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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 16 mars 2026 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

Pour les listes PS arrivées derrière LFI, François Hollande recommande "le maintien ou le retrait"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous avez manqué de lucidité sur les attentes des électeurs de gauche ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous comprenez cette dynamique-là ? Ça veut dire que les électeurs en ont fait fi ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que sous aucun prétexte il ne faut d'alliances entre le PS et les insoumises ? Ou est-ce qu'il peut y avoir des exceptions locales ?

  • 5:29RelanceRéponse directe

    Dans les villes où pour gagner, les socialistes doivent faire alliance à la France insoumise, comme Nantes ou Brest, vous dites quoi ?

  • 6:13FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous considérez qu'Olivier Faure est suffisamment clair sur les alliances ?

  • 6:53OuverteRéponse directe

    À Marseille, est-ce que le principe de responsabilité n'est pas de tout faire pour éviter que la ville passe au Rassemblement National ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « À Paris, 12 points de plus que Mme Rachida Dati. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « À Lyon, il n'était pas attendu que le candidat écologiste soutenu par le Parti Socialiste soit en tête par rapport à M. Hollasse. »
  • 2:34Invité politiqueChiffre
    « La France insoumise a un électorat qui représente 12 à 14% dans ce scrutin-là, c'est-à-dire moins qu'à l'élection présidentielle. »
  • 2:45Invité politiqueChiffre
    « Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 20%. »
  • 4:06Invité politiqueFait
    « Pas Grégory Doucet qui a ouvert la porte à une fusion avec la candidature insoumise. »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « La quasi-totalité, je n'en connais pas, disent quand ils sont en tête qu'ils voudraient que la France insoumise se désiste. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « Le principe de responsabilité, comme vous dites, il est du côté de M. Delogu et de la France Insoumise. »
  • 7:15Invité politiqueFait
    « Là, c'est l'extrême droite. Donc, la responsabilité d'une formation politique qui veut lutter contre, soi-disant, le fascisme, c'est de se retirer purement et simplement. »

Temps de parole

  • François Hollande66 %
  • Présentateur34 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Benjamin Duhamel, vous recevez le député socialiste de Corrèze et ancien président de la République. Bonjour François Hollande. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première prise de parole après ce premier tour des municipales. On va bien sûr rentrer dans le détail de quelques villes symboliques dans un instant. Mais d'abord, vous avez pendant toute cette campagne eu des mots très durs contre la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Sauf qu'Aléfi apparaît ce matin comme un des gagnants de ce premier tour. Victoire à Saint-Denis, surperformance à Toulouse, à Lille, à Paris, à Limoges, à Roubaix.

Est-ce que vous avez manqué de lucidité sur les attentes des électeurs de gauche ?

0:34
François Hollande

Alors si on regarde les résultats, les surprises viennent de Paris, Lyon, Marseille. Là où il n'était pas attendu que la gauche, hors Rélefi, arrive largement en tête. À Paris, 12 points de plus que Mme Rachida Dati. À Lyon, il n'était pas attendu que le candidat écologiste soutenu par le Parti Socialiste soit en tête par rapport à M. Hollasse. Et à Marseille, dans une ville qui était revendiquée par le Rassemblement Social, il était attendu que les deux candidats, Benoît Payan et Franck Alizeau, soient au coude à coude. Et avec une France insoumise qui, dans les trois villes, a fait à peine 10% suffisamment pour se maintenir.

Alors si vous voulez me faire dire que là où les LFI étaient déjà forts, dans certains quartiers populaires, ou dans certaines villes, avec des députés déjà bien implantés, oui c'est vrai. Oui, dans certaines villes, vous en avez cité quelques-unes, Saint-Denis en particulier, mais on peut dire Lille, on peut dire aussi Toulouse. Oui, Toulouse où le candidat insoumis se retrouve devant le candidat socialiste. Mais aucune de ces villes ne sera potentiellement gagnée par la France insoumise, sauf bien sûr ce qui a déjà été gagné, c'est-à-dire Saint-Denis et potentiellement Roubaix. Et je dirais la même chose du Rassemblement National.

