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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 18 octobre 2026 83 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileLogement

Bilan des municipales 2026 de l’Hexagone aux Outre-mer | #Amfis2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'un quartier populaire ?

  • 32:57OuverteRéponse directe

    Quelle place les quartiers populaires ont-ils occupée dans vos campagnes ?

  • 46:23OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous intégré les problématiques locales dans votre programme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 55:23non_speechFait
    « La poste dans ce quartier du vieux Saint-Touin, elle est tout le temps fermée quasiment. »
  • 56:04non_speechFait
    « Karim Boamran se disait très bien, je sais très bien quel type de population se déplace systématiquement dans les bureaux de vote. »
  • 1:05:41non_speechChiffre
    « une ville universitaire avec plus de 4000 étudiants, le plus grand campus de l'océan Indien »
  • 1:06:49non_speechFait
    « le père a officié pendant plus de 30 ans, a été condamné à deux ou trois reprises pour prise illégale d'intérêt, conflit d'intérêt, favoritisme »
  • 1:07:29non_speechFait
    « Sep circonscriptions à la Réunion, six de gauche, une Rassemblement national, c'est la nôtre évidemment. »
  • 1:08:10non_speechFait
    « on a fait quasiment 51 49 parce qu'encore une fois le secret je vais rien vous apprendre c'est la campagne permanente »
  • 1:12:15non_speechChiffre
    « Là, le tampon, 40 % de taux de pauvreté, c'est une des villes les plus pauvres de la Réunion »
  • 1:13:49non_speechChiffre
    « La ville du tampon, 7e ville de France avec le plus de frais de représentation, 22500 € par an pour payer ses chaussures, son costume, le coiffeur. »
  • 1:14:22non_speechPromesse
    « Dès le premier conseil municipal, nous avons aboli les frais de représentation du maire et je paye mes chaussures, mon coiffeur et mes costumes moi-même. »

Temps de parole

  • ?99 %

≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Locuteur

Donc euh ça tombe bien, aujourd'hui euh nous allons évoquer euh cette conférence qui est consacrée au bilan des municipales de 2026 qui viennent de se terminer de l'hexagone aux outresemes à la percée dans les quartiers populaires et aux nouvelles pratiques politiques. Alors avec le livret des quartiers populaires, on a souhaité profiter de ces hits pour tirer les premiers enseignements de cette séquence municipale du point de vue des quartiers populaires. Alors je me présente rapidement. Je suis desiaï, je suis conseillère municipal à Sergie. J'ai récemment repris le relais de Manon pour coanimer le livret quartier populaire à côté de Landri.

Alors la séquence poste municipal est riche d'enseignement. On a eu de belles victoires avec des mers insoumis à Saint-en avec Bali, à la Courneuve avec Ali, Roubé avec David, à Vénitieux avec Idir et puis le tampon avec Alexis qui est ici. [applaudissements]

0:55
Non speech

[applaudissements]

0:57
Locuteur

Et puis au-delà de ces belles victoires, nous avons aussi organisé des percés historiques à Lille, à Saint-toin, à Sergie, à Bondi [applaudissements] et dans plein d'autres villes. Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet, commençons peut-être par une question toute simple. Qu'est-ce qu'un quartier populaire ? Un quartier, on le sait, mais populaire, ça a plutôt une une connotation positive à la base. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon est l'homme le plus populaire, l'homme politique le plus populaire des 18 24 ans avait 48 % d'intention de vote.

1:38
Non speech

[applaudissements]

1:39
Locuteur

Alors, habiter dans un quartier dit populaire, ça devrait être quelque chose dont on est fier, quelque chose de stylé. Mais certains ont détourné la signification de ce mot. Aujourd'hui, quand on en parle ou plutôt quand ils en parlent, c'est toujours de manière très négative. On nous endresse un tableau systématiquement désastreux. Alors, si on prend comme repère les quartiers prioritaires de la ville, ce sont plus de 5 millions d'habitants qui vivent en QPV. Ça représente 10 % de la population française. Mais à Lille, c'est 30 %. À Saint-toin, 27 %. À Saint-Denis, 75 % d'habitants vivent en QPV et à Roubé 79 %.

Alors pour y vivre, pour y travailler et pour y élever nos enfants, on le voit chaque jour, ce qui n'est pas normal, c'est l'abandon par l'État et par les gouvernements successifs qui ont organisé dans ces territoires toutes les difficultés. Ces difficultés, elles se concentrent et elles se cumulent. Et on le sait, c'est aussi ces territoires où malheureusement l'abstention est le premier parti, même si je tiens à le rappeler lors des législatives de 2024, on a eu toute cette jeunesse et notamment des quartiers populaires qui s'est organisé, auto-organisé sur les réseaux sociaux et qui ont fait barrage au RN.

Alors, l'objectif de cette conférence est de tirer les premiers enseignements politiques et stratégiques dans les quartiers populaires. La progression de LSI, l'abstention, l'émergence d'une nouvelle génération d'élus dans les majorités ou dans les minorités, les campagnes de terrain et les nouvelles pratiques du pouvoir local. Au-delà du bilan municipal, l'enjeu est aussi de regarder vers ce qui nous attend 202, comprendre ce que cette séquence nous apprend de notre implication dans les quartiers populaires. Et pour se faire, on a voulu croiser plusieurs regards. On a la chance aujourd'hui d'avoir des intervenantes et des intervenants de très grande qualité. Nous avons Tristan

3:41
Non speech

[applaudissements]

3:43
Locuteur

qui est maître de conférence en sciences politique qui va nous dresser le tableau général de ces municipales et nous aider à comprendre ce que les résultats disent des quartiers populaires. On a également la chance d'avoir avec nous quelqu'un de très très bien implanté dans les quartiers populaires. député de Saint-Sin depuis 2017, réélu dès le premier tour en 2024, président de la commission des finances, Éric Crel.

4:08
Non speech

[applaudissements]

4:12
Locuteur

On reviendra avec toi Éric [applaudissements] sur la relation que la France insoumise construit depuis des années avec les quartiers populaires avec notamment l'Organisation des rencontres nationales des quartiers populaires dont tu as été à l'initiative. Et puis évidemment, on voulait entendre celles et ceux qui ont fait vivre ces municipales sur le terrain. D'abord, Lawaria Adouche, [acclamation][applaudissements] conseillère [acclamation]

4:42
Non speech

[applaudissements]

4:47
Locuteur

conseillère municipal à Lille. Tu as grandi dans les quartiers populaires lillois et tu y as construit une partie de ton engagement politique. Tu as mené une magnifique campagne 33 % et 10 conseillers municipaux. Bra [applaudissements][acclamation] Manon Montmirel conseillère municipale insoumise à Saint-Touin, suppléante d'Éric. Tu as également participé à l'émergence des RNQP à Saintin. Avec la liste pour Saint-Touin, tu as obtenu 28,2 % au second tour et tu as fait élire six conseillers [applaudissements] [acclamation] imposer une [acclamation] campagne incroyable de terrain où tu as imposé un second tour au maire sortant, celui qu'on appelle Mister Master Poulet Karim Boamran.

[applaudissements][acclamation] et tu nous fais kiffer à le bousculer comme ça au conseil municipal. Bravo !

5:44
Non speech

[applaudissements]

5:47
Locuteur

Enfin, ces municipales ont aussi montré que les insoumis pouvaient conquérir et exercer le pouvoir. Et pour en parler, direction la Réunion avec Alexis Chausalé, [applaudissements][acclamation] maire maire insoumis du tampon, une conquête, il nous en parlera, qui a nécessité de s'affronter à un système politique local profondément installé et combattre les logiques de clientélisme. avec toi Alexis, on ira jusqu'au bout de notre réflexion après la campagne, après la conquête. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement être un maire insoumis ? Je vous propose de commencer cette conférence.

Tristan, [applaudissements] tu es maître de conférence en sciences politiques à l'université de Lille et chercheur au centre d'études et de recherche administrative politique et sociale. Tu as notamment travaillé sur les élections municipales de 2026 à Lille et à Roubé. Alors, avant d'entrer dans les expériences de terrain, on voulait commencer par dresser un tableau général de ces municipales. Avec ton regard de chercheur, quel bilan tu tires de cette séquence et est-ce qu'on peut réellement parler d'une percée insoumise dans les quartiers populaires ? Merci beaucoup pour l'invitation. Merci aux équipes des amphi. Alors, c'est très difficile de tirer un bilan des municipales, hein.

C'est près de 35000 scrutins avec des scrutins plus ou moins concurrentiel, une offre politique plus ou moins étiquetée. C'est pas parce qu'il y a pas d'étiquette qu'il y a pas d'antagonisme sociaux et même politique. Et puis des alliances à géométrie variable. Donc moi, je vais plutôt me concentrer sur les communes populaires et je vais plutôt me centrer sur deux exemples sur lesquels on a travaillé avec des collègues que sont Lille et Roubé.

Alors, ce sont pas des villes qui sont représentatives de la France encore et même des villes populaires, mais dans ces deux villes, nous on a pu analyser les résultats à l'échelle des bureaux de vote, croiser ces résultats avec les données sociales et réaliser des enquêtes. Alors, à Lille, on a fait une enquête, un sondage post-lectoral en ligne auprès d'un échantillon représentatif de la population lilloise et puis à Roubé, on a fait ce qu'il a eu dans d'autres villes françaises, une enquête à la sortie des bureaux de vote avec nos étudiants et étudiantes.

Alors ces deux villes, elles sont intéressantes parce que ce sont des villes entre guillemets populaires, des villes où une partie non négligeable de la population vit sous le seuil de pauvreté. C'est 47 % à Roubé, 29 % à Lille contre seulement 15 % au niveau national. Ce sont des villes très inégalitaires aussi, y compris Roubé, hein. Roubé, il y a des quartiers particulièrement aisés où où clairement les maisons elles coûtent très très très cher, hein. Euh et ce sont deux communes où la France insoumise a réalisé un très bon score. Et donc l'enjeu, c'est de comprendre cette dynamique et cette percée de la France insoumise. On a observé quatre dynamiques.

La première dynamique, c'est que on a une stabilité du taux d'inscription sur les listes électorales. Donc on a commenté souvent avant les municipales l'afflux de nouvelles et nouveaux inscrits sur les listes électorales. Pour vous donner quelques chiffres, à Lille c'était + 5000, à Roubé c'était plus 3000 sur des alors l'île c'est à peu près 130000 personnes inscrites sur les listes électorales. Roubé c'est plutôt autour de 50000. Donc ce sont quand même des mouvements non négligeables. En fait, ces mouvements, ils suivent l'évolution de la population parce que la population en âge de voter dans ses communes, elle augmente.

Et donc notre taux d'inscription, il reste à peu près stable autour de 72 % à Roubé et 68 à 69 % à Lille. En fait, il recule un peu à Lille, il passe 68 %. Qui sont les personnes qui manquent à l'appel ? Bah, d'abord, ce sont des personnes étrangères, c'est 20 % de la population à Roubé, 12 % à Lille. On voit ici l'excl ce que ce que produit l'exclusion des étrangers étrangères du droit de vote à l'échelle locale et ça affecte évidemment la représentation politique en particulier au niveau local.

Ce sont ensuite des personnes qui sont non inscrites sur les listes électorales, des personnes alors par exemple à Lille, ça concerne autour de 9 % de la population en âge de voter qui tout simplement réside à Lille mais pas du tout inscrite sur les listes électorales. Ce sont enfin des personnes mal inscrites et là c'est un peu plus le cas à l'île Caroubé également. Pourquoi ? parce que on a des jeunes notamment étudiants qui sont dans des situations de mobilité résidentielle courte et qui restent le plus souvent inscrit chez leurs parents et on on reviendra sur cette idée mais il y a un levier qui consiste à augmenter ce taux d'inscription sur les listes électorales.

