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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 25 mars 2026 30 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesLogementEurope & internationalInstitutions & élections

Audrey Linkenheld : « Les maires veulent des outils pour lutter contre les commerces de ‘façade’ »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Votre texte est examiné cet après-midi au Sénat. Vous nous détaillerez ces mesures pour sauver nos commerces de proximité.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le ministre de l'Économie évoque un nouveau choc pétrolier. Vous alarme-t-il ce terme ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les mesures ciblées pour les agriculteurs et pêcheurs vous semblent-elles suffisantes ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous ces élections municipales pour le PS ? Succès ou échec ?

  • 13:00OuverteRéponse partielle

    Les alliances locales PS-LFI vous semblent-elles légitimes ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comment se passe la réconciliation avec les Verts à Lille ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Audrey LinkenheldFait
    « Quand on utilise les termes de choc pétrolier, on ne peut pas en face dire qu'on ne fait rien ou qu'on se contente d'aider un certain nombre de secteurs économiques sans s'intéresser aux Français eux-mêmes. »
  • 12:00Audrey LinkenheldFait
    « L'abstention reste très forte, en particulier pour une élection locale où on y était moins habitué. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La sénatrice socialiste du Nord, Audrey Lincolnan, est avec nous. Bonjour, merci d'être là. Et puis on parlera également des mesures que vous proposez pour sauver nos commerces de proximité.

Votre texte est examiné cet après-midi au Sénat. Vous nous détaillerez ces mesures. Et puis à la une de nos régions, je vous emmène dans le Loir-et-Cher qui comme de nombreux territoires doit faire face à la disparition des pharmacies.

Près de 4000 d'entre elles ont disparu en 20 ans. À Savigny-sur-Bray, deux associés veulent prendre leur Retraite mais ne reçoivent aucune proposition de reprise, reportage de Val-de-Loire TV dans 50 minutes. Voilà pour le programme, on est ensemble pendant une heure et demie, bonjour chez vous.

Et on commence avec la repère de l'actualité. Bonjour Steve Jourdain. Bonjour Yann.

À la une de ce mercredi 25 mars, le ministre de l'Economie qui évoque un nouveau choc pétrolier. Roland Lescure était auditionné hier à l'Assemblée nationale et alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son 26e jour, le ministre est revenu sur les conséquences économiques potentielles dans notre pays. Les détails avec Aurélien Romano.

Le ministre de l'Economie a posé un diagnostic sans on détour sur la situation énergétique. Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier et si ce choc énergétique persiste, au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l l'économie et être au fond d'une nature plus systémique. Roland Lescure a précisé que nous avions déjà connu une dizaine de chocs pétroliers depuis 50 ans, une manière d'atténuer cette annonce.

Des annonces et des mesures, les oppositions pressent le gouvernement d'en prendre, mais le Premier ministre a écarté l'idée d'une aide directe, comme en 2022. On a déjà l'expérience des décisions qui ont été prises dans le passé. C'est très coûteux pour les finances publiques et derrière un chèque, très vite se cache en en général, un impôt ou une répercussion très grave pour les déficits publics.

Le gouvernement défend des aides indirectes ciblées sur certains secteurs et une action diplomatique du chef de l'État pour libérer la circulation dans le détroit d ormouz la bonne réponse c'est ce que nous faisons d'abord à l'échelle internationale c'est l'initiative du président de la république pour libérer dès que ce sera possible la circulation dans le détroit d'ormouz et ensuite c'est ce que nous faisons auprès des secteurs je pense à à la pêche, je pense à l'agriculture, je pense aux transports que nous accompagnons avec des mesures de trésorerie. Pour les agriculteurs, le gouvernement a annoncé un plan comprenant notamment des prêts de carburant, des reports de cotisations sociales et un plan en grès Concernant l'ensemble des Français, Sébastien Lecornu a fait une promesse de mesures à venir sur les gros rouleurs et ceux qui travaillent. Des promesses pour les gros rouleurs mais pas de chèques énergie.

Ces annonces ont suscitées beaucoup beaucoup de réactions politiques écoutez ça va arriver non on n'a pas ah on a. Nous n'avons pas les moyens d'une politique de le chèque, le quoi qu'il en coûte, nous n'en avons plus les moyens. Mais si nous étions riches, si nous avions un excédent budgétaire, si nous avions lutté contre nos propres déficits avec l'ardeur que j'avais utilisé entre 2017 et 2020.

