Sandrine RUNEL : 9e adjointe à la Ville de Lyon, en charges des solidarités
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:06OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir mis en place l'encadrement des loyers sur Lyon et Villeurbanne ?
- 2:38RelanceRéponse directe
Pourquoi seulement Lyon et Villeurbanne et pas d'autres communes ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Concrètement, techniquement, ça veut dire quoi encadrer les loyers ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Ça va commencer quand exactement ?
- 6:02RelanceRéponse partielle
On disait que c'était quelque chose d'un peu contesté, pourquoi ?
- 7:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'est pas plus simple de produire davantage de logements ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Invité politiquePromesse
« C'est une mesure que nous avions mis en avant dans notre programme. »
- 1:41Invité politiqueFait
« L'objectif est de maîtriser le prix des loyers aujourd'hui. »
- 1:54Invité politiqueFait
« L'objectif est de maîtriser le prix des loyers aujourd'hui, puisqu'on se rend bien compte, depuis déjà quelques années, la tension sur le marché, notamment locatif. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Et donc, cette mesure doit permettre de réguler le prix de l'immobilier, sur les valeurs locatives et donc permettre aux plus modestes de pouvoir se maintenir dans le centre-ville. »
- 6:42Invité politiquePromesse
« Il y aura de la production de logements sociaux aussi. »
- 6:48Invité politiqueChiffre
« On a 9 demandes sur 10 qui ne sont pas pourvues. »
- 12:32Invité politiqueFait
« Sur Lyon, on gère par exemple quatre EHPAD, des résidences autonomies qui permettent à des personnes âgées modestes de pouvoir accéder quand même à des tarifs qui ne sont pas ceux du privé aujourd'hui. »
- 13:21Invité politiqueChiffre
« C'est un repas qui est gratuit et qui est sur orientation mais qui permet à plus de 200 personnes et notamment des jeunes mineurs isolés de pouvoir se restaurer. »
- 17:35Invité politiquePromesse
« On va mettre en place en janvier 2021 une nuit de la solidarité. »
- 18:53Invité politiqueFait
« Ce qui est certain, c'est qu'il y en a beaucoup plus que l'année dernière cette même période. »
- 21:57Invité politiqueFait
« Aujourd'hui on sait quels sont les bâtiments qui pourraient être mis à disposition. »
- 22:05Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui on a une quinzaine de logements qui vont pouvoir être mobilisés. »
- 24:05Invité politiqueFait
« on a mis en place sur le 7e et 8e arrondissement un baromètre du non-recours »
- 24:15Invité politiqueFait
« avec la CAF, avec l'URSSAF, avec la CARSAT, la CPAM aussi »
- 24:27Invité politiqueFait
« le bouclier social doit être un bouclier qui garantit aux Lyonnaises et aux Lyonnais les droits fondamentaux »
- 24:39Invité politiqueFait
« la mise en place d'une épicerie sociale et solidaire dans le 3e arrondissement »
- 24:45Invité politiqueFait
« la mise en place d'un tiers lieu alimentaire sur lequel vous allez pouvoir venir cuisiner »
- 25:32Invité politiqueFait
« 2021 des aides facultatives donc le CCAS accompagne les lyonnaises et les lyonnais sur le paiement de factures »
- 25:44Invité politiqueFait
« la question de l'énergie elle est très difficile puisque les gens vivent dans des passoires thermiques »
- 25:57Invité politiqueFait
« le bouclier social doit permettre aussi de garantir les premiers mètres cubes d'eau gratuite »
- 26:02Invité politiqueFait
« la métropole de Lyon a mis en place avec le citral la gratuité des transports »
- 27:01Invité politiqueFait
« on ne peut pas tout faire »
- 27:05Invité politiqueFait
« Lyon a décidé d'en faire beaucoup en tout cas de prendre sa part »
- 27:21Invité politiqueFait
« ça coûte de l'argent les fonds ne sont pas non plus pléthoriques »
- 27:30Invité politiqueFait
« il y a une PPI qui a été votée »
- 28:33Invité politiqueFait
« on sait aujourd'hui que le mécénat il marche dans d'autres secteurs que la culture et dans le domaine social »
Temps de parole
- Sandrine Runel74 %
- Présentateur24 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. L'invité politique du samedi. Avec immédiat positif, Frédéric Duval. Bienvenue sur Lyon 1ère dans l'émission L'invité politique tous les samedis matin entre 11h et midi sur le 90.2 FM. L'invité politique, c'est une rencontre avec celles et ceux qui agissent pour votre quotidien. Un moment passé au plus près d'un territoire, le vôtre. C'est aussi bien sûr une interview qui prend le temps. Le temps de comprendre et d'expliquer sans a priori ni parti pris.
Et lors de cette émission, nous allons notamment découvrir la femme qui se cache derrière l'élu, balayer l'actualité locale de vos communes, décrypter les grands enjeux métropolitains, mais aussi évidemment parler de la vie politique nationale à 200 jours des élections présidentielles. Alors, sans plus attendre, je vous propose de commencer cet épisode numéro 4 de la saison 2. Nous sommes aujourd'hui sur Lyon 1ère avec notre invitée Sandrine Runel. Bonjour. Bonjour. Merci d'avoir rejoint les studios de Lyon 1ère. Vous êtes adjointe déléguée aux solidarités et à l'inclusion social à la ville de Lyon.
On va parler évidemment de tous ces sujets qui sont des sujets, je vais dire, malheureusement d'actualité avec le début de la trêve hivernale. Mais vous savez, on commence toujours par une question d'actualité. Le 1er novembre, c'est aussi le début à Lyon et à Villeurbanne de l'encadrement des loyers. On en a beaucoup parlé. C'est un sujet assez complexe. Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quoi il retourne et pourquoi vous avez pris cette mesure sur Lyon et sur Villeurbanne, mais au moins sur Lyon ?
Tout à fait. Merci déjà pour votre invitation. Je vais vous parler rapidement de l'encadrement des loyers. C'est une mesure que nous avions mis en avant dans notre programme. Alors, du coup, dans cette majorité composée de la gauche et des écologistes et qui était portée par nos différentes composantes et qui est portée aujourd'hui par la métropole de Lyon, qui s'applique sur le territoire de Lyon et de Villeurbanne, puisque les deux villes ont candidaté. Donc, le maire de Lyon et le maire de Villeurbanne ont candidaté, se sont proposés pour mettre en place cette mesure qui, aujourd'hui, est mise en place sur Paris et sur Lille.