Le Rassemblement National confirme son implantation, elle est incontestable, il conforte les maires qui sont sortants, mais ne va peut-être gagner aucune ville importante. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je ne sous-estime pas la poussée de la radicalité, elle existe, même si elle est sans doute moins apparente, puisque le scrutin est essentiellement dans les grandes villes et pas dans les petites communes, là où il y a une dépolitisation.

2:15
Présentateur

Simplement François Hollande, sur la France insoumise, on a beaucoup entendu dans cette campagne, une campagne qui tournait autour des polémiques liées aux propos de Jean-Luc Mélenchon, liées à ce soupçon d'antisémitisme. Comment est-ce que vous comprenez cette dynamique-là ? Ça veut dire que les électeurs en ont fait fi, que Jean-Luc Mélenchon, que la stratégie, ce qu'on a appelé le bruit et la fureur, en fait ça fonctionne ?

2:34
François Hollande

Mais la France insoumise a un électorat qui représente 12 à 14% dans ce scrutin-là, c'est-à-dire moins qu'à l'élection présidentielle. Il ne faut jamais oublier que Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 20%.

Mais finalement, le résultat de ces élections, et on le constatera au deuxième tour, en fonction du nombre de villes gagnées par les uns ou pas gagnées par les autres, eh bien on verra que le LFI, même s'il peut connaître une certaine poussée, n'est pas en capacité de gagner, alors que le Parti Socialiste, les écologistes, la gauche, eh bien quand on fera le compte, et on fera aussi ce compte-là avec la droite républicaine, on verra que c'est le Parti Socialiste et les écologistes qui ont gagné le plus de villes. Et un scrutin, ça se vérifie avec un indicateur, combien de villes vous avez gagnées, combien de villes vous avez perdues, et qu'est-ce qui se passe à la fin.

3:20
Présentateur

Et avant ce second tour, François Hollande se posera la question des alliances. Du côté de la France insoumise, on appelle à la constitution d'un front antifasciste, c'est l'expression utilisée. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, lui dit ne pas vouloir d'alliances à l'échelle nationale. Qu'est-ce que vous dites ce matin, François Hollande ? Est-ce que sous aucun prétexte il ne faut d'alliances entre le PS et les insoumises ? C'est ce que vous disiez avant ce premier tour. Ou est-ce qu'il peut y avoir des exceptions locales, fonction du contexte et des circonstances ?

3:48
François Hollande

D'abord dans les grandes villes, je les ai citées, là où les socialistes sont arrivés en tête avec les écologistes, aussi bien M. Payan que M. Grégoire, que c'est un écologiste, M. Doucet, ont clairement dit qu'ils ne voulaient pas d'alliances avec la France insoumise. Pas Grégory Doucet qui a ouvert la porte à une fusion avec la candidature insoumise. Donc je ne vais pas là-dessus l'engager. Mais autrement dans la plupart des villes, à Montpellier, à Strasbourg, à Lille, à Rennes, la quasi-totalité, je n'en connais pas, disent quand ils sont en tête qu'ils voudraient que la France insoumise se désiste. Elle ne le fait pas, elle se maintient partout.

La France insoumise se maintient partout, tout en prétextant qu'il y a un front antifasciste à faire. C'est quand même assez paradoxal de dire le fascisme serait à nos portes, mais nous on se maintient partout. Alors là où la France insoumise est arrivée en tête, je comprends que ce soit difficile pour les socialistes, pour les candidats qui ont fait ce qu'ils pouvaient pour arriver en premier, qui n'y sont pas parvenus. Je pense notamment à Toulouse et à Limoges. Et dans ce cas-là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut que les socialistes se désistent ? Le principe c'est plutôt la clarté, compte tenu de ce qu'ont été les positions.

Je ne parle pas des militants de la France insoumise ou des électeurs de la France insoumise, mais des dirigeants et en particulier le premier d'entre eux. Je pense, moi je ne veux pas leur donner de consigne, ce n'est pas mon rôle, mais l'avis que je peux formuler, c'est dire, là où nous ne sommes pas en capacité de l'emporter, là où la France insoumise est en tête, la meilleure des solutions, c'est soit le retrait, soit le maintien.

