DIRECTEUR DE PRISON : 30 ANS FACE AUX DÉTENUS LES PLUS DANGEREUX : IL RACONTE TOUT (BOMBES, MAFIAS…)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 5 %Défensif 65 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Bon, j'appuie sur l'interphone, personne ne répond. »
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« Il va nous raconter sa voiture qui a explosé lorsqu'il a dû sortir son arme de service et qu'il a failli faire feu sur des gens cagoulés qui était devant chez lui avec des des armes automatiques. »
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« C'est ça. On en parlera tout à l'heure tout à l'heure, on va on va aborder juste qu'est-ce que ça veut dire directeur de prison ? »
- 9:27non_speechFait
« Oui. Alors on n pas une arme sur soi mais effectivement on a toujours le droit d'avoir une arme. »
- 10:09non_speechFait
« Le suicide pour nous c'est un échec. Notre première mission c'est de garder le détenu en bonne santé. »
- 10:52non_speechFait
« Moi ça m'est arrivé d'avoir des mouvements collectifs. »
- 12:09non_speechFait
« Moi j'ai enfin personnellement j'en ai jamais eu. »
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« Ben c'était tout simple, moi j'étais en fac de droit droit pénal enfin droit privé j'étais passionné par la criminologie et la science pénale »
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« On peut pas faire ce métier là qui est difficile sans être un peu passionné, sans même beaucoup passionné »
- 17:00non_speechFait
« Alors ça c'était la modernité de Fleuris. Maintenant, ça existe plus. Mais à l'époque, Floriste un établissement moderne et on avait les les cellures étaient électriques, elle était électrocommandé depuis depuis un poste central. »
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« Bon, j'appuie sur l'interphone mais le surveillant il devait avoir 300 cellules et puis il savait pas que j'étais rentré. Donc personne ne bouge, personne ne répond. »
- 20:50non_speechFait
« Vous croyez au fait que certains détenus ne doivent jamais sortir parce que vous savez qu'il y en a qui sont le moy moche mais irrécupérable. »
- 22:12non_speechFait
« Tommy Rico c'était le Christ il avait tué six personnes et il a fini ses jours. il avait 86 ans à la prison de Bourgot parce que on pouvait pas le laisser sortir parce qu'il était et puis il tenait pas non plus tellement »
- 23:38non_speechFait
« une fois on avait donné notre accord puisque à l'époque c'était la règle de l'unanimité. le directeur, le juge des P et le procureur devaient se prononcer tous d'une façon unanime et on avait tous émis un avis favorable pour un type qui un délin conceptuel qui se tenait bien comme tous les constituels d'ailleurs, ils tiennent bien en général et malheureusement il a il avait il était repassé à l'acte, il avait violé une gamine de 10 ans. »
- 25:44non_speechFait
« C'est le mafieux. C'est le mafieux. Oui. Il y a comme dans un prophète un film qui était super et est-ce que il y avait des parrains comme ça ? »
- 27:07non_speechFait
« le problème si vous voulez de de de la prison, c'est que les détenus parlent beaucoup parce que bah ils ont plus rien à perdre. »
- 28:31non_speechFait
« Lesquel il y a des gens qui sont glaçants. Oui. Qui sont pas en prison glaçant d'ailleurs mais dans la prison hein ? »
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« Les deux dont je me souviens très bien c'est Philippe Maurice qui était Gon à mort qui s'était évadé du quartier qu'on a à mort à FR. »
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« Je suis bien sûr contre la peine de mort pour une autre raison c'est tout simple c'est l'erreur judiciaire »
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« Il y a toujours une possibilité malheureusement d'erreur judiciaire. »
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« On était moins regardant sur certaines choses parce que on avait peut-être le le l'exécuter le lendemain. »
- 38:12non_speechFait
« Omar Hadad qui était à l'époque le jardinier je crois. Et donc est-ce que c'est vraiment elle qui a écrit ça en mourant ou est-ce que c'est quelqu'un qui a tué la dame qui a pris son doigt et qui a parce qu'il y a une faute d'orthographe. »
- 42:10non_speechFait
« l'arme automatique, c'est c'était pas destiné, c'était la la leur hein, ça nous était pas destiné. C'était pour empêcher les autres détenus de monter dans l'hélicoptère. »
- 43:22non_speechFait
« C'est on voit exactement ce qui se passe dans la prison. C'est le reflet de la société en tout petit »
- 44:40non_speechFait
« Vous allez partir à la Réunion, vous disiez tout à l'heure, directeur de la président de la Réunion, c'est en 1990. »
- 46:05non_speechFait
« Même régime partout, ça marche pas. les gens les les détenus étaient déboussolés, il ils supportaient pas. »
- 47:33non_speechFait
« Moi, j'ai été frappé par ça. C'est dire quoi ? En quel sens ? Ils ils appliquaient la règle, ils étaient courageux, ils faisaient les choses qu'on devait le faire »
- 48:59non_speechFait
« Moi j'ai j'ai souvenir de la maison de d'Ajacio où des gens étaient s'étaient fait passer pour de des gendarmes. Ils avaient été en fait ils s'était pas évadés. »
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« On lui dit "Ben, on peut vous pouvez avoir une permission de sortir mais sera sous escorte." Il me dit "Non, moi je vais voir ma fille comme ça, je peux pas." »
- 50:09non_speechFait
« ne me suis pas évadé parce que j'ai donné ma parole. Ça m'étonne pas ça c'est possible. Moi, j'ai connu ça. »
- 50:51non_speechFait
« Il me dit "Monsieur, je vous donne ma parole." »
- 52:20non_speechFait
« il m'avait dit le nom mais ça me disait rien. »
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« la fonction pénitentiaire encore ça avait une valeur symbolique de l'état hein. »
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« 5 minutes après, tout explosait et les poseurs des grenades ne pouvaient pas savoir s'il y avait des gens qui allaient sortir ou pas. »
- 57:25non_speechFait
« C'était une décision que j'ai eu à prendre et je me félicite encore d'avoir pris celle que j'ai prise. »
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« Lâche ton arme là. À ce moment il se retourne et vous criez, vous y allez doucement. »
- 1:02:27non_speechFait
« Moi, j'ai jamais reproché un détenu de vouloir s'évader. Je dirais que c'est même sain. »
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« Une prison, il faut offrir aux détenus des possibilités de s'élever, c'est de changer. »
- 1:21:35non_speechFait
« Les familles on a jamais eu le droit de les fouiller, c'est normal. Mais les détenus qui revenaient du parloir étaient fouillés systématiquement. »
- 1:23:41non_speechFait
« La prison, on dit toujours c'est une zone de non droit. C'est pas vrai. La prison, c'est très réglementée. »
- 1:27:53non_speechFait
« la personne qui vient visiter peut toujours appuyer sur l'alarme mais on enferme la personne à l'intérieur. »
- 1:30:02non_speechFait
« elle était enceinte mais sous le point d'accoucher. Mais il l'avait pas vu. »
- 1:30:47non_speechFait
« le petit bébé était là bébé vivant oui heureusement. »
- 1:32:04non_speechChiffre
« Les femmes c'est 3 % de la criminalité, c'est pas beaucoup hein. »
- 1:33:32non_speechChiffre
« En 2020, 34,2 % des personnes sorties de prison ont de nouveau été condamné pour une infraction commise dans l'année suivant leur libération. »
- 1:35:44non_speechFait
« On avait eu 25 détenus qui répondu OK. On les avait logé dans des tentes de l'armée avec un surveillant. »
- 1:37:54non_speechFait
« il y a pas une solution, il y a plusieurs types de solutions qui doivent être adaptées à chaque catégorie de délinquant. »
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« Vous pouvez m'expliquer en quoi ça consiste ? Je lui explique ce que c'est que fonction de directeur de prison. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Pierre Rafin. Il a été directeur de prison. Comment vous allez vous retrouver enfermé dans une cellule avec des détenus ? Des cellules étaient électriques. Je rentre dans la cellule et là, j'entends le clac. Et vous êtes avec avec quatre détenus. Bon, j'appuie sur l'interphone, personne ne répond. Il y avait des codes d'honneur là-bas sur les les indépendantistes où il se considérait pas comme prisonnier. Euh moi c'était un truc en Corse. Sa petite fille avait 5 ans, elle avait un cancer, elle allait mourir.
On lui dit "Ben, on pouvait avoir une permission de sortir mais serait sous escorte." Il me dit "Non, moi je peux voir ma fille comme ça, je peux pas." J'en parle au juge. Le juge il m'a dit "Ouais, mais c'est juste, vous êtes sûr, il faut le faire." Vous allez le voir lui pour faire et je vais voir le le détenu et lui dit "Écoutez, on prend le risque pour vous." Il me dit "Monsieur, je vous donne ma parole." Le soir même, il était là, mais l'affaire ne s'arrête pas là. Peut-être 4 ans après, [musique] et je vois ce monsieur arriver qui me demande à me parler, me dit "Monsieur, voilà dans votre établissement, il va y avoir une évasion." Et en partant, il me dit "J'ai payé ma dette.
J'ai plus jamais entendu parler de lui." Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Pierre Rafin. Il a été directeur de prison. Il a été directeur de la prison de Fleur Méogis. Il a été directeur de la prison d'Ex en Provence, de beaucoup de prisons, vous allez voir. Il a été directeur de prison en Corse aussi. Il lui est arrivé beaucoup de choses. Il va nous raconter sa voiture qui a explosé lorsqu'il a dû sortir son arme de service et qu'il a failli faire feu sur des gens cagoulés qui était devant chez lui avec des des armes automatiques. Il va nous raconter tout son parcours.
C'est lui qui a eu aussi en détenu à la prison de la santé Bernard Tapi par exemple et beaucoup d'autres personnalités. Il va nous raconter ce qu'il a vu de plus incroyable au cours de ses 45 ans de carrière. Juste avant de commencer, abonnez-vous les amis en 2 secondes, ça vraiment ça vous coûte rien, ça va hyper vite sur YouTube. Vous abonnez juste en 2 secondes et puis vous pouvez commenter l'émission. Ça nous aide beaucoup sur le référencement en likant la vidéo aussi. Merci d'être de plus en plus nombreux à nous suivre sur les gens. Vous pouvez aussi nous suivre en podcast audio si vous voulez sur Spotify, Apple Podcast et Amazon Podcast.
Et juste avant de commencer, je vous rappelle qu'on part pour le légende Tour le 7 octobre 2026. On part du 7 octobre jusqu'au 14 novembre dans 16 villes pour 18 dates parce qu'on va faire deux fois Paris à l'Adidas Arena et deux fois Bruxelles à Forêt National. On va passer dans plein de villes. On va passer à Montpellier, à Strasbourg, à Nice aussi notamment. Si vous voulez prendre vos places, on va réserver des grandes salles, une scène centrale et un show qu'on ne pourra pas filmer. Tout ce qui va se passer en salle va rester en salle. Il y aura des invités qui vont faire toutes les dates avec nous et des artistes vont se joindre en fonction des jours.
Il y aura Franck Dubosque sur certaines, Michelon sur d'autres, Kevadams sur certaines. Vous verrez tous les invités qu'il y aura au fur et à mesure qu'on va annoncer. Euh on garde secret pour l'instant, on annoncera juste avant. La plupart des dates sont déjà complètes. Merci beaucoup à vous pour tout ça. Donc hésitez pas à les prendre. Vous pouvez venir en famille avec vos enfants, avec les parents. C'est un show familial. Il y aura beaucoup de choses et de surprises qui vont se passer ces soirs-là. On va raconter des anecdotes jamais entendues. Vous pouvez prendre vos places sur légende-tour.fr.
On part avec Philippe Boxau, le médecin légiste mais aussi un astrophysicien qui sera là par exemple et beaucoup d'autres métiers exceptionnels. Et c'est parti maintenant on y va avec Pierre Rafin qui a été directeur de prison durant 45 ans sur les genses. C'est parti. Bonjour. Ben donc je suis Pierre Rafin, anciennement directeur de prison maintenant à la retraite. J'ai passé 45 ans de ma vie au sein de cette institution.
[musique]
et bienvenue. Je vais vous reprendre le clap. Merci à vous de venir Pierre. C'est c'est Merci à vous de m'avoir invité. On a reçu un mail il y a quelques temps de votre famille je crois qui voilà qui nous ont écrit qui m'a écrit pour me dire vraiment mon père a des anecdotes absolument incroyables. Vous avez été directeur de de la de beaucoup de prison de la santé de Draguignan d'Ex en Provence de la Réunion aussi je crois. Réunion la course euh de de Fleur Mogis. Fleurri, j'ai j'ai débuté ma carrière à Fleuris en fait en tant que directeur de de prison.
Alors à l'époque, on était sous-directeur euh puisque moi quand j'ai commencé ma carrière, c'était donc j'ai passé le concours en 77, c'était le premier concours de sous-directeur. Avant, si vous voulez, les directeurs, les personnels de direction euh étaient accédé à ces fonctions par avancement de grade, mais il n'y avait pas de concours de directeur de prison. Ça a été le premier concours, donc un concours qui nécessitait bah comme le comme commissaire de police, comme la magistrature, c'était un petit peu les mêmes épreuves et les mêmes conditions de diplôme. Et c'est comme ça que j'ai commencé donc en 77 et ma première affectation, ça a été directeur d'une tripale de fleuriméis.
C'est d'une tripale ? Oui, on appelle ça une tripale. C'est euh bah le fleurimogiste, c'est cinq établissements au sein d'un même établissement plus le centre des jeunes plus la maison d'arrêt des femmes. C'est un gros complexe quoi. C'est un très gros complexe puisque à l'époque moi j'ai connu 7000 détenus hein dans l'ensemble de la des des trois entités. Et donc une tripale c'est l'établissement qui à mon époque on comptait à peu près 1200 détenus par tripale. On va y revenir mais que vous puissiez comprendre de quoi on va parler. C'est c'est vraiment une maison qui va être chargée. C'est exceptionnel.
Vous êtes retrouvé enfermé par eror dans une cellule en tant que directeur avec quatre quatre détenus. Vous avez connu Guy George, vous avez eu Bernard Tapi en en détenu. Vous avez géré les derniers condamnés à mort. C'est assez fou. Vous avez vécu la première évasion en hélicoptère en prison. Vous en avez eu desent [rires] vous avez sorti votre arme parce que vous avez une arme de service et vous avez eu peur parce qu'il y a dans votre logement des hommes cagoulés qui ont rentré. C'est ça. On en parlera tout à l'heure tout à l'heure, on va on va aborder juste qu'est-ce que ça veut dire directeur de prison ?
Parce que il faut que vous compreniez, on essaie vraiment à chaque fois sur les gens de faire comprendre le sujet même à ceux qui n'y connaissent rien dans le sujet. C'est vraiment le principe d'être ouvert. On a du mal à imaginer une prison tant qu'on y est jamais allé réellement. [raclement de gorge] Qu'est-ce que c'est qu'un directeur de prison ? Alors, directeur de prison, il y a une fausse image qui court beaucoup, c'est euh le directeur et l'arbitre entre les surveillant et le détenu. C'est pas du tout ça. Un directeur de prison, il fait partie du personnel au même titre que les agents pénitentiaires. On fait le même métier.
To tous les agents qui participent à la vie de la prison, que ça soit directeur, que ça soit conseiller d'insertion de probation, surveillant, mais aussi les administratifs et aussi les techniques, on fait tous le même métier. On a tous à un moment donné des contacts avec les détenus. Donc euh le directeur de de la prison, ben c'est lui qui va mettre en harmonie tout ça, qui bah il dirige le personnel. Euh il il essaie de comprendre la vie de la détention de manière à gérer parce que une prison c'est un équilibre très très fragile. Il faut pas s'imaginer. Les gens ils s'imaginent que dans une prison tout le monde est armé, que ça marche à la baguette. C'est pas ça.
