L'ultime débat : Sandrine Rousseau face à Yannick Jadot - 24/09
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Jean-Jacques Bourdin. Sandrine Rousseau, bonjour. Bonjour. Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. Vous êtes là tous les deux. Merci d'être là tous les deux. Je me réjouis de parler d'écologie, d'environnement, de social. Je ne sais pas. Nous verrons comment se déroule ce débat. Une heure de débat sur RMC et BFM TV jusqu'à 9h30. Ultime débat de la primaire écologiste. Avant le vote, des militants, des sympathisants, des adhérents. On ne sait pas trop d'ailleurs. Qui vote ? 122 000 inscrits lors du premier tour. Nous verrons combien de votants pour ce second tour. Trois jours de vote à partir de demain jusqu'à mardi. Alors, que les choses soient claires, je serai un arbitre ferme et impartial.
Et nous serons concrets. Nous allons procéder à un petit tirage au sort tout à l'heure. Et c'est Yannick Jadot qui prendra la parole en premier. Sandrine Rousseau pourra assurer la conclusion. Vous êtes tous les deux de gauche. Vous assumez ce positionnement politique. Est-ce que l'écologie ne peut être que de gauche, Yannick Jadot ?
Les valeurs qui fondent l'écologie sont des valeurs de justice sociale, sont des valeurs de conquête démocratique, de droits humains. Et en cela, l'écologie évidemment s'inscrit dans l'histoire de la gauche. Mais l'écologie, c'est plus que la gauche. Moi d'ailleurs, je ne veux pas trancher de ce que... Ça fait deux siècles qu'il y a des débats sur ce qu'est la gauche. Oui, ce n'est pas à moi de le trancher. Mais l'écologie, aujourd'hui, elle s'inscrit évidemment en rupture avec le libéralisme. Un modèle qui, on le voit à l'échelle mondiale, est d'une prédation extraordinairement dramatique sur les ressources.
On a eu tout cet été tous les chocs climatiques qui se sont succédés quasiment jour après jour. C'est l'affaissement, l'effondrement du vivant. Ce sont toutes les maladies chroniques liées aux pollutions. Mais cette mondialisation libérale, c'est aussi aujourd'hui une explosion des inégalités, de la concentration des richesses qui mènent à tous les populismes. Donc c'est la rupture avec le libéralisme. Mais c'est aussi l'écologie. Mais ce n'est pas la rupture avec la croissance. C'est la rupture avec le productivisme et le consumérisme.
Et ça, la gauche, et encore une partie de la gauche aujourd'hui, n'a toujours pas rompu avec cette idée qu'au fond, plus de biens, plus de consommation qui mènent à plus de prédation, c'est potentiellement plus de biens vivants ensemble. Je reviendrai tout à l'heure. Eh bien, ce n'est pas notre vision de la société. Alors, ce n'est pas votre vision, Yannick, j'adore. Parce que si on ne rompt pas avec le consumérisme, si on ne rompt pas avec le productivisme, la réalité, c'est que nous vivrons, et nos enfants vivront, un avenir extrêmement chaotique, un avenir de bière sur les ressources, un avenir de déplacement en population.
Je reviendrai sur la productivité tout à l'heure, parce que c'est aussi l'un des problèmes de fond. Quelle est votre position, lorsque vous entendez Yannick Jadot dire ce qu'il dit ? Est-ce que d'abord, vous êtes d'accord avec lui ? On dit que vous êtes une écologiste radicale. Alors, lorsque je pose la question, est-ce que l'écologie ne peut être que de gauche, que me répondez-vous ?
Je vous réponds que les personnes qui vivent le long des axes routiers et qui subissent la plus grande pollution, ce sont les personnes les plus pauvres. Je vous dis que dans les territoires où la pauvreté est la plus grande, ce sont aussi les territoires, comme par exemple en Guadeloupe et Martinique, où il y a les pollutions les plus importantes. Je vous dis que lorsque l'essence augmente parce qu'il y a une demande importante, ce sont les personnes qui ont les plus faibles revenus qui accusent le plus le coût de cette augmentation. Donc en fait, pour moi, la question ne se pose même pas en vrai.
C'est-à-dire qu'évidemment, l'écologie doit être associée à une redistribution et doit être associée à une diminution des inégalités. Parce qu'en fait, sinon, on laisse sur le bord du chemin tout un tas de personnes qui voient leurs conditions se dégrader, qui voient leur santé se dégrader, qui peuvent avoir des cancers liés à cette pollution et qui n'arrivent simplement pas à vivre, simplement pas à finir le mois. Et c'est ça, en fait, être de gauche. C'est profondément ne pas oublier ces personnes jamais dans aucune des politiques publiques que nous devons mener. Ce n'est pas la question des premiers de cordée. Moi, je ne crois pas aux premiers de cordée.
Moi, je n'ai l'œil que sur les derniers de cordée. Parce que c'est eux qui peuvent lâcher la corde et tomber. Et que la transformation écologique doit protéger ces personnes-là.
Bien, nous allons entrer dans le concret. Vous savez combien j'aime le concret. Je lisais récemment une interview d'Annalena Barbok, que vous connaissez tous les deux, qui est la candidate en Allemagne qui aimerait bien être chancelière. Ça va être un peu difficile selon les derniers sondages. Mais tout de même, elle réunit entre 15 et 20% aujourd'hui des intentions de vote. Candidate des Verts à la succession d'Angela Merkel en Allemagne. Elle veut augmenter le prix de l'essence de 16 centimes par litre. Vous aussi, Sandrine Rousseau. Vous aussi, vous voulez augmenter le prix de l'essence ?
Oui.
Combien ? Combien ? Je mets à place des Français qui vous écoutent. Combien ?
Alors c'est entre 6 et 10 centimes le litre sur une année. Oui. Entre 6 et 10 centimes ? Pendant les 5 années du mandat. Oui. Vous allez vous expliquer ? Je sais que ça n'est pas facile à entendre. Non mais je sais que ça n'est pas facile à entendre. Et je voudrais dire aux Français et Françaises qui m'écoutent et qui entendent ça et qui s'inquiètent de cette mesure, je leur dis que c'est précisément la raison pour laquelle on met en place, je mets en place, un revenu d'existence. C'est précisément la raison pour laquelle il nous faut aussi avoir une politique de démobilité, de changement de voiture et que pour tout ça, je m'engage à vous accompagner.
Mais oui, il faut que l'essence augmente. Pourquoi ? Parce que c'est ce qui pollue, c'est ce qui nous met en danger. Et quand je dis que ça nous met en danger, ce n'est pas un petit danger. C'est un danger sur l'humanité. Ça fait courir un danger sur l'humanité complète.
Donc on augmente l'essence de 6 à 10 centimes le litre.
Vous aussi, Yannick Jadot ? Moi, je suis favorable à ce qu'on appelle la TIPP flottante. Vous savez, cette idée qu'en fait, on module les taxes en fonction du prix des carburants sur les marchés. On a de toute façon une évolution qui va conduire à l'augmentation du prix des carburants. Simplement du fait des marchés, du fait du coût pour aller chercher le pétrole et tout ça. Et donc, il faut que cette augmentation, elle ne se fasse pas de manière violente parce que ça a un impact très lourd sur le pouvoir d'achat. C'est irréaliste ce que dit Mme Rousseau ? Ce que je dis... Répandez-moi, est-ce que c'est irréaliste ? Est-ce que c'est impossible ?
Non, mais ce n'est pas irréaliste dans la mesure où on peut le faire. Moi, je ne suis pas favorable, dès notre arrivée, au pouvoir d'augmenter le prix des carburants. Là, moi, ce que je veux faire, c'est d'abord donner la possibilité aux automobilistes de trouver des moyens de transport alternatifs. Je préfère, par exemple, me battre sur le forfait obligatoire mobilité durable, c'est-à-dire que les entreprises à hauteur de 800 euros par an financent le fait que les personnes se rendent à leur travail avec d'autres moyens que leurs voitures individuelles. Par exemple, le covoiturage, par exemple, les transports...
