Edwige Diaz : "Pour sortir la France de l'enlisement, il faut redonner la parole au peuple !" (LCI)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 54 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est en train de se passer ? Le Premier ministre consulte-t-il pour un accord de majorité ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est possible ? Un accord ? Des ministres ? Quel pronostic ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Le Premier ministre a quitté son ministère pour l'Élysée. Que s'est-il passé ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Certains disent que c'est une provocation. Qu'en pensez-vous ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Est-ce que la nomination d'un proche vous heurte ou est-ce son plein droit ?
- 7:33RelanceRéponse directe
Pourquoi devrait-il s'empêcher de nommer un proche ? Il est élu, il a le droit.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:55InvitéFait
« Les socialistes de 2025 ne sont résolument pas les socialistes de votre époque. »
- 38:21Invité politiqueFait
« 5 premiers ministres depuis 2022, ça ne s'appelle pas de la stabilité. »
- 38:35Invité politiqueFait
« En période électorale, Emmanuel Macron dit, nous allons exonérer les entreprises de CVAE. Et puis après, en 2023-2024, il dit, ah, mais ça va être que la moitié maintenant, l'autre moitié plus tard. »
- 38:47Invité politiqueFait
« le plus tard s'est transformé en un vraiment beaucoup plus tard, puisque finalement, c'est reporté à 2027 ou 2030. »
- 40:49InvitéChiffre
« les 500 premières fortunes de ce pays occupent désormais 44% du PIB, c'était 20% à l'arrivée de Macron. »
- 41:05InvitéFait
« cet été dans l'Aude, ça a brûlé et tout le monde voit bien qu'il y a une situation qui est aussi due au réchauffement climatique. »
- 41:17InvitéFait
« sous la Ve République, la durée des gouvernements, c'était 6 mois. »
- 45:22InvitéFait
« ce vote de confiance, ça ressemblait à un suicide organisé. »
- 47:29Invité politiqueFait
« nous souhaitons en fait taxer tout ce qui relève de la spéculation, c'est-à-dire les super profits, les surdividendes, toute cette rente-là. »
Temps de parole
- Présentateur18 %
- Edwige Diaz17 %
- Invité16 %
- Invité 211 %
- Invité 310 %
- Invité 410 %
- Invité 58 %
- Invité 68 %
≈ 2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous savez, je suis élue en Giron, un département qui est géré par un socialiste et dans une région de la Nouvelle-Lectaine qui est aussi présidée par un socialiste. Donc je sais ce que ça donne les socialistes quand ils sont à la manœuvre, mais en même temps cette situation ne me surprend pas parce qu'Emmanuel Macron en fait cherche des alliés, donc il appelle les socialistes à la rescousse. C'est d'une part la démonstration de sa fébrilité, mais aussi pourquoi il cible les socialistes ? Eh bien parce qu'il sait que les socialistes sont fragilisés.
Il y a une rupture qui s'est opérée au sein du nouveau Front populaire et donc si demain il y avait une dissolution de l'Assemblée nationale parmi les grands perdants, qui est-ce qu'on trouverait ? On trouverait bien évidemment les socialistes qui seraient victimes de l'éparpillement des voix de gauche puisque vraisemblablement la France insoumise, voilà, ils sont quand même en bisbille.
Ça c'est pas si vrai que ça et en réalité ça fait partie des erreurs d'analyse à mon avis que commet l'Elysée et que commet en particulier Emmanuel Macron. C'est qu'à ma grande surprise, moi le premier, quand on a vu les sondages, notamment le sondage d'hier soir IFOP pour LCI, on a vu une résistance un peu inexplicable d'ailleurs du parti socialiste, y compris en cas de candidature séparée de la gauche avec des insoumis qui feraient bande à part. C'est la raison pour laquelle à mon avis les socialistes ayant ces sondages à l'esprit vont monter les enchères très haut dès lors qu'ils se rendront pour négocier la non-censure de Sébastien Lecornu.
Donc de ce point de vue-là, les socialistes sont peut-être un peu moins fragilisés que vous le dites, quand bien même ce ne sont que des sondages.
Et en plus, ils le sont quand même indéniablement, et puis, enfin, je veux dire, ils se précipiteraient pas au service d'Emmanuel Macron s'ils étaient sûrs d'eux, s'ils étaient sûrs de remporter les élections la prochaine fois, bien qu'évidemment, en tant que l'élection n'a pas eu lieu, on ne peut rien affirmer. Mais en tout cas, c'est vrai que...
Ceux qui sont sûrs de remporter les élections, il leur est arrivé d'être relativement déçus.
Bah oui, je sais très bien, oui, voilà.
Qu'est-ce qui est en train de se passer ? Qu'on comprenne bien, le Premier ministre est en train de consulter. Qu'est-ce qu'il est en train de faire ? C'est un accord de majorité, un accord de coalition ? Il est en train de négocier un programme ? Qu'est-ce qu'il est en train de faire ?
Bah écoutez, en ce qui me concerne, je vais parler au nom des chefs d'entreprise que je représente, parce que derrière tout ça, il y a une crise politique, on est en plein dedans, mais il y a une crise économique. Et là, ce qui est très inquiétant, c'est quand vous venez de dire, et pardon monsieur Le Gouen, mais que Emmanuel Macron va se tourner vers les socialistes. Dans l'absolu, ne faisons pas de la politique politicienne, pourquoi pas les socialistes ? Mais quels socialistes ?
Les sociodémocrates qui, à la fin du quinquennat Hollande, ont fait les lois El Khomri que finalement Macron a poursuivies, où les socialistes, elle est fisée, qui viennent de sortir un projet qui, pardon, va faire hurler tous les acteurs économiques, parce qu'il n'y a pas de baisse de la dépense publique, parce qu'il y a encore des impôts sur les entreprises, sur les salariés, sur les riches, ce qu'on appelle les riches dans notre pays. Et là, ça nous fait peur, parce qu'on ne sait plus, moi j'ai quand même le sentiment...
Je vais vous présenter un point très important, c'est que les 66 socialistes, effectivement, qui peuplent le groupe dirigé par Boris Vallaud, les socialistes de 2025, ne sont résolument pas les socialistes de votre époque, Jean-Marie Le Gouen. Il suffit pour s'en convaincre de voir, effectivement, la politique budgétaire.
J'aimerais vraiment vous entendre sur le résultat de ça, pardon, le résultat de ça. Qu'est-ce qui est possible ? C'est-à-dire, est-ce qu'il va y avoir un accord ? Sur quoi ? Est-ce qu'il va y avoir des ministres ? C'est quoi ? Quel est votre pronostic, Guillaume ?
Moi, je pense qu'il ne peut pas y avoir un accord avec à la fois le Parti Socialiste et les Républicains. C'est-à-dire que cette espèce de gaudille-là qu'on nous prévoit peut-être, je pense que ça ne tiendra pas. Il y a déjà eu un coup de semence qui a été envoyé par une partie non négligeable de ceux qu'il reste de députés de la droite gouvernementale qui ont refusé d'accorder leur confiance à François Bayrou et qui se sont abstenus. Le message, ça voulait dire, vous êtes déjà allé trop loin, donc en matière de concessions sur le budget, il ne faut pas faire plus. Je pense qu'il va y avoir un sujet de lisibilité.
Alors, ce que peut faire Sébastien Lecornu, simplement, c'est effectivement rouler dans la farine les socialistes une fois de plus. Comme avait fait François Bayrou en disant, bon alors on va discuter sur la traite, vous allez voir, entre gens de bonne volonté, on va pouvoir s'entendre. Évidemment, ça n'a pas marché. Donc, la question c'est de savoir, si on refait ça, moi ça ne me dérange pas. Ou si on dit, on va sauver quelques postes au ministère de l'Éducation nationale. Après tout, on n'est plus à ça près, il y en a déjà tellement. Mais on ne peut pas, à mon avis, faire un pacte qui satisfasse à la fois les socialistes et les LR.
Guillaume Roquette, aidez-nous, s'il vous plaît, vous sur ce plateau, à comprendre les images qu'on va voir maintenant. C'est-à-dire qu'on a vraiment beaucoup d'informations de TF1 et de l'ECI sur ce qui est en train de se passer, ce qui s'est passé. Le Premier ministre a quitté sans doute son ministère. Il a traversé la scène, on l'a vu, il a traversé la scène, se diriger à l'Élysée, arriver, comme on le voit ici sur ces images, à l'Élysée. Et il s'est entretenu avec le président de la République. Simultanément, on apprenait par vous, Antoine, que le président de la République a appelé les socialistes pour, disons, les traiter aussi bien que possible.
Et à l'heure où nous parlons, déjà des consultations sont à l'œuvre, en particulier avec la gauche. Mais pas seulement, puisqu'il faut tenir à la fois la gauche et les LR. C'est ça qui est en train de se passer, Guillaume.
Oui, mais effectivement, ça va être l'objectif de Sébastien Lecornu. Et comme c'est probablement l'un des plus habiles parmi les ministres d'Emmanuel Macron, si quelqu'un peut y arriver, c'est lui. Mais je pense que... Vous disiez à peu près la même chose de François Bayrou. Exactement. Sauf qu'il y avait chez François Bayrou une espèce de raideur qui fait qu'il considérait qu'à son âge et avec son expérience, il n'a quand même pas sa baissée à aller discuter avec tout le monde.
L'aspect provocation. Certains disent que c'est une provocation. On disait, rappelez-vous, il y a encore quelques heures, Gabriel Attal disait, il faut que le Premier ministre partage le pouvoir. Là, il ne partage pas le pouvoir. Il nomme quelqu'un qui lui est très proche. C'est son plein droit. La Constitution le lui autorise. Mais quoi dire à ceux qui diront, attendez, c'est une provocation ?
Je pense que c'est une absence de sens, d'une part par rapport au pays, et c'est une absence aussi de signal en direction des socialistes. Écartons dans notre vocabulaire, écartons l'idée, et ça serait de la folie si je ne sais pas si l'Élysée essaye de le faire en ce moment, l'idée de coalition. Ça n'a aucun sens. Je suis d'accord avec Guillaume Roquet là-dessus, ça ne peut pas fonctionner dans l'état actuel de ce qu'est notre pays et de ses mœurs politiques qui refusent les compromis. Donc ça n'a pas de sens.
Le problème est de savoir si on peut faire adopter un budget dans des conditions à définir, où il n'y aura pas de soutien et le Parti Socialiste restera dans l'opposition, mais il préférera montrer son opposition et non pas censurer en mêlant ses voix à LFI et au Rassemblement National.
Mais s'il vous plaît, pardon, sur le fait de nommer un proche, et le vigilière, j'aimerais aussi votre avis là-dessus, est-ce que ça vous heurte ou est-ce que vous considérez que c'est son plein droit ?
En fait, c'est son droit, mais moi je pense surtout qu'Emmanuel Macron essaye, une fois encore, de gagner un petit peu de temps en ne procédant pas à la dissolution de l'Assemblée Nationale, qui nous semble être à nous, au Rassemblement National, la seule issue possible, puisque là, en fait, on est dans un pays qui est absolument paralysé. Et donc, pour le sortir de l'enlisement, moi j'estime que c'est sain en démocratie de redonner la parole au peuple. Donc, en fait, Emmanuel Macron, moi je pense très sincèrement qu'il fragilise nos institutions, qu'il méprise la démocratie, et même qu'il désacralise sa fonction. Donc là, en nommant M.
Lecornu, je veux dire, je n'ai pas d'animosité à son égard, je me dis juste, je pense qu'il ne changera pas de politique. Je souhaite qu'il change de politique, je souhaite qu'il prenne en considération les 11 millions d'électeurs du Rassemblement National, qu'il écoute le premier groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale, mais hélas, je ne me fais assez peu d'illusions.
Mais pourquoi devrait-il s'empêcher ? Il est élu, il a été réélu, il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée. Quitte à ce qu'elle choisisse un Premier ministre, autant qu'il choisisse le Premier ministre de son camp. Pourquoi il y a cherché l'opposant ?
Je ne comprends pas, parce que là, on voit bien, c'est pour des raisons, j'allais dire, de confort. Il avait des relations un peu difficiles avec Barnier, des relations un peu difficiles avec Bréau. De politique, pourquoi de confort ? C'est quand même le chouchou, Sébastien Lecornu. Voilà, de confort dans les relations. Je pense que le pays n'a pas besoin de ça. Je pense que le pays a besoin d'abord qu'on lui donne du sens à ce qui se passe en ce moment, y compris dans le contexte international. Et le pays a besoin de quelqu'un qui cherche un compromis. Mais attendez, attendez, ça veut dire quoi, Jean-Marie ?
Ça veut dire quoi ? Il aurait fallu qu'il aille choisir un opposant ? Pourquoi il l'aurait fait ?
Mais personne ne lui proposait un opposant. Il y avait d'autres solutions. Le ministre Lombard, on le sait, était un signal qui était plutôt envoyé à la gauche. Xavier Bertrand, qui est quelqu'un qui est chez LR, ça aurait été un signal clair du fait qu'il voulait mener le combat contre le Rassemblement National, ce qui a du sens politique. Là, il n'y a pas de sens politique, si ce n'est la présence de M. Lecornu, qui est sans doute un habile négociateur. Mais ça ne parle pas au pays. Ça me rappelle quand François Mitterrand avait nommé Laurent Fabius, certains avaient dit qu'il s'est nommé lui-même à Matignon. Et on est un peu dans cette tendance-là.
Moi, je n'ai rien contre Sébastien Lecornu, que je connais bien et qui, par ailleurs, est quelqu'un de qualité. Mais la réalité, c'est qu'il y a une attente d'un projet politique. Donc le casting n'est pas très important, puisque l'important, c'est quelle feuille de route ? Et je vous assure que les acteurs économiques attendent ardemment de savoir quelle va être la feuille de route. Mais c'est vrai que ça donne quand même un signal, et ça, je pense que ça amuse probablement le chef de l'État, de dire « J'ai le pouvoir de nommer qui je veux, je prends mon plus proche. » Et c'est vrai que c'est facile pour les oppositions de dire « A priori, c'est pour faire la même politique.
» C'est vrai que c'est facile et tentant. C'est vrai qu'il faut reconnaître à Emmanuel Macron qu'il a de la suite dans les idées. Parce qu'en fait, il a pris une nouvelle fois un Premier ministre selon son cœur, et quelqu'un, on va dire de centre, plutôt centre-droit. Et finalement, on en revient presque à 2017 et à Édouard Philippe. Et peut-être qu'il y a là un geste, finalement, qui est celui d'un président de la Ve République, qui considère qu'il a sa légitimité propre, parce qu'en 2022, les Français l'ont réélu, et que donc il choisit qui il veut. Et après, c'est à l'Assemblée de se débrouiller. Je suis d'accord avec vous. On ne fait pas la biographie d'un roi.
On est dans une situation politique où le geste que fait le président de la République compte. La personne qu'il nomme est un geste. On voit bien que ce geste correspond à une certaine façon de faciliter pour lui en matière de travail. On peut le comprendre. Mais ça ne suffit pas pour parler au pays tel qu'il est aujourd'hui. On imagine que M. Lecornu a des qualités de négociateur. Et donc ça, c'est à un des sujets majeurs de l'époque. C'est trouver, effectivement, le moyen de faire passer un budget. Donc on imagine que...
Mais Jean-Marie, le socle existe, pardon. Vous faites comme s'il ne représentait que 14%. Le socle existe. Les LR, on l'entendait au tout début d'émission... Mais il n'y a pas de majorité, là. M. Louvrier, les LR, ils se félicitaient de la décision. Donc il n'y a pas que le cercle étroit. Les macronistes... Louvrier, LR, très macronisé. Non, mais les macronistes, c'est ça.
