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interviewComité scientifique Pro Anima· 9 mai 2025 11 min

PRIX DVES 2025 : Sénateur Arnaud Bazin, Parrain du Prix

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames et messieurs, c'est un véritable honneur pour moi que de vous souhaiter la bienvenue ici au Sénat. Je ne vais pas me lancer dans une énumération de toutes les brillantes personnalités ici présentes. C'est un exercice beaucoup trop dangereux quand on oublie quelqu'un.

Donc, soyez encore une fois toutes et tous les bienvenus ici. Je voudrais commencer par remercier monsieur le président du Sénat. C'est toujours prudent de remercier son chef quand on commence un discours.

En tout cas, Gérard Larch aimablement mis à notre disposition les salons de Beaufranc ici qui dépendent de la présidence du Sénat. C'est un lieu historique et et très très officiel euh qui vous rassemble aujourd'hui et je suis très heureux de pouvoir m'y exprimer devant vous. Tout d'abord, je tiens à adresser mes sincères remerciements aux organisateurs de cet événement et à tous ceux qui ont contribué à sa réussite.

Le comité scientifique Proanima et plus particulièrement sa fondatrice, madame Christiane Lopi Kechelin, ainsi que madame Émeline Gougon, administratrice et consultante de cette association dont la contribution a été essentielle pour le parfait déroulement de cette soirée. Je souhaite exprimer aussi ma profonde reconnaissance à monsieur Jean-Baptiste Descroix Vernier dont l'engagement philanthropique et la générosité nous permett d'être réuni soir pour mettre en lumière des travaux scientifiques d'avenir qui bénéficieront à tous êtres humains et animaux. Il incarne un modèle où l'innovation, la réussite et l'altruisme cheminent ensemble en soutien au plus vulnérables et au profit de tous.

C'est un honneur pour moi d'y être associé. Alors, on vous a dit tout à l'heure que ma formation initiale est celle de vétérinaire et en tant que soignant des animaux, mon regard fortement évolué. Je vais essayer de vous expliquer comment et et de quelle façon.

J'ai été rapidement convaincu de plusieurs choses. En tant qu'êtres humains, nous sommes très différents des animaux, certes, mais autant que certains le sont entre eux. Ensuite, ce que je perçois des animaux laisse sous le prisme de mes capacités d'humain et comporte donc des biais et des incapacités.

Enfin, ces différences ne peuvent légitimer une différence d'attention, de considération. Sur quel critère est-ce que je décide de soigner avec davantage d'attention un splendide chat de race plutôt qu'un très vieux chien sans race ou bien même une souris ? Le contexte est posé avec lui un cortège d'interrogation notamment lorsqu'il s'agit de justifier pour moi-même l'utilisation d'animaux en recherche scientifique.

Comprendre fut donc ma première démarche. Qu'est-ce qui nous a conduit à penser que des animaux peuvent être un modèle pertinent pour l'être humain ? N'est-ce pas une forme d'antispécisme après tout que d'expérimenter sur des poissons ou des rongeurs des thérapies comportementales ?

Comment peut-on d'un côté affirmer que leurs perceptions sensorielles ne peuvent être semblables à celles de l'être humain et que conséquemment ils ne souffrent pas de la conscience de leur tristes conditions ? Et de l'autre, invoquer des analogies telles qu'elles justifient la pertinence du modèle animal. Quelles sont les alternatives ?

L'absence d'alternative peut-elle justifier d'utiliser des méthodes inadaptées génératrices de souffrances extrêmes ? Il faut reconnaître que nous sommes heureux d'être confrontés à l'obligation de réfléchir à ces sujets et à se positionner en tant que parlementaire en ce qui me concerne dans les années 2020 et non il y a 80 ans à l'époque du procès Nuremberberg. En 2010, l'Union européenne à travers la directive que vous connaissez tous, la 2010 UE, sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques incite fortement les États-membres à promouvoir les principes des trois airs et à mettre en place des structures facilitant leur application.

La base réglementaire européenne était posée, le débat aussi, il devient technique sur les modalités et conditions de remplacement des animaux en expérimentation. L'objectif et la direction sont claires. Favorable à la formation d'un centre national dédié au principe des trois airs et ayant amendé et voté en ce sens en 2020 lors de l'examen de la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, j'ai souhaité dès sa nomination m'entretenir avec la directrice de ce centre.

Je remercie ici madame Athanasia Sotiropoulos pour sa réactivité, sa spontané la spontanéité de nos échanges dès leur début ainsi que pour la pérennité de ceci qui me permettent de suivre les évolutions du FC 3 en parallèle, j'ai souhaité multiplier les occasions d'approfondir mes connaissances sur ces sujets. Ainsi, j'ai pu visiter la société Edentech dont le président directeur général m'a initié au rôle de la microfluidique dans la réduction de l'utilisation des modèles animaux. Je me suis également intéressé à l'état de l'utilisation des méthodes alternatives dans l'enseignement, notamment dans l'enseignement vétérinaire.

Je suis allé à Vagrosup pour voir les moyens de simulation qui permettent aux étudiants d'apprendre et de répéter des procédures diagnostiques et thérapeutiques essentielles avant de les appliquer en situation réelle sur des animaux. J'ai eu également des échanges avec un professeur de physiologie neurosciences d'un IUT de biologie, Philippe Lucarini dans le cadre d'un amendement visant à supprimer l'utilisation d'animaux vivants dans les formations dans le cadre du projet de loi de programmation de la recherche toujours pour les années 2021-2030 promulgué en décembre 2020. J'ai eu aussi des échanges avec les services de santé des armées sur les outils de simulation et j'ai fait un déplacement très intéressant à Nancy autour de la simulation dans l'enseignement de la chirurgie humaine.

Présent ou représenté aussi à de nombreux événements qui m'ont entre autres permis de faire la connaissance et de recevoir ensuite des personnalités telles que monsieur Xavier Gidrol nous regrettons tous l'absence ce soir. Il a dû annuler sa venue mais évidemment sa contribution est très importante. J'ai posé également de nombreuses questions écrites au gouvernement à la fois sur les méthodes alternatives, la dernière sur le foie sur plus mais aussi sur la recherche et l'enseignement relative aux recherches de gains de fonction, à l'utilisation des primates non humains en enseignement aux animaux dans les armées.

Et puis j'ai soutenu en pour le projet de loi de finance 2024 un amendement en faveur du FC 3R. Vous me permettrez un instant de saluer ici l'engagement de personnes présentes depuis le début dans le paysage associatif sur ces sujets. Madame Muriel Aubrier, le docteur Roland Cach et mon confrère vétérinaire, le docteur André Ménage.

Puis au terme de cette prise de connaissance, il y a eu un moment clé en octobre 2022 quand j'ai pris connaissance d'un article du Wall Street Journal qui titrait "De quelle façon les tests sur les animaux nuisent aux humains." Le Sénat des USA adopte un projet de loi pour les limiter et ce ne sont pas les rats que les législateurs cherchent à protéger. Fin de citation.

Cet article de traite de l'adoption par le Sénat américain donc de la loi Bipartisan FDA Modernization Act 2.0 rendant les essais sur les animaux facultatifs permettant aux fabricants de produits pharmaceutiques de choisir les tests d'essai de toxicité les plus efficaces. Au-delà de l'adoption de ce projet de loi par le Sénat américain, le fait que le quotidien économique et financier le plus vendu au monde s'empare de ce sujet est un réel signal d'un changement en cours qui va révolutionner les activités économiques concernées.

Il est question de souveraineté scientifique et économique. Les États-Unis prennent une fois de plus une avance réglementaire en laissant aux entreprises pharmaceutiques la possibilité de ne pas tester sur les animaux. La France qui occupe une position mondiale notable en recherche scientifique ne doit pas perdre sa souveraineté sur ses marchés.

En filigran, il s'agit aussi bien sûr de réduire les souffrances animales en levant l'obligation de recourir à l'expérimentation animale. Mais il est aussi surtout question de pertinence des soins et de la responsabilité du législateur à cet égard. Donc en autorisant pleinement l'utilisation des modèles invitroin silico, organoïdes et cetera, tout modèle non animaux comme alternative aux études animales, des États-Unis marquent une avancée réglementaire plus rapide que l'Europe.

L'Europe quant à elle n'interdit pas l'usage de méthodes alternatives, mais les réglementations européennes actuelles exigent des tests sur animaux comme référence principale. Ainsi, c'est à l'Union européenne de porter ces évolutions réglementaires. Une révision de la directive 2030 pardon 63 CE base légale européenne des études non cliniques est en cours en prend-elle suffisamment le chemin ?

Le dernier document en date du 20 mars 2024 est le rapport du Parlement européen validé par la commission sur cette proposition de nouvelles directives. Le Parlement européen encourage explicitement l'utilisation de méthodes alternatives aux tests sur animaux avec des appels à l'accélération de la validation de ces méthodes, des mentions de la nécessité d'investir dans la recherche sur ces approches, une volonté de réduire progressivement le recours aux animaux dans l'évaluation des médicaments. Cependant, le la structure légistique peut laisser entendre que les tests sur les animaux resteraient la référence par défaut.

Cela relève-t-il de la résistance au changement liés à des apprentissages dépassés et à une économie encore très centrée sur l'utilisation des animaux et où à un puissant lobbying des acteurs économiques de l'utilisation d'animaux. Les animaleries composent le budget le plus important des laboratoires de recherche. Alors, dans ce contexte, il faut compter sur les avancé des connaissances en matière de méthodes alternatives et les faire connaître pour bousculer la résistance au changement qui semble encore dominer afin de donner une valeur légale aux méthodes alternatives.

C'est tout l'intérêt d'un prix et d'un événement comme celui de ce soir que de contribuer à amplifier l'information du public averti et moins averti car la pression sociale qui est déjà forte sera déterminante pour que les méthodes alternatives à l'expérimentation animale s'imposent comme méthode de référence. Je félicite donc chaleureusement les lauréats de ce soir qui illustrent parfaitement les progrès quotidiens des méthodes alternatives et les organisateurs de ce prix qui contribuent efficacement au débat public. De mon côté, soyez assurés que je reste vigilant sur l'évolution de la procédure législative en cours dont l'entrée en vigueur est prévue pour 2026 avec une transposition dans les États membres en 2028.

Je vous remercie.