C'est il faut beaucoup de euh de politique, beaucoup de bienveillance aussi, beaucoup de si vous voulez, c'est ce fragile équilibre, il est maintenu en permanence par le personnel qui doit euh naviguer entre l'autorité nécessaire et la bienveillance nécessaire. Il y a il y a plusieurs types de prisons en France. Alors, je les ai je les ai noté parce que je je sais pas la différence. Il voulez bien expliquer. Avant qu'on parle des anecdotes, une dernière petite question pour bien comprendre. Il y a ce qu'on appelle les maisons d'arrêt en France pour les personnes, je crois que c'est court peine, c'est court peine. Et ceux qui sont prévenus, ceux qui sont pas encore jugés.
Ça c'est la maison d'arrêt. Euh les centres de détention. Ensuite, parfois on dit des centrales. J'ai noté tous les mots qu'on trouve et à chaque fois ça ça correspond à la prison en gros. Mais c'est quoi la différence ? En fait, il y a plusieurs il y a il y a depuis quelques temps, il y a d'autres types d'établissements qui sont des des établissements euh réservés aux détenus pour la sortie, hein, les ce qu'on appelle les sas. Mais ça c'est récent, mais traditionnellement on a la maison d'arrêt où effectivement on va trouver tous les prévenus plus les très courtes peine. Ensuite on va prendre direction du centre de détention.
le centre détention traditionnellement on va accueillir des détenus qui ont des peines moyennes et puis ensuite les maisons centrales, il y en a peu en on en a une dizaine à peu près qui [grognement] sont réservés au très longue peine. Alors ça c'est une théorie, vous pouvez avoir parfois des gens qui relèveraient de la centrale qui se retrouvent en sention suivrant leur comportement mais la théorie c'est celle-là quoi. C'est c'est vous avez commencé vous avez commencé à quel âge première fois en prison ? Moi donc j'avais 20 24 ans. Voilà. Donc qu'est-ce qui se passe quand on la porte sous la première fois ? Vous découvrez vraiment à quoi ressemble une prison ?
Alors j'ai découvert la prison moi quand j'ai passé le concours. On m'a envoyé faire une visite médicale à la maison d'arrêt de Toulouse qui était la vieille maison d'arrêt. Je connaissais pas du tout la prison puisque moi j'étais à l'université. On avait abordé quelquefois au en code de en cours de procédure pénale le régime pénitentiaire mais bon c'est quelqu'un qui n'y connaissait pas grand-chose et c'était vraiment abordé donc on peut dire je connaissais rien et j'ai été surpris plutôt agréablement.
J'ai j'ai trouvé que bah c'est pas du tout ce que je m je m'imaginais quelque chose de de fermé de quelque chose où les euh les les gens étaient étaient quand même dans dans un système défensif, un système de euh un peu austère. Pas du tout. Moi, j'ai trouvé des gens détendus du portier jusqu'à l'infirmière. J'ai vu des détenus qui passaient dans les couloirs. Je m'imaginais pas que les détenus pouvaient déambuer dans les couloirs. Donc ça a étit ma première impression. C'est plutôt une impression favorable alors que j'avais aucune connaissance de ce que c'était. Et vous avez en tant que directeur de prison une arme. Ça c'est tous les directeurs de pris. Je savais pas ça. Oui.
Alors on n pas une arme sur soi mais effectivement on a toujours le droit d'avoir une arme. Ah oui oui. Puis il y a quand même aussi des armes dans la prison. On est les gens sont pas armés sauf dans les mirador mais on a les mirador c'est les tours à l'extérieur avec des vitres blindé qui sont chargés de faire échec à lavasion dernier rempart avant la sortie là. Ça vous est déjà arrivé que des gens dans les mirador donc des des salariés he des des cards de prison et attiré agents ? Oui, bien sûr. Oui, oui, oui oui. Ça ça arrive pas souvent parce que mais ça arrive. Oui, bien sûr. C'est votre antise en tant que directeur de prison.
Une évasion, c'est le le truc le plus grave ou c'est une émeute ? C'est quoi qui vous inquiétez le plus ? Il y a plusieurs choses qui sont difficiles dans le métier. Le suicide parce que le suicide pour nous c'est un échec. Notre première mission c'est de garder le détenu en bonne santé. Le suite, c'est toujours un échec. L'évasion, pardon, il y en a beaucoup. Bah moi, j'en ai connu quand même pas. En gros, si vous voulez en France, on est statistiquement à peu près, on a à peu près 120 entre 120 et 130 par an. Ah oui, quand même. OK. Sur 80000 détenus. Moi, j'en ai connu beaucoup parce qu'on en connaît bien sûr beaucoup sur 45 ans en plus. Oui.
Et effectivement l'évasion c'est aussi difficile et à l'époque où je travaillais euh il y a une trentaine d'années, c'était les meutes parce que là euh le gros mouvement collectif de détenus, ça pouvait être dangereux. Vous l'aviez eu vous, on en parlera après mais ça vous arrivé ? Moi ça m'est arrivé d'avoir des mouvements collectifs. On on était pas très outillé à l'époque pour les les juguler parce que on n'avait pas encore créé les héristes, les équipes régionales d'intervention de l'administration pénitentiaire. Donc il fallait appeler bien sûr les forces de l'ordre, les gendarmes mobiles ou les CRS, ça mettait du temps et puis dans ce temps-là, fallait gérer. Donc c'était délicat.
Et l'évasion bien sûr, c'est l'échec hein. Euh il est apprécié le le directeur de prison euh par rapport les détenus. Est-ce qu'il vous apprécie ? C'est ce qui vous insulte quand vous passez ou au contraire il y a une relation un peu de de grand chef qu'on peut pas trop toucher. Donc on est quand même sympa avec lui. Alors il y a ça. Tout dépend comment vous êtes aussi. Je veux dire si effectivement moi je dis toujours en prison vous pouvez être strict dire respecter la la règle mais juste c'estàdire la respecter pour tout le monde et puis expliquer aux gens pourquoi on le fait. Partant de là. Moi, j'ai jamais eu franchement j'ai jamais eu de difficulté à l'intérieur de la prison.
J'ai jamais eu de mauvais rapports avec les DU. Parfois oui, quand il y avait des violences. Bon ben ça c'est autre chose. Mais en temps ordinaire, moi je je peux pas dire que j'ai eu de mauvais de mauvais rapport avec les détenus. Au contraire, j'ai même rencontré des tenus dehors il y a il y a quelques années. J'étais au beaumettes à côté des beauettes un petit bar des beaumettes et puis je consommais et puis au moment de payer le patron il me dit "Monsieur c'est payé." Bon c'est c'est le monsieur qui est qui est au bar là.
Bon, je m'approche puis je dis "But, merci, je repaye la tournée, c'est normal hein, c'est la moindre des choses." Et je dis "Mais pourquoi vous me payez un café ?" Un café ? Il me dit "Mais parce que vous étiez directeur à ex, j'étais mineur au moment des fêtes et vous m'avez mis au quartier disciplinaire." Ah ben je dis "Ah bon ?" Et c'est pour ça que vous me payez un café ? Il me dit "Oui, parce que c'était juste." Comme quoi, on n pas de mauvais pas forcément de mauvais rapport. Moi j'ai enfin personnellement j'en ai jamais eu. Maintenant les choses changent hein. Moi je vois ma collègue des des des beau mètres qui a été menacé c'est autre chose.
Mais je peux pas dire vous avez vot votre voiture qui a sauté on en parlera après. Il vous avez eu quand même des trucs solides. C'était en fonction de mes mes fonctions. Voilà c'était la fonction qui était visée. C'était pas le c'était pas vous. J'ai jamais eu peur en Corse pour moi personnellement. C'était la fonction. C'était un choix. C'était une envie. Dernière question puis après on va parître quand vous êtes retrouvé enfermé. H7 c'était un choix d'aller travailler en prison ou c'était parce qu'il quelqu'un de votre famille qui travaillait comment est-ce que vous êtes retrouvé dans dans ce milieu ?
Ben c'était tout simple, moi j'étais en fac de droit droit pénal enfin droit privé j'étais passionné par la criminologie et la science pénale et ensuite j'ai intégré l'Institut de criminologie et sciences pénales de Toulouse euh qu'on préparait après la la licence. à l'époque la licence c'était 4 ans, c'était pas 3 ans. Donc on préparait ça après. Et et je je voulais absolument un métier euh qui me qui me rapproche de tous ces phénomènes criminels qui me passionnaient. Donc j'avais le choix entre quoi ? Euh magistrat, avocat, euh commissaire de police et puis voilà, c'était tout.
Et puis mon père qui travaillait dans l'administration, enfin administration fiscale qui était au fait de toutes ces questions-là puisqu'il était professeur à l'école du cadastre, il me dit "Mais il y a il vient d'avoir un concours qui pourrait t'intéresser, c'est le concours de directeur de prison." personne n'a été capable de me dire dans quoi ça consistait mais j'ai dit je vais essayer, je vais voir.
J'ai été reçu et puis ensuite bah j'ai intégré donc fait mon service militaire puis ensuite j'ai intégré l'école et là le milieu m'a vraiment plu parce que j'aurais pu quitter j'aurais pu dire ben non ben je fais autre chose et là ça m'a vraiment intéressé ça vous a plu quoi fait pas 45 ans dans un truc qui nous plaît pas ah ben de toute façon ce métier là on peut pas le faire et c'est valable pour les directeurs, c'est valable pour les agents, c'est valable pour tout le monde.
On peut pas faire ce métier là qui est difficile sans être un peu passionné, sans même beaucoup passionné parce que c'est un métier le métier de surveillance c'est un métier très difficile surtout au niveau du surveillant qui a le contact le plus privilégié avec le détenu. Je dirais que c'est une fonction schizophrénique. Pourquoi ? Je dis pas que les gens sont schizophrènes. Sû pourquoi c'est schizophrénique ? Et parce que un surveillant le matin quand il prend schématiquement hein, on lui dit voilà il faut aller dans la cellule, il faut compter les détenus, d'abord voir s'ils sont morts ou s'ils sont vivants parce qu'il y en a ça peut arriver aussi. Donc voir comment ils sont.
Et puis quand on rentre dans la cellule, on dit bonjour, on s'enquète ben comment s'est passé la nuit, comment les les petits problèmes, vous savez les euh il y a toujours des problèmes de Donc c'est assez pas convivial mais c'est assez intime comme relation avec les détenus. Ensuite le même détenu, ben vous le le vous l'accompagnez au service médical, vous l'accompagnez en activité, parfois vous faites même des activités. les moniteurs de sport, c'était surveillant et puis vous l'accompagnez au parloir et au parloir parfois vous rencontrez sa famille, c'est pas un Odin tout ça. On et puis vous vous les accompagnez dans leur vie dans leur vie constante jusqu'au soir.
Et puis schématiquement le soir, le même surveillant, on le met dans un mirador, on lui donne une arme avec 20 cartouches et on lui dit le premier qui franchit telle zone, vous avez le droit de tirer. Vous avez le droit de tirer sans légitime défense. Ça c'est un peu unique. C'est unique.
C'est il y a pas de sommation une sommation sommation mais pas défense c'estàd que dans un mirador on est à l'abri donc il y a pas de légitime défense et on a l'obligation de faire feu après des sommations d'usage bien évid sommation c'est prévenir en gros pré dire arrêtez et mais donc c'est c'est assez exceptionnel comme donc voyez on passe d'un extrême à l'autre oui on s'occupe des gens et on peut les et ça il y a aucun autre métier par prenez l'hôpital psychiatrique on compare souvent les deux mais l'hôpital psychiatrique même un soignant lorsqu'il doit maîtriser un patient c'est pour son bien. C'est c'est que nous c'est pas pour son bien quoi.
C'est et c'est donc c'est extrêmement difficile de faire cet équilibre. En 77, vous avez travaillé donc à Fleuréogis, vous commencez là vous êtes sous-directeur au début. Sous-directeur, on dirige la tripale quoi. On est sous-directeur mais on dirige le Vous êtes sousdirecteur mais vous êtes directeur finalement. Vous êtes le patron mais on dit sous-directeur. Oui. Comment vous allez vous retrouver enfermé dans une cellule avec des détenus ? Alors ça c'était la modernité de Fleuris. Maintenant, ça existe plus. Mais à l'époque, Floriste un établissement moderne et on avait les les cellures étaient électriques, elle était électrocommandé depuis depuis un poste central.
Ce qui fait que quand vous rentriez dans les cellules, si vous preniez pas la précaution avec la clé, parce qu'on a toujours une clé quand même de sortir le pen. C'est quoi le pimporte ? de peine, c'est le le le petit morceau de fer qui rentre, le petit morceau de de le tenon qui va rentrer dans dans la serrure, dans le la gâche. Si vous prenez pas cette précaution, la ser la porte se ferme et la serrure se verrouille électriquement. Ouais, c'était plus facile parce que quand on rentrait les promenades, bah voilà, les détenus rentraient, c'était plus facile. Et un jour je vais en étension, je devais voir des tenu dans une cellule.
Donc je rentre dans la cellule, j'ouvre la cellule avec ma clé. Le problème c'est que j'oublie de refermer le pen. Je rentre dans la cellule et là j'entends le claque. Et vous êtes avec avec quatre détenus. Quatre détenus. Quatre détenus et la porte se referme. Bon, j'appuie sur l'interphone mais le surveillant il devait avoir 300 cellules et puis il savait pas que j'étais rentré. Donc personne ne bouge, personne ne répond. Donc là les les quatre détenus vous regardent. cé [raclement de gorge] nu me regard commence à discuter [rires] très sympathique il m'offre un café enfin et puis on discute de raffaire on discute. Vous avez eu un doute au moment où ça s'est refermé.
Est-ce qu'il y a un mini doute ou pas du tout ? Non je je me suis retrouvé un petit peu bête quoi de de mais non j'avais pas de crainte. Ça s'est bien passé on a discuté discuté de leurs affaires, tu vois. Puis après vous étiez pas avec des détenus très dangereux aussi ou c'était Oui si il y avait il y avait il y avait un petit braqueur il y avait un peu de tout quoi. C'était comme non c'était cit la vie classique en prison la vie classique en prison et j'ai pu mesurer ce que c'était d'être enfermé parce que on n'est jamais enfermé jamais. Vous êtes jamais enfermé. Quand vous êtes enfermé quelque part, c'est parce que vous le voulez bien. Mais là, j'étais prenez en prison. Voilà.
Et là, j'ai pu mesurer ce que c'était et pendant 2 heures, j'ai j'ai dû rester en cellule jusqu'à ce que toutes les portes s'ouvrent pour faire sortir les promenades. Mais vous êtes resté combien de temps avec eux ? Ben 2h. Alors au début, c'est vrai, il y a personne qui vous a répondu à l'interphone pour non parce qu'il y a tellement c'était tellement énorme fleuri que puis c'était pas le but. Normalement, c'était pas le l'interphone, c'était la nuit quand il y avait un incident. Donc dans la journée, il était pas censé répondre non plus hein. Ça a fait rire les les détenus au bout d'un moment. Surveillant surtout ou [rires] les surveillants. Ah oui, ils ont rigolé.
Oui, le directeur qui s enfermé. Non, les détenus ça allaient. Non, ils étaient après quand vous les recroisiez dans les couleurs, il y av un petit truc, il y avait un petit sourire quoi. Il y avait un petit sourire, ça faisait un petit souvenir en commun. Ouais, c'était rigolo mais sin c'est les agents, ils sont bien marrés parce que le directeur qui se fait enfermé dans une prison, c'est bien quoi. On peut lier une amitié en tant que directeur de prison et un détenu. Est-ce qu'on peut avoir des discussions à répétition, je dis n'importe quoi sur le foot, sur des sujets communs et puis finalement une sorte de pas peut-être vrai midié mais de amical.
