Dorothée Pacaud, maire de Saint-Brévin : "Il n'y a aucune raison de céder" aux militants d'extrême droite
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Bonjour Dorothée Paco.
- 0:31OuverteRéponse directe
Vous ne regrettez pas d'avoir enfilé l'écharpe de maire ?
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Vous vous y attendiez ?
- 0:47OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi face aux militants ?
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Et ce sont des habitants de la ville ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous essayez de leur parler ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous remplacez Yannick Moraes qui a démissionné après l'incendie de sa maison et diverses menaces qu'il a reçues pendant des mois alors qu'il défendait un projet de centre d'accueil pour demandeurs d'asile. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Oui, je m'y attendais effectivement puisqu'on sait qu'il y a un contexte qui est un petit peu tendu et puis on savait qu'il y avait des militants qui étaient appelés à venir. »
- 0:55PrésentateurFait
« Certains ont même fait référence à l'attaque d'Annecy en disant Annecy hier, Saint-Brévin-les-Pins demain. »
- 2:02PrésentateurFait
« Vous ne céderez pas ? »
- 2:05Invité politiquePromesse
« Ah non, il n'y a aucune raison de céder. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Alors déjà c'est un projet qui est, je le rappelle, porté par l'État. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« Tout à fait, depuis 2016. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Depuis 2016 l'accueil des personnes se passe extrêmement bien à Saint-Brévin on n'a jamais eu aucun incident. »
- 2:38Invité politiqueFait
« y compris les parents d'élèves de l'école qui est à proximité de la future localisation. »
- 3:22Invité politiqueFait
« puisque l'accueil des personnes, le droit d'asile ça correspond quand même à un droit constitutionnel. »
- 4:51Invité politiqueChiffre
« Des courriers de soutien, beaucoup. »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« Des courriers injurieux, oui, ça j'en ai reçu. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Les menaces, elles viennent surtout quand il y a des articles qui sont publiés sur une certaine presse d'extrême droite et qu'il y a des gens dans les commentaires qui se permettent de faire des commentaires vraiment menaçants et qui ne sont pas censurés sur ces sites. »
- 5:36Invité politiqueFait
« Le préfet m'a appelé des vendredis soirs. »
- 6:08Invité politiqueFait
« On a des problématiques d'accès au logement sur la commune, de mobilité. »
Temps de parole
- Dorothée Pacaud67 %
- Présentateur33 %
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Il est 6h20, bonjour Dorothée Paco. Bonjour. Vous êtes la nouvelle maire de Saint-Brévin-les-Pins, cette commune de Loire-Atlantique dont on a énormément parlé. Vous remplacez Yannick Moraes qui a démissionné après l'incendie de sa maison et diverses menaces qu'il a reçues pendant des mois alors qu'il défendait un projet de centre d'accueil pour demandeurs d'asile. Et ça continue parce que votre élection vendredi a été perturbée par une dizaine de militants d'extrême droite. Vous ne regrettez pas d'avoir enfilé l'écharpe de mer ? Non, pas du tout.
Vous vous y attendiez ? Oui, je m'y attendais effectivement puisqu'on sait qu'il y a un contexte qui est un petit peu tendu et puis on savait qu'il y avait des militants qui étaient appelés à venir.
Alors ces militants ont distribué par exemple des tracts avant le conseil municipal, il y en a d'autres qui sont apparus devant les fenêtres et certains ont même fait référence à l'attaque d'Annecy en disant Annecy hier, Saint-Brévin-les-Pins demain. Comment avez-vous réagi ?
On a continué le conseil, alors dès le début quand ils ont commencé à distribuer les tracts on leur a demandé d'arrêter et de ne pas perturber la séance et puis ensuite quand il y a des militants d'ultra droite qui se sont présentés devant les fenêtres et bien la gendarmerie est intervenue, on a continué le conseil à son terme.
Et ce sont des habitants de la ville ? Vous le savez ou pas ?
Alors ceux qui étaient dans la salle, ceux qui sont venus vraiment pour perturber à l'extérieur ne sont pas du tout des militants de la ville, ils viennent de Tours et d'Angers, ce sont des militants de l'ultra droite. Dans la salle il y avait quelques membres du collectif local.
Est-ce que vous essayez de leur parler, essayez de les convaincre ou ça ne sert à rien ?
Il y a déjà eu de nombreuses rencontres avec le collectif local mais qui effectivement n'ont jamais abouti puisque c'est l'arrêt des travaux ou rien et puis voilà à un moment donné voyant qu'ils n'auraient pas l'arrêt des travaux et bien ils se sont affiliés à des parties et des groupuscules d'extrême droite donc à partir de là le dialogue n'est plus possible.
Et ce CADA, ce centre d'accueil pour demandeurs d'asile, il va bien ouvrir dans votre ville ? Vous ne céderez pas ?
Oui tout à fait. Ah non, il n'y a aucune raison de céder. Alors déjà c'est un projet qui est, je le rappelle, porté par l'État. Et que ce centre existe déjà en fait, il est dans des locaux privés
et il va déménager pour s'installer dans des locaux publics mais il existe déjà ce centre ?