On a quand même un investissement majeur à faire sur la réouverture des petites gares, le renforcement des trains du quotidien. On a un effort majeur à faire, à anticiper notre changement de relation au travail. Il y a des gens qui veulent télétravailler un jour ou deux. Et donc, au fond, plutôt qu'aujourd'hui, faire une mesure qui va impacter celles et ceux qui ne peuvent pas se payer un logement ou une maison en centre-ville qui doit faire 20, 30, 40 kilomètres pour aller bosser ou pour aller chercher un boulot, je préfère offrir des alternatives.
Mais, encore une fois, à un moment donné, l'énergie, ça coûte cher, ça pollue et il va falloir lutter sacrément contre la pollution des transports.
Oui, Sandrine Rousseau, vous allez répondre et vous allez développer vos propositions, je le sens. Vous avez envie d'en parler. La gratuité des transports, notamment, c'est l'une de vos propositions. Mais je vous pose simplement la question. Moi, je me mets à la place de celui ou celle qui nous écoute, qui nous regarde et qui habite une petite ville ou un gros village et qui est obligée de prendre sa voiture tous les jours pour aller travailler. Ça lui coûte quoi ? Aujourd'hui, ça lui coûte 100 ou 200 euros de plus par mois. Alors, comment fait-il ? Si vous augmentez le prix de l'essence, comment fait-il ?
Ça ne fait pas 100 à 200 euros par mois. Ah, ça dépend. 6 centimes par litre, ça fait 3 à 6 euros par plein. Et on fait 4 pleins dans le mois. Mais ceci dit, c'est beaucoup. Ceci dit, c'est beaucoup. Je ne vais pas discuter là-dessus parce que je sais que pour beaucoup de personnes, c'est énorme. Là-dessus, je n'ai pas de doute. Définne-moi. Ce sur quoi je m'engage, c'est qu'à la fin de mon mandat, les personnes dont vous parlez dépensent moins en essence qu'au début de mon mandat. Et malgré l'augmentation de l'essence. Et pour cela, il nous faut renouveler la flotte de véhicules. Il faut faire des véhicules qui soient légers. Il faut développer toutes les alternatives possibles.
Il faut développer des transports en commun sur l'ensemble des territoires. Et quand on est dans un petit village, évidemment, on n'aura pas ces transports en commun. Mais on peut déjà... Oui, mais on peut aussi acheter une flotte de véhicules par les pouvoirs publics, par la commune et par l'État qui soit à disposition des personnes. Et par ailleurs, je ferai une politique d'aide pour le renouvellement des véhicules. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a vraiment, chez ces personnes-là, qui ont absolument besoin de leur voiture, aucune inquiétude à avoir sur le fait qu'elles pourront continuer à se déplacer ainsi.
Je pense notamment aux personnes en situation de handicap qui ont les plus grandes difficultés à pouvoir prendre d'autres transports que la voiture. Je dis, ne vous inquiétez pas, mais par contre, en fait, c'est une espèce de contraste. C'est-à-dire que oui, l'essence augmente, mais oui, je m'engage à mettre en place des politiques publiques qui font qu'à la fin de mon mandat, et vraiment, je m'y engage, vous dépenserez moins en essence. Mais par contre, ça nécessite d'adapter des modes de vie et d'adapter des comportements. Et oui, la voiture ne sera pas un objet de positionnement social.
Voilà, je remarque vos différences déjà. Un pragmatique et une écologie plus radicale. Ça, je le constate d'entrée. C'est ce que j'ai entendu et vu. Vous assumez d'ailleurs tous les deux, ce qui est formidable. Qu'est-ce que vous vouliez répondre ? Transport en commun gratuit,
vous n'y êtes pas favorable. La question des transports en commun, un, il n'y a pas de gratuité dans les transports en commun. Oui, parce qu'il y a quand même quelqu'un qui peut. Non, non, mais c'est toujours, c'est toujours... Mais c'est une gratuité d'usage.
C'est une gratuité d'usage.
Il n'y a pas de gratuité dans les transports en commun. Oui. C'est un enjeu de la collectivité. C'est un investissement très utile de la collectivité. Mais il n'y a pas de gratuité. La question, c'est l'accès gratuit ou pas aux transports en commun. Moi, je suis évidemment très favorable à ce que les jeunes, que les familles qui sont en difficulté aient un accès gratuit aux transports en commun. C'est ce que sont en train de développer nos mères. C'est ce que sont en train... Non, pas partout. C'est ce que sont en train de développer nos mères. Moi, je travaille beaucoup avec Damien Carême, vous savez, l'ancien maire de Grande-Synthe, qui est aujourd'hui député européen.
Il a mis en place, sur l'agglo de Dunkerque, la gratuité des transports en commun. Ça fait sens. Il n'y a pas réussi. Il a été battu, mais bon. Non, non, il n'a pas été battu. Il n'a pas été battu. À l'Amérique, il n'a pas été battu. Ah non, non, il a été maire. Il est devenu député européen. Bon, d'accord, d'accord. Non cumule des mandats. Non cumule des mandats. Donc, évidemment, il n'était plus maire. Mais il a mis en place la gratuité des transports. Pourquoi c'est intéressant ?
Parce qu'en fait, y compris Grande-Synthe, c'était une ville avec un taux de pauvreté très important, beaucoup de problèmes sociaux, et en mettant en place la gratuité des transports, mais pas simplement la gratuité des transports, une offre de transport de qualité, qui soit cadencée, qui soit confortable. Qu'est-ce que ça a donné ? Ça a donné une augmentation de la fréquentation des transports. Très bien. Ça a permis à des familles de ne pas avoir deux voitures, mais une seule voiture.
Et ça a permis, pour beaucoup de gens qui, du fait de leurs difficultés sociales, ne sortaient plus souvent de Grande-Synthe, de nouveau d'avoir accès à une mobilité qui est aussi une ouverture sur la société, qui est aussi une ouverture sur d'autres métiers, d'autres offres d'emploi, la culture, le sport. Et là, la gratuité, elle fait sens.
Non, mais je pense qu'on doit avoir un débat sur la gratuité, en fait. De quoi on a besoin absolument gratuitement dans une société pour être inclus et incluse dans cette société. Et ce que je porte, c'est que les transports, l'accès à des transports en commun puisse être gratuit dans son usage. Évidemment qu'il faut payer les transports en commun, mais ça, on peut discuter de comment on le fait. Mais surtout, c'est gratuit dans son usage. Mais ce que je prône aussi, c'est que, par exemple, les premiers litres d'eau soient gratuits, les premiers kilowattheures soient gratuits. Si après le week-end, vous décidez de laver votre voiture avec de l'eau potable, que vous payez plus cher cette eau.
C'est normal, parce qu'en fait, vous utilisez un bien commun, une ressource rare, une ressource importante, et vous l'utilisez pour un usage qui est une forme de gaspillage. Donc, ce que je voudrais, c'est qu'il y ait aussi une forme de tarification progressive sur les ressources, ce qui permet de compenser des hausses, par exemple, sur l'essence. Et ça, c'est très important, parce qu'on est sur un panier de biens indispensables, on est sur un panier de biens et de services indispensables, dont chacun a une part à égalité et gratuitement.
Bien, on va terminer sur les transports. Juste là-dessus, ce n'est pas simplement l'entrée. L'entrée, c'est le pouvoir d'achat. Oui. Et vous avez raison. Oui, je vais y revenir. Non, non, on a un énorme problème de pouvoir d'achat. Mais oui, sujet majeur. On est à plus de 10% de la part de la population qui est en situation de pauvreté. C'est inacceptable dans une société qui, collectivement, est aussi riche avec beaucoup de gens qui ont beaucoup, beaucoup d'argent. Et l'approche que je développe, il y a beaucoup de dépenses contraintes. Les transports, on en a parlé. Le gaz, l'énergie. L'énergie, aujourd'hui, le numérique. Le numérique. Le numérique, parce que c'est un enjeu.