On peut avoir les rapports sont pas les alors normalement on doit avoir les mêmes rapports avec tous les détenus mais ça c'est la théorie. Oui, parce que l'humain est bien plus complexe. L'humain est plus complexe que ça. Il y a des détenus avec qui ça se passe mieux. Vous avez plus de l'affinité et inversement, il y a des détenus avec qui ça se passe mieux avec avec le chef plutôt qu'avec le directeur. Moi, je me rappelle Guy George voulait au début de son accurat parler qu'avec moi. Bon voilà, c'est tout. C'est et moi j'ai j'ai eu des contacts avec certains détenus qui sont des contacts privilégiés.
Oui, on a on a quand même des discussions qui sont bon qui sont pas forcément sur les loisirs mais qui sont des discussions sur la vie tout simplement parce que bah c'est notre métier aussi de de de voir un petit peu ce que parce que après on doit se prononcer sur la la conditionnelle sur les permissions de sortir. Si on connaît pas un peu le détenu, bah on peut pas se prononcer d'une façon efficiente. Vous croyez au fait que certains détenus ne doivent jamais sortir parce que vous savez qu'il y en a qui sont le moy moche mais irrécupérable. Vous saz que c'est des gens qui sont dangereux et qui même en ayant 40 ans de prison, s'ils sortent, il ils vont recommencer. Ça c'est vous en avez vu ?
Alors moi je autant je suis contre la peine au mort. Je vous expliquerai pourquoi si vous le désirez, on va y arriver après. Mais je suis intimement persuadé que certains détenus, des psychopathes avérés qui sont pas malades mentaux au sens de la nosographie psychiatrique mais qui sont des des gens vraiment déstructurés. Bah vous avez H par exemple qui connu fournirait c'est ce sont des gens qui à mon avis faudra jamais les on peut pas les laisser sortir parce queon sera jamais sûr de leur de leur futur passage à l'acte.
Moi j'ai j'ai encore il y a pas longtemps en Fournier est mort comment Fournira est mort mais si on l'avait laissé sortir même au bout de 50 ans de prison il y a un détenu qu'on a pas laissé sortir c'est Tommy Rico. Tommy Rico c'était le Christ il avait tué six personnes et il a fini ses jours. il avait 86 ans à la prison de Bourgot parce que on pouvait pas le laisser sortir parce qu'il était et puis il tenait pas non plus tellement mais il y a des gens qui sont qui sont dangereux on sera jamais sûr de de de leur de les laisser dehors. Ça vous est arrivé en tant que on parle dans les parcours ici de nos invités, les succès, les les échecs, tout le monde en a eu, on est tous humains.
Est-ce que ça vous arrive d'avoir un échec de laisser sortir quelqu'un pour une permission de sortie, de le regretter parce que il y en a un qui a récidivé ? Oui, c'est c'est arrivé. C'est arrivé. Et moi je je me rappelle, j'avais eu une discussion assez assez vive avec un jug des Penes qui m'avait dit on éétait pas d'accord sur sur un détenu sur sa sortie et le juge m'avait dit mais je prends le risque. Moi j'ai dit monsieur jug c'est pas vous qui prenez le risque. Ce qui prend le risque c'est la petite gamine qui va se faire tuer par le type qui avait déjà commis ce genre de de choses. que je trouve qu'on a on peut pas se permettre de dire on prend le risque, c'est restrictif.
Et alors, qu'est-ce qui s'est passé quand ils ont laissé sortir ce Ben ? Non, on l'a pas laissé sortir du coup et le Vous avez jamais laissé sortir quelqu'un qui a fait une connerie ? Une fois à Fleury, une fois on avait donné notre accord puisque à l'époque c'était la règle de l'unanimité. le directeur, le juge des P et le procureur devaient se prononcer tous d'une façon unanime et on avait tous émis un avis favorable pour un type qui un délin conceptuel qui se tenait bien comme tous les constituels d'ailleurs, ils tiennent bien en général et malheureusement il a il avait il était repassé à l'acte, il avait violé une gamine de 10 ans.
Ça marque he je veux dire moi depuis ce jour-là j'étais très restrictif sur les permissions de sortir très restrictif sur les conditionnels avec certains profils. Vous avez des profils notamment tout ce qui est crime sexuel c'est délicat délicat. Comment il s'adressait à vous les les détenus ? Il y avait un c'était monsieur le directeur c'était monsieur monsieur le directeur monsieur le directeur ou c'est la règle. C'est comme ça qu' vous app monsieur le directeur ou il vous tutoyz ou non ? Ah non jamais. Jamais. Non. Et nous non plus d'ailleurs d'ailleurs le tuto est interdit dans l'administration pay. On n pas le droit de tutoyer un détenu. Ah bon ?
Ah oui, c'est interdit par le code de prénom. On n pas le droit de le faire. Pas dans une discussion, parle de foot et puis non, il faut une distance quand même. On n pas on vit, on vit ensemble par la force des choses, mais attention, on est on n'est pas sur la même ligne. Donc il y a des choses, on peut pas se permettre. Tutoyer quelqu'un, on doit pas se permettre. dans la complicité, on peut pas se permettre. Et je dis même que on doit rien laisser transparaître de sa vie privée. Moi, j'ai commencé à une époque où quand on on était sur une coursive, un surveillant qui s'adressait à un autre surveillant, il s'appelait pas ni par son prénom ni par son nom, il disait surveillant.
Et nous quand on disait surveillant parce que il fallait pas que le détenu sache ni le prénom ni le nom, c'était très protecteur. C'est important. C'est un peu moins le cas. Non, vous repérez vous si c'est quelqu'un qui est là pour braquage pour vous arrivez à à les sentir à force. Pourquoi il est là ? Vous le voyez tout de suite ? La première fois que je le vois pas non mais après dans leur comportement on le voit tout de suite. On voit le à l'époque on voit le le le gars qui était dans le milieu, ça se voit, il est respecté, il tient à son image de marque. Il y a une hiérarchie dans la prison. Euh la hiérarchie, elle est importante.
Il y a le truant, en bas de gamme, il y a le violeur et en plus bas de gamme, c'est le douleur d'enfant quoi. Le le il y a toute une hiérarchie qui qui se c'est qui tout en haut vraiment ? C'est c'est le truc. C'est le trompe. C'est le mafieux. C'est le mafieux. Oui. Il y a comme dans un prophète un film qui était super et est-ce que il y avait des parrains comme ça ? Vous voyez vraiment il y a le parrain de la prison ou c'est le grand chef ?
Le prophète si vous voulez c'est un peu trancié parce que bon quand je vois là dans dans la cellule où tout le monde vient dans la cellule du par non ça c'est pas mais oui il y a des gens qui avaient une influence sur la prison bien sûr dans la cour c'est eux qui décidaient de bien sûr [raclement de gorge] il y a des gens qui qui avaient une aura de de de leur délinquence extérieure qui étaient respectés par les autres bien sûr vous avez connu Guyorges alors connu Guyor connu Guorge vais rappeler c'est c'était le le tueur qu'on qu'on surnommait le enfin le tueur de l'est parisien He, j'avais noté les dates. Lui, il a euh tué sep euh je crois jeunes femmes femmes à l'époque entre 91 et 97.
Vous vous le voyez quand il est à la prison d'Ex en Provence à l'époque ? Non, c'était à centrale de Moulin. C'est la centrale de Moulin. Il venait d'être condamné et il était affecté ici comme beaucoup d'autres puisque j'avais beaucoup de perpétuité à l'époque et Guig Georgeor était effectivement quelqu'un de particulier comme il paraît qu'il vous a confié plus de choses qu'à la police. C'est vrai ça. B le problème si vous voulez de de de la prison, c'est que les détenus parlent beaucoup parce que bah ils ont plus rien à perdre. Ils peuvent raconter euh puisque ils ont été condamnés. Euh il y a plus de euh il y a il y a plus de retenu si vous voulez.
Euh donc bah il nous confie parfois des choses qui n'auraient pas confi au moment du du de l'enquête du procès. Il se livre donc si vous voulez c'était mais il y a pas que Guijorge, il y a des tas de gens comme ça qui vous confiez quoi Guorge par exemple ? Bon, Gu George, bah il il m'expliquait le euh comment il avait il passa à l'acte, il me racontait un petit peu son son passé criminel quoi. Il me racontait tout ça et et voilà. Alors c'est intéressant, c'est dur à entendre hein parce que il y a pas de fil comment quoi ? Il vous raconte comment il tu les gens. Ouais, il me raconte ce qu'il faisait quoi. Voilà tout simplement. On parlait beaucoup avec Guorge, on parlait beaucoup.
C'était Guyorge, c'était quelqu'un qui qui est assez séducteur. C'est quelqu'un qui qui parle bien, qui est pas il est pas dans le conflit. C'était quelqu'un d'intéressant mais bon. Intéressant d'intéressant. Oui. C'est c'est c'est des tueurs en série là à partir de de deux, je crois que c'est enfin de ou trois, je sais plus. Je crois que c'est deux. C'est un tueur en série. Donc il est considéré comme tueur en série en tout cas. Lui oui c'est pas le seul hein. Non non non je dis pas comment ça ça se passe ? Est-ce qu'ils sont glaçants ?
Parce que quand vous rentrez dans la cellule, vous dites "Putain, il y a une espèce d'ura noir horrible ou est-ce qu'au contraire, ils sont plutôt souriants et un peu étonnant ? Parce que on voit pas à quoi ça ressemble. Lesquel il y a des gens qui sont glaçants. Oui. Qui sont pas en prison glaçant d'ailleurs mais dans la prison hein ? Euh a moi je me rappelle il y a un détenu quand je il était il passait son temps au quartier disciplinaire. Euh il se plaisait que au quartier disciplinaire donc il passait son temps là. C'est quoi le quartier disciplinaire ? Et lui il faisait tout pour y aller parce que il était seul, il était il avait tué six personnes.
[grognement] Et quand je tous les jours j'allais au quatre disciplinaire, il y a deux portes au CP. La première qui est une porte pleine et la grille qui est de l'autre côté. Donc il pouvait pas savoir qui qui venait. Quand je passais devant sa cellule, il disait "Monsieur le directeur", il m'interpellait "Monsieur le directeur, venez [grognement] que je vous tue." Monsieur le directeur. Tous les jours, il me disait ça. Tous les jours, tous les jours. Tous les jours, c'était un jeu pour lui. Mais il reconnaissait mon pas. Très observateur. Vous allez connaître la la la peine de mort à l'époque. Vous étiez en poste pendant la peine de mort.
La peine de mort s'est arrêté en 1981 en France et a et enfin, il y a eu des exécutions jusqu'en 1977 justement. C'est l'année où vous avez commencé. Alors oui et et après 77 c'est la dernière exécution de de c'est c c'est Jean Noubille détenu Jean Noub au Baumette mais ensuite il y a eu des gens qui ont été condamnés à mort qui ont pas été exécutés pendant 4 ans. Oui pendant 4 ans. Et j'en ai connu trois euh deux et un dont je me souviens pas le nom. Les deux dont je me souviens très bien c'est Philippe Maurice qui était Gon à mort qui s'était évadé du quartier qu'on a à mort à FR.
C'est d'ailleurs pour ça que j'avais eu à Fleur et puis j'avais un gars qui il s'était évadé de la prison et oui c'est c'était avec la complicité que son avocat je crois qu'elle lui avait passé une une arme à feu et ben il avait tiré sur les personnels et bon il avait été repris enfin il s'était pas évadé je sais même pas s'il avait franchi les portes de freine. Il avait fait quoi lui ? Pourquoi il a été condamné à mort ? Il avait été condamné à mort parce qu'il avait tué deux policiers je crois dans cours d'un braquage ou je crois que c'est c'était Rftard là dans dans un coin de Paris.
Et puis un autre qui s'appelait M petit, je sais pas vous si vous vous souvenez ça, c'était à Osoir Laferrière. Montetit qui était avec sa compagne Terriel qui était de marginaux complètement dégénéré à mon avis qui ont tué dans un pavillon le père et la mère devant les enfants. Ils ont vé la mère d'ailleurs aussi devant les enfants. Ils ont laissé les enfants pour mort et donc ils ont été arrêtés et condamnés à mort. Et lui a été condamné à mort. D'ailleurs, c'est marrant parce que enfin c'est marrant c'est moi l'expression c'est pas marrant non mais c'est curieux c'était un type qui nous participement à l'expression qui nous emmerdait tout le temps he il était malsin avec les personnels.
Il était toujours en train de rochigner toujours en train de de provoquer. Et lorsqu'il a été lorsqu'il est revenu dès que de la cour d'assise bah c'est normal qu'on a à mort. Moi je je suis allé au dispatching voir quand il dispatching quand il arrivait. Ouais c'est l'arrivée du fourgon. Et quand il est descendu fourgon là, il venait d'être condamné à mort. Ouais. Nos regards sont croisés et pour la première fois dans ses yeux, j'ai vu une lur d'humanité. Comme quoi, faut pas désespérer.
Et ensuite, tous ces gens-là, bien sûr, ont été euh ils ont été très heureux lorsque le 10 je peux vous dire que le 10 mai 80 lorsqu'ils ont su que c'était le président Mitteran qui était élu, ils ont soufflé parce que ils savaient que il serait jamais euh exécuté puisque le candidat mitéran avait dit que il grassirait les qu'on a mort et qui et bien sûr après il y a eu la l'abolition l'abolition avec c'était à l'époque la peine de mort en France était donné par guillotine encore jusqu'à 1980 Enfin par décapitation du coup euh c'était alors vous vous avez vous allez dire rapidement dans le début de l'émission vous étiez contre. Vous avez dit moi je suis contre et j'expliquerai pourquoi.
Alors vous qui l'avez vu entre guillemets de plus près. Oui. Alors pourquoi parce que si vous voulez quand euh on peut pas rester insensible même mon petit voyez mon petit pourtant c'était un criminel. Il aspérait pas de la sympathie hein son son crime. Il est mort aujourd'hui il est mort. Oui il est mort en prison d'une maladie. Mais vous pouvez pas rester insensible. euh au fait que le lendemain, ben vous allez devoir euh non seulement assister mais participer à l'exécution d'un homme. Vous vous auriez pu le faire dans votre prison c'est que c'était il y avait des guillotines dans toutes les prisons. Non non, j'ai une guillotine itinérante.
He c'était une une guillotine qui se déplaçait avec le le bourreau hein qui était un un vacataire de l'administration. il se déplacça dans la maison. Donc vous pouviez avoir dans votre cours de 77 à 80 on dans certaines maisons. Oui. Alors c'était pas dans toutes les maisons d'arrêt. Il y avait freine, il y avait dans une petite maison d'arrêt. Non mais c'était Mais par beau beau vous redoutiez ça. Bah oui oui parce que on pouvait pas rester insensible à un type qui va peut-être mourir le lendemain. Et on avait et voyez j'ai eu beaucoup de contact avec des agents qui eux ont vu au bomè notamment la la la dernière exécution.
Je ne connais pas un qui ne m'a pas dit qu'il était soulagé lorsque la peine de mort a été abolie. Parce que c'est c'est c'est extrêmement difficile. On va on les gens qui vous disent "Oui, moi j'appuierai sur le bouton sans problème." Vous savez, moi je je j'avais mesuré ça quand j'avais quand les beaumettes avaient été devaient être détruites il y a 4 ans. J'avais décidé d'ouvrir tout ça au grand public.
qu'on avait eu 4000 visiteurs dans les beaummetes et j'avais fait mettre la guillotine qui était au Musem et il me l'avait prêté et là la réaction des gens changeait quand il voyait l'engin on voyait que là c'était différent et je suis bien sûr contre la peine de mort pour une autre raison c'est tout simple c'est l'erreur judiciaire non mais quand il y a pas d'erreur judiciaire vous pouvez le savoir. Bah non mais quand quand il est pris sur le vif l'affaire de vousau. L'affaire de vous à Lyon. Non mais il y a toujours des dans ce cas quand il y a un doute, il y a pas de doute. L'affaire de vent, il y avait pas de doute.
