur le contenu lui-même et pousser le bon contenu. Alors, je sais qu'il y avait quelqu
'un qui avait...
On va voir. On va voir qui emporte si ça marche ou pas puisqu'on était très partagés autour de cette table. On verra qui gagne à la fin. Je voulais qu'on termine quand même avec les annonces Meta. Donc là, c'est un papier de 0.1 net qui nous apprend que cette nuit, Meta a dégainé deux nouvelles lunettes connectées Ray-Ban dont une version sans caméra. Alors, qu'avez-vous pensé de... Je vais demander aux disrupteurs à l'Instaron. Est-ce que tu t'es dit que c'est une super idée de sortir des lunettes sans caméra ?
100% audio juste
pour
discuter avec son...
On avait la rentrée des classes. Oui. On avait les profs.
Alors,
j
'aime ou j'aime pas déjà les annonces de Meta
?
Sans lunettes, j'aime.
Sans caméra.
Sans caméra, pardon.
Sans
caméra.
Oui. Moi, je mets quand même... Audrey, on ne
voit
pas votre carton. OK. Donc, c
'est
avec moi qui suis rouge. Allez-y pour les verres.
Donc,
rentrée des classes, les professeurs qui disent qu'on a un vrai sujet parce que les gosses avec des lunettes dont on ne sait pas s'il n
'y a
pas des lunettes de vue filment ce qu'ils ont devant eux. Ils ont une petite oreillette et il y a quelqu'un en back-office qui leur raconte ce qu
'ils
doivent...
Oui, mais je précise
que Meta n'a pas sorti du marché les lunettes avec les caméras.
C'est juste un
nouveau modèle.
Oui, sauf qu'aujourd'hui,
il
y a ça.
Il
y a dans la vie publique, il y a plein de gens qui se disent est-ce que ce gars-là n'est pas en train de me filmer à mon insu ? Oui,
mais ça continue d
'exister.
J'entends. Ces lunettes
continuent d'exister.
Pour l'instant, il y
a
d'abord la deuxième solution qui existe
sans
caméra.
Il
n
'y a
pas de faire la différence. Oui,
c'est ça.
Et à un moment, je pense qu'il va falloir protéger cela. Enfin, on n'a pas le droit de mettre un portier devant sa porte qui filme le trottoir. On n
'a
pas le droit. Pourquoi est
-ce
qu'on a le droit de se balader des lunettes qui filment tout ? Je n
'ai
pas le droit de mettre un drone. J'ai un drone, je ne
peux
pas le mettre dans Paris parce que je n
'ai
pas le droit de filmer. Pourquoi je pourrais filmer avec des lunettes ? Ça devrait être sur le coup de la loi.
Allez, vous deux, rapidement, dites-moi pourquoi vous êtes contentes de ces annonces.
Alors non, moi, oui, j'ai mis vert, mais en fait, je ne
suis
pas forcément contente. Je pensais qu'ils avaient retiré les lunettes. Ah oui,
au final. Non,
mais ils le font. Ils ont sorti ce nouveau produit parce qu'ils sentent bien que la réglementation ou du moins l'encadrement européen est en train de se durcir sur ces sujets
-là. Et donc,
ils veulent avoir un produit qui est prêt dans le cas où ou dans les circonstances ou dans les contextes où ce serait interdit avec la caméra, tout simplement. Tout ça,
ça
va privilégier la rapidité de cet encadrement, je
pense.
Et à côté de ça, ils ont quand même sorti aussi un petit Tamagoshi, un petit boîtier pour discuter avec son IA, Muse, vachement
mimi.
Moi, je trouve ça un peu déconnecté de la réalité par rapport justement à tous les procès intentés sur
la
responsabilité de Meta vis-à-vis des jeunes. Il
faut peut-être rappeler qu'il y avait un collier qui s'appelait le collier Friends, je crois, et lui qui a été interdit de commercialisation. Donc,
potentiellement, il
a été interdit en Europe, je crois, ou en tout cas en France, justement pour des questions d'atteinte à la vie privée, de violation des données personnelles, etc. Est-ce que ça va être le sort qui va être réservé à ses lunettes ? En tout cas, on voit que c'est possible. Ça a déjà été... Ce qui est
clair, c'est que... La bonne
nouvelle d'avoir une lunette sans caméra, c'est qu'on fait exister l'alternative. Donc, on peut plus facilement interdire les
lunettes
avec caméra.
C'est déjà
le point numéro un.
Là, je suis d'accord. Oui, c'est vrai. Effectivement, c'est un bon point. Après, reste le sujet. Est-ce qu'on a envie de porter des lunettes connectées ? Moi,
je
trouve qu'en termes de produit, la montre, c'est beaucoup plus sympa. Je n
'ai
pas forcément envie d'avoir des lunettes, mais bon.
Alors là, moi, je m'oppose.
C
'est que je pense que dans les lunettes,
vous
pouvez, avec une technologie de display,
vous
pouvez intégrer aussi des informations dans la lunette en temps réel qui sont beaucoup plus... Dans certains contextes à nouveau. mais pourquoi faire ? Typiquement, dans le monde sportif, nous, on investit dans une société de lunettes connectées dans le monde
sportif.
Vous avez envie de savoir sans avoir à regarder votre monde quand vous êtes un sportif
de haut niveau. Il y a des usages
spécifiques.
Voilà, exactement. Pour
se balader dans la rue tous les jours. Allez, on passe... Je vous ai dit qu'on allait faire une découverte dans le monde du biomimétisme. Petite jingle pour accueillir cette séquence.