Bonjour chez vous ! du lundi 6 juillet 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat. On est ensemble pendant une heure et demie pour faire le tour de l'information et de l'actualité politique. Au sommaire de cette émission, le grand plongeon d'Edouard Philippe. À dix mois de l'élection présidentielle, l'ancien Premier ministre a décidé enfin de se lancer vraiment dans la campagne lors d'un meeting organisé hier à Paris. Alors était-ce un exercice réussi ? On en débattra dans une heure avec nos éditorialistes.
Le gouvernement peut-il résoudre la crise du logement qui touche notre pays depuis des années ? Le ministre en charge du logement, Vincent Jambrun, a défend la dernière réforme du secteur des deux quinquennats d'Emmanuel Macron. Il est notre invité dans 30 minutes. Et puis face à la troisième vague de chaleur qui est prévue cette semaine, la France peut-elle tenir ? Et notamment nos hôpitaux qui sont en état d'alerte maximale. On posera la question à Bernard Jaumier, sénateur socialiste de Paris et médecin de profession en exercice. Mais d'abord, on commence avec les repères de l'actualité de ce lundi 6 juillet.
C'est l'information de la matinée, ce coup de théâtre dans l'affaire de la disparition de Delphine Jubilard. Son mari, Cédric Jubilard, a finalement reconnu le meurtre de son épouse. Un meurtre qu'il avait toujours nié jusque-là. Des aveux à retardement, puisque Cédric Jubilard, je le rappelle, a été condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle pour ce meurtre. Ces révélations ont été effectuées par son avocat, maître Pierre Debuisson, à nos confrères du journal La Dépêche du Midi. Dans l'actualité, il est également question des incendies dans le sud de la France. Des feux de forêt dans les Pyrénées-Orientales, les flammes continuent à gagner du terrain.
Depuis samedi, l'incendie déclaré à Tréviac a parcouru plus de 4 500 hectares. Les habitants de 26 communes ont été invités à être évacués. Et dans le même temps, le préfet a annoncé que l'arrivée de la troisième étape du Tour de France se fera sans public. Gaël Fonseca. L'incendie court depuis samedi. Hier soir, à 22h30, il continuait à dévorer 4 500 hectares des Pyrénées-Orientales. Près de 700 sapeurs-pompiers sont déployés contre le feu. 45 militaires de la gendarmerie ont aidé à évacuer les habitants d'un total de 26 communes.
Un feu comme ça, enfin, si près des habitations, on n'avait jamais vu. Moi, j'ai vécu un feu de 2 000 hectares aussi il y a 25-30 ans, mais pas de cette ampleur et pas aussi proche des gens.
Outre la protection de ces 10 000 personnes, en ce lundi 6 juillet, jour de troisième étape du Tour de France qui devait avoir lieu justement dans le département, le ministre de l'Intérieur a pris une décision sans précédent.
La partie française de l'étape se déroulera sans public et donc sans passage de la caravane du Tour, puisque les sapeurs-pompiers qui sont engagés sur les incendies ne seront pas disponibles, évidemment, pour assurer cette sécurisation.
Et les véhicules d'organisation pour accompagner les coureurs seront limités.
À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle de l'organisation, je pense d'abord, comme le préfet, aux gens qui souffrent en ce moment, parce que c'est ça le plus important, c'est la sauvegarde des populations et des paysages. Et puis je pense aussi, évidemment, aux gens des Angles qui se préparaient à accueillir le Tour depuis un an, et puis aux fans du Tour de France qui avaient envie de profiter d'une belle étape.
Ailleurs en France, les pompiers luttent contre de multiples incendies, en Ariège, dans l'Aude et aussi dans le Gard. Des départs de feu principalement d'origine humaine, mais favorisés par les vagues de chaleur de ces dernières semaines. Et à noter que cet incendie dans les Pyrénées-Orientales n'est pas encore fixé. Selon les dernières déclarations du préfet, les pompiers sont en train de mener une lutte acharnée. Et puis 16 départements ont été placés ce lundi en vigilance orange canicule par Météo France. La Charente, la Charente-Maritime, la Dordogne, la Gironde, les Landes, le Lot, le Lot-et-Garonne, les Deux-Sèvres et la Vendée sont concernés.
Les températures pourraient atteindre les 40 degrés par endroit. L'actualité politique et cette nouvelle étape dans la campagne présidentielle d'Edouard Philippe. L'ancien Premier ministre a organisé hier son tout premier meeting de campagne à l'Adidas Arena à Paris. Un discours d'1h15 sans grande annonce, mais avec la promesse d'une réforme massive de l'école publique. On l'écoute. Cette campagne, elle commence aussi dans un pays qui n'a pas renoncé. Un pays, le nôtre, qui a tout pour réussir. Un pays qui sait très bien, je le crois, que tout n'est pas perdu pour peu qu'on lui dise la vérité, qu'on lui montre la route et qu'on tienne enfin ce qu'on promet.
Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Dans l'actualité internationale, la Russie poursuit toujours ses bombardements contre Kiev. Plusieurs missiles balistiques ont frappé la capitale ukrainienne, ciblant des immeubles d'habitation et provoquant la mort de dix civils avec plusieurs dizaines de blessés. Ce sont les pires attaques depuis le début de la guerre d'agression russe en février 2022. En Iran, troisième jour d'obsèque national.
Ce lundi, le cercueil de l'ayatollah Ramenei doit traverser la ville de Téhéran dans ce qui ressemble à une grande opération de propagande et de démonstration de force de la part du régime iranien. Ali Ramenei, on le rappelle, avait été tué par les frappes israélo-américaines dans le cadre de la guerre en Iran déclenchée le 28 février dernier. Et puis, à Washington, Donald Trump a célébré samedi les 250 ans de l'adoption de la déclaration d'indépendance des États-Unis. Malgré la pluie, des milliers d'Américains ont assisté à la fête organisée dans la capitale fédérale. Le locataire de la Maison Blanche a vanté les mérites de son peuple. On l'écoute.
Aucun peuple n'a fait plus de bien, montré plus de courage, accompli plus de progrès, réparé plus d'injustices ou n'a atteint plus de grandeur que vous, le peuple américain. Depuis 250 ans, les États-Unis d'Amérique sont l'espérance, la promesse, la lumière et la gloire parmi toutes les nations du monde, partout dans le monde. Ils essaient d'être comme nous. Personne ne peut être comme nous. Et avec l'aide de Dieu, nous resterons toujours ceux-là ou même mieux.
Et puis, Donald Trump s'ingère également dans la Coupe du monde de football organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Ce lundi, je le rappelle, les États-Unis affrontent la Belgique en huitième de finale. Et au cœur de ce match, désormais une polémique, puisque la FIFA, la Fédération internationale, a décidé d'annuler le carton rouge du meilleur buteur américain de la compétition, Folarine Balogoun, qui était suspendue jusque-là. Et puis, on a appris que c'était Donald Trump qui avait demandé personnellement au président de la FIFA un réexamen de cette sanction, une demande acceptée par le président de la FIFA, Gianni Infantino. Voilà pour ces repères de l'actualité.
Parlons pour commencer cette émission de notre adaptation au réchauffement climatique et notamment de notre système de santé, alors que la France va connaître une troisième vague de chaleur qui est prévue cette semaine. La France peut-elle tenir ? Et nos hôpitaux surtout ? Pour en parler, j'accueille Bernard Jaumier. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur socialiste de Paris, médecin en exercice. Et puis, politiquement, je rappelle que vous êtes membre du parti Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. On se dirige vers une troisième canicule dans le pays.
Bernard Jaumier, est-ce que vous pensez que notre pays peut être un peu mieux préparé que les deux précédentes ou au contraire fragilisé ?
Ce qui est totalement inédit, qu'on n'a jamais vécu, c'est la succession à intervalles très rapprochés de deux épisodes de canicule. On sort il y a quelques jours d'un épisode qui était totalement inédit par son ampleur, des températures plus de 40 degrés sur une grande partie du territoire. Et là, ça va recommencer avec de nombreux départements où les populations vont être soumises à plus de 40 degrés. Et ça, cet effet-là, on ne l'a jamais vu. Et il faut se dire qu'à l'avenir, ça risque de se répéter. On a un système hospitalier qui tient. Mais pour qu'il tienne dans la durée, il faut que collectivement, on en prenne soin.
Et en prendre soin, ça veut dire, vous savez, ce qui le menace en premier, c'est la surcharge. Des hôpitaux qui sont surchargés, des urgences qui sont surchargées, des personnels qui travaillent parfois dans des conditions difficiles. Tous les hôpitaux en 2026 ne sont pas climatisés. Il y a encore des établissements où il fait très chaud. Et donc, ça veut dire qu'en amont, il faut éviter d'arriver à l'hôpital. Et c'est en ville que ça se passe. C'est autour de nous. On doit, les communes, mettre en œuvre, et elles le font, les dispositifs d'intervention à domicile, d'appels en direction des personnes âgées fragiles.
Mais il faut aussi, au-delà de ça, que, par exemple, les personnes plus jeunes, parce que ça, c'est une des données tout à fait nouvelles aussi, du dernier épisode caniculaire, c'est la mortalité chez les 30-50 ans. On ne fait pas de sport pendant la journée en extérieur. C'est dangereux, même si on pense qu'on est en bonne santé, et même si on l'est, on risque un accident cardiaque. Donc, on a une responsabilité collective pour franchir à nouveau cet épisode, dont on ne sait pas s'il sera le dernier de cet été.
D'autant que les organismes, alors là, je m'adresse peut-être aux médecins, les organismes sont plus touchés par une succession de canicules et avec des impacts sur plusieurs jours ?
Les organismes sont plus touchés, et l'ensemble, j'allais dire, des organismes. C'est-à-dire que moi, je suis marqué de voir des personnes qui sont jeunes, qui sont en bonne santé, qui disent, je suis fatigué de l'épisode précédent. Et donc, on va rentrer dans un nouvel épisode avec des organismes fatigués. Je suis inquiet de ce qui se passe dans le monde du travail, où on n'a pas encore les données consolidées, mais il semble qu'il y ait une forte hausse des accidents de travail sur la période récente, et peut-être des décès au travail. On va voir, on n'a pas encore les données consolidées. Mais tout ça, ce sont des indicateurs que la situation est dangereuse pour la semaine à venir.
Il faut s'inquiéter pour le bilan humain. On se souvient, la semaine dernière, il y a eu une bataille de chiffres autour du bilan humain de la canicule précédente, avec les écologistes qui évoquaient 10 000 morts, ce qui n'était pas vrai. Et d'ailleurs, le Premier ministre avait qualifié cette spéculation de scandaleuse, mais il va falloir quand même communiquer rapidement sur le bilan humain réel.
– On ne peut pas communiquer rapidement, parce qu'il faut être sérieux, il faut attendre, ça prend plusieurs semaines avant d'avoir les chiffres. Mais le chiffre des écologistes n'était sans doute pas sérieux, mais le chiffre du gouvernement qui a mis sur la table 1 000 décès ne l'était pas plus. Et déjà, il a été révisé à la hausse, à 2 000 par la ministre de la Santé hier, et il sera de plusieurs milliers. Mais tout ça, j'allais dire, c'est évidemment important, mais ça ne doit pas masquer l'essentiel. C'est que la répétition de ces épisodes survient dans un pays où on n'est pas allé assez vite sur l'adaptation à ces épisodes de forte chaleur.
Et donc, on en subit des conséquences qui sont extrêmes. À Paris, qui est la plus grande métropole du pays, je rappelle que les services funéraires, toute la filière funéraire a été débordée, et qu'on a été à deux doigts de devoir rouvrir, de devoir faire appel à Rungis, qui dispose de grandes surfaces rafraîchies, frigorifiques. Bon, finalement, ça n'a pas été le cas, mais on est passé tout près de ce qu'on a dû faire au moment de la crise du Covid.
