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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 4 décembre 2018 14 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & international

ONU : le Pacte de Marrakech

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24Invité politiqueFait
    « Ce pacte n'est pas d'application obligatoire. C'est ce qui est mis ultérieurement. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « il n'empêche qu'il pose un certain nombre de principes généraux qui vont ensuite servir de références pour l'avenir. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « À l'heure de la mondialisation, les migrations sont facteurs de prospérité, d'innovation et de développement durable. »
  • 6:15Invité politiqueChiffre
    « il y a actuellement, au minimum, plus de 3,5 à 4 millions de chômeurs »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »
  • 7:38Invité politiqueFait
    « les États-Unis se sont retirés, ne signeront pas ce document. »
  • 9:41Invité politiquePromesse
    « nous ferions un grand débat national, pendant plusieurs mois en laissant s'exprimer tout le monde. »
  • 10:58Invité politiqueFait
    « Quasiment les transformer en esclaves. »
  • 11:42Invité politiquePromesse
    « Est-ce que les Français veulent ou non ratifier par référendum le pacte de Marrakech sur les migrations sûres, ordonnées et régulières ? »
  • 12:22Invité politiqueFait
    « il n'a jamais, pendant la campagne présidentielle, indiqué dans son programme qu'il le ferait. »
  • 13:06Invité politiqueFait
    « Nulle fraction de la population, nul individu ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté. »
  • 13:51Invité politiqueFait
    « M. Macron commettrait encore une fois une violation de la Constitution s'il s'arrogeait le pouvoir lui-même de signer un tel traité. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

[Musique] Mes chers compatriotes. Je m'adresse à vous pour répondre à des questions assez nombreuses qui me sont parvenues, émanant de pas mal d'internautes qui m'interrogent sur le pacte de Marrakech de l'ONU, qui doit être signé à Marrakech le 11 décembre prochain. Ce pacte concerne un pacte sur les migrations au niveau international et suscite beaucoup d'inquiétudes et beaucoup de rumeurs. Alors on m'a demandé quel était mon avis. J'ai regardé cette affaire avec, à l'esprit, ce que l'on appelle le tamis socratique, du philosophe grec Socrate qui, sur tous les sujets, interrompait son interlocuteur en lui demandant : « Est-ce que ce que tu me dis est vrai ?

», deuxièmement : « Est-ce que c'est utile ? », troisièmement : « Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est bon ? ». On va regarder ce pacte ensemble. Ce pacte, de l'ONU, sur l'immigration, s'appelle : « Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». C'est assez étrange. Certes, ce pacte n'est pas d'application obligatoire. C'est ce qui est mis ultérieurement. Mais s'il n'est pas d'application obligatoire, à quoi sert-il ? Ça n'est pas vrai qu'un document international – c'est un traité –, que ça s'appelle PAC, que ça s'appelle Constitution européenne, ...

Dans tous les cas de figure, ce sont des traités internationaux qui lient les États qui les signent puis qui les ratifient. Donc on peut pas dire que le pacte est d'application facultative puisqu'on va le signer et le ratifier. Ça veut donc dire que même si un certain nombre de ces dispositions sont facultatives, il n'empêche qu'il pose un certain nombre de principes généraux qui vont ensuite servir de références pour l'avenir.

Le premier principe général qui est posé par ce pacte, c'est qu'il s'agirait de régler des migrations sûres : très bien, ordonnées : c'est déjà plus contestable parce qu'on a l'impression qu'il y aurait un ordre derrière, donc une organisation, et régulière : c'est-à-dire qu'il y aurait une organisation qui, régulièrement, organiserait des migrations. Ça pose quand même un problème. Ce qui est véhiculé par ce texte, c'est l'idée selon laquelle au XXIe siècle, il y a nécessairement des migrations de populations qui doivent être ordonnées et régulières.

Quand on examine le dossier, qui fait une quarantaine de pages – je ne vais pas lire ici tout ce dossier, tout ce pacte que j'ai lu de près – on voit notamment – par exemple – cette formule. Je la cite de mémoire : « À l'heure de la mondialisation, les migrations sont facteurs de prospérité, d'innovation et de développement durable ». Ce sont des affirmations qui sont peut-être possibles mais qui sont peut-être aussi contestables. Dire qu'à l'heure de la mondialisation – on voit bien que ce texte s'inscrit dans un contexte géopolitique et économique particulier –, dire que les migrations sont facteurs de prospérité, d'innovation et de développement durable, ça reste à démontrer.