On pourrait se dire finalement un taux stable c'est pas c'est pas satisfaisant. Alors évidemment c'est pas suffisant mais dans un contexte de mobilité croissante de la population, faut pas oublier qu'il y a un/3 de la population qui change de bureau de vote entre deux élections présidentielles. Voilà, c'est un chiffre important. On comprend l'enjeu de la réinscription et donc la difficulté qu'occasionne la malinscription. Puis on est dans un contexte de rapport de plus en plus intermittent au vote. Les gens votent mais pas du tout à toutes les élections. Et donc maintenir ce taux d'inscription, c'est déjà une victoire en terme de mobilisation de terrain.

La deuxième dynamique c'est une stabilité voire une augmentation de la participation électorale dans ces deux communes. Alors même qu'au niveau national recul de la participation. Alors à Roubé, la participation est plutôt stable. Alors avec un niveau faible autour de 38 % mais à Lille elle augmente elle passe de 47 à 52 %. Si on compare avec 2014, 2020, ça compte pas, pandémie très compliqué. Bon, on a écrit beaucoup d'articles là-dessus. Voilà, je reviens pas sur le sur le sujet. Mais la question qui se pose maintenant, c'est de savoir si les inégalités sociales de participation ont été réduites.

Parce que quand on regarde l'abstention, typiquement à Lille, bah oui, à l'échelle des bureaux de vote, elle est euh négativement corrélée l'abstention à la part de cadre, de profession intellectuelle supérieur, de diplômés de diplômés du supérieur et puis elle est positivement corrélée à la part sur bureau de vote de population immigrée, de locataires dans le parc social, de personnes peu diplômées. Est-ce que ces inégalités elles se sont réduites par rapport à 2014 voire à 2020 ? en partie. Oui.

Et c'est c'est là l'enjeu et notamment l'abstention n'est plus négative n'est plus négativement corrélée à l'âge des électeurs et des électrices et positivement corrélé à la part de salariés précaires. Il y a une remobilisation des quartiers mixtes et jeunes qu'on a observé à Lille nettement qui qui sont aussi des quartiers qui votent très massivement pour la France insoumise. De la même manière, les bureaux plutôt populaires mais avec une population très ancrée, on a beaucoup de propriétaires qui étaient beaucoup plus mobilisé électoralement que le reste de la population que le reste des bureaux de vote par le passé ne le sont plus significativement.

Ce qui explique aussi à l'échelle locale, c'est pas du tout la même dynamique qu'au niveau national, le reflux du Rassemblement national qu'on a observé euh en particulier euh à Lille. Ça veut pas dire que toutes les inégalités sociales de participation ont disparu, hein. En réalité, elle continue selon le niveau de diplôme, selon le groupe socioprofessionnel de se creuser. Mais ça c'est pas une dynamique spécifique à Lille, c'est une dynamique qu'on observe malheureusement au niveau national. Donc, on a une réduction partielle des inégalités de participation notamment selon le patrimoine et selon l'âge.

La troisème dynamique, c'est la capacité de la France insoumise à attirer un électorat que moi j'appelle interclassiste. Parce que en terme de niveau de revenu, en terme de niveau de précarité, il est relativement hétérogène. Mais il a deux spécificités. D'abord, il est jeune. À Lille au premier tour, non, à Roubé au premier tour, c'est la moitié des électeurs et électrices de la France insoumise qui ont tout simplement moins de 35 ans contre moins de 20 % des électeurs électrices des autres listes. À Lille, au second tour, c'est 42 % des électeurs électrices de LFI qui ont moins de 40 ans. C'est 20 % pour les électeurs électrices du Parti socialiste.

Je commande pas les scores des autres listes, il y avait trop peu de répondants dans notre enquête tellement il faisait les scores faibles. Euh cétait c'est dommage pour nous hein, on peut moins analyser mais bon voilà, c'est un état de fait. Euh les électeurs électrices de la France insoumise ont aussi bien plus fait l'expérience des discriminations. Je reprends le Calilois au second tour, c'est 54 % des électeurs et électrices de la France insoumise qui déclarent avoir fait l'expérience des discriminations. Ça n'atteint que 38 % au Parti socialiste. À Roubé, l'écart, il est encore plus important.

65 % des électeurs électrices de la France insoumise ont fait l'expérience des discriminations contre moins de 45 % des électeurs électrices des autres listes. Alors, on pourrait se dire oui, c'est principalement lié à des discriminations liées à l'origine. C'est vrai qu'elles sont particulièrement déclarées par les électeurs et électrices de la France insoumise, mais en réalité, ce sont loin d'être les seuls. C'est aussi le cas des discriminations liées au genre ou à l'orientation sexuelle. On pourrait considérer que le caractère interclassiste de l'électorat LFI, c'est la preuve d'un échec dans la mobilisation des quartiers populaires ? Et bien non, parce que c'est loin d'être le cas.

En effet, si LFI a un électorat interclassiste, ce n'est pas du tout le cas des autres listes de gauche ou de droite qui mobilise avant tout les catégories supérieures. Il y a encore un déficit quand même qu'il faut souligner. On l'a observé à Lille un peu moins aroubé. C'est auprès des populations les moins diplômées alors qu'ils sont, il est vrai souvent les plus âgés. Mais c'est le bémol dans son caractère interclassiste. L'électoralfi, il est interclassiste mais il est quand même notamment dans une partie des grandes villes tout de même très diplômée.

La 4e dynamique à l'occasion de ces municipales dans les deux villes, c'est l'exposition bien plus importante des électeurs et électrices à des dispositifs de mobilisation électorale notamment physique. Je vais faire une comparaison. À Lille, on avait demandé si les personnes elles avaient discuté avec des candidats candidates et militants militantes de liste. C'est 26 % qui déclare avoir discuté et 76 % qui déclarent avoir lu des traqus des professions de foi. Si on compare avec les élections législatives de 2024 dans les grandes villes, on était seulement à 17 % qui déclaré avec des militants militantes et seulement 58 % qui avaient lu des tractes et des professions de foi.

Ce qui veut dire que la campagne municipale, elle a beaucoup plus touché les électeurs électrices que la campagne des législatives. Et la France insoumise est la première bénéficiaire de cette mobilisation plus importante. À Lille, ce sont 42 % des électeurs électrices de la France insoumise qui déclarent avoir discuté de la campagne avec des militants et militantes. Au niveau du PS, on est seulement à 28 % et c'est encore moins pour les autres listes. Et le contrat le constat, il est assez proche à Roubé. Nos deux exemples, il montrent que il y a une potentialité pour la gauche liée à la mobilisation électorale massive et à une réduction des inégalités sociales de participation.

l'amélioration de l'inscription sur les listes électorales, la lutte contre l'abstention, la lutte contre les inégalités sociales de participation, c'est réduire l'abstention mais pas auprès de n'importe qui sont des axes d'action particulièrement pertinents. Ce que montre aussi nos analyses, c'est que la politisation des discriminations, c'est un levier. C'est un levier parmi d'autres, mais c'est un levier de mobilisation. Enfin, ce qu'on montre, c'est que le contexte territorial, il est différent et notamment la place de chaque axe d'action, elle peut varier. Il y a des communes où l'important, c'est la non inscription. Il y a des communes où ce qui est important c'est la malinscription.

Il y a des communes où ce qui est important c'est plutôt la lutte contre les inégalités sociales de participation en terme donc de la lutte contre l'abstention. Mais ces axes de travail la leur poids peut varier mais ce sont des axes euh qui peuvent permettre à la gauche et notamment à la France insoumise de de l'emporter. Et pour terminer, nos analyses, elles soullignent pour tout cela la centralité pour mobiliser les électeurs et grises des dispositifs physique concret de terrain au-delà des seuls dispositifs numériques.

Alors en réalité les dispositifs physiques et les dispositifs numériques, ils s'articulent et notamment si vous pensez à ce que vous postez sur les réseaux sociaux, ben la plupart du temps, vous postez des actions physiques, ce qui va aussi jouer et faire émerger un système et une vraie campagne qui sera finalement pas seulement une campagne numérique, qui sera une campagne mixte avec une part importante du terrain. Voilà, merci beaucoup.

18:04
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

18:12
Locuteur

Merci Tristan pour cette analyse très précise et je je vois qu'on a beaucoup de candidats des municipales qui sont présents. Je crois que Tristan on va faire appel à toi aussi pour que tu viennes faire des analyses précises là pour nous expliquer un peu comment ça se passe. Merci à toi. Alors Éric, on va enchaîner avec toi. Tu fais donc partie de ceux qui tôt à la France insoumise a insisté sur la nécessité de construire une stratégie spécifique dans les quartier populaires, d'y être présent durablement et d'en faire un espace central de la révolution citoyenne. Donc tu es député du 95 du 93 pardon depuis 2017.

Donc tu connais évidemment très bien ces territoires où où se cumulent toutes les difficultés. Tu as aussi participé depuis le début à la construction de la France insoumise. Alors, j'aimerais que tu reviennes sur la genèse du lien qui a été construit entre la France insoumise et les quartiers populaires depuis la création du mouvement. Comment est-ce que cette relation avec la LFI et les quartiers populaires s'est construite au fil des années ? Merci à toi. Bien, merci Daisy. Bonjour à toutes et à tous. Oui, je pense c'est important de rappeler l'histoire.

Alors, ne serait-ce que je vois pas mal de têtes quand même que je connais ici, donc il la connaissent parce que je la répète souvent, mais je sais aussi que ces université qui est une université d'un d'un vrai mouvement de masse draîne ici et c'est heureux beaucoup de nouvelles personnes et je pense que c'est toujours intéressant de de voir d'où viennent les choses, notamment quand on est une organisation politique. Autrement dit, ce que ce qui ce qui est utile de rappeler, c'est que la réussite de des municipales et ce que je crois être bientôt la réussite des prochaines présidentielles, elle découle d'une stratégie politique volontariste. Elle tombe pas par hasard.

Elle est pas le fait que tout d'un coup on entend plus parler de France insoumise et que du coup dans les quartiers populaire ceux qui ont évidemment intérêt à ce que force de cette de cette de ce type émerge se dise bah c'est le bon choix. Elle vient d'une volonté politique construite dans le temps. Alors l'histoire commence quand ? Enfin pour ma part en tout cas moi je la date un peu de ce moment-là. Elle date de 2017. On est plusieurs députés envoyés à l'époque, je dis envoyer parce que le paradoxe c'est que le France insoumise 2017 qui était né du parti de gauche n'avait pas, j'allais dire beaucoup beaucoup de militants, c'est le moins qu'on puisse dire, issus des quartiers populaires.

Bien, c'était plutôt des militants historiques comme moi. Moi, j'avais 40 ans de militantisme derrière moi et euh on avait pas donc j'allais dire euh un réservoir dans les villes populairire, dans les départements populaires euh qui était à même de prendre le relais, se présenter aux élections. On nous a les camarades qui étaient dans ces départements d'ailleurs très souvent faisaient appel au national pour dire entre guillemets est-ce que vous avez pas des gens à nous envoyer qui puissent mener le combat ? Surtout qu'à l'époque aujourd'hui se présenter en scè sanit pour les fill c'est presque une carte d'élection quoi.