5:18
Présentateur

Donc retrait ou maintien, par exemple dans les villes où les socialistes sont derrière les insoumis, on pense à Toulouse ou à Limoges, je n'ai toujours pas bien compris dans les villes où pour gagner, les socialistes doivent faire alliance à la France insoumise. Vous avez par exemple Nantes avec Johanna Roland, vous avez aussi la situation à Brest de François Culliandre, là pour le coup quand on regarde les résultats, s'il n'y a pas d'alliance avec la France insoumise, ça veut vraisemblablement dire des villes perdues.

5:40
François Hollande

Non, parce que les dynamiques électorales se construisent entre les deux tours. Et la clarté, c'est une dynamique. Je ne sais pas ce que ce sera la position de... La clarté veut dire quoi ? La clarté, ça veut dire on ne fait pas d'alliance et on mobilise tous les électeurs qui veulent faire gagner la gauche. Et on dit aux électeurs qui ont voté insoumis au premier tour, avec des niveaux qui ne sont d'ailleurs pas très élevés, « Ecoutez, venez préserver la conduite d'une politique à gauche, à Brest, à Rennes, à Nantes, et dans la plupart des villes où le bilan porte plutôt à conséquence. »

6:13
Présentateur

Est-ce que vous considérez qu'Olivier Faure, quand il dit pas d'alliance à l'échelle nationale, est suffisamment clair ? Vous avez été vous-même premier secrétaire du Parti Socialiste, c'est au patron du PS de donner une ligne. Est-ce qu'il est suffisamment clair, Olivier Faure ?

6:22
François Hollande

C'est déjà bien qu'il ait pu dire qu'il ne fallait pas d'accord. Maintenant, il faudra qu'il puisse utiliser toute son autorité, si elle existe, pour faire en sorte que la position que je viens de définir soit suivie.

6:36
Présentateur

Vous parliez du Rassemblement National François Hollande. Il y a effectivement une perspective de victoire à Marseille, puisqu'on voit bien que c'est extrêmement serré entre Benoît Payan, le maire sortant, et Franck Alizio. Là, vous avez un candidat à LFI, dans le cas d'Espèce Sébastien Delogu, qui appelle à une alliance pour battre le Rassemblement National. Est-ce que là, le principe de responsabilité, quand on est candidat de gauche, n'est pas de tout faire et de tendre la main pour éviter que la deuxième ville de France passe au Rassemblement National ?

7:01
François Hollande

Le principe de responsabilité, comme vous dites, il est du côté de M. Delogu et de la France Insoumise. On parle d'un front antifasciste. Alors, en l'occurrence, à Marseille, c'est quand même l'extrême droite. Ce n'est pas comme à Paris, ce n'est pas comme à Lyon. Là, c'est l'extrême droite. Donc, la responsabilité d'une formation politique qui veut lutter contre, soi-disant, le fascisme, c'est de se retirer purement et simplement. Et M. Payan a eu la bonne position en disant, il ne fera pas d'alliance, qu'il se retire.

7:27
Présentateur

En fait, François Hollande, pour tenter de résumer, de ramasser ces résultats et la discussion qu'on a là, quand on regarde les dynamiques à l'œuvre du côté de la France Insoumise, du côté aussi du Rassemblement National, on se dit ce matin que ceux qui peuvent se frotter les mains en vue de l'élection présidentielle s'appellent respectivement Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'on a fait hier soir un pas de plus vers ce second tour-là ? Et je dis ça à quelqu'un qui pourrait avoir vocation à incarner la gauche réformiste qui, semble-t-il, a du mal à trouver un espace.

7:54
François Hollande

Non, je trouve que ce scrutin-là, même s'il faut le regarder dans tous ses détails, il est intéressant parce qu'il montre qu'il y a un plafonnement de l'extrême droite et de la France Insoumise. La preuve, combien de villes vont être gagnées par l'extrême droite et par la France Insoumise ? Très peu. Et encore bien moins que ceux qui, notamment au Front National, au Rassemblement National, avaient imaginé l'emporter, je pense, notamment au Pas-de-Calais, Lens, qui était une ville emblématique. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'au moment de choisir son maire et demain, au moment de choisir son président, les Français, ils ont un moment de réflexion et plutôt un bon réflexe.

8:37
Présentateur

Merci beaucoup François Hollande qui appelle donc ce matin sur France Inter à ce qu'il n'y ait pas d'alliance entre le Parti Socialiste et la France Insoumise. Merci Benjamin Duhamel, on se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien.