Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 16 %Attaque 54 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça vous évoque, ce triptyque ordre, ordre, ordre ?
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Il a expliqué qu'il voulait mieux intégrer les hommes et les femmes qui participent à la valeur ajoutée du pays. Qu'en pensez-vous ?
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Est-ce qu'elle a été efficace, Elisabeth Borne, sur ce coup-là ?
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Qu'est-ce que ça vous évoque, l'ordre dont parlent Emmanuel Macron et Éric Decouty ?
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Sur la forme, Emmanuel Macron clôt ici les 100 jours, mais sur le fond, c'est un peu plus délicat. Vous nous en dites quelques mots ?
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Comment est-ce qu'on peut percevoir ici le soutien d'Emmanuel Macron aux forces de l'ordre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il est important pour le chef de l'État de remettre de l'autorité en France aujourd'hui. »
- 0:38InvitéFait
« Il explique que s'il y a eu une telle quantité d'émeutiers aussi jeunes, c'est parce qu'il y avait un problème d'autorité dans la famille. »
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« Suspendre les allocations familiales des familles de délinquants, réduire, abaisser la majorité pénale, il n'y a rien. »
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« Il voulait mieux intégrer les hommes et les femmes qui participaient à la valeur ajoutée du pays. »
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« En 2005, il aura fallu attendre trois semaines en état d'urgence. Ici, ça a été relativement bien réglé, 45 000 forces de l'ordre, et on n'en parle plus. »
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« Nul n'est au-dessus de la loi, c'est-à-dire que les policiers qui sont mis en cause dans des procédures judiciaires pour des violences présumées, eh bien, la justice fait son travail. »
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« Sur 900 blessés durant les émeutes, seulement, on va le dire entre guillemets, seulement 28 enquêtes ont été lancées par l'inspection générale, à la fois de la police et de la gendarmerie, en ce qui concernerait des actes malveillants venant des policiers. »
- 10:22InvitéFait
« Cette allocution était totalement inutile, qu'elle était aussi indécente en termes de déconnexion, en termes d'aveuglement, en termes de mépris aussi pour les événements qu'ont subi les Français ces dernières semaines avec des émeutes inédites compte tenu de leur gravité. »
- 11:12InvitéFait
« M. Macron s'est substitué à la justice quasiment après les événements de Nanterre en disant que ce qui s'était passé était inacceptable et inexcusable. »
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« Dans les causes des émeutes urbaines que nous avons connues, M. Macron ne cite pas l'immigration massive et la responsabilité écrasante, évidente, que tous les Français connaissent, des politiques migratoires qui ont contribué à nourrir le communautarisme, la haine de la France et les violences. »
- 13:49InvitéFait
« L'immense majorité des voyous, des délinquants et des racailles qui à la fois pourrissent le quotidien des Français et qui sont responsables des saccages, des dévastations, ont un lien avec l'immigration, ont un lien avec les politiques d'immigration et ont un lien surtout avec l'absence d'assimilation républicaine. »
- 23:53Locuteur non identifiéFait
« Le meurtre d'un jeune homme de 17 ans qui a été tué par un policier. »
- 33:26InvitéFait
« ses propos sur le geste du policier qui a entraîné la mort de Naël, dont il disait qu'il était inexcusable et inexplicable »
- 42:11InvitéFait
« nul en République n'est au-dessus de la loi »
- 44:27Locuteur non identifiéFait
« un policier à l'usage de la force légitime, donc on lui donne mandat pour ça, ce qui est une responsabilité extrême »
- 45:46Locuteur non identifiéChiffre
« les enquêtes d'opinion depuis ces derniers mois, mis à part une forte baisse pendant le mouvement des gilets jaunes, la police nationale française et républicaine fait à chaque fois montre d'un vrai soutien de la part de la population, avec entre 70 et 75% d'opinion favorable »
- 47:05InvitéFait
« il y a une loi qui a été votée à l'époque, c'était Bernard Cazeneuve qui s'en était chargé, qui élargissait un peu les conditions dans lesquelles les policiers pouvaient faire usage de leurs armes »
- 47:26InvitéFait
« si les juges ont voulu mettre en détention provisoire ce policier marseillais, c'est parce que la justice considérait qu'il fallait faire un exemple »
- 48:56InvitéFait
« le président de la République est droit dans ses bottes, qu'il n'a pas envie de changer de cap, qu'il n'a pas envie de changer de premier ministre pour l'instant »
Temps de parole
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Emmanuel Macron qui s'est entretenu avec nos confrères de TF1 et de France TV pendant une demi-heure, il a répondu à tout un panel de questions. On retiendra aussi et surtout l'autorité, il est important pour le chef de l'État de remettre de l'autorité en France aujourd'hui. Je vais le citer, c'est le retour à l'ordre qui a prévalu, ce retour à l'ordre parce qu'il n'y a pas de liberté sans ordre. Il a ajouté, utilisé ce triptyque, ordre, ordre, ordre. Qu'est-ce que ça vous évoque ça Guillaume Roquette ?
Ça m'évoque le pressentiment chez le chef de l'État que les Français ont été profondément troublés par ces émeutes. Je ne suis pas convaincu que la réponse qu'il donne soit vraiment convaincante. À un moment, il explique que s'il y a eu une telle quantité d'émeutiers aussi jeunes, c'est parce qu'il y avait un problème d'autorité dans la famille. Il a dit qu'il faut y remédier, mais on ne comprend pas comment. On a le sentiment qu'Emmanuel Macron fait le diagnostic, mais qu'il ne veut pas apporter de réelles solutions.
Il disait qu'il faut que les problèmes soient mieux répartis entre les villes, mais sur les propositions concrètes qui lui ont été faites, suspendre les allocations familiales des familles de délinquants, réduire, abaisser la majorité pénale, il n'y a rien. En fait, on a le sentiment qu'Emmanuel Macron considère qu'il ne s'est rien passé de grave, véritablement, entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet. Que tout continue comme avant, avec des discours qui sont effectivement très martiaux dans la forme, mais sur le fond, je ne vois pas une mesure concrète forte qui soit une réponse.
Et en tout cas, il y a en plus un élément totalement passé sous silence, qui est le lien qu'ont mis en avant la droite et l'extrême droite entre une politique migratoire non maîtrisée et ces violences. Or, le président de la République dit, nous allons lutter contre l'immigration clandestine, mais l'autre, on n'y touche pas.
Il a même expliqué, Emmanuel Macron, qu'il voulait mieux intégrer les hommes et les femmes qui participaient à la valeur ajoutée du pays. On y reviendra, bien évidemment. Emmanuel Macron qui s'appuie sur le fait qu'il a toute confiance en Elisabeth Borne. Il l'a dit, il l'a répété, il en a parlé tout au début, en tout cas, de son allocution. Voilà ce qu'il a dit, c'est le choix de la confiance, de la continuité, de l'efficacité. Sois-y qu'elle a été efficace, Elisabeth Borne, sur ce coup-là ?
Alors, déjà, sur la manière dont le président de la République qualifie la Première Ministre, c'est un soutien, mais ce n'est pas quand même un soutien franc et massif. C'est-à-dire que c'est calibré, c'est fait en sorte d'arrêter les spéculations, parce qu'il sait bien que, de toute façon, la manière dont il a reconduit Elisabeth Borne a posé énormément de questions. Elle décide de maintenir la Première Ministre. Vous savez qu'elle était sur un siège éjectable. Après, est-ce qu'elle a été efficace aux yeux ? Très vite, il parle de lui-même. Il parle d'Elisabeth Borne et puis très vite, il dit, mais je me suis déplacée. Et j'ai relancé des nouveaux chantiers.