Peut-être aurions-nous les marges de manœuvre pour le faire, nous ne les avons pas. L'État se comportant comme un profiteur de crise, compte tenu de l l'angoisse dans laquelle cette augmentation plonge les Français, ce n'est pas admissible. Il faut trouver des solutions, non pas pour dégrader le budget de l'Etat, mais pour qu'au moins ils ne se comportent pas comme un profiteur de crise.

La seule mesure qu'on peut prendre dans la situation, c'est évidemment la question du blocage des prix. On a un article du code du commerce qui permet mais le blocage des prix qui permet même de bloquer les marges. Par exemple, on peut choisir de bloquer les prix à la consommation et de bloquer par exemple les marges des raffineurs.

Le ministre de l'Intérieur promet lui un choc d'autorité et d'efficacité. Hier au 20h de Le TF1 a détaillé les mesures d'un nouveau projet de loi. Le gouvernement va apporter des réponses rapides aux troubles de l'ordre public.

Laurent Nunes a notamment annoncé la création de trois délits contre l'usage détourné du protoxyde d On va faire quatre choses. On crée trois délits d'abord pour commencer. Le délit d'inhalation de protoxyde d'azote, ça n'existe pas, ce sera un délit.

Donc avec une peine d'un an d'emprisonnement, une amende de 3500 euros, première chose. Ensuite, Ensuite, il y aura un délit d'interdiction, on ne pourra pas conduire en ayant consommé ce produit, c'est extrêmement important. Et troisièmement, on créera un délit de transport illégitime sans motif légitime du protoxyde d'azote.

Les policiers, les gendarmes régulièrement contrôlent des véhicules ou des personnes qui ont du protoxyde d'azote avec eux. Le projet de loi devrait être inscrit à l'ordre du jour au Parlement avant l'été. Adoption envisagée, adoption souhaitée par le gouvernement d'ici à l'automne.

Et puis à l'international, Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran. Un plan 15 points qui comprend notamment un cessez-le-feu d'un mois, l'arrêt du programme nucléaire militaire iranien ou encore la fin du soutien du régime au proxy du Hezbollah et du Hamas en échange l'Iran obtiendrait la levée des sanctions internationales. Dans le même temps, la guerre se poursuit dans la région.

La France exhorte Israël à ne pas s'emparer du sud-liban, cette région d'où le Hezbollah tire des missiles sur les populations civiles israéliennes. On écoute Jean-Noël Barraud. Nous exhortons les autorités israéliennes à s'abstenir de telles opérations terrestres qui auraient des conséquences humanitaires majeures et qui agaveraient la situation déjà dramatique du pays.

Et je veux aussi condamner avec la plus grande fermeté les propos du ministre Smotrich qui a évoqué la rivière Litani comme la nouvelle frontière au nord d Israël. Ce qui est évidemment une atteinte majeure à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban qui ne saurait être acceptée. Merci Steve.

A tout de suite où vous allez nous détailler les mesures d'Audrey Lincolneld sur son texte pour sauver les commerces de proximité. Audrey Lincolneld, on va en parler dans quelques instants, notamment l'encadrement des loyers commerciaux. On y revient.

Mais d'abord, comme tous les jours, on commence par les une de la presse régionale. Trois titres qu'on va regarder ensemble. D'abord, la une du Midi-Libre flambée du gasoil des professionnels aux abois.

La hausse du pétrole qui se traduit par des prix inédits à la pompe, les pêcheurs, transporteurs, agriculteurs payent déjà le prix fort et l'impact pourrait être majeur pour l'économie. La deuxième une, c'est celle de Ouest-France sur les cyberattaques. Quel risque pour les élèves et les enseignants, les hackers qui convoitent les données des collèges et lycées ?

Une nouvelle attaque informatique à viser l'éducation nationale. Et puis la dernière une, c'est celle de Sud Ouest, énergie renouvelable, friture sur la ligne. Alors la Nouvelle-Aquitaine, c'est la première région de France en termes de production d'énergie verte, mais ça concerne évidemment toutes les régions.

Problème là-bas, les réseaux de distribution ne peuvent pas suivre. Les projets des collectivités encouragées ces dernières années sont freinés ou mis à l'arrêt. De quelle est une avez-vous envie de nous parler ? – De la première, parce que je pense que le sujet n'est pas clos.