Et justement, vous parliez de l'inadaptation au réchauffement climatique pour sanctionner le gouvernement de son impréparation à ces vagues de chaleur. Les écologistes, les députés écologistes, défendent aujourd'hui une motion de censure du gouvernement. Bernard Jaumier, si vous aviez été député, vous voteriez cette motion de censure ?
Moi, je comprends le dépôt de la motion de censure par les écologistes, parce que lutter contre le réchauffement climatique, c'est faire de l'atténuation, c'est-à-dire prendre les mesures, décarboner, en fait, notre pays et notre économie. Et là, on a eu des marches avant, marches arrière sans cesse ces dernières années. Je ne reviens pas, le fond vert, ma prime rénov', 16 changements en quelques années, personne n'y comprend plus rien. Le plan arbre, planter des arbres, Emmanuel Macron nous avait dit, on va prendre un milliard d'arbres.
Je vous invite, on est le 6 juillet, 7 juillet, le 1er juillet entre en vigueur une loi qui impose aux parkings des centres commerciaux d'être en bras à 50%, les grands parkings. Regardez, la loi est très mal appliquée. Donc, ce gouvernement, il fait marche avant, marche arrière, sans arrêt. Mais dans le même temps, on ne peut pas lui reprocher la vague de chaleur actuelle. Il faut quand même être un peu de bonne foi. Donc, je comprends le signal politique des écologistes, mais je considère qu'on est en juillet, dans 9 mois, il y a une élection fondamentale. Le carton jaune, puis le carton rouge au gouvernement, ce sera à ce moment-là.
Et là, changer de gouvernement n'aidera pas à résoudre la crise actuelle.
Donc, c'est de la politique politicienne, cette motion de censure ?
– Non, je ne fais pas partie de ceux qui font du bashing des écologistes, c'est insupportable. On vient d'avoir une loi agricole au Sénat. Moi, j'ai entendu des collègues du parti d'Edouard Philippe, qu'on voyait il y a quelques instants à votre écran, qui ont bataillé pour réduire la protection des zones humides. Mais ça, c'est un niveau d'irresponsabilité grave, quand même. Notre pays, non seulement, subit des canicules, mais une sécheresse qui est terrible à l'heure actuelle. Les dégâts sur l'environnement, sur l'agriculture vont être terribles. Les sols sont complètement asséchés. Eh bien, ils ne trouvent rien de plus intelligent que de détricoter la protection des zones humides.
Ce sont, eux, les irresponsables et pas les écologistes.
– Alors, vous en parliez à l'instant. Il se pose la question, dans cette crise de vagues de chaleur, de la résistance de nos hôpitaux face à ce phénomène. En tout cas, le gouvernement essaye de les renforcer un petit peu en urgence. D'abord, en essayant d'équiper de climatisation des établissements hospitaliers qui n'en comptaient pas jusque-là. On va écouter le Premier ministre sur ce point. – J'avais annoncé l'acquisition de plus de 30 000 climatiseurs dans des délais assez brefs. Et je peux vous confirmer qu'on a déjà 6 000 climatiseurs qui sont en livraison au moment où on se parle. Et 7 000 ventilateurs, ça, c'est une priorité absolue.
Avec aussi une méthode qui a été donnée de confier aux hôpitaux le soin de pouvoir acheter ces matériels. Le ministère va les rembourser, ce qui est là aussi beaucoup plus moderne de fonctionner en proximité avec des centrales d'achat qui nous permettent de regrouper évidemment ces acquisitions et de les faire à meilleur prix. – Voilà, Sébastien Lecornu qui a été jeudi dernier à Marseille lors de sa cellule interministérielle de crise sur la canicule. Bernard Jaumier qui lie en 2026 des établissements hospitaliers sans climatisation. Comment c'est possible ? On n'a pas tiré les leçons de la canicule de 2003 ?
– C'est possible parce qu'on est gouverné à coups de mesures conjoncturelles. Et donc quand un épisode arrive, le Premier ministre a raison. Là, moi, je ne lui donne pas tort de commander rapidement des climatiseurs pour améliorer. Mais c'est de l'immédiateté. Or, le GIEC, tous les scientifiques nous disent depuis des années… – Les experts de l'ONU sur le climat, oui. Tous les experts sur le climat nous disent qu'on va vers des canicules de plus en plus intenses. Et c'est pour ça d'ailleurs, par exemple, qu'il faut rendre grâce à Elisabeth Borne d'avoir créé le Fonds Vert en 2023. Mais on crée le Fonds Vert et trois ans après, on a divisé par trois les financements.
Et ce fonds, il est destiné à nous adapter au changement climatique. Donc cette façon de gouverner à coup de barre, un coup à droite, un coup à gauche, marche avant, marche arrière, fait que quand la crise arrive, on est fragile. Et c'est le cas des hôpitaux, évidemment. Quand les hôpitaux sont à la base sous tension, vous rajoutez la crise climatique. Et c'est très difficile pour les personnels des hôpitaux. Donc il faut mieux anticiper, il faut gouverner dans la durée et en anticipant plutôt que de devoir réagir quand la crise arrive.
Des hôpitaux qui sont en état d'alerte maximale puisque le gouvernement a activé le plan Orsan niveau 3. Alors concrètement, qu'est-ce que c'est ce plan Orsan ? Eh bien, tout simplement, c'est la mobilisation maximale de notre système de santé. Cela permet de déprogrammer des interventions non urgentes. Les effectifs hospitaliers sont renforcés. On revoit les plannings. On rappelle du personnel au repos. On fait appel à la réserve sanitaire, aux étudiants, aux retraités. Et puis, quand un département est saturé sur le plan sanitaire, avec ce plan Orsan niveau 3, les transferts de patients au niveau logistique se font beaucoup plus rapidement.
Cela veut dire que, Bernard Jaumier, dès la deuxième vague de chaleur qu'on vient de connaître, notre système hospitalier était déjà saturé à sa limite.
Oui, il a été en difficulté. Il a franchi cette vague. Moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'on est début juillet. Et qu'on a deux mois à passer. Et qu'on ne passera pas deux mois, parce que personne ne sait s'il n'y aura pas derrière une quatrième, une cinquième, une sixième canicule. Et on ne va pas pouvoir passer deux mois à dire aux personnels qu'ils ne doivent pas partir en vacances, à orienter toute la chaîne de soins vers cette gestion. Alors, là, tout le monde va se retrousser les manches. Et moi, je connais bien les personnels soignants. Ils ne refineront pas à la tâche. On a vu pendant la crise Covid. Ils étaient là, ils ont répondu présents. Encore une fois, ils répondront présents.
Mais quand arrêtera-t-on de gouverner en mettant sans arrêt les gens sous tension, en demandant sans arrêt aux personnels d'en faire plus que ce qu'il est humain, de leur demander ? Quand cessera-t-on de les faire travailler dans des conditions dégradées, avec peu de personnel, avec des locaux mal adaptés ? C'est là où on voit que la façon dont on gouverne le pays, le Premier ministre ne peut pas nous dire que c'est satisfaisant. La réalité, c'est que la gouvernance du pays est une gouvernance réactive, à coups de communication d'ailleurs pas très bien ajustés, et qui fait que notre pays est en grande difficulté.
On va parler des personnes isolées qui sont victimes de ces vagues de chaleur. Et c'est peut-être même la nouveauté de cette canicule par rapport à la canicule de 2003. On écoute le Premier ministre sur ce point. On a une particularité qui est difficile d'ailleurs à appréhender, c'est que la plupart, en tout cas un nombre important de nos concitoyennes et de nos concitoyens qui sont décédés, sont décédés à leur domicile. C'est en cela d'ailleurs la grande différence avec 2003, où on s'en souvient évidemment la question des EHPAD.
Aujourd'hui, on voit bien que, et notamment sur la plaque parisienne, en Ile-de-France, beaucoup de personnes, seules, c'est aussi un sujet sociétal, social, très important, se sont retrouvées livrées à elles-mêmes et sont décédées à domicile. Donc pour nous, c'est aussi une évolution de la posture,
parce que c'est quelque chose qui, pour le coup, est nouveau.
Le gouvernement qui travaille sur un plan hors-sec chaleur extrême pour mettre à l'abri plus rapidement les personnes isolées dans des lieux de fraîcheur. J'ai mis, il faut changer complètement notre logiciel sur cette solidarité vis-à-vis de ces personnes isolées qu'on oublie malheureusement, peut-être parfois.
– Non, ce n'est pas nouveau. Ce n'est pas nouveau. – Par rapport à 2003 ? – Après la canicule de 2003, les collectivités territoriales ont mis en place des fichiers qui s'appellent les fichiers chalex, chaleur extrême, à Paris, dans mon département. Un fichier a été établi pour recenser toutes les personnes âgées, isolées, à domicile et pour pouvoir les appeler en cas d'épisode caniculaire et si besoin, pour pouvoir envoyer à domicile une équipe, quelqu'un, pour aller voir ce qui se passe. Donc non, l'ampleur est nouvelle, mais le phénomène n'est pas nouveau.
Et là aussi, il y a un défaut d'anticipation, c'est-à-dire que dès qu'un épisode caniculaire arrive, ces fichiers doivent être activés. Alors c'est fait dans un certain nombre d'endroits, mais quand le gouvernement fragilise, par exemple, les CCAS, et bien on fragilise… – Les centres communaux d'action sociale. – Pardon, les centres communaux d'action sociale, on va fragiliser ce type de dispositif. Donc encore une fois, pour répondre de façon satisfaisante à une crise comme la canicule, qui est là, ces canicules à répétition, il faut avoir mis en amont des dispositifs stables qu'on ne change pas tous les jours et auxquels on ne coupe pas sans arrêt les moyens.
– On continue à parler de la canicule dans les hôpitaux. On va aller dans le département des Pyrénées-Atlantiques, retrouver Benjamin Moutet, maire d'Orthèse, dans ce département des Pyrénées-Atlantiques. Bonjour Benjamin Moutet.
– Bonjour à tous.
– Alors vous venez d'être élu président du conseil de surveillance de l'hôpital de la ville d'Orthèse. Comment ce centre hospitalier se prépare à cette troisième canicule qui s'annonce ?
– Alors les professionnels ont l'habitude de ce genre d'épisode, parce que ce n'est pas le premier. Donc ils font ça avec beaucoup de professionnalisme et du coup on attend d'autres consignes. Mais en tout cas là, les équipes sont mobilisées, toujours prendre soin des autres. Le problème c'est effectivement, comme faisait mention l'invité, c'est la climatisation, il n'y en a pas. Donc c'est un sujet délicat.
– Oui. – Et justement, est-ce que, parce qu'on a entendu Sébastien Lecornu qui promettait des commandes de climatisation rapide pour les hôpitaux, est-ce que vous allez en recevoir ?
– Alors ce n'est pas prévu. Pour l'heure, on a effectivement lancé des travaux, on a décidé de travaux pour la maison de retraite, mais ce sera plus tard dans l'année, en tout cas pas à très court terme.
– Bernard Jomier, une réaction ? – Voilà. – La différence entre les annonces de Paris…
– Tout est dit, c'est-à-dire qu'encore une fois, en 20 ans, on a au fil du temps abandonné des engagements qui avaient été pris. Et vous verrez, la loi de finances va arriver en novembre-décembre. Aujourd'hui, le Premier ministre nous dit, en gros, le fonds vert, on va l'augmenter, 200 millions, pas plus, mais on va l'augmenter. Mais attendez que novembre-décembre arrive, que la chaleur passe, et nos gouvernants auront oublié.