Donc, lui, il considère que lui est efficace, puisqu'il impulse des politiques et qu'il y a des lois qui sont votées. Donc, pour vous, ce triptyque, le choix de l'efficacité, encore une fois, de la continuité, il parle de lui ? Pas d'Elisabeth Borne ? Effectivement. Et d'ailleurs, quand Guillaume parle de l'ordre, qu'est-ce qu'il répond ? Emmanuel Macron, il répond qu'il y a des choix qui ont été faits de déploiement des forces de l'ordre. Mais l'idée, de toute façon, depuis le début, depuis les émeutes et même depuis la réforme des retraites, est de dire, je continue. Je continue sur mon sillon. Je ne bougerai pas.
Et donc, effectivement, des nouvelles forces de l'ordre qui sont adjointes, quand c'est nécessaire. Mais l'idée de dire que les éléments, les tempêtes ne le font plus dévier, c'est fini.
Qu'est-ce que ça vous évoque, ça ? L'ordre dont parlent Emmanuel Macron et Éric Decouty. L'ordre, l'ordre, l'ordre. Pour lui, c'est devenu un nouveau triptyque. C'est le cap à franchir aujourd'hui ?
Moi, je trouve que, d'une manière générale, j'ai trouvé qu'il était un commentateur d'une actualité immédiate, plus que d'une force de proposition et d'un grand cap à dessiner. Sur la question des violences et des émeutes, il ne parle que d'ordre et d'autorité. Comme si c'était exclusivement le sujet. Il ne parle pas de politique de ville. Il n'y a aucune autre... Je suis assez d'accord sur ce que dit Guillaume. Il n'y a aucune proposition, même sur ces sujets-là. Mais c'est comme si la crise des banlieues et les émeutes n'était qu'une question d'ordre et d'autorité. Et je pense que ça, c'est... Oui, il y a une forme de déni.
C'est-à-dire que, oui, il y a un besoin d'ordre, mais considérer que c'est juste une question d'autorité dans la famille, je reprends ce propos, c'est qu'il faut rétablir l'autorité parentale, l'autorité familiale, comme si toute la crise des banlieues se résumait à cette question-là. Je trouve que c'est un peu court. La question de l'autorité parentale. La question de l'autorité parentale. Je trouve que c'est un peu court. Et réducteur, vous trouvez ? Réducteur. Je pense que c'est... Il y a une forme de déni, parce qu'il y a une impression globale, moi j'ai l'impression globalement, qu'il ne s'était passé pas grand-chose.
Finalement, c'était une parenthèse, et il s'était passé quelque chose d'assez anecdotique, que ça avait révélé le malaise d'une jeunesse, en manque d'autorité, comme si tous les émeutiers, les gamins qui avaient été là, c'était des enfants qui étaient perdus, leur famille, et que finalement, ce n'était pas si grave. Il suffisait de rétablir un peu l'autorité parentale. On allait faire ça à la rentrée, et que tout allait rentrer dans l'eau.
Emmanuel Macron fera un comparatif avec 2005. Il explique qu'en 2005, il aura fallu attendre trois semaines en état d'urgence. Ici, ça a été relativement bien réglé, 45 000 forces de l'ordre, et on n'en parle plus.
Ça aussi, c'est de manière générale, c'est de dire que finalement, il y a une sensation de « tout va bien, regardez comment on travaille bien ». On a fait mieux qu'en 2005 pour les émeutes de l'époque, et globalement, on a bien réussi, regardez comment on est efficace. Je trouve qu'il y a une forme de déni par rapport à la situation global.
On se connecte aussi en direct de Nouméa avec vous, c'est la bougriou. Sur la forme, Emmanuel Macron clôt ici les 100 jours, mais sur le fond, c'est un peu plus délicat, vous nous en dites quelques mots. Oui, absolument. D'abord, sur la forme, pour commencer, sachez que vendredi, pour vous donner un peu les coulisses, vendredi dernier, alors que l'Elysée venait d'annoncer la composition du nouveau gouvernement, l'entourage d'Emmanuel Macron était incapable de nous dire quel format serait privilégié pour cette expression.
Alors certes, le chef de l'État a été contraint par son agenda, il s'était engagé à parler avant la fin de la semaine, et puis dimanche, il y avait donc ce départ pour la Nouvelle-Calédonie, et donc cette longue tournée pour... pour l'Océanie. Plus de 5 jours, une visite historique. Et puis, sur le fond, sur le fond, et bien certains de ses lieutenants, depuis plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, pressaient Emmanuel Macron, l'encourageaient vivement, j'allais dire, à redonner un cap, ou en tout cas en coulisses, s'agacer de voir une forme de flottement.
Alors, pour le coup, là, Emmanuel Macron, en prenant la parole sous ce format assez particulier, après avoir passé l'étape de l'interview traditionnelle du 14 juillet, a remis, replacé ses fondamentaux. J'allais dire, quelques jours après la recomposition du gouvernement, ce remaniement, il a dit un mot, effectivement, d'Elisabeth Borne, redit un mot de ses chantiers prioritaires, vous en parliez tout à l'heure, l'ordre, la justice. Voilà, ce sont donc des grandes lignes qui posent les jalons pour la politique à venir sur ces prochains mois, avant les rentrées, et donc là aussi, ces grands enjeux. – Merci à vous, Célia Bourillon, en direct donc de Nouméa.
On en parlait aussi à Emmanuel Macron, qui revendique ici son soutien à Gérald Darmanin, mais aussi aux forces de l'ordre. Comment est-ce qu'on peut le percevoir ici, Guillaume Roquette ?
– Je pense que le chef de l'État est vraiment là en même temps, c'est-à-dire que, oui, il y a un soutien aux forces de l'ordre, et en ça, il est le relais de l'admiration des Français et de leurs inquiétudes. C'est vrai que les émeutes se sont arrêtées assez rapidement. – Quatre jours. – C'est quatre jours. Est-ce que c'est grâce aux forces de l'ordre ? Est-ce que ce sont les trafiquants de drogue qui ont ramené tout le monde à la raison parce que c'était mauvais pour le business ? On pourrait en discuter. Mais en tout cas, le résultat est là.
Et en même temps, il dit, et c'est une phrase importante, que nul n'est au-dessus de la loi, c'est-à-dire que les policiers qui sont mis en cause dans des procédures judiciaires pour des violences présumées, eh bien, la justice fait son travail. En l'occurrence, il n'a pas condamné la mise en détention provisoire d'un policier marseillais. Vous savez, ça fait beaucoup réagir, Éric en a parlé à l'instant, dans le milieu policier. Donc là, véritablement, on est dans une espèce de position d'équilibre, exactement comme sur les autres sujets, d'ailleurs. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'inflexion du quinquennat. Il y a le sentiment que, en fait, les choses sont relativement maîtrisées.
Les Français vont partir en vacances. Le chef de l'État fait un peu le service minimum, quand même, cette interview à l'autre bout du monde, avec un fond, comme ça, artificiel, un léger différé dans les réponses.
Un léger différé important.
Absolument. On ne peut pas dire que ce soit la mise en scène d'une rencontre, j'allais dire presque au cœur à cœur, avec les Français.
Mais pour vous, ce n'est pas l'allocution du siècle ?
Non, ce n'est pas l'allocution du siècle. On a le sentiment que le président s'est dit, bon, il faut cocher cette case-là, parce que les gens ne comprennent pas que je n'ai rien à dire après les émeutes. Donc, je parle. Est-ce que les Français auront encore le sentiment qu'il n'avait rien à dire ? À mon avis, ce n'est pas exclu. Un mot sur les policiers, ce que dit Guillaume sur le tentative en même temps. Oui, une tentative en même temps avec les policiers. Il n'empêche que ça apparaît comme un recadrage assez sévère, sur un ton soft, mais assez sévère, du directeur général de la police nationale ce matin dans Le Parisien.