Et le projet que je porte, le projet que je porte, à partir du moment où vous investissez dans la rénovation thermique des bâtiments. Et ça sera à zéro frais pour les 2 millions de familles les plus pauvres qui souffrent de précarité énergétique et qui vivent dans des passoires énergétiques. Vous savez, ces maisons qui... On fait froid l'hiver. Il fait chaud l'été. Les enfants sont malades. C'est insalubre. C'est inacceptable.
Eh bien, quand on investit sur la rénovation thermique des logements, quand on investit sur la construction de logements sociaux, qui est une catastrophe sous ce gouvernement, quand on met en place l'accès gratuit au transport, quand je propose de baisser la TVA sur ce qui est réparable, recyclable, réutilisable, sur ce qui est biologique, sur ce qui nous fait du bien, eh bien, l'addition de ces économies d'énergie, c'est ce que j'appelle le 13e mois écolo du pouvoir de vie.
C'est-à-dire que vous avez l'équivalent d'économies qui vous donnent un 13e mois à la fin de l'année pour permettre d'accéder, de mieux vivre et potentiellement d'accéder à la culture, au sport, de pouvoir partir en vacances. C'est ça le programme écolo.
Alors, l'énergie, il faut la produire. Et comment produire l'électricité ? Eh bien, aujourd'hui, en France, on produit majoritairement l'électricité avec du nucléaire. Et Sandrine Rousseau, vous voulez sortir du nucléaire en 2050, terminé. Plus de nucléaire en France. Alors, comment allez-vous faire ? Moi, j'aimerais savoir parce que, quand même, c'est une énergie qui est disponible à la demande, le nucléaire.
Il y a plusieurs études. Il y a des études, l'ADEME, RTE, Négawatt, qui toutes disent qu'on peut sortir du nucléaire en 2050 et avoir un mix énergétique complètement renouvelable. Ce que vous ne dites pas, alors que vous venez de parler de pouvoir d'achat, c'est que le nucléaire augmente les prix. Le prix du nucléaire a augmenté de 26% sur les 10 dernières années. Et ça va encore augmenter. Pourquoi ? Parce que une partie... Sauf si on construit de nouvelles centrales. Pourquoi ? Même si on construit des nouvelles centrales. Ça sera pire. Parce qu'en fait, on est à la croisée des chemins. Soit on prolonge les centrales actuellement. Et ça s'appelle le grand carénage.
Et le coût estimé de ce grand carénage, c'est 100 milliards d'euros. 100 milliards d'euros. Ça veut donc dire que ces 100 milliards d'euros se répercuteront sur le prix de l'électricité. Soit on construit des EPR, ce qui est aujourd'hui dans les cartons du gouvernement. 6 EPR. On a un seul EPR en France aujourd'hui qui est Flamanville. Au départ, il devait coûter 3,3 milliards d'euros. Là, le coût estimé est à 19 milliards d'euros. Donc, multiplié par 6, je vous laisse faire les calculs. Les EPR seront plus petits. Ça veut dire que vous qui parlez de pouvoir d'achat, le nucléaire augmente la contrainte sur le pouvoir d'achat, diminue la capacité des personnes à user de l'électricité.
Oui, Sandrine Rousseau. si on s'intéresse au pouvoir d'achat, le seul truc qu'il y a à faire, c'est de ne surtout pas continuer le nucléaire.
Est-ce que le nucléaire est une énergie écologique ? Je vous pose franchement la question.
Pas sur les déchets. Non, pas sur les déchets, mais le GIEC.
Vous respectez le GIEC tous les deux.
Oui, et la moitié des scénarios... Vous savez ce que dit le GIEC ? La moitié des scénarios...
Le nucléaire émet 12 grammes de CO2. Vous connaissez ces chiffres par kilowattheure. Le solaire, 41 grammes de CO2 par kilowattheure. L'hydraulique, 24 grammes. L'éolien, 11 grammes. Oui, mais l'éolien est contesté. Vous le savez.
Partout. La moitié des scénarios du GIEC porte sur une diminution du nucléaire. La moitié. Et les seuls scénarios du GIEC qui continuent le nucléaire tel qu'il est actuellement, ce sont les scénarios qui nous emmènent à la catastrophe.
Donc le GIEC nous emmène à la catastrophe dans ses conclusions.
Non, ce que dit le GIEC, c'est que si on continue le nucléaire, en fait on ne peut pas mener de front une politique de développement des énergies renouvelables et on ne peut pas mener de front une politique de sobriété et d'efficacité énergétique. Or aujourd'hui, la priorité elle est sur l'efficacité énergétique et la sobriété est le mix.
La sobriété c'est intéressant. Sobriété ça veut dire qu'on ne peut pas consommer d'électricité quand on en a envie. Ça veut dire que je ne peux pas allumer. C'est ça la sobriété. Bien sûr que non. C'est quoi la sobriété ?
La sobriété c'est que entre deux appareils qui consomment de manière différente vous prenez le plus faible. La sobriété c'est que dans votre appartement ou dans votre maison il y a eu une rénovation énergétique du bâtiment qui fait que vous dépensez moins.
Mais avec une énergie intermittente. Comme l'énergie renouvelable.
Toutes les énergies renouvelables ne sont pas intermittentes. Il y a la biomasse, il y a la géothermie qui ne sont pas du tout intermittentes. Et par ailleurs, aujourd'hui, on a des techniques et des technologies qui nous permettent
de compenser cette intermittence. avec mes questions.
Non, pas du tout. J'adore. Je le fais exprès. Je vous provoque. Vous savez, ça fait 30 ans que dans notre pays on n'a pas pu débattre du nucléaire. Oui. Parce qu'on a eu une communication d'État, une communication d'EDF qui a tué le débat sur l'électricité. Vous avez raison, le nucléaire ça n'est que l'électricité. Oui. Donc c'est 20% de notre énergie, le nucléaire. Et tout le débat dans notre pays il est autour du nucléaire. Alors que finalement c'est une part marginale de nos besoins en énergie.
Le nucléaire est un débat très français en vrai.
Mais vous parlez du GIEC. Quand vous parlez du GIEC, vous parlez de la situation mondiale. Il faut... On en est à quasiment... Attendez, attendez. On en est à 17 ans pour construire un EPR. Mais c'est dans les 5 ans qu'il faut agir sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout à la fois le nucléaire est dangereux. Il y a quand même eu Fukushima. Enfin, on ne va pas oublier qu'un réacteur nucléaire ça peut péter. On a quand même régulièrement des incidents dans nos centrales nucléaires qui sont très inquiétantes. Les autorités de sûreté nucléaire le rappellent. Sandrine l'a dit. Les déchets après 50 ans de nucléaire on ne sait toujours pas quoi en faire.
On sait à peine démanteler une centrale nucléaire. Mais surtout aujourd'hui quand vous avez des énergies renouvelables qui sont deux fois moins chères que le nucléaire deux fois moins chères que le nucléaire que les énergies renouvelables créent trois fois plus d'emplois que le nucléaire. Et juste un chiffre au niveau mondial et c'est encore plus fort au niveau mondial 80% des nouvelles capacités de production électrique qui sont installées ce sont les énergies renouvelables. Alors est-ce que la France se met avec la Chine et la Russie qui ne sont quand même pas des grandes démocraties qui ne sont quand même pas des pays on en met bien.
Les Etats-Unis la Grande-Bretagne développent le nucléaire.
Vous n'avez pas une construction de réacteurs nucléaires aux Etats-Unis ils ferment les projets. La réalité c'est qu'ils ferment les projets. Vous savez ce que ça a donné la fermeture d'une centrale nucléaire
aux Etats-Unis ? Les gaz de schiste. Les gaz de schiste. Oui oui mais oui et le seul c'est faux Jean-Jacques Bourdin vous voulez que je vous donne l'état ? Jean-Jacques Bourdin
Jean-Jacques Bourdin le seul EPR qui fonctionne aujourd'hui dans le monde il fonctionne à Taishan en Chine. Ils ont été obligés de le fermer parce que ce réacteur nucléaire fonctionne mal. Alors est-ce qu'à un moment donné on crée des entreprises sur nos territoires tous les services liés aux énergies renouvelables et qu'on économise l'énergie et qu'on est dans le train de l'innovation des entreprises de territoire ou est-ce qu'on s'enferme dans le nucléaire ?