Donc, si on n'est pas dans un effort constant, déterminé, qui prend du temps, parce que les sommes en jeu sont importantes, un plan de climatisation des établissements scolaires, des hôpitaux, ce sont des milliards, des milliards et des milliards dans la situation budgétaire très difficile que connaît notre pays. Et donc, ça doit être un effort qui est sur la durée. Et si cet effort n'est pas maintenu, et là maintenant, il faut qu'on arrête les coûts de gouvernail dans tous les sens, il faut qu'on soit déterminé, parce que sinon, M.
le maire est président du conseil de surveillance de son hôpital, il sait ce que vivent les personnels, il le voit, ce que vivent les malades qui vont à l'hôpital, on ne peut pas soigner dans des conditions qui sont dégradées.
M. le maire, est-ce que vous demandez une aide de l'État pour faire face à ces vagues de chaleur qui vont se répéter ?
M. le maire, oui, dans le contexte budgétaire, toutes les aides sont bonnes à prendre. Donc, effectivement, si l'État fait un pas vers les collectivités, on l'accueille avec grande joie.
M. le maire, et quand vous voyez par exemple que le fonds vert, qui est ce fonds versé par l'État aux collectivités pour les accompagner dans cette transition face au réchauffement climatique, que son fonds vert est divisé par trois, est-ce que vous vous sentez délaissé dans cette lutte ?
M. le maire, oui, parce que pour nous, c'est ça la guerre à laquelle il faut qu'on se prépare, c'est plutôt cette guerre climatique, cet enjeu du quotidien. Donc, c'est sur ça qu'on a besoin d'être aidés, je pense, très concrètement. Nous, on est les chevilles ouvrières d'un dispositif national, donc on a besoin de sentir que derrière nous, une politique globale et une politique nationale est sensible au sujet des plus fragiles, des personnes âgées évidemment, des enfants, et puis vous parliez aussi des 30-50 ans qui souffraient de la chaleur. Donc, au final, on s'aperçoit que tout le monde est concerné, et donc c'est un sujet national qu'il faut, à mon avis,
affronter très concrètement et très rapidement.
Merci beaucoup, Benjamin Amoutet. Vous êtes, je le rappelle, le maire d'Orthèse dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Bernard Jomy, on finit par quelques questions politiques avec une actualité politique qui va être chargée demain, puisqu'on attend la décision de la Cour d'appel de Paris dans le procès des assistants parlementaires du Front National, assistant au Parlement européen. Et donc, on va savoir si Marine Le Pen va pouvoir ou non se présenter à l'élection présidentielle 2027. Est-ce qu'on peut imaginer que la justice empêche la favorite de l'élection présidentielle de se présenter ?
La justice, elle rend la justice. Mais au nom du peuple. La justice, elle n'est pas là pour faire de la politique. Oui, le peuple lui a confié mandat de rendre la justice, pas de prendre des décisions d'opportunité. Donc, on verra bien si Marine Le Pen peut ou pas se présenter. Pour moi, ce qui est important, c'est que le Rassemblement national porte une politique que je combat. Et là, pour rester sur le sujet de la chaleur, c'est un parti qui combat les énergies renouvelables, qui a sorti un plan de climatisation qui est totalement irréaliste, qui est sur une ligne néo-trumpienne. Je rappelle que Donald Trump prône le développement des énergies fossiles, celles qui réchauffent le climat.
Il faut bien dire qu'aujourd'hui, ce que nous vivons, il faut que chacun le comprenne, c'est ce qui s'est passé il y a 20 ou 30 ans. Et qu'en aggravant la situation aujourd'hui, ce sera pire demain.
Alors, on comprend votre combat sur le fond vis-à-vis du Rassemblement national, mais quand même, sur la forme, je le rappelle, la justice est rendue au nom du peuple français. Même si Marine Le Pen est condamnée, est-ce que ce n'est pas au peuple français de trancher, au final, dans le cadre de cette élection présidentielle ?
Mais la justice n'est pas un sondage. Ce n'est pas le peuple qui exprime dans un sondage si quelqu'un est coupable ou est innocent. Je veux bien qu'on vit dans une démocratie de l'instantané, mais un procès est quelque chose de sérieux, quelque chose où des arguments s'échangent et qu'ils confiaient à la justice, au magistrat. Et dans un procès, je rappelle que le procureur représente l'intérêt général. Il représente l'intérêt public. Donc, tout a été fait dans les formes, tout a été fait sur un temps très long. D'ailleurs, je le rappelle. C'est-à-dire que les responsables politiques nationaux, ils ont beaucoup de moyens d'échapper à la justice.
Ils ne se privent pas de les mettre en œuvre, d'utiliser tous les aléas de la procédure pour essayer de retarder toujours les jugements. Il n'y a pas que Marine Le Pen qui fait ça. Et donc, il y a suffisamment de garanties. Aujourd'hui, clairement, elle est coupable. Ça a été dit par la justice. Et on verra quel est le verdict. Moi, je fais confiance à la justice.
Une question sur la gauche, Bernard Jomier, puisque ce jeudi, les militants du Parti Socialiste vont devoir choisir sur la primaire qu'ils vont effectuer pour cette présidentielle. Alors, soit une primaire ouverte qui est donc disponible pour les sympathisants, soit une primaire fermée seulement vraiment pour les militants du Parti Socialiste. On rappelle que vous soutenez, vous, le candidat Raphaël Glucksmann. Quelle est la meilleure solution pour avoir un candidat de cette gauche sociale-démocrate fort à la présidentielle ?
La meilleure solution, ça aurait été que naturellement, une candidature émerge. Moi, je constate, je soutiens un candidat, vous l'avez rappelé, mais je constate que ce n'est pas le cas aujourd'hui. Et donc, il faut se confronter aux principes de réalité. À partir de là, il faut que nos électeurs interviennent dans le processus. Moi, je suis favorable à ce qu'ils interviennent de la façon la plus ouverte possible sur un espace politique clair. Et cet espace politique, c'est la sociale-écologie. Je le dis clairement, ça n'est pas la France insoumise. Donc, pour qu'émerge un candidat maintenant sur cet espace-là, oui, il faut faire appel à nos électeurs.
Donc, c'est-à-dire, vous êtes pour une primaire ouverte ? Je suis pour un processus qui fasse appel de la façon la plus large possible à nos électeurs. Appeler ça une primaire ouverte. Vous savez, on utilise des mots en fonction des intérêts du moment. Ouvert, fermé, que sais-je. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas de candidat qui émerge naturellement. Il n'y a pas un candidat qui s'impose dans les enquêtes d'opinion. Et donc, il faut que nos électeurs, et pas simplement les 20 ou 30 000 adhérents du Parti Socialiste et ceux de place publique et les adhérents écologistes, prennent la parole.
Et donc, tous les électeurs de gauche, hors la France insoumise, c'est-à-dire aussi les électeurs des écologistes, des communistes. Il faut voir large.
Moi, je suis favorable à un dispositif de ce type-là, oui.
Ça veut dire qu'au sein de place publique, vous conseillez Raphaël Glucksmann d'aller dans une primaire, parce qu'on a l'impression que pour l'instant, il refuse.
– Je crois que la méthode, je l'ai dit, qui consiste à ce que ça décante naturellement, était la plus simple et la meilleure. Je constate aujourd'hui qu'elle ne fonctionne pas. Et je veux bien qu'on m'explique le contraire, mais je ne doute pas que Raphaël Glucksmann voit lui-même que cette méthode ne fonctionne pas et que se discutent actuellement les modalités d'un vote.
– Donc, il pourrait changer d'avis, selon vous ?
– Se discutent les modalités d'un vote.
– Ça se discute au sein de Place publique. – Merci beaucoup, Bernard Jaumier, d'avoir été notre invité ce matin pour parler notamment de l'adaptation de la France et de nos hôpitaux au réchauffement climatique. Maintenant, on va parler de l'adaptation de nos logements à ces vagues de chaleur et puis également des solutions pour résoudre la crise du logement. Comment adapter nos logements au réchauffement climatique et comment résoudre la crise du logement qui touche notre pays depuis des années ? Le gouvernement défend cette semaine une réforme du secteur du logement, peut-être sûrement la dernière réforme du secteur sur les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
Alors, ce texte va-t-il réussir à redorer le bilan d'Emmanuel Macron en la matière qui est plutôt négatif avec cette crise du logement ? Pour en parler, j'accueille le ministre en charge du logement, Vincent Jambrun, bonjour. Bonjour. On est ensemble pendant une vingtaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Stéphane Vernet pour Ouest France. Bonjour Alexandre. Bonjour Stéphane. Vincent Jambrun, bonjour. Stéphane Vernet qui dirige la rédaction parisienne de Ouest France. Alors, Vincent Jambrun, parlons d'abord de la canicule. Les températures remontent. Une troisième canicule est annoncée cette semaine.
Est-ce que, selon vous, la France est prête à ce nouvel épisode de chaleur ? On est déjà un tout petit peu plus près parce qu'on a l'expérience de la vague de chaleur de mai et de cette terrible canicule exceptionnelle qu'on vient de voir. Maintenant, est-ce suffisant ? On va tout faire pour que ce le soit. Mais c'est évidemment très compliqué. C'est compliqué parce que la canicule s'installant dans la durée, on épuise un certain nombre de ressources. On voit que la nature a été meurtrie, ce qui favorise par exemple les incendies terribles qui frappent un certain nombre de nos territoires.
et donc on voit qu'il va falloir tenir bon et surtout en tirer toutes les leçons le plus vite possible pour être prêt pour les étés futurs. Parce qu'on voit bien que, même s'il n'est pas dit que tous les ans, ce sera le même niveau de canicule, il faut maintenant s'y préparer parce que ça peut vraiment revenir de manière récurrente. En tant que membre du gouvernement, est-ce que vous ne vous dites pas qu'on aurait pu plus adapter le pays à ces vagues de chaleur ? On n'en a pas assez fait. Force est de constater que le pays n'est pas adapté. Donc, évidemment, il y a quelque chose qu'on aurait dû faire tous collectivement. Maintenant, il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites.
Les gouvernements qui sont précédés ont mis en place un certain nombre d'outils. Ma prime rénov', ça n'existait pas. Ça existe. Le fonds vert qui aide les collectivités locales à investir pour la transition écologique n'existait pas. Il existe. Tout est parfait ? Non. On s'en fout. Est-ce qu'il y a eu des efforts considérables ? Justement, ce sont des outils qui ont été affaiblis, les positions qui ont été créées et puis après, vidées de leur substance. Typiquement, ma prime rénov' a été maintenue dans son budget. Le budget avait augmenté toutes ces dernières années et malgré le contexte budgétaire, il a été plafonné cette année. On a la même ambition en 2026 qu'on avait en 2025.
Mais peut-être un point aussi, c'est que moi, j'ai entendu énormément de critiques sur les normes environnementales, sur le fameux DPE, on va peut-être en reparler, sur les règlements... Diagnostic de la performance énergétique. Tout à fait. Sur les réglementations de construction, ce que certains appellent la RE 2020, etc. Et beaucoup disaient, il y a trop de normes en ras-le-bol, etc. On a entendu les climato-sceptiques, le Rassemblement national dans l'hémicycle, climato-sceptiques, matin, midi, soir. Là, on les entend un petit peu moins. Mais on voit bien qu'il faut trouver ce point de convergence. Je dis ça, moi, je ne suis pas un fan des normes en soi.
Et je pense que d'ailleurs, le changement de normes tous les matins peut faire beaucoup de mal à notre économie. Mais une fois qu'on a dit ça, avoir une ambition réglementaire qui fait qu'on sait quel va être le bâtiment du futur, la maison du futur, qui nous protège aussi bien l'hiver que l'été, qui protège ceux qui y habitent et l'environnement, c'est quelque chose qui est louable. Et c'est là aussi où on voit que le changement de mentalité avec ces événements majeurs, l'hiver comme l'été, devrait nous permettre d'accélérer les choses. Il faut accélérer, c'est ce qu'a dit le Premier ministre. Et on va se mobiliser pour ça. – On peut comprendre que vous raisonnez sur le tournant.