Rappelez que la moitié du groupe LR, ce qui est un problème, et qui devrait envoyer un signal à la gauche, la moitié du groupe LR n'a pas voté la confiance à Bayrou. Alors certains diront, c'est de la mauvaise humeur vis-à-vis de Bayrou ou vis-à-vis de Macron. Moi, je pense que c'est le début d'une scission au sein de LR, d'une scission, en tout cas, de l'affirmation au sein de LR, de gens qui s'apprêtent à gouverner avec le Rassemblement national. Donc on est dans cette circonstance-là. On a des circonstances géopolitiques, on a des circonstances politiques qui sont extrêmement puissantes.
Tout le monde sait que s'il y a une dissolution, ça sera probablement, madame, je ne vais pas anticiper des résultats, mais vraisemblablement, un risque très fort de victoire du Rassemblement national, y compris maintenant avec une partie de LR. Voilà, c'est ça la situation politique que doit affronter la gauche.
– Quel mels sur les LR divisés ?
– Les chiffres sont là, donc après, les raisons, en revanche, sont très variables. Il y en a qui jouent une partition, dans ceux qui n'ont pas soutenu. Vous avez un Aurélien Parnier, je rappelle que lui, il a abaissé l'âge de la retraite de 65 à 64 ans, ce qui, pour, je rejoins M. Roquette, pour une position LR est quand même un peu iconoclaste. Donc en fait, il n'y a pas que des raisons, vous disiez qu'ils allaient tous pactiser avec le Rassemblement national. Non, je pense qu'il y a des...
D'abord, je vais vous dire, je pense que les députés, c'est peut-être un peu le drame de la situation qui est la nôtre, c'est qu'ils écoutent les gens sur le terrain, et ils sentent bien qu'il y a un ras-le-bol du gouvernement, un ras-le-bol du président de la République. Donc ils sont aussi, ils sont déterminés, non pas pour pactiser demain avec un autre parti, mais pour éviter de se faire engueuler dans toutes leurs circonscriptions, où ils perdent de la légitimité, pensant en plus qu'il pourrait y avoir une dissolution, et que donc ils ne veulent pas se mettre, on soutient... La politique a des règles, comme la physique. On est tout à fait d'accord.
Et c'est bien ces règles qui guident les votes, mais pas que le fait de pactiser demain avec telle ou telle. Écoutez, parmi les LR, sans doute le plus... Pardon, si je puis me permettre, n'oublions pas que le PS a pactisé avec LFI. Donc le procès, si vous voulez, en député... Le problème, mais moi je ne fais aucun procès, madame. Je dis simplement que la partie des LR qui n'ont pas voté Bayrou, témoigne... Mais ils ne sont pas tous, je vous assure, en soutien du rassemblement national. Oui, aujourd'hui non, demain on verra. Je veux bien croire qu'individuellement, chacun a toujours ses pensées, mais il y a des logiques qui se mettent en place.
Ne pas assumer, comme vous le dites d'ailleurs, un certain nombre de positions traditionnelles de LR sur le libéralisme, ce qui devrait aller dans votre sens, témoigne bien d'une certaine forme d'attirance, d'une certaine droite pour une droite qui est plus à l'extra de l'or. Je déplore parce que les entreprises, elles attendent un vrai projet économique...
Mais c'est bien de ça dont il s'agit.
...que ni LR ne porte, ni le rassemblement national.
Écoutons, puisque vous parlez de LR, un des plus éminents d'entre eux, c'est Bruno Retailleau, qui tout à l'heure s'est exprimé, et c'est très intéressant, il ne dit pas encore qu'il va participer à ce gouvernement, il pose certaines conditions, mais enfin quand même, premier satisfait site à Sébastien Lecornu.
La question, ce n'est pas d'aller au gouvernement avec tel ou tel, la question, c'est pour savoir pour quoi faire, pour quelle politique. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que je crois que beaucoup de Français, beaucoup de Français veulent justement que l'État se serre la ceinture, veulent qu'il y ait une politique migratoire très ferme, veulent une politique de sécurité, d'autorité, et sur ces bases-là, on peut, je pense, vraiment construire une feuille de route, un vrai projet qui nous permettrait d'y travailler. Mais aujourd'hui, le travail doit commencer.
Chacun pose ses conditions, vous avez entendu Bruno Retailleau, sécurité, autorité, contrôle de l'immigration, et plus tard dans la soirée, il disait pas de hausse d'impôt, en tout cas, attention aux hausses d'impôt.
Oui, ce n'est pas un chèque en blanc, c'est-à-dire que la participation de Bruno Retailleau et des LR, elle va se monnayer, en fait, elle va évidemment se faire, mais ça ne se fera pas sans contrepartie. Je pense que la situation est complètement différente par rapport à il y a un an, où il y avait cette espèce de peur de voir arriver la gauche au pouvoir, et une gauche extrêmement radicalisée. Et donc, c'était tout sauf Lucie Castet. Et les responsables des LR, ils réfléchissaient pas trop, ils disaient, voilà, ce qu'il faut, c'est d'abord faire barrage, comme dirait l'autre.
Alors que là, Emmanuel Macron lui-même, en nommant Sébastien Lecornu, a en quelque sorte écarté ce risque, c'est-à-dire que c'est pas Olivier Faure qui est à Matignon aujourd'hui. Et de ce fait, ça met les Républicains dans une position de discuter, mais ce qui va être compliqué, c'est que Bruno Retailleau, lui, il pense à son avenir personnel. Est-ce que c'est une bonne idée d'être le ministre de l'Intérieur, de Sébastien Lecornu ? Ce qui est quand même sidérant, c'est qu'en réalité, on entend, dans la bouche de Bruno Retailleau, et c'est parfaitement normal, comme dans la bouche des socialistes, les mêmes mots qu'il y a neuf mois en réalité.
Une discussion exigeante, pas de chèque en blanc, et pour finir, on laisse sa chance au produit. Comment mieux avouer le fait, à travers cette expression de « on laisse sa chance au produit » d'ailleurs, très reprise par le Rassemblement national, qu'en réalité, in fine, Sébastien Lecornu, il sera censuré. In fine. Parce que l'extrait de 30 secondes de Bruno Retailleau suffit à vous démontrer l'incompatibilité, mais absolue, le fossé qu'il y a pour aller vous embarquer les socialistes derrière.
Laissez-moi prendre le contre-pied. Vous nous avez rejoint, Alexis Corbière. Je vous pose la question à vous, et à vous, Elvige Diaz. Pourquoi partez-vous d'un a priori négatif, alors que ça marche en Allemagne, ça marche en Italie ? Pourquoi ce Premier ministre ne pourrait pas aller vous voir, vous voir, et essayer de négocier au moins un accord minimal ?
Je veux juste rebondir sur les Républicains et sur l'intervention de M. Retailleau que vous venez de diffuser. Les Républicains ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Moi, j'ai vu sur les réseaux sociaux depuis tout à l'heure un florilège de félicitations vis-à-vis de M. Lecornu, parce qu'en fait, qu'est-ce qu'ils se disent, les LR, qu'ils ne pèsent plus grand-chose ? Ils sont ultra-divisés, on l'a bien vu avec le vote de confiance.
Et donc, pour certains, en fait, ils espèrent ou conserver leur place au gouvernement, ou sinon espérer y rentrer, puisqu'ils se disent qu'évidemment, avec un gouvernement Rassemblement National, les Républicains, notamment ceux qui ont été les premiers soutiens d'Emmanuel Macron, n'auront pas leur place dans un gouvernement. Donc voilà, moi, je doute quand même de la sincérité d'un certain nombre de mes collègues, les Républicains, qui sont peut-être plus mus par une volonté d'avancement de carrière personnelle, plutôt que par l'avancement du pays.