L'objectif est de maîtriser le prix des loyers aujourd'hui, puisqu'on se rend bien compte, depuis déjà quelques années, la tension sur le marché, notamment locatif, les difficultés pour les plus modestes et aujourd'hui des familles en difficulté d'accéder à un appartement sur Lyon, sur Villeurbanne. Et donc, cette mesure doit permettre de réguler le prix de l'immobilier, sur les valeurs locatives et donc permettre aux plus modestes de pouvoir se maintenir dans le centre-ville, de pouvoir se maintenir dans ces centres urbains. Donc, c'est une mesure qui est assez technique.
C'est aussi pour ça qu'elle est décriée, puisqu'elle est quand même assez complexe à mettre en œuvre, puisque c'est l'État qui va la mettre en œuvre, même si c'est les villes qui ont candidaté pour mettre en place cette mesure.
On va revenir sur l'aspect technique, mais juste, quand vous dites candidaté, c'est-à-dire qu'on parle de la métropole, mais pourquoi est-ce qu'il y a que Villeurbanne n'est pas l'ensemble des autres communes qui ont dit, nous aussi, on voudrait...
C'est un choix politique, de toute manière, encore une fois, c'est ce que nous avions mis en avant. Le maire de Villeurbanne, socialiste, Cédric Van Stimendel, avait lui aussi pris cet engagement. Ce que nous voulons, parce que nous sommes évidemment dans cette majorité-là de gauche écologiste, que nous voulons, en fait, c'est permettre à tous de vivre bien et de vivre mieux. Donc, nous avons cette volonté politique de faire en sorte que, sur notre territoire, on puisse mettre en œuvre des mesures de justice sociale. Et donc, c'est pour ça que nous sommes aujourd'hui sur Lyon et sur Villeurbanne.
Une autre réalité aussi, c'est que c'est quand même sur ces deux grands centres urbains que la tension du marché immobilier est forte et présente depuis déjà de nombreuses années. Et donc, c'est vrai que, voilà, ces mesures se font quand même dans de grandes villes, comme Paris ou Lille, et pas sur des petites villes en périphérie, où encore le prix, voilà, du coup de l'immobilier est encore accessible, bien qu'on voit que chaque année, c'est quand même de plus en plus loin que les familles modestes vont se loger.
C'est d'ailleurs des effets pervers, certainement, dont on pourra peut-être parler. Alors, concrètement, techniquement, ça veut dire quoi ? Encadrer les loyers. Si je suis propriétaire, il va se passer quoi dans ma vie ou dans mon quotidien par rapport à mes locataires ?
Alors, sur les locataires, vous allez pouvoir, donc, quand vous êtes locataire, en fait, vous allez avoir une mesure, en fait, de protection par rapport aux propriétaires qui ne s'appliquent pas aux logements sociaux. On est bien plutôt sur des propriétaires privés. L'objectif, en fait, c'est qu'il n'y ait pas de spéculation et que les loyers ne soient pas démesurés par rapport à un appartement.
Donc, il y a des regards qui se font en fonction du territoire, donc en fonction des arrondissements de Lyon, de l'hypersand, du 3e, du 8e, du 7e, en fonction de la taille de l'appartement aussi, puisque c'est vrai qu'on voit qu'aujourd'hui, la difficulté, c'est surtout sur les petits appartements, donc les T1, les T2, les T3. Donc, en fonction de ça, en fonction de spécificité, de mesures un peu techniques des appartements, avec des prix au mètre carré qui vont devoir être respectés.
Pour mettre en place cette mesure, donc il ne suffit pas qu'il n'y ait que de la bonne volonté, mais il y aura des brigades aussi qui viendront contrôler de manière assez aléatoire si le propriétaire a bien respecté ou pas cette mesure. Il y aura évidemment aussi la possibilité pour les locataires de saisir l'État, la métropole de Lyon, de pouvoir aussi essayer d'avoir une conciliation, une médiation avec leur propriétaire qui ne respecteraient pas la mesure.
C'est-à-dire qu'il y a un loyer de référence, si j'entends bien, et puis un encadrement, c'est-à-dire que ça ne peut pas dépasser, c'est plus de 20% du prix du loyer de référence. Oui, parce qu'il peut y avoir
des critères en fonction des services qui seraient proposés aussi dans l'appartement qui permettraient de justifier de l'augmentation... On appelle parfois
le complément de loyer.
Exactement, et qui permettraient de justifier de cette différence. Mais en tout cas, l'idée est vraiment de bien maîtriser le prix des locatifs pour faire en sorte que le plus grand nombre puisse y avoir accès et surtout que les renouvellements de bail ou autres, on puisse aussi maîtriser cette augmentation de loyer qui parfois a été démesurée quand un locataire partait. Le loyer pouvait des fois s'en doubler, mais en tout cas être vraiment augmenté et donc sélectionner des locataires. On est vraiment sur cette idée de pouvoir promouvoir sur Lyon et sur Villeurbanne un égal accès à tous.
Ça va commencer quand exactement ? Parce que là, on a fixé le 1er novembre, mais si je suis locataire, c'est quoi ? C'est à mon prochain loyer ? Il faut attendre la fin du bail ? Comment ça se passe ?
Ça a des renouvellements, effectivement. Renouvellement ? Voilà, oui, à des changements, renouvellement de bail ou changements de locataire.
On disait que c'était quelque chose d'un peu contesté parce qu'on sait que ça s'est fait à Lyon, à Lille et à Paris. Je ne sais pas si on en a une évaluation très précise, mais beaucoup disent que ce n'est pas facile à évaluer, qu'on ne sait pas si c'était la bonne solution, qu'on ne sait pas s'il y avait surtout un respect de la réglementation.
Ça fait partie d'un panel de mesures, ce n'est pas la seule mesure et encore une fois, ce n'est pas la seule mesure qui permettra de faire baisser le prix puisque l'objectif n'est pas que les prix des loyers baissent, mais par contre qu'ils soient maîtrisés. Donc, on est bien sur cette volonté-là. Mais ce ne sera pas uniquement l'encadrement des loyers qui vont permettre aux familles modestes ou à d'autres personnes de rester sur Lyon ou sur Villarbagne. Il y aura à côté de ça d'autres réglementations. Il y aura de la production de logements sociaux aussi. Ça fait quand même des années qu'on est en retard sur la production de logements sociaux.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, certains ménages ne peuvent pas accéder à du logement. Aujourd'hui, on a 9 demandes sur 10 qui ne sont pas pourvues. Donc, en fait, on a 9 ménages sur 10 qui n'accèdent pas du logement social et qui, du coup, sont obligés d'aller dans le nord-Isère, sont obligés d'aller en périphérie. Une des conséquences aussi, c'est le fait qu'ils sont obligés de prendre leur voiture pour venir travailler. Vous voyez, il y a aussi d'autres conséquences environnementales qui sont quand même assez difficiles à maîtriser et qu'on souhaite, en tout cas, nous contrôler.