Un petit jeune garçon bouché, il tue le la fille, il la viole et il tue la fille de ses patron et il avoue bah oui c'est moi, il y a pas de problème, je l'ai fait. Il est resté 5 ans en prison. Heureusement qu'il a pas été guillotiné parce que 5 ans après, on trouvait le vrai coupable. Et pourquoi il a dit que c'était lui alors ? Mais parce qu'il y a des gens fragiles qui qui qui racontent un peu n'importe quoi qui savent qui qui sont qui était un peu simpl enfin qui sont un peu simplés. Oui, l'affaire dis il y a pas longtemps. L'affaire dis Patrick Dill qui a été condamné à ter pendant pendant 17 ans. 17 ans quasiment.
Je suis pas sûr qu'il y ait ça soit 40 ans en arrière et il soit pas passé sous le fer de la guillotine lui hein. Il était innocent. Non mais sur un braquageù tout le monde voit que c'est quelqu'un qui a tiré. Pardon mais quand il y a des enfants qui sont morts parce que on dit oui tiens ça fait de la peine de voir la lueur de oui mais qu'est-ce qu'il pensent les parents qu'on leurs enfants ? J'entends bien. C'est ça toujours le débat. C'est pour ça qu'il y a un débat. Moi, il y a toujours le doute, on peut jamais être sûr. Il y a toujours une possibilité malheureusement d'erreur judiciaire. Je n'ai jamais compris pourquoi il y a pas eu plus de meurtre de vengeance en France.
Est-ce que vous avez vu ça ? Des parents qui perdent quelqu'un, un enfant. C'est vrai que ça été très rare. Il y a eu très peu de de de vengeance au notamment au niveau du tribunal par exemple. Il y a eu qu'une fois, je crois une fois à Béier. Je crois qu'il y a eu un grand-père qui a voulu tirer sur le l'agresseur. Alors, je pense qu'il y a plusieurs raisons. D'abord, c'est pas facile de de de faire une action de vengeance he les tribunaux, bah c'est c'est gardé, les gens sont fouillés, enfin c'est pas c'est pas rien. Euh bah après, quand la personne a purgé sa peine, bah vous pouvez pas savoir où en tant que victime où est-ce qu'il est. Donc c'est techniquement déjà difficile.
Mais il y a autre chose aussi. Je pense que il y arrive au moment où la première réaction c'est la vengeance et puis après malheureusement bah le deuil se passe, la vie reprend même si c'est parfois difficile à comprendre et ben on va pas se remettre dans un dans dans une action déellectuelle qui viendrait je pense qu'il y a tout ça qui rentre en compte mais c'est vrai qu'il y a peu de vengeance. Donc vous vous avez été soulagé quand peine de mort a été arrêtée. Oui tout à fait. Oui oui, parce que je je c'était vraiment difficile. Vous on avait quand même de l'empathie. euh je me rappelle le mon petit bah quand il nous demandait quelque chose on le faisait quoi.
On était on était moins regardant sur certaines choses parce que on avait peut-être le le l'exécuter le lendemain. C'est difficile. Et j'étais heureux de de de [soupir] plus avoir j'en ai disciscuté il y a pas longtemps il y a 3 4 ans avec Robert Badinter lui-même que je connaissais qui est décédé aujourd'hui qui est au pantéon d'Inter. Oui oui. J'avais été chez lui, on avait discuté un petit peu de ça de euh j'avais été très impressionné par tout ce qu'il était l'origine de Oui oui tout à fait. L'abolition de la peine de mort. Euh on a reçu Farideri ici qui a été pareil accusé à Thor pendant des années qui fait partie des 12 innocent de France depuis 1945.
Officiellement pareil, il a dû attendre presque 20 ans avant d'être reconnu innocent pour pour qu' avait pas commis. C'est pour ça je dis ça arrive souvent. Vous croyez ce type d'erreur ? Ça ça peut arriver. parce que bah la la science a évolué avec l'ADN notamment, mais c'est pas la reine d'épreuve non plus hein. Vous pouvez très bien. C'est pas parce que on a l'ADN qu'on va dire c'est à 100 % c'est telle ou telle personne. Il y a quand même des grosses affaires où il y a eu des il y a des doutes. Il y a eu des doutes. Faut rappeler d'Omar Rad. Omar Matué, c'est pas connu l'histoire. J'aurais pu dire l'année précisément. Alors cétait dans les années 80.
Je vu à Grâce, c'était donc dans les années 86 87. Donc il y avait une dame qui a été tuée sur sur ce lieu et elle aurait écrit avec son sang, je dis bien elle aurait parce que elle aurait écrit mais c'est pas écrit sur le mur Omar m'a tué. Donc Omar étant Omar Hadad qui était à l'époque le jardinier je crois. Et donc est-ce que c'est vraiment elle qui a écrit ça en mourant ou est-ce que c'est quelqu'un qui a tué la dame qui a pris son doigt et qui a parce qu'il y a une faute d'orthographe. Une faute d'orthographe. C'est et le doute il qu'est-ce que vous en pensez ? Vous vous avez rencontré au Maradou ? Enfin, vous l'avez parlé fo une fois.
Oui, c'était quelqu'un complètement anodin quoi qui était pas Il a été innocenté ou pas lui ? Ah non, il a il a été gracié de de d'une partie de sa peine, libéré donc hein, mais il a fait un recours en révision qui n'a pas abouti. Donc il est toujours présumé officiellement coupable. On va parler après d'évasion en hélicoptère. On a eu Patrick Guim ici qui s'est évadé en 1999 de la présence des beaummetes. Il y avait carrément l'image de TF1 au JT. On voyait l'hélicoptère, on va y revenir parce que vous avez connu la première. Ah oui, j'ai connu Vous connaissiez Patrick Guimin, on en parlera après.
Mais ben je j'avais suivi [raclement de gorge] l'affaire parce que moi j'étais directeur à ex et puis c'était mon collègue des beaumèes. Donc euh ex Beaumet on était on était très proche et oui j'avais suivi bien sûr jamais parlé d'ailleurs. Il est venu, je remercie encore, il nous a laissé on a reçu Michel Lepage aussi en voyou un ancien gangster quoi et Tony Langy. On a eu pas mal de noms et on les remercie encore de nous avoir fait confiance parce que c'est pas des gens qui parlent beaucoup. Ouais. Il y a des milieux dans lesquels ça parle moins que d'autres. Ça dépend des personnalités. Il y a des des personnalités le page n'avait jamais parlé. Non non non.
Et en général dans ce milieu on parlait peu hein. C'était pas c'était pas quelque chose de de très porteur de parler hein. On parle pas dans certains milieux mais il y a des détenus effectivement qui qui s'en sont sortis qui le méritaient et qui euh [gémissement] je parlerai de vos jours si vous voulez tout à l'heure mais qui c'est qui vos jours ? Comment qui est vos jours ? Ah bah c'était un personnage puisque c'était le roi de l'évasion. Michelujour est un type extrêmement intelligentour qui supportait pas d'être enfermé et qui a eu aussi un parcours de vie. Il aurait pu avoir un parcours de vie complètement différent.
Il s'est enferré dans une petite délinquence au début quand il était mineur ou jeune majeur. Enfin vraiment rien quoi. Dans dans dans il est originaire de je plus Ver Châteauou. Je crois qu'il était de cette période de ce ce coinlà. Enfin vraiment le la petite délinquence puis mais comme il supportait pas d'être en prison bah il s'évadait mais qui reprenait plus et ben à chaque fois mais il prenait et la plus belle évasion qu'il est qu'il est faite c'est c'est ça donnait eu un film où c'est sa femme qui apprend à piloter un hélicoptère pour aller le faire évaler de la santé. Ça c'était chez vous ? Non non moi j'étais pas à la santé.
Moi j'étais la première évasion que j'ai eu par hélicoptère c'était à Fleurist et du mon racontez-nous on parler maintenant Dumont et Beaupré quelle année c'était oh ben je peux vous dire c'était le 26 février 81 parce que ça m'a marqué quand même de la date. Et effectivement j'étais avec le le mon adjoint le chef quoi le l'officier qui est où à ce moment-là quand ça commence mon bureau et mon bureau il donnait sur le terrain de sport et on voit un hélicoptère blanc qui qui essaie d'atterrir sur le terrain de sport. Et vous êtes pas au courant ? Ah non mais pas le SAMU ni l'hôpital, je veux dire.
Ah mais on est au courant de rien puis on s'imaginait même pas aux États-Unis peut-être mais pas en France. Et avec le chef on dit ou là il y a un hélicoptère mais il est en perdition, il va il va s'écraser. Il essaie de de et comme il était blanc, on a dit un problème oui. Puis on le voit. Donc là personne lui tire dessus. Les Mirador ne tirent pas. Non, puisque de toute façon à cette époque-là à à Fleurri, il y avait pas de Mirador. Il y avait pas de Mirador. Il des échogettes à l'extérieur. Il y avait pas de Mirador. Donc l'hélicoptère euh hésite, il remonte.
Alors dit, il en pas hein, il remonte puis il repasse de l'autre côté du bâtiment et on entend qui descend dans la cour de promenade. On dit bah il a voilà, il atterrit sur la cour de promenade là. On courz donc on court vers la cour de promenade, on ouvre la porte et à ce moment-là, il y a un tir de d'armes automatique. Donc là, on comprend tout de suite. Puis on voit tous les détenus qui étaient sur le bord. En fait, l'arme automatique, c'est c'était pas destiné, c'était la la leur hein, ça nous était pas destiné. C'était pour empêcher les autres détenus de monter dans l'hélicoptère. Ah là là ! Bah oui, parce que tout le monde voulait en profiter profiter du taxi.
C'est ce qui s'est passé au beau hein. C'est ce qui s'est passé au beau mec. Ils sont accrochés. Et il y en a qui qui sont décédés d'ailleurs et donc l'hélicoptère est parti et et on a rien pu faire. Alors ils ont été récupérés 6 mois après mais c'était la première évasion en France par hélicoptère. Il y a pas de à l'époque parce qu'aujourd' il y a des dispositifs antihélicoptères. On a vu Gérald Armanin quand il est venu ici des filets on l'a vu à Vandin le vieil on est allé audessus de la course et cette espèce de filet Oui. Ce qui empêche l'hélicoptère d'atterrir. Tout à fait. Donc ça ça n'existait pas à l'époque. Ah non non. Ben non. On imaginait même pas en 81.
On n'imaginait pas qu'un détenu s'évaderait par l'hélicoptère et personne lui a tiré dessus du tout à ce cet hélicoptère. Non parce que ça ça s'est fait en écoutez en 5 minutes l'affaire était plié hein. Je veux dire il il est passé du terrain de sport à à le cours de prenade puis il est reparti hein. Est-ce qu'il y avait des codes ? On entend souvent ça. On entend parfois les anciens gangsters dire à l'époque il y avait des codes on on tirait pas s'il y a des femmes, des enfants, des trucs. Est-ce qu'il y avait plus de codes avant qu'aujourd'hui ou ? Je pense quand même oui, je pense que c'est un petit peu les la prison c'est un microcosme social.
C'est on voit exactement ce qui se passe dans la prison. C'est le reflet de la société en tout petit et l'école, il y en a plus beaucoup en prison. Il y en a plus beaucoup dehors. La la prison c'est devenue. Vous voyez quelque chose qui m'avait interpellé, c'est que au début de ma carrière, il y avait une grande solidarité entre les détenus. Très grande solidarité. ce qui nous posait problème à nous pénitel parce que ça donnait lieu au mouvement collectif, les révoltes, les révoltes de 74, les gros mouvement collectif qui était dangereux parfois et ça c'était assez pas fréquent mais ça arrivait. Depuis quelques temps, on n' plus de mouvement collectif.
Au contraire, on a des actions alors pour le surveillance, c'est plus difficile à vivre parce que imprévisible, des actions violentes, individuelles qui sont complètement irrationnelles. Un petit peu ce à l'image de ce qui se passe dehors, on on a les mêmes individualismes, on a les mêmes les mêmes réactions et le code de l'honneur dans la prison, il y en a plus beaucoupin. Ah oui. Alors qu'avant oui, il y avait quand même les grands truants avaient quand même Nora, ils tenaient à leur réputation. Ils auraient pas attaqué un surveillant à l'époque, les grands tréans, sauf s'ils étaient obligés dans une sur une histoire d'évasion.
Oui, mais ils auraient pas été euh donnés un coup de point surveillant comme ça. Jamais. Il jamais. Par contre, s'il y avait une évasion en préparation, là, il y a pas de problème, hein. Je veux dire, mais jamais ça, on peut pas non plus. C'est normal. Vous allez partir à la Réunion, vous disiez tout à l'heure, directeur de la président de la Réunion, c'est en 1990. C'est ça. Dans les années 90, je c'était en 88. 88, pardon. Euh donc vous vous faites autreem, c'est que vous partez Réunion et Mayotte. Ben on faisait les deux en fait, c'était Réunion et Mayotte. C'était à l'époque une collectivité territoriale.
Il y avait pas l'administration pénitentiaire, c'était la police locale et nous on venait en soutien pour euh bah montrer comment euh comment on pouvait faire quoi. Comment sont les prisons là-bas ? Est-ce que c'est différent prison métropolitaine ? Oui. Alors à l'époque, Oui. Euh moi quand j'ai connu euh la Réunion, il y avait la vieille prison de ce qu'on appelait Juliette Dodu. C'était une c'était un ancien bâtiment de la compagnie des HES. C'était vraiment euh il y avait une c'était très différent. Et dans la nouvelle prison de la plaine des galères, on avait maintenu cette différence.
La différence était là, c'est que dans une prison ordinaire en métropole, vous vivez dans la cellule et vous sortez en cours de promenade, vous sortez en activité. Mais votre point, c'est la cellule. En notre mer à la Réunion, en tout cas, c'était le contraire. Vous viviez sur la cour de promenade. Les gens avaient leurs effets personnels dans des placards sur la cour de promenade. Tout le monde vivait en collectivité et ils ne rentraient dans leur cellule que le soir pour dormir. Pour dormir. Il y avait pas d'affaires dans les cellules. Vous voyez, c'était inversé. Et au départ, quand on a ouvert la maison centrale de la plaine des galais, on a on a voulu casser tout ça.
On a bah oui, on voulait que ça soit comme partout. Le même régime partout. C'est une erreur. Même régime partout, ça marche pas. les gens les les détenus étaient déboussolés, il ils supportaient pas. Faut s'adapter en fait à là où vous êtes. Faut s'adapter de même que moi j'ai toujours été frappé de voir que les détenus euh euh moi j'ai fermé et ouvert quatre prisons. Donc fermé des vie de vieux bâtiments qui étaient vêtuses. A priori je me disais les détenus, ils devaient être contents quand on va les emmener dans une cellule où il y a une douche et pas du tout.
préférer la vieille structure parce que les rapports humains étaient différents parce que je pense que nous personnel on devait instinctivement compenser la vétusteté des locaux par peut-être plus de plus d'humanité plus de de rapport humain et moi j'ai même connu un détenu à Dragnan qui a pas supporté et c'est un regret aussi que j'ai eu parce qu'on l'a pas vu arriver il s'est suicidé peut-être une semaine après lorsqu'on était dans la nouvelle prison il a pas supporté Là c'est dans les années 80 880, il y avait pas de téléphone portable.
