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interviewPublic Sénat· 5 décembre 2024 25 min

Yannick Jadot : « Il fallait que Michel Barnier tombe »

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin, sénateur écologiste de Paris, ancien candidat à la présidentielle. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:12
Invité

Bonjour Yann, bonjour M. Jadot. Bonjour.

0:15
Présentateur

Il était 20h25 hier quand le gouvernement Barnier est donc tombé, après trois mois. Est-ce que pour vous c'est une victoire ?

0:23
Yannick Jadot

Non, ce n'est pas une victoire. Ce n'est pas une victoire, il fallait qu'il tombe. Pourquoi ? C'était une erreur dès le départ, cette tentative du président de la République, après la dissolution dans les conditions qu'on connaît, d'avoir une alliance macroniste-LR. Et cette dernière semaine et particulièrement hier, cette façon dont la majorité, ou en tout cas les macronistes, les LR, le Premier ministre, imploraient, mendiaient à Mme Le Pen son soutien, de vouloir faire d'elle une partenaire fiable, tout ça était d'une grande indignité politique.

1:04
Invité

Il s'est déshonoré, Michel Barnier ? Le terme a été employé à plusieurs reprises à gauche.

1:08
Yannick Jadot

Oui, dans cette dernière semaine. Moi j'ai du respect pour l'homme. Vous savez, j'ai été parlementaire européen longtemps. Je me souviens du Parlement, debout, applaudissant Michel Barnier dans sa négociation du Brexit. Donc il y avait un statut de la personne. En plus, il est incontestablement courtois. Il a de la patine politique. Mais là, cette dernière semaine, cette façon en permanence d'appeler Marine Le Pen à une sorte de raison, de partenariat de raison, souvenons-vous, souvenons-nous du 7 juillet. La victoire du 7 juillet, c'est le front républicain.

Ce sont les Françaises et les Français de gauche, de droite, qui vont voter pour des députés qui ne sont pas de leur famille politique parce qu'ils ne veulent pas de Bardella à Matignon. Et franchement, j'ai trouvé cette dernière période d'une grande indignité. Et donc du coup, qu'est-ce que ça veut dire maintenant ?

Ça veut dire que pour ce bloc central, il va falloir choisir entre la poursuite de la dérive, formaliser un accord avec le Rassemblement National, de fait, ou alors choisir l'option que nous mettons en avant, nous, écologistes et les socialistes, qui est de dire, un, on retrouve la jurisprudence parlementaire, le président de la République nomme quelqu'un issu de notre camp parce que nous sommes arrivés en tête à l'Assemblée Nationale. Nous faisons un bloc de mesures d'urgence. On voit bien qu'il y a un plan d'urgence à mettre en œuvre pour les Français.

Et sur cette base-là, on forme évidemment un gouvernement, et je l'ai dit, je l'assume, à situation exceptionnelle, gouvernement exceptionnel. Moi, je suis prêt à ce que dans ce gouvernement, d'abord issu de la gauche et des écologistes, il y ait des ministres du bloc central. C'est le principe d'une coalition avec personne à la majorité.

3:15
Présentateur

On va revenir sur tout ça. Évidemment, Yannick Jadot, mais vous parlez de front républicain. Emmanuel Macron, sur ce qui s'est passé hier, lui, il dénonce un front anti-républicain.

3:23
Yannick Jadot

Écoutez, le président de la République est quand même l'auteur du chaos politique dans lequel nous sommes. Franchement, son analyse de la situation politique, après cette dissolution ratée, ce gouvernement a raté les dérives du camp vert, encore une fois, mendier à l'extrême droite, un soutien. Alors que franchement...

3:46
Présentateur

Mais ce qui dit, c'est que c'est vous qui avez fait alliance avec l'extrême droite hier.

3:49
Yannick Jadot

Non, non, non, non. À partir du moment où ce gouvernement doit tomber, on est sur public Sénat. Vous savez combien cette assemblée, la haute assemblée, est attachée aux collectivités territoriales. Aujourd'hui, même quand vous regardez l'enquête fracture française d'Ipsos et Vipov qui est sortie dans le monde, on voit à quel point les Françaises et les Français sont attachées à leur collectivité locale et notamment à leur municipalité. C'est le dernier refuge de la confiance en politique. Et pourquoi ? Parce que les collectivités incarnent le dernier tissu social qui tient le pays. Les services publics de proximité, les collectivités locales, c'est 70% de l'investissement public.