Donc, là-dessus, la mesure encadrement des loyers vient à côté aussi de la réglementation sur les meublés touristiques. Il y a tout un tas de mesures qui ont déjà été mises en place en un an, de mandature et qui seront complétées notamment par la production de logements.
Oui, c'est-à-dire la transition. C'est-à-dire qu'à un moment, Lyon, Villeurbanne, à tiers du monde, il est de plus en plus difficile de se loger, acheter devient très compliqué, donc on vide le centre, etc. Est-ce qu'il n'est pas plus simple si à un moment de se dire produisons aussi davantage de logements et pas simplement des logements sociaux ? D'ailleurs, comment est-ce qu'on peut encourager lorsqu'on est élu dans votre délégation, mais plus globalement au niveau de la ville ou de la métropole, comment on fait pour construire plus de logements finalement ?
Alors, il y a cette volonté sur Lyon et sur la métropole de construire des logements, donc plus de 6 000 logements sur la métropole, environ 1 000 sur Lyon. La volonté, c'est de pouvoir proposer différents types d'offres. Aujourd'hui, le logement social est divers, il est varié, il correspond à certaines personnes. C'est vrai qu'on a l'appellation logement social, mais il y a différents types de dispositifs qui permettent à certains ménages aussi de pouvoir accéder à ce logement.
Donc, notre volonté, c'est bien sûr de continuer à construire sur Lyon, de faire en sorte qu'il y ait des quartiers qui soient agréables à vivre, mais pour construire, il faut avoir du foncier, donc ça veut dire qu'on va aussi avoir une difficulté sur Lyon, sur Ville-Urbanne aussi, c'est la capacité à construire plus. On ne va pas pouvoir trouver du foncier. Il y a encore quelques îlots, notamment dans le 7e, sur lesquels on va pouvoir construire, dans le 8e arrondissement également.
Mais par contre, ce qu'on veut, c'est accompagner ce développement-là de services, et donc ça veut dire des services publics, ça veut dire des écoles, ça veut dire des crèches, et donc à côté de la production de logement, on accompagne les ménages sur d'autres services comme l'école, comme les crèches, et également le développement de commerce de proximité.
On rentrera un peu dans le détail de votre délégation puisqu'il y a aussi une actualité, on le disait, avec la trêve hivernale. Peut-être juste un mot pour nos auditeurs qui ne vous connaissent pas, même si vous êtes élue du 8e depuis un certain temps, conseillère métropolitaine, etc. Comment est-ce qu'on arrive ? Je crois que vous avez toujours fait vers tout votre parcours dans l'action sociale. Vous venez d'où, en fait, exactement, Sandrine Runel ?
J'ai effectivement débuté ma carrière professionnelle dans le domaine de l'hébergement et de l'accompagnement social. J'ai été élue dès 2008 conseillère générale du Rhône, sur le canton de La Guillotière, un canton populaire qui est situé dans le 7e arrondissement et avec, effectivement, une volonté de m'engager dans les domaines de l'action sociale, de l'accompagnement des plus modestes et des plus précaires. Donc, du coup, j'ai un parcours à la fois professionnel et à la fois politique sur ces domaines, ce champ de compétences. Et donc, c'est vrai que c'est aussi une facilité pour moi aujourd'hui de pouvoir mettre en œuvre cette politique sociale sur la ville.
Des dossiers que vous connaissez bien. Comment est-ce qu'on passe de l'engagement associatif à la vie politique et au mandat ? Est-ce qu'il n'y a pas deux mondes, en fait, à un moment, qui se télescope ?
Non, parce que finalement, l'engagement, qu'il soit universitaire, qu'il soit associatif, c'est un engagement. Donc, en fait, c'est un véritable engagement politique au sens investissement pour la cité, investissement pour les autres. Donc, finalement, l'engagement politique n'est qu'une concrétisation et le mandat électif en est un. C'est un choix aussi parce qu'il y a également d'autres personnes qui font d'autres choix, qui restent militants associatifs. Donc, la difficulté aujourd'hui, c'est quand on a un mandat électif, d'arriver à concilier les deux, le côté militant et puis le côté responsable politique et élu d'une grande ville.
On va rentrer dans le détail dans quelques instants. On se retrouve après cette courte pause. On se retrouve pour l'émission l'invité politique du samedi de 11h à midi sur le 90.2 FM. On est toujours avec Sandrine Runel. Alors, on parlait à l'instant, Sandrine Runel, de votre délégation et d'ailleurs, qui est une délégation vraiment pas simple sur l'action sociale, les solidarités, de l'inclusion sociale. Vous venez certes de cet univers, mais comment est-ce que, quand on est élu, on apprend à se protéger un petit peu parce que c'est quand même très impactant. On est confronté à la souffrance, à la difficulté, à des familles qui cherchent un logement, etc.
Comment on fait pour se protéger, pour être dans l'entre-deux, entre l'engagement et le mandat politique ?
Alors, c'est une difficulté que, de toute manière, je l'avais rencontrée précédemment dans le cadre de fonctions plus associatives et notamment dans le monde professionnel puisque quand on dirige un centre d'hébergement d'urgence et qu'il est complet et que vous avez des familles qui se présentent et qui souhaitent être hébergées parce qu'elles sont à la rue avec leurs enfants et que vous ne pouvez pas les accepter faute de place, vous êtes confrontés à ces mêmes difficultés et humainement, effectivement, c'est très difficile de refuser, de dire non.
Pour autant, quand on est élu, on doit être en capacité de dire non et être en capacité de faire ce qui est juste et de faire aussi avec les moyens qui nous sont donnés. Aujourd'hui, l'action sociale, notamment au travers du CCS dont je suis vice-présidente, est une...
Alors, pour ceux qui nous écoutent, CCS, ce n'est pas forcément le plus évident. Qu'est-ce que ça veut dire et comment ça marche ? En général,
on connaît le CCS quand on en a besoin mais c'est vrai que ce n'est quand même pas l'institution la plus connue et j'ai envie de dire tant mieux d'ailleurs. C'est le Centre Communal d'Action Sociale. Donc, toutes les communes, quelle que soit leur taille, disposent d'un CCS. C'est un établissement public qui est là pour donc mener la politique sociale de solidarité de la commune. Alors, ça va différents types de compétences mais de l'accueil et d'hébergement pour les personnes âgées.