Je veux dire bon c'était pas du tout le cas à l'époque 2017 on savait pas du tout ce qui allait ce qui allait arriver et donc on a été plusieurs à partir en scè sani donc j'en faisais partie. Et moi mon point de départ c'est février 2017, on se retrouve à Bobini et il vient d'y avoir l'agression par les policiers d'un jeune qui s'appelait Théo et 2017, février 2017 et on se retrouve, moi j'étais très sincèrement un des seuls militants politiques présents classiques on va dire et pour tout vous dire j'étais un des seuls militants politiques blancs qui étaient présents à Bobini.

Et ce que je vois, j'étais halluciné, je vois 3000 personnes qui organisent un espèce de débat en plein air entre eux, se répondant et cetera, des collectifs, des associations. Et mais me vient tout de suite à l'image, vous saz, il y a une image de Jor qui fait un grand meeting pour la paix auprès Saint-Gervet avant la guerre et il y a pas de sono à l'époque. que les gens répercutent la parole de de Jores, les gens se et c'est vraiment la même image que j'ai, c'est-à-dire je me retrouve devant euh des habitants, des représentants, des militants, des quartiers populaires qui font de la politique. Peut-être pas au sens où nous classiquement l'entend mais qui font de la politique.

Bon et le soir, il y a des violences à Bobini. Donc évidemment, les médias comme d'habitude ne s'intéressent qu'aux violences et oublie ce moment. Moi, je me rappelle, je sais que Jean-Luc le lendemain passe sur BFM, je l'appelle et je lui dis "Écoute Jean-Luc, fais gaffe, tu vas sûrement être interrogé sur les violences qui ont eu lieu à Bobini. Je voudrais que tu saches que l'après-midi, il y a eu un moment absolument exceptionnel qui doit nous interroger et qui montre que dans les quartiers populaires, pas sur peut-être pas de la même manière, la même forme classique qui est la nôtre, mais il y a une il y a de la politique. Bon voilà, il y a quelque chose qui s'est passé le lendemain.

Du coup, il répond à BFM là-dessus, il rend hommage à ce qui s'est passé. Voilà, moi ça part de là et du coup on a été plusieurs à essayer de de d'être député. Moi j'ai été chercher mes voix dans les cité avec Manon au 2e tour. Je me rappelle j'avais j'étais j'avais 19 % le macroniste avait 35 % au premier tour. J'étais cherché mes voix dans les quartiers populaires. On a été pour la première fois dans les quartiers chercher nos voix en disant bah vous avez peut-être intérêt à voter pour nous parce que on on est là évidemment pour essayer de répercuter vos combats et cetera. Bon euh voilà, c'est ça le premier épisode.

Et du coup, j'en tire une analyse, c'est que quand je rencontre les gens qui sont dans les quartiers euh ils ont déjà beaucoup voté Jean-Luc à ce momentlà en 2017. Le résultat est bon. Mais moi ce qui mueu, c'est que j'en vois 10 et sur les 10 il y en a cinq qui nous disent "On a voté Mélenchon et puis il y en a au moins trois quatre autres qui disent bah on n pas voté, on s'est abstenu où on éétait pas inscrit." Et j'en tire la conclusion une chose, c'est que les 200000 voix qui manquaient à l'époque ou 600000 à l'époque pour aller au deuxème tour, elles étaient là. Elles étaient moins dans le vote pour telle ou telle formation qui s'était maintenue. Elles étaient là.

Qu'est-ce que ça veut dire là ? Ça veut dire je dire les catégories les plus populaires de ce pays qui vivent toutes les discriminations et les inégalités superposées sociales, mais aussi évidemment tout ce qui est lié à la question entre guillemets raciale et cetera et cetera. Et je me dis que c'est on ne peut pas penser qu'on est un mouvement pour une révolution citoyenne si on n'est pas capable à un moment donné d'être le mouvement et l'outil de ces personnes.

Et quand je dis le mouvement et l'outil de ces personnes, c'est pas ce que venait de faire le Parti socialiste pendant plusieurs décennies qui se rappelait tout d'un coup que les quartiers existaient au moment des élections et qu' allait chercher des des bulletins de vote, mais c'est d'être ancré, de faire en sorte que progressivement nos militants, nos élus viennent des quartiers populaires pour faire en sorte bah que tout simplement on soit un mouvement de masse populaire, celui qu'on est devenu. Voilà comment la chose naît. On se retrouve à l'université d'été euh de Marseille 2017 septembre, je me rappelle.

Et pareil, on fait une première réunion un peu sur ce thème et j'ai eu une phrase à l'époque, alors l'extrême droite l'a ressortie il y a pas longtemps en disant que euh à l'époque l'université ça avait nos universités avaient pas vraiment de rapport avec ce qu'on est aujourd'hui, je vous assure hein. Franchement, c'était l'université d'été d'un parti de gauche classique 100 % blanc 100 % blanc, j'exagère pas vraiment, c'était quelque chose et en terme et qui pour aller vite venit pas des classes populaires. Voilà, c'était ça la réalité.

Et donc on intervient, il y avait plusieurs personnes avec moi à l'époque sur la tribune et en disant c'est pas possible, il faut que dans les années à venir nos élus ressemblent aux gens issus des quartiers populaires. Sinon personne ne ne prendra au sérieux ce que nous voulons faire. Donc il faut construire là. Et c'est de là que naî notamment les rencontres nationales des quartiers populaires qui au départ c'est à Épinet novembre 2018. Au départ c'est pas tout le mouvement faut le dire aussi hein très concrètement c'est-à-dire on est quelques-uns à se rendre compte de la situation.

Il y a déjà Manon, il y a Landri qui est ici, euh il y a je l'ai repéré, il y a il y a M Os Guner qui qui est dans dans la salle, il y a Bali Bagayoko déjà qui est là. Il y a David Guirot, il y a Diangoutraoré, enfin il y a un certain, il y a Sébastien de Logu. On fait les rencontres et l'idée c'était de dire dans cette salle, ce qu'on fait c'est qu'on invite des gens des quartiers, on soucie pas qu'il soient insoumis ou pas et on les invite à parler de leurs problématiques y compris si les thématiques abordées au départ ne sont pas forcément, j'allais dire la la le le le substrat idéologique de notre courant politique. Par exemple, on invite décoloniser les arts.

Je peux vous assurer qu'aujourd'hui il y a aucun problème sur le l'idée de de décoloniser euh la décolonisation à l'époque c'était pas forcément ce qui était ce qui était couramment admis au niveau du budget. On invite à s'attraorer tout tout le comité Adama et cetera. Et là on commence à avoir effectivement l'émergence viennent l'histoire déjà des municipales et avec une réussite et Jean-Luc intervient parce que Jean-Luc a toujours appuyé cette ligne politique et pour la première fois parle de Nouvelle-Fance c'était novembre 2018 et on se donne ce rendez-vous. Donc une juste pour vous dire que ça s'inscrit dans une histoire voulue volontaire.

Il y a eu ensuite deux autres RNCP avec des gens qui sont venus nous rejoindre. Il y a eu aussi, parce que c'est comme ça qu'on construit une confiance, le fait que on a non seulement été présent dans les quartier pour présenter ce qu'on ce qui nous semblait être le programme à même justement de réduire les inégalités, d'être le programme d'un mouvement de révolution citoyenne, mais surtout d'être présent au niveau à leur côté par rapport à des luttes. La marche contre l'islamophobie qui a fait beaucoup clé d'entre où on a tenu à être là pour la première fois. Je vous rappelle que c'était en en novembre 2019 que c'était venu euh à la suite d'une mosquée d' qui avait été attaquée à Bayonne.

Donc personne réagissait. Nous, on a décidé d'y aller et ça entraîné pas mal de monde. Les toutes les mobilisations sur les violences policières évidemment des mobilisations entre guillemets plus classiques mais essentielles sur la question du logement, du service public. Donc progressivement, je pense que les gens ont commencé à considérer tout ce qu'il faisaient les quartiers. euh des gens comme l'Assemblée des quartiers, des gens comme euh le comité Adama, le enfin je je veux pas tout le tout citer tout le monde que ces gens-là finalement étaient assez sincère et qu'ils avaient envie évidemment que leur mouvement devienne un outil au service des quartiers.

N'empêche, ce qui manquait encore, c'était cette volonté que nos élus euh soient véritablement représentatif des quartiers. Il y avait eu un progrès en 2022 he il y a l'élection de Rachel Kéké qui est quand même la première femme de ménage d'un hôtel Ibis élu à l'Assemblée nationale et [applaudissements] qui j'espère sera réélu en 2027. Il y avait Carlos Martin Bilongot, il y avait il y avait Cader qui est aujourd'hui maire de Vau Envelin, il y a il y a Ali Duara qui nous a rejoint et cetera de mais n'empêche c'était encore minoritaire. Donc l'occasion qu'il fallait, c'est là-dessus, je vais pas tarder de continuer d'arrêter.

L'occasion pour nous qu'il ne fallait pas rater cette fois-ci, c'était de faire en sorte que les municipales de manière massive massive effectivement donne ça avoir. Et donc ça a été ce qu'on a construit pour les municipales en accord avec le mouvement avec deux volontés, un des listes avec les plus gros scores possible et avec des gens qui sont véritablement représentatifs des quartiers.

Et je suis désolé, mais si on est représentatif des quartiers populaires dans ce que signifient les quartiers populaires, c'est-à-dire souvent des quartiers dans lesquels les immigrations successives se sont d'abord construites, habitées, ont travaillé et cetera, et ben entre guillemets, il faut que ça se voit quoi. Bon, moi je me suis fait rabattre parce qu'on m'a traité de racialiste, parce que je le disais, mais c'est vrai que c'est pas imaginable d'avoir des listes de gauche qui se présentent avec jamais de tête de liste qui soi noire ou arabe. C'est pas possible.

Ça a été vrai pendant longtemps et ça a été vrai notamment du Parti socialiste qui donnait une place dans la liste quelque part mais quand c'était la tête de lis, il était pas question. Donc il fallait changer ça et c'est ce qu'on a construit en se disant qu'en plus il fallait le faire avec des victoires et qu'on allait gagner grâce à ça. Et donc c'est S par exemple victoire de Bali Bagayoko au premier tour qui est je pense la concrétisation [applaudissements] parfaite parfaite de ce qu'on veut faire pour les quartiers populaires. C'est Aligara la Courneve.

C'est ça a été parce que ça a été ton élection au tampon, ça a été aussi je vais pas vousiter tout le monde, je vais me faire engueuler après mais des très bons résultats que ça soit euh à Bondi de Mette ou ou de Manon à enfin on a réussi au désir à Serg, on a réussi à faire vivre quelque chose à le représenter. Ce qui fait qu'aujourd'hui ce n'est plus une exception, c'est que c'est je veux dire on n'est pas on est dans quelque chose qui qui est normal dans nos mouvements. Et je vais terminer là-dessus.

Ce qui est normal dans notre mouvement fait [grognement] que aujourd'hui nous avons la plus grande université d'été d'un mouvement de gauche et parce que nous sommes devenus un mouvement de masse et un mouvement de masse de gauche qui prôle la révolution citoyenne en premier lieu doit représenter les couches populaires de ce pays. Pas que pas que contrairement à ce que certains entendent mais tous ceux qui ont évidemment intérêt à ce que la devise liberté, égalité fraternité prenne tout leur sens. Voilà comment on a construit ça. On en on n' pas fini. C'est un travail notamment pour les prochaines législatives.