Tout à fait, depuis 2016. Et en 2016 il y avait eu quelques tensions également à l'ouverture de ce centre mais qui s'était finalement rapidement apaisé. Depuis 2016 l'accueil des personnes se passe extrêmement bien à Saint-Brévin on n'a jamais eu aucun incident. Là évidemment le centre va déménager donc il y a eu quelques inquiétudes au départ de riverains, de gens du quartier qui ont été reçus, auxquels on a expliqué le projet y compris les parents d'élèves de l'école qui est à proximité de la future localisation. Voilà, après il y a un petit groupe, c'est vraiment un petit groupe, j'insiste là-dessus qui effectivement ne veut plus discuter et veut le retrait du projet ou rien.
Donc voilà, il n'y a plus moyen de discuter avec eux.
Alors cette détermination que vous affichez, ce n'est pas une surprise pour vos proches. Votre prédécesseur Yannick Maures vous décrit comme une femme avec une main de fer dans un gant de velours. Est-ce que ça vous correspond bien ?
Je ne sais pas, en tout cas c'est sûr que je suis quelqu'un de déterminé mais lui et toute l'équipe, nous sommes des gens déterminés pour faire avancer les projets de façon générale. Là, il se trouve que ce n'est pas un projet que nous portons mais c'est un projet que nous avons accepté puisque l'accueil des personnes, le droit d'asile ça correspond quand même à un droit constitutionnel. Ça fait partie aussi des choses que l'on souhaite défendre. Donc voilà, déterminé, oui.
Yannick Maures, en plus vous connaît bien, vous étiez sa première adjointe. Est-ce qu'il vous a donné des conseils ?
Oui, bien sûr. Et puis il continue de m'en donner, je pense qu'il va m'accompagner ses premiers jours en tout cas.
Il sera là d'ailleurs demain avec vous, il y a un point presse à 11h. C'est peut-être presque une passation au pouvoir en fait. Quel conseil il vous a donné par exemple ?
Je ne sais pas, je n'ai pas de conseil à citer. Je ne sais pas, en tout cas, il vous soutient. C'est le conseil un petit peu tout le temps. Oui, tout à fait. Et puis c'est vrai que depuis six ans qu'on travaille vraiment, oui, presque en binôme, j'allais dire, on se connaît très très bien et le dialogue a toujours été permanent.
Alors vous, vous n'avez pas hésité, vous nous l'avez dit, à devenir maire, à vous présenter en tout cas. Mais avant de vous porter candidate, est-ce que vous en avez discuté avec vos proches ? Est-ce qu'eux étaient réticents, inquiets ?
Alors, bien sûr, j'en ai discuté avec mes proches. Non, il n'y a jamais eu ni réticence, ni inquiétude. Ils voient que je m'investis beaucoup déjà depuis 2014 où je suis élue. Donc voilà, évidemment, de la vigilance, ça j'en aurais. Mon mari en a également. Mais voilà, non, ni réticence, ni inquiétude de la part, ni de mon mari, ni de mes enfants.
Et vous avez reçu, vous aussi, des courriers de menaces ? Ou des courriers de soutien peut-être ?
Oui, alors, des courriers de soutien, beaucoup. Yannick Moraise en avait reçu beaucoup. Là, moi, j'en reçois beaucoup aussi depuis plusieurs jours. Des courriers injurieux, oui, ça j'en ai reçu. Mais pas de menaces ? Non, pas de menaces. Les menaces, elles viennent surtout quand il y a des articles qui sont publiés sur une certaine presse d'extrême droite et qu'il y a des gens dans les commentaires qui se permettent de faire des commentaires vraiment menaçants et qui ne sont pas censurés sur ces sites, ce que je trouve assez scandaleux. Et est-ce que vous avez une protection policière ? Il n'y a pas de protection policière rapprochée.
Mais par contre, la gendarmerie se montre présente et je sais qu'il y a une vigilance quand même, oui, autour de mon domicile.
Je vous ai posé la question parce qu'on sait qu'Yannick Moraise n'a pas caché qu'il n'avait pas été soutenu par l'État. Est-ce que ça lui avait manqué ? Vous pensez que vous, vous serez plus soutenu que lui ?
Je l'espère. Je le pense. Le préfet m'a appelé des vendredis soirs. La gendarmerie se montre très présente. Donc, j'espère effectivement que ça va continuer et puis qu'après, je n'en aurai plus besoin parce que les tensions s'apaiseront. Voilà ce que je souhaite.
J'imagine aussi que vous espérez surtout qu'on passe à autre chose pour ne pas que votre ville se résume à ce dossier. Aussi. D'ailleurs, quels autres projets portez-vous ?
Il y a beaucoup de projets qui sont déjà engagés. On a fait pas mal de projets d'aménagement, de réaménagement urbain qui vont bientôt voir le jour. Donc, moi, je vais être dans l'accompagnement de ces projets qui ont été pensés avec l'équipe municipale. Puis après, il y a plein de choses. On a des problématiques d'accès au logement sur la commune, de mobilité. Moi, la culture me tient beaucoup à cœur et depuis trois ans, je me suis beaucoup investie. Oui, c'était le dossier que vous gériez à la mairie. Exactement. Encore plus diversifié, accessible à tous. Donc, voilà. Encore plein de choses à faire pour les trois ans qui viennent.
Et pour éviter de ne parler de Saint-Brévin-les-Pins que pour ce centre d'accueil pour demandeurs d'asile. Merci beaucoup, Dorothée Paco, nouvelle maire de Saint-Brévin et invitée du 5-7 ce matin.