Donc, sur Lyon, on gère par exemple quatre EHPAD, des résidences autonomies qui permettent à des personnes âgées modestes de pouvoir accéder quand même à des tarifs qui ne sont pas ceux du privé aujourd'hui, des maisons de retraite privées. Donc, on a résidence autonomie et on a également ces EHPAD.
Mais à côté de ça, c'est aussi des services sur la domiciliation que vous retrouvez à la rue, en décohabitation, vous avez ce service de domiciliation administrative et puis tout un service d'accompagnement social qui permet aux familles, qui permet aux personnes isolées, qui permet aux situations en grande précarité, aux jeunes, on l'a vu aussi beaucoup pendant la crise Covid, des jeunes, des étudiants frappés à la porte du CCS qui n'était pas le cas précédemment.
Ce qui est vraiment quelque chose de nouveau qui est plus ou moins inquiétant d'ailleurs mais qui a permis du coup de travailler sur la question de l'aide alimentaire et donc vous avez aujourd'hui à Lyon un restaurant social municipal qui offre des repas tous les midis en fonction du coup des différentes problématiques que vous pouvez rencontrer. C'est un repas qui est gratuit et qui est sur orientation mais qui permet à plus de 200 personnes et notamment des jeunes mineurs isolés de pouvoir se restaurer, d'avoir un repas chaud et équilibré.
Le CCS de Lyon c'est aussi des bains-douches avec donc aujourd'hui un bain-douche sur le 7e arrondissement qui offre l'accès aux soins, à l'hygiène de manière gratuite et donc là prochainement une laverie solidaire parce qu'aujourd'hui quand on est à la rue ou quand on est hébergé chez un tiers, la question de laver ses affaires, de pouvoir se laver également soi-même c'est très compliqué donc là on est en train de travailler sur une laverie solidaire qui permettra aux plus démunis de pouvoir accéder à ces différents types de services.
Vous parlez du centre communal d'action sociale mais c'est vrai qu'à Lyon et avec la métropole on est encore dans une mécanique un peu particulière. Comment ça s'organise la répartition des compétences avec la métropole qui me semble-t-il avait pris quand même un certain nombre de compétences qui étaient celles du département à l'époque donc de la solidarité. En fait, vous avez une autre collègue ou une vice-présidente à la métropole comment ça s'organise ?
On parlait tout à l'heure de l'encadrement des loyers ça fait partie aussi de l'action sociale de la métropole donc effectivement la métropole de Lyon quand elle a été constituée en 2015 a récupéré l'ensemble des compétences sociales du département du Rhône puisque la métropole aujourd'hui se substitue au département sur le territoire administratif de la métropole c'est une première et une unique situation en France mais ce qui permet d'avoir un seul interlocuteur qui est la métropole de Lyon donc sur la métropole il y a effectivement un certain nombre de compétences sociales étant élue à la métropole c'est aussi facile pour moi puisque je suis présidente de la commission développement solidaire et action sociale donc ça me permet de travailler avec les différents vice-présidents en charge de ces questions puisque la métropole a aujourd'hui comme compétence les personnes âgées mais aussi le handicap donc la MDMPH dépend donc la maison pour les personnes en situation de handicap si vous avez un dossier à faire pour une reconnaissance sur un handicap enfant ou adulte c'est la métropole qui le gère donc sur les questions d'accès au logement de logement social on a parlé de l'encadrement des loyers il y a la foncière solidaire aussi qui est un dispositif géré par la métropole et puis tout ce qui concerne la protection de l'enfance avec l'IDEF qui est située à Bron qui du coup accompagne les jeunes qui sont placés par l'aide sociale à l'enfance et qui ont à un moment donné besoin d'un accompagnement d'une prise en charge et du coup également d'un hébergement
donc la métropole et la ville de Lyon vont dans le même sens sur ces sujets il n'y a pas de problème de majorité non et puis c'est
l'avantage aussi d'avoir la même majorité à la métropole et à Lyon et je rajouterai volontiers à Villeurbanne puisque ça nous permet de travailler ensemble et de travailler dans le même sens sur ces questions d'action sociale mais par ailleurs je travaille aussi très bien avec d'autres communes qui ne sont pas forcément de ma couleur politique mais par exemple avec Caluire ça se passe très bien sur des projets communs d'hébergement avec des villes voisines sur lesquelles on peut travailler donc c'est vrai que la majorité politique elle est importante et donc entre Lyon et la métropole on peut dire qu'on avance quand même dans le même sens
alors on parlait tout à l'heure de cette date du 1er novembre qui est pour l'encadrement des loyers mais qui est aussi pour la question très importante qui concerne tout ce qui est logement oui le début
de la trêve hivernale
c'est le début de la trêve hivernale donc qui protège les familles hébergées mais voilà sur ce sujet comment on aborde une telle période qu'est-ce qu'on peut faire concrètement comment vous aidez ces familles à rester en place ou comment on traite celles qui n'ont pas de logement justement
alors là la période oui de trêve hivernale qui s'annonce elle est compliquée parce que ça fait déjà des semaines donc là en ce mois de début novembre on a déjà recensé un certain nombre de familles à la rue avec des enfants mais ça avait déjà commencé à la rentrée donc c'est vrai qu'on parle beaucoup on se focalise beaucoup sur cette période de l'hiver mais en tout cas on est vraiment sur l'idée d'accompagner sur du long terme on va mettre en place en janvier 2021 une nuit de la solidarité donc en partenariat avec les services de la préfecture également donc sur le recensement des personnes sans abri puisque l'INSEE va lancer un recensement début 2022 et donc il y a un volet sans abri donc la ville de Lyon va organiser une nuit de la solidarité afin de pouvoir recenser l'ensemble des personnes à la rue l'idée c'est pas de compter l'idée c'est de savoir quelles sont les solutions qu'on peut proposer derrière et quelles sont les solutions qu'on doit adapter en fonction des problématiques des personnes puisque du coup on a vraiment des situations très différentes on a des problèmes administratifs des problèmes d'addiction sur certaines personnes des jeunes qui sont avec des chiens donc du coup l'hivergement n'est pas forcément toujours adapté pour eux donc l'idée de cette nuit de la solidarité on fera un grand appel d'ailleurs à tous les bénévoles les citoyens sur Lyon pour pouvoir marauder ce soir-là dans la ville sur l'ensemble des arrondissements et pouvoir aussi par la suite travailler avec un comité scientifique sur des solutions donc