Je compte bien qu'on continue à le concrétiser de manière encore plus importante pour faire en sorte que par exemple l'Assemblée nationale française finisse d'être cette espèce de d'assemblée sensitaire où vous avez une surreprésentation des professions libérales, des chefs d'entreprise, des cadres supérieurs ou des ou des politiciens de métier et que ce qui forme la grande majorité de la composition de cette la population française se compte sur les doigts des deux mains. On compte bien changer ça et c'est ce qu'on va continuer à essayer de construire. Merci.

[applaudissements] Merci Éric pour ce rappel historique et je crois que on peut te le redire, tu as été visionnaire et tu as eu un une action qui a été absolument primordiale et on voit aujourd'hui avec ces élections municipales bah tout l'intérêt de faire monter les préoccupations des quartiers populaires avec les acteurs de terrain directement. Et justement, on va faire la transition avec la Waria et Manon puisque on va regarder maintenant comment tout ça s'est traduit concrètement de sa stratégie réfléchie, construite, comment on l'a construit dans le cadre de ces élections municipales. Donc on va croiser vos deux expériences.

Deux femmes et c'est à souligner parce que deux femmes dans deux grandes villes pas faciles, [applaudissements] deux campagnes de terrain incroyables. On les a suivis sur les réseaux sociaux.

32:30
Non speech

[applaudissements]

32:32
Locuteur

Deux nouvelles élus insoumises d'opposition.

32:37
Non speech

[applaudissements]

32:37
Locuteur

Donc [acclamation] Lawaria et Manon, quelle place les quartiers populaires ont-ils occupés dans vos campagnes ? Comment êtes-vous allé chercher les habitants et toutes celles et tous ceux qui ne votaient plus ? Alors, je vous propose de commencer par Laaria, puis ensuite, on enchaînera avec toi Manon. Merci. Alors, merci. Merci à tous. Bonjour. Quelle foule ! les quartiers populaires, ça fait plaisir euh que qu'ils puissent prendre leur place.

Merci Éric parce que effectivement tu as été visionnaire là-dessus et euh et ça a permis euh d'éveiller euh les consciences et que du coup euh on on s'est dit nous aussi ben femme racisée, oui, ils suit des quartiers populaires, ben finalement nous aussi on a le droit de prendre notre place et prendre la parole et place devant. Donc merci pour ça.

33:24
Non speech

[applaudissements]

33:29
Locuteur

Alors, on me dit souvent, ben pourquoi cette candidature ? Mais j'ai envie de répondre pourquoi pas moi ? Pourquoi pas moi ? Donc ben je suis issue de Lille. Je suis une pure lilloise. Je suis née à Lille, j'ai grandi à Lille, je travaille à Lille et c'est une fierté pour moi d'être à Lille. J'ai grandi effectivement dans les quartiers populaires. C'était pas un choix. Voilà, j'ai suivi maman. Euh mais c'était une fierté pour moi parce que dans les quartiers populaires, contrairement à tous les stéréotypes qu'on peut qu'on a dans les quartiers populaires, j'ai appris l'entraide, j'ai appris le partage, j'ai appris la solidarité.

Je suis désolée, je parle avec beaucoup d'émotions parce que ça me touche énormément et j'ai perdu récemment ma grand-mère et qui était une femme de valeur et qui nous a transmis énormément de de choses et et aujourd'hui, je suis là devant vous, je parle avec beaucoup d'émotions, mais je vais essayer de tenir ce pourquoi je suis je suis là aujourd'hui. Pardon. [applaudissements] Mais ce que je veux dire, c'est que les quartiers populaires, il faut euh arrêter de croire que les quartiers populaires sont des réservoirs de voix. Il faut pas venir dans les quartiers populaires pour venir prendre des voies.

En fait, les quartiers populaires sont là où on est censé construire des projets politiques. Voilà, c'est c'est la chose la plus importante déjà à dire et surtout être présent avant, après, enfin avant, pendant plutôt et après les élections municipales. Nous, nous sommes à Lille, le seul parti politique où nous sommes présents toute l'année et je vois il y a ici beaucoup de militants lillois et beaucoup d'élus lillois. Je vous remercie de votre présence aujourd'hui. Ils pourront témoigner tout à l'heure. Euh [applaudissements] mais nous sommes vraiment présents toute l'année au côté des habitants et pour moi c'est vraiment une chose très importante.

Euh je peux aussi vous parler du passif un petit peu parce que pourquoi je suis là ? Je leur dis souvent, je suis le fruit de votre de votre politique. C'est-à-dire que si vous aviez bien fait votre travail, je ne serai pas là aujourd'hui. Si vous me posez la question il y a 10 ans ou 20 ans, "Mais Lawariat, tu veux faire de la politique ?" Je vous je vous répondrai clairement.

Je leur ai dit tout de suite, non, ça ne m'intéresse pas la politique, mais à force délire, et ça c'est notre responsabilité, à force d'élire des gens qui sont complètement déconnectés du terrain, qui vivent pas nos vies parce que nous on a un maire à l'île Arnaudland mais il vit pas notre vie, il sait pas ce que c'est. C'est pas un lillois, donc on nous parachute des gens. Et comment voulez-vous que ces gens-là qui vivent pas notre vie puissent voter des voix pour améliorer concrètement notre vie ? Et en fait, quand on aura compris ça, quand tout le monde aura compris ça, et ben on va avancer et on va aller loin. Donc moi, je suis là pas pour représenter la voix des quartiers populaires.

Ils le savent et ils le ils le font très bien tout seul. Mais c'est juste que moi quand je parle de ma vie, je vis la vie de beaucoup. Je suis oui une femme issue des quartiers populaires mais je travaille. J'ai des enfants, je travaille. Je les éduque bien mes enfants. Je fais en sorte qu'ils réussissent dans la vie à leur montrer le bon exemple que on peut être blanc, vert, rouge, on peut s'unir. On a des messages aujourd'hui mais ça fait peur quand on entend ces news BFM TV d'avoir des messages de haine et de division. Moi je dis il faut arrêter avec tout ça. On peut s'unir. On est beau quand on est tous ensemble. Vous êtes la Nouvelle-Fance, on est là.

37:08
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

37:16
Locuteur

Et je le dis souvent nous bah à Lille Oui, bastion bastion socialiste, plus de 70 ans. Donc forcément bah mère était adhérente au Parti socialiste. Moi quand j'étais adolescente, je tractais pour le PS. Wou ! Je m'ose je m'o Mais sincèrement toutes ces années, je me suis dit mais mais oui, ils sont là pour nous. Enfin, ils vont changer les choses mais ça fait plus de 20 ans maintenant que ils sont au pouvoir. Enfin, il y a rien qui a changé. Pas dire très peu mais rien qui a changé. Et là, je vais vous parler, vous allez avoir des des exclusivités.

Je les ai vraiment gardé pour vous parce que pendant la campagne municipale avec le Parti socialiste, eux qui se disent démocrat démocratique euh enfin non, moi je vais leur donner aujourd'hui une démocratique. Je n'ai jamais été voir une association ou un soutien qui a été sur ma liste et sur la leure pour leur dire retirez-vous. Voilà, elle est là la démocratie. Je respecte la voix des habitants et des habitantes. Et quand on n pas peur de ça, quand on est là pour présenter un projet, et ben respectez la démocratie, respectez les habitants et ne faites pas des choses salasses dans les dos de de ceux qui se présentent et qui veulent justement changer et faire ce qu'ils n'ont pas fait.

Voilà.

38:32
Non speech

[applaudissements]

38:38
Locuteur

Alors ce qui a fonctionné à Lille et bien sûr ben c'est le porte à porte, aller vers les gens, donc partir bien sûr de de leur problématique, le logement, le transport, la sécurité, les écoles, les espaces verts. On a eu énormément de de de débats sur les problématiques qu'on rencontré à Lille et notamment dans les quartiers populaires sur des espaces verts. En 2026, on est encore en train de discuter sur ça quoi. Alors que la planification écologique, on l'a vu avec les les incendies notamment, on l'a vu avec la montée des températures et personne bouge quoi. En 2026, on fait semblant de découvrir qu'il y a un problème écologique aujourd'hui.

Donc ce qui ce qui fonctionne bien, ben ben c'est ça, c'est montrer justement que que chaque problème local, il y a un choix politique et les choix politiques aujourd'hui en tout cas pour le parti socialiste à Lille, ça a pas été fait. Il y a des choix politiques qui ont pas été faits. Alors et quand on parle justement de de politique justement aux habitants, aux commerciants et par leur quotidien, il faut leur dire énormément de choses.

Et nous ce qui a marché ben électoralement et Tristan l'a dit euh et merci pour ton analyse de tout à l'heure, ben effectivement quand j'ai présenté ma candidature, on a dit "Oh mais c'est tout ce qu'ils envoient à Lille ?" Je vous assure, ça a été repris dans dans les journaux locaux à Lille. La phrase c'était c'est tout ce qu'ils envoient et quand ils ont vu au alors je vous assure Parti socialiste, ils étaient pas du tout inquiété. C'est la Warri douche qui se prépare qui se qui est là, ils étaient pas du tout inquiétés. Mais au premier tour au premier tour quand ils ont vu qu'on était exectait 27,7 25 27,5 % pareil execo avec Arnaudland.

40:27
Non speech

[applaudissements]

40:33
Locuteur

Quant au premier tour des élections, ils ont vu 27,5. Alors, pour celles qui connaissent les deux noms qui vont suivre, j'ai vu moi la mère de Lille, je la voyais que dans les événements, jamais dans les quartiers. J'ai vu Martin Aubri et Patrick Caner tracté. [applaudissements][acclamation] Comprenez bien Patrick Caner, sénateur PS. Il faut faut vraiment bien comprendre et on faisait nous les marchés on les fait toute l'année. Allez, je vous sors les exclusivités. Et Patrick Caner s'est avancé vers les militants insoumis qui étaient là en train de tracter tranquillement et leur a dit "Vous, la France insoumie, je vais vous ér à quoi nous lui avons répondu tranquillement.

Patrick, fais tranquillement ton tractage, c'est la première fois que tu es là, tu vas pas quand même

41:29
Non speech

[applaudissements]

41:36
Locuteur

Allez deè exclusivité. [rires] Je vous avais parlé tout à l'heure de la liste de soutiens. J'ai eu énormément de soutien et je les remercie pour pas citer de nom mais il y a eu énormément de soutien de la part des associations et vous le savez que c'est très difficile en campagne municipale surtout quand on a un bastion socialiste depuis plus de 70 ans. Effectivement, vous savez que les associations dépendent des indemnités et euh des aides de la mairie, les subventions, pardon, de la mairie.

Et donc du coup forcément c'est un peu difficile de prendre position surtout quand on n plus d'accord avec le PS et qu'on a envie de changer mais il y a le poids de l'association et des responsabilités qui font que et sincèrement je je je ne l'en rend veux pas à ceux qui qui ont pas pu voilà prendre position mais pour le peu en tout cas à toutes celles et ceux qui ont pris position qui se sont mis sur ma liste et qui se sont mis aussi sur la liste PS personnellement j'ai respecté la démocratie je suis pas parti les voir pour leur dire Mais pourquoi tu te fouses sur leur liste ? Et bien figurez-vous qu'on a eu Martin Aubri.

Oui, Martin Auri qui allait voir les associations, je vais pas citer de noms parce que je vais pas les mettre dans l'embarras, mais qui est parti les voir pour leur dire "Tu t'es mis sur la liste de la Wara, retire-toi." Voilà les pratiques qui sont utilisées à l'île. Sincèrement, je trouve ça vraiment salasse de de faire comme ça, surtout quand d'une ancienne mère de de Lille de faire des choses comme ça. Plus jamais plus jamais PS plus jamais PS.