Il n'a pas voulu commenter, hein ? Il a dit, je ne commenterai pas.
Il ne commente pas, mais il n'empêche qu'il répond. Nul aurait pu mettre le dessus. Nul ne peut naître au-dessus des lois. Et la justice, les juges se prononcent de façon indépendante. Donc, il n'est pas question de remettre en cause la justice telle qu'elle est. Donc, je ne suis pas certain, vu les réactions en chaîne qu'il y a eu ce matin des syndicats de policiers depuis la déclaration du patron de la police, que ce propos, malgré la pommade qu'il a passée à l'endroit des policiers, apaise les humeurs.
Il a quand même ajouté, Emmanuel Macron, que sur 900 blessés durant les émeutes, seulement, on va le dire entre guillemets, seulement 28 enquêtes ont été lancées par l'inspection générale, à la fois de la police et de la gendarmerie, en ce qui concernerait des actes malveillants venant des policiers. On va se connecter tout de suite avec Julien Audoul, qui est en direct de l'Assemblée nationale, porte-parole du Rassemblement national et député de Lyon. Bonjour, Julien Audoul.
Bonjour.
Qu'est-ce que vous avez pensé de cette allocution d'Emmanuel Macron, justement, notamment sur le cadre justice émeute ? Nul n'est au-dessus de la loi en République. Qu'est-ce que ça vous évoque ?
Déjà, il faut quand même avoir l'honnêteté de dire que cette allocution était totalement inutile, qu'elle était aussi indécente en termes de déconnexion, en termes d'aveuglement, en termes de mépris aussi pour les événements qu'ont subi les Français ces dernières semaines avec des émeutes inédites compte tenu de leur gravité. Donc très clairement, on voit un président qui est dans l'autosatisfaction, qui est dans la continuité, qui est dans le circuler, il n'y a rien à voir. Et tout cela pose véritablement un problème démocratique, un problème démocratique puisque les Français en ont encore pour 4 ans. Ensuite, sur ces déclarations, moi j'ai noté quand même une petite phrase.
Il ne voulait pas commenter la décision du magistrat concernant Marseille et la détention du policier. C'est assez cocasse quand on sait que M. Macron s'est substitué à la justice quasiment après les événements de Nanterre en disant que ce qui s'était passé était inacceptable et inexcusable. Donc on voit bien un revirement de sa part. Et concernant, j'allais dire, le climat général et notamment la grave crise, crise d'État aujourd'hui qui règne au niveau de la police et au niveau de la justice, on voit bien qu'il n'apporte aucune solution.
Il a jeté de l'huile sur le feu par le passé, on le sait, puisqu'il est responsable notamment d'un abandon caractérisé et d'un lâchage politique de notre police nationale. Il faut se rappeler cette interview scandaleuse aux médias bruts quand il avait jeté une suspicion de racisme sur nos forces de l'ordre. Depuis bien longtemps, aujourd'hui, les policiers ne se sentent pas soutenus par le pouvoir politique et par leur président de la République. Donc aujourd'hui, on sent qu'il est très mal à l'aise et qu'il n'apporte aucune réponse à la grave crise que connaît l'institution.
– Julien Oudoul, le président de la République, qui explique que le gouvernement a la volonté de continuer à bâtir justement à la fois sur la justice, sur la sécurité, mais aussi sur l'immigration, avec toutes les bonnes volontés. Est-ce que vous allez faire partie de ces bonnes volontés ? Est-ce que vous allez accepter de bâtir avec le président de la République ? Vous l'avez dit, on en a encore pour 4 ans. Est-ce que durant ces 4 ans, les Français pourront compter sur vous ?
– Non mais, M. Macron ne comprend rien à rien, ne comprend pas la crise et les crises que nous vivons actuellement, n'y apporte aucune réponse, que ce soit sur le volet sécuritaire que sur le volet migratoire. J'ajoute que dans les causes des émeutes urbaines que nous avons connues, M. Macron ne cite pas l'immigration massive et la responsabilité écrasante, évidente, que tous les Français connaissent, des politiques migratoires qui ont contribué à nourrir le communautarisme, la haine de la France et les violences contre à la fois les bâtiments publics et les forces de l'ordre.
– Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a bien expliqué que seulement 10% des interpellés, même moins de 10%, faisaient partie de l'immigration. Donc ce sont bien des jeunes, bien des jeunes Français aujourd'hui qui ont été des émeutes. Encore une fois, je vais vous renouveler ma question. Est-ce que le gouvernement va pouvoir compter sur vous, Julien Roudon, pour pouvoir continuer à bâtir avec la meilleure volonté, comme il l'a évoqué ?
– Est-ce que vous pourriez arrêter, s'il vous plaît, pas vous personnellement, Jeanne Baron, mais également un certain nombre de vos confrères, de vous retrancher derrière cet argument soi-disant massue de dire « ils sont Français, circulez, il n'y a rien à voir, il n'y a pas de problème d'immigration ». Excusez-moi, l'immense majorité des voyous, des délinquants et des racailles qui à la fois pourrissent le quotidien des Français et qui sont responsables des saccages, des dévastations, ont un lien avec l'immigration, ont un lien avec les politiques d'immigration et ont un lien surtout avec l'absence d'assimilation républicaine. C'est un fait, c'est évident, tous les Français le savent.
Alors je veux bien que certains mettent des œillères encore, encore une fois, mais les politiques migratoires telles qu'elles sont menées depuis 40 ans dans notre pays ont engendré ces émeutes, engendrent la sécession de territoires entiers et d'une partie de la population, certes française, ça je ne le nie pas, mais qui encore une fois n'a rien de français, que ce soit pour nos valeurs, notre culture, notre mode de vie et la violence qu'elle exerce à la fois contre les représentants de l'État et contre les citoyens français au quotidien.
Julien Audoul, rapidement avant que l'on ne se laisse, aujourd'hui, cette question à laquelle vous n'avez pas encore répondu, je me permets donc d'insister, lorsqu'on parle de bonne volonté pour pouvoir reconstruire, notamment sur les grandes questions de justice, de police ou encore d'immigration, est-ce que vous serez là, est-ce que vous serez présent pour avancer avec le gouvernement ou pas, dans la bonne direction ? Quelle est votre position ?
Certainement pas avec ce gouvernement, et vous le savez très bien, le Rassemblement National autour de Jordan Bardella et de Marine Le Pen et le grand parti d'opposition, c'est surtout la grande force d'alternative. Il y a besoin d'un changement, d'un très grand changement dans notre pays, et c'est certainement pas avec la continuité des politiques macronistes que nous arriverons à aider les Français, à soutenir leur pouvoir d'achat et à restaurer l'ordre et l'autorité.
Donc nous serons là pour préparer l'avenir, pour soutenir les Français, pour soutenir les forces de l'ordre qui en ont bien besoin, mais certainement pas pour apporter de l'air à ce gouvernement totalement déconnecté, déconsidéré, qui n'a plus rien à dire aux Français, si ce n'est répéter inlassablement ces échecs et des constats qui sont partagés par tout le monde. C'est dramatiquement insuffisant.