On va revenir après sur parce que c'est un sujet, j'ai bien compris que tous les détenus quasiment non aujourd'hui malheureusement quand on regarde la statistique de tous les téléphones trouvés c'est énorme. On on va on va en parler juste. Après vous partez en Corse de 93 à 97 c'est ça ? Vous êtes ou ben en fait je j'ai fermé la vieille maison d'arrêt de Bastia et ouvert la nouvelle maison d'arrêt de Bourgon. Et donc c'est là où vous allez avoir comment ça se passe déjà en Corse ? Quelle est la différence ? Vous avez connu Mayotte ? Vous avez connu alors en Corse ? Moi, j'étais très surpris des clichés qu'on peut avoir. On m'avait décrit la Corse comme tout le monde.
Oui, mais vous savez les agents c'est les Corses machin, ils font pas c, ils font pas ça. Alors là, moi j'ai jamais vu un professionnalisme comme j'ai vu avec les surveillants Corse. Il savait faire la part des choses. Je peux vous dire que là, il y avait du grand professionnalisme. Moi, j'ai été frappé par ça. C'est dire quoi ? En quel sens ? Ils ils appliquaient la règle, ils étaient courageux, ils faisaient les choses qu'on devait le faire alors qu'on présentait ça comme ouis le cliché habituel, on se fatigue pas. C'était pas du tout ça. Moi, j'ai vu des gens en Corse, des surveillants qui étaient hyper professionnels alors que les détenus étaient difficiles.
C'était c'était pas n'importe qui hein. On a on a reçu ici Joe Perdi qui était qui était je crois un des patrons du FLNC, les des terroristes cor comme certains les appellent, les indépendantistes comme ils s'appellent. Euh vous en avez eu, vous avez eu Joaldi. Euh non, je l'ai pas eu, mais moi j'avais bien connu les Corses à Fleuri puisque à Fleurri il y avait eu euh il y avait les corses qui était incarcéré des des vrais euh des indépendantistes.
Après lorsque j'y étais, il y av il y en avait encore mais peu, c'était plutôt le banditisme corse quoi que il nous disait Joe Perdi quand tu es venu, il disait "Moi, si il laissait à la fin ma cellule ouverte, je ne m'évaderai pas." Il y avait des codes d'honneur là-bas sur les indépendantistes où ils se ils ne se considéraient pas comme prisonniers mais ils avaient fait leur travail entre guillemets et cetera. Oui. Est-ce que vous avez vu ça ? Est-ce qu'il y avait une espèce de code d'honneur aussi au niveau des de là de là à dire qu'il s'évadrait pas ? Non parce que moi j'ai j'ai souvenir de la maison de d'Ajacio où des gens étaient s'étaient fait passer pour de des gendarmes.
Ils avaient été en fait ils s'était pas évadés. Ils avaient été tué quelqu'un dans une cellule. C'était différent. Euh oui ils sétaient pas évadés finalement. Je je veux pas dire de bêtises parce qu'on a quand même reçu beaucoup de gens qui qui ont fait de la prison. Mais je je crois que c'est lui qui nous avait dit justement qu'il avait demandé à un un surveillant de lui enlever les menotes sur un un passage au tribunal et il lui a dit je te donne ma parole que je ne m'évaderai pas mais enlève-moi les juste que je puisse aller aux toilettes. Il lui a enlevé il avait une fenêtre il a dit je ne me suis pas évadé parce que j'ai donné ma parole. Ça m'étonne pas ça c'est possible.
Moi, j'ai connu ça. J'ai connu ça. Alors, c'était un corse. Cé un truc en corse. Quelqu'un d'autre. Mais euh moi, c'était un truc en Corse qui sa petite fille avait un elle avait 5 ans, elle avait un cancer, elle allait mourir. Et donc d'un monsieur Corse, c'est ça. Oui, c'était un truon Corse. C'est pas c'était pas un nationaliste he c'était un truyon quoi qui d'origine Corse. Mafieux. Mafieux. Et le problème c'est que on pouvait lui donner une permission de sortir sous escorte parce qu'il était à quelques semaines, il était pas dans les délais pour avoir une permission de sortir comme il était enf c'était quelqu'un qui avait tué des gens. C'était quelqu'un de très dangereux ou pas ?
Non, c'était quelqu'un qui avait braqué des banques. D'accord. Euh [gémissement] on lui dit "Ben, on peut vous pouvez avoir une permission de sortir mais sera sous escorte." Il me dit "Non, moi je vais voir ma fille comme ça, je peux pas." [souffle coupé] Donc on en discute avec le chef qui me dit chef avait cette science de l'homme, il me disait mais lui il y a pas de problème, on peut lui donner mais il dit oui mais on est juste dans les délais. Ouais, il faudrait j'en parle au juge qui le juge il m'a dit "Ouais, mais c'est c'est juste vous êtes sûr ?" Je dis "Sûr, sûr, sûr." J'en sais rien, mais je Mais attention parce qu'on prend le risque là.
On est on est Je dis "Non, je je crois qu'on il y a pas de problème, on il [grognement] faut le faire." Le juge nous suit et il le fait. Vous allez le voir lui pour faire et je vais voir le détenu et lui dit "Écoutez hein, vous êtes juste dans les délais, normalement vous l'auriez pas dû l'avoir. On prend le risque pour vous. On on risque gros nous aussi parce qu'on risque d'être sanctionné parce queon aura peut-être pas fait les choses qu'on devait les faire hein avec des avis différent.
Il me dit "Monsieur, je vous donne ma parole." Ah, je peux vous dire que le le soir même, il était là, il est rentré, il a rien dit, il all voir sa petite fille, il a vu sa petite fille, elle est morte 3 jours après. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Je suis nommé à Draguignan 5 ans après. Pardon, suoi pour terminer, il revient le soir, c'est vous qui l'accueillez. Vous allez le voir, il vous dit merci. Il me dit merci. Il me dit "J'avais pu" Il parlait pas beaucoup hein, mais c'était pas forcément sympathique. Il était ni sympathique ni antipathique. C'était le truant quoi. Voilà. [rires] Euh il donc l'affaire en reste là. Je revois plus. OK. Je suis muté.
Et puis peut-être 4 ans après à Dragnan, le portier me dit "Il y a monsieur un tel qui voudrait vous voir dans une autre prison." Ouais. Plus en Corse, plus en Corse. Non, mais c'était pas en Corse ça. C'était à Fleur ça. D'accord. D'accord. Pareil. [grognement] C'était un Corse mais en à Fleurri. D'accord. Et euh je dis "Bah, faites-le monter." Draguignan, c'est le sud. Ouais et moi je je me souvenais même pas trop. Il m'avait dit le nom mais ça me disait rien.
Enfin bon et je vois ce monsieur arriver qui demande à vous parler qui me demande à me parler me dit "Monsieur voilà dans votre établissement il va y avoir une évasion je vous l'aurais jamais dit mais là c'est une évasion avec d'une complicité extérieure. Ça risque de très mal se passer et je vous le dis. Bon ouais, OK. Et c'était vrai, on a tout démonté après. Et en partant, il se lève, dit je vous dis ça, il me dit "J'ai payé ma dette. J'ai plus jamais entendu parler de lui." Incroyable. C'est fou hein. C'est fou. Il est venu vous rendre le service. Rendre le service mais parce queil y avait risque de mort d'homme. Autrement, il l'aurait pas fait. Mais il est venu quand même.
C'est c'est quand même les remercier après. Non non vous sa on n'est pas très [rires] pas très bavard. Pas très bavard. Vous savez on on se je pense qu'il il y a des choses c'est pas la peine de parler à un moment donné c'est pas la peine de parler et les truyons savent le faire ça. Ils peuvent dire les choses sans parler. Fall les truyons en avant. Non mais vous aurez pas dans ses sé en disant merci. Non mais ça serait ça l'ura peut-être mis en danger d'ailleurs si les autres non puis ça c'était non ça se fait pas moi il avait donné ça pay et donc c'est c'est encore que que vous allez avoir votre voiture qui explose.
On parlait rapidement qu'est-ce qui s'est passé pourquoi le problème à l'époque c'est que la la fonction pénitentiaire encore ça avait une valeur symbolique de l'état hein. C'était on avait quand même puisquon avait j'ai connu moi une nuit bleue où il y a eu quarantaine de de d'institutions publiques qui étaient plastiqué hein. C'était bon c'était comme ça et donc le les personnels pénitentiaires n'échappaient pas non plus à à la règle malheureusement puisqueon avait eu je crois qu'en l'espace d'un an et demi on avait eu 16 plastiquages entre des voitures, des appartements des maisons. Plastiquage c'est explosion hein. Oui oui oui, c'est ça. Bah c'est un moyen de pression.
C'est c'est pour bah parce que par exemple je trouvais que euh [gémissement] les détenus condamnaient euh après leur passage en cour d'assise, ben normalement devaiit aller sur le continent et je les gardais pas. J'appliquais la loi la règle donc ça plaisait pas. Donc c'est un moyen de pression une pression qui qui est ce qu'il est. Donc ça vous a inquiété à un moment donné parce que vous êtes père de famille. On va revenir après. Mais quand on est papa [grognement] honnêtement non parce que c'était toujours fait proprement, ce qui a pas été le cas avec Provence.
Euh mais encore j'ai jamais eu cette peur parce que je savais que bah oui, c'est c'est c'est jamais agréable he se faire sauter la voiture, je dis pas. Mais il y a jamais eu de C'est pas le quotidien de monsieur tout le monde quand même. Oui oui oui. Mais il y avait pas de blessure. Il y avait pas de euh il y a personne dedans. Ouais il y avait personne dedans. C'était la nuit. C'était alors que Action Provence moi j'ai eu le cas où on le le mon dernier fils et le fils de mon adjoint aurait pu être tué parce que là c'était les truons du sud-est. Ils avaient décidé de plastiquer la voiture d'un de mes officiers euh avec des grenades avec des bouchons retardantes.
Mis trois grenades défensives avec des bouchons retardants. C'était 10h du soir donc pas très tard. C'était l'été, les enfants jouaient dehors et comme il y avait du vent, on les fait rentrer. On a bien fait de les faire rentrer parce que 5 minutes après, tout explosait et les poseurs des grenades ne pouvaient pas savoir s'il y avait des gens qui allaient sortir ou pas puisque le risque et et la grenade a explosé 5 minutes après leur départ. Donc là, j'ai trouvé alors il y a eu des éclats sur 300 m à la ronde. Là, ça aurait pu être extrêmement dangereux. Alors qu'en Corse le plastiquage c'était le plastiquage de voiture la nuit, le plastiquage de de porte d'entrée mais la nuit.
J'ai j'ai pas eu cette cette dimension de de de c'était pas agréable, c'était anxiogène. Je je discute pas, je dis pas le contraire, mais pas cette peur quand même d'un passage à l' définitif. Et vous avez pris des protections particulières dans ces périodes là et que on va y revenir sur vos enfants. Comment vous avez élevé vos enfants à l'intérieur de la prison safe. Ben oui. Non, prenait on peut pas dire qu'on prenait des précautions. C'est pas de surveillant pour vous pas de de cor. Non non pas du tout. Non non. Après quand on fait ce métier, on fait un peu attention. On a un peu l'œil guéri quoi.
On sait mais non on n pas de j'avais pas de de protection particulière même après le plastiquage. Non. Vous aviez votre arme sur vous quand même quand là vous alliez en voiture par exemple à la boulangerie avec vos enfants ? Non non non dans des circonstance peut-être particulière mais non puis ça sert pas à grand-chose he je vous demande ça parce que vous avez dû la sortir un jour à Borga justement donc c'est que vous l'aviez sur vous à ce moment-là non j'avais pas sur moi. Est-ce que vous pouvez raconter cette histoire ? Ah oui, c'est une histoire qui m'a marqué. C'était une décision que j'ai eu à prendre et je me félicite encore d'avoir pris celle que j'ai prise.
[soupir] C'était un matin, il faut savoir que les logements de fonction ne touchaient pas la prison. On était à 800 m de la prison pour les logements de fonction, c'était un ensemble de petites villas. Je trouve que mon dernier bah était était dans la dans les villas. Il était gar en fait sa nounou c'était une de la femme de de d'un de mes collègues. Donc je savais que il y avait des gens dans les villes là. Il y avait cette dame, il y avait mon fils. Et à vers 10h, on nous téléphone en nous disant il y a deux types armé cagoulé en tray qui sont dans dans vos logements de fonction. Ah, je vous dire que le stress élevé.
[grognement] Immédiatement le portier appelle la gendarmerie mais nous on attend pas avec le chef et avec deux surveillants d'ailleurs courageux parce que de survant ils sont venus comme ça on va sur les lieux mais on avait rien là on sort de la prison puis on vite vite. Non non on avait on av on avait pas le temps de prendre des armes ni rien. Notre premier mouvement c'était on y va quoi. Il aurait fallu ouvrir l'armerie mais non on y va. Ça vaut quand même le coup d'en prendre une là. Ouais, mais sur le coup, si vous voulez, on était tellement stressé, fallait on on l'a pas fait. J'arrive, on arrive là-bas, je vois rien. Moi personnellement, il y avait il y avait rien.
Je vais chercher par contre mon arme de service dans le logement de fonction puisque j'avais l'arme dans le logement de fonction. C'est un pistolet, ça c'est [raclement de gorge] un revolver. Ouais. Je sors et là en sortant sur le parking, il y avait une voie ferrée. Le petit train qui le petit train corse là, il y avait pas de grillage. La voie ferrée touchait le le parking de de la logement. Et je vois deux mes deux agents qui étaient là devant deux types cagoulé tray et dont l'un tenait une arme du style petit pistolet mitrailleur là ça fait qu'un tour hein. Et vous étiez de dos à eux ? J'étais c'était il me trou j'étais derrière moi. Je suis arrivé derrière il m'avait pas vu.
Il prenait en jou et ils étaient là avec il y en a un qui était son son arme là à la hanche comme ça. Il parlait à vos personne se parlait. C'était je suis arrivé moi c'était figé quoi donc ça fait donc je dis ouais il tenait il tenait en jou l'agent quoi. [soupir] Donc j'arrive derrière et je fais sommation.
dit "Ben lâche ton arme, lâche ton arme, il [grognement] fait rien." [rires] Je dis il y a pas 36 solutions là où je tire mais si je tire faut que ça soit définitif parce que si se retourne si et puis surtout il y a les deux agents nous si un réflex en gros donc ça ça tourne ça tourne ça tourne mais rapidement c'est c'est très très rapide très stressant c'est ça va vite puis je peux pas me résoudre et je redis Lâche ton arme là. À ce moment il se retourne et vous criez, vous y allez doucement. Ah oui, je crie oui. Ah oui oui. Et là ce il se retourne, il me voit et il lâche son arme. Immédiatement on les appréhende. Oh ça pas été difficile les sans laisser faire, il y a pas de problème.
Et sur ce les gendarmes arrivent, on enlève le masque, c'était deux gamins de 15 ans qui jouaient au paintball. Ah l'airsoft je ve dire seulement l'airsoft quand vous êtes comme ça vous pouvez pas savoir que c'est de l'airsoft. C'est petit bill jaune. C'est petit billes jaunes hein. Euh puis on peut pas savoir làin euh après avec tout tout tout là le contexte contexte course et je me suis ça ça a été je crois que c'est la la minute la plus stressante que j'ai vécu de ma vie et je m'en serais jamais remis si j'avais eu à à tirer. Mais c'est vraiment ça ça m'a ça m'a marqué. Ils vous ont ils sont excusés.
Et qu'est-ce qu'ils ont dit des jeunes après les parents, [grognement] j'ai cru que qu'ils allaient pas me féliciter beaucoup parce qu'en plus leur gamin était en garde à vue hein parce que ah bah oui les gendarmes les ont les ont embarqué hein. Euh et là les gens m'ont m'ont fait savoir que et ben ils me remerciaient de pas de pas avoir tiré quoi. J'aurais pu parce que personne pouvait savoir enfin deux surveillants devant deux types cagoulés armés avec le contexte que c'était euh ils étaient rentrés chez vous parce que vous disiez c'était devant quoi. C'était il y avait pas de barrière, il y avait rien. Et qui qui les avait vu au départ eux ?