43:07
Non speech

[applaudissements]

43:14
Locuteur

Alors moi je suis contente quand même de cette campagne parce qu'il y a eu énormément d'habitants qui se sont mobilisés euh notamment ceux qui étaient pas politisés du tout et ils en avaient juste ral bol et il fallait du changement. Et donc notre campagne justement a aussi permis de dire de dire aux habitants justement pourquoi la politique elle serait juste réservée à celles qu'ils ont les codes ou les bonnes adresses. Et bien moi j'invite toutes celles et ceux parce que je sais qu'il y en a beaucoup qui se sont identifié à moi. J'invite toutes celles qui sont du quartier populaire ou pas que vous soyez blanc, noir vert rouge. Prenez place. Vous avez votre place.

Tout le monde a sa place en politique. Prenez votre [acclamation] place.

43:53
Non speech

[applaudissements]

44:03
Locuteur

Alors moi, pour moi le porte à porte est essentiel. Je parle beaucoup. Je parle beaucoup. Et ouais. OK. Et donc c'est important. Voilà. Et c'est à cause d'Eric ça. Il a trop parlé, il a dépassé le temps. Du coup, je suis raccourci. Mais [rires] mais j'avais juste encore envie de parler un petit peu de clientélisme, parti socialiste. Encore un petit croustiwa. Euh, on a eu le maire de l'île qui est entré dans la mosquée pendant l'entre de tour, il est rentré dans la mosquée et attention attention le maire de Lille c'est parlé arabe. Il a souhaité à tous les musulmans. [acclamation] Bonne fête de laid en arabe à l'intérieur de la mosquée dans l'entre de tours.

Si ça c'est pas du clientélisme, c'est pas ce que c'est. Donc je vais conclure parce que du coup Manon, hop, elle doit prendre aussi la parole. Euh alors juste rapidement, mais en tout cas dans l'opposition, en tout cas, sachez que ça se passe très très bien. On peut porter les voix. Je vous invite moi dans l'opposition en tout cas ce que je fais pour donner conseil aux autres qui sont là les élus. Ramenez en fait les gens ramener les problématique ramenez-les à l'intérieur du conseil municipal. Chaque personne peut participer à un conseil municipal.

Ramenez les associations, les collectifs qui se bat au quotidien, ramenez-les en plein conseil municipal parce que nous quand on fait des interventions en tant qu'élu des positions, on peut nous dire "Ah mais c'est pas vrai ce que vous dites." Mais par contre quand les collectifs et les associations sont là derrière et ben je peux vous dire que ils ferment leur clapet et ils écoutent ce qu'on a à dire. Donc voilà. Donc

45:49
Non speech

[applaudissements]

45:50
Locuteur

donc continuez [acclamation] à visibiliser leurs problématiques, on sera là à leur côté et je vais juste terminer par ma petite phrase que j'aime bien beaucoup que j'aime donc ce que je retiens surtout dans cette campagne, c'est que justement les quartiers euh les quartiers populaires, je l'ai dit tout à l'heure, ne demandent justement pas qu'on parle à leur place, il demande juste qu'on leur fasse une place. Voilà. Donc merci beaucoup. [applaudissements] Merci beaucoup. Bah donc Manon Mon Mirel donc j'étais candidate à Saint-Toin face à Karim Waman, maire sortant euh qui était donc Mire Sortant élu depuis 2020 hein, socialiste entre guillemets.

Je le dis parce que là j'ai un camarade qui est là Mohamed et qui est élu. Je vous demande de l'applaudir. Il était sur la liste avec moi [applaudissements] et il est élu de l'opposition également dans le groupe pour Saint-Touin dont je suis présidente du coup. Et donc juste un point par rapport au Ouais. au sexisme en fait hein en politique. Moi Karim Boamran, il il aime beaucoup dire que voilà, il a écrasé la France insoumise, il a écrasé Éric Coerrel au municipal. Alors merci beaucoup parce que c'était pas Éric Cocrel en fait. La tête de l c'était moi. Voilà.

Euh mais voilà, vous voyez, c'est un peu le truc de combat de coque qu' essaye comme maintenant il est candidat au présidentiel he vous savez. Euh [rires] voà la meilleure annonce de tous les temps sur France Inter. Je vous invite à regarder. [rires] Donc voilà. [applaudissements] Euh alors au niveau de la participation, je suis partie revoir les chiffres parce que effectivement à Saint-Touin, il y a eu euh il y a eu plus de participation que par rapport à la à la scène Saint- Nie au département. Au premier tour, on a eu 54,75 % par rapport à 46,7 dans tout le 93 et ensuite au 2e tour 51,6.

Vous allez comprendre pourquoi il y a une chute de participation euh et une hausse finalement dans le 93 avec 48 %. À point, pourquoi il y a eu une chute très rapidement ?

Parce que comme Karim Boamran avait fanfaronné partout, qu'il allait nous écraser dès le premier tour, tu te souviens Éric, il y a des gens qui pensaient qu'il y avait pas de deuxième tour au final parce que vraiment Ah oui même dans le bureau de vote hein, il y a des gens qui disaient "Non mais ça sert à rien de revenir." Nous, on a fait un recours juste pour vous dire rapidement contre Karim Wamran, même s'il a un écart quand même au deuxème tour parce que il dit qu'il nous a écrasé mais j'y reviendrai tout à l'heure, il a surutilisé les moyens de de municipaux en fait hein jusque à la dernière semaine du premier tour pour son élection que il était censé gagner dès le premier.

Pour ça que j'aime bien rappeler le fait que voilà, nous on lui a imposé un deuxième tour et qu'aujourd'hui face à lui, il a une vraie opposition au conseil municipal et ça lui fait bien mal. Et euh et bah et du coup on va continuer effectivement comme tu dis tout à l'heure, alors par rapport à la mobilisation des quartiers populaires qui était la première question euh nous euh si je revisualise la campagne en fait ça a vraiment euh démarré alors déjà on est en campagne permanente depuis des années. Sincèrement, je reviendrai là-dessus tout à l'heure par rapport à la confiance parce que c'est un sujet et je vais je vais développer mais juste une phrase là-dessus.

Effectivement, l'erreur monumentale à ne pas reproduire et ce que font tous les autres partis de gauche comme de droite, c'est de se présenter uniquement dans les cadres de campagne électorale. Voilà, c'està-dire que et vous l'entendez souvent, je pense que c'est-à-dire des gens disent bah on vous voit pendant les campagnes quand vous avez besoin de nos voix, qu'on vote pour vous et après on vous on vous revoit plus jamais.

Et effectivement, bon le fait que moi je suis suppléant d'Éric Cocrel depuis 2017, je travaille aussi en circonscription, il y a mon collègue, bon maintenant il est élu à Saint-Inis Landri Voilà et et je témoigne du fait que Eric depuis 2017 c'est la campagne permanente et avec les camarades insoumis, on ne s'est jamais arrêté en réalité. Et même il y a eu les municipales le deuxème tour, le dimanche d'après, on était à nouveau sur le marché et on était tout seul d'ailleurs. Tous les autres avaient disparus. Voilà, il y a il y a plus personne. On est la seule force politique euh sur le terrain à être présent même quand il y a pas d'échéance électorale. Voilà.

Et donc euh [applaudissements] au niveau euh au niveau de de la participation et comment justement on on a essayé de enfin de faire place, mais c'est tellement naturel, c'est même pas se faire place, je sais pas, d'intégrer ou de enfin en tout cas de façon légitime des personnes qui qui habitent euh dans les quartiers populaires et qui ont des problématiques à porter. C'est passé par le programme, la construction de notre programme.

On a fait euh on n pas continué longtemps ce ce format mais on a on a on a fait en particulier sur le logement euh quelques réunions en tout petit comité avec des personn enfin des personnalités des personnes habitants de quartier qu'on avait repéré, c'est-à-dire des personnes membres ou qui avaient fondé des amicales de locataire, des personnes qui s'étaient mobilisées dans des luttes par exemple par rapport à l'explosion des charges locatives. Il y a eu le cas à Saint-Touin.

Donc vous voyez des personnes qu'on avait qu'on peut dire un peu des leaders du quotidien, c'està-dire qui qui ont réussi à auto-organiser au sein de leur quartier ou même dans leurs immeubles, ben leurs voisins, leurs proches dans des mobilisations. Donc on les a ciblé entre guillemets, on leur a proposé de tout simplement des formes d'audition. Je sais plus quel terme utilisé parce que moi audition ça fait un peu ouh là euh voilà euh pour avoir d'abord en fait on voulait vraiment euh que le programme euh euh pour ces campagnes municipales soit au plus près euh des problématiques du terrain euh et du quotidien des gens.

Et c'est comme ça que euh par exemple il y a un un un monsieur qui s'appelle Abdella qui avait créé une amicale de locataire dans une cité qui s'appelle la cité Charles Schmidth qui était l'un des euh des points de les plus importants de Saint-Touin avec des grosses problématiques avec le bailleur qui s'appelle Sensabita ou qu'on connaît depuis des années via aussi le mandat d'Éric Okrel en tant que député puisque étant très présent en circonscription euh il avait fait appel à Eric Coel mais on l'avait rencontré aussi dans le cadre de divers luttes.

il a fait partie de ce type de réunion où on voulait construire le programme vraiment au plus près comme ce que je disais et il a fini sur notre liste justement au municipal dans les 10 premiers parce que c'était aussi bah justement voilà un un profil de personne qui a su s'auto-organiser face à une lutte très importante qui est la question du logement et et pourquoi je parle du logement justement par rapport à ces réunions c'est parce que c'était l'un des piliers de notre programme en fait le logement bon c'est dans toute la France mais en scène Saint-Denis c'est une situation qui est catastrophique et je peux vous dire qu'à Saint-Touin Saint-Touin, on en est plus au stade de la gentrification, on en est au stade de l'embourgeoisement.

Et c'est-à-dire que ce qui s'est passé avec Master Poulet là, tout l'épisode Master Poulet, c'est l'un des symptômes en réalité de la politique de droite que mène Karim Boamran parce que lui en gros avait prévu pour cette place en face de la mairie un autre type de restauration si vous voulez. Voilà. Et comme en France, il y a la liberté d'entreprendre, en gros, le fond de commerce a été vendu donc au patron de Master Poulet. Il ne l'a pas supporté et comme il a une pratique périle de la politique, il a d'abord mis des blocs de béton pour empêcher des salariés de rentrer dans le restaurant. Il a perdu au tribunal administratif derrière des pots de fleurs qui sentaient le crotin de cheval.

Bon voilà, il a vraiment tout essayé mais en fait ça c'est ce que je lui avais dit lors du conseil municipal. Il finalement c'est comme s'il n'acceptait pas que dans sa propre ville, oui, il y a des gens qui ont besoin euh qui ont besoin d'avoir des lieux de restauration où ça coûte pas cher en fait. Voilà, c'est-à-dire il y a des foyers d'étudiants, des foyers de travailleurs, il y a même des personnes euh qui sont à la retraite qui ont pas de moyens et pour qui c'est une rôtisserie populaire en réalité. Master Poulet, hein, c'est rien de plus, hein. Voilà. Vive Master Poul et [rires] voilà.

[applaudissements][acclamation] Et donc c'est pour ça que à la fois nous donc c'était sur c'était vraiment sur deux piliers. La question des services publics de proximité, comment on fait en sorte que Saint-Touin soit plus ce que je disais une une ville à deux vitesses finalement c'est il y a des gens à Saint-Touin qui se disent mais j'ai l'impression de pas vivre dans la même ville que que d'autres gens où il y a vraiment une fracture à Saint-Touin. Il y a ce qu'on appelle les docs de Saint-Touin qui sont des écoquartiers qui ont émergé sous une ancienne ancienne mandature de Jacqueline Rouillon donc avant 2014. Ça a commencé à émerger.