Je vais être d'accord avec vous sur une chose
Ah ça me fait plaisir
C'est qu'en effet on ne peut pas arrêter le nucléaire en ne regardant pas la consommation énergétique que nous avons et en ne changeant rien à notre consommation énergétique je suis d'accord avec ça parce que si on le fait sans changer notre consommation énergétique alors on développe des énergies Donc on est obligé
de se serrer la ceinture si on ferme les centrales nucléaires Oui Bah si Pourquoi se serrer la ceinture ? Non se serrer la ceinture mais consommer d'accord vous allez me dire consommer autrement 100 milliards d'euros
100 milliards d'euros c'est l'équivalent de tout le plan Covid 100 milliards d'euros pour juste sauver le nucléaire Jean-Jacques Bourdin
l'écologie c'est pas prendre une douche froide dans le noir une fois par semaine c'est pas ça l'écologie Vous êtes sûr ? L'écologie Je me suis dit c'est très bon
pour la santé
L'écologie c'est être responsable c'est de choisir ce qui nous fait du bien et aujourd'hui ce qui nous fait du bien c'est à la fois lutter contre le dérèglement climatique et c'est lutter en matière énergétique contre la précarité énergétique qui s'installe dans notre pays
Il y a une question de prix et je dis aux ménages qui nous écoutent que si vous voulez pas que votre facture électrique s'envole vraiment le nucléaire n'est pas la solution
Et consommez moins
Et consommez moins
Bien alors je vais terminer avec le nucléaire on va passer à autre chose au pouvoir d'achat parce que j'y tiens beaucoup mais il y a un aspect du nucléaire dont personne ne parle jamais c'est le nucléaire militaire La France disposait fin 2017 je dis bien fin 2017 ce sont les derniers chiffres que j'ai trouvé de 300 armes nucléaires Faut-il les réduire ? Sandrine Rousseau
Oui Et il faut reprendre la désescalade nucléaire On a arrêté ce désarmement nucléaire et il faut le reprendre de manière unilatérale Est-ce qu'il faut abandonner
la dissuasion nucléaire ?
Oui La France doit le faire de manière unilatérale pour engager un dialogue avec les autres Et il faut que la France s'engage dans un processus mondial de désarmement nucléaire
Oui Vous savez qu'il y a un traité international sur l'interdiction des armes nucléaires ?
Oui Et qui aujourd'hui n'est plus respecté
Comment ?
Par exemple quand on voit les sous-marins la crise des sous-marins avec l'Australie ces sous-marins ne sont pas des sous-marins nucléaires mais sont à propulsion nucléaire et en fait il y a toute une frange des armes qui relance le nucléaire sans le dire et la désescalade nucléaire est indispensable et en l'occurrence on a abandonné ça à un moment où le monde se tend et à un moment où on a une confrontation entre les États-Unis et la Chine
vous croyez qu'aujourd'hui la dissuasion nucléaire est inutile franchement
je pense que la dissuasion nucléaire ne nous permet pas
dans l'équilibre du monde elle est inutile nous dans notre place la France la place de la France dans le monde
la place de la France dans le monde est d'encourager nos partenaires à diminuer leur dissuasion nucléaire oui comme on l'a fait pendant la première guerre froide exactement
Yannick Jadot vous avez beaucoup d'anciens chefs d'État et de gouvernement il y a encore quelques années de Jimmy Carter à Michel Rocard qui disaient combien au fond ce qu'a été l'équilibre de la terreur pendant la guerre froide la dissuasion nucléaire n'est plus d'actualité parce qu'en fait le risque aujourd'hui il est d'abord qu'un État voyou ou un groupe terroriste s'empare de l'arme nucléaire c'est ça le risque aujourd'hui en matière de prolifération pourquoi il y a une telle inquiétude autour de la prolifération c'est que vous avez des matières fissiles de type uranium enrichi de type plutonium qui circulent dans le monde ou qui peuvent circuler dans le monde et devenir et enclencher un drame absolu et donc évidemment la France doit retrouver l'envie de la France
abandonner la dissuasion nucléaire
moi je ne pense pas que la France doit abandonner seule la dissuasion nucléaire en revanche je pense que la France doit prendre un rôle de leadership au niveau notamment européen avec la Grande-Bretagne il faut retrouver le lien avec la Grande-Bretagne qui est la deuxième puissance non mais la Grande-Bretagne a réduit sa capacité nucléaire elle a réduit y compris à une seule dimension et donc il faut reprendre des initiatives y compris pour faire revenir d'abord les Russes et les Américains à la table des négociations parce que Trump a dénoncé avec Poutine un certain nombre d'accords nucléaires qui devaient réduire le niveau des armes mais il faut engager ce processus de désarmement il faut supprimer la prolifération dans un moment qui est un moment d'angoisse et d'inquiétude très forte de nos concitoyens autour de l'instabilité mondiale et c'est un processus aussi de pédagogie
on arrête la construction de sous-marins nucléaires il y en a un qui est en construction actuellement les sous-marins nucléaires d'attaque et on abandonne vous ou non pour Sandrine Rousseau oui on abandonne la dissuasion
on entame le processus d'abandon bien sûr
on va parler pouvoir d'achat je vais comme Sandrine Rousseau du retard je vais commencer avec vous vous proposer pour remplacer le RSA un revenu d'existence un revenu d'existence à 850 euros pour qui et à quel âge
dès 18 ans pour tout le monde dès lors qu'on a un revenu en deçà d'1,5 fois le SMIC
c'est à dire si je gagne moins d'1,5 fois le SMIC je bénéficie de ce revenu mais si je gagne 1000 euros par exemple je bénéficie de ce revenu ça fait 1850 euros et le SMIC vous en faites quoi est-ce que vous l'augmentez est-ce que vous le passez à 1400 euros net comme le propose Jean-Luc Mélenchon tiens par exemple
le SMIC il va y avoir un effet mécanique en fait d'augmentation du SMIC parce que justement avec un revenu d'existence à 850 euros il y aura une pression un peu à la hausse des bas salaires mais je le dis en tant qu'économiste mais moi je voudrais que le SMIC augmente de 10% sur le mandat oui et ça fait 150 euros de plus il faut que tous les salaires
qui sont au-dessus du SMIC augmentent aussi
et ce sera mécanique c'est le vrai problème mais vous savez qu'en France on a une structure des salaires qui est très particulière c'est-à-dire qu'en fait on a une concentration des salaires autour du SMIC et pourquoi ?
parce que les politiques publiques successives d'emplois ont diminué les cotisations sociales sur les bas salaires ce qui fait qu'en fait il y a une espèce de trappe à bas salaires où les entreprises utilisent ces baisses de cotisations pour ne pas augmenter les salaires des salariés ce qui est très différent d'autres pays comme l'Allemagne par exemple donc ça c'est une des politiques à revoir pour que les salaires augmentent il faut arrêter cette baisse de cotisation uniquement sur les bas salaires
alors Sandrine Rousseau 850 euros donc c'est un coût de 130 milliards d'euros j'ai vu ça a été chiffré 850 euros sans aucune contrepartie
non
aucune contrepartie
non un revenu d'exigence je ne fais rien
je touche 850 euros
mais la transformation
je n'ai aucune formation je touche 850 euros oui je suis j'ai envie de rester vivre chez mes parents je touche 850 euros oui
bien sûr pour ne rien faire mais la transformation écologique c'est un revenu d'existence la transformation écologique consiste à ralentir notre rythme et donc oui il faut revaloriser les temps de non-travail oui il faut valoriser oui il faut valoriser des temps de non-travail oui il faut le rester chez soi dès 18 ans il faut dire aux jeunes dès 18 ans ils ont le droit à un revenu d'existence et au fond c'est quoi le problème ?