Et dans ce budget, les collectivités locales et ces budgets de proximité, les crèches, la police municipale, l'aide à nos aînés, l'association de sport, l'association de musique, tout ça était en train d'être sacrifié. Et donc, en fait, on avait un budget qui, sur la méthode, était négocié avec le RN et sur le fond, sur le fond, pardon, alimenter le vote RN parce qu'on allait sacrifier les derniers lieux où les gens se sentent...

5:08
Présentateur

Non, mais sur les collectivités, vous auriez pu trouver un accord. Le Sénat était complètement sur votre ligne et Michel Barnier...

5:13
Yannick Jadot

Non, non, non, non, les économies envers les collectivités ont été réduites. Vous savez, l'évaluation du racket. Bon, je n'aime pas trop ce mot-là parce qu'il est utilisé tout souvent par les publics. Non, mais si, quand vous prenez ce que ce soit l'AMF, que ce soit France urbaine, on était autour de 8-9 milliards de ponctions sur les collectivités. Oui, et le Sénat avait réduit. Le Sénat avait réduit. Donc le travail a été fait. D'accord. Non, mais pas 8-9 milliards. C'est 2 milliards. C'est pas pareil. Et donc, il restait... Et d'ailleurs, la droite sénatoriale s'est retrouvée bien coincée parce qu'ils ont un gouvernement qu'ils n'ont jamais espéré au regard de leur résultat législatif.

C'est un gouvernement issu de LR. Et ils n'arrivaient plus à défendre les collectivités parce que c'était un gouvernement LR qui sacrifiait les collectivités.

5:59
Invité

Si on rembobine quand même un petit peu le fil, dès cet été, le président de la République aussi avait demandé à ce que tout le monde se mette autour de la table. Gabriel Attal avait lancé aussi un appel durant l'été pour que les gens se retrouvent. Vous n'avez pas répondu à cet appel. – Il n'y a pas eu d'accusé de réception. – Mais pardon du tout. Mais rien du tout.

6:16
Yannick Jadot

– Mais bien sûr que si. – Vous trompez. Si vous voulez rembobiner, rembobinez correctement l'histoire. Nous faisons président de groupe du NFP. Nous faisons une lettre à tous les autres groupes politiques du Front républicain. Parce que le cordon sanitaire vis-à-vis de l'extrême droite, c'est pas un demi-sujet dans nos pays aujourd'hui. On voit ce que ça veut dire avec Trump ou ailleurs en Europe. – Donc nous faisons une lettre pour dire, discutons. – Après avoir dit le programme, rien que le programme. – Non, non, ça c'était Mélenchon. Pardon. – Mais qui fait partie du tout. – Oui, mais on va passer à côté du sort. – Et d'avoir dit, Luc Castel et rien d'autre. – Donc nous étions prêts.

– Et puis du dialogue qui était compliqué. – Le problème, jusqu'à maintenant, le bloc central disait, au fond, la seule négociation qu'on est prêt à avoir, c'est élargir le bloc central. Donc on a perdu les élections. Mais nous voulons rester le cœur de l'Assemblée, du pouvoir, du gouvernement entre l'Élysée et Matignon. – Alors maintenant, il y a l'histoire. Je pense que les Françaises et les Français sont à peu près claires sur ce qui s'est passé. Un, il faut les rassurer. Donc quel que soit le gouvernement, il faudra une loi spéciale, très vite sur le budget, pour que tout le monde soit rassuré. Il n'y a pas de raison de paniquer par rapport aux impôts, par rapport aux dépenses.

Mais il faut que ce signal soit envoyé très, très vite pour que tout le monde soit rassuré. Ce que je dis, c'est que personne... Il y a trois blocs à l'Assemblée. Il y a un bloc arrivé en tête, c'est le nôtre. Mais il y a trois blocs et personne n'a la majorité. Alors soit le bloc central, contrairement au vote du 7 juillet, contrairement à deux élections d'Emmanuel Macron contre l'extrême droite, poursuit sa dérive. Imaginons Emmanuel Macron nomme M. Lecornu, très copain avec l'extrême droite, c'est son ordonnance. Donc en fait, Emmanuel Macron, en plus, on a bien compris qu'il n'aimait même pas Michel Barnier parce qu'il avait pris un peu d'autonomie par rapport à lui.

