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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 septembre 2026 16 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéInstitutions & élections

Rima Hassan : Les révélations qui mettent Laurent Nuñez en difficulté

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:42OuverteRéponse directe

    Peut-on encore croire que vous faites respecter la déontologie ?

  • 9:35RelanceRéponse directe

    Avez-vous transmis ou confirmé des informations couvertes par le secret de l'enquête ?

  • 9:50FerméeÉludée

    Si oui, qu'attendez-vous pour démissionner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:25InvitéFait
    « Il explique que deux types de drogues ont été trouvées dans les affaires et que Rima Hassan aurait dit qu'elle avait acheté ça en Belgique. »
  • 8:09Invité politiqueFait
    « Selon eux, vous avez évoqué des éléments couverts par le secret de l'enquête, notamment concernant la prétendue présence de stupéfiants dans son sac à main. »
  • 8:21Invité politiqueFait
    « Avez-vous utilisé votre fonction de ministre de l'Intérieur pour bafouer le secret de l'enquête, bafouer la déontologie et vous en prendre à une femme arabe, palestinienne, opposante politique ? »
  • 9:57InvitéFait
    « C'est pas le ministre de l'Intérieur qui prend la parole et qui dit, voilà, je vais vous dire, Mme Rima Hassan est en garde à vue, elle a des substances toxiques. »
  • 10:03InvitéFait
    « On m'interroge, on m'interroge, c'est tout, sur des informations qui sont déjà dans la presse depuis le milieu de la journée. »
  • 10:33InvitéFait
    « J'incite à la prudence. »

Temps de parole

  • Présentateur81 %
  • Invité8 %
  • Laurent Nuñez7 %
  • ?3 %

≈ 17,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Bonjour

0:01
Présentateur

et bienvenue dans le récap. Nous sommes le jeudi 17 septembre et cinq mois après les faits, la garde à vue de Rima Hassan revient dans l'actualité. Vous vous souvenez du grand déballage d'avril dernier ? L'eurodéputée insoumise avait été convoquée pour apologie du terrorisme après un signalement d'un élu RN et du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Et pendant sa garde à vue, les chaînes d'infos s'étaient littéralement transformées en téléréalité carcérale. Des informations balancées quasiment en direct, des commentaires à la chaîne et surtout des intox reprises sans trop se poser de questions, notamment cette fameuse histoire de drogue de synthèse.

Et donc nous sommes cinq mois plus tard, on l'a dit. Et voilà le petit retour de flamme pour Laurent Nunez. Le ministre de l'Intérieur se retrouve accusé d'avoir contribué à propager ses fausses informations contre l'insoumise Rima Hassan. Et visiblement, cette fois, l'emballement médiatique l'amuse beaucoup moins.

0:58
Locuteur

Et

0:59
Présentateur

juste avant de poursuivre cette chronique, un tout petit message de service. Cette année, notre objectif est d'atteindre 10 000 donateurs mensuels pour continuer à vous proposer évidemment le récap du lundi au jeudi, mais aussi toutes les autres émissions du Média, les reportages, les enquêtes. Le tout en accès libre et gratuit évidemment. Pour un média indépendant, savoir qu'on peut compter sur votre soutien tous les mois, ça change tout. Ça nous permet de voir venir, de préparer des sujets, d'envoyer des journalistes sur le terrain et tout ça sans évidemment dépendre d'intérêts politiques ou financiers, mais juste de vous.

D'ailleurs, c'est vous qui choisissez le montant de votre contribution. À partir de 3 euros par mois, c'est déductible des impôts. Toutes les infos sont sur capsurdica.lemédiatv.fr. Merci à toutes celles et ceux qui pourront nous aider. Fin de la page de promo. Retour au récap. Retour donc au 2 avril dernier. Rima Hassan est placée en garde à vue pour apologie du terrorisme. Et très vite, une deuxième affaire s'invite dans la première. De la drogue de synthèse aurait été retrouvée dans son sac. Le Parisien sort l'info en premier. BFM embraye, déroule les bandeaux.