non mais je vous pose la question moi je ne juge pas je vous pose la question
au fond c'est quoi le problème ?
vous dites oui je dis oui
je dis oui aujourd'hui on a développé des politiques d'emploi dégradés pour obliger les personnes à sortir de chez elles on a développé les emplois de basse qualité ce sont des emplois qui ont des horaires morcelés ce sont des emplois qui sont difficiles ce sont des emplois qui cassent les corps et on a fait ça en disant il n'est pas juste que vous restiez chez vous et pourquoi ? pourquoi au fond ? pourquoi on n'aurait pas le droit d'avoir des temps de non-travail dans notre vie ? pourquoi on n'aurait pas le droit d'avoir des pauses
dans notre carrière professionnelle ? c'est ta vie c'est sans limite
c'est toutes les personnes de 18 ans mais Benoît Hamon avait parlé d'un revenu universel moi je sais ce n'est pas un revenu universel parce que ça ne va pas jusqu'en haut de l'échelle mais c'est un revenu d'existence oui et dans la transformation
vous êtes obligé de revaloriser évidemment l'allocation adulte handicapé vous êtes obligé de revaloriser toutes les allocations voisines
ça fusionne une partie des allocations et notamment les allocations avec le RSA par exemple qui existent déjà donc en fait c'est une augmentation du revenu
je vais en parler avec Yannick Jadot mais je continue sur votre programme pouvoir d'achat je vois donc on est bien d'accord ce revenu d'existence 850 euros je regardais 4 jours de travail par semaine retraite à 60 ans c'est bien cela augmentation du SMIC donc mécaniquement c'est travailler moins pour gagner plus
c'est travailler moins pour gagner plus dans les bas salaires et les emplois les plus dégradés et c'est par contre diminuer la richesse des plus riches oui parce que la transformation écologique elle nécessite qu'il y ait une diminution des inégalités aujourd'hui celles et ceux qui ont une empreinte écologique la plus forte c'est à dire celles et ceux qui émettent le plus de carbone sont les 10% les plus riches de la population et on a eu de cesse que de diminuer leurs impôts et n'ont eu de cesse que d'augmenter leur richesse pendant la crise du Covid ce sont eux qui se sont le plus enrichis en fait on revient juste à un niveau on revient juste à un niveau d'inégalité qu'on a connu il y a quelques années c'est à dire c'est pas révolutionnaire comme proposition c'est juste de dire qu'on revient à un niveau d'inégalité d'avant et quand on a créé le RSA quand on a créé le RSA ou le RMI tout le monde disait mais c'est un encouragement à rester chez soi est-ce qu'aujourd'hui vous constatez réellement que les personnes ont eu une attitude vis-à-vis de l'emploi qui était différente et par ailleurs moi je prône le fait que oui on puisse avoir des pauses dans son temps de travail qu'on puisse diminuer la part du travail dans notre vie c'est pour ça que la semaine de 4 jours d'abord pour les entreprises qui sont volontaires et puis ensuite on développera et bien ça permet de retrouver du temps pour soi ça permet aussi de ne pas être tributaire d'une espèce de folie d'organisation qui consiste à consommer aussi toujours plus ça consiste à avoir du temps et du temps de vie avec sa famille du temps pour faire du sport du temps pour s'investir dans les associations du temps pour aller bénéficier des biens culturels pour faire de la créativité c'est un temps en fait qui n'émet pas de CO2 donc c'est un temps qui n'a aucune incidence écologique et qui par contre est un temps où on se retrouve soi-même mais c'est enthousiasmant en fait
vous êtes dans des accords sur quoi ? il y a beaucoup de sujets évoqués je vais vous dire 850 euros vous proposez 600 une augmentation vous proposez une augmentation du RSA actuel et les 4 jours de travail par semaine vous êtes pour ou pas ?
alors sur ce que j'appelle le revenu citoyen c'est un peu le revenu d'existence revenu universel moi ce que je propose c'est que effectivement dès notre arrivée ce soit le RSA plus 100 euros que dans le quinquennat on soit au niveau du seuil de pauvreté donc 880 890 je ne sais pas
le RSA il est à 565 euros
il y a 1000 euros donc autour qu'on finisse au niveau du seuil de pauvreté c'est à dire qu'en fait on éradique la misère grâce à cette mesure mais c'est vrai que moi je m'inscris dans la filiation de ce qu'a porté Benoît Hamon en 2017 c'est à dire qu'en fait c'est le RSA plus la prime d'activité c'est à dire qu'en fait ce que vous touchez est dégressif en fonction des revenus qui rentrent mais c'est effectivement dès 18 ans et moi je veux qu'on sorte d'une politique familialiste dans notre pays où au fond on considère qu'un jeune adulte jusqu'à 25 ans il est juste l'enfant de ses parents moi je veux renforcer l'autonomie des jeunes je veux éradiquer la misère et donc les jeunes pour toucher il faut faire une déclaration d'impôt parce que ça peut pas être à la fois les jeunes des parents et à la fois avoir cette autonomie et puis sur sur la question vous savez c'est très marrant j'écoute les débats à droite comme vous et comme le gouvernement c'est en permanence la valeur travail la valeur travail la valeur travail mais ça existe la valeur travail mais attendez ça existe non mais attendez j'y arrive oui c'est quand même assez extraordinaire que c'est le gouvernement la droite et l'extrême droite parlent en permanence de la valeur travail pour sacrifier les travailleurs et les conditions de travail vous avez quand même un gouvernement qui a l'ambition de mettre en place une réforme de l'assurance chômage qui va appauvrir déjà les plus fragiles les plus pauvres de mettre en place une réforme des retraites qui va rendre qui va pénaliser les plus fragiles les plus durs on n'en sait rien de cette réforme celles et ceux qui vivent dans les conditions de santé les plus difficiles alors moi je vais vous dire ce que je veux faire en arrivant chaque euro d'argent public je l'ai dit donné aux entreprises au marché sera conditionné au climat à la justice sociale et égalité femmes hommes qu'est-ce que ça veut dire conditionner la justice sociale vous avez les caissières les caissiers les livreurs les métiers de l'alimentaire toutes celles et tous ceux qui nous ont permis à la société de tenir pendant cette pandémie les métiers du nettoyage les métiers du nettoyage les aides à domicile ce sont des salaires plus bas que la moyenne ce sont des conditions de travail difficiles beaucoup de précarité de statut et bien on imposera à ces secteurs des négociations avec obligation de revoir à la hausse les salaires d'améliorer les conditions de travail et d'avoir des statuts qui protègent davantage les salariés Sandrine Rousseau
juste parce que là tout à l'heure il y a eu un débat un peu radicalité versus pragmatisme et je voudrais juste dire que là le seuil de pauvreté il est à 1000 euros donc si ça dépend ça dépend pas le seuil de pauvreté il est à 1000 euros
non il y a un seuil de pauvreté qui a 50% du revenu médian et un seuil de pauvreté qui a 60% du revenu médian et combien le revenu médian combien le revenu médian
enfin non la norme internationale de calcul du seuil de pauvreté c'est 60% du revenu médian c'est 1000 euros et donc il y a aussi les associations
qui luttent contre la pauvreté qui sont sur le seuil de pauvreté à 880 euros
ce que je veux juste dire c'est que voilà si après si tu dis on monte à 890 en fait on a un projet qui se qui se qui se qui se rassemble enfin qui converge très bien mais juste à un moment le truc du seuil de pauvreté c'est que 1000 euros aujourd'hui et ça aussi on ne peut pas faire un revenu qui nous permette qui permette à tout le monde d'être au-dessus du seuil de pauvreté ce qu'on peut par contre faire c'est augmenter le revenu d'existence pour que personne ne soit en dessous de 850 euros et que par ailleurs on offre un ensemble de biens et de services comme je l'ai dit tout à l'heure sur l'eau comme je l'ai dit sur l'électricité comme je l'ai dit sur les transports qui fassent que toute personne en fait et quel que soit son niveau de pauvreté puisse vraiment vivre dignement et en fait c'est un pouvoir de vivre que je propose dans le programme et aujourd'hui on a besoin de retrouver ça parce que vous savez que la crise du Covid a plongé énormément de personnes dans la pauvreté et qu'aujourd'hui les demandes de RSA explosent donc c'est nécessaire en sortie du Covid
