Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 mai 2022 11 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergie

Julien Bayou : "Élisabeth Borne, c'est la continuité d'un quinquennat d'inaction climatique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 35 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « C'est donc Elisabeth Borne qui a été nommée Première Ministre hier. »
  • 1:05PrésentateurPromesse
    « Vous n'attendez rien ? »
  • 1:12Locuteur 3Promesse
    « Il faut donner sa chance au produit. »
  • 2:38Locuteur 3Promesse
    « La seule garantie pour avoir une action climatique dans les prochaines années, c'est de voter NUPES aux prochaines législatives. »
  • 2:43Locuteur 3Promesse
    « C'est d'avoir une majorité de députés écologistes, insoumis, communistes, socialistes qui puissent contraindre Emmanuel Macron à agir. »
  • 2:53Locuteur 3Promesse
    « Objectif 100% des énergies renouvelables, sortie des pesticides, rénovation thermique massive. »

Temps de parole

  • Locuteur 369 %
  • Julien Bayou19 %
  • Présentateur12 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9.

0:06
Julien Bayou

Et notre deuxième invité est désormais le secrétaire national d'Europe Écologie des Verts, candidat de la NUP aux législatives à Paris. Julien Bayou, bonjour. Merci d'être notre micro ce matin. C'est donc Elisabeth Borne qui a été nommée Première Ministre hier. Une femme à Matignon, je le disais tout à l'heure, ce n'était pas arrivé depuis Edith Cresson, 1991, plus de 30 ans. Votre réaction à ce fait-là pour commencer ?

0:32
Locuteur 3

Enfin, enfin une femme à nouveau Première Ministre. C'est un vrai joli signal. Par contre, c'est le seul motif de satisfaction. Elle n'a pas de bilan au ministère de l'Écologie, si ce n'est d'avoir supprimé 1600 postes. Elle avait souhaité appliquer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Elle n'en a rien fait. Elle avait même souhaité un référendum, évidemment. Il n'en a rien été. Le Président a jeté tout ça à la broyeuse. On n'attend absolument rien, évidemment, de cette ministre.

1:04
Présentateur

Vous n'attendez rien ? Vous ne lui donnez même pas une chance de lui surprendre en bien ?

1:08
Locuteur 3

Non, parce qu'en fait, au début d'un mandat, évidemment, il faut donner sa chance au produit. Il faut laisser le bénéfice du doute. Vous ne le faites pas, là ? Là, ce n'est pas le début du mandat. C'est la continuité d'un mandat qui est un quinquennat d'inaction climatique. Le Haut Conseil et l'égalité, qui est une autorité indépendante, a dit dans tous les sens que le quinquennat d'Emmanuel Macron est un quinquennat d'inaction climatique. C'est le seul président qui a été condamné par deux fois par sa propre justice pour une action climatique. Donc, les faits sont là. Les faits sont têtus. Ce président ne s'intéresse pas au climat. On est dans une période de sécheresse aggravée.

Et on continue sur un modèle agricole prédateur de l'eau. Rien n'a été fait pour anticiper ou pour adapter.

1:45
Julien Bayou

Vous ne croyez pas à la promesse de la planification écologique, à la promesse, on verra ce qu'il en sera, de deux ministères forts qui pourraient faire leur apparition, l'un de la planification énergétique, l'autre de la planification écologique territoriale, même ça ?

2:01
Locuteur 3

Non, ne vous laissez pas berner par les mots. Si vous vous souvenez, il y a un haut-commissaire au plan, je crois, qui avait été réinventé il n'y a pas si longtemps, François Bayrou, qui n'a fait rien du tout, si ce n'est des rapports que d'autres autorités ont jugés indigents. Ce commissaire au plan qui avait été installé après que l'essentiel des fonds du plan de relance ait été dilapidé en pure perte et sans aucune contrepartie ni sociale ni environnementale, on nous a déjà fait le coup. Je pense que l'ensemble de la population a pu juger sur pièce des ambitions environnementales et sociales d'Emmanuel Macron.

La seule garantie pour avoir une action climatique dans les prochaines années, c'est de voter NUPES aux prochaines législatives. C'est d'avoir une majorité de députés écologistes, insoumis, communistes, socialistes qui puissent contraindre Emmanuel Macron à agir, qui puissent avoir une véritable action pour le climat, agir. Par exemple, dans le projet que nous allons dévoiler jeudi, l'enjeu c'est moins 65% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Objectif 100% des énergies renouvelables, sortie des pesticides, rénovation thermique massive. Voilà du concret, voilà du très concret.

2:59
Présentateur

Une femme et un profil qui vient de la gauche, elle était au Parti Socialiste. Est-ce que ça ne va pas compliquer votre campagne pour les législatifs ? Poussez certains de vos électeurs qui sont très mal à l'aise avec votre alliance avec les insoumis vers Emmanuel Macron.