Merci beaucoup Julien Audoul, en direct de l'Assemblée nationale, porte-parole du Rassemblement national. Députée de Lyon, merci beaucoup d'avoir été aujourd'hui avec nous en direct sur LCI. On en parle justement, est-ce qu'il faut aujourd'hui pouvoir trouver cette nouvelle majorité, en tout cas une sorte de coalition pour pouvoir avancer ? Sois-y Kéménard. Alors là il a été très clair, le Président de la République,
il explique qu'il n'y a pas d'autre majorité, et que lui il a une majorité d'échange, c'est-à-dire d'échange sur des textes, et finalement, je pense que c'est un des points politiques intéressants de cette interview, c'est-à-dire qu'il fait le constat de son instabilité, c'est-à-dire une majorité relative, c'est compliqué, il a eu du mal à passer des textes, mais ils sont passés, alors avec 149.3, il explique bien, qu'il continue à utiliser tous les articles de la Constitution,
y compris sur la loi immigration,
on comprend bien, de toute façon on s'achemine vers un 49.3 sur la loi immigration à la rentrée, mais alors il explique bien que ça va passer au Sénat d'ailleurs, d'abord, histoire de contraindre les LR, mais donc il prend acte de ça, c'est vrai que pendant un an, on a attendu le geste, c'est-à-dire l'annonce, un référendum, une dissolution, qui lui permettrait de sortir de ce piège finalement qui est la majorité relative, et là ce qu'il dit lors de cette interview c'est, j'y suis, j'y reste, j'ai trouvé les moyens de se m'accommoder de cette situation très compliquée, donc je garde cette première ministre, on va continuer à fonctionner texte par texte, et il le dit bien, pour l'efficacité, à ses yeux, c'est aussi efficace finalement qu'une majorité absolue, puisqu'il compte qu'il y a plus de textes qui sont passés là en début de quinquennat qu'en début de l'autre quinquennat, bon on peut discuter de ça par exemple.
– On peut discuter parce que oui, mais en même temps, j'ai presque envie de vous dire, notamment Guillaume Roquet, lorsqu'on entend ici Julien Audoul, on imagine très clairement que la rentrée va être extrêmement mouvementée, notamment sur les grandes questions de justice et d'immigration.
– Oui, je pense qu'il y a vraiment deux thèmes différents, il y a la distribution des étrennes, là ça marche toujours, si vous voulez, quand il s'agit de dépenser plus d'argent, et c'est parfois nécessaire, la loi de programmation militaire, la revalorisation des moyens donnés à la justice, l'investissement dans une économie décarbonée, là en gros tout le monde est d'accord, parce que de toute façon c'est la dette qu'on augmente, et donc après tout nos petits-enfants s'en occuperont.
En revanche, quand on est sur les sujets régaliens, là oui, effectivement il y a cette fracture, on avait le sentiment, en écoutant Julien Audoul, que le président de la République et lui ne vivaient pas dans le même pays, tant le diagnostic était différent sur la situation actuelle, et sur sa gravité, il va évidemment y avoir du côté du chef de l'État une forme de piège tendu aux républicains, en disant, écoutez, sur l'immigration, on va être un petit peu plus rigoureux qu'on l'est actuellement, donc comme c'est un pas dans le bon sens, suivez-nous. Donc ça peut-être, ça va marcher, mais c'est pas évident.
C'est pas évident, parce que si ça se passe comme ça s'est passé dernièrement à l'Assemblée nationale, ça a l'air d'être très compliqué.
Exactement, parce que c'est une forme de piège, et autant sur les retraites, le texte présidentiel était presque un copier-coller de ce qui était par exemple le programme présidentiel de Valérie Pécresse, mais là pour le coup, sur l'immigration, pour l'instant, les LR disent non. Et il n'est pas exclu qu'il y ait une vraie crise, parce que pour des raisons différentes, et la partie gauche et la partie droite de l'Assemblée peuvent refuser ce texte, même pour des raisons inverses.
Éric Degouty, est-ce que le chef de l'État, malgré lui, vient de mettre encore de l'huile sur le feu aujourd'hui ?
Le chef de l'État, il fait un constat d'échec. Il fait un constat qui est son propre échec. Celui qui était justement en période des 100 jours, d'ouvrir cette majorité, de sortir de l'impasse dans laquelle il est, depuis un an. Et il se dit qu'elle a raison de dire qu'aujourd'hui, il fait le constat, il n'a pas d'autre solution, d'autre choix que de faire le constat qu'il faut continuer comme ça, parce qu'il n'y a pas d'autre solution. Pas de pacte, mais une alliance avec les LR, on le voit bien, elle est totalement impossible. Donc aujourd'hui, il est dans une situation qui est extrêmement compliquée, parce que moi je suis d'accord avec ça. On n'est pas à la veille d'une crise.
On est passé tout près, au moment de la réforme des retraites, devant, au moment de la loi immigration, tout accord est absolument impossible. On le voit bien, on ne voit pas comment est-ce qu'il pourrait être envisagé avec les LR. Ça va être très compliqué. Ça va être très compliqué. Donc c'est le choix de l'impasse, de l'immobilisme. C'est une situation, d'ailleurs, il se garde bien d'évoquer la rentrée de septembre plus en détail.
Il a parlé de la rentrée de septembre avec l'éducation notamment. Est-ce que pour vous, ce qu'il a évoqué, notamment sur l'éducation, sur la formation des professeurs, sur le fait que chaque parent va avoir ici un rôle à jouer et à tenir, à la fois au niveau de l'éducation des enfants, mais aussi au niveau de la violence et de ses émeutes, est-ce que là encore, on arrive avec des propositions fortes, soit-y qu'est-ménard ?
Non, il y a une intention très nette. D'ailleurs, c'était la réponse qui avait été faite, que ce soit par le garde des Sceaux, le président de la République, au moment des émeutes, c'était de dire rétablissons l'autorité parentale. Eric Dupond-Moretti, il avait dit de manière très vive, très forte. Avec cette loi qui existe déjà, qu'on peut appliquer. Et donc là, la question, ça va être quelle proposition ? Parce qu'il nous a donné rendez-vous à la rentrée, le président de la République, sur ces sujets-là. Mais il y a le sujet aussi éducatif et là où c'est compliqué, c'est que finalement, la plupart des réformes ont déjà été mises en œuvre.
Gabriel Attal, il arrive déjà avec un carnet bien plein. C'est des choses qui ont été mises en place soit sous son prédécesseur, soit sous Jean-Michel Blanquer. Donc le remplacement des profs, l'augmentation aussi des profs. Donc on attend Emmanuel Macron et Gabriel Attal sur l'autorité à l'école. Donc ça va être ça ce qu'on va scruter à la rentrée. Mais pour l'instant,
il n'y a rien de clair. Mais est-ce qu'aujourd'hui, très clairement, on a les moyens de nos ambitions dans tout ce qui est évoqué ? Est-ce qu'on a vraiment, concrètement, les moyens de nos ambitions ?
On les aurait si on était prêt à casser le système et ça n'est pas le cas. Qu'est-ce que vous entendez par casser le système ? Moi, je pense que toutes les bonnes paroles et tous les vœux pieux sur l'efficacité de l'éducation nationale, par exemple. Ça ne marche pas tant qu'une administration d'un million de personnes est co-gérée avec les syndicats sans aucune décentralisation. Donc je pense que le président de la République ne se force pas quand il dit qu'il faudrait que les choses aillent mieux, que les profs soient mieux remplacés quand ils sont absents, qu'on soit plus proche des enfants. Mais je pense qu'aujourd'hui, le problème, comme on dit aujourd'hui, il est systémique.
Et c'est là qu'on voit la limite du macronyme, c'est-à-dire une bonne volonté qui ne peut pas être mise en cause, une énergie aussi, mais on n'est jamais dans la rupture. En fait, Emmanuel Macron considère qu'il ne peut pas remettre en question le système et qu'il va falloir l'adapter. Je pense que c'est aussi pour ça qu'on met un ministre très habile politiquement comme Gabriel Attal à l'Éducation nationale pour vendre le mieux possible les réformes qui sont faites. Sur le fond, moi je prends rendez-vous, je crois que l'année dernière il y a eu 15 millions d'heures perdues pour absence de professeurs dans l'Éducation nationale.
Ce ne sera pas le cas cette année, on va voir.