Donc il nomme son ordonnance M. Lecornu à Matignon pour construire l'alliance avec le Rassemblement national. C'est déjà totalement indigne du point de vue politique, du point de vue de ce que ça veut dire pour la République, la démocratie et le progrès. Mais en plus, c'est aussi voué à l'échec que le gouvernement Barnier. Ils choisissent une autre option.

8:39
Présentateur

– Si c'est Sébastien Lecornu, vous censurez ? La gauche censure ?

8:41
Yannick Jadot

– Non, mais on n'est pas déjà dans la censure.

8:43
Présentateur

– Emmanuel Bompard, il a l'air d'y être.

8:45
Yannick Jadot

– Oui, mais enfin, bon, encore une fois, ne me ramenez pas toujours aux insoumis. – Non, mais ça veut dire que… – Non, mais je veux dire, on a notre propre capacité de penser.

8:51
Présentateur

– Donc vous, vous ne censurez pas immédiatement, quel que soit le nom.

8:54
Yannick Jadot

– Madame, on a bien compris que dans ce moment-là, nous n'avons pas la même stratégie entre les insoumis, d'un côté, les socialistes, les écologistes et les communistes de l'autre. Nous, nous souhaitons rassurer le pays. Nous souhaitons protéger le pays. Nous sommes favorables au régime parlementaire. Nous sommes favorables à la proportionnelle. Quand vous êtes favorables au régime parlementaire, vous ne dites pas matin, midi et soir, il faut une présidentielle. – Y compris, vous vous rendez compte, une présidentielle, aujourd'hui, on a 5 semaines, je crois, pour bosser ? – De 20 à 35 jours, je crois. – Voilà. Donc, au mieux, 5 semaines.

Donc, en fait, on a encore une présidentielle où le pays ne peut pas débattre sereinement des grands défis auxquels il est confronté. C'est la panique et le chaos politique absolu. Ce n'est pas notre approche.

9:45
Présentateur

– Donc, pour être clair, vous, vous ne demandez pas la démission d'Emmanuel Macron ?

9:46
Yannick Jadot

– Mais non, je ne demande pas la démission du président de la République. Comme je suis un parlementariste et que je suis pour la proportionnelle, à partir du moment où on n'a pas de majorité tout seul, on n'a pas un programme qu'on décide tout seul. Donc, le président de la République doit nommer quelqu'un issu de la gauche. On est arrivé premier. C'est ce qui se passe dans toutes les démocraties. Et nous devons travailler. Je l'ai dit, un pacte républicain transitoire. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, on ne va pas faire une coalition de gouvernement. Les antagonismes et les divergences entre les différents blocs sont très durs aujourd'hui.

Vous avez vu, le débat politique est très polarisé, beaucoup de tensions. En revanche, on peut se mettre d'accord sur un bloc de mesures, de plans d'urgence. Le pouvoir d'achat, les déserts médicaux, l'industrie qui connaît une crise…

10:39
Invité

– Parce que c'est l'éléphant dans la pièce. À chaque fois qu'on en parle de cet accord politique qui pourrait surgir, vous mettez en avant abrogation de la réforme des retraites. Et vous savez que c'est une ligne rouge totale pour élargir.

10:51
Yannick Jadot

– Pourquoi je dis transitoire ? Un, si je dis qu'il faut ouvrir la négociation pour qu'on ait un accord de non-censure, ça veut dire qu'on se met d'accord quand même sur un bloc de gouvernement, je ne vais pas arriver en disant, en fait, mes 20 mesures prioritaires du NFP, ce n'est pas négociable. Ça n'a pas de sens sinon.

11:11
Présentateur

– Donc pour vous, l'abrogation de la réforme des retraites, ce n'est pas impréalable à tout accord. – Pourquoi je dis transitoire ? – Non mais ça, c'est important.