3:12
Locuteur 3

Mais le bilan d'Elisabeth Borne en matière sociale, c'est le bilan d'une femme de droite. Et elle est maintenant première ministre d'un président de droite. Et personne ne s'y trompe. Quand vous faites la réforme de l'assurance chômage, c'est un million de personnes qui voient leurs allocations réduites. Un million de personnes qui sont déjà la tête sous l'eau, à qui on enfonce la tête sous l'eau pour être bien sûr qu'ils sont toujours plus précaires. Une femme première ministre, d'où qu'elle vienne, qui s'engage comme principal projet la réforme de la retraite à 65 ans, c'est une politique de droite. Point. Personne ne sera dupe de quoi que ce soit.

Nous sommes au contraire pour la retraite à 60 ans. Nous sommes pour la réduction du temps de travail. Nous sommes pour l'autonomie de la jeunesse. Voilà le type de mesures enthousiasmantes. Et c'est aussi ça que je vois sur le terrain. Bien sûr, cette coalition agglomère les différentes forces et j'espère les différents électorats, mais ranime l'espoir d'un changement de vie concret pour des millions de personnes à partir de juin. Mais ça, c'est à condition de voter NUPES.

4:06
Julien Bayou

Emmanuel Macron a multiplié les attaques contre Jean-Luc Mélenchon. Un troisième tour, ça n'existe pas. Ne vous laissez pas intimider par ceux qui voudraient rejouer aux législatives, ce qui a été tranché à la présidentielle. C'est ce qu'il a dit aux candidats de la majorité qui étaient réunis le 10 mai dernier au doc d'Aubervilliers. Il a évoqué une extrême gauche qui a gagné le combat Gramscien face aux forces politiques qui ont voulu s'allier avec elle. Bref, l'extrême gauche a gagné la bataille des idées et vous, vous l'avez perdue.

4:36
Locuteur 3

A-t-il tort ? Moi, j'ai entendu Stanislas Guérini et Emmanuel Macron dire que le troisième tour, ça n'existe pas. Mais dans ce cas-là, ça veut dire quoi ? Le vote n'a aucun sens ?

4:46
Présentateur

Non, ça veut dire que dans l'histoire, les législatives donnent la majorité au président qui a été élu quelques semaines avant.

4:52
Locuteur 3

Jusqu'ici ? Jusqu'ici. Jusqu'ici, mais en 1997, la dissolution parfaitement inattendue a donné lieu à une coalition parfaitement inattendue et une majorité gauche plurielle inattendue également.

5:02
Présentateur

Il n'y avait pas de présidentielle un mois avant.

5:04
Locuteur 3

Et les acquis, c'était deux ans avant, et les acquis gouvernementaux de cette majorité gouvernent encore notre quotidien. C'est la réduction du temps de travail, c'est la loi SRU sur les logements sociaux, c'est la couverture maladie universelle, c'est le PACS devenu mariage pour tous. Et je note aujourd'hui, en cette journée de lutte contre les violences LGBT, que ce gouvernement a abîmé les droits humains. Plus 100% d'actes homophobes LGBT, vous voyez, il est possible de changer la vie, mais ça n'est pas avec ce gouvernement que nous obtiendrons quoi que ce soit, ni pour le climat, ni pour la justice sociale, ni pour l'approfondissement et de nouveaux droits.

5:42
Présentateur

On va passer à la laïcité, Eric Piolle, le maire de Grenoble, a fait voter de justesse hier soir par le conseil municipal une modification des règlements des piscines municipales qui permettront donc aux femmes de se baigner en burkini. Une décision qui provoque ce matin des critiques venant de tous bords politiques, qui dénoncent une décision électoraliste, communautariste, une soumission à l'islam politique. Vous soutenez, Eric Piolle, ce matin ?

6:03
Locuteur 3

Oui, et je me permets de vous reprendre, ça n'a rien à voir avec la laïcité, je ne sais pas d'où vous tirer ça. La laïcité, loi de 1905, qui reconnaît la neutralité de l'Etat à l'égard des églises, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, combinée au principe de neutralité des services publics, garantit l'égalité. La laïcité et la neutralité ne s'appliquent qu'aux agents. Les usagères des services publics sont libres d'exercer leur culte, leur religion. Vous soutenez Eric Piolle, vous soutenez cette décision ?

6:30
Présentateur

Excusez-moi, ce n'est pas anodin. Ce n'est pas du tout anodin la décision qui a été prise hier. Je vous demande si vous la soutenez, par exemple, et si vous soutenez que toutes les piscines de France autorisent désormais le Burkina.