On va voir, on va voir ce que ça donne cette année. Le rendez-vous est prêt. Quand le président dit plus une seule heure non remplacée, je n'y crois pas un seul instant.
Je vous propose que l'on se connecte tout de suite avec Manuel Bompard. Bonjour Manuel Bompard, vous êtes le coordinateur de la France Insoumise, député de l'UPS et les filles des Bouches-du-Rhône. Emmanuel Macron, on vient de l'entendre, qui a parlé notamment de différents pans que sont l'éducation, la justice ou encore l'autorité avec ce triptyque important. Ce que je retiendrai, c'est ce qu'il a dit, c'est ordre, ordre, ordre. Et vous, qu'est-ce que vous retiendrez de cette interview Manuel Bompard ?
Pas grand-chose. Je retiendrai sans doute que le président de la République a été incapable de faire ce qu'il aurait dû faire en tant que garant de la Constitution, c'est-à-dire de rappeler à l'ordre le directeur général de la police nationale et le préfet de police de Paris parce que les déclarations qui ont été les leurs hier soir de soutien au mouvement de sédition qui a été engagé par un certain nombre de policiers sont inacceptables. Et je rappelle que la police n'est pas une autorité indépendante.
Elle est sous la responsabilité du pouvoir politique et que ni le ministre de l'Intérieur ni la première ministre ni le président de la République soient en capacité de dire qu'il y a des choses inacceptables et qu'il faut remettre de l'ordre dans la police républicaine. Je trouve ça inacceptable. Et puis la deuxième chose, c'est qu'il y avait quand même un manque majeur dans cette intervention. C'est qu'il a oublié quel est l'élément qui a été l'élément déclencheur des plusieurs journées de révolte urbaine que notre pays a connues, c'est-à-dire le meurtre d'un jeune homme de 17 ans qui a été tué par un policier.
Et sur ce sujet, le président de la République dit « circuler, il n'y a rien à voir » alors qu'on sait bien qu'il y a de nombreuses modifications de la loi qui sont nécessaires pour éviter qu'un drame de cette nature puisse se reproduire. C'est revenir sur la loi de 2017 qui a permis de faciliter l'usage de l'arme et qui a conduit à une augmentation de 500% du nombre de personnes qui sont mortes suite à des refus d'obtempérer. C'est la mise en œuvre d'une véritable autorité de contrôle indépendante dans la police nationale. Et sur ce sujet-là, j'ai l'impression que pour le président de la République, c'est tout simplement un sujet tabou qu'il ne peut pas évoquer.
Manuel Boupard, lorsque le président évoque au contraire, en République, « nul n'est au-dessus de la loi », il y fait référence. Pas assez d'après vous ?
Mais ce n'est pas pas assez, c'est que heureusement quand même que le président de la République admet l'idée que « nul n'est au-dessus de la loi ». Je rappelle que c'est l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui dit que la loi est la même pour tout le monde. Mais qu'est-ce qu'il a à dire du fait que la plus haute hiérarchie policière ait décidé de prendre le parti des policiers qui contestent une décision judiciaire ? Je rappelle qu'il y a un principe
de séparation des pouvoirs que le président de la République n'a pas commenté. Manuel Boupard, il ne l'a pas commenté. En revanche, il a expliqué que pendant les émeutes, on va replacer quelques chiffres et vous allez nous dire ce que vous en pensez. Il parle de 900 blessés en général et seulement 800 enquêtes lancées, et à la fois par l'inspection générale de la police et l'inspection générale de la gendarmerie nationale. Il ajoute, et c'est important, il ne faut pas se tromper de débat. Est-ce qu'on se trompe de débat quand ici on incrimine systématiquement les forces de l'ordre ? D'après vous, ou est-ce que le débat est ailleurs ? Est-ce qu'il faut aussi en reconnaître ?
Mais madame, à quel moment j'ai incriminé systématiquement les forces de l'ordre ? Je vous dis... Je vous pose la question, Manuel Boupard. S'il y a eu 900 policiers blessés, c'est 900 policiers blessés de trop, bien évidemment, parce que personne ne peut souhaiter que dans notre pays il y ait des personnes qui soient blessées, certainement quand ce sont des policiers, bien évidemment. Mais la question n'est pas là.
La question est de savoir si quand 4 policiers sont mis en cause pour avoir agressé un jeune homme de 22 ans en violence en Réunion et en le laissant mort dans la rue, à partir du moment où la justice dit que c'est inacceptable et qu'elle engage un certain nombre de décisions, et notamment la mise en détention provisoire d'un policier, et qu'il y a un mouvement séditieux de ses collègues policiers partout en France, le rôle du président de la République et de l'autorité politique de la police, c'est de rappeler que c'est inacceptable et que vous ne rendez pas compte à quel point il est grave que le président de la République soit incapable de rappeler à l'ordre et de remettre de l'ordre dans le fonctionnement de la police aujourd'hui est extrêmement inquiétant, extrêmement inquiétant.
Pour le reste, oui, il y a eu des policiers blessés et c'est dramatique. Oui, il y a eu des gens blessés et c'est dramatique. Et la question qui nous est posée, c'est comment on fait en sorte que ce type de situation ne se reproduise pas. Et en particulier pour que ce type de situation ne se reproduise pas, il faut faire en sorte de répondre aux problèmes des rapports dégradés entre la police et une partie de la population. Et j'ai mis un certain nombre de propositions sur la table pour cela.
Et alors à ce sujet, Emmanuel Bompard, justement, le président de la République parle de toutes les bonnes volontés pour construire la France de demain. Vous ferez-vous partie de ces bonnes volontés ? Vous allez pouvoir pactiser en quelque sorte pour pouvoir avancer ?
Mais attendez, le président de la République et sa première ministre et sa minorité à l'Assemblée nationale n'écoutent personne, ne veulent travailler avec personne, ne font aucun compromis sur aucun sujet. Et quand il ne dispose pas de majorité de députés à l'Assemblée nationale pour faire voter une loi comme ça a été le cas au moment de la réforme des retraites, il passe en force et il décide d'écarter la légitimité parlementaire. Donc à partir de ce moment-là, c'est à lui qu'il faut poser la question. Qu'est-ce qu'il est prêt à infléchir, à modifier dans la politique qu'il met en place ? Et la réponse, on la connaît déjà. La réponse, elle n'est rien du tout.
Il veut continuer, il considère que tout ce qu'il a fait depuis un an est parfait et qu'il faut continuer. Si c'est ça le cap du président de la République, il ne faut pas qu'il s'attende à compter sur nous pour l'appuyer ou le soutenir. Nous sommes une opposition, dans une démocratie, c'est bien qu'il y ait des oppositions et nous ferons notre travail d'opposition parce que le cap qui a été mis sur la table par le président de la République ne permettra tout simplement pas d'apporter des réponses le pouvoir d'achat. Les prix de l'électricité vont augmenter de 10% au 1er août prochain. Il ne fait rien sur le sujet.
Tout le monde sait que l'augmentation des prix et l'inflation est due pour plus de 50% à l'augmentation des marges des grandes entreprises. Il ne fait rien sur le sujet. Il refuse de mettre à contribution les profits extraordinaires des grandes entreprises qui se sont accumulées depuis maintenant plusieurs mois. On va être confronté à une situation de sécheresse extraordinaire. Il nous dit non, non, c'est prévu alors que tout le monde sait très bien qu'on va être face à un mur cet été sur ce sujet. Donc non, il ne peut pas compter sur nous pour appuyer une mauvaise...
C'est noté en tout cas. Les choses sont très claires. Merci Emmanuel Bompard d'avoir été avec nous aujourd'hui. Merci à vous. Coordinateur de la France Insoumise, député de NUPES et des filles des Bouches-du-Rhône. Bon, les choses sont claires. Qu'on soit à la fois à la droite comme le RN ou plus à gauche comme LFI, il n'y aura pas d'accord possible avec Emmanuel Macron. On va notamment citer Emmanuel Bompard à l'instant. Le président n'écoute pas, le président n'écoute rien. Qu'est-ce que vous en pensez Guillaume Roquette ?
