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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 avril 2019 25 min

Yannick Jadot fustige le "culot" de François Hollande qui "continue à donner la leçon à tout le monde"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Le gouvernement qui affiche donc un nouveau visage ce matin après le remaniement annoncé hier soir. C'est un remaniement technique pour vous ou politique ?

0:16
Yannick Jadot

C'est un remaniement technocratique. C'est la technocratie et l'arrogance au pouvoir. Moi je suis sidéré qu'on place dans un gouvernement autant de personnes qui n'ont rien vu de l'état de la France, qui n'ont pas vu la fracture territoriale, qui n'ont pas vu la fracture sociale, qui n'ont pas vu ces zones rurales qui se sentent abandonnées, ces quartiers qui se sentent abandonnés, des personnes qui n'ont cessé pendant le début du quinquennat de dire pour Mme Ndiaye « Défendre le Président, je suis prêt à mentir ». Wow ! Quelle déontologie politique ! Madame de Montchalin nous expliquait que le grand projet civilisationnel de l'Europe, c'était l'austérité budgétaire.

Donc je pense que c'est le statu quo, mais c'est le statu quo dans un moment de fortes tensions politiques, de fortes tensions sociales en France, et ce n'est pas une bonne nouvelle. Renaud Daly. Mais ce sont trois jeunes ministres, trois trenteneurs, avec des parcours très différents. Il n'y a pas une forme de renouvellement ? Écoutez, si le renouvellement de la politique, c'est de prendre des technocrates, certes jeunes, mais d'abord des technocrates, je pense que ça abîme la politique. Moi, j'ai entendu comme vous M. Emelien, avec son livre. Emelien. Emelien. Nous expliquer de manière très docte comment s'organiser la société, après avoir bidouillé des vidéos à l'Elysée.

Je trouve qu'il y a une déconnexion complète de ce pouvoir avec la réalité des Français, avec la réalité de l'Europe. Et puis franchement, sur l'Europe, prendre une libérale technocratique après une autre libérale technocratique, ça en dit long sur les velléités de changement de l'Union Européenne par le président Macron. Il est seul, Emmanuel Macron, à l'Elysée ? Écoutez, il a construit son pouvoir, il a construit cette façon de gouverner, qui est un mélange de technocratie, de libéralisme et d'esprit de cours. Je pense que ça restera jusqu'à la fin du quinquennat. C'est dramatique, c'est dramatique pour la démocratie. Mon problème, ce n'est pas comment Emmanuel Macron organise ses équipes.

Ce sont les politiques publiques qu'il mène. C'est la place qu'il donne aux syndicats, c'est la place qu'il donne aux élus, c'est la place qu'il donne à la représentation démocratique, aux citoyens. C'est ça qui est en cause dans ce quinquennat.

2:35
Invité

Vous disiez qu'il s'est solaire et qu'il se retrouvait notamment avec des conseillers qu'il promouvait comme ministre. Il n'est pas si seul que ça, Emmanuel Macron. Il va aussi recueillir parfois des avis des conseils de grands anciens. Il s'affichait hier avec Nicolas Sarkozy au plateau d'Aiguillière. Et voici ce que disait l'ancien chef de l'État. Moi, je ne dis pas avec Emmanuel Macron, je dis avec le président de la République. Tous les pays ont un besoin de rassemblement. À un moment comme un autre, il y a toujours des désaccords, des polémiques. Je sais par expérience qu'être président de la République, c'est bien difficile. C'est quoi pour Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy ?

C'est un mentor ? C'est un conseiller ? C'est un jumeau ? C'est rien, il faut lui demander.