Par contre, pendant qu'on a ces épisodes de canicule et de cette canicule exceptionnelle, on a aussi des décisions qui semblent aller à l'encontre de ce que vous annoncez, de ce qui se prépare. Il y a la question du fonds vert qui a quand même été raboté. Il y a le fait qu'il est question de remettre sur le marché 700 000 logements F&G. – F&G, alors ça c'est pour moi très important ce point-là, si je peux en dire. – On va en parler, on va en parler. – C'est justement parce qu'on veut rénover les 700 000 logements qui seront classés en termes de performance énergétique F ou G et qui auraient été frappés d'indécence énergétique, c'est-à-dire en gros plus possibilité de les louer.
– Qu'on appelle les bouilloires… – Les passoires thermiques. – Alors, passoires thermiques ou bouilloires thermiques, même si pour l'instant le DPE note surtout les passoires thermiques, donc surtout le confort d'hiver, ce qui est un des sujets, il faut qu'on améliore la formule pour l'été, mais l'objectif c'est d'avoir un partenariat gagnant-gagnant-gagnant. C'est gagnant pour le propriétaire parce que grâce au projet de loi il pourra continuer à louer le logement. Ce loyer va pouvoir donc l'emprunter pour faire les travaux, donc solvabiliser son emprunt et donc améliorer le logement.
En améliorant le logement, c'est gagnant pour le locataire à double titre parce que c'est gagnant pour le locataire qui est dans le logement, forcément, le logement va s'améliorer en termes de performance, mais c'est gagnant pour tous les locataires de France parce que quand on vit une crise du logement comme on la connaît aujourd'hui, si on avait retiré 700 000 logements de la location, c'est encore plus de pénurie, encore plus de tension sur le marché et puis c'est gagnant évidemment pour nos entreprises et puis c'est gagnant pour la planète. Donc c'est ça l'ambition portée. Le principe il est simple, tu rénöves, tu reloues.
Et donc là, il n'y a pas de prolongation du délai comme ça à blanc, c'est parce que je vais m'engager en tant que propriétaire à faire les travaux, que j'aurai l'entreprise sélectionnée, que j'aurai versé les accomptes, alors seulement à cette condition, je peux relouer. Ça fait une sacrée différence. Donc à terme, ça permet de lutter contre… À terme, c'est-à-dire qu'on a mis un délai dans le texte de loi à trois ans pour les maisons individuelles, cinq ans pour les logements collectifs, ça veut dire qu'au plus tard, dans cinq ans, ces 700 000 logements, ils sont rénovés. Donc l'ambition de transition, elle est totalement portée.
Je sais que les oppositions essaient de dire exactement l'inverse. Non, c'est parce qu'on veut rénover le plus vite possible ces 500 000 logements qu'on les remet sur le marché de la location avec une contrepartie extrêmement ferme. Oui, mais le problème, c'est que ce diagnostic de performance énergétique, il cible les passoires thermiques en hiver, mais peut-être pas les bouilloires thermiques en été. Ça veut dire que concrètement, vous allez mettre des personnes dans des centaines de milliers peut-être de bouilloires thermiques en été pendant des années en réautorisant vos locations. Le sujet n'est pas de mettre qui que ce soit dans une bouilloire thermique.
Quand vous dites « vous remettez, ce n'est pas mon sujet ». Mais globalement, on voit que pendant des années, on a beaucoup investi sur le confort d'hiver, donc lutter contre les passoires thermiques. Aujourd'hui, on a un défi qui est de mieux protéger les logements de manière générale contre les épisodes de canicule. Ça passe déjà par protéger le bâtiment du rayonnement solaire. Première chose. Et là, on se pose la question des volets. Je discutais en coulisses avec un personnel de l'émission qui me disait « moi, mon logement, il était nord-ouest orienté, donc probablement qu'à l'époque, on ne mettait pas de volet quand c'était orienté nord-ouest ».
Elle a raison, souvent il y avait ce type d'économie qui était faite à la construction du bâtiment. Ça, ça doit être derrière nous. Il faut qu'on puisse rajouter des volets, mais même des balcons. Figurez-vous que la réglementation R20 avait tendance à pousser les constructeurs à faire moins de balcons. Or, plus vous avez des balcons, plus vous protégez la baie vitrée du voisin du dessous. C'est des petites choses comme ça qui peuvent nous permettre d'améliorer le confort d'été de manière assez considérable. Je repose ma question. Est-ce que dans les 700 000 logements qui vont être à réautoriser à la location, il y a un risque qu'il y ait beaucoup de bouilloires thermiques ?
Non, je ne peux pas vous le dire comme ça. Oui, mais ce n'est pas automatique. Par exemple, une passoire thermique, ça peut être le logement en rez-de-chaussée dans une cour intérieure. Il ne voit jamais le soleil, donc il est très au frais et donc il consomme beaucoup l'hiver. Par contre, c'est typiquement probablement le logement le plus confortable l'été. À l'inverse, vous avez un appartement au dernier étage d'un immeuble. Effectivement, comme il n'y a rien autour, passoire thermique l'hiver et bouilloire thermique parce qu'il se prend tous les rayonnements solaires l'été. Mais ça concerne aussi des logements qui sont mal isolés et donc qui vont peut-être faire rentrer la chaleur l'été.
Alors, c'est tout l'intérêt en les remettant sur le marché de la location comme je vous l'expliquais tout à l'heure, de pouvoir, avec l'obligation de faire des travaux, de faire en sorte que dans 5 ans, ils soient totalement rénovés. Maintenant, vous avez raison de le dire, il faut qu'on change les mentalités en France sur le confort d'été.
L'épisode caniculaire qu'on a vécu là, il est hors du commun, on n'avait jamais connu ça et il a un avantage, si je peux m'exprimer ainsi, c'est qu'il a fait prendre conscience à tout le monde de l'intérêt de changer un certain nombre de règles et de façon à la fois de calculer un diagnostic de performance énergétique avec cette idée de lutter contre les bouillards thermiques, mais aussi peut-être nos réglementations. On parlait des volets tout à l'heure. Aujourd'hui, on voit des bâtiments haussmanniens derrière vous, sans la validation d'un architecte des bâtiments de France, on ne peut pas installer de volets.
C'est une vraie réflexion et dans le texte de loi qui va être débattu dès demain ici au Sénat, je sais qu'il y a des sénateurs qui ont posé un certain nombre d'amendements au texte pour pouvoir prendre en compte cette question du confort d'été et y compris comment on accélère la pose de volets, y compris pourquoi pas la pose de ventilateurs, de systèmes de refroidissement, etc. Et donc ce débat, il va falloir qu'on l'ait. Mais cette crise aura au moins permis ça. C'est qu'on améliore le débat. Parmi la nécessité du juge, vous dites qu'il faut changer les règles, on voit que ce qui se passe nous oblige à changer les règles.
Parmi les règles qui changent, il y a ma prime rénov' dont la philosophie va changer radicalement à la rentrée, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous arrêtez d'aller financer des gestes isolés pour privilégier des rénovations complètes, intégrales, qui permettent d'isoler à la fois le toit, changer la porte, le chou... C'est ce qu'on appelle la rénovation d'ampleur avec une idée simple, on n'y revient plus. Une fois que l'aide a été apportée, on n'y revient plus, on a fait tout ce qu'il était possible de faire, ce qui fait qu'on change vraiment la structure du bâtiment et on change surtout vraiment la vie des gens. Mais ça se comprend, mais ça pose deux questions.
La première, c'est est-ce que ça veut dire que tout ce qu'on avait fait avec ma prime rénov' par le passé, c'est de l'argent perdu ou gaspillé, parce qu'en privilégiant des gestes isolés, en fait, finalement, il n'y a pas d'efficacité et donc c'est de l'argent public qui a été investi pour rien, entre guillemets. Et ma deuxième question, c'est est-ce que les propriétaires ou les personnes qui ont des travaux à faire pourront se permettre d'avoir une rénovation intégrale ou d'ampleur, sachant que du coup, ça va les obliger à dépenser beaucoup plus ? Est-ce que ce sera accessible à tout le monde ? C'est une bonne question.
D'abord, vraiment, l'argent public, il faut qu'on le constate là où il est plus efficace. Donc la rénovation d'ampleur, c'est le gage de la plus grande efficacité. Ça veut dire qu'avant, c'est pas efficace ? Deuxièmement, c'est là où on a vraiment les économies pour le ménage qui habite dans le logement ou dans l'habitation parce que quand vous faites uniquement de la rénovation par geste, c'est-à-dire juste j'isole les combles mais je ne change pas les fenêtres ou je change les fenêtres mais je n'isole pas les combles, en fait, l'économie énergétique n'est pas suffisante à ce moment-là pour rembourser réellement les travaux. C'est possible mais c'est assez rare.
Là, dans une logique où vous faites la rénovation globale, vous avez quasiment la certitude de faire des économies d'énergie significatives qui fait qu'y compris dans une logique de crédit, par exemple, j'ai des mensualités pour rembourser un crédit qui me permet de rembourser les travaux mais je sais qu'en contrepartie, je vais vraiment faire des économies d'énergie ce qui était moins le cas avec la logique par geste. On conserve quelques subventions par geste notamment sur les pompes à chaleur et les pompes à chaleur réversibles, ça permet de faire du chaud l'hiver et du frais et du froid l'été. Donc, c'est des outils importants.
D'ailleurs, annonce aussi importante les pompes à chaleur RR donc qui diffusent de l'air dans votre logement vont être bénéficiées d'un décret qui va faire baisser la TVA à 5,5 donc TVA réduite pour avoir les pompes à chaleur réversibles. C'est aussi des choses qu'on va pouvoir continuer à accompagner maintenant, encore une fois, efficacité, rénovation globale, c'est la clé. Vous êtes favorable à un grand plan pour aider les Français à installer la climatisation dans leur logement comme le propose le Rassemblement National ? La climatisation, il faut être très clair, elle sauve des vies.
Elle sauve des vies à l'hôpital, elle sauve des vies dans les EHPAD, elle permet à nos enfants d'aller à l'école donc il ne faut avoir aucun dogmatisme sur la climatisation.
En revanche, le sujet de l'accompagnement budgétaire comme certains l'évoquent, qui ne me paraît pas le plus sérieux, il y a cette annonce que je viens de vous faire sur la baisse de la TVA pour rendre accessibles ces pompes à chaleur réversibles qui encore une fois sont des bons chauffages de l'hiver, sont des bonnes climatisations en l'été mais ça ne doit pas nous empêcher de rénover le logement autour parce qu'on parlait de passoires thermiques, dans une passoire thermique il y a vraiment cette idée que la chaleur s'échappe, on pourrait avoir la même chose avec la bouilloire thermique où le froid en réalité que vous diffusez avec votre clim, en réalité il s'échappe en permanence, si on n'isole pas le logement on peut avoir un confort de chaleur l'hiver ou de fraîcheur l'été n'empêche que la facture serait énorme et donc là-dessus il faut qu'on aide les gens à isoler et la priorité pour moi de l'État c'est d'aider à isoler.
Aider les gens à isoler mais est-ce que aussi obliger les propriétaires à isoler ? Est-ce que dans les travaux de rénovation thermique obligatoire pour pouvoir louer son logement est-ce qu'il y aura des travaux de rénovation dans votre plan logement ? C'est effectivement ce qu'on doit écrire ensemble avec les sénateurs, avec le Parlement de manière générale et puis avec les différents services de l'État.