ça veut dire qu'on ne connaît pas exactement aujourd'hui la situation réelle des personnes qui n'ont pas de logement c'est très difficile à faire c'est très difficile à faire et est-ce que vous avez la sensation avec vos services que la période post-Covid a plutôt dégradé la situation qu'autre chose est-ce qu'il y a plus de situations de grande précarité est-ce qu'on peut le constater ou est-ce que vous l'avez vécu vous-même
ce qui est certain c'est qu'il y en a beaucoup plus que l'année dernière cette même période la rentrée 2020 était moins compliquée que la rentrée 2021 pour une raison aussi plus simple qui est qu'en 2020 il y avait quand même encore des personnes qui étaient à l'abri du fait du Covid notamment donc il y avait eu plus de prises en charge que ce soit par les services de la métropole ou par l'État donc moins de personnes en situation de rue on voit là en cette rentrée 2021 énormément de personnes qui se retrouvent à la rue on a également des familles donc là on travaille avec les collectifs notamment Jamais Sans Toi mais aussi Réseau Éducation Sans Frontières pour faire en sorte que ces familles qui se retrouvent à la rue puissent être hébergées ou en tout cas puissent être accompagnées on a aujourd'hui des écoles en fait sur Lyon qui sont occupées ça fait voilà du coup l'année dernière on n'avait pas connu ça pendant la période aujourd'hui on a des écoles à Lyon qui sont occupées j'étais avant les vacances scolaires un rassemblement dans le 8ème arrondissement pas très loin d'ici sur une école parce qu'une famille s'est retrouvée à la rue du jour au lendemain donc la solidarité des parents du corps enseignant fait qu'un hébergement leur a été proposé au sein de l'école et donc maintenant on mobilise les services du CCS pour justement pouvoir retrouver une solution c'est une famille avec trois enfants dont les trois sont scolarisés et par ailleurs le papa travaille il fait les marchés donc on voit quand même qu'il y a une précarité grandissante sur des situations qu'on n'aurait pas connues précédemment où des personnes qui travaillent qui ont quand même des revenus n'arrivent plus à se loger à Lyon n'arrivent plus à trouver en fait un appartement et ça c'était pas quelque chose qu'on avait l'habitude de voir donc la crise économique liée au Covid a effectivement touché davantage les plus précaires et donc on se retrouve avec des situations qu'on connaissait pas auparavant avec plus de situations
qui sont parfois assez inextricables et on se doute bien que c'est pas facile de plus en plus et qu'est-ce qu'on fait concrètement que peut faire un élu de la République en l'occurrence l'adjointe au maire de Lyon pour reloger ses familles est-ce qu'il y a une solution pour tout le monde je sais qu'il y a des choses qui sont plus importantes que d'autres il y a notamment un plan qui était zéro enfant dans la rue etc que vous avez signé une déclaration des droits des personnes sans abri avec la fondation Abbé Pierre mais c'est vrai qu'on est toujours un peu même comme citoyen démuni qu'est-ce qu'on peut faire mais que peut faire la municipalité ou pourquoi d'ailleurs la municipalité ne fait rien selon les cas puisque ça peut monter aussi très vite
on a pris des engagements forts et ça s'est traduit par des actes alors la signature de la déclaration des personnes sans abri en est une le travail qui se fait actuellement avec les services de l'état notamment sur le plan zéro enfant à la rue qui commence puisqu'on a sur la ville un patrimoine qui était vacant depuis des années ce qu'il faut savoir aussi c'est qu'on a récupéré il y a un an et demi quand on a été élu enfin voilà du coup une situation qui était quand même assez effarante puisqu'on avait des bâtiments on avait des logements qui étaient vides on a aujourd'hui des immeubles entiers qui sont vides et il nous a fallu quand même plus d'un an pour faire un inventaire de ce patrimoine là donc mon collègue adjoint au patrimoine a pu faire l'ensemble de cet inventaire aujourd'hui on sait quels sont les bâtiments qui pourraient être mis à disposition ils ne sont pas toujours en très bon état donc ça prendra du temps aujourd'hui on a une quinzaine de logements qui vont pouvoir être mobilisés dans le cadre justement de l'accompagnement et de l'hébergement de ces familles reste à finaliser l'accompagnement social puisque c'est bien d'héberger mais c'est aussi mieux d'accompagner puisqu'on doit travailler sur la question de l'ouverture des droits donc là on travaille ardemment avec le CCAS et le service de l'éducation pour finaliser aussi ce plan de mise à l'abri on a une première famille qui a pu être hébergée dans le cadre de ce dispositif et qui du coup dormait dans une salle polyvalente d'une école qui aujourd'hui a un appartement avec ses deux enfants ça prendra du temps ce sont des solutions au cas par cas du coup on étudie vraiment la situation donc tout ça prend du temps alors que et je le comprends tout à fait je suis la première à le déplorer pendant ce temps des familles dorment dehors ou dorment dans des écoles donc évidemment que c'est dur évidemment que la réponse de ça prend du temps il nous faut encore un peu de temps il nous faut encore une semaine 15 jours elle n'est pas satisfaisante pour des parents d'élèves pour des gens qui dorment dehors pour des collectifs ou pour des enseignants mais en tout cas voilà c'est le temps qu'il nous faut le temps qu'on demande à côté de ça il y a quand même cette mobilisation de la ville sur des compétences qui ne sont pas les nôtres on pourrait aussi répondre parce que votre question est tout à fait légitime c'est pas aux communes c'est pas à la ville de Lyon mais à n'importe quelle autre ville de faire ça c'est la responsabilité de l'état c'est la responsabilité de la métropole et du département parfois les gens
se renvoient un peu la responsabilité
une fois qu'on a dit ça on n'a quand même pas fait grand chose et donc du coup la ville de Lyon a décidé de prendre effectivement toute sa part
et ses responsabilités
dans ce sujet
c'est un sujet auquel vous tenez puisque plus globalement j'ai cru comprendre un peu que la politique que vous mettiez en place c'était une politique j'allais dire de droit de tous les droits on parlait évidemment du logement on parlait de l'école on a des sujets aujourd'hui sur l'énergie c'est clairement un problème sur l'accès à l'eau comment est-ce que vous mettez en place ce que vous appelez je crois ce bouclier social