Vous avez rappelé les débats qui ont eu hier, notamment à l'Assemblée national, mais je pense qu'ils vont se poursuivre cet après-midi au Sénat et je crois que la proposition d'un chèque énergie reste une proposition qui doit être discutée sérieusement. Quand on utilise les termes de choc pétrolier, on ne peut pas en face dire qu'on ne fait rien ou qu'on se contente d'aider un certain nombre de secteurs économiques sans s'intéresser aux Français eux-mêmes. Ça vous alarme ce terme ?

Il a eu raison de l'employer ? Il a eu raison s'il considère qu'il décrit la situation et on sait que si la guerre se prolonge, alors on risque d'être dans une situation économique difficile, notamment du fait de l'énergie. Mais en face du terme, il faut encore une fois proposer des mesures.

Nous, nous avons avec Olivier Feur proposé il y a déjà quelques semaines ce chèque énergie qui n'est pas l'idée d'aider tout le monde de la même manière. On tire les enseignements justement de la période précédente de 2022 mais on aide d'abord ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui travaillent, ceux qui ont les revenus les plus modestes sans peser trop lourdement effectivement sur une situation budgétaire. Mais on a les moyens de le faire.

Hier soir au 20h, Edouard Philippe disait si on avait réduit les déficits. Si on s'en était occupé avant, on aurait pu aider les Français. Là, on n'a pas les moyens.

Il n'a pas raison ? Je ne crois pas, non, parce qu'il ne suffit pas de poser un diagnostic. On a eu des débats budgétaires difficiles qui ont montré qu'on savait être responsables, qu'il fallait effectivement réduire les déficits.

Mais on a aussi proposé des solutions pour une répartition plus juste. Et là, il s'agit de justice sur le plan économique, sur le plan écologique, sur le plan social que ce ne soient pas toujours les mêmes qui trinquent. Alors qu'on sait qu'il y a des solutions de recettes et de meilleure répartition des dépenses, il faut les utiliser. – Alors, il n'y a pas eu d'annonce pour l'ensemble des Français, mais il y a quand même eu des annonces ciblées pour les agriculteurs, pour les pêcheurs qui ont été est faite par le gouvernement ?

Vous les soutenez, ce sont les bonnes mesures ? Oui, bien sûr, c'est des bonnes mesures. Les mesures sectorielles, on sait que ce sont les secteurs qui sont les plus énergivores en matière de carburant, mais pour les Français c'est pareil.

Il y en a pour lesquels c'est plus difficile que pour d'autres. Quand on a les moyens d'absorber la hausse du prix du carburant, on n'a pas besoin d'un chèque. Quand en revanche le taux d'effort est plus important à la fin du mois, alors il faut aider parce qu'il n'y a pas d'autre solution.

C'est soit payer son gazole, son essence soit réduire ses autres dépenses alimentaires par exemple qui sont des dépenses de base ou des dépenses de logement et il en sera question n'en doute pas cet après-midi aux questions d'actualité au gouvernement à partir de 15h on va parler des municipales. Comment vous qualifiez ces municipales pour l'EPS ? C'est quoi ?

C'est une élection en demi-tente ? C'est un succès ? C'est un échec ?

On a un solde positif je dirais entre les victoires et les défautes. Moi je suis élue de Lille, je ne peux qu'être satisfaite du résultat de cette élection municipale. Le Parti socialiste...

Lille qui a été conservé en par l'EPS ? Tout à fait. Le Parti socialiste reste finalement la première force politique territoriale.

On est présents dans les grandes villes, comme Lille, mais pas seulement. On est présents dans les villes moyennes, dans le périurbain, dans la ruralité. On est la première force politique en l'air.

Pas en termes d'affichage, moins que la droite, peut-être, mais la droite ne s'affiche pas nécessairement. On a des diverses droites, on a des républicains. Nous, on affiche aussi la couleur et je pense que c'est sain pour le débat démocratique.

Donc de ce point de vue-là, nous sommes évidemment satisfaits. Après, l'effet loupe ne doit pas faire oublier qu'on est dans une situation où l'abstention reste très forte, en particulier pour une élection locale où on y était moins habitué. Parenthèse du Covid refermée.