Mais en tout cas, ce que je veux dire, c'est que s'il y a des électeurs sincères parmi les LR, des électeurs patriotes, ben oui, moi, je leur tends la main. Vous savez, moi, je suis une ancienne UMP. J'ai voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Ensuite, j'ai rejoint Marine Le Pen dès 2012. Ça veut dire que oui, il y a des patriotes sincères chez les LR. Il n'en reste plus beaucoup, parce que c'est vrai qu'ils ne font pas d'énormes scores aux élections. Mais en tout cas, s'ils en ont marre de voir, par exemple, un M.
Retailleau qui siège tous les mercredis en Conseil des ministres à côté des socialistes, eh bien, ils n'ont qu'à prendre leur carte au Rassemblement national, ils y seront bien accueillis.
Mais ça, si ça peut vous rassurer, je ne pense pas que M. Retailleau aille s'asseoir à côté des socialistes en Conseil des ministres.
C'est ce qu'il fait, tous les mercredis.
Pardon ? En Conseil des ministres, c'est ce qu'il fait. Il ira s'asseoir à côté de François Rapsamen si on lui redonne la place de vos joueurs. Oui, c'est vrai, c'est vrai. C'est les phrases judiciaires. Mais François Rapsamen est un socialiste. M. Rapsamen, c'est aussi M. Rapsamen. Non, mais c'est presque comme Jean-Marie Le Gouen, je veux dire, des socialistes, comme François Rapsamen ou M. Le Gouen. Madame était LR, elle vient de nous dire, maintenant elle est à la Rassemblement national.
Oui, ça fait plus de 10 ans. Ah non, ça fait 10 ans que je suis chez Marine Le Pen et vous inquiétez pas, j'y subis.
Alexis Courbière. Alors, Alexis Courbière. Non, mais cette soirée restera dans les livres d'histoire comme un élément supplémentaire d'une crise. Là, on est dans des moments très tragiques en plus, très graves, d'ailleurs d'un président radicalisé, forcené, qui de toute manière ne veut pas voir la profonde aspiration de changement dans le pays. Et il nomme jusqu'à la caricature celui qui est un de ses premiers, si je puis dire, le plus long ministre. Bon, c'est pas la personne, donc vraiment quelque chose qui est grave. Après, je vois que M. Rotaillot se félicite qu'il n'y ait pas un socialiste ou un homme de gauche qui ait été nommé.
Hélas, vous m'avez invité hier soir, je pleure de voir que même certains au sein du NFP se félicitent aussi que ce ne soit pas à la gauche. Je pense notamment à les amis insoumis, je pense que c'est totalement fou de ne pas comprendre que dans la période, je parle là comme un militant, un homme de gauche. Il menace déjà Olivier Faure par la sursa circonscription. Voilà, que nous devons rester unis. Parce que nous, on a réuni une force il y a un an. Moi, j'ai pas changé depuis un an. On a fait plus de 9 millions de voix, c'était inattendu. On est même arrivé, on avait même le groupe, la coalition la plus importante.
Vous savez, les 192 députés du NFP, aucun n'a été élu socialiste, insoumis, écolo. On a été élu sur quelque chose de commun. J'observe, et moi je me bats, vous le savez, que certains veulent détruire tout ça. Et ça ouvrira la voie tranquillement, les amis de Mme Diaz, prenons le pouvoir, si c'est ça, je ne le souhaite pas. Parce que là où je ne veux pas donner le point à Mme Diaz, ils sont en train d'aspirer complètement la droite en vérité. M. Lecornu, non mais au sens politique, je veux dire, qu'est-ce qu'il a comme caractéristique connue ? Négociateur, mais une certaine proximité avec Mme Le Pen, il est connu pour dîner avec elle, c'est quand même pas...
Il l'a dîné une fois, c'est pas tout à fait une proximité. C'est pas un dîner entre amis, c'est tous ceux qui dînent une fois avec eux. Non mais c'est assez rare, c'est assez rare quand même, à droite, qu'il y ait cette proximité. Je ne pense pas d'ailleurs qu'il l'ait fait qu'une fois. C'est un homme qui, au sein de la droite, il était contre le mariage pour tous, etc. C'est un homme très de droite quand même. Donc il va chercher, sans aucun doute, à avoir le soutien du RN. Moi, ce soir, j'entends Mme Le Pen dire des choses, j'ai entendu M. Jacobi, bon, bref, on verra. Moi, je pense qu'en réalité, le sanctionnera...
Prenons un portrait, puisque vous l'avez, Alexis Corbière, regardez. Quelques éléments de portrait, effectivement. Vous avez raison de rappeler, c'est un fidèle parmi les fidèles d'Emmanuel Macron. Il avait été d'abord conseiller de secrétaire d'État aux Affaires européennes, puis du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Il a été exclu des Républicains après son entrée au gouvernement d'Édouard Philippe en 2017. Il est parmi ceux qui sont des doyens de fonction du gouvernement depuis 2017. Secrétaire d'État auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire. Il adhère à la Renaissance. Ministère en 2018, collectivité territoriale, outre-mer sous Jean Castex de 2020-2022.
2022, la défense, les armées. Et il a été donc sous Elisabeth Borne, sous Gabriel Attal, sous Michel Barnier, sous François Bayon. Il est...
On peut remettre la blague un peu lourde. Il reste ministre de la Défense, mais de Défense d'Emmanuel Macron. Voilà, ça fonctionne. Il est amatinant, il reste ministre de la Défense, mais du macronisme finissant. Mais je veux dire, les gens vont être en colère. Moi, j'invite à manifester. Je pense que même l'électorat macroniste va être choqué par cet objectif. Là-dessus, vraiment, arrêtons-nous un instant là-dessus. Ça devrait être interdit en 5ème... C'est pour ça que je suis contre la 5ème République. Emmanuel Macron ne devrait pas avoir le droit de faire ça. Donc il ne s'agit pas seulement de changer de président, mais on est dans un...
Il faudrait vraiment qu'on s'arrête une seconde là-dessus.
Oui ou non, est-ce que ça vous heurte, ou au contraire, est-ce que c'est au cœur de la 5ème République qu'un président nomme quelqu'un qui lui soit vraiment aussi proche ?
Mais c'est surtout irrationnel de nommer quelqu'un qui lui soit aussi proche. En décembre dernier, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sont à Riad en déplacement. Emmanuel Macron a dans l'idée de nommer Sébastien Lecornu, et non pas François Bayrou, car comme nous le savons, il s'est fait tordre le bras. Que lui dit Sébastien Lecornu, ministre des Armées, dans des propos rapportés, je crois, dans l'Express ? Il lui dit « Me nommer serait une folie, je suis bien trop lié à vous, au lieu d'être un fusible, je serai conducteur d'électricité ». Neuf mois plus tard, Emmanuel Macron, dans ce désir effectivement de se perpétuer lui-même, lui et son bilan bien évidemment, nomme Sébastien Lecornu.
Mais quelle que soit l'orientation politique qui aurait pu être prise, droite, gauche, il fallait plus qu'un parfum de cohabitation, il fallait que les Français aient le sentiment qu'il y a quelque chose, une alternance, un semblant d'alternance dans ce pays.
Mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, qu'est-ce qu'il est élu ? Emmanuel Macron a été élu, réélu, on ne va pas le chercher avec des fourches à l'Elysée.
Mais il fait la politique pour la carrière. Le fondateur de la République, le général de Gaulle, est parti. On a la question qui sera posée. Oui, mais Mitterrand n'est pas parti, Mitterrand n'est pas parti, Chirac n'est pas parti, même quand ils ont perdu les élections. On est dans un moment, c'est pour ça que je dis que c'est même plus le problème, je pense que c'est la Ve République elle-même qui est en cause. Parce que là aussi tout le monde va venir l'excès de pouvoir, ça devient fou.