alors on travaille sur effectivement cette question des droits donc on a mis en place sur le 7e et 8e arrondissement un baromètre du non-recours donc sur le non-recours droit avec un certain nombre de partenaires mais du coup avec la CAF avec l'URSSAF avec la CARSAT la CPAM aussi qui nous permettent en fait de pouvoir mesurer et de pouvoir estimer le nombre de personnes qui justement ne font pas appel à leurs droits et donc le bouclier social doit être un bouclier qui garantit aux Lyonnaises et aux Lyonnais les droits fondamentaux l'accès aux droits fondamentaux se loger se nourrir se vêtir on a commencé sur la question notamment de l'alimentation avec la mise en place d'une épicerie sociale et solidaire dans le 3e arrondissement avec la mise en place d'un tiers lieu alimentaire sur lequel vous allez pouvoir venir cuisiner transformer les produits achetés repartir parce que quand vous êtes hébergé à l'hôtel pendant le plan froid quand vous êtes chez des tiers quand vous êtes dans des squats ou dans des bidonvilles vous n'avez pas accès à des cuisines donc là l'idée c'est de pouvoir mettre à disposition ces cuisines pour que les plus démunis puissent venir cuisiner repartir au moins en tout cas avec des repas chauds donc on travaille sur l'alimentation on en parlait tout à l'heure on travaille sur l'hygiène sur comment on peut prendre soin de soi travailler sur le corps et sur la question de la bagagerie et du vestiaire et puis également sur la question de l'énergie c'est important aujourd'hui on voit on va finaliser ces chiffres là mais sur les premières données 2021 des aides facultatives donc le CCAS accompagne les lyonnaises et les lyonnais sur le paiement de factures sur des impayés de loyer sur de l'aide à l'énergie et on voit aujourd'hui que la question de l'énergie elle est très difficile puisque les gens vivent dans des passoires thermiques ce qu'on appelle vulgairement la passoire thermique mais ça existe aujourd'hui et ça existe à Lyon donc le bouclier social doit permettre aussi de garantir les premiers mètres cubes d'eau gratuite et également le transport la métropole de Lyon a mis en place avec le citral la gratuité des transports il faut que ça soit automatique et donc du coup que les bénéficiaires sur Lyon puissent accéder à ce dispositif alors qu'aujourd'hui il faut en faire la demande donc là on est dans du non-recours au droit ce qu'on veut avec ce bouclier social c'est que quand vous êtes bénéficiaire des minima sociaux les transports se soient accessibles immédiatement
c'est aussi ça donc faire de la politique et ça tombe bien on va en parler dans quelques instants dans la troisième partie de notre entretien à tout de suite on se retrouve pour la troisième partie de notre entretien toujours avec Sandrine Runel on a beaucoup parlé de sujets complexes et délicats d'actualité en ce moment on va parler aussi un peu de politique puisqu'après tout c'est aussi faire de la politique que d'arbitrer ne serait-ce que par rapport à ce que vous mettiez en place au niveau des droits d'ailleurs on en parlait on n'a pas eu le temps mais je vais vous reposer la question parce que c'est vrai que c'est un sujet en soi cette politique un peu sociale très sociale même elle a un coût est-ce qu'il y a un moment il y a une limite qu'on se fixe ou quelles sont les ressources qu'on peut mettre à disposition pour ça et comment est-ce qu'on arrête à un moment puisqu'on ne peut pas tout faire
alors on ne peut pas tout faire mais encore une fois Lyon a décidé d'en faire beaucoup en tout cas de prendre sa part et de ne pas faire comme précédemment et donc du coup de laisser effectivement des gens dormir dehors de ne pas héberger les personnes de fermer les robinets d'eau de les chasser donc effectivement ça coûte ça coûte de l'argent les fonds ne sont pas non plus pléthoriques mais en tout cas il y a une PPI qui a été votée donc voilà du coup moi je sais aussi quels sont les investissements que je vais pouvoir réaliser durant ce mandat
programmation pluriannuelle
d'investissement tout à fait donc avec un certain nombre d'infrastructures assez lourdes qui seront créées pour justement apporter ces droits à ces bénéficiaires et à côté de ça bien sûr en termes de fonctionnement en termes de coûts il y a énormément d'aides qui sont distribuées la question du non-recours au droit elle va aussi permettre mais c'est un souhait de notre part que plus de bénéficiaires puissent accéder à leurs droits donc ça veut dire plus de RSA ça veut dire plus de RSJ ça veut dire plus d'aide et d'accompagnement mais en même temps c'est aussi des gens qui en ont véritablement besoin qui ont besoin d'un coup de pouce un filet de sécurité à un moment donné qu'on doit se garantir qu'on doit garantir à la ville avec ce bouclier social donc on va aussi aller chercher des cofinancements c'est ce que j'ai commencé à faire sur le tiers lieu alimentaire notamment j'ai répondu à des appels à projets et puis on va aller aussi demander à des fondations privées de pouvoir nous accompagner sur ces dispositifs on sait aujourd'hui que le mécénat il marche dans d'autres secteurs que la culture et dans le domaine social avec notamment cette crise beaucoup d'entreprises ont envie d'accompagner que ce soit des collectivités ou des associations dans le développement de projets pour les plus démunis donc on ira aussi sur ces sujets-là il n'y a pas de raison qu'on se les interdisse
Très bien c'est aussi ça je disais faire de la politique alors ça tombe bien parce que c'est un secret pour personne vous êtes particulièrement engagé vous êtes socialiste il n'y en a plus tant que ça des socialistes vous êtes un peu la dernière représentante non il en reste c'est quoi aujourd'hui être socialiste en 2021
être socialiste en 2021 c'est être socialiste comme on l'était en tout cas moi en 2005 quand j'ai adhéré au parti socialiste vous avez plus de 15 ans que je suis militante dans ce parti et en tout cas je ne compte pas en changer je ne l'ai pas fait avec la vague Macron et la pression qui avait été mise notamment par cette vague notamment sur Lyon qu'on a connue parce que c'est vrai qu'on peut dire qu'on est le berceau de la Macronie donc être socialiste en 2021 c'est être vraiment de gauche et c'est proposer justement toutes ces mesures d'accompagnement de justice sociale c'est se battre aussi pour une école une école plus juste plus équitable c'est mettre fin à ces assignations scolaires où on essaye de détourner à tout prix des cartes scolaires on est vraiment sur cette idée qu'aujourd'hui l'engagement des socialistes et du socialisme au XXIe siècle c'est concilier le social et l'écologie et l'un ne va pas sans l'autre et nous au parti socialiste on a décidé de marcher sur nos deux pieds et du coup de développer cette transition solidaire et écologique
vous étiez tête de liste aux dernières élections municipales vous êtes rallié depuis à Grégory-Ducé je crois que vous aviez fait autour de 7% des voix ce qui est bien mais qui n'est pas suffisant pour une majorité donc vous disiez être socialiste c'est de gauche mais ça veut dire que les autres partis de gauche ne sont pas de gauche pourquoi est-ce que est-ce qu'on n'a pas l'impression que le parti socialiste est un peu perdu en route et que même à gauche les gens choisissent soit des extrêmes soit plutôt elle est le gauche de la Macronie mais qu'il n'y a plus véritablement d'espace pour le parti socialiste aujourd'hui