On est face à une situation où le RN continue de progresser. Je suis élue d'une région où on a vu tomber plusieurs villes aux mains du RN, notamment dans le Pas-de qu'elle est. Tout ça, ça doit nous interroger, notamment à l'approche des échéances de l'année prochaine.

Et on va y revenir. C'est la presse régionale qui va vous interroger là-dessus. Mais l'entre-deux-tours au Parti socialiste, il a été marqué par ses alliances dans plusieurs villes, entre le PS, entre la France Insoumise, après que la direction a répété à de nombreuses reprises qu'il n'y aurait pas d'alliance LF-IPS.

Est-ce que comme Olivier Faure, vous les comprenez, les candidats qui ont fait ces alliances ou vous les dénoncez ? – Alors là aussi je parlais des féloupes, on parle beaucoup. On aime bien parler de ces sujets-là, à gauche, le Parti socialiste, la France insoumise.

Mais pour moi, il y a des sujets bien plus graves, je viens de les nommer, et notamment la question de l'union des droites, vous en avez parlé tout à l de ce qui se fait un peu à bas bruit entre la droite classique et l'extrême droite. Nous avions dit qu'il n'y aurait pas d'accord national, il n'y a pas eu d'accord national, il y a eu ici ou là des choix locaux, et moi je suis bien placée pour savoir en tant qu'élue locale, en tant que sénatrice qui voit aussi si c'est en 47 communes, que chaque situation est différente. Et moi je ne permettrais pas de porter de jugement dans des situations difficiles sur le choix que peuvent faire certains collègues. – Ça n'a pas été le cas à Lille, il y a eu une alliance PS écologiste contre la France insoumise.

Vous auriez accepté qu'il y ait une alliance entre le PS et l'affiche ? – La question ne s'est pas posée jamais, nous avons toujours tendu la main aux écologistes avec lesquels on a travaillé par le passé, avec lesquels on va retravailler. Je pense qu'on avait en commun cette volonté de porter des sujets écologiques et sociaux et puis d'une certaine manière, je crois, de faire de la politique moi c'est plutôt ça qui m'interroge et je ne partage pas la manière parfois très populiste très démagogique sans parler des excès de langages de jean-luc mélenchon de la france insoumise mais je n'en fais pas non plus le sujet numéro 1 de tous – Comment s'est passé le bureau national du Parti socialiste hier soir ? – Alors je l'ai suivi par intermittence, mais on va dire que le débat était présent jusque tard dans la nuit, mais je crois que c'est aussi la force d'un parti démocratique, il faut savoir se parler, il faut savoir se dire les choses, et les choses ont été dites.

Et notamment sur les conséquences que doit tirer la direction de ces municipales et de ces alliances. On va écouter ce qu'en dit votre collègue sénateur de l'Hérault, Issaïne Bourgi. Il était hier au micro de Jérôme Un premier secrétaire et une direction nationale qui le voit très clairement, qui dit une chose avant le premier tour, qui laisse faire d'autres choses complètement contraires entre le premier et le second tour.

On peut Qu'est-ce que vous dites ? Je pense que dans ma réponse précédente, vous avez vu qu'il y a une différence de tonalité entre Usain-Bourgis que j'aime beaucoup, que je connais depuis longtemps, qui est mon voisin d'hémicycle. Chacun sa manière de faire, on On n'a pas tout à fait les mêmes analyses, même avant ces élections municipales.

Mais en revanche, ce qu'on a en commun, c'est la manière dont on a envie demain de continuer à diriger nos villes. Montpellier, en l'occurrence pour lui, pour Lille, il n'y a pas de différence. Il y a Karim Bouamran aussi, il faut qu'Olivier Ford démissionne, c'est un échec total.

Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une fracture au PS ? Je ne dirais pas ça et en tout cas, moi, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que pour être entendus par les Français, pour leur faire comprendre que nous pouvons être une solution d'alternance, une alternative à la situation d'aujourd'hui, que le meilleur moyen pour ça, c'est de se chamailler entre nous. Qu'on fasse évidemment une analyse lucide et froide de la situation.

Oui, que chacun regarde aussi sa part de responsabilité, mais je ne crois pas que les Français aient aujourd'hui envie d'entendre des socialistes qui se disputent. Ce n'est pas ça qu'ils attendent. Ce qu'ils attendent, c'est des propositions concrètes comme le chèque énergie dont on a parlé et comme peut-être l'encadrement des loyers commerciaux.