il faut dire la force des maires écolo à Grande-Synthe j'ai cité Damien Kame qui au niveau de sa municipalité avait fait en sorte que personne ne vive sous 880 euros et c'est l'initiative et la politique extrêmement forte du maire Bruno Bernard de la métro de Lyon qui a mis en place aussi un revient de solidarité pour les jeunes pour éradiquer la misère alors je reviens à la responsabilité des écologistes je reviens à la productivité
parce que ça m'intéresse beaucoup est-ce qu'il faut produire plus en France je vous pose franchement la question tout le monde parle de relocalisation vous aussi est-ce qu'il faut produire plus en France Sandrine Rousseau
alors il faut une relocalisation donc il faut produire plus en France mais avec un choc de productivité négatif
alors attendez il faut produire plus avec un choc de productivité négatif alors expliquez-vous parce que moi je suis basique ce qui est produit en Chine actuellement
doit être produit
en France vous serez d'accord avec moi donc il faut produire plus en France puisque tous ces biens importés de Chine doivent être produits en France donc il faut produire plus la France devient un vaste chantier industriel Sandrine Rousseau
il faut consommer moins et produire plus en France
consommer moins
et produire plus
oui mais si vous consommez moins il y aura moins d'acheteurs donc vous n'allez pas produire plus
mais si parce qu'aujourd'hui il y a 60% à peu près de nos biens qui viennent qui viennent d'en dehors de l'Europe mais c'est ce que je dis donc on doit absolument relocaliser et faire en sorte qu'une partie de la production se fasse en France mais quand je parlais produire pour vendre oui mais je veux dire on a quand même donc pour consommer non mais si on diminue la consommation et qu'on relocalise l'économie il y a quand même plus d'industries en France c'est à dire qu'en fait aujourd'hui on importe tellement on importe tellement de biens que même si on diminue notre consommation il y aura de toute façon de l'activité supplémentaire en France mais surtout quand je parle de choc de productivité négatif c'est que par exemple en agriculture si vous passez d'une agriculture intensive à une agriculture biologique ou si vous développez les services notamment les services de soins de santé si vous développez toutes les activités de culture etc tout cela nécessite plus d'emplois que des activités purement de production de biens donc en fait le projet écologiste c'est un projet qui crée des emplois qui en détruit aussi sur certains secteurs mais qui en crée beaucoup et c'est en cela que c'est une révolution de notre manière de fonctionner et c'est pour ça que Delphine Bateau par exemple parlait beaucoup de décroissance et elle a raison sur le fond on doit diminuer on doit diminuer notre volume de consommation mais non mais c'est ce que je dis depuis le début on doit diminuer notre volume de consommation par contre on doit développer nos services et on doit développer ce qui crée le lien dans la société et ce qui fait qu'en fait on vit bien et c'est ça le projet écologiste mais oui ça passe par des relocalisations
relocalisation production doit produire plus en France
bien sûr bien sûr vous savez que je me bats depuis 10 ans 20 ans pour qu'on ait une vraie politique industrielle dans notre pays une politique industrielle autour de la réduction du carbone des matières de la consommation de l'eau des matières premières et évidemment plus d'usines
plus d'unités de fabrication
une industrie qui offre les biens dont nous avons besoin en réduisant fortement la pollution et l'empreinte carbone deux exemples j'étais il y a trois jours à Sevran pour visiter une entreprise qui est en train de récupérer la terre vous savez l'excavation du Grand Paris de cette terre sans la cuire ils arrivent à faire de formidables matériaux de construction ils font des matériaux de construction qui rendent les bâtiments très confortables les maisons très confortables et ça crée de l'emploi à Sevran à la fois des emplois très qualifiés et de l'insertion deuxième exemple vous savez mon combat pour l'effet européen ces usines de silicium de Savoie et d'Isère qui sont en train de se fermer et je rencontrerai tout à l'heure encore les salariés ces usines sont en train de se fermer alors que le silicium on en a besoin pour établir en France une grande filière du photovoltaïque comme des batteries électriques et bien si on ferme ces entreprises le silicium viendra de Chine du Xinjiang où les Ouïghours sont en situation de quasi-esclavage et bien je le dis nous allons nous écologistes avoir une grande politique industrielle pour la France et pour l'Europe et vous savez le scandale qui est en train de se passer à Bercy vous savez qui est en train de gérer pour le gouvernement français la politique de réindustrialisation le Boston Consulting Group le gouvernement alors qu'on a Bayrou qui à un moment on peut l'espérer va se réveiller sur la question du futur de notre pays on a des experts on a des ingénieurs de talent encore une fois on prend des groupes d'études qui sont même pas européens pour penser notre politique industrielle je trouve ça profondément choquant je trouve ça scandaleux et bien nous serons celles et ceux les écologistes qui remettront de l'emploi et moi je suis prêt même quand il s'agit de ferropèmes ou des fonderies du Poitou que l'Etat abandonnait les ferropèmes que l'Etat abandonne je suis prêt à des nationalisations temporaires pour garantir que ces outils de production ces savoirs ces compétences ne disparaissent pas dans notre pays ne disparaissent pas de notre pays
je voudrais juste avoir un mot pour les artisans de France parce que l'écologie c'est profondément en fait un renforcement de l'artisanat et plus que des grands groupes industriels plus que des multinationales c'est s'appuyer sur un tissu d'entreprise petite et moyenne sur le territoire et en l'occurrence on parle très peu d'artisanat dans cette campagne or c'est aujourd'hui une des vitalités économiques de notre pays et l'artisanat ça permet à la fois d'avoir des produits de qualité mais aussi des produits réparables des produits que l'on peut suivre sur le temps et juste dire que quand on parle de relocalisation de l'activité je voudrais dire que ce sont les artisans qui vont les premiers bénéficier de cette relocalisation c'est-à-dire que ça n'est pas vrai qu'on va avoir des grosses entreprises qui vont arriver et s'installer en France il y en aura quelques-unes mais ce sera surtout en fait le développement d'une activité de proximité et donc ça répond aussi à la question que vous posiez tout à l'heure de savoir parce que j'entendais bien dans le revenu d'existence est-ce que les personnes vont rester chez elles et est-ce qu'elles ne travailleront pas mais au contraire il y aura une espèce de valorisation de ce travail qui est véritable en fait l'artisan
lui il pense quoi l'artisan il roule avec sa camionnette diesel oui c'est pour ça qu'on l'accompagnera si vous lui augmentez le carburant de 10 centimes le litre il ne sera pas très content je vous le dis tout de suite
mais c'est pour ça que je lui propose de changer sa camionnette voilà et c'est pour ça que je fais en sorte qu'à la fin de mon mandat il paye moins en essence cet artisan mais que par contre il ait son métier qui soit valorisé et qu'il ait des carnets de commandes qui soient pleins pour les prochaines années qui viennent et ça c'est la transformation écologique
les artisans ils aiment bien leurs camionnettes oui ils adorent parce que souvent ils en ont besoin surtout non mais surtout elle est installée à l'intérieur parce que c'est leur entreprise qui se déplace évidemment et donc il y a une bonne solution pour ça ça s'appelle le rétrofit et vous avez plein d'entreprises qui essayent de se monter en France où vous changez votre moteur thermique pour un moteur électrique mais pour ça vous le savez il faudrait que le gouvernement fasse son boulot en matière d'installation des bornes électriques mais c'est une bonne façon au fond de changer une motorisation qui pollue en une motorisation qui pollue