alors le parti socialiste a connu et c'est de notoriété publique effectivement enfin voilà quand même une débâcle en 2017 avec de vraies difficultés avec la création mais comme c'est souvent le cas dans ces moments de nouveaux micro-partis qui sont effectivement des partis de gauche parce que à un moment donné aussi des militants ne se retrouvaient plus dans la ligne du parti du parti socialiste on a eu cette petite traversée du désert qu'on avait connue en d'autres périodes en 1993 enfin voilà du coup il y avait eu aussi ces moments-là un peu difficiles dans toute histoire d'un parti politique à droite c'est la même chose ça leur arrive avant mais aussi l'épisode Sarkozy a été douloureux pour les républicains avec des changements de nom donc dans l'histoire des partis politiques il y a des moments aussi voilà qui sont on va dire pour sa famille un peu douloureux je pense que le terme meilleur est bien choisi et donc là on reconstruit petit à petit notre parti on a aujourd'hui des villes qui sont dirigées par des socialistes Montpellier Villeurbanne Paris je pense qu'on va en parler Nantes et donc aujourd'hui on sait qu'on a des politiques municipales proposées par des socialistes vraiment ça fonctionne et où du coup ils sont renouvelés dans leur mandat la conscience est là et où du coup on a une politique à la fois sociale et à la fois écologique donc ça fonctionne on a effectivement eu des difficultés plus sur le niveau national mais aujourd'hui je crois que la conscience revient et que d'ailleurs des militants nous rejoignent retrouvent un peu leur famille mais c'est vrai que quand on perd aussi un peu la boussole et qu'on a du coup un manque de conviction à un moment donné c'est normal que certains puissent s'égarer et partir voir ailleurs si l'herbe est plus verte mais en tout cas chez nous aussi il y a du vert
Très bien et alors est-ce que le berger que vous vous êtes choisi en l'occurrence parce que c'est pareil c'est un secret pour personne vous êtes un vrai soutien de Anne Lidalgo est-ce qu'elle peut incarner ce renouveau cette nouveauté est-ce que pour l'élection présidentielle c'est la bonne candidate
c'est forcément la bonne candidate c'est une candidate donc à une élection présidentielle sur un mandat national elle est maire de Paris donc sur la question en tout cas de l'envergure et de la capacité ça c'est quelque chose que personne ne lui reproche et personne ne le remet en question on a quand même voilà du coup choisi une candidate qui connaît les enjeux d'une grande ville à qui on ne reprochera pas de ne pas être écologiste puisqu'on lui reprochait d'ailleurs de l'être trop dans son précédent mandat sur Paris donc voilà du coup on a une candidate aujourd'hui qui représente vraiment une nouvelle génération au parti socialiste des gens qui sont engagés des élus locaux qui sont là au quotidien pour défendre justement des politiques locales sur des enjeux on l'a dit d'environnement sur des enjeux sociaux sur des enjeux de mobilité sur des enjeux d'aménagement d'urbanisme aussi de transformation en fait voilà et du coup d'adaptation quand même de nos villes de nos territoires à une nouvelle société à des nouveaux modes de faire donc oui je pense qu'on a quand même une bonne candidate après on est dans un paysage politique qui est vraiment brouillé qui est quand même complexe à l'heure actuelle avec un début de campagne qui est quand même des plus compliqués et puis on est aussi très loin de cette élection présidentielle et je crois qu'aujourd'hui les citoyens en tout cas moi j'étais récemment sur les marchés les lyonnaises et les lyonnais sont très loin de ça moi je sais que je donnais des tracts et on me disait oula mais c'est quand enfin voilà donc c'est vrai que nous en étant élus vous en étant journaliste voilà vous êtes vraiment baignés là dedans évidemment moi la première mais en tout cas je crois pour d'autres personnes beaucoup moins donc ça prendra
ça n'empêche pas de travailler au quotidien et d'avancer etc mais c'est vrai que vous rappeliez aussi c'est un sujet même si on se met à la place d'un électeur de gauche élargi au sens large on va dire vous êtes dans une majorité avec les verts les sondages ne font pas tout mais on donne des indications même si on est très loin de l'élection est-ce qu'à un moment si on est un électeur de gauche on ne se dit pas c'est quand même peut-être bien qu'ils se mettent d'accord ou qu'il y en ait un qui se range derrière ou est-ce qu'il faut aller vraiment jusqu'au bout aujourd'hui on entend il y aura un bulletin Ségolène Royal il y aura un bulletin Arnaud Montebourg je l'ai entendu encore dimanche est-ce qu'à un moment à Lyon en tout cas et sur la métropole dans cette espèce d'union écolo-parti social ça ne va pas créer des difficultés des tensions est-ce qu'à un moment il ne faudra pas se mettre d'accord peut-être plus largement ?
Alors on a un précédent qui était l'élection régionale donc l'avantage c'est que depuis qu'on est élu dans cette majorité on a déjà connu une autre élection qui est donc l'élection régionale sur lequel on avait une liste du parti socialiste et de ses alliés de gauche et une liste écologiste donc on a on va dire bien réussi cette campagne avec un rassemblement au deuxième tour entre les écologistes entre la candidate écologiste et la candidate socialiste donc on sait aujourd'hui en tout cas on sait que l'écologie elle est de gauche et donc on sait qu'on se retrouve quoi qu'il arrive au deuxième tour la difficulté d'une élection présidentielle c'est qu'on n'est pas sûr de se retrouver au deuxième tour donc il y aura effectivement de vraies réflexions à mener sur la question des candidats Arneau-Mondebourg ou autres on est au mois de novembre donc je laisse quand même quelques mois passer avant de savoir s'ils iront au bout de leur démarche après je rappelle aussi quand même quelques souvenirs mais notamment l'élection de Jospin la non-élection pour le coup où tout un tas de petites candidatures avaient empêché Lionel Jospin quand même d'être au deuxième tour donc on a quand même tous des alertes et je pense qu'à un moment donné on aura une responsabilité politique à choisir le bon ou la bonne candidate en tout cas en son âme et conscience et avec ses convictions
à se rassembler certainement et sur le terrain localement derrière il y aura même si on est loin effectivement peut-être des élections législatives ou dans le prolongement de votre action et c'est quelque chose auquel vous pensez pas encore peut-être un jour on ne sait pas est-ce que c'est important à un moment de donner une majorité ou d'avoir une majorité ou un candidat qui n'est pas de la majorité mais est-ce que ces élections législatives ont du sens après pour une élue locale comme vous ?