Le président est sur sa ligne parce qu'il considère que les deux grandes épreuves récentes, la réforme des retraites et les émeutes, finalement, il a su les gérer, il a su les maîtriser et que donc le pays n'est pas aujourd'hui en attente d'un changement de cap. Et il a tiré toutes les conclusions de ce constat en disant je tends la main pour la forme à mes adversaires politiques, c'est cet appel à une forme de co-construction législative mais néanmoins c'est évidemment sur les bases que j'aurais moi décidé. Donc Emmanuel Macron sait bien à un moment où il dit ça qu'il va avoir ce genre de réponse.
On s'est aperçu que même pour entrer au gouvernement il n'avait pas réussi à débaucher quelques parlementaires LR qui pourtant rêvent comme beaucoup de politiques de se faire appeler Madame ou Monsieur le Ministre. Donc c'est pas...
C'est compliqué.
Voilà, c'est compliqué parce qu'en fait on connaît la difficulté structurelle de ce second quinquennat c'est l'absence de majorité ça ne change pas mais Emmanuel Macron dit je m'en accommode je continue comme ça.
Si vous nous rejoignez nous sommes sur LCI il est 14h un petit peu plus de 14h le chef de l'État qui s'est exprimé chez nos confrères de TF1 et de France TV et voilà ce que l'on retiendra notamment de cette allocution. Regardez.
Cette violence qu'on a vue qui a conduit à brûler des écoles des mairies des gymnases des bibliothèques puis qui est devenue une violence de pillage elle est le fait de au fond de certains de nos compatriotes qui sont extrêmement jeunes qui étaient parfois manipulés par d'autres parce qu'on a ensuite eu des choses plus organisées. La leçon que j'en tire c'est un l'ordre l'ordre l'ordre la deuxième c'est que notre pays a besoin d'un retour de l'autorité à chaque niveau et d'abord dans la famille.
Voilà. L'ordre l'ordre l'ordre c'est ce que retiendra Emmanuel Macron la première leçon que j'en tire c'est l'ordre l'ordre l'ordre pour être tout à fait exact
Oui c'est l'un des messages essentiels c'est même le message essentiel il essaie de réassurer de rassurer les français on sait que alors il a pas voulu il a fait un parallèle entre les émeutes de 2005 et ce qui s'est passé fin juin début juillet en expliquant finalement que ça avait duré moins longtemps ça a duré 4 jours et donc c'est une manière de se satisfaire en disant on a pris les bonnes décisions il n'y a pas eu l'état d'urgence c'est quoi c'est circuler il n'y a rien à voir mais n'empêche que ce qui s'est passé va laisser des traces pourquoi ?
parce que c'était pas seulement au banlieue parce que c'était dans des villes on a énormément parlé de Montargis mais d'autres villes Limoges etc qui n'avaient pas été touchées par ce genre de phénomène il y a eu des phénomènes de pillage qui ont été diffusés sur les réseaux sociaux qui ont ensuite été diffusés sur les chaînes dans les chaînes info ça a frappé la rétine ça a soit frappé le voisinage de Français qui n'avaient jamais vu ce genre de choses ou ça a frappé sur les réseaux sociaux donc il y a quelque chose qui s'est déversé et c'est vrai qu'on attendait le Président de la République un peu plus allant dans sa réponse sur ces questions on avait bien compris qu'il ne ferait pas une réponse d'un bloc il y graine sa réponse depuis déjà quelques temps donc là il dit qu'il en reparlera à la fin de l'été mais le message c'est je maintiens l'ordre quoi qu'il arrive et d'ailleurs ça va de pair avec sa réponse sur les propos du directeur général de la police il a besoin des policiers Emmanuel Macron il le dit clairement même si nul en République n'est au-dessus de la loi il a bien expliqué il est coincé d'une certaine façon comme il a eu besoin des policiers pendant les gilets jaunes comme il a eu besoin des policiers pendant les manifestations après la réforme des retraites appel 49-3 sur la réforme des retraites il a énormément et plus que jamais besoin des policiers il l'a dit d'ailleurs il a dit il y a des gens qui sont revenus de vacances il y a des gendarmes qui avaient pris leurs vacances qui avaient posé leurs vacances ils sont revenus on leur a demandé de revenir donc il a conscience d'avoir demandé un effort considérable aux policiers mais du coup il est un peu piégé parce que la hiérarchie policière s'affranchit une hiérarchie qui devrait être la hiérarchie du politique du président de la République on ne devrait pas lire ça on ne devrait pas lire une interview
comme on a lu ce matin est-ce qu'on est ici aussi dans une forme de rétro-pédalage quand on a très très vite pris la parole après ce qui s'est passé avec ce jeune Naël notamment et en incriminant tout de suite ce policier on se souvient d'Elisabeth Borne qui a tout de suite condamné le président également est-ce que là on rétro-pédale et on se dit attention ça peut prendre une ampleur particulière on n'a pas besoin d'avoir les politiques ados et on n'a pas besoin d'avoir les policiers non plus ados où est-ce qu'il se situe la Guillaume Roquette le chef de l'État ?
Je pense qu'il n'arrive pas à trouver le bon positionnement on sait que ses propos sur le geste du policier qui a entraîné la mort de Naël dont il disait qu'il était inexcusable et inexplicable et inexplicable inexplicable encore ça n'est pas un jugement de valeur inexcusable ça fait fi de la présomption d'innocence c'est à la justice puisque le président de la République s'en prévaut de décider si le policier était ou non dans une situation qui fait que il était légitime ou justifié d'utiliser son arme ce n'est pas sur la fois d'une vidéo de quelques secondes sur les réseaux sociaux là Emmanuel Macron à mon avis s'est laissé emporter ou alors il a cru qu'il allait comme ça arrêter l'incendie il a mal géré Arrêter ou fédérer
pensez-vous qu'à ce moment-là il pense qu'il arrête l'incendie ou est-ce qu'à ce moment-là d'après vous il fédère et peut-être qu'avec ce côté je fédère je fédère notamment les insatisfaits ceux qui sont en colère j'éteins progressivement les émeutes est-ce que c'était un pari ?