Donc des écoquartiers où aujourd'hui, je vous assure, vous y allez, tant mieux pour eux, hein. Bon, ils ont des brumisateurs tout le long d'une allée, ils ont un biocope, un Intermarché, euh un spa, un barber shop, euh une librairie féministe. Ils ont de tout. Voilà, vous traversez la rue Albert d'Alè, vous avez le vieux Saint-Touin, il y a même plus une alimentation générale. C'estàd qu'il y avait un fran prix, il a fermé là récemment. quand je vous dis qu'il y a rien. Et justement, j'avais rencontré des jeunes femmes.

J'insiste beaucoup sur le programme parce que en réalité en préparant du coup mon intervention finalement je me suis rendu compte que et c'est pour ça là je regarde Mohamed parce que on a sorti nous notre programme écrit sur le site internet et puis imprimé seulement vers fin janvier parce qu'en fait jusqu'au bout on l'a construit à force des portes à porte à force de rencontrer des gens et justement j'ai rencontré des jeunes femmes de 22 ans de se fameux quartier du vieux Saint-Touin qui disait "Mais il y a tellement rien qu'on n'y reste pas dans notre quartier en fait. On peut pas y rester." Donc c'est la question du droit à la ville aussi c'est ça de ou de la ville quart d'heure.

La poste dans ce quartier du vieux Saint-Touin, elle est tout le temps fermée quasiment. Même les personnes âgées, enfin c'est-à-dire le lien social, il y a plus de lien social dans dans ce quartier. Je je pense aussi à un autre quartier à Saint-Touin qui s'appelle Arago. On a beaucoup insisté là-dessus euh euh pour justement dénoncer cette ville à de vitesse et et ces quartiers qui sont abandonnés. Euh et d'autres quartiers qui sont favorisés et dans un but, on va le dire aussi électoraliste. Karim Boamran se disait très bien, je sais très bien quel type de population se déplace systématiquement dans les bureaux de vote.

Voilà, donc intérêt et on va le dire, ouais, je dis intérêt électoraliste, c'est vraiment plus le terme que on va dire clientélisme ou autre. Donc euh ça nous euh la question des quartiers populaires, il y a eu d'abord la construction euh du programme de par lequel on a sorti des enjeux, on a réussi à repérer des leaders du quotidien qu'on a réussi à prendre avec nous dans la dynamique des municipales avec la difficulté et ça a été dit. La question des associations, je vous assure que c'est un sujet euh comme les les dotations de l'État ont drastiquement baissé, aujourd'hui les municipalités ont quasiment les pleins pouvoirs entre guillemets de vie ou de mort sur des associations.

Et nous ce qu'on a vu lors du dernier conseil à Saint-Touin, je le franchement je le dis parce que c'était visible sur la liste, il y a vraiment des associations qui subissent des représailles d'une fait du fait de ne pas avoir soutenu Karim Boamran au niveau des subventions. Ça se voit. Voilà. Et donc quand on a cherché effectivement bah voilà aussi, on a réussi à en avoir hein des personnes issues du tissu associatif. On a réussi mais ça a pas été facile parce que il y avait ce truc de bah oui mais euh bon bah si vous perdez, qu'est-ce qui se passe pour nous ? Voilà, si repasse, qu'est-ce qui va nous arriver ?

Si on s'affiche, on veut bien vous soutenir mais faut pas qu'on soit sur la photo. Et alors là sur la liste, c'était encore plus compliqué, voyez. Donc euh euh et encore plus euh dans des pour des comment dire des associations euh de type solidaire et justement dont le public et ils sont des habitants des quartiers populaires par exemple. Moi je pense spécifiquement à une personne qui était sur euh notre liste pour Saint-Touin et qui a une association d'épicerie solidaire. Je peux vous dire aujourd'hui que c'est très compliqué pour elle et j'utilise encore le terme représaille.

Donc ça c'est peut-être un des obstacles, une des plus grosses difficultés que j'ai observé lors de ces municipal lorsqu'on part de la question des quartiers populaires. Et donc ensuite ouais, je j'ai bientôt terminé. Oh là là, c'est rapide 10 minutes en fait hein. Je me disais mais dis donc ouais c'est c'est compliqué. Donc j'ai parlé du programme, j'ai parlé de la liste et là je vais en arriver effectivement porte à porte. Je pense que ouais, sincèrement, mais je vous l'avez entendu à plusieurs reprises, pour moi, ça va au-delà même de la présence, tout ce qui est le marché et cetera, c'est bien. Oui.

Pour montrer qu'on est là une forme de mais vraiment le travail de fond, c'est les portes à porte. Et c'est vrai que nous on a saigné les portes à moi il y a des rues que je connais par cœur maintenant. Ça y est, il y a des trucs que je connais par cœur que j'ai des gens qu'on a vu 100 fois de Mais parce qu'en plus enfin j'insiste sur cette question du programme parce que moi ce qui m'avait énormément touché pendant cette campagne, c'est des gens qui avaient lu le programme donc des gens de quartier qui ont dit "Moi, je me suis reconnu dans votre programme, vous avez parlé de tel sujet, c'est le mon sujet de tous les jours" et ça en fait je pense que on a bien fait d'attendre jusqu'au bout.

Moi, c'est un conseil que je donne, faut pas le sortir tout de suite le programme, faut attendez bien et vraiment faites les portes à porte les parce qu'on a corrigé certaines choses. En fait, il faut pas, ça ne peut pas être que de la théorie, c'est pas possible. Et les municipales et c'est pour ça qu'il y a une participation importante notamment des quartiers parce que c'est la campagne de proximité. C'est la la seule campagne de proximité où les gens ils ont vraiment besoin qu'on réponde au à leur problématique du quotidien en réalité.

Et par exemple les jeunes filles du vieux Saint-Touin que j'ai rencontré, on a corrigé donc notre programme sur la question des 18 25 ans, l'accès à l'emploi, l'accès au stage, l'accès aux alternances, voilà qui sont très compliquées, les assistantes maternelles aussi qu'on avait rencontré, on a corrigé aussi sur notre programme. Donc voilà, le le porte à porte pour moi, c'est l'action principale et c'est moi je disais il faut être en campagne permanente mais dès que vous rentrez en campagne des municipales en fait mais c'est plusieurs fois par semaine en fait et jusqu'au bout.

jusqu'au bout et également les déambulations aussi, on en a fait beaucoup, c'est-à-dire se balader dans la ville, dans différents quartiers, vous rencontrez les commerçants, les habitants, ils sont contents même de vous voir et même une conversation comme ça aussi, ça peut vous donner une idée, vous inspirer aussi, vous dire "Ah oui, mais ça on n'y avait pas pensé en fait." Effectivement, parce que le problème en tant que militant, c'est que parfois, comment dire ? Ouais, on peut être on peut un peu tomber même quand on milite beaucoup dans des quartiers. Au bout d'un moment, on peut être un peu en vaste clos entre militant et il y a des problématiques qui vont être dans des angles morts.

Et c'est pour ça qu'il faut tout le temps être Moi, j'invite vraiment être tout le temps à l'extérieur, en extérieur, à la rencontre des gens, donc et en deambulation et en porte à porte. C'est bien les meetings, les réunions publiques et cetera, mais être au plus près des gens, enfin c'est vraiment un conseil que je donne pour les prochaines échéances. Et je vais en terminer par là. Attendez, non, je regarde si j'ai vraiment tout dit parce que c'est tellement franchement je trouve ça passionnant comme sujet. Euh oui, après là, je vais terminer sur la la question des conseils municipaux. Euh nous, ça se passe pas bien. Euh les conseils municipaux avec Karim Guamran, c'est très compliqué.

Euh mais je pense que alors je vais pas le terme lanceur d'alerte, il est un peu fort mais je sens vraiment qu'il y a une attente très forte. Du coup euh bah je comme je parlais du le programme qu'on a porté euh euh les actions qu'on a mené, les gens nous ont beaucoup vu et j'insiste là-dessus. Attention vraiment, il faut être en campagne permanente. Je dis ça, moi je on a tous pris une pause hein en tant que candidat, je pense candidate. Mais en fait, il faut jamais s'arrêter. Il faut jamais s'arrêter, je vous assure, parce que le problème avec les les partis classiques, partis communistes, parti socialistes et cetera, c'est qu'ils ont trahi les gens. C'est ça.

Et les gens, ils ont une mémoire contrairement à ce que eux pensent. Voilà. Et il faut pas qu'ils se disent "Oh là là, bah oui, mais c'est les insoumis." Ouais. Bah eux aussi, on les voit que pendant les élections quand ils ont besoin. Je me dépêche que qu'on vote pour nous. Euh et et le fait queon arrive au conseil euh je sens vraiment qu'il y a cette ch ce effectivement c'est il y a quand même c'est ce côté porte-voie quand même. Voilà, nous on nous écoute pas, on narrive pas à se faire entendre donc on compte sur vous euh pour porter nos problématiques.

N on reçoit beaucoup beaucoup de mails euh quand on est à l'extérieur aussi les gens nous sollicitent pour qu'on porte des sujets et je pense j'espère qu'ils sont fiers bah de nos interventions, de nos actions. [applaudissements] Voilà. Bon, j'espère avoir apporté quelques billes du coup pour les prochaines campagnes que vous allez mener. [applaudissements] C'est très important. Et bah de toute façon, je répondrai aussi à vos questions. Je suis désolé. Des là, pardon, excuse-moi. Merci beaucoup. Merci. Merci Manon, merci Laaria. C'est vrai que c'est un sujet passionnant. En plus, elles viennent de sortir de campagne, elles ont beaucoup de choses à raconter.

Et je leur avais dit de nous mettre un petit peu de croustillant aussi parce que c'est important. On se détend un peu. Alors, il nous reste pas beaucoup de temps. Il nous reste deux interventions et si on veut avoir le temps de faire questions-réponse, il faut qu'on qu'on accélère un peu. Alors maintenant, on va direction la Réunion avec Alexis. Donc toi, tu as franchi [acclamation]

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[applaudissements]

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Locuteur

Alexis, il a il a franchi bah l'étape supplémentaire, la conquête de la mairie. Alors, on aimerait bien que tu nous expliques comment est-ce que tu as réussi à construire cette victoire et une fois la mairie conquise, qu'est-ce que ça veut dire concrètement être un maire insoumis ? Merci à toi.

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[applaudissements]

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Locuteur

Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. Déjà, bon voilà, vous dire un immense merci de votre présence et de votre invitation de me donner la parole. Euh ça fait chaud au cœur de voir autant de monde réunis et j'en profite de cette occasion pour vous adresser un un grand remerciement parce que je présume qu'il y en a quelques-uns ici présent qui nous ont envoyé parmi ces dizaines ces centaines de messages qu'on a reçu qui venaient des quatre coins de l'hexagone pour nous dire félicitations à ce que pour ce que vous avez fait là-bas. C'est pas ma victoire personnelle, c'est la vottre aussi. C'est la victoire des insoumises et des insoumis.

Donc merci à vous [applaudissements] pour vos témoignages de soutien et chaleureux. Euh, il y a un premier truc que je veux dire, j'ai besoin de l'évacuer tout de suite parce que quand je viens d'entendre tout ça, j'ai un peu le cœur qui palpite. Non par stress parce que je suis entre camarades et je me sens très bien, mais parce que je sais que ici toutes les paroles qui sont prononcées, elles sont prononcées avec une chose qui fait cruellement défaut dans les camps d'en face, dans les camps d'en face du RN au Parti socialiste inclus, c'est celui de la sincérité. La sincérité dans l'engagement et dans les convictions. Et ici, on sent qu'il y en a.