2:12
Locuteur

L

2:12
Présentateur

'EJT de 20h emboîte le pas. En quelques heures, la fameuse 3MMC supposément retrouvée dans son sac est partout, dans toutes les bouches. Les politiques s'en emparent, les commentaires s'emballent et l'eurodéputé se retrouve traîné dans la boue sur la foi d'une information

2:28
Locuteur

qui

2:28
Présentateur

n'a pas été vérifiée de source policière, semble-t-il. Mais ce n'est pas tout. Car pendant que les médias font leur marché dans ces fameuses sources policières, le parquet de Paris reste, lui, bien silencieux. Puis à 23h13, très précisément, il prend enfin la parole en évoquant à son tour, je cite, des substances s'apparentant à de la 3MMC trouvées dans les effets personnels de l'élu. Une formulation certes prudente sur le papier, mais qui, dans les faits, est venue conforter un récit médiatique déjà lancé à pleine vitesse. Le lendemain, le parquet précise pourtant que Rima Hassan avait spontanément déclaré avoir acheté du CBD bel et bien légal.

Et quelques jours plus tard, les analyses confirment sa version. L'enquête donne donc raison à l'élu. Elle est finalement classée sans suite. Mais évidemment, le mal est fait. Les accusations ont circulé partout, les responsables politiques s'en sont donnés à cœur joie et les démentis sont quasiment passés sous silence. Les médias qui avaient annoncé la découverte de la drogue avec une assurance assez spectaculaire se montrent soudainement, tout de suite, moins pressés de reconnaître leur erreur. Certains se retranchent derrière leurs sources policières, donc d'autres derrière la communication du parquet, donc de la justice.

Bref, chacun se renvoie à la patate chaude et tout le monde semble avoir une bonne raison de ne pas s'excuser de la boulette. Sauf que cinq mois plus tard, la patate, elle revient directement dans les mains de Laurent Nunez, qui semble donc bien embarrassé. De nouvelles révélations de l'émission au complément d'enquête mettent en cause le ministre de l'Intérieur en personne dans la circulation de cet intox. Pendant que Rima Hassan est en garde à vue, Laurent Nunez, lui, il est en déplacement officiel avec le Premier ministre à Bordeaux. Dans le train retour, le locataire de Beauvau échange en off avec plusieurs journalistes dans le wagon-bar, apprend-on.

Alors dans le petit monde journalistique, le off, c'est quand une source balance des infos sans vouloir être citée. Et forcément, quand ça vient d'un ministre, on a tendance à se dire que c'est du solide, surtout quand le ministre en question, c'est le ministre de l'Intérieur. En principe, il est quand même plutôt bien placé pour savoir ce qui se passe dans une procédure policière. Et forcément, alors que l'affaire Rima Hassan fait le buzz sur tous les plateaux ce jour-là et que Nunez semble bien disposée à s'épancher, et bien les journalistes présents, ils vont à la pêche aux infos, logique.

D'après les investigations de compléments d'enquête, Laurent Nunez confirme alors bel et bien que l'eurodéputée LFI avait de la drogue sur elle. Alors pas forcément avec le vocabulaire d'un communiqué officiel, on est toujours en off. D'après les témoignages recueillis par compléments d'enquête, le locataire de Beauvau parle d'un truc de synthèse, d'un produit dérivé de la cocaïne. Mais il précise ne pas trop s'y connaître. Il explique que deux types de drogues ont été trouvées dans les affaires et que Rima Hassan aurait dit qu'elle avait acheté ça en Belgique et qu'elle pensait que c'était autorisé.

Bref, il donne aux journalistes des éléments extrêmement précis sur une procédure judiciaire qui est encore en cours concernant une personne qui est toujours en garde à vue.

5:48
Locuteur

Et

5:48
Présentateur

on n'est pas vraiment dans les clous de ce qu'on pourrait appeler des bonnes pratiques de communication politique, si vous voyez ce que je veux dire.

5:54
Locuteur

D

5:55
Présentateur

'ailleurs, ces interlocuteurs, les journalistes, ne manquent pas de s'en faire la réflexion. Je cite l'un d'entre eux, présent dans le fameux wagon bar. Sur le coup, je me suis dit, mais il ne se rend pas compte qu'il est en train de nous donner des informations totalement confidentielles. Et peut-être qu'un ministre de l'Intérieur ne devrait pas dire ce genre de choses à côté de son Premier ministre au milieu d'un wagon bar. Effectivement, un ministre de l'Intérieur, un ministre tout court, ne devrait sûrement pas dire ça.

Et c'est bien tout le problème, parce qu'avec de telles révélations venues du plus haut sommet de l'État, et en plus des fuites policières et des communiqués du parquet, autant vous dire qu'à la sortie du train, les journalistes sont complètement convaincus de la solidité de leurs infos, ce qui va nécessairement contribuer à diffuser encore davantage la fake news. Face caméra, alors c'est tout autre chose. Le ministre de l'Intérieur, il retrouve toute sa contenance. Il est redevenu le ministre, chargé de faire respecter l'ordre et accessoirement le secret de l'enquête. Alors le lendemain, 3 avril, sur le plateau de BFM, il condamne très fermement les fuites dans la presse.

7:02
Invité

Moi, je ne ferai aucun commentaire là-dessus. Je regrette d'ailleurs qu'il y

7:05
Locuteur

a

7:05
Invité

eu des fuites. Je comprends qu'il y

7:07
Locuteur

a

7:07
Invité

eu quelques fuites avant que le parquet ne s'exprime. Il n

7:09
Locuteur

'y a

7:09
Invité

que le parquet qui peut s'exprimer sur ces sujets.

7:11
Locuteur

Et sur

7:11
Présentateur

ce sujet, le parquet a confirmé

7:13
Locuteur

cet élément.

7:13
Invité

Moi,

7:13
Locuteur

je

7:13
Invité

n'ai pas de commentaire à faire. Je ne

7:15
Locuteur

suis

7:15
Invité

pas en charge de la procédure judiciaire.

7:17
Présentateur

Ah ben, on est tout de suite plus prudents. Sauf que voilà, c'était sans compter sur complément d'enquête. L'émission ne sera diffusée en intégralité que ce jeudi soir. Mais les premières révélations sont déjà sorties publiquement. Et elles sont particulièrement gênantes pour Laurent Nunez. Ce matin, les députés LFI ont profité d'une audition du ministre à l'Assemblée pour lui demander des comptes, logique.

7:41
Laurent Nuñez

On écoute.

7:42
Locuteur

J

7:43
Laurent Nuñez

'en viens à la question de la confiance que nous pouvons vous faire à vous, ministre de l'Intérieur. Peut-on encore croire que vous faites respecter la déontologie

7:49
Locuteur

? Et

7:50
Laurent Nuñez

en parlant de déontologie, comment ne pas évoquer les éléments gravissimes portés à notre connaissance par l'émission complément d'enquête hier soir ? Plusieurs journalistes témoignent avoir échangé avec vous au sujet de la garde à vue de l'eurodéputé Rima Hassan alors qu'elle était encore en cours. Selon eux, vous avez évoqué des éléments couverts par le secret de l'enquête, notamment concernant la prétendue présence de stupéfiants dans son sac à main, finalement démentis après plusieurs jours d'emballement médiatique calomnieux. Je rappelle qu'à l'époque, vous aviez vous-même déclaré « regrettez les fuites dans la presse

8:21
Locuteur

». Ma

8:22
Laurent Nuñez

question est simple.

8:23
Locuteur

Oui

8:24
Laurent Nuñez

ou non, avez-vous transmis ou confirmé auprès de journalistes des informations couvertes par le secret de l'enquête

8:30
Locuteur

?

8:30
Laurent Nuñez

Avez-vous utilisé votre fonction de ministre de l'Intérieur pour bafouer le secret de l'enquête, bafouer la déontologie et vous en prendre à une femme arabe, palestinienne, opposante politique

8:43
Locuteur

? Si

8:44
Laurent Nuñez

oui, qu'attendez-vous pour démissionner, puisque décidément, nul ne peut plus vous faire confiance ?

8:50
Présentateur

Ah, visiblement, entre le wagon-bar et le Palais-Bourbon, le ministre n'a pas tout à fait la même aisance.

8:55
Locuteur

Ça

8:56
Présentateur

bégaye !

8:57
Invité

Pour finir, je réponds donc aux questions qui m'ont été posées par Mme Catala, Mme Legrain, Mme Rousseau.

9:13
Locuteur

Donc, le

9:13
Invité

jour où je vais à Bordeaux

9:15
Locuteur

avec

9:16
Invité

le Premier ministre,

9:16
Locuteur

donc

9:17
Invité

je pars toute la journée à Bordeaux, pour rencontrer le maire de Bordeaux, des élus locaux, pour discuter de la loi sur les polices municipales. Je rencontre des

9:29
Locuteur

journalistes

9:30
Invité

dans un train,

9:31
Locuteur

au

9:32
Invité

retour,

9:33
Locuteur

de

9:33
Invité

manière totalement informelle,

9:34
Locuteur

et

9:35
Invité

ils sont au courant de tout.

9:36
Locuteur

Ils

9:37
Invité

ont toutes les informations concernant la garde à vue de Mme Rima Hassan, concernant les imputations qui lui sont prêtées d'être en position de drogue,

9:48
Locuteur

et

9:48
Invité

ils m'interrogent. C'est pas le ministre de l'Intérieur qui prend la parole et qui dit, voilà, je vais vous dire, Mme Rima Hassan est en garde à vue, elle a des substances toxiques. Donc,

9:59
Locuteur

c

9:59
Invité

'est pas, on m'interroge, on m'interroge, c'est tout, sur des informations qui sont déjà dans la presse depuis le milieu de la journée.

10:08
Présentateur

Donc, si on résume la défense, il faut séparer l'homme de l'artiste, ce n'est pas Laurent Nunez, le ministre, qui s'est exprimé, c'est Laurent Nunez, le citoyen, probablement, en déplacement ministériel, ça n'a rien à voir, c'est pas la même chose. Et puis, alors, les journalistes savaient tout, alors autant tout leur confirmer. Alors oui, tout était fake, mais ça, visiblement, ce n

10:29
Locuteur

'est

10:29
Présentateur

pas son problème à Nunez, le citoyen. La suite.

10:32
Locuteur

En

10:32
Invité

tout cas, moi, je suis interrogé en off, et dans cette conversation, j'incite à la prudence. J'incite à la prudence. Donc voilà, je joue mon rôle de membre du gouvernement, et surtout de grands professionnels de ces sujets, qui sait que sur ces questions, il faut être extrêmement prudent. Et donc, contrairement à ce que vous laissez entendre, contrairement à ce que vous laissez entendre, on n'a absolument pas organisé ces fuites.

10:55
Locuteur

Ah,

10:56
Présentateur

en fait, Laurent Nunez,

10:57
Locuteur

ce

10:57
Présentateur

n

10:57
Locuteur

'est

10:57
Présentateur

pas juste un citoyen, c'est aussi un grand professionnel, qui incite à la prudence,

11:03
Locuteur

en

11:03
Présentateur

alimentant lui-même la fake news. Voilà, à ce niveau de déni, il faut juste reconnaître une chose, c'est du grand art. Bon, autant vous dire que la prestation n'a que moyennement convaincue, surtout dans les rangs de la France insoumise. Malgré la suspension de séance, la députée insoumise, Gabrielle Catala, a tenté quand même, tant bien que mal, de remettre les points sur les i, jusqu'à ce qu'on lui coupe son micro. Écoutez.

11:26
Invité

Vous avez

11:27
Locuteur

confirmé des informations, vous avez vous-même donné des informations, c'est un truc de synthèse, le deuxième ressemble à de la cocaïne.

11:35
Invité

Vous avez donné le point de vue de Rima Hassan, qui explique qu'elle a acheté des produits de manière parfaitement...

11:39
Présentateur

Et puis, depuis, les réactions se multiplient, évidemment. Plusieurs cadres LFI réclament la démission de Laurent Nunez et parlent de scandale d'État. Mathilde Panot, à elle, saisit le procureur général près la Cour de cassation, au titre de l'article 40, accusant le ministre d'avoir violé tous les principes les plus élémentaires de l'État de droit. Alors, rappelons également que Laurent Nunez n'est pas le seul, au sein du gouvernement, à avoir été écalaboussé par l'affaire de la garde à vue de Rima Hassan et surtout des intox qui en ont suivi.

Selon le canard enchaîné, souvenez-vous, le porte-parole du ministère de la Justice avait également échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de la députée européenne discutant avec eux du contenu de cette garde à vue. Décidément, ça commence à faire beaucoup. Et c'est précisément pour ça qu'il faut regarder cette affaire, autrement que comme une simple histoire de coup bas en politique ou de fiasco médiatique. Depuis son entrée en politique, Rima Hassan enchaîne les convocations, les plaintes, les signalements et les procédures en tout genre pour ses prises de position sur la Palestine.

16 procédures ont été ouvertes par le parquet de Paris contre elle, dont 13 ont été classées sans suite. 5 rapporteurs spéciaux de l'ONU ont même fait part de leurs vives préoccupations évoquant des éléments qui semblent témoigner d'un harcèlement judiciaire et politique à son encontre. Et cet acharnement, Rima Hassan, n'est évidemment pas la seule à le subir. Les militants de la cause palestinienne sont nombreux et nombreuses à faire l'objet de procédures similaires et de signalements en tout genre. Sauf que dans son cas, il y a une double cible. La militante de la cause palestinienne, mais aussi la figure de la France insoumise.

Depuis des mois, le gouvernement, une partie de la droite, ainsi qu'une certaine gauche, d'ailleurs il faut bien le dire, ont transformé la question palestinienne en véritable épouvantail politique. On agite l'apologie du terrorisme, on accuse d'antisémitisme, on signale, on porte plainte, on convoque, on judiciarise, on commente, à tout va. Bref, on diabolise et c'est ça qui compte. Peu importe que la justice ne condamne pas à la fin, ce qui compte, c'est la petite musique qui se joue dans l'intervalle, la petite musique politique. C'est elle que les gens retiennent. Oui, parce qu'en politique,

13:59
Locuteur

c

13:59
Présentateur

'est tout ce qui compte,

13:59
Locuteur

ce

13:59
Présentateur

que les gens retiennent. Alors oui, ok, c'est malhonnête, particulièrement quand un membre du gouvernement s'y met, avec toute l'autorité et l'exemplarité supposée de la fonction.

14:09
Locuteur

Mais

14:09
Présentateur

peu importe, ça fait le jeu de la politique. Alors en l'occurrence, Laurent Nunez, c'est pas un commentateur anonyme qui aurait relayé une rumeur comme ça sur un coin de table au PMU du coin. C'est le ministre de l'Intérieur, on ne le dira jamais assez, celui qui est censé connaître les notions que sont le secret de l'enquête, la présomption d'innocence, ainsi que l'ensemble des règles qui encadrent la communication autour d'une procédure judiciaire en cours.

Et en l'occurrence, quand un ministre de l'Intérieur est accusé d'avoir contribué à faire circuler une fausse information à l'encontre d'une opposante politique, c'est plus seulement une affaire de communication banale, c'est une affaire de responsabilité et de pouvoir. Nous sommes face à une question démocratique majeure, parce qu'un État droit, ce n'est pas un État qui brandit les règles quand elles servent seulement à encadrer ses adversaires et qui les oublie quand elles risquent de s'appliquer à lui-même. Ce n

15:00
Locuteur

'est

15:00
Présentateur

pas un État où le pouvoir peut dénoncer les fuites après avoir été accusé d'y avoir contribué. Ce n'est pas un État où la présomption d'innocence devient une règle à géométrie variable. Et ce n'est certainement pas un État où une procédure judiciaire

15:13
Locuteur

peut

15:14
Présentateur

devenir, volontairement ou non, une arme de communication contre une opposante politique. Parce qu'à ce moment-là, le problème, ce n'est plus seulement de savoir qui a fait fuiter une info. Le problème, c'est de savoir ce que le pouvoir s'autorise à faire à ceux qui le contestent. Et ça, dans une démocratie, c'est autrement plus grave qu'une simple intox. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou par e-mail, si vous nous regardez à la télé.

Et si vous voulez nous aider à faire durer l'aventure du média, rendez-vous sur capsurdicap.lemédiatv.fr pour devenir un de nos 10 000 donateurs mensuels. Si vous aimez le Récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, je choisirai de proposer des sujets. Moi, je vous attends sur le canal Instagram dédié à l'émission. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos YouTube. Merci à vous et une très bonne soirée sur le média.