Et dont on va parler, mais d'abord on va aller voir les municipales à Lille, dans le Nord, dans le Pas-de-Calais avec Aurélien Vurli. Bonjour Aurélien, merci beaucoup d'être avec nous journaliste à RCFO de France. Aurélien, on va donc revenir sur ces municipales et l l'élection d'Arnaud Deslandes, qui a donc été réélu maire de Lille au terme d'une campagne, qui a vu la gauche lillois se livrer à une campagne sans merci ?

Ah ben, une campagne très difficile avec trois listes de gauche, les insoumis, les verts et les socialistes qui sont partis séparés. Mais les socialistes qui, comme d'habitude à Lille, finissent vainqueurs, 50-50 socialismes à Lille, sur la liste sur laquelle vous avez été élue, Audrey Linkeneld. Mais cet allié aux écologistes, vous le rappeliez, que vous avez retrouvé le beffroi, les écologistes qui avaient été dans l'opposition pendant six ans.

Stéphane Bally et son équipe qui a hésité entre les insoumis et les socialistes pour s'allier au second tour. Certains militants expliquent qu'ils auraient préféré s'allier aux insoumis après six ans dans l'opposition et même une campagne assez rude, une campagne de rupture vis-à-vis des socialistes. Stéphane Bally qui qualifiait la majorité se ressentante d'about de souffle quelques jours avant le premier tour.

L'écologiste qui avait vu s'échapper le beffroi en En 2020, pour 227 voix près, était devenu alors l'opposant pendant six ans aux socialistes. Une question ce matin, Audrey Linkeneld, comment se passe la réconciliation avec les Verts ? Est-ce que vous allez réussir à gouverner ensemble pendant ces six prochaines années ?

Je pense qu'on y arrivera sans aucun doute. Vous savez, moi je suis élue à Lille depuis 2008, j'ai connu la période où on dirigeait déjà ensemble. Il se trouve que j'avais comme « Délégation, les questions de climat et d'énergie » porté par Stéphane Bally précédemment.

Donc je sais très bien quelles sont les convergences entre nous. Je sais aussi quelles sont les différences d'appréciation sur certains sujets. Mais je crois que ce Ce qui nous importe, c'est vraiment ce projet commun, écologique, social au service des Lillois.

Et je crois qu'on a tous envie de travailler d'abord pour l'intérêt général et finalement, au-delà de ces phrases de campagne qu'on a pu entendre et qu'on peut regretter parce que je pense Parce qu'évidemment, quand on a des phrases un peu définitives, après, c'est plus compliqué de se retrouver. Mais là, on est tous déterminés à agir pour les 6 ou 7 ans qui viennent. Une élection, Aurélien, qui a aussi vu, on en parlait avec vous, Drelin-Lincolnel, une confirmation de la percée du RN dans le Bastien-Bigné ?

Une des plus grandes percées de l'histoire du parti résumait le président du RN, Jordan Bardella, portant à 14 le nombre de villes dans le giron du parti à la Ils récupèrent des bastions socialistes comme Liévin ou Wani, des villes communistes également, des villes remportées au second tour signant à certains endroits la fin du Front républicains, des votes qui se sont retournés contre les élus socialistes. À Lévin, commune de 240 000 habitants, c'était le sénateur socialiste Jérôme d'Arras qui essayait de reprendre la mairie mais c'est l'URN qui l'a conquise. Dany Peva qui a conquis Liévin.

Dany Peva qui s'est formé auprès du RN à l'Assemblée nationale, au Parlement européen et dans la communication à Hénin-Beaumont, le RN qui a envoyé des éléments formés, quasiment tous sortent des assemblées d'élus, de l'Assemblée nationale, du Sénat, du Parlement européen, de la communication d'Hénin-Beaumont où certains étaient élus conseil départemental. Une question, Audrey-Aline Kenel, que vont faire les socialistes ? Comment faire pour reconquérir de votre côté ces mairies qui ont été perdues ?

Est-ce que vous avez l'espoir que ça a pu se marcher ? Alors, d'abord me réjouir que, heureusement, il y a des communes qui tiennent. Je pense dans le Bas-Serminier à la ville de Douai où ça s'est joué à peu, mais où Frédéric Chéreau, le maire a été réélu.