3:15
Yannick Jadot

J'ai l'impression que c'est de plus en plus un ami, une référence, à la fois politique et peut-être dans sa manière de gouverner ce pays. À vos yeux, il se ressemble ? C'est un moment important, le plateau d'Aiguillière et l'hommage aux résistants, surtout dans ce moment où toutes les extrêmes droites montent en Europe. Et c'est un moment qui a rythmé le quinquennat Nicolas Sarkozy aussi. Ça ne doit pas être instrumentalisé. Et puis, on parlait tout à l'heure de la vision du président de la République de l'Europe, qui confirme libéral et technocratique.

Il y a quand même quelques jours, le président ou l'ex-président Sarkozy était avec Victor Orban en train de dire « mon ami, mon ami, mon ami ». Donc Emmanuel Macron est l'ami de Nicolas Sarkozy, qui est l'ami de Victor Orban. Et puis, il y a quelques jours encore, Emmanuel Macron recevait visiblement de manière très amicale Philippe de Villiers, ce complotiste anti-européen qui a vécu des années et des années au crochet de l'Europe et qui maintenant dit que l'Europe est une émanation américo-nazie. Donc, je trouve que tout ça, il y a beaucoup, beaucoup de confusion et ce n'est pas bon dans le moment politique.

4:24
Présentateur

Yannick Jadot, c'était un peu le week-end du retour des ex-chefs de l'État. Nicolas Sarkozy en Haute-Savoie et François Hollande dans les médias et notamment sur France 2 pour dire ceci.

4:33
Invité

Il peut y avoir à un moment ce risque de passer à l'extrême droite tout simplement parce que c'est finalement assez généralisé et parce qu'on ne l'a pas encore essayé. C'est pour ça que je pense que la responsabilité, elle est bien sûr celle du pouvoir en place,

4:46
Yannick Jadot

mais elle est aussi collective et historique en France depuis quelques années.

4:50
Invité

Et donc les partis de gouvernement, et notamment la gauche, doivent en prendre conscience.

4:53
Présentateur

Sur le constat que fait François Hollande d'une extrême droite quasiment aux portes du pouvoir en France, vous êtes d'accord avec lui ?

4:58
Yannick Jadot

Si on continue la même politique, si on continue la même façon de gouverner, il y a un moment donné, ça tombe. Moi je dis qu'au niveau européen, le libéralisme, cette façon d'organiser la compétition de tous contre tous, cette façon d'ignorer les colères, d'ignorer les souffrances, cette façon d'ignorer totalement la destruction de la planète, conduit à des mouvements de repli, à de la méfiance, à de la défiance, à la haine, et conduit à tous les populismes. Le libéralisme aujourd'hui est le marche-pied des populismes et des nationalistes. Mais quel culot François Hollande ! Il est quand même incroyable ce type. Il a gouverné le pays pendant 5 ans.

Il laisse son parti politique en vrac totalement. Alors qu'il est arrivé, il avait tous les pouvoirs. Et comme ça, il continue à donner la leçon à tout le monde. Je le trouve d'un incroyable culot.

5:48
Invité

Quand vous dites que le libéralisme est le marche-pied du nationalisme et de la montée extra-droite, ça veut dire qu'Emmanuel Macron est le marche-pied de l'ascension de Marine Le Pen à vos yeux ?

5:57
Yannick Jadot

Je dis que les politiques publiques qu'il défend sont des politiques publiques qui génèrent la défiance, qui génèrent le mal-être, qui génèrent les tensions dans l'ensemble de la société et que là, c'est la porte ouverte, effectivement, à tous les populismes. Mais regardez, y compris, certes, Emmanuel Macron fait du combat contre tous les nationalismes et l'extrême droite en Europe son grand combat. Mais au niveau européen, quel est le grand allié d'En Marche ? Il est revendiqué. C'est Ciudadanos, le parti espagnol, qui fait alliance avec l'extrême droite en Andalousie. Donc je crois qu'il y a un jeu entre moi ou le chaos qui, finalement, c'est moi.