11:17
Invité

– Non mais je le défends. – Ça a été noté par vos amis écologistes et les communistes. – Mais abrogation de la réforme des retraites, revalorisation des salaires, baisse des cotisations…

11:27
Yannick Jadot

– Mais que nous arrivions avec nos idées, avec notre programme, avec ce qu'on considère essentiel pour le pays, c'est normal dans une phase de négociation. – Mais pourquoi j'appelle ça un pacte…

11:41
Invité

– Mais vous n'en faites pas un ultimatum. – Pourquoi j'appelle ça…

11:44
Yannick Jadot

– Non, non, non, laissez-moi expliquer ma démarche. Pourquoi je dis le pacte républicain transitoire ? C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on ne va pas être d'accord. L'immigration par exemple. Et peut-être la question des retraites. Et je dis, ces questions-là devront être tranchées à la prochaine élection. Le problème dans lequel on est…

12:06
Invité

– D'accord. Donc vous ne réclamez pas… – Mais on va le défendre. – Vous allez le défendre. Il n'y a pas de soucis. – Non, mais je pourrais faire…

12:13
Présentateur

Pardon le reparler encore des insoumis, mais j'ai écouté, il y a ça en Manuel Bompard. – Mais non, mais c'est un pourcent. – Ça vous obsède. – Mais non, ça vous obsède pas. Mais Manuel Bompard, il dit, c'est une une roue de retraite. Il n'y a pas d'accord. Il n'y a pas d'accord s'il n'y a pas d'abrogation de la réforme des retraites.

12:26
Yannick Jadot

Manuel Bompard et les insoumis considèrent aujourd'hui que le chaos politique et la crise institutionnelle imposeront la démission du président de la République et qu'il faut aller très vite dans des conditions, encore une fois, tronquées politiquement. Il faut aller à la présidentielle parce qu'ils ont Jean-Luc Mélenchon. Bon, ouais. Ça, c'est leur stratégie. Notre stratégie, c'est d'être responsable vis-à-vis des Français et de considérer que même si la situation politique est extrêmement compliquée, il faut gouverner le pays. Et il ne faut pas laisser le pays à l'extrême droite dans un accord avec les LR et la Macronie. – Avec LR ?

13:05
Invité

Parce que Marine Tondelier n'était pas très claire sur ce sujet hier. – Ah bah écoutez, le problème c'est que…

13:08
Présentateur

– Elle a déclaré, elle ne dit pas les LR. Est-ce que vous dites pareil, vous ?

13:11
Yannick Jadot

– Aujourd'hui, les LR ne sont pas dans le front, ils n'ont pas été dans le front républicain. – Donc pas les LR. – Donc ils n'ont pas été… Moi, je veux le bloc central et le NFP.

13:21
Présentateur

– Mais pardon, mais juste, Yann Gjelot, comment vous faites un accord avec des réformes qui passent quand vous excluez les LR qui ont une cinquantaine de députés et qui sont majoritaires ici au Sénat ?

13:30
Yannick Jadot

– Quand on travaillera sur ce bloc, moi je dis, il faut le logement. Première préoccupation des Français, le chantier abandonné par 7 ans de Macronie. La question de l'industrie, avec tous les licenciements et ses usines qui ferment. La question évidemment des déserts médicaux. Donc il y a un certain nombre de chantiers qui peuvent être transpartisants. La proportionnelle. Un, faisons la proportionnelle dans ce pays, changeons l'état d'esprit quand on fait de la politique parce que se doter de la proportionnelle, c'est remettre la question du compromis au cœur de la politique. Et aujourd'hui, il a disparu le compromis.

14:05
Présentateur

– Vous le mettez dans votre niche très vite au mois de décembre.

14:08
Yannick Jadot

– Enfin c'est fini, la niche elle est...

14:10
Présentateur

– C'est fini, on aura peut-être un Premier ministre au 19 décembre, c'est pas non plus...

14:14
Yannick Jadot

– Enfin un Premier ministre certainement, un gouvernement...

14:17
Présentateur

– Ah bon, pour vous s'effuyer !

14:18
Yannick Jadot

– Non, non, non, la question... – On n'est que le 5. – Vous avez deux étapes, vous avez la nomination d'un Premier ministre et vous avez la nomination d'un gouvernement.

14:27
Présentateur

– Il y a 15 jours.

14:28
Yannick Jadot

– D'accord, ok. Non mais peut-être, peut-être, mais j'espère qu'on aura cette niche, on y a beaucoup travaillé, effectivement sur la proportionnelle. Je ne sais plus ce qu'on disait. Donc, en tout cas, nous notre volonté... – Non, on disait juste comment vous faites passer ça sans l'alerte,

14:44
Présentateur

c'est ça la question, et notamment ici au Sénat.