Et dire aussi que ces défaites face au Rassemblement national, bien sûr, il peut y avoir ici ou là des considérations locales, mais je pense que c'est d'abord le signe d'une vague qui est plus nationale et que la réponse pour moi, elle est d'abord dans ce qu'on apporte au niveau national face aux préoccupations des Français. Je ne crois pas que la réponse soit nécessairement dans l'amélioration des projets locaux. Si on prend l'exemple de Douai, ça n'est pas ça le sujet.

Et on a vu à Douai aussi cette union des droites, en tout cas cette incapacité à faire le front républicain puisqu'il avait en face de lui un député du RN mais aussi une candidature de droite qui s'est maintenue. Et pour autant ça s'est joué à quelques voix, à quelques centaines de voix. Donc je pense que la réponse elle est évidemment d'être présent auprès des habitants dans nos territoires là où on en est en capacité mais surtout d'apporter des réponses au niveau national qui permettent d'éviter cette vague qui renverse des mers qui pour beaucoup n'ont pas démérité.

Merci beaucoup Aurélien Vurli d'avoir été avec nous depuis Lille. On passe à l'actualité du Sénat. Comment sauver nos petits commerces et éviter la désertification des centres-villes ?

Vous avez rédigé une proposition de loi à ce sujet. Steve, vous allez nous éclairer. Le texte est donc examiné aujourd'hui au Sénat.

Il vise à soutenir les commerces de proximité menacées de disparition dans de plus en plus de vies. Il s'agit des commerces du quotidien, alimentation, habillement, livres, papeterie, pharmacie. Tous ces commerces qui constituaient jusqu'à récemment le cœur de nos villes sont en train de disparaître.

Quelque chiffre pour comprendre, entre 2015 et 2020, la France a perdu plus de 10 000 commerces de détail et d'artisanat plus proche du Nourian sur la seule année 2024. On a recensé 10 134 suppressions de postes dans le commerce local. Après l'industrie, il s'agit du deuxième secteur le plus touché par les licenciements.

La faute à qui ? La faute à quoi ? Parmi les causes de ce déclin, il y a évidemment la concurrence d'Internet.

Pas une semaine sans que la presse locale ne s'en fasse l'écho. Regardez par exemple ici en Haute-Marne. Deux boutiques ont dû fermer le rideau la semaine dernière.

L'une vendait des instruments de musique, l'autre proposait des produits locaux et du made in France. Mais les clients boudent les échoppes, ils prennent les objets en photo pour ensuite aller les retrouver moins chers sur Internet. C'est un phénomène qu'on constate partout sur le territoire, Yann.

Il y a donc urgence à agir selon les Sénatars ? Alors des choses ont déjà été faites. En 2018, la loi Elan a instauré les programmes Action Coeur de Ville et Petite Ville de demain.

L'idée était notamment de rendre certaines zones plus attractives pour le commerce, insuffisant selon vous, Madame la Sénatrice, qui proposait donc plusieurs mesures pour inverser la tendance. Parmi elles, l l'encadrement des loyers et des baux commerciaux. L'objectif est de lutter contre la spéculation immobilière.

Très concrètement, comment ça fonctionnera ? Comment ça fonctionnerait ? Alors d'abord dire que évidemment le constat que vous posez est juste, que vous avez raison de dire qu'il y a plusieurs facteurs à ces difficultés commerciales, à cette vacance commerciale qui touche nos villes, à ce phénomène qu'on commence à appeler la décommercialisation, comme on a connu la désindustrialisation, et à la concurrence du commerce en ligne, des plateformes, il y a encore les zones commerciales en périphérie et il y a cette question des loyers commerciaux dont plus de la moitié des commerçants qui sont interrogés disent que le niveau élevé des loyers est une des causes de la vacances.

Il y a déjà eu des tentatives, vous avez parlé de la loi Elan de 2018 sur les installations commerciales mais il y a eu aussi la loi Pinel de 2014 qui était déjà une tentative de rééquilibrer en matière de beaux commerciaux la relation entre le bailleur et le locataire. Les commerçants sont à 80 % des locataires. Donc vous dites ça ne suffit pas, il faut aller plus loin Voilà, parce que cette loi a fixé des éléments de plafonnement.