Et si je continue comme ça, ce sera le chaos. Et c'est pour ça qu'il est si important pour les écologistes de changer le paysage politique européen, de changer les politiques publiques européennes. Il nous faut sauver l'Europe pour sauver le climat. Et ce sera la meilleure des manières de réconcilier les Français entre eux, de réconcilier les Européens entre eux, de faire baisser les tensions dans notre société et, au-delà de ça, de nous réconcilier avec l'avenir. Parce que protéger l'environnement, c'est toujours se réconcilier avec l'avenir.

7:13
Présentateur

Et on va en parler dans quelques instants, si vous voulez bien. Yannick Jadot, le temps des titres de l'actualité à 9h moins 20, c'est Lauriane Delanoë. 4 morts et 15 personnes hospitalisées la nuit dernière à la suite d'une probable intoxication alimentaire. Des résidents d'une maison de retraite à Lerme, en Haute-Garonne. Des vins d'investigation en cours pour déterminer l'origine. Une opération escargot ce matin sur le périphérique parisien. Mobilisation des moniteurs d'auto-école qui veulent se faire entendre contre la réforme du permis de conduire. Elle était jusque-là conseillère presse d'Emmanuel Macron.

Sibeth Ndiaye prendra son poste de porte-parole du gouvernement dans une vingtaine de minutes. Passation de pouvoir à venir avec Benjamin Griveaux. Sibeth Ndiaye, l'une des trois fidèles du président qui reçoit un portefeuille ministériel. Elle a beaucoup de qualité personnelle, affirme sur France Info, Gaspard Ganser, ancien conseiller de François Hollande et candidat à la mairie de Paris. L'électricité rationnée pour 30 jours au Venezuela. Un plan annoncé hier soir par Nicolas Maduro face aux vastes coupures de courants. Le président contesté parle une fois de plus de sabotage.

Les 101 titres de Roger Federer, le joueur de tennis suisse, a survolé hier soir la finale du Master 1000 de Miami face à l'américain de Janisner. Yannick Jadot, on parlait de la responsabilité, selon vous, du libéralisme et d'Emmanuel Macron dans la montée des extrêmes en France et en Europe. Est-ce que vous, vous n'avez pas aussi votre part là-dedans, dans la division de la gauche aujourd'hui ? Est-ce que ce n'est pas un boulevard que vous offrez à Marine Le Pen ?

8:41
Yannick Jadot

Certainement pas, bien au contraire. Je crois que si on veut réconcilier les Européens avec l'Europe, si on veut les réconcilier avec un grand dessin, un grand projet partagé... On fait cinq listes aux Européens. ...qui créent, qui relocalisent l'économie, qui créent des emplois de qualité sur tous nos territoires, dans tous nos terroirs. Si on veut refaire, de changer l'économie, le social, la démocratie, il faut de la cohérence et de la clarté. La clarté dans les cinq listes.

9:10
Présentateur

Les émetteurs de gauche, Yannick Jadot, qui auront le choix entre cinq listes le 26 mai prochain. Eh bien, j'espère qu'ils choisiront la cohérence et la clarté. Avec dans les sondages, le Rassemblement National et la République En Marche largement en tête.

9:20
Yannick Jadot

Mais j'entends depuis des mois et des mois cette question où on me dit, fais une union de façade à Paris, peu importe les votes au Parlement européen, peu importe les groupes au Parlement européen, peu importe la sincérité et la conviction des uns et des autres. Eh bien, moi, ça ne m'intéresse pas. Vous votez écologiste le 26 mai, vous avez un député vert qui ségera au groupe vert, qui est au cœur de toutes les avancées sur l'environnement. Vous votez la République En Marche,

9:44
Présentateur

vous avez un Pascal Canfin, numéro 2, qui ira siéger avec des chasseurs,

9:49
Yannick Jadot

et qui ira siéger avec des gens qui sont proglyphosates, et qui ira siéger avec des gens qui défendent tous les accords de libre-échange, qui ira siéger avec tous ceux qui nous combattent. Mais il est dans une liste qui n'est pas écolo. Macron, depuis deux ans, c'est le en même temps. En même temps la chasse, en même temps les anti-chasses, en même temps les pro-glyphosates, en même temps les anti-glyphosates. Eh bien, vous savez, j'étais aux Antilles il y a une semaine, en Martinique, en Guadeloupe. C'est un traumatisme, la chlordécone, sur ces deux îles. Un traumatisme absolu. C'est un traumatisme sur la santé, sur toutes les activités économiques.