vous n'êtes pas d'accord qui pollue un peu moins
mais je voudrais dire
attendez Sandra Nousseau n'est pas d'accord
je vous vois moi je trouve que l'électrique c'est pas une solution vis-à-vis du thermique et que finalement mieux vaut changer l'efficacité des moteurs thermiques que développer massivement de l'électrique mais ceci dit il faudra un mix c'est-à-dire qu'il faudra aider l'électrique l'électrique c'est pas la solution la voiture électrique vous aurez encore votre camionnette
mais la voiture électrique c'est pas la solution
mais la voiture électrique c'est important
j'ai vu que vous vouliez supprimer vous vouliez supprimer les voitures la vente de voitures thermiques des SUV
oui
des SUV pourquoi les SUV
parce que les SUV c'est des véhicules qui sont extrêmement lourds qui consomment énormément et en fait il n'y a pas d'utilité à être transporté
si vous êtes élu c'est l'une des premières mesures que vous prenez
la première mesure que je pense c'est le revenu d'existence
oui ça je sais ça je sais oui vous vouliez ajouter quelque chose sur
quand je parlais tout à l'heure de la baisse de la TVA oui sur les biens réparables vous savez nos collègues verts en Suède ont mis ça en place ils ont divisé par deux la TVA pour pouvoir réparer sa télévision vous savez qu'on jette quasiment 40% des téléviseurs qui sont en panne ils pourraient être réparables oui alors qu'en fait ils ne sont jamais réparés donc c'est un gaspillage de ressources en ça on réduit les flux de matière c'est les vélos c'est les vêtements on a un effort considérable à faire sur le textile il y a une explosion de la consommation de textiles qui est extrêmement polluante simplement parce qu'on a perdu le sens de la durabilité des vêtements au-delà des modes de consommation et bien c'est cette incitation à la fois à supprimer l'obsolescence programmée c'est ce qu'on appelle parfois dans un jargon que personne ne comprend l'économie circulaire mais l'économie circulaire en matière de rélocalisation c'est énorme ça veut dire que vous avez des entreprises et des services qui s'installent sur votre méritoire et qui fonctionnent en cercle et je voudrais juste citer un exemple très vite de David Cormand député européen on est en train de gagner au Parlement européen le chargeur universel vous savez le chargeur de téléphone on passe son temps à les changer on passe son temps à les racheter et c'est toujours très cher et bien nous sommes en train de gagner le chargeur universel ça peut paraître anecdotique non non ça ne l'est pas mais ce sont des vraies dépenses contraintes exactement
bon les impôts quels sont les impôts que vous augmentez parce que vous augmentez les impôts si vous arrivez au pouvoir
les impôts sur le patrimoine et les impôts sur le revenu pour les 10% les plus riches c'est à dire augmenter créer une tranche supplémentaire pardon
45% aujourd'hui vous allez jusqu'à combien ?
je pense qu'il faut aller jusqu'à 80% et je sais que ça n'a pas c'est à dire
alors les plus riches la richesse commence à combien ?
le revenu médian en France c'est à 1700 euros donc c'est 4-5 fois le revenu médian
c'est à dire à 5000 euros 5000 euros si je gagne 5000 euros l'état prend 80% de la dernière tranche de la dernière tranche
de la dernière tranche
de la dernière tranche 80% mais si je gagne 5000 euros je dois payer combien d'impôts ?
je n'ai pas calculé mais ça je n'ai pas fait le simulateur est-ce que vous mettez
un plafond ? au-delà de certains revenus on prend tout ?
la question du revenu maximal c'est une vraie question c'est une vraie question alors aujourd'hui je ne l'ai pas mis dans mon programme mais c'est une vraie question parce qu'aujourd'hui on ne peut pas avoir une inflation des revenus les plus élevés on ne peut pas avoir une augmentation inconsidérée et incontrôlée des revenus les plus élevés donc c'est une vraie question je ne l'ai pas mise parce que je sais que ça m'aurait valu sans doute beaucoup de choses mais c'est un sujet que l'on doit se poser démocratiquement
alors au-delà de 5000 euros on vous prend plus de 45% c'est ça ? oui c'est-à-dire 60%
45% c'est la dernière tranche aujourd'hui oui mais c'est par tranche que les gens comprennent bien je sais que c'est par tranche mais je sais vous ne payez que sur les euros supplémentaires
on a un problème de fiscalité dans notre pays c'est celles et ceux qui échappent à l'impôt ce sont vous savez que l'impôt se concentre finalement aujourd'hui sur les classes moyennes en vrai la question pour nous classe moyenne
et classe moyenne supérieure bien sûr et c'est d'abord
aujourd'hui finalement fiscaliser celles et ceux qui échappent à l'impôt alors évidemment on fait le boulot au niveau européen sur la taxe sur les transactions financières sur la taxe sur les GAFAM donc la taxe numérique moi je suis responsable pour le Parlement européen de la taxe carbone aux frontières de l'Europe pour éviter le dumping climatique qui rentrerait en concurrence de nos entreprises donc c'est déjà et c'est évidemment le combat que nous menons au Parlement européen contre la concurrence fiscale voire les paradis fiscaux y compris au sein de l'Union Européenne parce que en fait les plus riches le plus souvent ils échappent à leur part de à leur responsabilité de solidarité parce qu'ils sont mobiles donc eux ils vont s'inscrire ailleurs une partie des impôts vont ailleurs bon ça c'est la première de nos responsabilités la deuxième chose que nous portons collectivement et ça a été porté dans cette primaire par Eric Piolle c'est ce qu'on appelle l'ISF climatique c'est-à-dire qu'on évidemment c'était une faute politique majeure de la présidence Macron que de supprimer l'ISF on a vu qu'il n'y a eu aucun investissement lié à ça ça n'a été que des revenus concentration supérieure des revenus donc c'est un ISF qu'on restaure en évitant toutes les dérogations qui faisaient qu'à un moment donné Mme Bettencourt ne payait aucun ISF et on le fait sur le climat parce que pour les patrimoines financiers si vous mettez votre patrimoine financier à la BNP aujourd'hui et que la BNP investit sur les énergies fossiles vous participez du dérèglement climatique et bien ça il faut qu'il y ait un malus sur cette épargne-là parce qu'il faut orienter aussi l'ensemble de nos finances sur la transition climatique et non pas sur l'aggravation du dérèglement climatique ce qu'il faut bien
comment dire c'est passionnant
c'est absolument passionnant je vous l'ai dit mais Sandrine Rousseau vous vouliez là-dessus
oui juste pour dire que sur le mandat d'Emmanuel Macron on a quand même eu une diminution de la fiscalité sur les plus riches donc en fait quand on dit de réinstaurer une fiscalité c'est aussi revenir mais sur certaines classes moyennes sur beaucoup de classes moyennes sur le capital il y a eu une diminution
de la fiscalité
oui mais moi je vous parle des 10% et je pense que tout le monde est d'accord sur le fait que l'égalité est une valeur cardinale de notre république et en l'occurrence sur le capital c'est-à-dire sur le patrimoine autant patrimoine immobilier que patrimoine financier il y a eu une diminution des taux d'imposition avec cette fameuse flat tax cette flat tax à 30% en fait aujourd'hui il n'y a pas c'est un peu technique mais il n'y a pas de progressivité de l'impôt sur le capital alors qu'il y a une progressivité de l'impôt sur le travail par exemple c'est-à-dire que des salaires que vous percevez du travail vous avez une augmentation du taux on en a parlé sur la dernière tranche sur le capital non or aujourd'hui les plus grandes inégalités en France sont sur le capital si vous regardez les inégalités de patrimoine entre les 10% les plus faibles et les 10% les plus riches il y a une différence de 160 de 1 à 160 quand l'un possède 1 euro l'autre en possède 160 alors que les inégalités de revenus c'est de 1 à 5 donc je veux dire aujourd'hui les questions de patrimoine et de capital les gens se sont enrichis les premiers de cordée d'Emmanuel Macron se sont enrichis pendant ce mandat même s'il est possible vous le savez
sur la flat tax même s'il est possible d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu c'est possible c'est rarement fait mais c'est possible