Mais ce qu'on nous dit sur le terrain, c'est que bien souvent, c'est détourné, que ça ne produit pas ses effets. Et donc, nous, nous proposons d'aller plus loin par deux éléments. D'abord, d'objectiver la situation parce que même si on a des chiffres, même si on a des constats de terrain, ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est d'avoir des observatoires locaux et des loyers commerciaux.

Ça n'existe pas, alors que les collectivités sont prêtes à le faire comme une intercommunalité. Les chambres de commerce sont prêtes à y travailler. Donc mettons en place des observatoires locaux des loyers commerciaux et sur cette base, sur la base des loyers de références.

D'abord, ça donne plus de transparence dans la relation bailleur-propriétaire et quand c'est nécessaire, parce que la vacance est trop forte, parce que le déséquilibre est trop fort, alors on encadre les loyers commerciaux comme on a pu le faire pour les loyers d'habitation. – Alors qui fixera ce plafond ? Comment ça fonctionnera très concrètement dans le détail ? on s'est inspiré finalement de ce qui existe et ce qui marche déjà appliqué à la situation des beaux commerciaux. là aussi on essaye effectivement de donner plus de pouvoir d'agir aux maires sur les installations commerciales, pour les grandes surfaces, mais pas nécessairement et pas seulement j'ai envie de dire Parce que nous avons fait le constat que même en matière de commerce de proximité, parfois il y a des commerces qui s'installent qui ne sont pas nécessairement ceux dont on a le plus besoin en matière de proximité et de diversité.

Je pense par exemple à ces commerces de façade qu'on voit fleurir, dans lesquels il n'y a jamais aucun client. On a beaucoup parlé ici au Sénat de la loi sur le narcotrafic. Elle a déjà montré comment des commerces pouvaient servir de lieux de blanchiment.

Là aussi, les maires nous demandent des outils. On a commencé avec la loi narcotrafic. Là, on en propose un deuxième pour permettre aux maires, à un moment donné, d'empêcher ses installations.

Il peut fermer certains commerces qui blanchissent de l'argent, c'est ce que vous dites ? Fermés, c'est déjà le cas, sous certaines conditions. Là, c'est plutôt d'éviter qu'ils s'installent quand on sait qu'en fait derrière, c'est un commerce de façade et pas une librairie, pas un commerce de bouche, pas un service qui est vraiment utile à nos habitants parce que, voilà, le constat c'est que le commerce c'est la vie.

C'est ça qu'on a envie d'encourager. Et on va justement voir ce qu'en pensent les maires. Bonjour Alain Chrétien, merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes maire horizon de Vesoul, vice-président de l'Association des Maires de France en charge du commerce et de l'économie. Vous avez entendu Audrey Lincoln-Leld et on l'a vu pendant cette campagne municipale, c'est un vrai sujet de préoccupation pour les maires, pour les élus, cette désertification des centres-villes et le fait de sauver nos commerces de proximité. Bonjour, bonjour à toutes et à tous.

Oui, bien sûr, c'est tout ce qui va dans le sens de conforter le centre-ville, mais ça nous intéresse et cette proposition nous intéresse aussi. Il s'agit, comme vous l'avez dit, de réduire la concurrence déloyale avec les plateformes, parce que nos commerçants ont des charges supplémentaires. Effectivement, il y a aussi la taxe foncière.

Il nous proposait, madame la sénatrice, de la supprimer pour les commerçants locataires, ça aussi c'est une très bonne chose. Ça va plus loin que le rapport Macares qui avait été revu au gouvernement il y a quelques mois où simplement on proposait de faire une expérimentation. Donc tout ce qui va dans le sens du soutien aux commerces de proximité, ça nous intéresse. – Audrey Lincanel. – Oui alors effectivement le gouvernement avait commandé un rapport, le rapport Macares qui est la maire de Saint-Quentin, qu'elle a rendu avec deux autres de personnes.

Ce rapport faisait 34 recommandations, parlait effectivement de la question des loyers, mais il n'en a rien été dans les mesures du gouvernement. On n'a pas retrouvé ces éléments-là. C'est une des raisons pour lesquelles on a décidé de prendre l l'initiative parlementaire.

Une initiative qui, je crois, est très bien accueillie par les associations de collectivité. Je remercie M. le maire pour son accueil.