On parlait des architectes des bâtiments de France tout à l'heure ils ont un rôle important de préservation du patrimoine et donc moi j'ai envie de travailler avec eux pour qu'ils nous disent bah oui peut-être qu'à Paris le volet haussmannien n'aura pas la même tête qu'un volet dans une autre région française parce qu'on veut avoir ce souci, cet équilibre de trouver la préservation du patrimoine donc sans défigurer nos bâtiments mais d'un autre côté on n'a pas le choix il faut des volets parce que de toute façon si on ne permet pas aux gens d'habiter décemment dans ces logements finiront par ne plus être loués finiront par ne plus être entretenus et on perdra notre patrimoine de toute façon donc il y a un chemin écrit ensemble.
Donc dans ce plan logement il y aura de nouvelles mesures pour rendre certaines rénovations obligatoires en termes de protection contre la chaleur ? Les sénateurs ont souhaité en débattre il y a des amendements là-dessus je ne vais pas vous dire à l'avance que sera la fin du débat mais évidemment j'y suis favorable et je suis heureux qu'on puisse améliorer le texte avec les sénateurs Comment il va se passer ce débat ? En fait vous attendez à des choses tendues ou apaisées et moi j'avais cru comprendre que ça devait d'abord démarrer à l'Assemblée nationale pourquoi est-ce que vous l'avez présenté d'abord au Sénat ?
Écoutez d'abord parce que les sénateurs l'ont souhaité C'est eux qui l'ont demandé ?
En tout cas il y a eu plusieurs questions d'actualité au gouvernement dont notamment la présidente de la commission des affaires économiques qui est rapporteur sur le texte Dominique Estrosi-Sassonne qui rappelait l'urgence de ce projet de loi et elle était plus que légitime à le faire puisqu'elle avait elle-même rapporté enfin proposé une proposition de loi qui s'appelait choc pour un vrai choc d'offre du logement dont le projet de loi gouvernemental s'est inspiré d'ailleurs et on avait beaucoup débattu déjà de l'urgence Donc il y a un choix de l'investissement Exactement à lancer le débat sur le logement et ce grand plan de relance logement et donc il y avait ce sentiment d'urgence qui était décrit par les sénateurs et effectivement le Premier ministre en discussion avec le président Gérard Larcher a trouvé opportun qu'on puisse accélérer la présentation de ce texte je m'en réjouis parce que ça nous fait gagner du temps ça nous conforte dans l'idée qu'on pourra adopter ce texte au Sénat puis à l'Assemblée avant la fin de l'année parce qu'effectivement il y a urgence les Français n'arrivent plus à se loger dans notre pays en disant ils ont perdu 25 mètres carrés de pouvoir d'achat c'est gigantesque en fait on ne s'en rend pas compte mais pour un étudiant c'est avoir ou pas un logement en 25 mètres carrés un jeune actif c'est pareil combien dorment dans leur voiture parce qu'ils n'arrivent pas à trouver le petit 25 mètres carrés qu'ils auraient pu se louer il y a quelques années et je ne parle même pas de la démographie vous avez des familles françaises qui renoncent à faire un enfant parce qu'ils n'ont pas la pièce en plus ou les pièces en plus cette crise du logement qui touche notre pays depuis des années avec une offre insuffisante de logement un niveau de construction faible et puis une demande de logement qui est toujours en hausse est-ce que c'est le bilan d'Emmanuel Macron et qu'est-ce qui a failli pendant toutes ces années qu'est-ce qui a été mal fait d'abord c'est une crise qui touche toute l'Europe juste après votre émission je vais rencontrer le commissaire européen en charge du logement que j'ai eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises avec les autres ministres européens on voit qu'il y a une tension globale sur le marché immobilier en Europe donc c'est pas uniquement français il y a un enjeu autour de la lutte contre le logement touristique le phénomène Airbnb qui fait que parfois ça a pu déséquilibrer un certain nombre d'endroits avec une concurrence finalement entre le logement des familles et le logement touristique donc il faut qu'on puisse mieux le réguler on a plutôt bien avancé en France et notamment avec des mesures portées par Anaïc Lemeur qui est députée qui permettent de mieux réguler les meubles touristiques on a un certain nombre d'outils de cette nature qui sont en train d'inspirer les Européens mais donc la crise il faut qu'on la prenne par tous les bouts et on le disait choc d'investissement il faut que les investisseurs reviennent ça effectivement ces dernières années les petits investisseurs qui venaient investir dans la pierre se sont un peu détournés du logement il faut qu'on puisse les attirer à nouveau c'est ce qu'on essaye de faire avec le projet de loi qui est présenté là on a eu les enjeux de transition écologique qui effectivement ont renchéri le coût de production du logement on a des normes qui sont très exigeantes et c'est important quand on évoque tous les sujets climatiques qu'on a évoqués tout à l'heure d'un autre côté on se rend compte que ça fait un prix au mètre carré plus cher à la sortie ce qui a rendu plus difficile l'accès pour un certain nombre de familles et puis et j'en parlerai aussi avec le commissaire européen des règles européennes sur la capacité à accéder aux prêts immobiliers qui se sont beaucoup durcis et qui ont rendu moins solvables donc moins en capacité d'emprunter un certain nombre de familles françaises ça c'est un vrai sujet alors ils restent ils sont montés par rapport à la période Covid mais ils restent raisonnables c'est pas les taux qu'ont connu nos parents donc le sujet c'est moins le taux que sa stabilité mais surtout la capacité des banques à prêter vous aviez le patron d'une grande banque qui encore récemment dans la presse disait le titre c'était laissez-nous prêter parce que la commission européenne et les fameuses réglementations pardon c'est un peu technique balle vous savez balle 1, 2, 3 et bientôt balle 4 leur demande pour chaque euro qui prête à une famille française de mettre en provision un pourcentage important donc en fait ça leur bloque énormément d'argent et si on va au bout de la logique balle 4 c'est potentiellement 2 000 milliards qui seront mis en réserve et donc on ne pourra plus mettre dans l'économie c'est une folie parce qu'au même moment typiquement Donald Trump fait l'inverse il réinjecte la capacité d'emprunt dans son pays d'à peu près 2 000 milliards au moment où on parle de souveraineté ça fait un écart de 4 000 milliards ça commence à faire beaucoup donc il y a plein de sujets sur lesquels il faut qu'on se mobilise et qu'on se batte il y a une première partie qui est portée là dans ce plan relance logement il y a pas mal de choses qu'on essaiera aussi de faire avancer par décret et puis derrière je vous le disais une bataille européenne pour qu'on puisse laisser les banques faire leur métier et donc prêter aux français qui en ont besoin alors sur la construction de logements vous fixez l'objectif de 2 millions de logements d'ici 2030 enfin voilà est-ce que vous croyez vraiment à cet objectif est-ce que c'est réalisable l'objectif qu'a fixé le Premier Ministre en annonçant ces 2 millions de logements d'ici 2030 il n'est pas venu d'une discussion sur un coin de table entre lui et moi on a réuni ce que j'appelle l'équipe de France du logement c'est-à-dire toutes celles et ceux qui de près ou de loin participent à la production de logements en France du privé du social du neuf de la rénovation tout le monde les amis autour de la table on leur dit est-ce qu'on peut envisager de relancer le logement en France oui combien 2 millions de logements d'ici 2030 à quelles conditions et c'est là où c'est le plus important c'est-à-dire que à la condition qu'on fasse revenir les investisseurs j'en parlais tout à l'heure à la condition qu'on ait un vrai choc de simplification c'est aussi porté dans le projet de loi relance logement avec ce que j'appelle les Jeux Olympiques du logement au fond en France il faut entre 8 et 10 ans pour construire un projet sur ces 8 à 10 ans il faut entre 2 ans et 3 ans si vraiment le projet est très difficile à construire pour le faire sortir de terre physiquement c'est-à-dire que tout le reste c'est de la procédure administrative tout le reste c'est de la paperasse l'administration donc l'idée c'est comme pour les Jeux Olympiques on raccourcit la paperasse et on garde l'exigence de la construction et puis le dernier point on en a parlé c'est la transition écologique il faut une révolution à ce niveau-là et je rajouterais que globalement il faut de la confiance un des vrais sujets aussi dans notre pays c'est que les investisseurs n'ont plus confiance dans le fait que s'ils achètent sur plan le projet va bien sortir de terre dans des délais raisonnables donc ça c'est la simplification et le gain de temps que quand ils sont propriétaires ils seront bien défendus contre les squats par exemple ou contre des impayés récurrents et tout ça est mis sur la table aujourd'hui et on se bat pour essayer de sauver la situation parce que la situation est grave une question sur l'encadrement des loyers en tout cas sont une expérimentation qui a une durée de vie cette expérimentation elle se termine à l'automne est-ce que cet encadrement des loyers va être prolongé en tout cas les maires le souhaitent j'ai effectivement lancé la concertation tous ceux qui bénéficient de cette expérimentation se sont plutôt exprimés favorablement à la poursuite de l'expérimentation même si eux-mêmes reconnaissent sur la base d'ailleurs d'un rapport de deux économistes qui nous a été remis il n'y a pas très longtemps qu'il y a encore quelques dysfonctionnements notoires moi à titre personnel je l'ai dit très clairement je vous le redis sans difficulté je suis contre ce plafonnement des loyers quand on lit le rapport des économistes on voit que ça a plein d'effets de bord et notamment que ça crée de la pénurie et résoudre une pénurie de logement quelque chose qui crée de la pénurie me paraît pas cohérent après j'ai été maire et je considère que mettre dans la boîte à outils des maires des outils après c'est eux qui sont responsables donc je me suis exprimé contre la généralisation de cette expérimentation on en a discuté avec les élus concernés en revanche eux nous disent on veut pas de sortie brutale donc donnez-nous deux ans de plus et laissons l'élection présidentielle trancher ce type de dispositif dans un esprit de consensus on fait avancer la discussion donc on se dirige vers cette solution deux ans de plus ?
il faut une loi quand même il n'y a pas d'accroche dans le projet de loi relance logement donc il faut qu'on regarde comment soit en faisant prospérer une proposition de loi du député Iñaki Echeniz qui portait sur ce sujet ou soit peut-être que le Sénat en redépose une on va voir mais bon j'ai envie de faire confiance aux maires même si encore une fois je leur dis lisez bien le rapport des économistes c'est pas vraiment le truc le plus opérant qu'on a inventé Dans les différents projets de loi que vous portez les choses que vous voulez changer qu'est-ce que vous avez prévu concernant l'accès au logement pour les jeunes les jeunes actifs je ne parle pas simplement des primo-accédants je parle aussi de tous ces jeunes qui ont un mal de chien à trouver un appartement à louer simplement parce qu'on leur demande des garanties délirantes en fait ça devient le problème il y a plusieurs choses d'abord il faut de l'offre tant qu'il n'y a pas d'offre forcément la crise elle est dure et quelles que soient les autres dispositifs on n'arrive pas à dépasser ce manque physique de logements mis sur le marché c'est vrai pour les jeunes c'est vrai pour tout le monde ça c'est un premier point deuxièmement c'est particulièrement vrai pour les jeunes qui démarrent dans la ville tout à fait mais ce que je veux dire c'est que si on arrive à relancer l'offre en général on solutionne pour tous les publics un petit peu deuxièmement vous l'avez dit il y a un enjeu autour de la garantie donc il existe différents dispositifs je pense notamment à importer par action logement vous savez à une époque on appelait le 1% patronal c'est les entreprises qui cotisent pour produire du logement en France ils ont mis en place ce qu'on appelle la garantie visale et qui permet de vraiment sécuriser le fait que le jeune paye ou pas son loyer donc le propriétaire est vraiment en confiance et ça c'est très positif après de manière générale j'ai confié une mission à monsieur Grattalou sur justement le rapport propriétaire-locataire et ce que vous décrivez sur des garanties sur des garanties sur des garanties c'est très important et c'est au cœur aussi de ces réflexions et de la réflexion de cette mission de ce groupe de travail pour voir comment à la fois on sécurise mieux le propriétaire contre les squats et les impayés récurrents et en même temps comment c'est gagnant pour le locataire un, parce qu'on le protège mieux contre les propriétaires et les logements indignes mais deux, on fait en sorte qu'il puisse rentrer de manière plus fluide sur le marché il y a des jeunes de 35 ans qui ont plusieurs années de travail derrière eux qui continuent à devoir demander la caution des parents voire des beaux-parents il y a un truc qui est bloqué dans notre pays il faut absolument qu'on arrive à le décryper Vincent Jambras on va finir cette interview par les questions politiques et notamment le lancement de la campagne présidentielle d'Edouard Philippe avec ce meeting organisé hier à Paris alors vous n'y étiez pas mais est-ce que vous auriez pu y être est-ce que vous l'avez suivi à distance et avec intérêt ?