Je pense qu'il il était probablement convaincu que ça allait suffire et qu'il a été surpris comme je crois beaucoup d'entre nous par la rapidité avec laquelle ces émeutes se sont diffusées dans l'ensemble du pays mais on voit qu'aujourd'hui il y a un problème à mon avis dans ce que vont percevoir les français entre d'un côté un président de la république qui dit nul n'est au-dessus des lois et de l'autre côté les deux principaux responsables de la hiérarchie policière de notre pays le directeur général de la police nationale et le préfet de police de Paris qui disent un policier n'a rien à faire en détention préventive avant son procès et le cabinet de Gérald Darmanin laisse fuiter l'information selon laquelle le ministre comprend ce que disent ces subordonnés et qu'il ne les condamne pas
elle est intéressante cette fuite elle est intéressante aussi politiquement dites-en nous quelques mots Eric Découti
moi je pense que les satisfaits cites et les hommages qu'il a rendu qu'il a rendu au policier je ne pense pas qu'il soit de nature à apaiser les tensions qu'il y a entre le pouvoir exécutif entre Emmanuel Macron et les policiers on va voir leurs réactions qui ne vont pas manquer de tomber dans les minutes qui viennent mais c'est quand même après les hommages c'est quand même un recadrage par rapport aux déclarations du patron de la police je me répète encore là-dessus mais c'est de dire la proposition que vous nous faites moi je n'en veux pas parce qu'il y a la justice qui passe et à la réponse de la situation à Marseille un juge indépendant s'est prononcé alors lorsque le Gérald Darmanin lorsque le cabinet du ministère fut fuité on entend on a bien compris d'une certaine façon on va dans mon source et vous avez raison ça crée une forme de confusion et je pense qu'on est dans un non même temps encore une fois qui là est plus générateur de confusion d'incompréhension et donc au bout du compte de tension que d'apaisement on n'a pas fini
avec cette histoire lorsque le chef de l'état renouvelle en tout cas toute sa solidarité et en tout cas sa satisfaction face au travail de Gérald Darmanin qu'est-ce que ça veut dire avant qu'on en parle je vous propose qu'on écoute le chef de l'état à ce sujet regardez
le ministre de l'intérieur est avec moi ici à Nouméa il fait un travail remarquable et en particulier lors des émeutes que nous avons eu à vivre il a été efficace à la tête justement de son ministère
voilà il a été efficace à la tête de son ministère la question qu'on peut se poser ici qui est une question légitime soit si qui est mener pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron n'a pas nommé Gérald Darmanin premier ministre il fait un travail remarquable parce que c'était pas une réponse
au problème qui se posait à lui c'est-à-dire que Gérald Darmanin à Matignon n'amenait pas les 40 députés dont Emmanuel Macron a besoin pour sa majorité absolue oui on en est sûr parce que quand on regarde la façon dont les uns et les autres ont voté notamment la réforme des retraites quand on regarde les discussions en coulisses quand on écoute les discussions en coulisses et surtout il y avait le risque qu'une partie de la majorité l'aile gauche non pas se détache mais prenne une certaine forme de distance vis-à-vis de ce qui était en train de se passer dans la majorité donc il y avait presque plus de risque à nommé Gérald Darmanin qu'à laisser Elisabeth Borne et puis ça peut être une cartouche pour plus tard c'est-à-dire que si Elisabeth Borne est confrontée à ce qui va être le cas d'ailleurs à plusieurs 49.3 sur le budget elle va être confrontée à ces 49.3 si jamais il y a une motion de censure et que le gouvernement tombe il a un premier ministre de rechange qui sera arrivé par la force des circonstances et quand un premier ministre arrive par la force des circonstances c'est beaucoup plus facile de dire à sa majorité en particulier à l'aide gauche de la majorité je n'ai pas eu le choix là il avait le choix donc il a décidé de garder Elisabeth Borne alors c'est vrai que Gérald Darmanin a besoin du coup d'être cajolé c'est ce que fait le président de la République puisqu'il laisse entendre qu'il va faire un travail remarquable voilà mais Gérald Darmanin laisse de son côté entendre qu'il va s'organiser il organise une rentrée rentrée politique c'est pas rien ça veut dire comment ça fait des réunies ce sera la fin du mois d'août à Tourcoing dans son fièvre donc il fait entendre une petite musique d'indépendance or le président de la République a besoin de garder tout le monde en pack serré le plus longtemps possible avant que les ambitions pour 2027 s'aiguillent
même si ça a déjà commencé Guillaume Roquet il n'y avait pas une carte à jouer ici avec Gérald Darmanin on se dit que Gérald Darmanin ne fédère pas effectivement les 40 députés dont on a besoin Elisabeth Borne non plus elle ne fédère pas est-ce qu'avoir un Gérald Darmanin c'était pas non plus s'assurer d'un pan de la droite
Gérald Darmanin n'aura probablement pas par sa nomination à Matignon il suffit à faire revenir les députés LR ou en tout cas les faire venir puisque pour la plupart d'entre eux n'y ont jamais été dans la majorité présidentielle et c'est vrai qu'Elisabeth Borne non plus n'est pas une personnalité complètement rassembleuse mais on va dire l'intensité politique des deux personnalités est sans commune mesure Elisabeth Borne n'avait jamais été élue jusqu'aux dernières législatives certes elle a on va dire une espèce de petite sensibilité de gauche enfin les gens de gauche qui font voter une réforme des retraites pour travailler plus longtemps moi ça me va bien alors que Gérald Darmanin lui dit je suis un homme de droite je suis un homme d'ordre donc il est beaucoup plus clivant qu'Elisabeth Borne mais je pense que là il y a vraiment un petit caillou qui s'est mis dans la chaussure d'Emmanuel Macron j'y reviens parce que je pense que c'est impressionnant de voir que la police la police dit on nous maltraite c'était déjà arrivé en 2020 Christophe Castaner était ministre de l'intérieur à l'époque c'était le ministre qui avait sauté alors que là le ministre soutient même si c'est à travers son cabinet par des déclarations off les policiers donc je pense que c'est une affaire qui vient de commencer Gérald Darmanin sait très bien qu'il y a une demande d'ordre qu'un très grand nombre de français considèrent que la justice est trop laxiste avec les délinquants et que la sévérité c'est apparemment en tout cas plutôt pour les policiers et ça les gens ne l'acceptent pas et Emmanuel Macron ne veut pas le voir il dit non non c'est la loi c'est les magistrats qui décident ils refusent ce qu'on peut comprendre à porter un jugement de valeur sur le travail de la magistrature de toute évidence son ministre de l'intérieur n'est plus sur la même longueur d'onde en tout cas là-dessus
mais Emmanuel Macron en même temps Eric Decouty dit que Gérald Darmanin fait un travail remarquable
oui on est dans l'ordre en même temps aussi mais moi je suis vraiment d'accord avec cette idée que là aujourd'hui ce qu'on retiendra essentiellement de cette je vais me tromper je me trompe souvent mais de cet entretien c'est la question policière aujourd'hui c'est pas un petit caillou c'est potentiellement un gros caillou c'est quelque chose sur lequel on ne va cesser de revenir dans les jours qui viennent parce que les tensions sont multiples comment est-ce qu'on peut rétablir l'ordre vouloir dire que l'ordre, l'ordre, l'ordre à trois reprises avec des policiers qui sont en tension avec le pouvoir exécutif parce que j'ai oublié le prénom du patron de la police du directeur général Frédéric Vaud Frédéric Vaud l'expression qu'il a eue cette page entière dans le Parisien elle est évidemment on connait tous ici comment fonctionne un ministère de l'intérieur et le directeur général de la police il n'a pas fait cette interview sur un coin de table sans en référer au cabinet du ministre c'est quelque chose qui est évidemment pensé qui est dans une logique pas strictement policière qui a objet d'apaiser un peu les tensions parce qu'il y a une potentialité de grève un peu partout grève entre guillemets bien sûr mais d'arrêt des policiers un peu partout en solidarité avec leurs collègues marseillais il y a une tension qui ne cesse de monter et la déclaration aujourd'hui du chef de l'état qui est en contradiction avec la fuite du ministère de l'intérieur fait que ça ne va cesser de s'amplifier donc l'ordre, l'ordre, l'ordre mais avec une police qui est de plus en plus en crispation avec le pouvoir exécutif
et ça ne va pas s'arrêter là parce que nul en République n'est au-dessus de la loi c'est ce qu'affirme Emmanuel Macron écoutons-le