Donc on est dans ce moment-là de crise profonde, on va peut-être en revenir aux urnes, moi je pense qu'on va revenir aux urnes d'ailleurs, mais moi je répète là encore, je profite de venir à ce plateau, c'est mon petit message. Amis de gauche et écologistes qui avons été unis, c'est pas... Non mais parce que sinon, si en plus dans ce moment-là, où comme le dit M. Oberdoff, en fait, il se nomme lui-même à nouveau, il s'obstine, évidemment que tout ça ne tiendra pas. Le RN sera encore plus en dynamique, dévorera encore plus toute la droite. Et Lecornu, s'il veut aller négocier avec le RN, la logique au moment sera des députés.
Allez, je vous donne des aliments contre votre négativisme, c'est mon boulot, je fais le contre... Entourage Sébastien Lecornu, ATF1, NCI. Il est apte et prêt aux négociations. Je vous donne des éléments de langage, c'est des éléments de langage, mais c'est intéressant de les entendre et de dire ce qui vous paraît solide ou non. Il est apte et prêt aux négociations. Il va vouloir acter un changement de méthode radicale. On n'est plus dans la même ère que les précédents premiers. Est-ce qu'il a une patte humaine ?
Pendant d'Arius, c'est exactement le même communiqué que François Béroud. Franchement, j'ai l'impression que vous le lisez, c'est hibernatus, quoi. Et moi, je vous fais les éléments de langage des socialistes quand ils iront à Bercy dans une à deux semaines. Encore une fois, on a pris nos responsabilités. On a voulu donner sa chance aux produits. Nous gardons à l'esprit la manière dont nous nous sommes fait rouler en janvier dernier parce que, par exemple, nous avions négocié et monnayé une contribution différentielle sur les hauts patrimoines dont nous n'avons eu aucune nouvelle.
Et ce faisant, il faudra que Sébastien Lecornu nous livre le scalp de la taxation des plus riches s'il veut survivre à Matignon.
Et c'est là que peut-être Sébastien Lecornu a une botte secrète puisqu'on l'apprenait sur ce plateau tout à l'heure. C'est notamment Routel-Krieff qui leur rapportait la possibilité que le président de la République et le Premier ministre proposent une dose de proportionnelle puisse arriver avec quelque chose de concret sur la table en disant « Vieux, vieille demande de votre part ! » Oui, mais pardon ! « Vieille demande de votre part, Edwige Diaz ! »
Non, mais enfin, on n'attend pas un changement de méthode de la part de M. Lecornu. On attend un changement de politique, de rupture...
Ça fait 20 ans que vous demandez, Edwige Diaz, vous ne voulez pas dire que...
Oui, mais c'est normal parce que ça fait 20 ans qu'on n'est pas au pouvoir. Donc on continuera de demander jusqu'à temps qu'on arrive au pouvoir. Mais là, en fait, ce que M. Macron, il doit prendre acte de sa défaite aux européennes, aux législatives, du renversement de tous ses premiers ministres depuis ces dernières années, et puis surtout, il doit prendre acte... Maintenant, je pense qu'il sait quand même que nous mettons en œuvre nos menaces. Vous voyez, quand on dit qu'on va censurer, on ne prend personne en traître. Nous allons censurer. Là, on a dit « Écoutez, ça va aller très très vite. Si M.
Lecornu essaye d'endormir les gens, s'il essaye de faire comme il a fait la dernière fois, eh bien oui, on le censurera sans trembler, vous voyez, parce que là, en fait, il faut se dépêcher. La France ne doit plus perdre de temps. »
Est-ce que ça veut dire, pardon, que vous allez censurer dans tous les cas ? Lisons ce que dit Marine Le Pen, votre présidente. Le président tire la dernière cartouche du macronisme, bunkérisé avec son petit carré de fidèles. Après les inéluctables futures élections législatives, le Premier ministre s'appellera Jordan Bardella. Et déclaration aussi de Jordan Bardella lui-même. La devise d'Emmanuel Macron, deux points. « On ne change pas une équipe qui perd. Nos principes ne varient pas. Et l'intérêt des Français demeure notre unique boussole. »
Ben oui, écoutez, c'est ce qu'on répète depuis trois ans. Donc je pense qu'on peut reconnaître au Rassemblement international de faire preuve de constance. Censure tout de suite ? En tout cas, ça va être vite décidé. On va lui dire, écoutez, qu'est-ce que vous faites sur l'immigration ? Qu'est-ce que vous faites sur la contribution de la France au budget de l'Union européenne ? Qu'est-ce que vous faites sur les agences d'État ? Qu'est-ce que vous faites pour redonner du pouvoir d'achat aux Français ? Pour redonner de la compétitivité aux entreprises ? Et s'il nous dit « Ah oui, on verra, machin », ben écoutez, on ne va pas perdre de temps.
Ben non, en fait, c'est toujours les mêmes. Je pense qu'il les a intégrées depuis le temps que les ministres, vous voyez. Pour que la censure, pour que la censure passe. Le cœur du dossier, c'est les socialistes. Voilà. Donc aujourd'hui, ce n'est pas très très bien parti. Parce que moi, ce que j'entends, des informations que vous rapportez, je trouve que tout ça est d'une absence de profondeur absolument dramatique. D'abord, on répète les mêmes choses. On sort des vieilles ficelles, l'affaire de la proportionnelle, etc. Ça répète au mieux Bayrou, etc.
Donc vraiment, je trouve que pour l'instant, des retours que j'ai, l'image que ça donne, on n'est pas au niveau de jeu qu'il faut pour convaincre le Parti socialiste de ne pas aller effectivement à la censure.
Regardez, s'il vous plaît, ce tract du Rassemblement National qui est intéressant, puisqu'on voit là qu'effectivement, on n'est pas dans le même temps que les précédentes fois. C'est-à-dire que le RN a l'air vraiment de pousser Guillaume Roquette au processus dissolution-élection. Là, ils ont l'air très déterminés quand même.
Oui, parce qu'ils voient les sondages. Ils voient que s'il y avait une dissolution, il est possible, très possible même, que le Front républicain marche moins bien que la dernière fois et que donc ils augmentent de façon substantielle leur nombre de députés. Ils voient aussi qu'il y a des députés LR qui effectivement flanches un peu dans leur soutien à cette coalition centriste. Et donc, ils se disent, pourquoi pas ? Et puis, accessoirement, accélérer le calendrier, c'est peut-être une façon pour Marine Le Pen de forcer le destin, notamment celui de son inéligibilité. Avec une loi d'amnistie ? Avec une loi d'amnistie, il faut dire les choses comme elles sont. On est là pour dire les choses.
Si le RN vient, ça sera... Et pourquoi le RN veut aller au pouvoir très vite ? C'est pour pouvoir faire voter une loi d'amnistie. Et pas que le RN d'ailleurs, si j'ai bien compris en lisant la presse.
Je veux bien répondre sur ça, parce que c'est assez curieux en fait. Quand on n'a pas censuré M. Bayrou, on nous disait que c'était pour sauver Marine Le Pen puisqu'elle ne pouvait pas se présenter à sa succession si jamais il y avait une dissolution. Maintenant qu'il y a potentiellement une dissolution, on dit, ah, c'est dans l'intérêt du RN. Alors, je vais mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. Marine Le Pen n'agira, ne prendra jamais de décision politique en fonction de sa situation personnelle. Voilà, je pense que c'est assez clair. Et donc, la seule boussole de Marine Le Pen, c'est l'intérêt de la France et des Français. Vous voyez, je ne peux pas être plus clair que ça.
Donc, s'il vous plaît, arrêtez vos spéculations. Nous, nous ne sommes pas comme les autres partis qui se sont succédés à la tête des gouvernements. Nous ne sommes pas dans des calculs politiciens.
Ce que nous souhaitons, c'est que les Français veulent mieux dans leur pays,
vous voyez, et que les entreprises arrêtent d'essuyer autant de défaillances. Je le rappelle, c'est une entreprise qui ferme toutes les 8 minutes dans notre pays.
