Florian Philippot, président des Patriotes, est l'invité de la matinale de Franceinfo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Florian Philippot, on va parler de la présidentielle, mais avant, Patrick Bruel remis en liberté sous contrôle judiciaire après sa mise en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Il reste présumé innocent, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire que plus personne n'est intouchable, pas même les stars ? C'est une bonne chose ?
C'était un peu les seuls intouchables, quasiment. C'est-à-dire qu'on avait le sentiment quand même qu'il valait mieux être une grande star qu'un gilet jaune qui se battait pour ses droits et ceux de sa famille ou qu'un paysan qui se battait pour nourrir la France, qui eux sont traités sans ménagement, garde à vue, détention provisoire. Bon, écoutez, il y a eu une accélération, tant mieux. Il ne va quand même pas en détention provisoire, je le note. Encore une fois, il vaut mieux être parfois pas tribuel qu'un gilet jaune ou qu'un paysan dans notre pays. C'est comme ça. Chacun le constatera. Mais bon, après, maintenant, je ne vais pas m'ingérer dans une affaire judiciaire.
La justice suivra son cours.
La justice, elle est aussi secouée par le drame de la petite Liana. Pour vous, c'est plus que des défaillances personnelles ? C'est systémique ?
C'est évidemment systémique parce que vous prenez le parquet de Hoche, donc dans le Gers, le département de la petite Liana. Ils ont passé leur temps ces derniers mois à persécuter les paysans qui se battaient. Je dis ça, c'est 30 convocations dans le seul département. Parfois pour des commentaires sur Facebook où ils ont passé 7 heures en garde à vue. Pendant ce temps-là, vous aviez ce violeur d'enfance, cet assassin présumé maintenant, M. Barrella, qui, lui, était laissé libre comme l'air. Donc c'est ce niveau de priorisation complètement délirant.
Vous dites quoi ? Que les magistrats, ils s'intéressent plus ?
Mais qu'il y a des consignes politiques. Qu'il y a des consignes politiques où on va faire la chasse.
Des consignes politiques.
C'est évident, un parquet, il reçoit des...
Pour dire, vous ne poursuivez pas un violeur, mais vous poursuivez des paysans.
En tout cas, vous poursuivez les paysans, ça oui. Et puis comme ils ne sont pas surnombreux, ils mettent les moyens là où on leur demande de les mettre.
Il y a des consignes politiques. Vous dites Gérald Darmanin, il dit textuellement aux magistrats, il faut laisser tomber les violeurs et aller sur les paysans.
Je ne pense pas quand même qu'il aille jusqu'à dire laisser tomber les violeurs, mais je pense qu'il leur dit, c'est eux qu'il faut viser.
La circulaire du janvier 2025, elle pointait plutôt les violences sexuelles contre les femmes et les enfants.
Les syndicats dans le monde judiciaire ont relevé qu'il y a eu 54 circulaires différentes en un an de M. Darmanin qui ont exprimé des priorités. Vous n'avez pas 54 priorités, sinon vous n'en avez aucune. Donc la réalité, c'est qu'au lieu d'attaquer nos paysans, on ferait mieux de s'en prendre effectivement aux violeurs d'enfants. Mais je remarque que la protection de l'enfance n'intéresse pas beaucoup dans notre pays. Nous refusons toujours aujourd'hui à l'Assemblée et au Sénat, ce qui est une véritable honte, une commission d'enquête sur l'affaire Epstein et son volet français, alors que la France est le pays de l'affaire Epstein. Et ça, rien, ça ne bouge pas.
Et puis les scandales de l'ASE, l'aide sociale à l'enfance, il y a eu des commissions d'enquête, des placements abusifs de la prostitution de mineurs. Rien, ça ne bouge pas. Pendant ce temps-là, effectivement, dès que vous condamnez, dès que vous attaquez le gouvernement, le Mercosur, l'Union européenne, dès que vous mettez un commentaire désobligeant pour M. Macron, Mme Macron ou l'Union européenne sur Facebook, alors là, on vous envoie la troupe. Voilà, c'est ça, ce que constatent les Français.