Et c'est ça qui va nous faire gagner les amis, j'en suis convaincu. [applaudissements] Un petit mot pour vous dire quand même d'où on parle parce que je vous en veux pas si vous connaissez pas le tampon, je sais que c'est un peu loin pour vous. [grognement] Euh d'où on parle ?

Moi, je suis donc Alexis Chaussalé, j'ai 33 ans, j'ai grandi, je suis né, j'ai vécu toute ma vie au tampon à l'exception de quelques années où j'ai fait mes études à Liepédex en Provence et où j'ensuite j'ai milité à Attaque Paris, enfin Attaque France où j'ai travaillé avec des camarades et militants qui sont là et ça me fait chaud au cœur de voir que l'engagement militant, il continue à se déployer, à se retrouver ici et puis je suis reparti chez moi et j'ai dit au début, bon il faut arrêter le militantisme parce que sinon je vais faire un burnout.

Et puis finalement, quand j'ai vu toujours les mêmes visages, toujours les mêmes trahisons, toujours les mêmes promesses, toujours les mêmes personnes en place et que rien ne change, je me suis dit je peux pas rester les bras croisés. Et moi aussi, je veux prendre part à ce grand combat pour faire en sorte que la conviction, les la dignité humaine, que l'urgence sociale s'invite euh clairement, concrètement dans cette bataille politique. Et donc, je me suis retroussé les manches et avec beaucoup de camarades, beaucoup de jeunes, on s'est lancé dans ces différentes batailles et on a obtenu cette victoire. Donc d'où on parle, le tampon, 3e ville de la Réunion, 85000 habitants.

Euh c'est une ville qui s'étend d'un peu plus de 2000 m d'altitude à 400 m d'altitude. Donc il peut faire chaud et froid dans la même journée. Une ville extrêmement agricole, très étendue à côté du volcan que vous connaissez peut-être le pyon de la fournaise le plus actif au monde. Faut prendre cette route pour pouvoir y aller. et en même temps une ville universitaire avec un centre urbain très développé et pourtant une ville universitaire avec plus de 4000 étudiants, le plus grand campus de l'océan Indien et pourtant je vais vous donner une anecdote, un bar. Alors, vous allez me dire quel rapport ?

Mais c'est pour vous donner une indication pour vous dire qu'il y avait zéro vie étudiante, zéro vie culturelle, zéro animation, attractivité de de notre centre-ville pour notamment la jeunesse et que nous c'est là-dessus qu'on est arrivé pour dire on va faire irruption et on va changer les choses. On nous a regardé avec des gros yeux en disant "C'est qui cette petite bande de jeunes qui veut venir perturber un fonctionnement bien installé et établi puisque cette ville, elle a 100 ans et pendant 100 ans, 100 ans de droite, d'extrême droite de droite extrême de droite et de droite et puis là-dessus nous arrivons, on nous dit ça sert à rien, la gauche jamais ne passera.

Si vous faites 5 % c'est le maximum, jamais vous n'y arriverez. Qu'est-ce que vous croyez bande de petits jeunes ? jamais vous allez y parvenir. Et bien aujourd'hui, je suis là, je suis maire du tampon de la 3è ville de la Réunion et je suis [applaudissements][acclamation] Merci beaucoup [applaudissements] et je suis accessoirement président de l'intercommunalité de la Cassud aussi qui est un défi extrêmement important pour nous. Et vous dire un mot du contexte dans lequel on se trouve, c'est que donc on avait une famille qui était en place depuis 40 ans. Cette famille, elle s'appelle Tiana Kun. Voilà, je vois qu'il y en a qui connaissent, on franchit les frontières.

Et le père a officié pendant plus de 30 ans, a été condamné à deux ou trois reprises pour prise illégale d'intérêt, conflit d'intérêt, favoritisme et j'en passe mais il est revenu et il a été élu et patati et patata et le clientélisme dans les subventions c'était monnaie courante. Puis il a été condamné une éème fois. Donc il a décidé de d'organiser une élection dans le conseil municipal pour que surprise qui soit élu son fils Patristiaun qui donc prend les reines de la mairie et se dit ce n'est que une autoroute devant nous, on va y arriver, il y a pas de problème. Euh voilà un peu le contexte. Et oui, non, j'ai oublié quand même une petite donnée significative.

Sep circonscriptions à la Réunion, six de gauche, une Rassemblement national, c'est la nôtre évidemment.

Donc le député RN a été élu l'année dernière contre ma candidature à peu de choses près où on nous prédisait 70 30 et finalement on a fait quasiment 51 49 parce qu'encore une fois le secret je vais rien vous apprendre c'est la campagne permanente comme ça a été dit mais je vais peut-être vous donner quelques éléments je prétends pas avoir de recettes miracle mais je pense quand même qu'il y a deux trois choses que il faut qu'on vous mette en commun parce que ça peut être source d'inspiration pour la bataille qui nous attend cette campagne on l'a mené en se disant il faut en En fait, quand il y a eu la dissolution, nous en 2024, on était aucun problème, on est déjà en campagne, donc vas-y, on continue, ça va rien changer.

Et on a décidé de reprendre un concept à la Réunion. Il y a un sujet qui se passe régulièrement, enfin c'est une un concept qu'on a historiquement, c'est celui des ronds causés. Alors, ça ressemble un peu à ça de façon un peu plus circulaire où on fait passer le micro où ça peut être couplé à de la pratique de la musique traditionnelle le Maloya qui est une musique revendicative qui sort de l'héritage communiste où c'est le parti communiste qui a permis de faire éclore cette musique de revendication et de lutte sociale et non pas une musique folklorique comme certains voudraient tenter de la faire passer.

Et on a repris ce concept des ronds causés en disant le principe il est simple que celles et ceux qui n'ont pas leur place prennent leur place. Alors, c'était un peu on nous a dit [applaudissements] et moi-même le premier, je vous avoue, on doutait un petit peu est-ce queon va réussir à faire venir les gens ? et j'ai quelques camarades qui sont là qui ont fait le voyage aussi avec moi et on hésitait, on se disait "Bon, on va tenter mais c'est pas sûr." Et je vous avoue, le premier on était entre nous et le deuxième on était entre nous et le troisème il y avait deux trois personnes et ainsi de suite.

a commencé à rentrer et à faire en sorte que dans ces ronds causés des habitantes et des habitants qui n'avaient pas l'habitude de prendre la parole, qui se sentait illégitime, qui ne maîtrise pas la langue française par ailleurs et pour nous c'était un sujet extrêmement important que tout soit en bilingue jusqu'à notre programme évidemment pour que en créole on puisse s'exprimer et on puisse faire entendre sa voix. Notre sujet à chaque fois c'était de dire peu importe d'où vous venez, peu importe comment vous vous exprimez, peu importe les études que vous avez faites, vous avez le droit à la parole et vous avez place au chapitre.

On a réussi à faire en sorte que ces gens viennent, non pas en les attirant parce que je vais dire par euh passer des moments conviviaux, mais parce que on croit intimement que pour faire de la politique aussi, il faut arrêter de faire la gueule. Excusez-moi de le dire comme ça, mais je crois que quand on regarde euh [applaudissements] je sais pas quand on regarde l'expression faciale de Marine Le Pen et celle de Clémence Gueté, ben moi j'ai plutôt envie de militer avec quelqu'un qui donne l'envie d'aller militer plutôt qu'avec quelqu'un qui porte la

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Locuteur

l'aigriille, je sais pas comment il faut dire mais l'aigreur, merci pardon, qui est aigri et qui porte cette aigreur en permanence. Donc on a lié à ça avec ces moments de convivialité aussi avec une défense, celle de l'alimentation de qualité. et on finissait nos moments de partage par des repas partage avec de l'alimentation qualité, des produits qui venaient des environs.

Et comme ça les gens mettaient la main à la pâte et ceux qui sentaient pas légitimes, ils disaient "Ben moi au pire, je veux bien faire juste à manger parce que c'est ma je mets ma pierre à la diffie." C'est comme si petit à petit nos causés sont passés de je sais pas 30 au début à 200 300 400 dans tous les quartiers et les gens venaient y particip.

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Locuteur

Je dis un truc là-dessus parce que forcément en face il comprenaient rien, il voyaient pas et jusqu'à aujourd'hui ils comprennent rien. On a je ne sais combien de recours contre nous et bientôt vous allez peut-être nous voir dans la presse parce que il y a des audiences par-ci par là mais rassurez-vous moi je suis extrêmement à l'aise parce que on a fait que respecter la loi évidemment mais eux quand ils voyaient qu'on était en campagne tous les jours et que on était tout le temps sur le terrain et ben ils sont allés chercher dans mes congés. Mais est-ce que il a bien posé ses congés ?

on a réussi à obtenir n na et mais publié sur les réseaux sociaux ce jour alors que nous on a recoupé dans les ressources humaines de là où il boss qu'en fait il était pas en congé. Et ben oui Coco, mais en fait quand on fait tellement de terrain, on poste parfois à postériori et comme tu disais ou comme Tristan le disait de façon très juste et bien on est tellement sur le terrain que ce qu'on donne à voir sur les réseaux sociaux c'est avant tout la campagne de terrain que l'on fait et forcément ben parfois on postait des trucs qu'on avait fait il y a 2 jours où parfois même il m'arrivait d'aller militer de 7h à 9h du mat et d'aller au boulot à 9h30 et il y avait pas de problème.

Et face à ça, face à ça, ce qui est marrant, c'est que une des requérantes en face qui a été députée sortante et qui, bon, enfin bref, je vais pas faire son pédigré, on s'en fiche, on a pas le temps. Et ben elle dit "Bah oui, mais c'est pas normal qu'il faisait campagne tous les jours." Vous savez qu'est-ce qu'elle fait elle ? Elle est à la retraite. Mais j'avais envie de dire, "Ben ma chère amie, franchement, je crois que tu avais tout le temps pour le faire. Il faut peut-être te poser des questions si tu n'y es pas parvenu. Bref, ce que je veux vous dire, je vais essayer parce qu'il reste 1 minute 30 et je vais vous le dire de façon franche, directe et sans détour.

Là, le tampon, 40 % de taux de pauvreté, c'est une des villes les plus pauvres de la Réunion et forcément, il y a 4 QPV, c'est la galère partout et donc ces gens, ils croient plus aux personnes qui viennent juste pour faire campagne et qu'près on ne voit plus. On a pris un engagement, c'est de nous voir tout le temps. Ils l'ont vu, on a été élu, on est tout le temps là, on les fatigue dans la communication parce qu'on est tout le temps sur le terrain et qu'on lâchera jamais rien. Alors, je sais que vous c'est pareil, ne lâchez jamais rien. Il y a un slogan qu'on a à la Réunion, c'est on dit pas nous on lâche rien, on dit nous tient beau, nous larg pas.

Alors, je vous invite à le cultiver pour ne jamais rien lâcher et occuper le terrain en permanence. Ce qu'on veut mettre en place, ce sont des assemblées de quartiers dans tous les quartiers du tampon pour faire en sorte que les citoyennes et les citoyens reprennent le pouvoir. Et j'ai l'intime conviction que c'est que comme ça qu'on arrivera à changer les choses à l'échelle plus globale. Ce que je veux dire, c'est qu' on doit être exemplaire également pour que on voit que on a dit on fait trois exemples, cinq mesures prioritaires dans notre campagne. La première c'était une adsè par classe en maternelle. Tout le monde était d'accord qu'il votait Ren qu'il n'ait jamais voté.