mais surtout ça a eu une conséquence la flat tax c'est une conséquence en fait assez grave c'est que le profit des entreprises a été plus versé sous forme de dividendes parce que comme le taux d'impôt a diminué et bien il y a eu un décalage et on a versé plus de dividendes au haut au très haut cadre des entreprises et aux actionnaires et ça il faut arrêter avec ce système là en fait
alors il est 9h23 j'ai quelques questions comme ça en vrac si je peux dire vous aimez le vrac vous les écolos vous adorez le vrac vous achetez le vrac alors j'ai quelques questions en vrac ça ça va
enfin là sur le fond c'est quand même un vrai sujet
sortir des emballages plastiques il est l'heure de prix le vrac pardon ou hors d'achat
les ports de prix vous savez que sur le bio vous savez qu'on est quand même dans un système où quand vous achetez de l'alimentation issue de l'agriculture conventionnelle en fait cette agriculture conventionnelle est très largement subventionnée par les aides de la politique publique de la PAC et tout ça oui de la PAC sur le bio c'est essentiellement les consommateurs qui payent l'agriculture biologique et donc et puis vous savez qu'il y a des marges notamment de la grande distribution qui sont énormes sur le bio mais le vrac c'est quand même une bonne idée il faut quand même sortir des emballages plastiques si on a un enjeu un des grands enjeux de pollution c'est le plastique partout le plastique qui nous bousille la planète qui nous bousille les océans et qu'on retrouve dans même au plus profond de nos organismes
donc il faut sortir du plastique alors j'ai une question à vous poser à tous les deux parce que je regardais l'actualité et j'ai vu j'ai vu que la chasse au loup était désormais interdite dans toute l'Espagne je dis bien chasse au loup interdite dans toute l'Espagne est-ce qu'il faut interdire la chasse au loup dans toute la France Sandrine Rousseau
la perte de biodiversité est un problème encore probablement plus inquiétant que le réchauffement climatique et c'est que
là il n'y a pas de perte de biodiversité parce que mais si le loup
ça fait partie de la biodiversité ça fait partie des équilibres des écosystèmes
20% de loups en plus
je sais que c'est un sujet qui est très très dur je sais que c'est un sujet qui suscite énormément de tensions et notamment avec les bergers mais voilà il nous faut aussi accepter que la biodiversité ce ne soit pas uniquement celle que l'on veut alors est-ce que vous demandez
l'interdiction de la chasse au loup en France
oui je la demande
interdiction de la chasse au loup et vous Yannick Jadot ? il n'y a pas de chasse au loup en France ah si permise il n'y a pas de chasse au loup chasse au loup
pas de chasse au loup mais il y a des je sais que peut-être demain Emmanuel Macron il lancera la chasse sur tout ce qui bouge peut-être qu'au fond c'est l'ami des chasseurs ah ben c'est plus que l'ami des chasseurs c'est lui-même mis dans une position de soumission par rapport au lobby de la chasse vous savez quand même que Nicolas Hulot y compris a démissionné du fait d'un ras-le-bol absolu sur le fait que ce président de la république donne à chasser des oiseaux et des espèces qui sont protégés par la loi bien mais Yannis Jadot je vous ai posé la question répondez-moi est-ce que la chasse au loup sera interdite si vous êtes par président de la république qui puisse y avoir parfois des tirs de régulation ah ça n'a rien à voir vous dites oui aux tirs de régulation ça n'a rien à voir
c'est de la chasse non ?
non ça ne s'appelle pas de la chasse qui puisse y avoir parfois des tirs de régulation dans certaines zones où il pourrait y avoir trop de loups par rapport à l'espace sauvage je sens les éleveurs enragés en Espagne en Italie il y en a beaucoup par rapport à l'espace sauvage mais attention on ne peut pas vouloir protéger les dauphins qui s'échouent on ne peut pas vouloir protéger les lions les éléphants et toutes les grands mammifères et considérer que chez nous il n'y a plus un espace sauvage sur notre territoire
d'ailleurs vous voulez réserver 10% du territoire au sauvage espace sauvage bien Sandrine Rousseau je vais terminer avec les violences faites aux femmes vous vous battez contre les violences faites aux femmes vous lèveriez toute prescription si vous étiez élue
alors je lèverais toute prescription pour les viols sur mineurs
pour les viols sur mineurs
oui parce qu'il y a un phénomène de mémoire traumatique qui fait que quand on subit un viol qui est une torture petit en fait pour survivre le cerveau disjoncte et met ses souvenirs dans un coin du cerveau qui est inaccessible et parfois ses souvenirs reviennent extrêmement tard dans la vie adulte et il est normal que ces adultes qui ont été des enfants blessés aient le droit à la justice oui
le droit à la justice oui vite fait Yannick Jadot enfin vite fait sur ce sujet on ne peut pas être vite on ne peut pas être vite
vous savez il y a il y a 160 000 agression sexuelle sur enfants par an ça touche un enfant sur dix on est en train de sortir de l'omerta tant mieux mais il n'y a pas de justice aujourd'hui qui s'applique il n'y a que quelques centaines de personnes qui sont condamnées par an alors qu'on a 160 000 cas et c'est vrai qu'il y a toujours un débat sur la prescribilité mais là quand il s'agit effectivement que la parole puisse se libérer à un moment donné et bien il faut mettre l'imprescribilité des jeunes
je vais terminer avec Sandrine Rousseau qui est un peu en retard Sandrine Rousseau vous vous présentez à cette primaire parce que vous dites mon humiliation a des limites cette phrase a vraiment oui mais c'est vrai mais elle est forte pourquoi elle a marqué vous l'avez prononcé bien sûr vous avez des raisons bien sûr donc bon vous avez adhéré à nouveau à un parti oui où les hommes sont rois c'est vrai ou pas je vous laisse le dire oui c'est vrai ou pas
c'est un parti qui est paritaire qui a la parité dans les instances etc
qui a la parité dans les instances franchement
Yannick Jadot ah oui c'est le parti politique qui a porté le plus le combat féministe heureusement et je suis fier d'y appartenir le pouvoir est dominé par les hommes
sinon on aurait déjà eu des présidentes de la république on aurait déjà eu des présidentes de l'assemblée nationale on aurait des femmes dans le CAC 40 on aurait des femmes dans toutes les instances un peu importantes en fait et aujourd'hui comment on explique qu'en France il n'y a eu qu'une seule première ministre et qu'elle ait eu un chemin de galère et de violence verbale et voire physique avec avec les agriculteurs notamment comment on explique ça enfin il n'y a pas de raison on est 52% de la population il n'y a pas eu une présidente de la république il n'y a pas eu une première ministre à part Edith Cresson mais on est où ?
On est au Moyen-Âge là pour le coup vous dites que les écologistes nous renvoient au Moyen-Âge mais c'est la structure sociétale telle qu'elle est actuellement c'est la domination qui nous renvoie au Moyen-Âge et je voudrais juste terminer parce que je pense que l'émission se termine mais là il y a des mouvements sociaux qui sont lancés et qui sont très importants notamment pour les aides à domicile et les sages-femmes qui rentrent en grève aujourd'hui qui ont énormément subi la crise du Covid et comme elles s'occupent des femmes en premier que ce sont des femmes qui s'occupent des femmes et bien elles sont ignorées dans leurs conditions de travail et dans leur évolution professionnelle je voudrais juste leur dire que je vous soutiens et qu'il est important de les soutenir
merci vous voterez l'un pour l'autre ? pour le deuxième tour à la première j'ai voté pour moi je ne vais pas vous cacher à la première j'ai voté pour moi après une fois le vainqueur connu
je voterai écologiste et je voterai Sandrine Rousseau bien sûr
je vous voterai Yannick Jadot si c'est lui qui gagne
on verra mardi pas sûr pas sûr vous ne voterez
si je voterai mais bien sûr vous aussi
il faudra faire un collectif vous savez on a des formidables candidats et candidats on a une grande famille écologiste de 122 000 personnes et c'est ensemble qu'on va faire cette campagne
merci à tous les deux d'être venus c'était très intéressant je vous remercie vous êtes sur BFM TV évidemment
Sandrine Rousseau