Mais c'était quelqu'un qui habitait les langusement de fonction. C'était la femme d'un elle avait vu passer de elle avait vu par la fenêtre et puis le temps ils avaient fait le tour. Puis quand moi je suis sorti de ma ma de ma maison mais il était avec les surveillants devant mais c'était très stressant. On parlait d'évasion tout à l'heure d'armes pour s'évader d'hélicoptères. Est-ce que vous comprenez que ceux qui sont en prison essayent de s'évader ? Parce que c'est c'est dans Moi, j'ai jamais reproché un détenu de vouloir s'évader. Je dirais que c'est même sain. C'est vrai. Bah un quelqu'un d'enferméie envie de sortir, c'est logique.
Donc moi, j'ai jamais reproché à un détenu lorsque c'est fait proprement, attention, lorsqu'il y a pas de violence de vouloir s'évader. Et le le cas typique, c'est vos jours. Michel Vaujour Michel Vaujour quand j'étais à Fleurri, tout jeune, il était jeune aussi. Et déjà c'était sa passion s'évader et de bon bâtiment il veut s'évader. On le récupère de justesse et il y avait eu quand même de notre part des carences. Donc bien sûr il y a l'inspection qui débarque. Je peux vous dire qu'à l'époque l'inspection c'était pas simple. Donc et puis vos jours s'en va, on le transfère. 20 ans après, je dirige la maison maison centrale de Saint-M. Il y avait vos jour.
Vos m'écrit une petite courrier en me demandant à me voir. Je vais le voir puis je dis bonjour. Bonjour. Qu'est-ce que vous voulez ? Ben il me dit je veux être transféré. Je dis êes transféré. Pourquoi vous êtes pas bien ici ? Am dit si je suis bien mais vous êtes là. Je dis alors mais me dit vous souvenez quand même bien que j'ai je me suis j'ai tenté de m'évader de quand vous étiez sous-directeur au des à Fleuri et que ça pas dû être simple pour vous après. Donc vous allez c'est l'expression qu'on a vous allez me faire la misère. Je non, je vais pas vous faire la misère. Vous avez voulu vous évader. Bah voilà, vous l'avez fait proprement. On vous a sur personne. Ouais, on vous a repris.
Bon, il a pas réussi à à aller jusqu'au bout de son évasion. Et donc, si vous voulez, il y a quand même un courant qui passe et puis bon, ça a dû au bout d'un an, 2 ans, je voyais vos jour qui qui était il était quand même il était un peu plus âgé que moi mais pas beaucoup. Donc il devait avoir à l'époque, il doit avoir une cinquantaine d'années. Puis bon, on sentait que ça allait pas. Il était pas il ça allait pas bien quoi. Je le voyais assez souvent puis un jour il me dit "Vous savez ma vie elle est finie." J'ai j'ai il avait une période de sûreté jusqu'en 2027.
Alors vous dire que ça faisait ça faisait du du chemin là [souffle coupé] euh parce que il s'évadait et à chaque fois ça se rallongeait. Et il me dit "Moi, ma vie elle est finie, de toute façon, je représente plus rien. Moi je sais comment ça va se terminer. un jour, je vais je vais vouloir sauter par-dessus le mur et puis un de vos surveillants bah il fera l'usage de son arme et puis ça sera réglé pour moi. Ça m'avait ému quoi de de quand même de je dis non on va essayer de faire autre chose. Puis je connaissais bien le directeur de cabinet du garde des saut de l'époque [grognement] il était venu ministre de la justice quoi.
ministère de la justice, il était venu visiter là puis j'ai dit écoutez il y a un cas quand même et je lui explique et et on va voir et je dis voilà le cas il faudrait arriver à lui réduire sa période de sûreté de manière à ce qu'on puisse lui donner une conditionnel. Ah, il m'a dit "Bon bah on va voir effectivement on va essayer." Et il arrive à ce que on puisse lui réduire sa période de sûreté avec les magistrats de la cour d'appel de Rion qui lui réduis sa période de Il avait fait quoi lui ? Pardon déjà monsieur Vour, il c'était quoi ? Braquage un braqueur tu personne.
Non mais il s'évadait tout le temps donc à chaque fois ça se rallong ça il prenait euh et comme les peines sont pas euh elles sont Ouais. Elle se elle se elle s'additionne en fait hein, elle se confusionne pas les pes pour les peines qui sont données pour l'évasion. Donc Vai accumulé et puis ce qui m'avait interpellé c'est que Vos me dit un jour hein j'écris, je fais des scénaris et même j'ai j'ai écrit à France 5 ou je sais pas puis France 5 avait répondu en disant que ce scénariste ça ça l'intéressa moi je dis mais je vous jure vous racontez encore vos trucs de prison dit non non ça a rien à voir. C'est intéressant quand même une démarche intéressante.
Donc il avait du potentiel et puis donc on arrive à lui enlever sa période de sûreté et il obtient une conditionnel. J'entends plus parler de rouot et puis je vais à Marseille puis il y avait un film je crois que c s'appelait la tête contre les murs ou pas un truc comme ça. C'est lui qui l'avait fait. C'est sa vie en fait.
et je vais voir mais je sans savoir qu'il était là sans savoir que et puis conférencier qui c'était lui le conférencier et il dit d'ailleurs il dit ben si j'ai pu m'en sortir c'est un peu grâce aussi à administration bénitaire parce que j'ai connu des gens qui m'ont aidé [grognement] il savait pas que j'étais làin et puis à la fin il y a un petit cocktail ah écoutez on a été heureux de se rencontrer, heureux de se voir lui autant que moi. C'est c'est pour moi c'est vos jour c'était une belle réussite. Il a c'était sa place [grognement] elle était plus en prison à un moment donné, c'était fini.
Vous avez eu Maurice Papon à parler de Bernard Tapi dans un an ét directeur de la prison de la santé donc qui est une prison qui est dans Paris qui est intramurose donc dans le centre de Paris. Et donc il y a un quartier ce qui s'appelle le quartier VIP. Vous aimez pas ce terme-là mais c'est le je crois que c'est comme ça que tout le monde l'appelle. Comme ça tout le monde l'appelle. C'est pas comme ça qu'il s'appelle c'est que c'est c'est un isolement. C'est là où on met effectivement les gens euh pour lesquels il serait risqué de les mettre avec les des des tenu ordinaire par il de très connu là-bas ? Alors soit des gens connus, soit des gens de par leur profession.
Bah si vous avez un je sais pas un agent pénitentiaire ou un un policier, on va pas le mettre dans la cour de promenade ou alors quelqu'un qui a commis un crime particulièrement crime d'enfant ou autre, on peut pas le mettre avec les autres parce que ça serait trop dangereux. Donc on met des gens dans des quartiers particuliers la santé, il y avait ce quartier là où on mettait effectivement j'ai connu Maurice Papon, j'ai connu Grosse Grosse Marie, j'ai connu l'ex-préfet de Bonet après la tentant en Corse et mes tapis je l'ai pas connu là, je l'ai connu à Axen Provence lorsque je dirigeais A Provence.
Alors Maurice Papon, juste pour rappeler qui qui était Maurice Papon, ben c'était pendant c'était un préfet donc qui pendant l'eau d'occupation Souvichi à l'époque Souvichi euh avait été condamné d'ailleurs après pour euh bah pour livrer des enfin faciliter euh la la déportation était juifier de voilà et je crois que le massacre aussi de 61 sur des Algériens, je crois qu'il a il a je crois qu'il était coné pour préfet de police aussi à ce moment-là. Oui, mais je sais pas s'il était inquisé en fait, il était il avait été condamné pour ça hein, pour le pour son sous le régime de Vichi. [grognement] Et et bien sûr, Tapis, je l'avais connu moi avec son Provence.
Comment ça s'est passé avec Papon ? Quand vous avez un un quelqu'un qui a collaboré, est-ce que vous avez la même relation que tous les pap il parlait pas, on avait pas de Il y avait pas d'accroche, il parlait il parlait pas. C'est il est mort en prison ? Non, il est il a il a bénéficié d'une grâce médicale parce que il avait un état de santé affaibli peut-être que vous avez pas vu hein que vous n'avez pas remarqué vous. Pas marqué non [rires] mais bon. Attends, c'est il y a toujours des arrangements comme ça. Je suis pas médecin. [rires] Euh parlons de Bernard Tapis alors.
Ah oui, Bernard Tapis qui il était on a reçu Dominique Tapis sa femme temps dans l'émission qu'on embrasse qu'on remercie aussi et Bernard Tapi. Donc je l'ai vu à exprance suite à l'affaire OM Valencienne hein. C'était ça le euh et c'est affaire de match truqué je crois pour ça qu'il est parti. On avait des contacts assez privilégiés parce que Bernard Tapi, comme dans ces cas-là, l'objectif numéro 1 c'est pas de suicide. Quelqu'un comme ça faut surtout pas qu'il suicide.
Donc bah on me demandait de faire en sorte que donc pour faire en sorte que bah quand il revenait d'audience, j'allais le voir, discutais un quart d'heure avec lui pour pour voir [grognement] j'ai j'ai remarqué que des fois il il était affecté hein, c'était pas forcément le Bernard Tatpi qu'on connaissait parfois. Vous discutiez dans sa cellule dire ? Oui, dans sa cellule. Oui ou oui oui oui. Ouais ouais. Je le voir pratiquement tous les soirs pour et une anecdote amusante on s'en était je l'ai revu après ben tapis. Il a une permission de sortir mais le problème de la permission de sortir c'est que il fallait surtout pas que les journalistes puissent le pister à la sortie de la prison.
Donc il fallait stratagem. Donc l'administration m'a dit voilà vous allez prendre un fourgon, vous allez faire semblant que c'est Bernard Tapis qui sort, les journalistes vont suivre le fourgon, il va partir à toute allure et vous vous allez rentrer votre voiture personnelle parce que elle a pas de numéro identifié. Bernardin tapis va s'allonger sur la marquette arrière, vous allez mettre une couverture dessus et vous allez sortir de la prison et on vous indiquera l'endroit quoi. Voilà et vous indiquera l'endroit précis où elle est.
[souffle coupé] fait ça explique à Bernard Tapis qui bonne grâce qui se met sur la banquette et je l'ai porté au parking de du McDo d'Ex en Provence où sa femme l'attendait. Incroyable. C'est c'est curieux. On eu de bons rapports avec Bern gardez les contacts avec il a été reconnaissant tous les pendant longtemps, pendant 4 5 ans euh il m'a envoyé ses vœux après la prison après la prison. Il était pas obligé. Donc oui, c'était quelqu'un de d'intéressant. C'était quelqu'un de qui passait bien avec [raclement de gorge] qui passait bien avec les gens qui était pas un détenu difficile lui typiquement.
C'était non c'était c'était le le la problématique Bernard Tapis qui était difficile parce que bah tout le monde voulait alors il était pas embêté par les détenus, il est au contraire. Ah bah oui bah oui cé un peu la star de la prison. C'était l'OM forcément. Vous viviez à l'intérieur de la de la de la prison à la maison d'arrière de la santé. Voilà. J'étais le dernier directeur logé à l'intérieur d'une prison. C'était assez exceptionnel. Alors c'est un c'est quelque chose d'assez particulier. On vit au rythme de la prison. Mais donc quand vous disiez vous viviez ça, vous saviez vos enfants. Bah j'avais vous êtes père de famille. C'est vraiment la famille. Mon dernier fils qui était Oui.
qui était là. Vous avez combien d'enfants vous ? Quatre. Quatre. Et le dernier bah il allait à l'école en face de la prison et il fallait qu'il rentre par la par la porte. Il y a des logements de fonction dans les casernes de pompiers, dans les casernes de gendarmerie, ça arrive aussi. Mais mais c'est vrai qu'il peut y avoir un côté un peu plus pour les enfants, un peu plus glo d'être élevé dans une prison. Euh demande est-ce que c'était compliqué ? Est-ce qu'il voyait des choses que les autres enfants enfants pas ou il voyait par exemple là où on habitait, c'est la on rentrait par la cour d'honneur.
La cour d'honneur, ben c'était le là où on les gens sortaient des fourgons, enchaînaient, menotaient pour rentrer dans la prison. Donc quand il rentrait de l'école, ben il pouvait très bien y avoir une arrivée de de de détenus. Bah oui, il voyait ça. C'était difficile. Après, je peux vous dire que bah ces enfants les enfants ont tous des copains. Bah les copains, ils venaient pas avec il y a pas beaucoup qui sont venus à la maison quoi. Parce que les parents étaient rétiscents c'est plutôt lui qui allait vers Mais bon, je pense qu' j'ai un quelque chose d'assez amusant si je peux me permettre. Euh mes fenêtres de la chambre donnaient sur la détention sur donc des cellules.
Ben oui, j'avais donc des des pensionnaires en face et un jour fait de la musique, il y a eu [raclement de gorge] c'était un peu une échauffée, il y avait des des manifestations la nuit et il y a il y a des gens qui ont balancé des grenades à plat par-dessus le monde enceinte. Donc ça fait du bruit. C'était 1h du matin. Mon réflexe comme tout c'est on met le nez à la fenêtre même si on y voit rien. On met le nez à la fenêtre. C'est le réflexe de et et en face bah le même réflexe des tenu qui met le nez à sa fenêtre et on était comme deux voisins. On s'interroge du regard comme ça. Qu'est-ce qui se passe [rires] ? C'est c'est curieux comme et de d'habiter dans la prison.
On la sentait vivre cette prison. Mais du coup vous la quittiez jamais. On quitt jama ils vivent. Je quittais jamais la Ça c'était pas un peu anxiogène ? Ça peut pas rendre dépressif d'être toujours enfermé ? Non parce que bon on est on n'est pas vraiment enfermé parce que vous êtes enfermé quand vous n'avez pas la possibilité de sortir. Quand vous avez la possibilité de sortir, vous êtes pas enfermé. Votre femme faisait quoi dans la vie ? Ben elle était euh elle était fonctionnaire pénitentiaire aussi à l'époque. Elle était gardienne ? Non non, elle était dans dans l'administratif. Ah oui, d'accord. On l' rencontré en prison ?
Euh oui oui à Draguignan ma Oui oui oui la mère du du dernier de mon dernier enfant. Oui oui c'était donc c'était un peu difficile sûrement pour la famille ça devait être difficile je pense. Je l'ai peut-être pas mesuré. Euh vous expliquez ça comment à vos enfants quand ils c'était petits vous dis papa c'est patron de prison prison c'est qu'est-ce que vous disiez ? Et c'est il y avait rien à dire parce que n Oui, ils étaient Oui, oui, oui, ils étaient habitués à ça. Ce il travaillent pas dans la pénitentiaire. Non, pas du tout. Non, [rires] bon, ils auraient pu mais non non pas du tout.
Il il y a il y a on voit des reportages aujourd'hui, il y en a qui ont fait des desormes bad buzz d'ailleurs. Ça a beaucoup fait parler avec des des activités qui étaient proposées en prison du karting. On a vu des il y en a qui avaient des des petites piscines gonflables et cetera. Est-ce que vous vous avez vu ce genre de truc ? Est-ce que vous en pensez ? Quelle est votre opinion sur tout ça ? Alors, mon opinion, elle est claire. Une prison, il faut offrir aux détenus des possibilités de s'élever, c'est de changer. Vous pouvez les changer par l'éducation, la formation professionnelle, l'éducation nationale, le travail. Le travail.