Il n'est pas le seul. On a eu un accueil favorable, un accueil favorable aussi des acteurs du commerce. Et donc j'espère que tout à l'heure, nous aurons un consensus au moins sur cette question de l'objectivation de la situation, de l'objectivation des niveaux de loyer pour permettre sur cette base-là, et bien aux collectivités volontaires, il s'agit d imposer rien à personne, la situation est diverse dans notre pays mais quand un maire veut qu'il puisse se saisir de ses outils pour essayer de répondre à ces commerçants qui n'en peuvent plus face à des niveaux de loyer qui sont en fait décorrélés de l'activité économique.

On a vu ces démesures, l'encadrement des loyers c'était dans de nombreux programmes pour les municipales alors il y a ce que peuvent faire les maires Alain Chrétien mais est-ce que les maires ils doivent aussi sensibiliser leurs habitants ? Est-ce qu'il y a aussi une responsabilité du consommateur, on l'a dit qu'il préfère aller sur internet plutôt que d'aller dans ces commerces de centre-ville ? Vous savez c'est l'addition de plusieurs mesures qui fera que le centre-ville sont redynamisés.

Cette mesure en est une, elle n'est pas mauvaise du tout. Mais ici aussi le réaménagement urbain, c'est plus de sécurité. Aujourd'hui quand on vient dans un centre-ville c'est pour vivre une expérience.

C'est une politique globale et il faut qu'on incite aussi les habitants à revenir habiter en centre-ville. Vous savez un centre-ville qui fonctionne, c'est un centre-ville où on habite, où on consomme et où on travaille. Et quand on additionne ces trois fonctions là, eh eh bien, on est un centre-ville avec un cercle vertueux où les gens habitent au-dessus des commerces et descendent en bas des commerces pour faire leur course de proximité.

On peut même économiser une voiture et donc ça économise beaucoup d'argent et c'est bon pour le pouvoir d d'achat. Donc, c'est un cercle vertueux qu'il faut remettre en place et cette proposition va dans le bon sens. Effectivement, c'est tout un schéma à revoir et à dynamiser, Audrey Aline Canel.

Oui, c'est ça, on a parlé du pouvoir d'achat. Bien sûr, c'est un des éléments aussi qui fait qu'aujourd'hui, le commerce de proximité souffre parce que quand on va sur Internet, c'est parce que parfois on préfère la modernité du numérique, mais c'est souvent parce que c'est moins cher, paradoxalement. Il faut qu'on fasse passer ce message à nos consommateurs, que la défense du commerce de proximité passe par nous tous, par nos propres modes de consommation, mais il faut, comme ça vient d'être très bien dit, que nos centres-villes et je dirais même nos centres-bourgs soient suffisamment attractifs pour qu'on ait envie d'y aller.

Attractifs pour les commerçants eux-mêmes parce qu'aujourd'hui on est aussi face à des situations où les commerçants eux se relocalisent dans les périphéries parce que là-bas les loyers sont moins chers alors qu'ils étaient prêts auparavant à accepter qu'il soit un peu plus élevé parce que c'est le centre-ville, parce que c'est une expérience premium. Voilà donc tout ça c c'est une action, j'ai envie de dire, multifactorielle que portent les élus locaux avec l'ensemble de leurs partenaires. Et vous nous dites espérer un consensus, vous pensez qu'il va passer cet après-midi votre texte ?

Je suis optimiste, plus que je ne l'étais au sortir de la commission des affaires économiques. C'était un peu compliqué en commission. Où c'était disons un peu schématique mais je crois que depuis chacun a réfléchi peut-être que la suspension parlementaire a fait son effet.

Peut-être que ces élections municipales, dont vous avez très bien dit qu'elles ont souvent parlé de ce sujet-là, a aidé mais je crois qu'on peut trouver un consensus, peut-être pas sur tous les articles mais au moins sur cette question encore une fois d'observer et d'agir pour les loyers commerciaux. Et Alain Chrétien, j'imagine que vous allez suivre cette séance avec attention. Merci beaucoup, merci d'avoir été avec nous, maire horizon de vous, les vice-présidents de l'association des maires de France en charge du commerce et de l'économie.

Merci beaucoup, Audrey Lincolnald, d'avoir été notre invité. Steve, on se retrouve dans 20 minutes ?