Oui, ça a du sens sur ces élections législatives alors on verra aussi qu'est-ce qui se passe à la présidentielle mais il y aura un véritable engagement à prendre sur justement quelle majorité on veut donner ou quel contrepoids on veut donner en fonction de l'issue de l'élection présidentielle les discussions sur les législatives n'ont pas débuté encore mais nous avons une vraie volonté de pouvoir travailler conjointement avec les écologistes sur une démarche des candidatures communes puisque justement sur ce territoire nous avons une fonction enfin une majorité qui marche et qui fonctionne on l'a vu on sait aussi et notamment on l'a vu sur les élections régionales notre majorité quand on regarde les trois listes qui étaient en présence sur les élections régionales on a plus de 40% des voix donc voilà du coup on sait que la conscience elle est toujours là on sait que notre action va dans le bon sens et qu'elle est quand même reconnue par les électeurs donc on va réfléchir on discutera le moment venu sur du coup les élections législatives
et au-delà des postes du mandat de la fonction d'ailleurs est-ce que comme élu engagé depuis un certain temps déjà toujours mobilisé est-ce qu'on s'interroge pas sur la perte de confiance sur le discrédit de la politique sur la manière dont on peut de nouveau mobiliser notamment les jeunes mais pas simplement est-ce que c'est pas un peu frustrant de se dire que parfois on fait des choses et puis que plus grand monde ne va voter et qu'est-ce qu'on pourrait faire pour éviter cette fuite en avant de l'électeur
alors il y a une vraie difficulté sur la transformation de l'engagement sur le vote le jour de l'élection pour autant aujourd'hui les citoyens sont très engagés on l'a vu avec la convention citoyenne pour le climat on le voit moi je le vois tous les jours sur des mobilisations dans des écoles dans des collectifs on voit vraiment en fait qu'il y a une nouvelle forme de mobilisation de nouveaux engagements qui sont pris par les citoyens notre responsabilité à nous en tant qu'élus c'est de pouvoir les amener justement à l'élection et de pouvoir leur dire qu'il y a besoin des deux aujourd'hui et qu'on peut travailler les uns avec les autres donc ça passe par la mise en place de conseils de quartier renouvelés aussi mais ça passe par un échange une discussion qui était peut-être un peu rompue à un moment donné entre des élus et des citoyens engagés dans des collectifs des conseils de quartier ou des parents d'élèves et aujourd'hui il y a besoin que ce dialogue se renoue pour que on puisse redonner aussi confiance et puis qu'ils puissent voir aussi ce qu'on fait je pense qu'il y a une question de redevabilité qui est importante c'est qu'est-ce qu'on fait en tant qu'élus et ne pas laisser dire que les élus ne font rien ou qu'une fois qu'ils sont élus il ne se passe plus rien
d'où la pédagogie d'où la pédagogie aussi l'explication rendre des comptes rendre des comptes en fait
voilà c'est ça on est plutôt sur l'idée de rendre des comptes les lyonnaises et les lyonnais aujourd'hui savent ce qu'est une élection savent ce qu'est une ville mais aujourd'hui il y a besoin effectivement de rendre des comptes et de rendre à voir aussi sur quelle est notre action et qu'est-ce que ça produit aussi comme effet sur les territoires
d'où la pédagogie en tout cas celle qu'on essaye aussi d'avoir avec vous lors de ces entretiens alors être élu c'est un sacerdoce aujourd'hui c'est surtout dans le cadre de vos délégations mais il y a aussi peut-être d'autres choses que le mandat ou la vie politique alors comme on est samedi et que demain par définition c'est dimanche qu'est-ce que c'est aujourd'hui un dimanche de Sandrine Runel est-ce que vous avez du temps pour vous pour votre famille pour vos enfants est-ce qu'on a encore le temps de lire qu'est-ce qu'on fait quand on n'est pas élu ou est-ce qu'on peut ne pas être élu même un dimanche
oui alors on peut après c'est aussi des choix mais ça fait quand même du bien de pouvoir aussi retrouver des moments en famille entre amis après on l'a dit on rentre dans une période compliquée puisque ça va être une période d'élection donc du coup le dimanche ça commence par le marché donc aller distribuer des tracts donc si vous voulez vous pourrez aller sur les marchés du 8ème et donc on distribuera des tracts pour Anne Hidalgo et pour mettre en avant l'ensemble de ses propositions mais c'est aussi effectivement quand même prendre du temps avec j'ai trois enfants en bas âge on est à la veille d'une rentrée scolaire donc il y aura quand même aussi un petit moment de remise à plat et de vérification des devoirs des cartables donc voilà du coup un dimanche quand même plutôt studieux mais en famille pour essayer de se ressourcer exactement voilà en famille parce qu'il y en a besoin aussi et puis avec là je reviens aussi de quelques jours de congés avec mes enfants et donc j'ai effectivement pu prendre quand même un peu de temps pour moi et pour lire donc voilà du coup il y a aussi ces moments-là qui sont quand même importants mais qui sont quand même assez limités et qui sont peu nombreux mais du coup des moments de vacances comme ça de coupure sont nécessaires aussi parce qu'on a beau être élu on est élu à temps plein et on est élu en permanence mais on reste quand même aussi des êtres humains avec une famille et avec aussi des priorités à donner
de ne pas se déconnecter et de rester humains en tout cas un grand merci d'être venu nous voir Sandrine Rinald ça passe toujours très vite mon entretien surtout sur des sujets comme ça merci de votre présence
merci à vous en tout cas
et je vous dis à bientôt puis quant à nous je vous dis à très bientôt la semaine prochaine samedi 13 novembre je recevrai Emeline Boum la première vice-présidente de la métropole de Lyon et on continuera à parler peut-être de prolonger sur ces sujets puis on parlera aussi évidemment de la COP26 qui vient de s'ouvrir il y a quelques jours merci beaucoup et à très bientôt c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Immédiat Positif le web média qui rend visible l'essentiel retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et sur immédiatpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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Sandrine Runel