Alors moi je lui avais dit à Edouard Philippe que je n'y serais pas parce que je considère que la clé pour nous tous le grand bloc central de Gabriel Attal à Bruno Retailleau c'est le rassemblement et que je voulais rester une voie libre pour pouvoir continuer à défendre ce rassemblement ce qui ne m'a pas empêché effectivement d'écouter avec attention le meeting que j'ai trouvé très positif parce qu'il y avait de l'énergie il y avait de la volonté et surtout peut-être ce qui est le plus important une très grande sincérité et on a vu Edouard Philippe tel qu'il est tel qu'on le connaît tel que ceux qui ont la possibilité d'échanger régulièrement avec lui ont vu et cette sincérité je crois qu'elle est attendue par les Français donc une critique qui lui était faite ces dernières semaines c'est de dire est-ce qu'il va fendre l'armure est-ce qu'il va être un peu moins jupéiste dans la façon de faire pardon parce que j'aime beaucoup un jupé mais là objectivement il a fendu l'armure c'était dynamique c'est vrai on a vu le cap on a vu la vision donc plutôt un bon point vous êtes pour le rassemblement mais le rassemblement des RQ en fait c'est pas mon sujet je vais vous dire très franchement parce que vous avez d'autres membres du gouvernement qui se sont déjà prononcés je pense à Maud Bréjon elle a tout à fait raison mais je pense qu'elle partage le souci du rassemblement la petite difficulté quand même c'est qu'on est un peu obsessionnel en France des personnes et un peu moins des programmes et des idées moi je pense que le rassemblement ça peut pas être juste un casting de beauté et donc il va falloir que chacun le présidentiel français est organisé comme ça c'est la rencontre entre un homme et une femme et un peuple oui tout à fait mais le rassemblement entre les différents candidats aujourd'hui qui sont candidats à la candidature pour moi il doit passer par des idées parce que derrière les hommes derrière Bruno Rotaillot derrière Gabriel Attal derrière Edouard Philippe il y a des équipes qui défendent des idées un programme et qui pour se rallier il faut qu'on leur dise oui mais ce à quoi tu tiens toi dans ton programme et bien on négocie et ce sera bien dans le programme final peu importe qu'il soit le chef de file donc Edouard Philippe aujourd'hui il a une avance certaine il a bien réussi son meeting l'autre jour mais ça ne peut pas être suffisant si derrière il ne rassemble pas les autres candidatures et ce que je dis pour Edouard Philippe c'est vrai pour Gabriel Attal c'est vrai pour Bruno Rotaillot ils doivent se parler ils doivent se rassembler et là on est encore dans un temps où c'est normal que chacun fasse acte de candidature que chacun défendre ses idées et une fois que toutes les idées sont sur la table c'est là où on peut dire ok est-ce que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise parce qu'il ne faut pas oublier une chose les aventures individuelles nous amèneront un échec collectif et moi je refuse de passer l'entre-deux-tours à regarder Mélenchon, Le Pen à la télé c'est pas possible en fait trop grave pour notre pays Quel regard vous portez sur la déclaration de l'attitude de Laurent Wauquiez en fait qui sans le nommer appelle Bruno Rotaillot à acheter des ponts et à se ranger derrière Edouard Philippe Pardon mais moi j'ai lu avec beaucoup d'attention le papier qu'a écrit dans le Figaro Laurent Wauquiez il appelait justement rassemblement il a donné quelques bons points à Gabriel Attal quelques bons points à Edouard Philippe il n'a pas fait autre chose que de faire ce que je viens de vous dire là c'est-à-dire rassemblons-nous rassemblons-nous rassemblons-nous donc il dit pas autre chose oui enfin la petite musique qu'on entend quand même en lisant entre les lignes c'est Bruno désiste-toi désiste-toi le mot désistement n'a jamais eu lieu et il dit il faut être rassemblé au fond c'est une façon de dire à tout le monde attention aux petites phrases attention au il a prononcé le mot retiré au discours au discours qui fait que mécaniquement quand on parle de rassemblement et comme vous l'avez dit tout à l'heure à la fin il n'y a qu'une seule candidature sur le bulletin de vote il va falloir qu'il y en ait deux sur les trois qui se retirent mais une fois qu'on a dit ça ça ne veut pas dire un tel désiste-toi c'est travaillons ensemble et trouvons chemin pour se rassembler Laurent Wauquiez il proposait il n'y a encore pas longtemps une primaire à la rentrée ça aurait été un système je le trouve efficace moi je la défendais également on voit que le timing commence à faire très court mais sans rassemblement c'est l'échec collectif vraiment je mets en garde contre les aventures individuelles elles ne peuvent mener qu'à un échec collectif en cas de duel au second tour entre la France insoumise et le Rassemblement National pour qui voteriez-vous ?
on va faire en sorte que ça n'arrive pas mais vraiment c'est important moi j'ai deux enfants je ne peux pas me résoudre à laisser cette équation posée sur la table moi je combattrais ces deux extrêmes avec la plus grande fermeté et je pense qu'on peut éviter ça c'est ce qui m'a plu d'ailleurs dans le discours hier d'Edouard Philippe c'est le côté positif croire en nous croire en la France moi je reste un éternel optimiste et je pense qu'il a raison il faut qu'on croit dans nos chances le match n'est jamais créé à l'avance et on peut les battre merci beaucoup Vincent Jambrun ministre du logement d'avoir été notre invité aujourd'hui et on suivra cette semaine l'examen au Sénat de votre réforme du logement merci Stéphane pour cette interview on va regarder la une de votre journal Ouest France avec cette question pourquoi les free parties sont dans le viseur des autorités avec l'examen du projet de loi Riposte cette semaine à l'Assemblée nationale les places au débat on va continuer à parler d'Edouard Philippe et de son lancement de campagne présidentielle Edouard Philippe peut-il prendre le pouvoir en 2027 ?
en tout cas l'ancien Premier ministre a lancé sa campagne hier à Paris dans un grand meeting où le maire du Havre a essayé de fendre l'armure nous étions à l'Adidas Arena hier Edouard Philippe a esquissé quelques éléments de programme et aussi quelques éléments personnels ce premier meeting d'Edouard Philippe il est à raconter par Clémentine Louise c'est dans une arène sportive à l'Adidas Arena qu'Edouard Philippe monte enfin sur le ring deux ans après l'annonce de sa candidature voilà mes amis voilà le moment où nous allons engager cette campagne pour la France première étape pour l'ancien Premier ministre adoucir son image à travers un bref autoportrait je sollicite la confiance des Français et ils ont le droit de savoir qui je suis et ce qui me constitue moi je suis normand né à Rouen né à Rouen en 1970 mes parents étaient professeurs de français je suis un fils de la classe moyenne une entrée en matière délicate avant d'esquisser un programme strict dont l'objectif est de ramener le déficit public à 2% du PIB mais le normand l'assure il n'y aura ni sang ni larmes seulement quelques efforts et un peu de sueur il faut baisser les dépenses sociales supprimer les niches fiscales avant de songer à augmenter les impôts de ceux qui travaillent j'assume de dire aux retraités qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social j'assume de dire
aux cadres et aux employés aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps
des mesures douloureuses mais qui séduisent pourtant ces militants
la réalité n'est pas toujours séduisante malheureusement on a envie forcément de se laisser tenter par d'autres propositions qui sont parfois plus sympas
ce qui moi me parle c'est le courage politique et il a la sincérité d'afficher le besoin de faire des choix forts
des réformes impopulaires mais nécessaires aussi selon le maire d'Angers et secrétaire général d'Horizon
on ne va pas adhérer à une baisse du déficit pour une baisse du déficit mais adhérer au fait de pouvoir dégager des moyens pour l'école pour la justice pour faire face à tous les enjeux de transition climatique et en particulier d'adaptation qu'on est en train de vivre dans ces domaines là il va bien falloir qu'on soit capable de trouver des ressources pour agir
Rien de très précis encore pour le reste du programme Edouard Philippe balaye large mais dévoile une première grande réforme celle de l'école Je vous propose de concevoir et de mettre en oeuvre une refonte massive de l'école la plus importante peut-être depuis Jules Ferry c'est la clé du redressement français Les sondages donnent aujourd'hui Edouard Philippe au second tour juste derrière Jordan Bardella et à peine devant son rival direct Gabriel Attal les deux anciens premiers ministres ont promis de laisser la place à celui qui arrivera en tête des sondages en février prochain d'ici là tout peut encore basculer Et pour analyser politiquement ce lancement de campagne présidentielle d'Edouard Philippe j'accueille sur ce plateau Elisabeth Martichoux bonjour Elisabeth Bonjour à vous Vous êtes notre éditorialiste politique pour Public Sénat j'accueille également Stéphane Zumstek bonjour Bonjour Vous êtes directeur du département politique et opinion à l'institut de sondage Ipsos BVA et puis bonjour à vous Alison Tassin Bonjour Vous êtes grand reporter au service politique du Parisien Alison vous y étiez hier à l'Adidas Arena pour ce premier meeting d'Edouard Philippe Est-ce que selon vous ça a été une réussite ?
Oui plutôt parce qu'en fait il y avait beaucoup d'attentes sur ce meeting Edouard Philippe il a une image assez raide peut-être j'oserais un peu coincée et hier dès son entrée sur scène il est arrivé point levé avec une musique très dynamique il a cassé un peu cette image ses proches lui disaient il faut que tu parles de toi et là encore hier le contrat a été rempli il a parlé de sa mère sa famille d'où il venait bref il a donné un peu de lui ce qui est quand même quelque chose qui n'est pas évident chez Edouard Philippe quand on le connait et qu'on l'a suivi quelques années Elisabeth il vous a surpris Edouard Philippe dans ce premier meeting ?
Surpris non moi aussi j'étais dans la salle je pense que oui la réponse est plutôt réussie parce qu'il est il est resté lui-même c'est un techno sérieux il a parlé de sa famille mais quand même toujours avec un fond de pudeur d'ailleurs il a évoqué sa pudeur naturelle c'est très important dans une campagne présidentielle de ne pas jouer un rôle de ne pas être dans la composition et donc il faut être sûr alors parfois il y en a qui le réussissent très bien à être eux-mêmes parce que c'est spontané parce que c'est leur tempérament ça n'est pas du tout celui d'Edouard Philippe donc il y avait un enjeu en effet il a une nature austère oui ça peut être un austère qui se marque comme dirait Lionel Jospin voilà mais il est classique il fait dans le classique et là il a réussi à montrer une personnalité chaleureuse chaleureuse le mot est peut-être un peu fort mais quand même qui s'est dégagé de l'énergie de l'enthousiasme pour évidemment emporter l'adhésion il a bien composé avec son propre caractère et la capacité à parler de lui encore une fois dans certaines limites aux français puisque on le sait c'est une rencontre entre le peuple et un candidat donc il y avait du monde en tout cas il y avait une impression de monde c'est important il a parlé de lui après on pourrait évoquer les limites de cet exercice mais globalement c'est réussi alors il a quand même dit qu'il ne ferait pas la une de Paris Match ça c'est une petite pique envoyée à Gabriel Attal Stéphane Zumstek c'est important cet aspect personnel dans une campagne présidentielle vis-à-vis de l'opinion
absolument c'est indispensable que quelle que soit l'élection présidentielle ça fait des décennies que c'est comme ça oui à un moment donné il faut montrer que vous sentez la France pour parler simplement que vous comprenez la France que vous avez compris les attentes des français que vous-même vous pouvez apporter quelque chose de particulier les autres présidents de la République élus ou les autres candidats qui ont été battus l'ont fait lors des précédentes élections et c'était évidemment un passage obligé pour Edouard Philippière je suis d'accord avec vous rien de surprenant il a fait le job il a fait le travail parce qu'il est assez bon il est assez roué à ce genre d'exercice et son objectif c'était de passer de quelqu'un d'un peu ce que vous disiez pas effacé mais en tout cas un petit peu austère à quelqu'un de sérieux sérieux donc il fend l'armure il reste sérieux et là où il a surpris je trouve là où je ne l'attendais pas forcément c'était dans sa pugnacité face aux extrêmes il a été assez bon et là encore on voit très bien cette idée de bien montrer que ce n'est pas quelqu'un de lisse c'est pas parce que vous venez du centre droit que vous êtes issu d'un parti dit de gouvernement que vous n'avez pas grand chose à dire ou pas grand chose à apporter bien au contraire il y avait cette pugnacité je l'ai trouvé plutôt bon à ce niveau-là rien de surprenant c'est vrai rien de très concret non plus parce que c'est un candidat qui sans doute plus que les autres marche sur des oeufs notamment sur le programme économique on en reparlera peut-être tout à l'heure sur la retraite c'est dangereux les paris ou les choix qu'il va faire qu'il va présenter aux français alors on a bien compris qu'il n'y aurait pas de sang mais il y aurait de la sueur ne sont pas ne vont pas forcément avec le sens de l'histoire aujourd'hui quand on pense à ce que pense l'opinion en fait
pardon je relève juste quelque chose d'important encore sur l'attitude ou ce qu'il a donné de lui-même il s'est montré bagarreur vous avez raison de le dire bon l'analogie avec la boxe avec Edouard Philippe évidemment elle est tentante elle est facile mais c'est vrai il y avait un peu de ça il s'est montré apte au combat et il a bien caractérisé ses adversaires il les a taclés suffisamment pour qu'on voit qu'il était dans cette logique quand même de l'adversité de la compétition présidentielle et c'était important aussi c'est pas un mot voilà il va y aller sur le ring il a montré sa capacité à monter effectivement sur le ring vous en parlez Stéphane Zumstek justement sur le programme car son camp a beaucoup annoncé pendant des mois un programme massif alors là il y a des éléments qui ont été dévoilés par Edouard Philippe notamment sur l'école mais on a l'impression quand même qu'il reste prudent notamment sur les efforts à faire pour le pays oui alors c'était assez intéressant ce côté essayer de désamorcer le sang et la sueur qui lui collent à la peau il a essayé en fait de tourner ça vers du positif c'est à dire si je vous demande des efforts et les efforts que je vais vous demander en fait c'est pour la jeunesse et ça ça a été très important pendant son discours il a prononcé 37 fois le mot enfant autant que le mot croire 37 fois également croire ou croyance et ça veut dire qu'en fait tous ces efforts demandés c'est finalement une impulsion pour l'avenir pour pouvoir faire des choses notamment parler de l'école pour pouvoir mieux payer les professeurs a-t-il indiqué au bout d'un moment et pareil un petit peu aussi en contraste avec notamment Jean-Luc Mélenchon en mettant en avant qu'eux et les filles avec les mesures dépensières qu'il propose et bien à la fin ça deviendrait le FMI pour la France Stéphane Zomsek c'est l'enjeu de la campagne d'Edouard Philippe essayer de défendre un programme de rigueur mais avec un côté positif un peu le travailler plus pour gagner plus de Nicolas Sarkozy
en 2017 mais avant tout sans employer le mot rigueur c'est plus facile pour nous de l'utiliser que lui oui bien sûr parce qu'il ne va pas reprendre ses projets d'âge légal de départ à 67 ans c'est totalement quand on voit la difficulté la fracturation de la société française pour passer de 62 à 64 ans on comprend bien que ce n'est plus du tout dans les attentes des français y compris d'une partie de l'électorat de centre et de centre droit les actifs de droite ne sont pas plus pour une retraite pour partir plus tard que des français qui ne sont pas forcément de droite donc ce sera un vrai challenge pour lui il n'a pas exclu un effort sur la retraite oui mais il faudra et il n'a pas exclu ce qui est aussi intéressant ce qui est aussi un pari pour lui c'est qu'il a bien expliqué qu'il faudrait que les personnes retraitées les personnes âgées ils contribuent à cette affaire nationale et là on voit très très bien quel est le risque électoral quand on voit quelle est la sociologie du vote d'Edouard Philippe ou de ses principaux challengers au centre et à droite c'est essentiellement des grands bataillons de personnes âgées ou de retraitées ou de pré-retraitées donc ce sera compliqué pour lui oui il sera sur une ligne de crête mais il s'adresse à la fois à un électorat âgé qui ne souhaite pas finalement être particulièrement mise à contribution ça c'est naturel mais aussi c'est un électorat qui est pour quelque part des réformes des réformes économiques et notamment en ce qui concerne l'âge de départ à la retraite ou la capitalisation par exemple ou le financement donc ce sera une ligne de crête très compliquée pour lui je pense que son pari c'est de se dire qu'à la fin il ne doit en rester qu'un ça peut passer ça pourrait passer si à la fin il était le candidat unique du socle commun c'est-à-dire du centre et de la droite et je pense que c'est beaucoup là-dessus qu'il parie sur un retrait à un moment donné peut-être à la rentrée peut-être un peu plus tard de Gabriel Attal mais aussi à mon avis à l'incapacité des LR à se mettre d'accord sur un candidat
on parlera de ces multiples candidats du bloc central et de la droite sur le programme Elisabeth Martichoux il a quand même aussi centré son discours d'une heure quinze sur l'école avec une refonte massive de l'école publique ce choix de l'école c'est consensuel c'est ne pas prendre de risque vis-à-vis des différents électeurs c'était cohérent dans son discours parce qu'il a beaucoup insisté sur ce qu'il doit lui-même à l'école il a dit dans notre famille on est passé en trois générations des docs à Matignon voilà pour expliquer effectivement l'ascenseur social qui avait fonctionné pour lui et ensuite évidemment d'insister sur le fait que la machine était complètement grippée oui il a beaucoup insisté il est beaucoup tourné autour de l'analogie de la responsabilité des parents vis-à-vis des enfants voilà il ne veut pas et c'est comme ça qu'il va justifier ensuite les efforts qu'il va demander parce qu'il va en demander juste par parenthèse s'il y a une surprise moi que j'ai eue quand même c'est qu'il n'y a rien sur le comment hier on pouvait s'attendre quand même à ce qu'il avance certaines mesures qu'il les mette en débat alors peut-être qu'il a pensé que le 5 juillet sa mesure qui pourrait percuter serait effacée par la décision concernant Marine Le Pen le mardi que c'était de toute façon trop tôt parce que les Français n'y sont pas il n'y a pas tellement parlé aux Français hier si vous vous demandez comme ça à froid qu'est-ce qu'on retient du meeting d'Etoir Philippe on retient tout ce qu'on a dit avant mais sur le fond sur ce qu'il va présenter aux Français il n'y a rien il n'y a rien donc je ne peux pas imaginer que ce ne soit pas évidemment volontaire mais du coup on est un peu frustré sur les efforts la sueur qu'il va demander on n'en sait rien mais ce qu'il a construit comme discours comme raisonnement c'est voilà vous êtes vous les électeurs vous devez vous comporter comme des parents qui veulent le bien de vos enfants la limite dans la famille les parents font des sacrifices pour leurs enfants et bien moi je vais vous demander de faire des sacrifices pour vos enfants ce qui justifie pleinement et évidemment un programme où il y aura nécessairement un peu de difficulté à avaler Donc Edouard Philippe qui garde encore certaines cartes de son programme pour la campagne d'autant Alisson Tassin qu'il a une certaine avance vis-à-vis de ses autres concurrents au sein du bloc central et la droite Gabriel Attal et Bruno Rotaillot et donc c'est pour ça qu'il gère le match Oui alors il espérait quand même à un moment donné plier le match avant les vacances on se rend compte que ce n'est pas le cas même s'il a une avance assez notable sur notamment Gabriel Attal mais on a quand même noté que dans le discours hier il a épargné quelques personnes En creux on a compris une critique envers Gabriel Attal quand il évoque la politique qui ne se fait pas sur TikTok ou sur des postes sur les réseaux sociaux On n'a pas entendu le nom de Bruno Rotaillot hier On n'a pas entendu non plus le nom de Raphaël Glucksmann Donc vraiment ses adversaires hier ça a été le RN et ça a été Jean-Luc Mélenchon mais c'est vrai qu'il épargne un peu tout le monde parce qu'on sent quand même qu'il a envie d'être à un moment donné le candidat du rassemblement D'ailleurs c'est très intéressant dans les thèmes évoqués hier l'école qui en a parlé il y a quelques semaines Gabriel Attal il a parlé aussi beaucoup de l'IA l'IA ça fait partie aussi des quatre grands chantiers de Gabriel Attal Gabriel Attal parle des frontières hier Édouard Philippe a parlé de l'immigration donc il se retrouve quand même sur beaucoup de thèmes et puis moi aussi ce que j'ai envie de dire c'est que l'école c'était aussi quelque chose de très macroniste en 2017 la campagne d'Emmanuel Macron était beaucoup autour de ça donc finalement on arrive quand même à retrouver pas mal de points communs quand on écoute assez attentivement ces différents discours Stéphane Zoumstex Édouard Philippe c'est le candidat qu'il peut le mieux à même rassembler et les macronistes et également les républicains pour l'instant
pour l'instant pourquoi pour l'instant parce que là encore évidemment la campagne elle est longue c'est 10 mois et surtout là on parle d'un meeting d'hier on ne l'a pas dit tout à l'heure l'enjeu c'est pas de réussir quand on lance son premier meeting c'est pas de réussir son entrée en campagne c'est de ne pas la louper ne pas la rater rappelez-vous on était plus tard dans la campagne mais rappelez-vous il y a 5 ans Valérie Pécresse et je crois que c'était porte de Versailles ça ne s'était pas bien passé et ça avait enrayé de façon définitive le reste de sa campagne le grand avantage pour répondre à votre question d'Édouard Philippe c'est qu'il est équilistant dans cet espace du centre et de la droite et bien il plaît à tout le monde il ferait un président convenable voire un très bon président pour les gens du centre du centre droit et de la droite il est suffisamment à droite pour un électeur LR et il n'est pas trop à droite pour un électeur du centre de Gabriel Attal et ça évidemment c'est un avantage par rapport à Gabriel Attal quelque part pas assez à droite pour la droite et Bruno Retailleau trop à droite pour le centre c'est un avantage fondamental pour l'instant il y a un deuxième un deuxième avantage qu'il a sur les deux autres c'est qu'il a d'ores et déjà la stature d'un homme d'État c'est le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron il est resté longtemps Premier ministre il a affronté des périodes de crise les deux autres n'ont pas cet atout n'ont pas cette caractéristique donc pour l'instant bien sûr c'est ce qui explique pourquoi dans les mesures d'intention de vote il est assez largement je dis bien assez largement devant les deux autres