Si vous permettez de rebondir là-dessus, parce que là, on est vraiment dans de la politique politicienne, mais demain, il va y avoir une crise sociale, et derrière, il y a une crise large, parce que même les 22 millions d'actifs en aura le bol, parce que les entreprises en ont assez, et parce que les variables d'ajustement budgétaire, même si pour la gauche, on a fait des super taxes sur les profits et les riches, il se trouve que quand même, le budget de Bayrou a été bouclé avec 15 milliards d'euros supplémentaires d'impôts et de taxes sur les entreprises et les actifs. Et là, ce qui est frappant, c'est que vous voyez, vous parliez de la proportionnelle.
Mais aujourd'hui, j'ai envie de vous dire, les Français, ce n'est pas leur sujet. Ils s'en fichent. Ils ont envie de savoir si finalement, notamment les acteurs économiques, s'il va y avoir un peu de stabilité.
Et ce n'est pas eux qui voteront la censure.
Et franchement, oui, mais ils vont pousser leurs députés à la voter. Donc n'oubliez pas que les députés prennent quand même aussi des décisions par rapport au peuple. Et heureusement, et heureusement d'ailleurs. Et ça a d'ailleurs été le coup cruel. Ça a changé, bien sûr. Ça a été fait à François Bayrou, qui a constamment essayé de jouer le face-à-face avec les Français. Manque de chance pour lui. Il a joué, en réalité, dans une pièce vide tout l'été. Et à in fine, si les 49 députés à l'air ont été si promptes à se désolidariser du Premier ministre, c'est qu'ils avaient bien en tête la perspective de retour. Mais on peut rendre grâce, et Dieu sait que ce n'est pas forcément...
Voilà, on peut rendre grâce à François Bayrou d'avoir eu une pédagogie et un diagnostic clair en juillet. Et là, on ferait table rase. On n'est que... Comment ? Une volonté, certes, mais une pédagogie, je ne suis pas sûre. Alors, moi, je pense, peut-être naïvement, mais que les Français ont compris qu'il y avait quand même un vrai poids de la dette. Après, chacun... Oui, mais je pense que c'est devenu très grand public. Qui a quand même... Vous donnez le point. Voilà. Qui a quand même une vraie incertitude, du coup, sur la notation de la France le 12 septembre, sur le remboursement de la dette qui dépasserait le budget de l'éducation nationale.
Mais vous avez raison, c'est le bilan de ceux qui gouvernent et des précédents.
Est-ce que ça peut profiter à Sébastien Lecornu qui dira, ça suffit maintenant, accordons à la France six mois, un an de répit, arrêtons de repartir sans cesse. Oui, mais le risque, c'est le claquage.
Vous voyez bien qu'entre LR et le PS, pardon, là encore, je le disais tout à l'heure, il y a eu un PS, moi, j'y ai cru, à l'accord de coalition, je ne comprends pas pourquoi Emmanuel Macron ne l'a pas fait. D'abord, un accord de coalition avec LR en 22. Il y a un accord de coalition en 24 avec une dissolution rapide. Allez, alors avançons. Oui, mais ce n'est plus le même PS. Si vous me permettez, Darius Rocheban, c'est ça qui va déterminer l'avenir de notre pays. Ouvrons la question. Ça va être très difficile de se mettre d'accord avec le PS. Il va falloir vous passer avec, madame, parce que sinon, tournez-vous vers votre voisine et acceptez que ce soit eux qui gouvernent.
Mais j'ai cru comprendre que leur programme économique ne vous correspondait pas. Non, mais le programme économique du PS aujourd'hui, je vous le dis, aucun acteur économique ne va le soutenir.
Allez, écoutons tous les points de vue, s'il vous plaît. Robert Ménard, vous êtes avec nous.
Cinq organisations patronales ont dit la même chose.
Robert Ménard, vous êtes avec nous aussi. Bonsoir, Robert Ménard. Bonsoir, Darius. Merci beaucoup d'être là. Vous êtes face à un plateau très, très sceptique sur eux. On verra si vous êtes tout aussi sceptique que les autres. Robert Ménard, quand on dit que ce sera différent, ce sont un peu les éléments de langage qui sont donnés, notamment par l'Elysée, par l'entourage aussi de Sébastien Lecornu, que cette fois, ça peut être différent qu'avec François Bayrou, différent qu'avec Michel Barnier. Le pensez-vous ?
Je n'en sais rien, honnêtement. Je ne connais pas le nouveau Premier ministre. Je le connais comme un lecteur de journal ou quand je regarde la télévision. On m'en dit du bien et tout, mais ce n'est pas le problème. Le problème, c'est quoi ? C'est que d'abord, merci, on a échappé au pire, c'est-à-dire à la gauche. Et au pire du pire, ça aurait été une alliance de cette gauche avec la France insoumise, même s'ils disent chaque fois qu'ils ne le feront pas. Donc ça, c'est la bonne nouvelle.
Mais en même temps, alors qu'on a un chef de l'État qui est au-delà de l'impopularité, je ne sais pas, dans les derniers sondages, il y avait 85% des Français qui ne veulent plus entendre parler, il choisit comme Premier ministre le plus proche des macroniens. C'est-à-dire, c'est quasiment son bras droit. Enfin, vous dites de temps en temps, est-ce que ce n'est pas un bras d'honneur aux Français qui n'en peuvent plus d'Emmanuel Macron ? Moi, je suis atterré et même triste de voir dire ça. Je pense que des gens ont pu être séduits par Emmanuel Macron, mais aujourd'hui, des années après, on se dit qu'il faut changer. Et M.
Lecornu, oui, je pense qu'il a manifestement le caractère, la rondeur qu'il fera, qu'un certain nombre de gens accepteront au moins au départ de ne pas le censurer tout de suite, de parler avec lui. Mais pourquoi ça changerait ? Qu'est-ce qui va changer ? Sur les questions, pas seulement de la dette, mais sur les questions de la sécurité, les questions de l'immigration, les questions d'autorité, d'autorité à l'école par exemple, qu'est-ce qui fait que ça pourrait changer ? Moi, je suis abassaudi par le fait qu'on ne constate pas une chose assez simple, Darius, c'est que la France, elle n'a jamais été autant à droite.
Poser des questions aux Français sur tout un tas de sujets, ils n'ont jamais été autant à droite, et on ne prend pas en compte ça. On ne prend pas en compte ça. Moi, je ne suis pas au Rassemblement national, mais tu ne peux pas faire l'impasse sur le Rassemblement national, c'est juste impossible. Et donc, il faudra un jour regarder les choses en face.
Est-ce qu'au fond, Sébastien Nacornu est un homme de droite ? On rappelait quelques éléments de sa biographie tout à l'heure, alors c'est un homme de droite très modéré dans la forme et affable, mais c'est un homme de droite, il vient quand même de là, c'est un gaulliste tout à fait classique, mais un gaulliste de droite, tout à fait assumé, il n'y a rien là qui touche votre oreille.
– Attendez, c'est une plaisanterie ? Je veux dire, il est peut-être de droite, il a peut-être été de droite, enfin, il a toujours été ministre, il est ministre depuis que M. Macron est au pouvoir, et M. Macron, il fait une politique de droite, sur les questions que je soulignais, sur, je ne sais pas, l'immigration, il a pris les mesures nécessaires, pas pour réduire l'immigration à zéro, ça n'existe pas, mais pour mettre en place une migration choisie, assimilée, qui fonctionne dans ce pays, et surtout diminuer, il a fait ça, c'est ça la politique de droite.
Sur les questions de sécurité, oui, aujourd'hui, un certain nombre de macronistes découvrent quand même que la sécurité, ce n'est pas un fantasme, et que ça existe. Enfin, attendez, sur l'école, c'est un succès l'école, on a pris les mesures nécessaires pour que nos gosses étudient dans de bonnes conditions, que les profs soient en sécurité, que la France soit bien classée, bien sûr que non. Oui, c'est des gens qui ont peut-être été un jour de droite, mais enfin, je n'ai pas de souvenirs, depuis que M. Macron est là, qu'on ait mis en place une politique de droite. Alors, on ne parle pas de la même chose.
– Robert Mellard, il y a sur ce plateau Edwige Diaz, vous avez eu des rapports avec l'ERN alternés, parfois très critiques, parfois proches, au fond, il y a une clé avec l'ERN. L'ERN peut donner sa chance, ou non, à ce gouvernement, peut le censurer très vite, ou au contraire, le laisser exister. Quelle est, d'après vous, la bonne tactique du RN ?
– Oh, ça, je ne veux pas me fâcher tout de suite avec l'ERN, donc je n'ai pas leur donné des conseils politiques. – On a besoin pour le municipal. – Non, moi, j'ai… Attendez, d'abord, par rapport à ce que vous disiez, oui, moi, j'ai des accords et des désaccords avec le RN. Personne ne peut enlever au RN le fait qu'il a été le premier à parler, je ne sais pas, des questions, je parle à l'instant, d'insécurité et d'immigration. On peut, je ne suis pas toujours d'accord avec les réponses, mais personne ne peut dire qu'ils ne vont pas parler de ça. Et je l'ai dit 10 000 fois, 100 000 fois, et depuis des années.
Et en même temps, sur un certain nombre d'autres terrains, sur les questions économiques courtes et tout, on a le droit de ne pas être d'accord avec le RN sans être un ennemi de classe du RN. Il faut se calmer, la classe politique, il faudrait juste qu'elle apprenne à écouter des avis divergents. Que va faire le RN ? Que doit faire le RN ? Évidemment, on est toujours, et je suppose qu'ils sont partagés entre les attitudes, on a envie de sortir de la pagaille actuellement.
Donc on se dit, si en faisant confiance au moins un temps au nouveau Premier ministre, ça peut faciliter que la France aille un peu mieux, que les chefs d'entreprise soient un peu plus en sécurité et donc investissent en particulier un peu plus, personne n'est assez cinglé pour dire non, ça ne m'intéresse pas, la stabilité, évidemment. Mais la stabilité, à quel prix ? Il y a un certain nombre de questions que les Français, enfin, je ne vais pas parler des Français, pas plus que d'autres, que les gens que je rencontre, que moi, que les gens de ma vie ont envie de voir réglés, et on ne le voit pas réglés. Et je ne sais pas, je peux me tromper, et je rêve de m'en tromper, Darius.
On va retrouver dans un instant, Robert Ménard. Je ne le vois pas. On vous retrouve dans un instant, mais votre réponse... Vous allez trouver les solutions. On vous retrouve dans un instant, Robert Ménard, s'il vous plaît, mais Edwige Dias, votre réponse là-dessus, quand même Robert Ménard dit, attendez, la stabilité, oui, c'est un argument, la stabilité.
Oui, déjà, je voudrais saluer Robert Ménard, et puis dire, en tout cas, l'instabilité aujourd'hui qui inquiète notamment les chefs d'entreprise, elle est précisément créée par Emmanuel Macron. Enfin, je veux dire, 5 premiers ministres depuis 2022, ça ne s'appelle pas de la stabilité. Vous voyez les changements de pieds de la part du gouvernement sur les taxes aux entreprises, par exemple. Moi, vous voyez, je me souviens de la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. En période électorale, Emmanuel Macron dit, nous allons exonérer les entreprises de CVAE. Et puis après, en 2023-2024, il dit, ah, mais ça va être que la moitié maintenant, l'autre moitié plus tard.
Et l'année dernière, au moment du budget, le plus tard s'est transformé en un vraiment beaucoup plus tard, puisque finalement, c'est reporté à 2027 ou 2030. J'ai oublié, pardonnez-moi, ce détail. Mais vous voyez, en fait, c'est ça, l'instabilité. Et cette instabilité économique, elle est créée précisément par les macronistes. Et puis, je voudrais juste dire que nos opposants politiques, qui sont de mauvaise foi, essayent de discréditer notre programme en disant que c'est un programme économique de gauche. Nous, nous avons un programme économique qui est, comme tout le reste, c'est-à-dire patriote. Nous, ce que nous... L'importance que nous accordons, c'est la liberté d'entreprendre.
Vous voyez, nous souhaitons que les chefs d'entreprise se sentent libres et se sentent soutenus par un environnement économique favorable pour qu'ils puissent investir. Et les mots d'ordre, c'est la production, la protection et la transmission. Vous voyez, et je pense que c'est vraiment ce qui permettra à nos entreprises aujourd'hui de créer de la richesse, de recruter, et ainsi nous poursuivre.
Alexis Corbière, quand vous assistez, quand vous voyez là, Robert Ménard, Edwige Diaz, c'est pas toute la France, mais est-ce qu'effectivement, le centre de gravité de la France est tellement à droite, par rapport à vous, tout est relatif, mais que, en réalité, le gouvernement devra refléter ça ?
Non, mais il y a eu 33 millions d'électeurs la dernière fois, le Rassemblement National a fait 10, je trouve que c'est trop, mais il y a 23 millions de gens qui n'ont pas voté pour eux. D'accord ? Donc le pays n'est pas encore donné à l'extrême droite. Et après, par ailleurs, j'invite les milieux populaires qui votent pour le Rassemblement National à écouter Mme Diaz, qui dit clairement que le problème, c'est que les entreprises ont trop de taxes, elles ne parlent pas d'augmenter le SMIC, c'est pas ça son sujet, etc. Alors que moi, je pense que...
Vous connaissez nos mesures en matière de pouvoir d'achat et d'augmentation de salaire. Vous refusez ? Moi, j'ai proposé... Vous votiez notre loi, vous savez, quand on a proposé d'augmenter de 10% les salaires, moyennant une évolération des cotisations... C'est faux, j'ai proposé, madame,
moi, une PPL augmentation du SMIC, vous avez voté contre.
C'est normal, parce que c'est ce qui va tuer les entreprises.
Voilà. Non, mais très bien, je vous félicite. Mais là-dessus...
Le SMIC à 1600 euros, en l'État, c'est pas possible. Voilà. Non, non, mais attendez,
je n'ai pas beaucoup parlé, puis je vais devoir vous laisser... Mais vous vous retrouvez sur les retraites. Alexis Courbière. Alexis Courbière. C'est que je pense dans ce pays qu'il y a... Moi, je ne suis pas d'accord avec l'idée, je vois bien les votes, malgré tout, ce pays, il y a une passion de l'égalité, les gens voient bien qu'il y a un problème de fiscalité, les gens sont choqués, les gens ont bien vu qu'il y a eu des fortunes accumulées. Je vous l'ai dit hier soir, je vais le répéter, les 500 premières fortunes de ce pays occupent désormais 44% du PIB, c'était 20% à l'arrivée de Macron. Les gens le voient.
Et je vous assure que même, il y a quelques années, quand j'étais militant, il y a 25-30 ans, cette idée du problème n'était pas aussi caricaturel et aussi acquis. Les gens voient bien qu'il y a une crise écologique. Écoutez, cet été dans l'Aude, ça a brûlé et tout le monde voit bien qu'il y a une situation qui est aussi due au réchauffement climatique. Et enfin, pour terminer, tout le monde voit bien que la Ve République, c'est fini. Et la Ve République, je voulais terminer là-dessus, sur la stabilité. On disait, voilà un régime stable. Vous savez que sous la Ve République, la durée des gouvernements, c'était 6 mois.
On est dans un rythme aujourd'hui de Ve République, donc il faut que ça change. Et pour terminer, monsieur Lecornu incarne la continuité. Je vais refaire repasser le message parce que je vous quitte. Amis de gauche, écologistes, restons unis parce qu'on va vers des moments, notamment des échanges électoraux. Robert Ménard,
est-ce que vous partagez cela ? C'est-à-dire que, je rappelle à ceux qui nous rejoignent, les derniers développements de la soirée, Sébastien Lecornu nommait les grandes critiques qu'on entend sur le fait qu'il est proche du Président de la République, mais le Président de la République est dans son rôle et dans la plénitude de ses pouvoirs. Est-ce qu'il y a une menace d'explosion sociale selon vous ? C'est-à-dire qu'une colère monte, notamment demain, un jour de mobilisation, et que tout ça soit intenable ?
Écoutez, je ne sais pas. Ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, on bricole, si j'ose dire, pour trouver des solutions, pour faire en sorte que ce pays fonctionne. On sait, et ça, qu'on aime ou pas la Ve République, ça se passe comme ça, la clé de voûte de nos institutions, c'est le chef de l'État. Aujourd'hui, même, une dissolution, me semble-t-il, ne réglerait pas grand-chose. Le RN aurait plus de voix, mais c'est plus de députés, pardon, c'est pas pour ça qu'il aurait une majorité. Je pense qu'aujourd'hui, on ne peut pas faire l'impasse sur une chose, c'est-à-dire, il faut que M. Macron quitte le pouvoir. Moi, je ne suis pas... Robert Ménard, une question simplement. Je n'ai pas le signé.
Je n'ai pas le signé. Dans quelles conditions, simplement, Robert Ménard, est-ce que, par exemple, vous êtes favorable à la solution qui est, si c'en est une en tout cas, avancée par Jean-François Copé, l'ancien patron de l'UMP, qui consiste à dire qu'une démission programmée, dont Emmanuel Macron n'a aucune envie, mais une démission programmée pour après les municipales de mars 2026, qui laisserait donc six mois de campagne avec un vrai débat démocratique, est-ce que ça, ça vous paraît une solution souhaitable pour le pays, étant donné que vous identifiez la clé de voûte comme si situant à l'Élysée ? – Écoutez, oui, mais sauf que c'est ni vous ni moi qui en ont décidé.
Jusqu'à preuve du contraire, c'est le chef de l'État lui-même. Alors je vais dire, attendez, c'est ça la réalité. – Absolument. Je vois simplement que l'idée gagne du terrain. – Et je crains, je crains, moi je ne le connais pas plus que ça, je le connais bien moins que un certain nombre de gens autour de la table, je crains de ne pas réussir à imaginer que demain ils se disent, au fond, ce serait formidable que je serve vachement bien à mon pays et tiens, pour servir à mon pays, je devrais quitter l'Élysée. Je crains que ça ne ressemble pas trop au personnage. Est-ce le narcissisme ? Est-ce que… – Attendez,
Robert Ménard, pourquoi vous dites narcissique ? Il a été élu, il a été réélu par le peuple français, ce ne sont pas les martiens qui l'ont imposé depuis l'espace, il a été réélu par le peuple français. Il est là, alors il a effectivement, son parti est très faible, mais le socle commun, comme on dit, il fait à peu près un tiers de l'électorat. De toute façon, il n'y a pas de majorité, pas contre lui, enfin il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée. Pourquoi partirait-il ?
– Ah non, mais attendez, s'il ne veut pas partir, il ne part pas. Vous n'avez rien d'ailleurs, personne ne va l'obliger. Juste, vous constatez, enfin je fais des trucs de bon sens, je veux dire, les deux dernières grosses états, la dissolution, vous n'allez quand même pas me dire que ça a été l'idée du siècle et que c'était une bonne chose et que ça nous a permis de clarifier la situation.
– Mais Robert Ménard, vous savez bien, Chirac a fait la même chose, il n'est pas parti, le terrain a perdu deux fois les élections, il n'est pas parti, pourquoi voudriez-vous que… – Ils ont accepté des cohabitations.
– Non, tenez, pardon, Jarius, c'est pas parce qu'on n'a pas totalement perdu qu'on aurait plus perdu que celui qui a complètement perdu l'élection. – Robert Ménard, là-dessus d'abord, Robert Ménard, il y a quand même, soyons un peu rationnel.
– Robert Ménard,
– À distance, j'arrive peu à suivre la conversation. Oui, bien sûr, encore une fois, il fait ce qu'il veut. Oui, bien sûr, il y en a d'autres qui ont fait des dissolutions, mais c'est pas parce que Jacques Chirac a fait une connerie à une époque que vous pouvez vous féliciter de refaire la même chose aujourd'hui. Et puis là, on vient de voir ce qui s'est passé. Honnêtement, ce vote de confiance, ça ressemblait à un suicide organisé.
Alors peut-être, mais peut-être, je suis un peu bête, bêtasson, peut-être que quand tu fais un certain nombre de bêtises co-sur-coups, quand tu mets l'appel à France dans une situation où elle est, endettée comme elle est, que tu n'arrives pas à traiter les problèmes que les gens ont envie que tu traites, peut-être que quand tu es aussi impopulaire qu'il est, là on bat tous les records, peut-être, mais c'est juste une idée, Darius, c'est juste une idée, peut-être tu peux te poser la question et si je partais, est-ce que ça irait pas mieux ?
J'aimerais vous entendre, s'il vous plaît, Robert Ménard. Robert Ménard et les autres sur ce plateau, sur le fond, on va parler de l'aspect économique, en gros faire payer les plus riches, ça c'est la demande de la gauche, la demande du côté plutôt de la droite, on a entendu tout à l'heure Bruno Retailleau qui disait sur l'immigration, un meilleur contrôle de l'immigration, pour vous Robert Ménard, que pourrait faire Sébastien Lecornu pour que le RN au moins lui accorde, disons, sa non-censure et pour que de ce côté-là il y ait une vraie ouverture ? C'est quoi la mesure, c'est quoi l'effort que ce gouvernement pourrait faire ? Soyons très précis.
Moi je vais être très précis, je ne sais pas, ce n'est pas assez rapport avec le RN, c'est l'affaire du RN, ce n'est pas la mienne, mais en même temps ce que vous dites là sur la droite et la gauche, ce qu'il pourrait faire d'utile, c'est de casser avec les tabous, moi Dieu sait que je ne suis pas à gauche et que je suis à droite, mais je pense, là encore peut-être de façon un peu naïve, que taxer à un moment donné les gens les plus riches, honnêtement ça ne me fait pas sauter au plafond, honnêtement, ça ne m'empêche pas de dormir et je me dis qu'il y a certains gens qui sont tellement fortunés que oui, on pourrait leur demander un petit effort, mais à droite, c'est une espèce de tabou, tu ne peux jamais dire ça, sinon tu n'aurais pu pas Alors attendez, attendez,
est-ce que vous êtes d'accord avec ça Edwige Diaz, parce que c'est vous qui avez un tiers de la faim, qui avez une part de l'Assemblée, vous êtes d'accord avec ça, taxer les plus riches, davantage ?
Le problème c'est à partir de quels revenus on détermine qu'une personne est riche ou pas riche,
nous au Rassemblement National,
nous souhaitons en fait taxer tout ce qui relève de la spéculation, c'est-à-dire les super profits, les surdividendes, toute cette rente-là, mais en fait la question aussi qu'il faut se poser, c'est qu'est-ce qu'on fait de cet argent ? Vous ne répondez pas tout à fait,
c'est-à-dire l'idée, est-ce qu'il peut y avoir une forme de convergence là-dessus avec la gauche pour taxer davantage les hautes fortunes ?
Non mais je crois qu'on n'aurait pas du tout les mêmes, une convaincure de la convergence sur les seuils. Par contre, l'autre question que nous on pose, c'est à quoi servirait cet argent ?
Nous en fait, je vous dis, sur les super dividendes, les surprofits, les rentes, la spéculation, etc., pourquoi pas, c'est un sujet que nous mettons en débat, mais à condition, à condition que cela procède à un rééquilibrage fiscal et que ça permet de redonner du pouvoir d'achat au plus modeste, parce que les Français, en fait aujourd'hui, c'est ça, aujourd'hui, ils n'arrivent pas à remplir leur frigo, ils sont bien souvent à découvert très tôt en début de mois, et en fait, c'est contre cette précarisation des travailleurs qu'il faut lutter.
Edwige Diaz