Euh je vois Philippe Maurice, il a passé un doctorat en histoire. Vous pouvez les élever avec des activités intéressantes, des activités artistiques, la peinture, des choses comme ça. Par contre, il faut rester dans euh dans le raisonnable. Pour moi, enfin, je sais pas comment trop s'est passé. J'étais plus dans l'administration, je peux pas je peux pas juger. Pour moi, le karting n'a rien à faire dans une prison. piscine non plus.
Par contre le sport, oui, le sport toutes ces activités instructive ou artistique, il faut les développer parce que la prison, le but c'est quand même d'essayer de faire en sorte que la personne qui nous est confiée, ben ressorte un jour et ressorte avec des outils qui lui permettront ben de d'avoir une autre vie. Et alors la prison était beaucoup plus difficile avant. Moi, je suis partagé de des fois j'ai c'est pour ça qu'on peut pas c'est en prison vous apprenez que rien n'est rien n'est blanc. Mais dans la vidéo aussi personne n'est tout blanc, personne n'est au noir. C'est voilà.
Mais vous le voyez vraiment vite en prison et j'ai été il y a pas longtemps je je déjeunais avec dans le panier avec des amis euh et puis c'est le panier c'est Marseille. Tu sais, c'est le des amis Corse d'ailleurs qui étaient là et puis on on quelqu'un l'un d'entre eux connaissait quelqu'un qui passe B donc on mange tous ensemble et moi j'étais à côté de ce monsieur et je discutais avec lui puis on parle de ce qu'on fait. Moi je lui dit effectivement j'étais dans la pénitentiaire pendant 45 ans. Le nuit moi j'étais aussi mais moins [grognement] j'étais pas du même côté et il m'explique qu'il était à Clerveau dans les années 70. Il m'a dit la prison de Clave. La prison de Clave.
La prison était extrêmement difficile et c'est vrai que j'ai connu ça, c'était extrêmement dur mais dit j'ai souffert pendant 6 ans j'ai souffert mais dit voyez ça m'a rendu service. Ça m'a rendu service parce que quand je suis sorti j'ai dit plus jamais j'y retournerai j'y retournerai et j'ai changé de vie. La prison aurait été plus souple il m'expliquait bah je serais peut-être resté dans la délinquence. [grognement] C'est la vie de quelqu'un.
Je veux dire, je dis pas que ça soit c'est c'est la règle qui doit s'appliquer à tout le monde, mais voilà, c'est c'est ça m'a ça m'avait interpellé son euh mais notre devoir à nous, c'est de faire en sorte que la personne bah oui, elle s'améliore de manière à ce qu'elle puisse Et ça c'est le travail des surveillants, c'est pas le travail du directeur, c'est le surveillant qui est là, qui est au contact des détenus par l'exemple qu'il donne, par l'écoute.
Je voyais des messages, il disent tiens la présontable, on peut jouer la console, on peut et ça posait des problèmes à des gens de disaient non mais c'est pas du tout club med, c'est un contre Heureusement c'est mais les conditions de vie effectivement les conditions carcérales sont plus souples qu'avant avec beaucoup plus de de liberté, on va dire. Le le téléphone portable, c'est arrivé dans les années, on va dire fin 90000, ça s'est démocratisé vraiment en 2005, 2010 et cetera. que c'est interdit quand même. C'est c'est interdit et c'est interdit. Le problème c'est que bon il Est-ce qu'il y a une tolérance pour un peu acheter la PS ? Non, c'est pas une tolérance.
Ça je peux dire qu'il y a pas de tolérance parce que on la prison la prison on n'achète pas la paix sociale jamais. Même avec du cheat. Même avec du cheat. Vous vous achetez pas la paix sociale. La paix sociale vous avez acheté par par la droiture, par votre par la justice des décisions que vous vous rendez mais pas par des choses comme ça. Le le cheit ça a jamais parce que ça se sent le cheat. On sait que il y a quelqu'un qui fume quoi qui fume de Ah ben dans ces cas-là on a et on fait quand même pas mal de saisies de cheat. Donc si c'était j'ai toujours entendu que bah il laissa un peu passer parce que ça faisait pas de enfin entre guillemets ça calme un peu tout le monde.
Ça c'est des gens qui connaissent pas la prison ou des gens qui sont allés qui nous ont raconté ça. Non c'est pour ça que je me pos mais non ça calme pas. C'est c'est pas avec ça qu'on achète la paix la paix sociale dans un établissement. La paix sociale on l'achète on l'achète pas. on on la comportement mais non au contraire le le cheat enfin la drogue en général c'est plutôt un un gros handicap pour les personnels parce que ça ça déstructure quand même la l'état mental du sujet et ça peut donner lieu des violences. Selon l'étude de l'observatoire français des drogues et des tendances addictives en 2024 un détenu sur 4 fume du cannabis à jouer en prison.
Bah donc c'est quand même pas anodin. C'est pas un peu. Attends je dis pas que ça existe pas. Ah non non mais donc je dis que c'est pas toléré. Oui oui d'accord. Attention, mais ça existe bien sûr parce que bah le cheit ça sonne pas au portique, c'est facile à faire rentrer. C'est c'est clair que Ah ben c'est sûr que la prison d'avant, moi j'ai connu la prison où il y avait une vitre entre les Est-ce qu'il rentre ? C'est c'est Je cherche l'honnêteté dans cette émission et donc le vrai hein, une part de vrai, mais est-ce que ça rentre par les surveillants ? Est-ce que ça rentre par les familles ? Est-ce que ça rentre par les avocats ? Est-ce que ça rentre un peu partout ?
Alors, il y a plusieurs il y a plusieurs façons de rentrer des des des choses prohibées. Ça peut rentrer par des familles parce que bien sûr il il y a des portiques mais bon par le chit ça sonne pas portique. Les couteau en céramique non plus. Les couteau en céramique non plus. En plus on a un régime de fouille qui est depuis 2009 avec la loi pénitentiaire qui est plus restrictif. On peut pas fouiller n'importe qui, n'importe comment. Les familles on a jamais eu le droit de les fouiller, c'est normal. Mais les détenus qui revenaient du parloir étaient fouillés systématiquement.
C'est plus le cas parce que il y a il y a il y a il y a une législation européenne qui qui nous demande de pas le faire. Donc c'est plus difficile. Donc par les familles ça peut rentrer. Maintenant je pense que enfin moi j'ai peu connu ça mais d'après ce que je comprends il y a les drones. Drone c'est quand même les drones qui lar dans la cour. Qui dans la cour apparemment c'est quelque chose qui existe maintenant.
[soupir][souffle coupé] Et puis il y a tous ceux qui interviennent dans la prison, que ce soit des infant extérieur, que ce soit des personnels pénitentiaires qui peuvent à un moment qui peuvent alors heureusement c'est limité qui peuvent bah qui sont corrompus et qui peuvent rentrer des choses. Je vais pas vous dire le contraire qui sont condamnés de toute façon tout n'est pas blanc tout. Bien sûr. Donc ça c'est comme ça que ça c'est c'est quoi le truc le plus fou que vous az retrouvé enfin vos équipes est retrouvé dans une prison ? Vous az dit comment ils ont fait rentrer le truc.
Est-ce que ça vous arrivé d'être vraiment choqué par je sais pas un jambon géant n'importe quoi, un micro-ondes ? Vous aurez pas dû avir n'importe quoi aussi un truc énorme vous demandé comment c'était rentré. Ah oui, moi j'ai j'ai connu quand j'étais à la régionale de Marseille un gars qui avait rentré une petite piscine dans une cellule à à salon de Pronce. Ça m'avait choqué. Après vous pouvez vous dire une piscine gonflable ? Oui. Ça peut être petit quand c'est payé. C'est pas Ouais. Bon, on avait trouvé hein les surveillants, on avait mais bon ça ça m'avait quand même choqué. Ça arrive les armes ? Qu'il y en a qui arrivent à passer les armes ?
Les armes, j'en ai malheureusement il y en a eu mais c'était il y a longtemps. Bah Philippe Maurice cette époque là quoi. Euh Messrine, vous avez terminé quand vous ? Moi j'ai terminé en 1900 2022. Depuis non, le l'arme non. Il y a pas eu j'ai pas connu ça moi. J'ai pas connu Dieu merci d'âme rentrer en étension. Vous avez vu beaucoup de dans les films, on en parlait tout à l'heure, un prophète et cetera. Est-ce que vous avez vraiment vu beaucoup de violences, beaucoup de bagarres organisé sur des cibles par raquet ? Est-ce que vous le voyez vous en tant que directeur ? Alors la prison, on dit toujours c'est une zone de non droit. C'est pas vrai.
La prison, c'est très réglementée, c'est très codifié. Ça fait l'objet de d'un nombre assez impressionnant d'articles du C pénal. Donc c'est pas du tout un monde de non droit. Par contre, la cour de promenade, la cour de promenade là, c'est difficile parce queeffectivement euh bah ce sont un ensemble de détenus, il peut en avoir 200 300. Là, il y a pas de personnel dans la cour de promenade depuis bien longtemps déjà. Donc effectivement, ça peut être ça peut être des lieux où la violence peut s'exercer, même s'il y a une vigilance du personnel. Oui, ça ça existe malheureusement. Oui.
En 2025 au beaumet, il y a il y a un prisonnier qui s'appelle Robin Cota, ça vous a ça vous parle, qui qui est égorgé par son codétenu. Il a 22 ans, était placé en détention pour avoir falsifié une ordonnance en en 2024. Euh, ils se sont sortaient dans ça, il demandaient à changer de cellule tout le temps et Est-ce qu'il y a des gens qui sont venus vous voir en vous disant "Monsieur le directeur euh là mon le mec avec qui je suis dans la cellule, il est complètement fou, il me tuer une nuit, il faut me changer, ça arrive ça." Oui.
Et c'est pour ça qu'il faut être hyper vigilant et c'est pour ça que tous les personnes pénitentiaires doivent être à l'écoute des détenus, doivent entendre ce qui ce qui se dit parce que bah il y a il y a pas oui moi ça arrivé assez souvent où des disaient je peux plus supporter le type qui est avec moi, il est sale, il est c il est ça. Alors après on anticipe je vois les les vieux les les les les notamment les les chefs de détention qui font les affectations aux cellules. Ouais, ils essayent de pas mettre un type d'un fumeur avec un non fumeur. Ils essayent de pas mettre un multirécédiviste avec un un jeune délinquant. On essaie d'harmoniser ça mais on y arrive pas toujours.
Je voulais parler de de de de cette prison. Il y a ce qu'on appelle les UVF. Euh d'ailleurs, on a reçu Gérard Junot il y a quelques quelques temps dans son film, il arrive en UVF. C'est une sorte de pièce à vivre, une unité de vie familiale, un appartement à vivre. Ah oui oui, j'ai je Bah oui, ça fait ça fait longtemps que ça existe. J'ai une question, on va y venir après. C'est des unités qui permettent d'avoir euh notamment euh bon une vie familiale et aussi des relations sexuelles pour certains qui ont leur copine qui vient. Oui, voilà, c'est ça. J'ai une question, c'est ça ça a marqué beaucoup de gens quand on a reçu des spécialistes des séal killers par exemple.
On en a reçu pas mal, des grands psychiatres et cetera, des des profilers, on a reçu de la gendarmerie et il nous disait tous que les grands euh enfin ceux qui sont médiatisés, on va dire, les tueurs qui sont médiatisés ont des lettres de fans. Oui, c'est juste. C'est et ça les a tous choqué. C'est c'est un truc que personne ne comprend. Vous l'avez vu ça c'est pas Oui, il viennent coucher avec les les C'est pas compris. Enfin, j'ai pas vu qu'il venaient coucher mais j'ai vu qu'ils écrivaient. Enfin, il y avait des relations, il y a une relation pistolaire qui se nouait qui se nouait à l'époque où effectivement certains Qu'est-ce que c'est pistolaire ?
Ben par lettre, il génère une certaine fascination auprès de bah de personnes mais euh ben il y en a euh pas plus enfin moi je l'ai pas connu mais Norman Lollandais apparemment a connu son Nord Lollandais ou sa femme comme ça enfin pas par euh une relation comme ça. Alors à l'époque où moi j'étais directeur de prison, il y avait pas d'UV donc ça se limitait à à la au parloir au parloir. Les parloirs étaient étaient donc il y a là les parloirs c'est les parloirs c'est surveillé alors que l'UVF c'est vraiment un appartement c'est c'est une permission à l'intérieur si vous voulez. Moi, j'appelle ça une permission de sortir à l'intérieur.
C'est-à-dire que c'est un appartement il y a pas de caméra. Il y a pas Ah non caméra il y a juste un bouton d'alarme en cas où parce que c'est normal hein si on sait jamais.
Donc la la personne qui vient visiter peut toujours appuyer sur l'alarme mais on enferme la personne à l'intérieur c'est mais il y a des enfants qui viennent c'est c'est une vie si vous voulez c'est un weekend ça peut durer 24 jusqu'à 72h je crois si mes souvenirs étaient bon et la les personnes vivent dans un appartement comme ça alors après ils ont des relations sexuelles ou pas mais c'est pas le but he le but c'est pas la relation sexuelle le but c'est de permettre à quelqu'un d'avoir une vie intime intime et ordinaire comme tout un chacun pendant un certain temps. Et donc vous avez vu ce genre de fille qui venait parfois un peu fasciné par la notoriété de ces tueurs.
Non parce que pour l'UVF vous pouvez pas aller, il faut avoir un lien familial. C'est l'UVF, c'est pas la personne nanda qui vient tiens je non en général c'est réservé au aux épouses ou à la famille faut avoir un vrai lien familial si vous voulez. Mais par contre j'ai vu des gens et j'en ai vu moi personnellement qui se sont mariés en prison avec une relation de lettre de ce style-elà. J'ai vu un grand criminel euh je j'arrive même pas à imaginer comment il a pu avoir une relation écrite avec une femme qui s'est mariée avec lui et qui a eu un enfant avec lui d'ailleurs puisque après il y a eu un parloir mais elle était mariée. Moi ça m'a toujours étonné. Fasciné non mais étonné.
Vous lisiez des lettres parfois parce que je crois que les lettres sont lu avant. Sûr. Oui. Et c'est des femmes qui étaient fascinées par ça. Fasciné par le la criminalité. Euh oui, c'est alors qu'ils avaient tué des gens. Ah, c'est quelque chose que qui avait des femmes qui avait qui avait c'est quelque chose que j'ai jamais réussi à comprendre et j'ai je sais pas il y a pourtant on a des psychiatres les femmes qui tombaient amoureuses d'un homme qui a une femme.
Alors jamais on est bien il y a des on a un services médicaux et on avait des bonnes relations avec les psychiatres et il y a jamais un psychiatre qui a réussi à m'expliquer pourquoi pourquoi he c'est mais ça m'a toujours étonné moi. Et c'était une sorte d'attirance pour les histoires glo pour Oui, une d'attirance morbide. Je sais pas, j'arrive pas à comprendre personnellement mais bon. Vous avez aider euh une femme à accoucher en comment c'est possible vous avez des prisonniers femmes prisonnières. Oui, il y a il y a des des tenues femmes. Moi, j'ai j'ai eu deux quartiers trois quartiers femmes, un à Dragnan, un à la Réunion puis un en Corse et c'est à la Réunion euh c'était à Draguignan.
J'étais de permanence et la surveillante m'appelle en me disant "Écoutez monsieur la petite jeune qu'on a fait rentrer avant-hier, ça va pas bien du tout." En fait, elle était enceinte mais sous le point d'accoucher. Mais il l'avait pas vu. Ben, apparemment, on savait qu'elle était enceinte mais pas sur le point d'accoucher. C'était un accouchement un peu prématuré, faut dire aussi hein. Donc moi, je j'arrive là, c'était minuit minuit 1h du matin et je vois cette paufle qui était en train d'accoucher quoi. Donc la surveillante, elle s'occupe de l'accouchement.
était plus la même que moi et moi je j'essaie de de la réconforter la pauvre fille qui qui et ça a été très rapide à peine parce qu'on a le portier avait appelé les pompiers les pompiers n'ont pas eu le temps d'arriver que le le petit bébé était là bébé vivant oui heureusement et donc ça ça fait quelque chose parce que vous dites on est dans une prison et c'est un un petit un petit bébé qui naît dans la prison c'est c'est [grognement] dur c'est quelque chose de d'arriver là c'est d'arriver là et alors ce qui m'avait touché C'est la la fille petite la pauvre fille, elle parte avec avec son bébé à l'hôpital puis avant de partir avant avant d'être emmené par les pompiers me dit c'est quoi votre prénom ?
Ben je dis c'est Pierre pourquoi vous me demandez ça ? Dit parce que le deuxième prénom ça sera celui de mon fils ce sera Pierre parce que c'est un petit garçon. [grognement] Non, c'est je devais trouver ça touchant. Et pour terminer sur les sujets, on en parlait tout à l'heure, le taux de suite en prison est 10 fois plus élevé que dehors. J'ai pris les chiffres pour comprendre à quel point c'est vraiment beaucoup plus ou moins. Euh pour les femmes, c'est 40 fois plus élevé que à l'extérieur donc observateur national des prisons en 2024 aussi. Comment on explique que les femmes c'est quatre fois plus élevé que les hommes ?
Alors que le taux de de sui soit plus élevé dans une prison que à l'extérieur, ça c'est logique c'est logique mais ça çaen étonne certains. On suit plus en prison qu'au club méditerrané quoi. Je veux dire c'est un peu normal. On est dans des conditions difficiles. On a commis parfois un déliraphe. Moi j'ai connu des des détenus qui sont suisés parce qu'ils supportaient pas le crime qu'ils avaient commis. Enfin ça ça arrive malheureusement souvent.
C'est comme ça euh parce que c'est des conditions difficiles où souvent c'est au moment du procès parce que tout repasse et le moment du procès est un moment extrêmement difficile parce que le détenu prend conscience de ce qu'il a fait euh plus qu'à un autre moment et le passage à l'acte est parfois là. Les femmes c'est 3 % de la criminalité, c'est pas beaucoup hein. Mais c'est des crimes Oui, c'est c'est beaucoup moins criminelles que les hommes. Elles sont plus plus intelligentes sûrement. C'est vrai, mais j'en suis persuadé. Il y a cette question là qui donc elles sont moins dans la criminalité que les hommes. Mais par contre la criminalité c'est parfois plus plus difficile.
C'est souvent des des homicides liés à des infractions des des infractions trèsconjugales, des infranticides. Ça peut c'est la grande criminalité c'est un peu ça. Donc avec des Il y a pas de braueuse ? Non. J'en ai pas connu. C'était plutôt des escroqueries, des choses comme ça. Mais j'en ai pas connu. Moi personnellement, il y en a sûrement, mais j'en ai pas connu. C'est moins commun que chez Oui, c'est pas commun du tout même. Donc, mais je pas d'explication si vous voulez pourquoi les femmes plus en prison que les hommes alors que la vie dans une détention femme est beaucoup plus intime si vous voulez. Les il y a beaucoup moins de détenus.
Donc les surveillantes, elles sont beaucoup plus à l'écoute parce que bah pour une surveillante, il y a peut-être 20 30 détenus, pas plus. Donc et pourtant je pas d'explication, je sais pas pourquoi. En 2020, 34,2 % des personnes sorties de prison ont de nouveau été condamné pour une infraction commise dans l'année suivant leur libération. Donc c'est ministère de la justice en 2025. Donc c'est à peu près un/ers des gens qui sortent de prison, il retournent en gros dans dans l'année. Ça vous étonne ce chiffre ou pas tellement. Je suis pas étonné parce que euh je trouve que plus on avance dans le temps et plus la criminalité devient une criminalité professionnelle. C'est plus de l'occasionnel.
Euh notamment avec les trafic de stup, c'est une criminalité qui rapporte de l'argent et les gens c'est c'est difficile. Alors la la récidive c'est quelque chose d'assez c'est un mal euh qu'on peut expliquer assez facilement. Même si la personne a envie de s'en sortir, qu'est-ce qu'il fait quand il sort de prison ? Il retourne dans sa cité, il retourne là où il était, il retrouve des amis, il retrouve il retrouve des gens qui sont dans la délinquence. Et même s'il a pas envie, c'est assez simple de retomber là-dedans. Je pense que c'est simple par l'entourage. Par l'entourage, oui, tout simplement. Oui, parce que il retourne dans le même milieu.
Bah milieu c'est un milieu effectivement où les délinquants est là. Ça c'est moi je l'explique un petit peu comme ça la la récif. Puis faut dire aussi ce qui est quand vous êtes dans une situation où un jeune qui fait ce qu'on appelle la chouffe là, le gay, on lui donne 200 € par jour, vous allez lui proposer un CAP de boulanger à 1300 € par mois, ça le fait pas forcément. Donc il y a une telle habitude de vie facile avec l'argent, bah que on retombe facilement. Moi je j'explique un peu comme ça. C'est quoi la solution ? Alors, [grognement] je l'ai jamais entrevu au bout de 45 ans. Je connais pas la solution. Je sais pas. Je pense qu'il y a pas qu'une solution. Il y a plusieurs solutions.
Il y a des choses intéressantes. Moi, j'avais une mené une expérience qui m'avait passionné et qui avait donné du résultat. Quand j'étais à Dragnan, c'était en 86. On avait eu de gros incendies. Bah euh Martin Gray qui avait perdu sa femme et ses enfants au taneron notamment des gros incendies. Donc le préfet avait réuni les chefs de service et il s'est tourné vers moi et vous monsieur le directeur qu'est-ce que vous pouvez faire ? Bah j'ai dit je sais pas peut-être qu'on peut peut-être mettre des détenus. Ça avait germé j'avais vu la la juge de la puission des peines qui était partante et on avait pris tous ceux à qui il restait 3 mois à faire.
On leur demandé est-ce que ça vous intéresse d'aller faire des barrières coupe-feu ? On avait eu 25 détenus qui répondu OK. On les avait logé dans des tentes de l'armée avec un surveillant qui était donc à 30 km de la prison en pleine forêt. Le matin, il débroussaillait avec l'ONF bien sûr hein. Et l'après-midi pour dire qu'on quand même on les exploitait pas, on leur donnait une formation professionnelle sur les métiers de la forêt et en plus ils étaient payés bien. Donc c'est des gens qui vivaient au canter qui avaient une formation et qui se rendaiit utile.
Le regard de tout le monde a changé au début la commune de Taneron le maire était partant mais les les administrés c'était pas la joie les détenus qu'est-ce que c'est enfin tout ce qu'on peut imaginer aux États-Unis il y a beaucoup de travaux d'intérêts généraux il travaillent pour il je crois ouais donc ça passait pas très bien les détenus je ne savais pas en tout cas peut-être rapidement 3 semaines après les gens de la commune bah ils voyaient que les détenus ben ils travaillaient Ils étaient pas cé pas des monstres les détenus. Le regard avait changé aussi. Il se rendaient utile. Il voyait qu'on pouvait s'intégrer dans une société, qu'on pouvait être autre chose que bah qu'un voyou quoi.
Et ça avait hyper bien marché. Pendant on a fait ça pendant 2 ans, on a jamais eu un incident. Jamais. Il y a beaucoup de gens qui ont retrouvé du travail justement parce qu'ils avaient une formation, parce qu'ils aient expérience du travail dans les métiers de la fin. Pourquoi ça s'est pas arrêté ? Alors ça s'est arrêté parce que c'est parce que après faut c'est compliqué hein. Il faut convaincre les mairies, il faut convaincre si il faut convaincre le brave Jean que c'est puis ça s'applique pas à tous les détenus. Il y a des détenus vous pouvez pas les laisser comme ça. Il faut une catégorie bien spécifique de détenus.
Mais pour certains, c'est pour ça je dis il y a pas une solution, il y a plusieurs types de solutions qui doivent être adaptées à chaque catégorie de délinquant. Pour terminer, entre hier et aujourd'hui, entre le moment où il y a l'abolition de la peine de mort, il y a l'arrivée du téléphone, il y a l'arrivée des caméras et cetera, est-ce que vous avez vu aussi l'arrivée de de de mafia avec la drogue dans les prisons ? Est-ce que c'est un vrai fléau aujourd'hui pour Je pense que c'est un vrai sujet. Oui, c'est un vrai sujet. C'est un sujet qui a commencé déjà il y a il y a il y a déjà quelques années mais qui j'ai l'impression qui s'accentue très rapidement.
Euh bah moi j'ai eu j'ai vu récemment qu'une de mes collègues, la directrice des beaumettes, avait été menacée par la Safia. Il y avait eu un procès il y a pas longtemps. Enfin, c'est des choses qu'on voyait quand même pas il y a quelques années en arrière. Donc je pense que oui, la délinquence à ce niveau-là, elle change et euh le problème s'amplifie. Alors la solution me la demandez pas, je la connais pas. Vous avez une opération du cœur en 2018, vous êtes parti en 2022. À la retraite 4 ans avant la retraite hein. Vous avez subir qu'est-ce qui qu'est-ce qui vous arrivez ?
B en fait une une maladie assez rare heureusement parce qu'elle est mortelle à 53 % ce que je savais pas quand je l'ai eu. Autrement j'aurais plus flippé que ça. Euh j'ai une infection du cœur. Une infection ? Ouais. Une infection. une endocardide quoi. Et c'est une maladie assez c'est un c'est une bactérie qui se qui se met dans le corps qu'on attrape par les dents en fait par une carie. C'est pour ça que ouis il faut faire attention à ça.
Il paraît c'est très dangereux en fait une car peut passé 4 mois à l'hôpital en en soin intensif enfin soin intensif au soin cardiologique [soupir][souffle coupé] et je pensais d'ailleurs enfin le médecin qui m'avait traité m'a dit "Mais vous travaillerez plus c'est fini pour vous et non c'était pas fini. parce que j'ai pu reprendre et j'en étais content. Est-ce que c'est lié à votre c'est ça peut pas être lié au boulot, à votre travail qui parfois stressant quand j'ai quand j'ai quand j'ai j'étais j'ai voulu reprendre. Quand vous voulez reprendre euh il faut voir un médecin expert. Le médecin expert, bon puis il me dit "Mais qu'est-ce que c'est votre travail ?
Vous avez pas de stress dans vos travail ?" Je dis "Non, j'ai pas un travail très stressant." Il dit "Vous pouvez m'expliquer en quoi ça consiste ? Je lui explique ce que c'est que fonction de directeur de prison." Il me regarde mais mais vous trouvez que c'est pas stressant vous ? Il me dit mais il me dit c'est éminemment stressant mais vous vous en az pas compte. Mais je pense que ma maladie n'était pas du ça. Mais oui, c'est peut-être que c'est stressant, mais on s on le visualise pas. Et [grognement] qu'est-ce que vous avez le plus aimé dans ce métier ? Pour terminer, ce que j'ai plus aimé, c'est le rapport humain. Le rapport humain qui est vraiment au cœur de ce métier.
Euh j'ai une grande admiration pour le personnel pénitentiaire, pour les surveillants notamment qui sont des des des gens qui font un métier extrêmement difficile et qui le font bien pour la plupart. On a toujours des abrutis partout dans tous les métiers, mais dans la grande majorité, dans l'immense majorité des cas, les agents pénitentiaires sont d'excellents agent et je et je suis vraiment fier de de les avoir dirigé à un moment donné. Ça, ce que vous avez le moins aimé dans ce métier, c'est quoi ? 45 ans de carrière, c'est les lourdeurs administratives, [grognement] le frein administratif, c'est on parlait tout à l'heure de de parfois vous pouvez avoir des menaces et cetera.
Je vous ai pas demandé, c'est une erreur de ma part, mais c'est vous aviez quoi comme possibilité si quelqu'un était très violent en prison, très dangereux avec d'autres ? C'est c'est il y a quoi ? Il y a des on les met à l'isolement. C'est quand quelqu'un très dangereux avec d'autres, on les met à l'isolement. Oui, ça c'est le maximum. Oui. Oui. Quand quand on si comme une infraction grave à disp, on le met aux carte disciplinaires. Mais si on voit que la personne est dangereuse pour les autres, on met Ouais. On met à l'isolement. On évite Mais si ça marche, c'est utile l'isolement. Bah oui, ça marche parce que il voit personne d'autre mais bon ça peut pas durer sans c temps non plus hein.
Je veux dire c'est limité dans le temps. Ah oui c'est limité. Alors d'autant plus limité maintenant que c'est ça oublié à des règles bien précises de de l'Europe. C'est limité mais non moi ça m'a jama c'est c'est pas ça qui me Non moi c'est les fois les lourdeurs administratives. Moi, j'ai j'ai à mon pot de départ j'ai il y avait des directeurs qui étaient réunis et je leur dis parfois faut savoir désobéir. Attention, il faut que ça soit juste, il faut que ça soit toujours dans l'éthique.
Mais c'est vrai que des fois, voyez quand on a fait la la cette cérémonie enfin cette cérémonie cette visite des beau mattres qui a duré de 3 mois, j'avais fait mettre la guillotine mais je l'ai fait mettre, j'ai mis un peu l'administration devant le fait accompli. Je j'avais pas mis que je je mettais la guillotine. C'est quand on on l'a eu fait, j'ai dit bah voilà, j'ai mis la guillotine parce que j'ai demandé pardon au lieu de l'autorisation. C'est ça en gros mieux demander pardonation.
Parfois, il y a des lenteurs administr ce que je peux comprendre parce que il y a des choses qu'on mesure pas à l'échelon local et qui ont de grandes importances à un échelon plus central et je comprends qu' qui a des réticences. Nous, on est un petit peu euh on veut avancer mais je comprends que bah il faut aussi parfois avoir du recul qu'on a pas et que l'administration mais parfois c'est un peu un frein et c'est c'est ce frein que je supportais pas que je supportais pas. Merci hein Pierre Rafin d'être venu. Euh c'est vous êtes venu du sud derrière. Merci à vous de m'avoir permis de témoigner sur un métier le temps de de comprendre. Vous le referiez aujourd'hui.
Oh oui, je je ferai pas autrement. Merci. Merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission les amis. On se retrouve trois fois par semaine sur les gendes le mercredi, le vendredi et le dimanche. En tout cas, merci de faire de légendes, le premier podcast de France. Vous pouvez nous écouter en audio sur toutes les plateformes de podcast audio qui existent. Vous pouvez les télécharger directement sur le téléphone ou les mettre quand vous êtes sur la route en train de bricoler ou en train de cuisiner ou j'en sais rien dans l'île soir, vous pouvez nous mettre sur Spotify, sur Apple Podcast ou Amazon Podcast.
En tout cas voilà, merci de faire des gens du premier podcast de France et sur YouTube aussi. Abonnez-vous en 2 secondes avant de terminer l'émission. Ça nous aide vachement vraiment pour recevoir plein d'invités exceptionnels comme Pierre aujourd'hui, comme Pierre Rafin. Vous pouvez liker la vidéo, ça nous aide. Vous irez voir les commentaires ou pas sur votre vidéo ? Ah bah oui oui. Bon vous pouvez mettre des commentaires si vous avez été détenus d'ailleurs euh j'aimerais bien qu'il y ait des détenus qui Ce serait intéressant. J'ai j'iraai voir les commentaires tiens quand on postera la vidéo. Euh hésitez pas à nous les mettre. Merci 1000 fois d'être de plus en plus nombreux sur les gens.
Je vous embrasse à bientôt tout le monde.
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Oh.
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