14:46
Yannick Jadot

– Mais on discutera de tout. Moi, ce que je dis, c'est que les majorités, elles devraient être construites à l'Assemblée et chacun se positionnera. Tous les groupes se positionneront. Ce que je dis, c'est que le socle de départ, on doit le trouver dans le Front républicain. Ceux qui ont assumé le Front républicain. Évidemment, les LR, ils ont été aussi élus avec des voix de gauche contre le Rassemblement national. Mais reconnaît qu'entre Retailleau, Barnier et d'autres, ils ont basculé dans la complaisance avec le Rassemblement national, que ce soit sur le fond des idées ou sur les alliances à construire, mais à formaliser.

Mais ça, je l'ai dit, à partir du moment où on a ce socle-là, moi, je ne vois pas de difficulté, parce que c'est la logique des institutions, à ce qu'il y ait des ministres issus du Bloc central dans un gouvernement.

15:43
Invité

Vous testez la rupture avec la France insoumise de ce fait. Désolé de vous rappeler ça, mais clairement, ils n'adhèrent pas. – Mais c'est marrant, ce truc. – Mais non, mais je ne suis pas au-dessus de l'idée. – En fait, vous êtes au sein d'une alliance de gauche. – En fait, vous les critiquez. – Ça veut dire que vous actez la disparition de la Nouveau Front populaire. – Vous les adorez. – On est obligé de se poser la question de la survie du Nouveau Front populaire si, de fait, vous actez une méthode.

16:08
Yannick Jadot

– Je suis pour le rassemblement de la gauche et des écologistes.

16:13
Invité

– Ce qui ne se fera pas dans ces conditions

16:15
Yannick Jadot

que vous notez. – Je l'ai dit, c'est pour ça que ce pacte, il est transitoire jusqu'aux prochaines élections. Pour les prochaines élections, surtout si, en plus, on n'a pas changé de mode de scrutin, on a besoin de ce rassemblement de la gauche et des écologistes. Je continue à penser qu'il nous faut une candidature pour 2027, si ça reste la date des élections présidentielles, une candidature commune à gauche et les écologistes. – Bon. – Mais là… – Jean-Luc Mélenchon ? – Ah non, moi, je ne suivrai pas Jean-Luc Mélenchon. C'est pour ça que je pousse à ce qu'il y ait une candidature qui rassemble plus largement la gauche et les écologistes qui ne soit pas Jean-Luc Mélenchon.

Moi, je pense qu'on ne peut pas suivre Jean-Luc Mélenchon dans une campagne présidentielle. Voilà, c'est mon point de vue personnel, ça n'est pas tranché par mon parti politique, mais moi, je ne me vois pas faire campagne derrière Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui. Donc je pousse à ce qu'il y ait. Y compris, ça ne gagne pas. Ça ne gagne pas. Le sujet, ce n'est pas d'avoir une candidature commune pour avoir une candidature commune. C'est d'avoir une candidature qui gagne. Et je pense que vu l'état du pays, il nous faut une candidature issue qui rassemble beaucoup plus largement la gauche, les écologistes, pour pouvoir gagner un second tour, y compris vis-à-vis de Marine Le Pen.

Mais là, on parle de ce moment très particulier de notre histoire où il n'y a pas d'élection. C'est la crise politique. Emmanuel Macron a organisé le chaos politique, mais il n'y a pas d'élection. Et donc, il va falloir quand même gouverner ce pays pendant au moins huit mois. Et donc, on ne va pas laisser les Français dans cette désespérance, dans cette angoisse, et sans leur apporter des réponses.

17:54
Invité

Donc on fait ce moment politique particulier. – Ce moment politique particulier, vous le voyez mené par qui ? Alors, Marine Tondelier s'est affichée de nouveau avec Lucie Castel. Est-ce que vous pensez que c'est une personnalité qui peut mener ce travail ? – Écoutez, on ne va pas parler de personne. Ça doit venir.

18:10
Yannick Jadot

– Non, mais d'accord.

18:12
Présentateur

– On peut parler profil. Juste, est-ce que votre pacte transitoire avec des ministres du Bloc central, ça, on l'a bien compris, est-ce que vous accepteriez que le gouvernement soit conduit par un premier ministre de droite ?

18:22
Yannick Jadot

– Mais non. – Enfin, encore une fois…

18:24
Présentateur

– Donc ça ne marche qu'avec un premier ministre de gauche pour vous ?

18:26
Yannick Jadot

– Donc ça, c'est le présupposé. – Quand même, à un moment donné, on ne peut pas être en dehors de toute tradition démocratique, de toute rationalité démocratique. À l'Assemblée, encore une fois, c'est la réalité. On est le premier groupe.

18:42
Présentateur

C'est comme ça. – Non, vous êtes la première coalition.

18:44
Yannick Jadot

– Oui, ben oui. – Vous n'êtes pas le premier groupe. – On est la première coalition.

18:46
Présentateur

– Sauf que là, il y a une coalition des macronistes et des LR et ça devient supérieur à vous de facto. – Oui, mais elle tombe.

18:52
Yannick Jadot

– Enfin bon, encore une fois, moi je veux bien. Si le président de la République veut confirmer, vous savez, cet adage d'Einstein en disant « vous faites une bêtise », enfin, en disant « la bêtise, c'est recommencer quelque chose qui n'a pas marché en pensant que le résultat va être différent ». Bon. Visiblement, ce n'est pas exclu. C'est quand même que ce président de la République commence à s'affranchir de la réalité de manière extrêmement inquiétante pour notre pays. Bon. Ce n'est pas exclu qu'ils fassent ça. Bon, ben qu'ils y retournent.

Ils vont sauter la corne encore avec Marine Le Pen qui appuiera sur le bouton rouge et on assistera de nouveau à ces scènes affligeantes d'un premier ministre qui fait un 20h. – Mais Marine Le Pen, elle appuiera sur le bouton rouge avec un premier ministre de gauche aussi. – D'un premier ministre qui fait un 20h.

19:38
Présentateur

– Yannick Jadot, elle appuiera sur le bouton rouge avec un premier ministre de gauche. – Et peut-être même encore plus.

19:42
Yannick Jadot

– Pas si on a cet accord avec le BOC central. Pour dire, nous ne faisons pas de censure pendant au moins les 8 mois qui viennent parce que nous ne pouvons pas avoir d'élection. et cet accord de non-censure, il se fait sur des mesures prioritaires, sociales, industrielles, l'adaptation des règlements climatiques, le revenu des agriculteurs sans sacrifier la biodiversité et la santé. On voit bien les chantiers qui pourraient à la fois rassurer, protéger les Français et commencer à réparer notre pays. C'est ça le sujet.

Est-ce que dans ce moment exceptionnel, on est capable chacun de sortir ou de quitter son inventin et de dire, eh bien voilà, j'admets que mon programme ne sera pas mis en place à 100%, mais devant les Français, nous assumons une part de compromis lourde, très lourde, très difficile, très inconfortable. Parce que dans ce dont je parle, vous imaginez bien que vous allez avoir des ministres qui défendent sur des sujets des options totalement différentes et ils viendront chez vous, mais vous allez dire, ah, mais là-dessus, vous n'êtes pas d'accord, machin. Bon, quand on ne veut pas faire de compromis, vous dites, ah, vous n'êtes pas responsable, vous ne faites pas de compromis.

Quand on fait des compromis, vous dites, ah, vous faites des compromis, alors vous n'êtes pas d'accord. Bon, voilà, c'est le jeu. Mais qui viendront devant vous pour dire, voilà, on n'est pas d'accord sur ça, ça, ça, mais sur ça, ça, ça, on ne décide pas, ce sera la prochaine élection. En revanche, on s'occupe des priorités des Français. C'est dur, mais c'est notre responsabilité aujourd'hui.

21:23
Présentateur

Et ça risque de prendre un petit peu de temps. Vous dites, ce n'est pas grave si on met du temps à former le gouvernement ?

21:26
Yannick Jadot

Je n'ai pas dit ça.

21:27
Présentateur

Alors, comment vous faites ? Parce que là, rapidement, dans les prochaines heures, ça va être compliqué de former ce gouvernement.

21:31
Yannick Jadot

Vous voyez bien que... Vous avez prévu de vous parler ?

21:33
Présentateur

Est-ce que vous avez prévu de vous parler avec Gabriel Attal ?

21:35
Yannick Jadot

Les gens commencent à se parler et c'est tant mieux. Les gens commencent à se parler. Vous avez déjà commencé à vous parler. Et c'est tant mieux.

21:41
Présentateur

Mais qui ? C'est-à-dire que les écologistes ont déjà parlé avec les macronistes.

21:44
Yannick Jadot

Mais si chacun se passe des coups de téléphone, se donne des rendez-vous, il fallait le moment un peu formel de la censure, voilà, c'est fait, c'est réglé. Donc, ça peut aller vite si on le veut. Et puis, évidemment, ça ne va pas être facile de discuter budget. Il nous faut un budget très vite pour ce pays. Il faut, je l'ai dit, la loi spéciale pour faire en sorte que tout fonctionne. Mais il va nous falloir un budget très vite. Il ne vous a pas échappé que les macronistes étaient les plus durs sur le budget. Ils n'ont même pas facilité le travail de M. Barnier.

22:15
Présentateur

Est-ce que vous avez prévu une grande réunion ? On se souvient de ces grandes réunions des chefs du nouveau Front populaire à l'époque où il fallait former un gouvernement qui a abouti sur Barnier. Est-ce que là, vous avez prévu une réunion

22:24
Yannick Jadot

du même type ? Les choses, si vous voulez, il faut qu'il y ait un, il faut qu'il y ait la volonté du Bloc central de bouger. Nous, on l'a dit, on est prêts à bouger.

22:35
Présentateur

Mais Gabriel Attal aussi.

22:36
Yannick Jadot

Gabriel Attal l'a dit aussi ? Oui, d'accord. Tant mieux. Mais qui, après, si vous voulez, le Bloc central, il dépend aussi du président de la République. Donc c'est le président qui doit bouger. Si le président de la République dit au Bloc central, en fait, j'étais parti en Arabie Saoudite, je faisais des affaires, là, j'étais parti ailleurs, je reviens, qu'est-ce qui s'est passé ? Ma super idée de Michel Barnier de ne pas respecter le vote des Français, elle a capoté. Je me suis absenté trois jours. Franchement, ce n'est pas bien pendant ces trois jours, vous avez fait n'importe quoi, le gouvernement est tombé. Eh bien, je vais refaire Barnier 2. Il va s'appeler Le Cornu, en plus.

Iiii, il sera à ma main. Il sera à ma main et puis il dîne avec des responsables du RN. Donc tout ça va bien se passer. Eh bien non. Eh bien non, ce n'est pas ça la réalité politique.

23:24
Présentateur

Un dernier mot, Yannick Jadot, sur un autre sujet, sur la suite, sur une autre élection. Les municipales, Anne Hidalgo, a dit qu'elle renonçait à un troisième mandat. Est-ce que vous, vous êtes candidat à la mairie de Paris ?

23:32
Yannick Jadot

Non, non, non, non. On n'est pas là. On n'est pas dans ce sujet-là. Pardon, madame, mais là... Non, mais attendez. Non, non, non, non. On n'est pas dans ce sujet-là. Non, non, non, non. Non, non, non. Non, non, non. On n'est pas dans ce sujet-là, madame. On n'est pas dans ce sujet-là. Moi, je pense que le mandat de maire de Paris est un mandat magnifique. Je pense que les écologistes ont aujourd'hui et la capacité, l'ambition et je crois mais franchement, là... Mais vous y réfléchissez ou vous fermez la porte ?

Non, non, je réfléchis beaucoup à ce que la France ne tombe pas dans le chaos politique absolu, dans la crise de régime et à faire en sorte qu'encore une fois, on protège les Français qui en ont bien besoin et qui attendent de nous responsabilité. C'est ce que les écologistes, vous l'avez compris, essaient de faire de manière, certes, inconfortable, mais je crois de manière responsable.

24:27
Invité

Comme si on vous appelle pour Matignon, vous dites oui.

24:28
Yannick Jadot

On a arrêté de filer des trucs, des boulots... C'est bien ! Des boulots difficiles !

24:35
Présentateur

Merci Yannick Jadot. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. La une de la voix du Nord, c'est la chute du gouvernement Barnier. On a tenu d'une chute. Et on en parle tout de suite, c'est l'heure du débat politique.

Yannick Jadot : « Il fallait que Michel Barnier tombe » — Yannick Jadot · Pourquijevote