d'autant que dans les différentes familles politiques de la droite et du centre Edouard Philippe commence de plus en plus à attirer les soutiens y compris du côté des macronistes et des ministres actuels oui alors deux ministres en l'occurrence qui étaient là hier en particulier et on l'a souligné parce que le ralliement datait de quelques jours c'est Maude Bréjean et Monsieur Lefebvre Mathieu Lefebvre Mathieu Lefebvre merci pardon donc ils étaient oui effectivement deux ralliements deux proches de Gérald Darmanin la question c'est quand est-ce que Gérald Darmanin lui à quel moment est-ce qu'il le fera de façon très claire va se rallier à Gérald Darmanin qu'il a cité il n'a pas cité beaucoup de monde il n'a pas cité Emmanuel Macron il a cité le président de la République sous l'action du président de la République exactement il a cité Gérald Darmanin c'est à peu près le seul du gouvernement en dehors de l'accueil réservé à Maude Bréjean et Mathieu Lefebvre en effet alors est-ce que ces soutiens sont finalement si bénéfiques pour lui car Edouard Philippe joue aussi un duel face aux extrêmes et notamment face au Rassemblement National on va l'écouter le Rassemblement National de Monsieur Bardella est paraît-il converti au libéralisme à l'Europe au capitalisme et peut-être même on ne sait pas encore très bien à la réforme des retraites le Rassemblement National de Madame Le Pen c'est l'inverse le Rassemblement National c'est un en même temps qui ne s'assume pas social dans le nord
libéral dans le sud porte-voix revendiquée des classes populaires dans les campagnes mais gourmandes petits fours à Monte Carlo pour la dépense publique mais contre
Alison Edouard Philippe a vraiment joué ce duel face aux extrêmes mais il doit aussi se détacher de cette étiquette de soutien d'Emmanuel Macron dans le sens du macronisme Oui bien sûr alors ce qui était assez étonnant aussi dans le public avec lequel on a pu discuter c'est qu'il y avait beaucoup de monde qui avait pu voter Emmanuel Macron ou qui était précédemment issu de l'UMP il y avait quand même une petite teinture dans ce public mais c'est vrai que là il a quand même beaucoup beaucoup beaucoup tapé sur le RN alors c'est intéressant parce qu'effectivement on l'entend il a dû taper sur les deux ne sachant pas qui serait candidat à l'issue de cette décision de mardi entre Marine Le Pen et Jordan Bardella donc c'était assez intéressant de voir que quand même il allait beaucoup à l'attaque là-dessus et le fait de ce problème de positionnement du RN vis-à-vis de certains éléments ça c'est quelque chose qu'il utilise beaucoup parce qu'en fait c'est pour dire qu'en réalité il y a un côté populiste et qu'en fonction de la personne il n'y a pas vraiment de colonne vertébrale à ce parti c'est le message qu'il a essayé de faire passer hier et l'attaque qu'il a essayé de faire passer aussi et puis il y a aussi ce discours comme quoi le RN ne serait pas assez à droite notamment du point de vue économique on l'entend aussi chez Bruno Rotaillot Stéphane Zoumsteig c'est encore porteur de se poser en rempart face au RN
Je note quand même que Edouard Philippe a changé un peu a fait évoluer les façons des politiques de s'opposer au RN il est dans le concret on n'est pas en train de parler de la collaboration de l'OAS pour répondre à votre question parce que longtemps ça a été le cheval de bataille de la lutte contre ce que l'on appelait à l'époque l'extrême droite il y a un débat sur aujourd'hui comment appeler cette partie de la droite et là il tape sur le concret contre l'Europe enfin pardon pour l'euro mais contre l'Europe pointant c'est un exemple pointant l'incompréhension que peut susciter le programme notamment économique du Rassemblement National mais au travers de tout ça au travers de cette pugnacité du côté bagarreur que vous soulignez tout à l'heure il y a très clairement la bataille du meilleur rempart contre le RN qui se met en place petit à petit dans cette pré-campagne électorale Jean-Luc Mélenchon le centre-gauche Edouard Philippe tout le monde va jouer la carte de je serai le meilleur rempart contre le RN parce que c'est encore un porteur dans l'opinion oui bien sûr parce que le front le barrage républicain le front républicain des dernières élections législatives on dit qu'il est mort c'est totalement faux il n'est pas mort il fonctionnera encore si le RN est au second tour l'année prochaine il fonctionnera mais dans toute la question de savoir dans quelle ampleur est-ce qu'il fonctionnera suffisamment pour faire barrage au RN ou est-ce qu'il fonctionnera mais moins bien qu'en 2024 et donc insuffisamment pour empêcher une victoire du RN et tout le pari d'Edouard Philippe là c'est de montrer que c'est lui le principal rempart parce qu'il est sérieux économiquement parce qu'il est sur le régalien ferme c'est son choix d'autres adopteront autre chose Jean-Luc Mélenchon adoptera une autre tactique mais on voit très très bien que quand il tape aussi sur Jean-Luc Mélenchon c'est pas pour chipper des voix aux Mélenchonistes des zones de porosité entre le mélenchonisme et le philippisme il n'y en a pas je ne sais pas si vous vous connaissez des gens qui hésitent entre les deux candidats mais ça n'existe pas évidemment ou alors de façon marginale en revanche c'est de décrédibiliser un certain nombre de ses adversaires en disant au second tour il n'y a aucune chance sauf si c'est moi et il est déjà en train d'installer cela dans l'opinion
C'est ça Edouard Philippe utilise l'argument de la crédibilité face au Rassemblement National et pas celui de la diabolisation Oui tout à fait mais la difficulté contre le Rassemblement National et contre LFI c'est que dans une campagne présidentielle il faut quand même faire rêver il faut rassembler au-delà de son camp donc il faut faire croire au changement évidemment sans promettre n'importe quoi c'est ce qu'il dit lui les autres vous promettent n'importe quoi mais voilà il faut emporter l'adhésion il faut donner des perspectives c'est pour ça qu'il est joie à la fin il avait marqué joyeuse heureuse il y avait trois qualificatifs extrêmement positifs pour caractériser sa campagne qui commençait hier parce qu'il doit être positif mais il ne peut pas promettre n'importe quoi c'est pas du tout sa cam pardon pour l'expression ce n'est pas du tout sa conviction c'est plutôt un réallo avec des convictions de droite il l'avait dit quand il était arrivé à Matignon je suis un homme de droite et je le resterai donc il faut être sur cette ligne de crête qui est assez compliquée faire rêver promettre le changement mais pas avec n'importe quoi il va essayer s'y essayer on parlait du Rassemblement à voir quel adversaire il va affronter dans cette campagne présidentielle puisque demain on saura si Marine Le Pen pourra ou non se présenter dans cette élection présidentielle 2027 puisqu'on va connaître la décision de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires en tout cas Marine Le Pen pour l'instant elle reste confiante et elle donne aussi sa confiance à Jordan Bardella qui pourrait la remplacer en cas d'inéligibilité
il ne se présentera à la présidentielle et si elle est élue Jordan sera Premier ministre mais si mes amis mais si la justice m'interdit m'interdit de me présenter à la présidentielle alors c'est avec une grande énergie moi aussi et une grande conviction et une grande confiance que je soutiendrai évidemment tous les jours et jusqu'à sa victoire la candidature de Jordan Bardella
Alison Tassin si jamais Marine Le Pen était empêchée de se présenter à l'élection présidentielle à cause de cette condamnation judiciaire ce serait un tremblement de terre dans la vie politique française oui alors c'est assez marrant parce qu'on a interrogé au sein du socle commun qui était leur préférence entre guillemets s'ils avaient à choisir entre Marine Le Pen et Jordan Bardella très clairement ils préfèrent affronter Jordan Bardella même s'il est plus haut que Marine Le Pen dans pas mal d'intentions de vote pour la présidentielle parce qu'il voit quelqu'un en Jordan Bardella de plus friable Marine Le Pen les français la connaissent potentiellement une quatrième candidature à la présidentielle il y a le mot qui revient souvent c'est un peu la grand-mère des français ils la connaissent il y a un côté beaucoup plus rassurant elle s'est un peu apaisée le nom Le Pen fait un peu moins peur donc très clairement dans le socle commun s'il y avait un choix à faire ce serait celui de Jordan Bardella même si il ne faut pas noter non plus un excès de confiance parce que l'écart dans les sondages est quand même peu importe le candidat du RN est quand même très très important avec le second on est au-delà de 30 points d'intentions de vote Stéphane Zumstek si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter dans cette campagne présidentielle malgré la grande popularité de Jordan Bardella cela quand même bousculerait la campagne
en tout cas ça la clarifierait la question du Rassemblement National c'est de savoir au-delà de la décision des juges c'est non pas qui est le meilleur candidat du premier tour au RN effectivement il y a des mesures d'intention de vote qui montrent que Jordan Bardella fait un peu mieux ou ferait un peu mieux que Marine Le Pen parce qu'il est un peu plus populaire chez les jeunes et les gens de la droite un peu durs mais de la droite issus des LR et plus incline à voter pour lui que pour Marine Le Pen mais est-ce que ça ferait un bon candidat de second tour toute la question est là après bousculer ou créer une sorte de tremblement de terre politique moi je n'y crois pas parce que d'abord la condamnation en première instance de Marine Le Pen n'a pas fait bouger les lignes il n'y a pas eu de mouvement de contestation de l'électorat de la droite nationaliste pas du tout ça a même été accueilli avec une certaine indifférence et c'est ça le grand problème et je pense ça a été la grande déception pour Marine Le Pen c'est qu'à partir du moment où son électorat qui lui est très fidèle sait qu'il y avait à l'époque un plan B en l'occurrence Jordan Bardella tout aussi crédible qu'elle et bien cette décision a été accueillie d'abord avec l'acceptation de la décision des juges ça c'est des enquêtes d'opinion des français mais y compris aussi au sein de l'électorat de la droite nationaliste et quelque part aujourd'hui ils ont un candidat qui fait autant l'affaire que Marine Le Pen donc tout ça même si elle est empêchée demain ne suscitera ne devrait susciter absolument aucun mouvement de contestation ou d'indignation particulière au sein de cet électorat
c'est-à-dire que si elle est empêchée ce ne sera pas cette condamnation ce ne sera pas un poids politique apporté pour Jordan Bardella dans cette campagne
ah non pas du tout pas du tout parce que d'abord on le voit bien dans les mesures d'intention de vote ou dans les études où on compare les traits d'image de l'un et de l'autre il est tout aussi crédible l'affaire il est autant rassurant pour un électeur du rassemblement national il est encore plus rassurant pour les électeurs de la droite parce que là encore je ne sais pas où iront voter au second tour les sympathisons LR si les LR sont éliminés au premier tour
– Elisabeth Martichoux même si le rassemblement national joue la carte du plan B de la continuité en cas de condamnation de Marine Le Pen quand même s'ouvrera une période d'incertitude vis-à-vis de la candidature de Jordan Bardella – Alors non ça va être la clarification demain l'incertitude – Sur sa capacité à réussir une campagne – Alors vous avez raison mais à partir du moment où il sera candidat on va le regarder différemment Marine Le Pen a été déjà candidat oui non mais de facto il sera candidat donc le projeter à l'Elysée ça va être une possibilité qui n'était pas encore très claire c'est encore un peu vague et donc le regard va changer comment ça va imprégner les intentions de vote je ne sais pas – Ce sera une cible aussi – Ce que je veux dire c'est qu'il ne faut pas sous-estimer Jordan Bardella ceux qui peuvent penser que c'est une candidature effectivement friable moins solide que Marine Le Pen qui sortirait avec toutes ses cicatrices en disant j'ai réchappé même à la justice et lisez-moi si c'était lui je pense que on aurait tort quand même de considérer qu'il va s'effondrer qui ne répondra pas au premier tour ça c'est sûr au second tour on verra – On suivra demain cette décision judiciaire tant attendue et les suites de cette décision dans la campagne présidentielle merci merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat c'est la fin de cette émission merci à tous de l'avoir suivi et on se retrouve demain pour un nouveau numéro de Bonjour Chez Vous très bonne journée sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous et l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat