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interviewyoutube.com· 10 janvier 2026 8 min

Anasse Kazib démonte l’hypocrisie médiatique face à Sonia Mabrouk sur TPMP

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Anasse Kazib

Le problème, Madame Abrouk, c'est que vous ne comprenez pas qu'il y a un monopole de ce discours réactionnaire. Vous l'avez sur Europe 1, vous l'avez sur CNews, et vous ne dites pas à un moment donné qu'on est toujours dans l'entre-soir. On discute avec une minorité, avec une poignée de gens.

0:11
Présentateur

Sur le plateau de TPMP, un masque tombe, quand Anas Kazib démonte l'illusion d'un journalisme prétendument neutre et révèle un monopole idéologique qui ne dit jamais son nom.

0:21
Invité

Mais à partir du moment où il est encarté, un journaliste doit quitter sa fonction.

0:24
Anasse Kazib

Vous, est-ce que ça vous choque qu'un présentateur de chaîne Info s'engage en politique ? Non, moi ça ne me choque pas qu'il s'engage en politique. Le problème, j'ai un désaccord avec Valérie, c'est que justement, pour moi, c'est tous les autres journalistes qui font du bluff, sous prétexte de ne pas être organisés, de faire semblant qu'ils ne sont pas militants politiques. Sonia Mabrouk, elle est militante politique, en réalité pas organisée, mais elle est militante politique.

Lorsque, par exemple, elle attaque la présidente de l'UNEF et que derrière, quelques semaines après, il y a un amendement à l'Assemblée nationale quand même, un amendement appelé amendement UNEF par rapport à la question de la non-mixité, ça c'est quoi si ce n'est pas du journalisme politique ?

0:53
Invité

Je ne suis pas une militante politique et j'aimerais revenir sur l'exemple que vous avez effectivement cité, qui est la présidente de l'UNEF. Quand on fait une interview, que ce soit une personnalité de droite, de gauche, de la société civile, notre objectif, et il n'est pas caché, c'est de susciter le débat politique. C'est que soit qu'il y ait un amendement, mais qu'il y ait quelque chose qui bouge dans le débat politique. Donc c'est ça, en fait.

1:08
Présentateur

Anas met le doigt sur une imposture devenue structurelle dans les médias français, celle d'un journalisme qui se prétend au-dessus de la mêlée alors qu'il participe pleinement à l'orientation du débat public. Lorsqu'il qualifie Sonia Mabrouk de militante politique non organisée, il ne l'insulte pas, il la décrit. Car interroger toujours les mêmes, avec les mêmes angles, produit mécaniquement une ligne idéologique. Ce que beaucoup refusent d'entendre, c'est que l'absence d'étiquette n'est pas l'absence de position. Anas rappelle que le pouvoir médiatique est aussi un pouvoir politique, et que faire semblant de ne pas l'exercer est déjà une stratégie.

1:40
Anasse Kazib

Je vais terminer juste pour que... Je vais terminer... Bruno Le Maire, vous demandez rien, vous faites l'interview de Bruno Le Maire. Je vais terminer sur...

1:45
Invité

Vous deviendrez intervieweur, si c'est votre objectif, peut-être que vous voulez passer de l'autre côté de la barrière. Je suis sûre que vous mènerez des interviews exceptionnelles, je n'ai aucun doute là-dessus. Mais pour la présidente... C'est un peu ironique, vous l'aurez compris. Pour la présidente de l'UNEF, pour la présidente de l'UNEF, c'est un... Pour remettre... Ce sont ces fameuses réunions anti-blancs. Vous ne semblez pas être sûres. C'est simplement... Alors si vous considérez qu'à partir de cela, monsieur, c'est d'être militant, alors je suis fière d'être militante.

C'est vieux comme le monde que des femmes s'organisent d'entre elles en fait et discutent entre elles lorsqu'elles sont victimes de discrimination. Je suis militante pour la France, c'est ça qui vous échappe malheureusement, et pas pour la majorité... Mais ça veut rien dire, militante pour la France.

2:19
Présentateur

Ce chapitre est révélateur d'un mécanisme très ancien. La radicalité est toujours reprochée aux dominés, jamais aux dominants. Quand une organisation étudiante ou syndicale s'organise entre personnes concernées, cela devient soudain excluant. Mais lorsque les élites politiques se retrouvent entre elles, cela s'appelle un dîner républicain. Anas rappelle une évidence historique et sociale. Les opprimés ont toujours dû créer leurs propres espaces pour se défendre. Ce que les médias appellent « division » n'est souvent qu'une remise en cause de l'ordre établi. Et cette inversion permanente des rôles finit par vider le débat de tous sens.

2:55
Invité

C'est une certaine idée de la France. Bien sûr qu'il y a une histoire française avec des hommes dont nous aimons ce pays, comme j'aime la Tunisie. D'ailleurs, ce débat, ça m'a toujours frappé, notre Tunisie natale, c'est qu'on peut l'avoir très simplement et sincèrement en Tunisie, et on ne peut pas l'avoir en France. Et moi, je ne veux pas laisser cela pris en otage par des individus, des gens, dont vous, et donc ça, on ne le laissera pas. Et de plus en plus, on va l'entendre que vous l'oubliez ou non.

3:15
Anasse Kazib

Déjà, vous appropriez le peuple tunisien, alors que le peuple tunisien, vous-même, vous défendiez Ben Ali. Donc, à un moment donné, il faut arrêter 5 secondes de faire croire que vous êtes toujours du bon côté de la barricade. Le problème, Madame Mabrouk, c'est que... Je suis ici depuis une vingtaine d'années, mais peut-être que vous m'avez connu dans le livre... Oui, mais ça ne vous empêche pas d'essayer de vous approprier la Tunisie quand ça vous arrange. Non, non, non, alors que le Tunisien n'est pas d'accord sur le pays de la Chine. Le problème, Madame Mabrouk, c'est que vous ne comprenez pas qu'il y a un monopole de ce discours réactionnaire.

Vous l'avez sur Europe 1, vous l'avez sur CNews, et que vous ne dites pas à un moment donné qu'on est toujours dans l'entre-soi.

3:41
Présentateur

Ce moment est crucial, car il montre comment l'identité nationale est souvent instrumentalisée pour disqualifier l'adversaire. Quand Sonia Mabrouk dit « je suis militante pour la France », elle ne définit rien, elle exclut. Anas a raison de répondre que cela ne veut rien dire politiquement. Aimer un pays ne donne aucun droit moral supérieur. Et surtout, personne n'a le monopole de la France, ni de la Tunisie. Rappeler le soutien passé à Ben Ali n'est pas une attaque personnelle, c'est un rappel politique. On ne peut pas convoquer ses origines uniquement quand elles servent à un récit. Anas refuse cette appropriation sélective des peuples. Et il le fait avec une lucidité qui dérange.

4:19
Anasse Kazib

Ce n'est pas anodin que dans le Cévi-Pov, par exemple, qui est une des enquêtes les plus importantes, montre que l'institution la plus détestée, parmi les plus détestés des Français, sont les médias. Mais parce qu'ils en ont marre d'équiter.

4:31
Invité

Ils en ont marre de les équiter par les ministres et les députés. C'est bon, pas du tout. On défend des thèses universalistes, on défend une certaine médias francs aussi. Mais pour vous, monsieur, pour une majorité de Français, ça veut dire beaucoup. Ça ne veut rien dire du tout.

4:41
Anasse Kazib

Est-ce que c'est de faire croire que ces gens-là viennent faire de manière impartiale de la politique ? Moi, j'ai été au grande gueule plus de 20 mois. Vous dites que vous avez été viré à cause de vos idées, c'est vrai ça ? Oui, très clair. Je ne suis pas prêt à Anas. Mais s'il vous plaît, laissez-le donner son avis. Pourquoi il a été écarté, Anas, le grande gueule ?

4:57
Auditeur

Moi, j'ai appelé pas mal de gens à la radio, qui était une radio privée. Et donc, vous avez appelé plusieurs fois à la révolution, à l'insurrection.

5:04
Présentateur

Ce que dit Anas ici est profondément juste. La défiance envers les médias ne tombe pas du ciel. Elle se construit année après année. Quand les plateaux deviennent des espaces fermés, ils cessent d'être représentatifs. Le problème n'est pas l'opinion, mais l'entre-soi. Inviter toujours des ministres et des éditorialistes, ce n'est pas informer, c'est reproduire le pouvoir. Les classes populaires ne se reconnaissent plus dans ce miroir déformant. Et au lieu de se remettre en question, certains médias accusent le public. Anas inverse cette logique et rappelle que l'information est un service public, même dans le privé.

5:39
Anasse Kazib

Je ne peux pas faire plus explicite. Sur mon compte Twitter, il y a écrit que je suis marxiste. Donc les marxistes, oui, de base, ils sont pour la révolution. Mais c'est compliqué, et donc c'est compliqué pour une radio privée. Non, mais ça, c'est faux. Moi, je suis très serein. C'est-à-dire que pour moi, quand je suis arrivé au grande gueule et quand je viens dans les télés, c'est la première et dernière fois. C'est-à-dire que... Il a invoqué quelle raison, Olivier Truchot ? Non, mais il a invoqué la question militante.

C'est-à-dire que quand Anas Casib, qui est militant, et je l'ai toujours dit, c'est-à-dire que moi, je suis militant syndical et politique au NPA, bien avant d'arriver au grande gueule. Les grandes gueules savaient qui j'étais, ce que je faisais, savaient que je suis cheminot, je travaille au triage du bourget, je suis engagé. Et le moment de la réforme des retraites, en fait, avec le niveau d'intensité qu'il y avait, ça pesait aussi sur le... Monsieur, vous avez une indignation à géométrie variable. C'est ça, ce qui est formidable.

6:16
Présentateur

Anas ne cherche pas à plaire, il cherche à être cohérent. Il rappelle une chose simple, il n'a jamais menti sur ce qu'il est. Les médias savaient parfaitement qui ils invitaient. Mais dès que la lutte sociale devient trop visible, la tolérance disparaît. Le problème n'est pas l'appel à la révolution, mais le refus de la résignation. On accepte tous les radicalismes, sauf celui qui remet en cause l'ordre économique. Anas paye le prix de cette cohérence. Et c'est précisément ce qui le rend crédit.

6:42
Anasse Kazib

Les raisons pour lesquelles, c'est que le militantisme de gauche ou d'extrême-gauche, celui qui vise à défendre les prolétaires, les petites gens, etc., on ne le veut pas. Par contre, quand Goldnadel dit « sur mon honneur » aux grandes gueules, il dit « sur mon honneur, je serai l'avocat de génération identitaire », il n'y a personne qui leur demande la moindre chose. Moi, j'ai fait deux mois de grève, 64 jours de grève. J'aurais dit « moi les gars, on est payé pendant les grandes gueules, je ne viens pas, moi je suis en grève, je suis aux côtés de mes collègues, je ne viens pas aux grandes gueules ».

Et on m'a reproché en fait, et on m'a demandé de rendre des comptes, pourquoi tu fais grève et pourquoi tu militais. Et lorsque Eric Brunet, au moment où il était encore à RMC, il m'appelle et il me demande de prendre position pour les grandes gueules contre des grévistes au moment de la réforme des retraites, j'ai dit « non, moi je ne vais pas à l'encontre de mes idées, c'est-à-dire celles qui visent à lutter pour les droits des salariés, des travailleurs ».

7:26
Présentateur

Les médias ne sont pas neutres, ils ont une ligne. Et cette ligne accepte très bien les discours réactionnaires. Mais elle rejette ceux qui parlent de grève, de droits, de solidarité. Quand Anas refuse de condamner les grévistes, il fait un choix moral. Il choisit les travailleurs plutôt que les plateaux. Et ce choix est incompatible avec certains médias. Ce n'est pas Anas qui est radical, c'est le système qui ne supporte plus la contestation. Ce débat n'est pas un clash, c'est une révélation. Si toi aussi tu penses que la neutralité médiatique est un mythe, dis-le en commentaire. Like, partage, abonne-toi. Ici, on ne baisse pas les yeux.