On pourrait dire tout le contraire. On pourrait dire par exemple que les migrations sont facteurs de prospérité, mais pour qui ? Lorsqu'il y a eu un million de migrants qui sont arrivés en Allemagne, ça a été certainement un facteur de prospérité pour les actionnaires des grandes entreprises qui ont pu utiliser une main-d'œuvre à des taux extrêmement bas quand, d'ailleurs, cette main-d'œuvre n'était pas utilisée purement et simplement dans du travail au noir, sans charges et sans cotisations sociales. Mais ça, c'est la prospérité des actionnaires. Ça n'est pas la prospérité des salariés allemands qui, eux, voient plutôt leur salaire plonger.

Quand on dit que, par exemple, l'immigration serait un facteur d'innovation, ça reste aussi à démontrer. On pourrait dire au contraire qu'à partir du moment où il y a une main-d'œuvre très très bon marché qui peut être utilisée presque comme des esclaves du XXIe siècle, eh bien on ne va pas faire les travaux de recherche et développement nécessaires pour trouver des machines se substituant à ce travail humain dont les prix sont bradés. Je lis toujours dans ce pacte de Marrakech l'idée selon laquelle il y aurait une nécessité. L'immigration favoriserait une meilleure gouvernance pour permettre d'optimiser tous ces effets positifs. Meilleure gouvernance pour optimiser les effets positifs ?

Je suis désolé mais quand on lit ce pacte, on a effectivement l'impression – c'est même plus qu'une impression – que c'est un document qui se situe dans un contexte idéologique particulier : celui de la mondialisation, celui de l'effacement des frontières, celui selon lequel, finalement, les mains-d'œuvre, les hommes et les femmes sont de simples pions à exploiter, à transférer d'un pays à un autre pour les exploiter au maximum, pour le plus grand profit des actionnaires. On ne tient pas compte ou peu compte du problème – tout simplement – de l'identité nationale, de la volonté des peuples d'être toujours...

Que l'Allemagne reste l'Allemagne, que la France reste la France, que la Russie reste la Russie, etc. Je sais bien que ce sont des choses qui paraissent comme absolument scandaleuses pour certains docteurs de la pensée contemporaine. En gros, tous les peuples réagissent comme ça. Ça n'est pas du tout être xénophobe et raciste que de le dire.

Il est normal qu'un pays comme la France où il y a actuellement, au minimum, plus de 3,5 à 4 millions de chômeurs – et encore, en se limitant à la seule catégorie A –, dans un pays comme la France où le niveau de vie ne cesse de dégringoler, il est assez normal que les Français aient un sentiment de dire : « C'est pas maintenant que l'on va accueillir de nouveau des flux migratoires importants ». D'ailleurs, il y a d'après les sondages – je crois – 80% de la population française qui est sur cette longueur d'onde. Et encore une fois, je rappelle que pour la Constitution et pour la République, la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Il faut donc demander au peuple français son avis. Alors moi, ce que je note, c'est que ce document qui doit être signé à Marrakech a fait l'objet d'une polémique qui ne cesse de se développer. Et ce que je vois, c'est qu'il y a un, puis deux, puis trois, puis quatre – etc. – pays, et non des moindres, qui ont décidé au vu du document, finalement, de ne pas le signer. Au premier rang desquels les États-Unis. Alors certains vont dire : « Ah oui mais c'est les États-Unis de Trump ». Oui mais quand même. Les États-Unis se sont retirés, ne signeront pas ce document. Et puis en Europe, dans l'UE, la Hongrie.

Alors je vois d'ici les gens qui disent : « Ah oui mais c'est le gouvernement hongrois » – qui a mauvaise presse –. Et puis après ça, il y a l'Italie. Toujours, les gens vont dire : « Ah oui mais c'est le gouvernement Salvini ». Puis après ça, il y a la Bulgarie. Alors là, les gens, déjà, savent plus très bien parce que, paraît-il que M. Macron est allé en Bulgarie. Il trouve ça très très bien. Il s'est entretenu avec M. Boïko Borissov, le Premier ministre. Et puis il y a la Slovaquie qui a refusé de signer. Et puis voici que c'est la République tchèque qui refuse de signer. Et puis voici que c'est la Pologne. Et puis que c'est l'Autriche. Et puis que c'est la Belgique.

Et puis que c'est – en dehors de l'UE – Israël qui refuse de signer. Et puis l'Australie. Maintenant, il commence à y avoir... La Suisse, paraît-il, serait même au bord de refuser de signer. Donc maintenant, on a douze, treize, quatorze pays – la liste s'allonge – qui refusent de signer ce document en l'état parce qu'ils estiment qu'il véhicule une pensée idéologique et géopolitique qui n'a pas à être imposée par l'ONU, même si dans le texte, on trouve l'idée que chaque pays reste souverain et ci et ça, parce que dans ce genre de texte, on trouve toujours des choses qui disent une chose et son contraire.

Mais l'essentiel, c'est l'existence même de ce texte et l'esprit général qu'il imposerait, puisqu'une fois qu'un pays aurait signé puis ratifié, on pourrait lui dire : « Attendez. Vous êtes d'accord sur le fait qu'il doit y avoir une gouvernance générale au niveau mondial pour organiser des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Alors vous connaissez l'Union populaire républicaine. Dans le programme qui est le nôtre depuis des années, j'ai toujours dit que sur trois grands sujets qui sont l'énergie, la dette publique et l'immigration, nous, nous ferions un grand débat national, pendant plusieurs mois en laissant s'exprimer tout le monde.

Et ensuite, on demanderait au peuple souverain ce qu'il veut. J'estime que les conditions actuelles ne sont pas réunies pour que la France signe ce pacte. D'abord, ce pacte, pour reprendre ce que disait Socrate, n'est pas utile. Ce pacte n'est pas bien parce qu'il arrive au pire moment, alors que les passions sont extrêmes sur ce sujet dans tout le continent européen. Et ce pacte n'est pas vrai, n'est pas juste, parce que ça n'est pas vrai – en tout cas, c'est extrêmement contestable – que les migrations, dans l'absolu, favorisent la prospérité, favorisent l'innovation. Ça favorise la prospérité de certains. Des négriers, pour dire les choses telles qu'elles sont.

Mais c'est au détriment, souvent, des populations exploitées. Voilà donc un texte dont la vérité est sujette à caution, dont l'utilité est sûre que ce soit vraiment totalement inopportun en ce moment, et dont le caractère bon reste aussi à démontrer, puisqu'il s'agit surtout d'utiliser des populations de façon... Quasiment les transformer en esclaves. Nous estimons donc... Moi, j'estime, et l'UPR estime que, face à un débat de cette nature, il faut que ce soit le peuple français qui soit dûment averti d'un tel document. Et puis il faut que ce soit le peuple français qui tranche par référendum.

Comme on a demandé au peuple français s'il voulait ou non ratifier la constitution européenne, qui était un traité européen par référendum, eh bien là, il faut qu'on demande au peuple français : « Est-ce que les Français veulent ou non ratifier par référendum le pacte de Marrakech sur les migrations sûres, ordonnées et régulières ? ». Voilà. C'est aussi simple que ça. C'est la demande que nous formulons officiellement au chef de l'État et à l'ensemble de la représentation nationale. J'insiste sur le fait que M. Macron commettrait encore une fois une violation de la Constitution s'il s'arrogeait le pouvoir lui-même de signer un tel traité. Et pourquoi cela ?

Parce qu'il n'a jamais, pendant la campagne présidentielle, indiqué dans son programme qu'il le ferait. Donc il n'a aucune légitimité pour le faire. D'ailleurs, le pacte, à l'époque, était encore dans les limbes. Donc il n'a pas de légitimité pour le faire. Deuxièmement, l'article 2 de la Constitution – je ne cesse de le le répéter – : c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Et le peuple exerce la souveraineté nationale – ça appartient au peuple – par l'intermédiaire de ses représentants ou par le référendum.

Et il est précisé dans l'article de la Constitution, que je cite : « Nulle fraction de la population, nul individu ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté ». Évidemment, le président de la République a le pouvoir de prendre des décisions individuelles : celles qui lui sont notamment confiées comme chef des armées, comme représentant considéré de la diplomatie. Avec le Premier ministre, qui est le chef de l'administration, ils peuvent prendre des mesures individuelles. Bien entendu. Il peut mener des politiques. Mais sur des sujets aussi structurants que celui-là, j'estime, nous estimons que M.

Macron n'a pas le droit d'engager la population française sans avoir demandé et obtenu son accord dans les formes les plus solennelles qui sont celles d'un référendum. M. Macron, nous vous demandons de ne pas signer au nom des Français ce pacte de Marrakech. Vive la République et vive la France ! Retrouvez nos analyses, nos propositions, adhérez ou faites un don sur « upr.fr ». Retrouvez-nous aussi sur Facebook pour partager des idées et participer aux directs. Twitter pour suivre les réactions de François Asselineau au jour le jour. Youtube pour ne rater aucune de nos vidéos. Pour nous aider à rétablir la démocratie, poucez-nous, abonnez-vous, partagez !