Vous êtes candidat à la présidentielle depuis un mois. Vous en êtes où de vos 500 signatures ? On se souvient qu'en 2022, vous n'aviez pas réussi. Enfin, vous n'en aviez obtenu qu'une seule. Pourquoi est-ce que ce que vous n'avez pas réussi en 2022, vous seriez capable de le faire en 2026 ?
En 2022, on s'était rendu compte qu'on n'aurait pas les 500, donc on avait demandé au maire de ne pas les envoyer. La réalité, c'est qu'on part beaucoup plus tôt et on part dans des conditions bien plus favorables. Nous sommes les patriotes, aujourd'hui, le plus grand mouvement souverainiste de France, 44 000 adhérents, que chacun se rende compte. Et nous sommes beaucoup plus organisés, beaucoup plus nombreux sur le terrain. Aujourd'hui, je les en remercie, il y a des centaines de personnes qui sont sur le terrain, en train de passer des coups de fil, en train de voir des maires.
Donc vous pensez que vous aurez vos 500 signatures ?
Je cherche, en tout cas. Moi, j'aimerais qu'on passe entre nous au parrainage citoyen, que ce soit 150 000 Français sur les listes électorales qui choisissent leur candidat à l'élection présidentielle, ce qui déchargerait les maires et ce qui serait beaucoup plus démocratique. Mais pour le moment, la loi est telle qu'elle, donc on fait comme ça.
Il faut faire avec les règles du jeu. Vous êtes candidat et en même temps, vous avez déjà annoncé que vous pourriez renoncer si Philippe Devilliers décidait de se présenter. Ça manque quand même un petit peu de conviction, cette candidature. Il est définitivement mieux que vous, Philippe Devilliers ?
Non, au contraire, ça montre que je ne mets pas mon égo avant la patrie, voilà, avant la France. Moi, je suis candidat parce que nous sommes extrêmement légitimes. Seul mouvement souverainiste sur le terrain, encore samedi, 15h, place Pierre-Laroque à Paris, pour ceux qui veulent venir avec nous manifester pour le Frexit et pour la petite Liana.
Et en même temps, je dis, s'il y a un candidat, parce qu'il n'y a que ça qui m'intéresse, qui peut sauver la France, qui peut sortir la France de l'Union européenne pour pouvoir rebondir, qui peut sortir la France de la perspective de guerre contre la Russie en sortant de l'OTAN, et c'est ce que veut Philippe Devilliers, et je pense qu'il est le mieux placé dans notre camp.
Est-ce qu'il va être candidat ?
J'en sais rien. S'il l'est, je discute avec lui.
Vous êtes déjà en train de négocier avec lui ?
Je ne négocie rien du tout. Simplement, j'essaie de voir avec lui, si dans quelques mois, il déclare qu'il est candidat, alors je pense qu'il sera du devoir de tous les souverainistes de mettre leur égo derrière et d'aller vers celui qui a le plus de chances de l'emporter.
Vous dites tous les souverainistes, Nicolas Dupont-Aignan, il est souverainiste, il est déjà candidat. Pourquoi est-ce que ne pas unir vos forces, comme vous l'avez fait en 2022 ?
J'espère qu'on pourra le faire derrière une candidature unique.
Donc si ce n'est pas derrière Philippe de Villiers, c'est derrière Nicolas Dupont-Aignan ?
Moi, j'espère qu'il y aura une primaire souverainiste. Ça fait un an que je la propose, que Nicolas Dupont-Aignan l'accepte. Que ce soit le peuple souverainiste qui choisisse l'unique candidat de rassemblement des souverainistes, ça m'ira très très bien et je ferai la campagne du gagnant. Et ce sera peut-être moi le gagnant. En tous les cas, aujourd'hui, je fais campagne, je veux défendre vraiment une France qui se libère et qui se redresse.
En 2024, lors des Européennes, votre liste a obtenu 0,93%. En 2019, c'était 0,65%. En 5 ans, ce n'est pas vous faire offense de dire que c'est stable et c'est stable sous les 1%. Qu'est-ce qui fait que vous pouvez espérer davantage à la présidentielle ?
Dans des conditions, excusez-moi, extrêmement compliquées. Quel a été notre temps de parole pendant les Européennes en 2024 ?
Là, vous avez la parole ce matin.
Oui, très bien. On nous dit ça quand on l'a. Mais quand on y en a été, il était inférieur, largement inférieur à 1%. Donc c'est extrêmement compliqué. Ceci dit, le mouvement ne cesse de grandir. Aujourd'hui, les Français se rendent compte que s'ils veulent avoir de la qualité dans leurs assiettes, il ne faut pas continuer avec l'Union Européenne. Et il n'y a que nous qui le disons. Les autres veulent continuer, soit le RN et l'FI, ils vous disent on va tout changer sans rien changer. Parce qu'en continuant dans l'Union Européenne, on aura toujours le Mercosur. On aura toujours les poulets ukrainiens. On aura toujours cette France qui sera tirée vers le bas.
Vous voulez sortir de l'Union Européenne et de l'OTAN. Concrètement, c'est quoi votre pays référent, votre pays européen qui vous sert aujourd'hui de modèle crédible pour cette stratégie-là ?
C'est ce qu'a été la France pendant des siècles. Ce qu'elle a été encore il n'y a pas très longtemps.
Donc ça veut dire que, mis à part vous, votre projet, vous n'avez pas de référent européen ?
Pourquoi européen ? C'est 95% des pays du monde. C'est-à-dire ceux qui ont leur monnaie nationale, ceux qui ont leur frontière nationale, ceux qui gèrent leurs lois souverainement, ceux qui ne sont pas aux ordres d'une commission non élue à Bruxelles qui décide à leur place de leur budget. Là, on va avoir, vous savez, 20% d'augmentation de la taxe sur les ordures ménagères. Vous savez pourquoi ? Parce que sinon, Bruxelles nous met une amende de 1,5 milliard. Nous sommes entraînés vers une guerre contre la Russie. Vous savez pourquoi ? Parce que l'Union Européenne a envie d'avoir son armée européenne et donc cherche un ennemi, la Russie. Moi, je ne veux pas de ça.
Je veux une France qui se redresse, que les Français voient la fin du mois le 30 et non pas le 10, que les Français puissent avoir un espoir pour leurs enfants et qu'ils soient en paix.
L'Union Européenne, elle est aussi en train de changer. Les députés européens ont ouvert la voie à la création de hubs de retour, des centres qui seraient situés en dehors du territoire européen pour des migrants expulsés. De même que le règlement retour visant à faciliter la reconduite aux frontières des personnes en situation régulière est sur le point d'être votée. Ça veut dire que l'Europe, elle assume son défi migratoire. Est-ce que vous dites ? Est-ce que ce n'est pas totalement obsolète ?
Non, mais je crois que l'Union Européenne, dans ses traités, il est écrit « libre circulation totale des hommes », non ? Qu'il est écrit « interdiction des frontières nationales », qu'il est écrit « obligation directives de 2003 », elle n'a pas changé cette directive, « obligation du regroupement familial le plus large possible, y compris avec les cousins, les cousines, etc. » Donc ça, c'est de l'enfumage. C'est de l'enfumage pour dire…
François-Xavier Bellamy, Bruno Retardou, ils se réjouissent.
Typiquement, ce sont des enfumeurs professionnels. M. Bardella aussi d'ailleurs. Ce sont des gens qui ont renoncé à la France parce qu'ils laissent la France dans cette structure supranationale, et donc qui tue nos paysans, qui oblige à l'immigration, qui nous oblige à la guerre et qui tue nos libertés, notre industrie aussi. Et après, ils viennent en vous prenant un petit texte qui ne changera rien. Je peux vous faire le détail, je l'ai fait. Non, non, non, on va avancer. On peut revenir dans le détail de ce texte. Ce texte ne changera rien. L'Union Européenne, c'est une passoire gigantesque. Elle n'a pas vocation à être autre chose.
Vous dites que vous voulez aussi tout faire pour sortir du duel Mélenchon-Bardella ou Philippe Bardella au second tour. D'abord, est-ce que ça veut dire que vous ne pensez pas que Marine Le Pen puisse être candidate du Rassemblement national ? Est-ce que vous l'avez totalement enterrée, Marine Le Pen ?
Je ne sais rien. On verra bien dans moins d'un mois maintenant, le 7 juillet. En tout cas, je vois que Bardella...
Elle serait une meilleure candidate que Jordan Bardella ?
Je n'en sais rien.
Dites-moi, vous avez sans doute une idée. Vous les connaissez bien et vous connaissez bien Marine Le Pen.
Moi, je pense que Bardella, ce serait plus clair. Parce qu'il a renoncé absolument à tout. Bardella, vous savez quoi ? C'est un mélange entre la pensée de Macron et le bling-bling de Sarkozy. C'est exactement ça, Bardella. On l'a vu avec sa coupe de champagne à Monaco, au Grand Prix, avec la princesse. Pendant ce temps-là, il y avait la marche blanche pour Liana. Je crois que ça veut tout dire. Et sa pensée, sur le fond, c'est un ralliement absolu et total. J'ai vu que le RN ne demandait même pas la démission de Darmanin. Moi, je la demande, la démission de Darmanin sur l'affaire Liana. Et je la demande depuis le premier jour et la première seconde. Eux ne veulent même pas cela.
Ils se sont tellement ralliés au système. On reste dans l'UE, on reste dans l'OTAN, on reste dans la CEDH, on reste dans Schengen, on reste dans le marché européen électricité, alors que les prix sont délirants. Ce parti-là, c'est un parti du système.
Est-ce que ça veut dire que pour vous, aujourd'hui, le vote anti-système, c'est le vote Mélenchon ? D'où ma question, un second tour entre Mélenchon et Bardella. Vous votez pour qui ?
Non, mais Mélenchon, c'est le révolutionnaire d'Operette. Ah, il a un certain brio oratoire. Je ne le nie pas. La question, c'est qu'à la fin, ça donnera Tsipras. Pourquoi ? Parce que M. Mélenchon, pas plus que Bardella, il veut sortir de l'euro et l'Union européenne. Mais vous votez pour qui ? Attendez, attendez, avant de voter, on n'y est pas du tout.
Ah ben si, c'est vous-même qui dites, je veux éviter ce second tour.
Je voterai pour moi ou pour le souverainiste qui sera au second tour.
Donc entre Bardella et Mélenchon, vous ne dites pas Bardella ?
Il n'y aura pas Bardella-Mélenchon. Nous, je vous dis une seule chose, c'est qu'aujourd'hui, M. Mélenchon nous dit, on va augmenter les salaires, on va tordre le bras du capital, etc. Très bien. Moi aussi, je suis pour une meilleure répartition des richesses et pour augmenter les salaires et les retraites. Comment on fait en restant dans l'euro et l'Union européenne qui sont là pour faire baisser nos salaires ?
Ça n'est pas faisable.
Par contre, moi, ce que je propose, reprendre la main de notre pays, le contrôle, sortir le lieu et l'euro.
Je pense qu'on a bien entendu votre proposition.
Je finis juste ma phrase. C'est ça qui permettra de reprendre le contrôle du pays et notamment d'augmenter les salaires et les retraites.
Bonne journée, Florian Philippot.
Merci à vous.
Florian Philippot