6:39
Locuteur 3

Alors, je vous le redis, ça n'a rien à voir avec la laïcité et désolé de vous avoir repris là-dessus, mais c'est important. Ensuite, si c'est une question absolument fondamentale, et j'ai noté que toutes les télés du monde, et de France en tout cas, étaient à Grenoble, et qu'elles le sont moins quand il s'agit de, par exemple, saluer les mesures de 100% d'autonomie énergétique de la ville qu'elle va atteindre dans les mois prochains. Je note qu'elles ne sont pas là non plus, alors que ça fait 4 ans qu'à Rennes, c'est le cas, c'est déjà autorisé, et que ça ne provoque aucun problème. Donc oui, nous soutenons ce principe d'égalité.

Si c'est un sujet aussi majeur, alors que droit soit donné à Eric Piolle, il a proposé au Premier ministre et au Président de s'en saisir. Si c'est un problème absolument aussi fondamental, ça ne peut pas être réglé au niveau d'un conseil municipal. C'est le règlement des piscines, mais si c'est fondamental, comme votre question semble le sous-entendre, Votre position, c'est quoi ? C'est que c'est un problème marginal ? Oui, absolument.

7:33
Présentateur

C'est que ce n'est pas un problème, en fait ?

7:34
Locuteur 3

Non, égalité, pas d'injonction sur le corps des femmes, liberté.

7:39
Présentateur

Si demain vous êtes au pouvoir, le burkini sera autorisé partout en France, c'est ça que vous dites ?

7:43
Locuteur 3

Je souhaite que les femmes musulmanes puissent exercer leur religion, et d'en changer d'ailleurs, ou ne pas croire. Et je souhaite que les femmes puissent se baigner. Et je souhaite qu'elles subissent moins d'injonctions à se vêtir ou à se dévêtir, oui. Et par contre, oui, je vais vous le dire, ce qui se passe actuellement sur la sécheresse, aujourd'hui, dans 15 départements, l'impact sur les fruits et légumes, le prix des fruits et légumes à venir, est autrement plus important, oui.

8:04
Présentateur

Avec ce genre de décision, ne prouvez-vous pas qu'Emmanuel Macron a raison quand il dit que la NUPES choisit le communautarisme plutôt que l'universalisme ?

8:11
Locuteur 3

Non, alors vraiment, ça c'est n'importe quoi. Et ce qui est aussi n'importe quoi, je tiens à le dire, c'est quand Laurent Wauquiez, sous couvert de batailler pour la République, attend à l'état de droit quand il dit qu'il va supprimer des subventions à une collectivité territoriale. Si un élu écologiste avait fait ça, c'est-à-dire avait dit je ne vais pas soutenir une subventionnée, une collectivité, parce qu'elle a pris une décision légale qui me déplaît, tout le monde se rend toupi.

Et là on a un Laurent Wauquiez qui se permet de critiquer une décision légale, le conseil municipal a régulièrement délibéré, 29 fois par 27, la délibération est adoptée, c'est légal, c'est conforme à l'état de droit, ne vous en déplaise, ça n'a rien à voir avec la laïcité, puisque ce sont des maillots couvrants, et l'enjeu c'est donc l'hygiène et la sécurité.

Ce règlement, aussi important soit-il, règlement intérieur du conseil municipal, est mis à jour, et tout ça, on devrait tolérer que le président de région, Laurent Wauquiez, puisse comme ça, censurer des subventions à des collectivités territoriales, c'est parfaitement anticonstitutionnel au principe de libre administration des collectivités territoriales.

9:14
Julien Bayou

Un mot très rapide, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Bessé, trois anciens députés européens élus Europe Écologie Les Verts, ont publié dans Le Monde il y a 15 jours une tribune au vitriol, contre votre accord à gauche, ils écrivent, je les cite rapidement, pour justifier votre posture de néo-converti à l'insoumission, vous accumulez contre-vérité et mensonge sur l'Union Européenne en appelant à la désobéissance vis-à-vis des traités de la mutualisation et de la solidarité, vous engagez la guérilla contre l'Europe au nom du nationalisme. Que leur répondez-vous ? C'était des compagnons de groupe quand même, et pas n'importe lequel.

9:49
Locuteur 3

Daniel Cohn-Bendit lui-même disait qu'il ne fallait pas respecter les critères de Maastricht. Je crois vraiment que là, il y a une perdition, et j'ai adoré la réponse de Noël Mamère. Sur l'Europe, je suis fier du chemin que nous sommes en train de tracer, de réconciliation, de la fracture qu'il y a eu sur le oui et le non au référendum. On pouvait dire oui sans graver dans le marbre les règles libérales d'austérité, et on pouvait dire non sans vouloir quitter l'Europe. Voilà le chemin que nous traçons pour une Europe renforcée, réorienter l'Europe et non pas la quitter, renforcée au service du climat et de la paix et de la prospérité.

10:20
Julien Bayou

Merci Julien Bayou. À suivre, la revue de presse de Klauda Skolovic, l'actrice et maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes. Virginie Fiera au micro, votre micro Léa, et le billet d'Alex Vizorek.