Ils étaient d'accord. rentrée [applaudissements] rentrée 2026 qui vient de se passer, j'ai dû la faire avant de venir vous voir parce que nous on est déjà rentré à la Réunion et bien une ADS dans 161 classes d'école maternelle. C'est dit, c'est fait et les gens le voient et déjà nous soutiennent. [applaudissements] Deuxième chose, le symbole, ça compte aussi l'exemplarité, le contrôle citoyen sur les élus. La ville du tampon, 7e ville de France avec le plus de frais de représentation, 22500 € par an pour payer ses chaussures, son costume, le coiffeur. Alors, j'avais une blague que je vais pouvoir vous la refaire pendant toute la campagne.

J'ai peut-être pas beaucoup de cheveux, mais une fois élu, je payerai mon coiffeur moi-même. Et c'est bien ce qu'on a fait. Dès le premier conseil municipal, nous avons aboli les frais de représentation du maire et je paye mes chaussures, mon coiffeur et mes costumes moi-même.

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Locuteur

22500 € ça peut paraître beaucoup pas beaucoup mais c'est déjà une adsè financée donc on a dit qu'on le fait. Dernière chose, ne jamais être trop arrogant et rester modeste. Le conseil municipal, il est désormais retransmis en direct. Ça peut vous sembler ridicule mais pour nous c'était déjà une révolution. d'avoir un micro pour les élus de l'opposition qui qualifié une minorité, c'était déjà une révolution. Et ben c'est ce qu'on fait. Tous ces gens de droite qui sont en face de nous, on leur donne le micro et même on leur propose un peu sur la forme des niches parlementaires de mettre des points à l'ordre du jour pour pouvoir y participer.

Et on propose en conclusion des conseils municipaux désormais que les citoyennes et les citoyens aient 30 minutes d'expression publique pour qu'ils puissent venir. Voilà,

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Locuteur

je conclus là-dessus. Je dis pas que c'est la révolution aboutit, mais en tout cas on est en bonne voie et ce que je veux vous dire c'est qu'on doit être exemplaire parce que c'est nous avec quelques-uns avec David Guirot, avec Bali Bagayoko et quelques autres que je m'excuse de ne pas citer où on doit être exemplaire pour montrer à voir que les insoumis au pouvoir et bien en fait c'est la révolution citoyenne qui est en marche, désolé pour le horche mais qui clairement va changer la vie des gens et j'en suis intimement convaincu que ça en reconstruisant par en bas. Ne jamais lâcher le terrain, rester modeste et humble quoi.

Et surtout bah la clé en fait vous savez c'est quoi pour gagner c'est que entre le premier et le deuxème tour quand on nous a dit ben en fait il y avait combien de milliers de voix d'écart je sais plus près de Ouais enfin il avait fait 10 il avait fait 14 et nous 10000 il y avait 4000 voix d'écart et ben on a remonté ces 4000 voix d'écart parce que les jeunes sont allés voter ils sont dit c'est encore possible eux-mêmes n'y croyaient pas en face nous-même je vous assure le jour du deuxème tour on avait des doutes et ben finalement c'est parce que les gens qui ne votaient plus les gens qui ne s'exprimaient plus ont pris la parole sont venus, se sont déplacés et je veux rendre hommage à mes camarades et je vais essayer de le faire sans trop de pleurer parce que eux aussi ils sont là et c'est eux qui sont donnés pour organiser les portes à porte, les actions de terrain et qui aujourd'hui

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Locuteur

et qui aujourd'hui nous permettent de dire que le tampon est insoumise et le restera avec l'unité de la gauche. Merci à vous toutes et à vous tous. [acclamation][applaudissements] Merci. Merci Alexis. Ça fait chaud car je vois que dans le public, il y a des personnes qui sont ému parce qu'on se rend vraiment compte mais qu'est-ce que ça peut donner ? ce que ça peut donner les mairies insoumises et je crois que le pays on en a terriblement besoin. Alors, il nous reste 8 minutes. 8 minutes parce qu'en plus Alexis et moi-même on a attendu sur la petite scène juste après. Donc ce qu'on va faire, c'est que on va commencer par une question qui était qui fait office de conclusion avec Éric.

Donc on la compte dans le temps question et puis après on va prendre peut-être deux trois questions discuter après la petite scène. Après la petite scène. Voilà. OK. Euh donc alors Éric pour terminer j'aimerais revenir vers toi et regarder devant nous à présent qu'est-ce que tous ces enseignements et puisqu'on a entendu lors de cette conférence nous apprennent pour la suite notamment pour 2027. comment tu perçois les choses et comment on peut s'organiser encore plus fort dans les quartiers populaires pour que les quartiers populaires fassent partie intégrante de cette campagne et accompagne Jean-Luc Mélenchon et toute l'équipe autour de lui avec l'avenir en commun de gouverner dès 2027.

Bon, je vais faire vite, j'ai compris que j'avais été trop long la première fois. [rires] Euh la première chose c'est que on s'aperçoit alors c'est plus pratique qu'on a les mairies bon et à nous de les mettre en avant et de ce qui se passe. Mais c'est vrai aussi qu'on a des élus voir des groupes municipaux. C'est-à-dire qu'on peut montrer en pratique ce que ça change pour la vie des gens. Voilà, on a un an pour se servir de ce qui s'est passé pour les municipales comme point d'appui pratique de ce que ça peut donner à l'échelle du pays en 2027. Et ça c'est énorme.

Donc c'est vrai que ce que tu citais par exemple tampon, ce que peux citer Bali, David et cetera dans les différentes villes comme l'idée ce qu'on a dit on le fait simplement ça. Ce qu'on a dit on le fait à l'échelle c'est quelque chose que nous on a intérêt à répercuter partout dans le pays parce que c'est une exemplarité. Ça c'est la première chose. Bon, la 2è chose aussi, là aussi je reviens sur ceux qui ont gagné et notamment je pense à Sindi qui est quand même la 2e ville d'Île-de-France. Bon, c'est le fait qu'on peut gagner. C'est tout con, hein. C'est d'ailleurs pour ça qu'on avait choisi de faire le meeting à Saint-Ni, c'est-à-dire que le relais est passé.

Le relais de gagner une mairie montre qu'on peut être majoritaire. Et ça a évidemment complètement crédibilisé le fait qu'on peut gagner les élections présidentielles. Je il y a eu un avant et un après. Donc ça c'est un deuxième élément. La troisième chose que je voudrais dire c'est aussi qu'il va falloir faire face aux attaques parce que il vous a pas échappé que dès l'élection de nos maires, il y a eu des attaques racistes à un niveau d'ampleur qui a permis une mobilisation massive le 4 avril à Saint-Nis. attaque massive de racisme des des Bolorenco mais aussi du gouvernement vis-à-vis de nos maères. Mais là ça continue et ça va continuer. Tu vas en être victime aussi. Bon pourquoi ?

Prenons l'exemple de Bali Bayayuko qui aujourd'hui a été adjoint au maire ne sait pas que il doit continuer à travailler à côté parce que les indemnités d'un adjissent pas de pas travailler. Et on en a fait une affaire du fait que Bali Bagayoko continue en même temps à travailler avec un emploi aménagé à la RATP. La belle affaire, çaen est devenu un scandale. Ça aurait évidemment pas été un scandale si ça avait été un élu en marche cadre supérieur. On aurait mêmeé que c'était normal, mais là c'était anormal qu'il soit et en plus il gagnait bien sa vie. Alors là, c'est un scandale absolu de penser qu'il pouvait bien gagner sa vie à la RATP avec un emploi réel.

Ce que je veux dire par là, c'est que ça ça vous montre le genre d'attaque qui va y avoir. Donc préparons-nous à ça. Préparons-nous. On sait qu'on est attaqué nationalement, mais ceux qui ont été élus localement, que ce soit dans l'opposition comme vous deux ou en tant que maire, il va y avoir ça. 4è chose, mais vous l'avez dit, vous l'avez montré, c'est que il faut montrer la différence. Et moi, je crois que la différence entre un élu et les filles, que ce soit un député ou un élu municipal ou un un maire et cetera, c'est qu'on doit rester des élus militants. Voilà, on doit rester des élus militants.

À aucun moment, on ne doit penser qu'une fois élu quelque part, on abandonne la raison d'être de ce que nous faisons. Et ce que nous faisons, c'est que nous sommes des militants au sens le plus noble du terme. Ça veut dire en terme de pratique, ça veut dire effectivement en terme d'aller faire des compes-rendus de mandat, tu parlais de réunion locales plutôt que de faire des espèces de grandes messe et cetera, de continuer à aller voir les gens. Bon, j'ai j'ai pas d'inquiétude mais c'est vrai qu'il faut donner à voir une pratique différente parce que c'est ça qui nous a permis de gagner. Donc c'est ça qui nous permettre de continuer.

Bon et dernier élément euh pour les prochains, je termine là-dessus. Bon, l'idée là, vous l'avez compris, c'est que on est on qu'on gagne les prochaines élections. Si on gagne les prochaines élections, ça veut dire qu'on va être majoritaire à l'assemblée. Ça veut dire que cette fois-ci, on va avoir des centaines de députés. Alors, je le dis très clairement, il faut qu'il se passe au niveau des législatives la même chose qui vient de se passer au niveau des municipales.

On a eu pendant des années et c'est vrai, j'en suis un un représentant, j'en suis un exemple, le fait que parce que justement il nous manquait un vivier militant, on a eu tendance parfois à envoyer des responsables pour gagner. Là, il y a plus de raison. C'est-à-dire que c'est le message que je vous envoie dans vos groupes d'action, dans vos villes, parfois dans la ville d'à côté parce qu'il faut pas hésiter à faire ce que les autres font à certains moments. Moi j'ai l'exemple de quelqu'un, je la citerai pas mais en scène sani qui un jour a est issu d'un quartier. Ben alors on peut pas faire plus militant d'un quartier populaire.

Bon il se trouve que son quartier, il y avait un député donc c'était pas possible qui était et on lui a proposé une autre circonscription. Il y a des gens bien conseillés grandement plus c une femme qui lui ont dit "Ah bah non, tu vas pas changer de ton quartier." Et elle est pas élu député à cause de ça. C'est fini, faut vous décomplexer par rapport à ça. Il faut que vous sachiez et que vous preniez vos responsabilités et notamment parce que c'est quand même le problème qu'on a avec les maères, c'est qu'on a que des mères hommes. D'accord ?

Bah oui, faut le dire aussi entre c'està-dire que quand on parle de la représentation des quartiers populaires, il est quand même paradoxal que dans les quartiers populaires, la plupart des associations et des collectifs, c'est les femmes qui les mèent. Et c'est quand même paradoxal que même chez nous ça soit des mères, qui soient tous des hommes. Voilà. Donc ça pour législative bah ça doit changer aussi. C'est le message que je vous envoie. C'est le message qu'on doit envoyer au national. [acclamation] Voilà, il faut que nos députés représentent la population et ça va être la condition de notre victoire parce qu'on va gagner.

Voilà ce que je voulais dire et puis je souhaite qu'on abande pas aussi je donne le message n'aura pas cette année mais qu'on continue les RNCP quel qui soit la personne qui son du cup parce que je pense que ça a été un levier important de ce qu'on a pu faire depuis quelques années. Voilà. Merci. Merci.

1:23:19
Non speech

[applaudissements]