Cérémonie de voeux d'Aurore Bergé - 28 janvier 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:30Aurore BergéChiffre
« L'aide universelle d'urgence a déjà bénéficié à près de 70000 femmes. »
- 10:30Aurore BergéPromesse
« Interdire tout contact et tout droit de visite dès l'ouverture d'une enquête pour inceste. »
- 12:00Aurore BergéChiffre
« Moins de 1 % de la population française concentre sur elle 60 % des actes antireligieux. »
- 16:00Aurore BergéFait
« En 2019, la France a été le premier état européen à créer un index égalité. »
- 18:00Aurore BergéPromesse
« Un nouveau levier d'égalité qui dit clairement que la parentalité n'est pas l'affaire privée des femmes mais une responsabilité partagée. »
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Bonsoir à toutes et à tous. Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs les maires conseillers régionaux, départementaux, municipaux. Madame l'ambassadrice du Mexique en France, monsieur le président de la commission nationale consultative des droits de l'homme, monsieur le président de l'ARCOM, madame la directrice de l'École nationale de la magistrature, monsieur l'ambassadeur pour les droits des personnes LGBT, monsieur le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la haine antiLGBT, madame la chef de service des droits des femmes et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Mesdames et messieurs, les membres du haut conseil à l'égalité. Mesdames et messieurs, les représentants des services de l'État. Mesdames et messieurs, les représentants d'associations, de fédération, de fondations, de collectifs, d'entreprises, d'ordre, d'organisation professionnelle et syndical. Mesdames et messieurs, [rires] [applaudissements] [applaudissements] il y a des moments où un pays doit parler net, dire clairement ce qu'il accepte et ce qu'il refuse. Et si j'ai souhaité vous réunir ce soir pour cette cérémonie de vœux, c'est pour réaffirmer que l'égalité est une ligne de front permanente.
Vous êtes parlementaire et du locaux représentant des services de l'État, responsable d'institutions et d'établissements publics. Vous êtes représentant d'associations, de fondation, de collectifs, d'organisation et d'ordre professionnel, de syndicat et de fédération. Vous êtes chef d'entreprise, entrepreneur, créateur, acteur de terrain. Vous êtes des femmes et des hommes qui tiennent, qui font, qui réparent, qui protégeaient, qui ouvraient les portes quand d'autres voudraient les maintenir fermés. Votre présence dit quelque chose de rare et je crois aussi de précieux.
Elle dit la force de l'engagement quand le doute progresse, la fidélité au principes quand ils sont attaqués, la volonté d'agir quand d'autres se contentent de commenter, de se résigner ou de fracturer. Alors merci, merci d'être là et merci de tenir la ligne. Pendant longtemps, on nous a expliqué que l'histoire était derrière nous, que les grandes fractures appartenaient au passé, que le progrès ferait le travail à notre place et que la technique corrigerait les injustices. On nous a parlé de la fin de l'histoire. La réalité nous rattrape aujourd'hui avec brutalité et avec rapidité. Non, l'histoire s'écrit bien encore sous nos yeux.
Elle est revenu avec la guerre sur le continent européen, avec l'air des prédateurs et des impérialismes, avec un monde où certains pensent que tout s'arrache, tout s'achète, tout se conquerre par la force, la peur ou la menace. L'état de droit n'est plus un acquis mais un obstacle que certains contournent, affaiblissent ou piétinent jusqu'au cœur des démocraties. Ce qui se passe aux États-Unis en est un symbole et une démonstration. Il y a la brutalité, mais il y a surtout la rapidité avec laquelle les valeurs se piétinent. La vérité elle-même devient une opinion parmi d'autres. Les droits humains sont attaqués comme un front à part entière.
L'histoire est revenue avec la montée d'obsession et d'idéologie qui désignent des bouqu émissaires au lieu de construire des solutions. Et partout toujours, ce sont les mêmes qui payent le prix fort. Nous sommes entrés dans un âge de tempête, un âge où les dépendances deviennent des vulnérabilités et où les sociétés fracturées deviennent des proies. Face à ce monde imprévisible, il existe une tentation aussi ancienne que dangereuse, la nostalgie. la nostalgie d'un passé que l'on repint en âge d'or alors qu'il était pour beaucoup un âge de violence, d'exclusion, de silences imposés, de droit refusés et d'existence impossible. La nostalgie n'est pas une politique.
On ne gouverne pas le monde de demain avec les peurs d'hier. Aujourd'hui, cette tentation de la nostalgie alimente une tenaille dangereuse qui fracture notre pays. D'un côté, il y a ceux qui expliquent que la France serait condamnée, condamné au déclin, à la perte irrémédiable de sa splendeur passée et donc à la peur. Ce discours, c'est celui du Rassemblement national qui prospère sur l'angoisse, promet la protection par l'exclusion et explique qu'il faudrait hiérarchiser et se barricader pour survivre. Un discours qui vend la France à la découpe et fait de nous des vassaux. De l'autre côté, il y a un projet qui tout en prétendant lui résister, le nourrit et produit d'autres dégâts.
Celui de la France insoumise et de ses proxies. Un projet politique qui a scellé un deal très clair avec l'islamisme et qui porte une responsabilité historique et écrasante dans le risque de réenracinement de l'antisémitisme dans notre société depuis les attentats terroristes perpétrés en Israël. Un projet qui met la République en pièce et qui substitue à son projet commun une addition de communauté encouragée à se regarder en chienne faillance. Ce projet-là est une impasse. Une société qui assigne et essentialise ne libère jamais. Ces deux voies se nourrissent l'une l'autre.
Ce sont même des projets jumeaux qui partagent la même matrice : la peur, la colère, la défiance et surtout l'idée que l'avenir serait écrit d'avance. Dans les deux cas, ils renoncent à l'émancipation. Ils disent "Choisis ton poison, choisis ton camp là où il devrait dire décide de ton avenir et de celui de la France." Notre devoir en tant que citoyen, c'est de réaffirmer ce qui fonde notre projet républicain et sa promesse de liberté. Un projet qui ne flatte ni les égos, ni les peurs, ni les ressentiments. Un projet qui tient ensemble ce que d'autres veulent imposer et opposer. La France du respect et la République de l'émancipation.
Avoir la France du respect comme boussole, c'est porter un principe ancien et résolument moderne. L'égalité en droit suppose une égalité en dignité. La France du respect, c'est la France qui ne hiérarchise pas les vies, qui ne demande pas à certains de se faire plus discret ou plus petit. C'est la France qui n'abandonne personne. Or, la France heurte aujourd'hui à une autre réalité, celle des violences, des haines et des inégalités d'accès. Le nonpect traverse les violences faites aux femmes et aux enfants, s'enracine dans l'antisémitisme et le racisme, s'exprime dans les LGBT phobie, s'installe dans les discriminations.
Ce sont finalement les manifestations d'un même refus, celui de l'égalité en dignité. Face à cela, la République ne peut pas détourner le regard. Elle doit protéger sans distinction, agir sans relâche et nommé sans détour. Quand une femme est victime de violence, quand un enfant grandit dans la peur, ce n'est jamais une affaire privée ou de famille. Ce n'est pas un fait divers, c'est un fait de société et donc c'est bien un fait politique. Chaque féminicide est un échec collectif. Alors oui, depuis 2017, nous avons progressé.
Les moyens consacrés au ministère ont été multipliés par 3 en 5 ans et pour la première fois cette année, cela doit beaucoup aussi aux parlementes, le cap des 100 millions d'euros sera franchi cette année. Nous avons renforcé nos lois et notre arsenal juridique à l'image de la loi de novembre 2025, cher Véronique Roton, que j'ai soutenu au nom du gouvernement et qui inscrit la notion de non consentement dans la définition pénale du viol. Et nous avancerons encore cette année, ce soir même contre la persistance de l'héritage du devoir conjugal dans notre droit. Cher Paul Christophe, nous avons formé massivement nos forces de l'ordre et nos magistrats.
Nous avons créé de nouveaux outils qui ont fait leur preuve. l'aide universelle d'urgence a déjà bénéficié à près de 70000 femmes. Le PAC Nouveau Départ est en cours d'expérimentation et c'est cette même logique qui nous conduit à expérimenter des réponses nouvelles face à des violences dont nous prenons enfin conscience comme la soumission chimique cher Sandrine Josu. Je veux aussi mentionner le dépôt de plainte à l'hôpital, le recueil de preuves sans plainte immédiat le déploiement des maisons de santé des femmes. Les avancées concrètes verront le jour dans les prochaines semaines. Un combat contre toutes les formes de violence nécessite une vision globale, un cadre cohérent.
une architecture solide et partagée. C'est pourquoi j'ai réuni en 2025 et pendant plusieurs mois un groupe de travail parlementaire associant toutes les forces représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat. Cela doit nous permettre de poser les bases d'une future loi cadre. Concrètement, cela signifie nommer et sanctionner le contrôle coercitif, allonger les délais de prescription des crimes sexuels commis sur les enfants, reconnaître l'inceste comme une circonstance aggravante, imposer la motivation écrite des classements sans suite. Cela signifie aussi agir immédiatement. Interdire tout contact et tout droit de visite dès l'ouverture d'une enquête pour inceste.
Mettre fin à la résidence alternée en cas de séparation lorsque des violence sont établies et renforcer les contrôles d'honorabilité de tous les professionnels au contact de nos enfants. Certaines violences vont plus loin encore. Elles structurent l'exploitation et transforment les corps en marchandises. Alors que l'année 2026 marquera les 10 ans de la loi Rossignol et le deuxème anniversaire de la stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel, nous devons lutter avec toujours plus de force et de détermination contre ce qui n'est pas le plus vieux métier du monde, mais ce qui est bien le plus vieux système de domination au monde.
En 2026, nous poursuivrons la mise en œuvre de la circulaire interministérielle pour mieux contrôler ces prétendus salons de massage qui ne sont que des lieux de prostitution déguisé et donc des lieux de traite des êtres humains. Et nous aurons une attention spécifique aux mineurs qui représente près de la moitié des victimes de proxénétisme. Mesdames et messieurs, la France du respect protège ce qui nous permet de vivre debout. La liberté. La liberté d'aller quelque part sans être soupçonné, de circuler sans avoir peur, de croire, de ne pas croire, d'aimer d'être soi-même sans devoir se cacher ou craindre pour sa sécurité.
La lutte contre l'antisémitisme et le racisme ne sont pas des combats concurrents. Face à CN, notre bouclier est unique et indivisible, l'universalisme républicain qui refuse toute hiérarchie entre les vies et duquel découle la laïcité. C'est ce socle commun qui protège toutes les libertés ensemble sans exception ni concurrence et qui permet à la force à la France de combattre toutes les haine avec la même détermination et dans le même mouvement. Soyons clair et soyons lucides. L'antisémitisme n'a pas disparu. Il a changé de visage. Il épouse toujours les codes de son époque se par de nouveaux mots mais conserve la même haine et les mêmes cibles.
Et aujourd'hui, il s'est trouvé un nouvel Eldorado, l'antitionnisme. L'antitionnisme n'est pas la critique légitime de la politique d'un gouvernement, mais bien une idéologie de négation et d'essentialisation. Négation d'abord d'un droit fondamental, celui de l'existence même de l'État d'Israël comme état souverain, refuge né d'une nécessité historique. Je suis incroyablement curieuse. Quelqu'un peut-il seulement m'expliquer par quel prodige Israël est le seul état au monde dont on appelle à la destruction pure et simple ? Essentialisation ensuite, car cette idéologie rend les Français juifs coupables par procuration d'un conflit à 4000 km de là.
Les sommes de se justifier les rendent collectivement responsables, parfois jusqu'à la nazification. Ce basculement n'est pas un excès de langage, mais bien une mécanique de haine. Depuis le 7 octobre 2023, cette haine a en plus changé d'intensité. Moins de 1 % de la population française concentre sur elle 60 % des actes antireligieux. Il y a l'antisémitisme qui frappe. Celui qui insulte à Grèce, profane, incendie, tronçonne des arbres en hommage à Elanalimie, viole une fillette de 12 ans et tue.
Et puis il y a ce que j'appelle l'antisémitisme d'atmosphère plus insidieux qui banalise, relativise, installe un climat qui invite à s'effacer, à ne pas faire de vague et qui conduit à ce que des familles françaises se demandent si elles ont un avenir ici, chez elles, chez nous, en France. Le pas de vague, c'est fini. Face à la nouvelle haine anti-juive, il faut au contraire faire des vagues, il faut même des tsunamis. Des slogans qui justifient ou banalisent la violence ont envahi l'espace public et prospère à l'envie sur les réseaux sociaux et sur les boucles WhatsApp. Il y a des mots qui sont comme des couteaux, des mots qui préparent les balles.
Et c'est exactement ce qui s'est passé à Sydney le 14 décembre dernier, cours de cet attentat où un de nos compatriotes Danel Kayam a été assassiné. Face à cela, la République ne détourne pas non plus le regard. C'est le sens de la mobilisation immédiate dès le 7 octobre 2023 et des assises de lutte contre l'antisémitisme que j'ai conduite en 2025. C'est le sens de la loi de juillet 2025 contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur cher Constance Legri. Et c'est aussi le sens de la proposition loi de Caroline Yad qui sera examinée dans les toutes prochaines semaines à l'Assemblée nationale. Ce combat n'est pas seulement celui des juifs, c'est le combat des justes.
Il est et restera celui de la République qui combat toutes les ailes puissamment et en même temps dans un esprit résolument universaliste. Et aujourd'hui, nous devons regarder une réalité en face. Tous les actes antireligieux progressent dans notre pays. Entre janvier et novembre 2025, 780 actes antichrétiens ont été renoncés. Et les actes antimusulmans 299 sur la même période connaissent une hausse préoccupante. Derrière ces chiffres, il y a des gens insulté, des lieux de culte dégradé, des familles et des personnes qui sont directement prises pour cible. Et c'est une alerte pour toute la nation.
Face à cela, l'État agit à travers le plan interministériel de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations. Feuille de route que je pilote et je salue le travail de la DLCRA pour l'animer au quotidien. 2026 sera une année de bilan exigeant de consolidation et de déploiement de la nouvelle génération de ces plans qu'il s'agisse de celui-ci ou du plan national pour l'égalité contre la haine anti LGBT. Je tiens à saluer le rôle indispensable de l'ensemble des partenaires institutionnels, au premier rang desquels la défenseur des droits et la commission nationale consultative des droits de l'homme.
Je veux aussi redire mon soutien aux associations qui partout sur le territoire accompagnent, orient, protègent et font vivre concrètement les valeurs de notre République aux équipes des centres LGBT plus que le ministère continuera de soutenir en 2026 parce que leur présence est souvent décisive là où la République est la plus attendue. Oui, la LGBT tue et continue de tuer. Les guetapans homophobes ne sont pas des rencontres qui ont mal tourné. Ce sont bien des violences qui sont ciblées. Dans les prochaines semaines, je signerai une charte d'engagement avec les applications et sites de rencontre pour lutter contre ces violences mieux sensibiliser, mieux protéger les personnes concernées.
Parce qu'aimer librement, être soi-même, vivre sans se cacher, ça ne doit jamais être un risque en France. Et aujourd'hui la haine circule, elle se diffuse et elle s'amplifie en ligne. Et c'est là qu'elle se banalise, se radicalise, s'organise. Racisme, antisémitisme, NLGBT, N des femmes, discours masculiniste. Toutes ces haines trouvent dans l'espace numérique un accélérateur puissant. Il existe un continuum évident entre les mots postés derrière un écran et les violences bien réelles qui frappent les corps, les lieux, les vies. La haine en ligne irrigue toutes les violences, prépare les passages à l'acte, fracture le débat public et mine la promesse d'égalité de notre République.
Ce combat est donc l'exigence de notre siècle et un axe central de notre action. Il commence par une priorité absolue, la protection des plus jeunes. Le président de la République a pris un engagement clair pour interdire l'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans. Une proposition de loi a été adoptée lundi soir par les députés malgré l'obstruction massive et inconséquente de la France en soumise. Protéger les enfants et les adolescents c'est empêcher que la haine devienne leur horizon. La République ne peut pas être absente là où se fabriquent les violences. Elle doit y porter ses principes, son autorité, son exigence de respect.
Alors oui, nous serons intransigents, mais les transiges n'est qu'une étape. Un état qui se contente de contenir les violences finit par administrer l'urgence sans jamais traiter les causes. Et une société qui n'ouvre plus de chemin finit toujours par se diviser. La République, ça n'est pas juste un cadre administratif. C'est une idée exigeante, universelle, toujours en mouvement, qui porte un autre don, l'émancipation. Elle est ce qui permet à une société de tenir ensemble sans se figer, de se transformer sans se perdre. Émanciper, c'est refuser que la naissance devienne un verdict, que le sexe, l'identité, l'origine pèse plus lourd que le talent, le travail ou le mérite.
C'est permettre à chacun de tracer sa trajectoire, de déployer son potentiel, de trouver sa place. Voilà ce que j'appelle la République de l'émancipation. Une République qui ne proclame pas l'égalité à la légère, mais qui travaille à l'égalité réelle. Et le concret précisément commence là où se construit la vie, se stabilise, se projette dans le travail. Le travail ce n'est pas seulement un revenu, c'est une condition de l'émancipation et une place dans notre société. Si bien que lorsque l'accès au travail est entravé, c'est notre République elle-même qui se fissure en 2026.
Dans notre pays, il n'est plus acceptable que les différences de salaires existent encore au détriment des femmes et qu'une peur demeure toujours prétendument inexpliquée. Notre responsabilité que la loi s'applique. En 2019, la France a été le premier état européen à créer un index égalité. Nous irons plus loin avec la transposition de la directive sur la transparence salariale. Et derrière les écarts de rémunération se joue une autre réalité, notre rapport à la parentalité et à la natalité. Quand le fait de devenir parent et dans les faits, disons le devenir mère est encore perçu comme un risque professionnel, c'est toute une société qui recule.
La parentalité ne se résume pas à la maternité et la question de la natalité engage notre avenir démographique, notre modèle social, notre capacité à faire société. C'est précisément le sens de la mission conduite par Jérémie Patrieletus et Constance de Bélifique, je salue tant elle éclaire une réalité que nous ne pouvons plus ignorer. Plutôt que de créer des offres réservées aux adultes, il serait temps de penser des environnements adaptés aux enfants. Le Noks n'est pas un progrès et encore moins un horizon désirable. C'est trop souvent le symptôme d'un renoncement collectif, celui d'une société qui n'arrive plus à rendre possible le désir d'enfant.
Quand des femmes et des hommes renoncent non par choix intime et évidemment respectable, mais par crainte de la précarité, de l'épuisement, de l'inégalité, de la solitude, alors ce n'est plus un choix individuel, c'est un échec collectif et politique. Et y répondre, ce n'est ni culpabiliser ni contraindre. C'est faire un choix clair, celui d'une parentalité pleinement partagée, soutenue et reconnu dès les premiers jours pour que fonder une famille ne soit jamais un risque ou un sacrifice et encore moins une charge portée presque exclusivement sur les femmes. C'est le sens du congé de naissance que j'ai porté pendant 3 ans et qui devient une réalité cette année.
Un nouveau levier d'égalité qui dit clairement que la parentalité n'est pas l'affaire privée des femmes mais une responsabilité partagée. Et je veux ici saluer la mobilisation des entreprises qui ont souvent devancé l'État sur ce sujet. Construire l'inclusion, c'est être socialement engagé et c'est aussi être économiquement ambitieux. C'est une nécessité économique parce que face aux grandes révolutions en cours et à la concurrence mondiale, aucune nation ne peut se permettre de laisser ses talents sur le bord du chemin. Stratégique pour innover et produire, démocratique pour fonder la confiance. Et pourtant, nous devons là aussi faire preuve de lucidité dans notre pays.
Trop souvent encore, l'origine sociale, le nom et l'adresse compte plus que les compétences. Comme si la valeur d'une vie se mesurait à la distance qui la sépare de Paris. Comme si certains étaient attendus quand d'autres doivent sans cesse prouver qu'ils ont leur place. Lorsque la réussite semble réservée à une autre France, ce ne sont pas seulement des parcours individuels qui se brisent, c'est notre pacte républicain qui s'abîme. Cette géographie de l'injustice, je la refuse et c'est pour lutter contre elle que j'ai lancé l'initiative Talent de France autour de deux principes d'Igarcteur.
D'abord, regarder la réalité en face avec un testing inédit qui a été lancé dont les résultats seront publiés en juin mais surtout en même temps agir pour passer des constats aux solutions. C'est une alliance entre l'État, les entreprises, les partenaires sociaux, les associations, les territoires pour ouvrir les recrutements, diversifier les parcours, reconnaître partout les compétences. Et si j'ai choisi de lancer talent de France à la Réunion puis en Bretagne et la semaine prochaine en Auvergne et Nouvelle Aquitaine avec un lancement national ensuite à Paris, c'est pour affirmer une conviction. La France ne se résume jamais à sa capitale.
Elle est forte de ses territoires, de ses outreemers, de ses villes, de ses ruralités. Et partout en France, les entreprises recrutent autrement, forment autrement, font confiance autrement. Apprentissage, celle de l'engagement de Sylvain Mayard sur le sujet, reconversion, mentorat, recrutement par les compétences. Ces pratiques fonctionnent. Elle prouve qu'inclure, ce n'est pas renoncer à l'exigence, c'est renforcer la performance. C'est ouvrir les passages qui rendent l'égalité réelle. Si nous voulons briser durablement les inégalités de destin, tout commence par l'école et la culture. L'école est le premier lieu de l'émancipation.
C'est pourquoi nous devons agir avec encore plus de détermination pour faire vivre concrètement l'égalité entre les filles et les garçons dès le plus jeune âge, pour lutter sans relâche contre la haine, les préjugés, le complotisme et toutes les formes de rejet. Former, ça n'a jamais été formaté. C'est ouvrir les imaginaires avant de tracer des parcours, ouvrir les possibles avant de parler d'orientation.
C'est le sens de notre engagement pour la mixité des filières, pour que les filles prennent leur place, toutes leur place dans les mathématiques, le numérique, les sciences, l'intelligence artificiel pour que les choix d'orientation ne soient plus dictés par des attentes sociales ou familiales des normes implicites ou par cette terrible phrase, "Ce n'est pas pour moi, mais par des envies, des talents et des capacités réelles. Car l'égalité se joue chaque jour dans une salle de classe et l'émancipation ne s'arrête pas au mur de l'école. Il existe un combat décisif indissociable du combat éducatif, le combat culturel.
Un livre, un film, une série, un spectacle, un jeu vidéo, une œuvre d'art peuvent ouvrir bien des horizons. Le cinéma en particulier permet à chacun de se reconnaître, de se projeter, d'imaginer enfin d'autres vies possibles ou simplement de comprendre celle des autres. La culture, les médias, le patrimoine façonne notre imaginaire commun et c'est l'une des grandes forces du modèle français. Une puissance de création et de transmission et aussi un levier d'émancipation, de cohésion et de liberté. Et nous avons besoin de ces récits qui rassemblent sans nier les différences, qui rendent visibles toutes les trajectoires et qui disent que la France est complexe, vivante et toujours en mouvement.
Dans un monde où les droits deviennent négociables, où les libertés sont présentées comme des faiblesses, où même l'égalité est reléguée au rang de déviance occidentale, la France porte une voix singulière, une voix reconnue et une voix attendue. Ni empire nostalgique, ni vassal résigné, ni donneuse de leçons, une puissance d'équilibre et une puissance de principe. La France porte une conviction claire. Nos valeurs ne sont pas à vendre à la découpe et les droits humains ne sont pas négociables.
C'est cette voix que je continuerai à porter avec une responsabilité particulière cette année lors de la présidence française du G7 et je la porterai partout au sein des instances européennes dans les enceintes internationales comme au G20 dans le cadre des Nations Unies où nous irons prochainement dans le cadre de la commission sur la condition des femmes avec une délégation française forte diverse ambitieuse parlementaire associative et du monde de l'entreprise. et la France ne parle pas seule à l'image de la 4e conférence ministérielle sur la diplomatie féministe que nous avons réuni à Paris au mois d'octobre dernier.
Nous y sont des réseaux de pays, d'institutions, d'entreprises, d'organisation de la société civile. Tous ceux qui savent que la défense des droits humains est bien un travail quotidien, patient, exigeant. Mesdames et messieurs, oui, définitivement oui. Nous sommes à un moment de bascule et dans ces moments-là, il n'y a pas de neutralité possible. On ne contourne pas l'histoire, on la subit ou on la regarde en face. Et aujourd'hui, le choix est clair. Entre la peur et la justice, entre la nostalgie et l'émancipation, entre la laïcité et le communautarisme, entre la fragmentation et la République, entre le destin subi et le destin choisi.
Je choisis une France qui respecte et qui protège, une République qui émancipe et qui n'abandonne personne. Je choisis l'égalité comme ligne de front car l'égalité ne tombe jamais du ciel. Elle se construit, elle se défend, elle se conquière et elle ne se conquière jamais seule mais toujours avec ceux qui refusent la résignation, qui tiennent et qui s'engagent quand la France est mise à l'épreuve. Parce qu'au fond, ce que nous avons à défendre, ce n'est pas seulement une politique publique ou un modèle, c'est une idée simple, exigeante, irréductible. Ne jamais laisser la peur décider à notre place. Ne jamais laisser l'injustice écrire notre avenir.
Ne jamais laisser le hasard gouverner notre destin pour que vive nos valeurs. Vive la République et vive la France. [applaudissements]
Aurore Bergé