Et c'est ce président-là qui a dit qu'il n'avait pas de lien entre la chlordécone et les cancers. Eh bien, moi, j'ai pas envie de... Je trouve ça triste que des écologistes qui ont combattu contre le glyphosate, contre les accords de libre-échange, contre la souffrance animale, aillent dans une liste

10:43
Invité

qui en fait le cœur des politiques. Et précisément, Pascal Canfin, que vous citiez, qui est numéro 2 sur la liste de l'Intaille-L'Oiseau, il a expliqué pourquoi est-ce qu'il était sur cette liste. C'était samedi, lors du premier meeting de la liste La République En Marche, à Aubervilliers. On va construire un projet et porter ce projet. Et je veux le dire aux agricultrices et aux agriculteurs de France, on va le faire ensemble. Parce qu'on veut sortir de la guerre culturelle toxique et stérile entre les écologistes et les agriculteurs. Pour vous, défendre l'environnement, c'est forcément faire la guerre aux agriculteurs ? Ah non, bien contraire. Vous êtes d'accord, alors ?

Vous êtes d'accord avec Pascal Canfin ?

11:16
Yannick Jadot

Oui, sauf que lui, il fait alliance avec tous ceux qui bloquent la sortie des pesticides. Moi, mon sujet, quand je travaille avec les paysans, c'est pour les accompagner dans la sortie des pesticides. C'est de défendre les agriculteurs bio aujourd'hui qui ne touchent pas leurs aides de l'État, de ce gouvernement. Quand je travaille à la réforme de la politique agricole commune, c'est justement pour sortir du modèle agricole qui est défendu par le numéro 4 de cette liste. C'est le même objectif qu'affiche le gouvernement, la sortie du glyphosate et l'accompagnement des agriculteurs pour leur trouver des solutions de substitution. Ils affichent plein d'objectifs.

Ils veulent lutter contre le dérèglement climatique. Ils veulent lutter contre les pesticides. Mais, vous le savez, ils n'ont pas inscrit la sortie du glyphosate dans la loi. Madame Buzyn, ministre de la Santé, refuse de mettre en place le fonds d'indemnisation des victimes des pesticides parce qu'elle considère qu'il n'y a pas de lien entre les pesticides et les maladies. C'est ce gouvernement cynisme criminel qui a autorisé, a prolongé l'autorisation de production de pesticides sur nos territoires qu'on interdit chez nous tellement ils sont dangereux. Et bien, ce cynisme-là, je le laisse à Pascal Canfin.

Les écologistes, c'est la cohérence, c'est la clarté, c'est le combat contre les pesticides de manière déterminée

12:29
Invité

et non pas avec les lobbies. Pourquoi est-ce que, lorsque Nicolas Hulot a quitté le gouvernement, Danny Cohn-Bendit avait soufflé le nom de Pascal Canfin pour lui succéder au ministère ?

12:37
Yannick Jadot

Écoutez, vous demandez à Danny Cohn-Bendit. La seule réalité que vous venez de mentionner, la réalité la plus forte, c'est le départ de Nicolas Hulot. Alors moi, je veux bien qu'il y ait d'autres écologistes qui se sentent plus populaires, plus forts, plus armés que Nicolas Hulot pour transformer ce gouvernement et transformer le président de la République. mais la sortie, la démission fracassante de Nicolas Hulot puis de Mathieu Orfelin, c'est l'idée que... C'est une trahison

13:03
Invité

qu'a opéré Pascal Canfin en jouant cette liste. Il a trahi la cause environnement. Je m'en fous des termes.

13:08
Yannick Jadot

Il fait ce qu'il veut Pascal Canfin. Vous l'avez traité de cynique à l'instant. Il fait ce qu'il veut Pascal Canfin. Simplement, je trouve très triste qu'un écologiste aille rejoindre une liste qui va être le en même temps, qui va être le fourre-tout, qui est un casting. Vous vous souvenez de la présentation de cette liste ? Ces journées qui viennent aussi du cabinet, ils n'arrivaient même pas à dire un nom correctement de sa liste tellement ils ne se connaissent pas. On ne fait pas, on ne gagne pas au Parlement européen avec une troupe de théâtre. On ne gagne pas avec un casting. On gagne avec une équipe de combat. Moi, je suis très fier de l'équipe de combat que je mène.

Vous avez des paysans, mais pas des paysans qui défendent le glyphosate, des paysans qui en sont sortis. J'ai Gruffa, l'ancien président du réseau des Biocop, et l'alimentation, pour toutes et tous, une alimentation de qualité. J'ai des patrons d'entreprises, j'ai des acteurs de la société civile, de l'action sociale, de l'insertion sociale, de la lutte contre les discriminations. C'est comme ça qu'on construit une liste, une équipe de combat. On ne fait pas un casting pour les médias. Vous êtes plus écologiste

14:06
Présentateur

que toutes les autres listes, y compris, pardon du revenir à ça, de Benoît Hamon qui dit qu'il n'y a pas de monopole sur l'écologie. La France Insoumise dit la même chose. Manon Aubry était à votre place il y a quelques jours.

14:15
Yannick Jadot

Elle tient le même discours que vous. Je rêve que tout le monde soit écolo. Moi, je veux transformer l'ensemble de la société française et de la société européenne dans l'écologie. Je veux offrir une perspective

14:28
Présentateur

par exemple à la France Insoumise. Est-ce qu'il y a des points communs avec eux sur l'écologie ?

14:32
Yannick Jadot

Mais la France Insoumise, ils veulent casser l'Union Européenne. Moi, je pense que l'Union Européenne est l'échelon indispensable pour sauver le climat. Pourquoi je me bats autant pour l'Union Européenne ? Vous pensez qu'on va sauver les océans, qu'on va sauver la biodiversité, les abeilles, le climat retranché derrière des frontières ? Je ne crois pas une seconde à cette illusion. Moi, j'ai envie que nos jeunes, regardez la jeunesse britannique qui va subir le Brexit. Moi, j'ai envie d'offrir le monde à notre jeunesse. J'ai envie de leur offrir la protection du vivant. Et pour ça, on a besoin de l'Europe. Et en ça, si vous voulez, nous sommes cohérents. Vous me parlez des socialistes.

15:09
Invité

Ça vous fait plaisir, au fond, de voir les autres lits se réclamer des écologues ? Ça vous fait plaisir ? J'adore ! Ça a l'air de vous fixer, de vous fâcher.

15:16
Yannick Jadot

Je suis heureux ! Vous adorez, mais ça complique un tout petit peu votre campagne. Mais non, au contraire ! Tout le monde parle d'écologie. Non, tout le monde parle d'écologie. La question, c'est ceux qui la font. Parce que vous mettez un bulletin socialiste. J'ai parlé du bulletin vert. Vous mettez un bulletin socialiste. Le Parti socialiste français a, avec les autres partis socialistes européens, désigné un candidat pour les représenter tous dans la campagne européenne. C'est Franz Timmermans. Il est pour le glyphosate. Il est pour les accords de libre-échange. Il est pour le dumping fiscal. La seule chose que je revendique, c'est pas l'antériorité. On s'en fout de l'antériorité.

Moi, ça fait 30 ans. Je n'ai pas varié. Mais on s'en fout de l'antériorité. Il y en a rien que vous n'avez pas cité.