on parle de fonctionnaires de police on parle de militaires de la gendarmerie dont on a reporté tous les congés sinédiés ils étaient en train de partir avec leur famille ils sont revenus donc ils sont là pour nous servir nous protéger mais leur légitimité tient du fait qu'ils protègent le cadre républicain et qu'ils font respecter les lois démocratiquement votées et donc bien évidemment eux-mêmes s'inscrivent dans le cadre de la loi et de l'état de droit nul en République n'est au-dessus de la loi si vous pouvez rajouter un mot quand on parle de rapport de police avec le pouvoir ça marche sur trois pieds la justice c'est-à-dire que on n'a pas encore entendu le ministère de la justice et Gérald Darmanin ce que dit Emmanuel Macron c'est que la décision de Marseille a été prise par un juge indépendant c'est que la justice est le garant du bon fonctionnement de l'état de droit donc ça marche sur trois pieds parce que la déclaration de Frédéric Rousseau elle heurte la réalité judiciaire donc on est à la veille ou tous les cas de début de quelque chose qui n'a pas fini de progresser
on en parle avec Grégory Journe bonjour merci d'être avec nous bonjour merci beaucoup d'être là vous êtes secrétaire générale du syndicat unité FGP-FO le chef de l'état qui explique aujourd'hui très clairement qu'en République nul n'est au-dessus de la loi comment est-ce que vous le prenez est-ce que vous prenez ça vraiment en pleine face et qu'est-ce que ça va provoquer probablement dans les jours à venir
en pleine face enfin je c'est pas une découverte heureusement d'ailleurs que nul n'est au-dessus des lois en commençant par lui d'ailleurs quand il s'exprime il y a quelques semaines pour parler de l'affaire Naël je crois que ses propos ont heurté aussi la police nationale lorsqu'il s'est positionné peut-être peut-être de manière pas totalement neutre sur le sujet mais je crois qu'il ne pouvait pas dire moins d'ailleurs le président ni beaucoup plus il rappelle quelque chose d'essentiel nul est au-dessus des lois les policiers le savent très bien vous savez contrairement à ce qu'on peut entendre partout ils ont bien conscience de leur métier ils ont bien conscience de ce qu'ils peuvent faire ou pas et ils ont bien conscience surtout du contrôle qui leur est imposé qui est tout à fait normal c'est pas ce qui est discuté en fait sur le fond de l'affaire marseillaise et de ce qui secoue la police et la société depuis quelques semaines ce qui pose un vrai sujet mais malheureusement je crois qu'on n'a pas le droit d'en débattre sans être taxé d'être tout de suite d'un bord ou de l'autre politique et moi ça me gêne un peu je suis un représentant syndical quand je dis simplement qu'à un moment donné il faudra se poser la question quand même du policier mis en cause et de l'exercice judiciaire par rapport à ça c'est à dire qu'on ne peut pas dire je ne vais pas être très long je vais prendre 10 secondes on ne peut pas dire un policier à l'usage de la force légitime donc on lui donne mandat pour ça ce qui est une responsabilité extrême puisque cet usage de la force peut aller jusqu'à la force armée avec les conséquences qu'on connaît donc ça veut dire que le policier a donc un pouvoir extraordinaire et on ne peut pas dire quand cet usage de la force dans l'exercice des fonctions pose question et forcément peut être remis en cause et c'est bien normal dans un état de droit vous allez être traité justement comme le justiciable lambda c'est ça qui est gênant c'est ce point de déséquilibre là qui aujourd'hui prend tout son sens et réellement oui pose question sur le statut du fonctionnaire de police mis en cause dans l'exercice de ses fonctions
Grégory Joron est-ce qu'aujourd'hui très clairement vous vous sentez stigmatisé est-ce que la police aujourd'hui n'est pas bien un perçu et deux est-ce que vous sentez aussi que vous n'avez pas forcément le soutien que vous méritez en tout cas dans les hautes fonctions de l'état
écoutez on a un directeur général qui a eu des propos forcément qui choquent forcément qui bousculent et forcément qui font tanguer certaines personnes je trouve que ce sont des propos courageux vu le contexte et je sais qu'il les pense sincèrement on est soutenu par ce genre de propos tant mieux on est soutenu par le ministre en règle générale tant mieux notre réalité c'est que et on est soutenu par l'opinion publique vous savez les enquêtes d'opinion depuis ces derniers mois mis à part une forte baisse pendant le mouvement des gilets jaunes la police nationale française et républicaine fait à chaque fois montre d'un vrai soutien de la part de la population avec entre 70 et 75% d'opinion favorable ou de confiance ce qui est exactement le même niveau que nos voisins européens allemands ou anglais donc la police est soutenue par la majorité des français malheureusement c'est souvent la majorité silencieuse et on a souvent une opposition extrêmement tenace extrêmement puniace extrêmement brutale dans ses propos certains politiques certains syndicats de magistrats qui s'amusent justement à stigmatiser les policiers régulièrement c'est une réalité et ça prend le pas souvent sur ceux qui disent rien
Merci beaucoup Grégory Joron secrétaire général syndicat unité FGP il faut d'avoir été avec nous aujourd'hui en direct sur LCI Guillaume Roquet lorsqu'on entend Grégory Joron on imagine effectivement que le rapport n'est pas évident ce n'est pas évident il a parlé de force j'ai presque envie de citer Spiderman si vous le permettez de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités non mais vraiment quand on a des pouvoirs tels qui sont aussi inscrits dans la loi il y a aussi de grandes responsabilités comment est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'il faut une juridiction très spécifique très particulière ?
Ben justement c'est tout l'enjeu du débat actuel vous savez qu'il y a une loi qui a été votée à l'époque c'était Bernard Cazeneuve qui s'en était chargé qui élargissait un peu les conditions dans lesquelles les policiers pouvaient faire usage de leurs armes et bien cette loi est remise en question aujourd'hui si les juges ont voulu mettre en détention provisoire ce policier marseillais c'est parce que la justice considérait qu'il fallait faire un exemple donc en fait il y a deux conceptions du métier de policier il y a ceux qui disent les policiers doivent être absolument irréprochables quelles que soient les circonstances quelle que soit la pression dont ils font l'objet quelle que soit la violence dont ils sont les victimes et puis d'autres qui disent mais c'est tellement difficile notre métier qu'on a besoin non pas d'être au-dessus des lois mais au moins que la justice puisse comprendre les contraintes qui sont les nôtres qu'elle soit quoi la justice plus flexible qu'elle soit en tout cas moins intransigeante peut-être oui ou en tout cas qu'elle montre la même intransigeance avec tout le monde c'est intéressant les syndicats de policiers passent leur temps à dire nous sommes en train d'essayer de vider la mer avec une petite cuillère nous passons notre temps à arrêter des délinquants qui sont immédiatement remis en liberté par la justice et quand c'est un policier qui est mis en cause là c'est la détention provisoire moi je vais répondre sur ce que dit Guillaume on ne peut pas dire on ne peut pas affirmer en tous les cas que la décision du juge de Marseille est une décision pour l'exemple parce que la mise en examen elle répond à des critères et ensuite des critères qui sont la disparition de preuve etc la détention provisoire mais la détention provisoire elle est sous contrôle l'état de droit c'est aussi c'est pas que la décision d'un juge c'est ce qui fait aussi des garanties pour chacun d'entre nous c'est qu'il est sous contrôle donc il faut faire attention de ne pas non plus stigmatiser dans tous les sens
On va conclure si vous le permettez avec vous Soazic-Keméner qu'est-ce qu'on retiendra de cette allocution aujourd'hui ? Ce qu'on retiendra
de cette allocution c'est que le président de la République est droit dans ses bottes qu'il n'a pas envie de changer de cap qu'il n'a pas envie de changer de premier ministre pour l'instant qu'il pense que les décisions qu'il a prises jusqu'à présent sont les bonnes il donne certains rendez-vous à la rentrée mais il y a quand même une difficulté presque structurelle désormais avec cette majorité relative et ce qui est le plus frappant je trouve c'est qu'il s'installe dans cette difficulté
et que finalement il y trouve son compte Pas facile cette rentrée qui nous attend Merci à vous trois d'avoir été avec nous aujourd'hui Soazic-Keméner rédactrice en chef politique à Marianne Guillaume Roquet directeur de la rédaction du Figaro Magazine Eric Découti éditorialiste politique Allez, restez