15:55
Présentateur

C'est la cohérence et la clarté. Il y en a rien que vous n'avez pas cité, Yannick Jadot, c'est Benoît Hamon. Là, il y a des alliances possibles. Vous dites que le PS, ce n'est pas des vrais écolos. La France insoumise, on ne fait pas ça.

16:04
Yannick Jadot

Il y a déjà six mois, vous me jettiez là-dessus. Je vous dis simplement. Vous préférez deux listes à 5% plutôt qu'une à 10 soit 15. Je vous fais au pari. On reviendra. Et vous verrez le score. Vous verrez le score qu'on fera à cette élection européenne. On fera un très beau score. Parce que justement, il y a une attente. Dans l'électorat, j'ai toujours dit qu'on fera un retour à nos meilleurs scores autour de 15%. Cohn-Mannit avait fait 16% il y a 10 ans. Vous verrez qu'on sera dans cette jauge-là. Sans lui. Parce que, eh ben oui, sans lui. Vous souhaiteriez qu'il vous soutienne, Danny Cohn-Mannit ? Mais il soutient Macron. Qu'est-ce que je voulais dire ? Il s'est entiché d'Emmanuel Macron.

16:43
Présentateur

Qu'est-ce qu'ils ont tous avec Emmanuel Macron, vos anciens amis ?

16:46
Yannick Jadot

Pascal Corfin, Pascal Durand, Daniel Cohn-Médit, qu'est-ce qu'il a ? Écoutez, moi, moi, j'ai pas varié. Qu'est-ce qu'il a que vous n'avez pas ? On me dit en permanence, voilà, moi je sais ce que j'obtiens dans le groupe des Verts au Parlement européen sur les énergies renouvelables, sur la pêche électrique, sur l'huile de palme, sur les perturbateurs endocriniens, sur le diesel. Je sais ce que j'obtiens là où je suis. Que ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron m'expliquent qu'est-ce qu'ils ont gagné sur la démocratie, sur l'écologie depuis deux ans ?

17:16
Présentateur

Yannick Jadot, restez avec nous. Rien. Si vous le voulez bien, dans une minute, on poursuit cet entretien. C'est Lauriane Delanoë. Pour le rappel de l'actualité, il est 9h moins 10. La préfecture de Haute-Garonne ouvre une cellule médico-psychologique pour accompagner les familles. 4 personnes âgées mortes dans la nuit dans une maison de retraite de Lerme au sud-ouest de Toulouse. 15 autres hospitalisés, sans doute une intoxication alimentaire. Une autopsie prévue aujourd'hui sur le corps d'Ange d'Ibénécha. Cet homme de 31 ans mort, avant-hier dans un hôpital parisien, après un contrôle routier, il aurait ingéré de la cocaïne, d'après nos informations France Info.

Trois nouvelles têtes, trois fidèles du président à la table du conseil des ministres. Dès ce matin, Sibeth Ndiaye, Amélie de Montchalin et Cédric O entrent au gouvernement après le remaniement annoncé hier soir. Des travailleurs exposés à trop de pollution dans l'air, trop de poussière dans les transports. La CFDT va attaquer l'État en justice. C'est une info France Info. Le syndicat s'apprête à déposer un recours pour faire revoir les normes d'exposition dans les gares, les métros et les tunnels. France Info. Yannick Jadot, tête de liste Europe Écologie. Les Verts aux Européennes du 26 mai prochain est l'invité de France Info, Renaud Delis.

18:26
Invité

Parmi vos projets, vos propositions pour les européennes, Yannick Jadot, vous proposez une banque européenne du climat comme La République En Marche qui a le même projet pour financer des investissements Vous allez finir par l'agacer, Renaud Delis.

18:36
Yannick Jadot

Non, mais qu'il reprenne nos slogans, qu'il reprenne un certain nombre d'idées et que le président de la République renvoie au niveau européen ce qu'il n'a pas de courage de faire au niveau français sur le climat, les pesticides. Il faut quand même savoir que... Mais vous avez la même proposition. Vous avez la même proposition. Il ne renvoie pas à nous. Je vais vous répondre. Les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse dans notre pays. Ce gouvernement a reporté à 2022-2023 les efforts en matière de climat. Donc, nous, on propose effectivement depuis longtemps un grand plan d'investissement européen sur les énergies renouvelables.

La BCE sort des centaines de milliards d'euros par an pour sauver les banques, pour alimenter une bulle financière et bancaire qui n'alimente plus l'économie réelle. Nous, on veut que cet argent-là, notamment, aille sur la transition énergétique. L'isolation de nos logements, c'est lutter contre la vie chère des Européens et contre la précarité énergétique. Investir dans les énergies renouvelables, c'est préférer l'eau, le soleil, la géothermie, la biomasse à Poutine, à Trump, aux pétro-dictatures du Golfe. C'est ça qu'on veut faire. Et avec ce travail-là, y compris, on crée, vous savez à quel point on attache protection environnementale et protection sociale.

Pas un salarié au bord de la route. Et nous proposons aussi la création du revenu de transition écologique. Damien Carême, qui est numéro 3 sur notre liste, là vient de l'installer à grande cinte. C'est-à-dire qu'on accompagne les salariés, les porteurs de projets dans les projets écolo. Comme les agriculteurs, pour devenir bio, pour sortir des pesticides, ils ont besoin d'un revenu de transition.

20:12
Présentateur

C'est le revenu de transition écologique. Il y a une autre proposition dans votre programme, Yannick Jadot, c'est le protectionnisme vert. Alors expliquez-nous en quoi ça consiste.

20:19
Yannick Jadot

Eh bien, à partir du moment où l'Europe fait des efforts en matière de lutte contre le dérèglement climatique, on ne veut pas que nos entreprises partent à l'étranger. Comme ils ont fait parfois sur la question sociale, en allant chercher des coûts de la main d'œuvre plus faibles, notamment en Asie, on ne veut pas que ça arrive au niveau du carbone. Donc, les produits issus de pays qui ne font pas d'efforts en matière de climat seront taxés aux frontières de l'Union européenne.

20:44
Présentateur

Ce qui suppose déjà taxer par exemple les Etats-Unis. Bien sûr. En premier. Donc, on taxe tous les produits qui viennent des Etats-Unis. Bien sûr. Tous les produits qui viennent de la Chine aussi. C'est une réflexion qui est très avancée. Tous les produits qui viennent de la Chine aussi.

20:55
Yannick Jadot

Et au niveau chinois, je ne veux pas simplement qu'on taxe sur le carbone. Je veux aussi qu'on interdise les produits issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale. Il faut protéger nos salariés. Quel pays, par exemple ? Ici, on parle de la Chine. On peut tout à fait imaginer qu'en cinq ans, nous disions pour protéger nos salariés ici mais pour pousser à ce que les salariés partout aient des droits que les produits issus de pays qui ne respectent pas

21:21
Présentateur

la liberté syndicale ne puissent plus entrer sur le marché européen. Par exemple, vous allez expliquer aux Français que pendant cinq ans, il n'est plus question d'acheter un iPhone qui est fabriqué en Chine. Vous pensez réellement

21:32
Yannick Jadot

que la Chine va se priver du marché européen si je mets en place plus facilement que nous dans l'autre sens. Je peux vous dire que non. On peut se passer tous les produits chinois. Mais non, ce n'est pas comme ça que ça va se passer. à partir du moment où première puissance commerciale du monde, première puissance économique du monde, nous mettons en place un certain nombre de règles, je peux vous dire que les pays vont l'adopter. Regardez sur la protection des données personnelles. Les écologistes ont gagné la bataille de la protection des données personnelles au niveau européen. Le monde entier s'aligne sur l'Europe

22:02
Invité

aujourd'hui. Comment vous allez gérer les mesures de rétorsion ? Si vous taxez les produits chinois ou les produits américains, en retour, les Américains et les Chinois vont taxer les produits européens et donc les produits français. Il faut le faire sur une base

22:12
Yannick Jadot

qui ne discrimine. La question, ce n'est pas de discriminer la Chine, c'est de discriminer les pays qui ne font pas d'efforts sur le climat. Est-ce qu'on peut à un moment donné considérer que... Est-ce que vous n'allez pas menacer les salariés français si la Chine t'allez les produits français ? Au contraire, moi je me bats depuis des années au Parlement européen comme au niveau européen pour qu'on ait une politique industrielle, pour qu'on favorise nos entreprises, qu'on favorise nos emplois sur toute cette transition écologique.

Est-ce qu'à un moment donné cette mondialisation libérale qui pollue deux fois trop, qui détruit deux fois trop de ressources, qui maltraite les femmes et les hommes, est-ce que cette mondialisation libérale, on peut la faire rentrer dans une boîte qui est la protection de l'environnement, qui est la protection des salariés, qui est la démocratie. C'est ça que veulent les écologistes. C'est redonner du sens à l'économie, redonner du sens aux entreprises qu'elles aient une production de biens, de services qui protègent l'environnement, qui respectent les salariés, qui les fassent s'épanouir plutôt qu'avoir un système qui abîme tout le monde

23:16
Invité

et particulièrement

23:17
Yannick Jadot

la planète. Dernière question,

23:18
Invité

Renaud Delis. Parmi les réformes en cours lancées par le gouvernement, il y a la réforme des retraites et le passage à une retraite par points. Il y a un débat qui commence à poindre. On a vu au sein du gouvernement, au sein de la majorité, l'hypothèse de repousser l'âge légal de départ. Ça a été écarté aujourd'hui par le gouvernement. D'autres, comme Xavier Bertrand notamment, le réclament. Est-ce qu'il faut repousser, Yannick Jadot, l'âge de départ en retraite ? Non, c'est totalement absurde.

23:39
Yannick Jadot

Un, quand vous regardez sérieusement les scénarii qui sont faits sur le retraite, on n'a pas de problème de financement de vie plafonnée. Mais on a un problème de dépendance à financer dans les allées qui viennent. Non, mais ça, ce n'est pas pareil. Excusez-moi, vous mélangez deux sujets. Là, vraiment, vous mélangez deux sujets. C'est ce qu'a fait le gouvernement en voulant mélanger les deux sujets. C'est une faute politique. Deuxièmement, vous avez un retraité sur deux qui, en fait, liquide sa retraite, n'est plus en activité. Il est soit sur l'assurance maladie, soit sur l'assurance chômage.

Donc, reporter l'âge de la retraite, c'est créer plus de problèmes et d'inactivité pour les seignants. Vous savez qu'on a trois fois plus de seignants au chômage depuis 2008. Tous nos partenaires européens,

24:29
Invité

l'âge légal, est à 65 ans

24:30
Yannick Jadot

dans quasiment toute l'Europe. Regardez le débat qu'il y a en Allemagne sur les retraites. Ils sont en train de totalement rectifier le tir sur les retraites en Allemagne parce qu'il y a un niveau de pauvreté des retraités en Allemagne qui est en train de s'installer parce qu'ils ont été beaucoup trop... Et vous avez raison, le système démographique n'est pas le même. Mais ne faisons pas ne donnons pas l'illusion qu'on va travailler plus longtemps quand la plupart de ceux qui déjà à 62 ans prennent leur retraite ne travaillent plus. Merci à vous Yannick Zadou. Merci infiniment.

Yannick Jadot fustige le "culot" de François Hollande qui "continue à donner la leçon à tout le monde" — Yannick Jadot · Pourquijevote