Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement - 18/10
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Vous regardez BFM Politique avec Edwige Chevrillon pour BFM Business, Olivier Beaumont pour Le Parisien. Notre invité aujourd'hui est le porte-parole du gouvernement. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Merci d'être avec nous. Le contexte est évidemment extrêmement singulier. L'émotion qui accompagne l'assassinat de cet enseignant est immense et à juste titre. L'hommage à Samuel Paty sera national mercredi. Aujourd'hui, il y a des rassemblements attendus un peu partout en France à 15h. À Paris, ce sera Place de la République. Beaucoup de monde y seront. Vous y serez peut-être d'ailleurs ?
On a fait le choix avec le gouvernement d'être représenté par deux de nos collègues, Jean-Michel Blanquer et Marlène Schiappa, qui seront à ce rassemblement Place de la République pour représenter le gouvernement.
Gabriel Attal, il y a cinq ans, Place de la République, il y avait des dizaines de milliers de gens, des centaines de milliers autour de cette place, pour les mêmes raisons. Cinq ans plus tard, nous allons nous retrouver au même endroit, pour les mêmes raisons.
Oui. C'est un mal qui sévit dans notre pays, que le séparatisme islamiste, que le terrorisme. Et c'est un mal auquel on a fait le choix de s'attaquer. Et ce drame, ce choc qui va au-delà des mots, au-delà des larmes, il doit permettre d'accentuer ce réveil républicain, ce sursaut républicain, de toute la République, de toute la société, pour réagir et pour agir plus efficacement.
SVG. Oui. Bonjour, Gabriel Attal. Bonjour. Qu'est-ce que vous dites, cela dit, aux professeurs, aux enseignants, aujourd'hui ? Est-ce qu'enseigner est devenu un métier à risque ? Est-ce qu'on peut dire ça ? Surtout, derrière, quelle est la chaîne de responsabilité de l'Académie de Versailles ? Et puis d'autres, peut-être, au sein de ce lycée ?
Vous savez, moi, j'ai été, avant d'être porte-parole du gouvernement, secrétaire d'État à l'Éducation nationale, auprès de Jean-Michel Blanquer. Et donc, je sais à quel point peut être difficile d'enseigner aujourd'hui, pour un certain nombre de raisons, pas uniquement pour ces enjeux d'atteinte aux valeurs de la République, mais notamment pour ces enjeux. Et en 2017, on a fait le choix, avec Jean-Michel Blanquer, de s'attaquer résolument à cet enjeu. Parce que, qu'est-ce qui se passait avant ? Quand vous faisiez face, en tant qu'enseignant, à une situation difficile, à une atteinte à la laïcité, vous étiez tout seul. Il y avait un blackout absolu de l'institution. Qu'est-ce qu'on a fait ?
On a mis en place des outils... Oui, mais regardez ce qui s'est passé. On a mis en place des outils qui permettent d'alerter l'institution, de dire ce qui se passe, d'avoir, dans chaque rectorat, dans chaque académie, des personnes qui sont à 100% dédiées à cette question, qui peuvent se déplacer dans les établissements pour aider les professionnels sur le terrain à les gérer. C'est 400 personnes en France qui sont à 100% dédiées à cette question.
Ça a été fait en l'espèce. Le référent à la laïcité s'est déplacé.
Est-ce qu'il reste des angles morts ? Est-ce qu'il reste des difficultés ? Probablement, évidemment même, j'ai envie de dire. On va continuer à progresser. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a une volonté politique très forte depuis 2017 sur ce sujet, qu'on a mis en place des outils. Encore une fois, j'étais auprès de Jean-Michel Blanquer. Tous les soirs, Jean-Michel Blanquer, moi-même, quand j'étais son secrétaire d'État, on reçoit un rapport qui dit tout ce qui s'est passé pendant la journée dans toutes les écoles de France sur ces questions-là. Et il y a des actions qui sont engagées avec nos équipes sur le terrain. Est-ce que c'est suffisant ?
Ça veut dire que votre successeur, il a eu un rapport qui lui a dit ce qui s'est passé ?
Je ne sais pas précisément. Je ne les reçois plus. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a plusieurs étages et que les faits les plus graves remontent au ministère de l'Éducation nationale. Évidemment, on fait maintenant la transparence sur ces questions-là. Il y a quelques jours, il se trouve qu'il y avait Jean-Michel Blanquer qui réunissait ces équipes Valeurs de la République et Laïcité, qui a produit les chiffres que se sont déroulés dans notre pays et dans nos écoles.
Ils sont éloquents.
Vous dites, Gabriel Attal, que vous avez les outils pour alerter. Mais il y a un sujet majeur, un problème majeur, n'ayons pas peur de mots, c'est la question de l'enseignement de la laïcité en France. Jean-Michel Blanquer a dit qu'à la reprise des vacances de la Toussaint, il y aura un cadrage pédagogique fort. Ce sont ces mots. Concrètement, ça veut dire quoi ? Et comment va-t-on faire pour que les enseignants puissent enseigner dans des conditions sereines la laïcité ?
Vous l'avez dit, aujourd'hui, il y a un enseignement sur le sujet, des valeurs de la République, de la laïcité, une charte de la laïcité qui est présente dans tous les établissements et avec un accompagnement pédagogique par les professeurs. Pour ça, on a aussi augmenté la formation des enseignants, la formation initiale continue. Ça reste insuffisant, vous l'avez dit, parce que des professeurs ont peur d'avoir de la réaction de leurs élèves dans les endroits les plus difficiles et donc peuvent s'auto-censurer. Et ça, ce n'est pas possible et ce n'est pas acceptable. C'est vrai qu'avec ce qui s'est passé cette semaine, on peut craindre que ce soit encore plus le cas.
Et donc, on peut être à 100% aux côtés des enseignants. C'est ce qu'a dit Jean-Michel Blanquer. Et là, on a quelques jours pour travailler à ce que sera la rentrée dans l'école de la République autour de cette question-là. Et il faut une offensive très forte de l'école de la République sur ces questions-là dès la rentrée scolaire. Et comment on fait plus ?
D'un point de vue pédagogique, j'entends, puisque cet enseignant, il est mort justement en essayant de transmettre cet esprit.
C'est une réaction à cet enseignement, oui. Mais il faut faire plus. Il faut que l'institution fasse bloc. Il y a aujourd'hui de très bonnes initiatives qui sont prises dans certains établissements.
Mais voilà ce que vous dites, c'est des initiatives dans certains établissements. Oui, je vous donne un exemple. Il faut un cadre général.
Oui, il faut un cadre général. Et on peut s'inspirer d'initiatives positives qui sont prises dans certains établissements. Je vous donne un exemple. Quand j'étais secrétaire d'État à l'éducation, j'ai été voir dans des établissements scolaires ce que fait une fondation, la fondation SEV, qui est portée par un philosophe qui s'appelle Frédéric Lenoir, qui met en place ce qu'on appelle des ateliers philo. Comme ça, ça donne l'impression que c'est juste un apprentissage de la philosophie. Non, c'est des ateliers qui permettent d'éveiller l'esprit critique des élèves et d'aborder avec eux des questions difficiles comme celle-ci pour faire progresser les consciences de chacun.
Je me suis retrouvé dans une classe à Trappes, en CM1, avec des enfants, qui s'interrogeaient sur qu'est-ce qu'un ami. Et à partir de cette question-là, je peux vous dire que beaucoup de sujets sont venus sur la table, y compris la question de la liberté d'expression, celle de la tolérance, du racisme, de l'antisémitisme, de la radicalisation. Je pense qu'il faut commencer plus tôt. Il faut commencer très tôt, évidemment. Il faut commencer dès l'école primaire. Et d'ailleurs, quand vous regardez les rapports qui sont faits maintenant sur ces questions d'atteinte aux valeurs de la République et à la laïcité, vous voyez que dès l'école primaire, vous avez des situations.
Là, on a le plus de situations relevées, c'est au collège. Ensuite, c'est dans le premier degré et après, au lycée. Donc, c'est à tous les niveaux qu'il faut agir.
Justement, ces atteintes. Le ministre de l'Éducation nationale a communiqué les chiffres cette semaine. 935 atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires entre septembre 2019 et le mois de mars 2020. Comment on en est arrivé là ? Sachant que le sujet est connu. Je vais vous redonner un nom que vous connaissez par cœur, celui de Jean-Pierre Robin, qui est inspecteur de l'Académie nationale et qui avait dit en 2004, les atteintes se multiplient et il y en a partout. 2004, 2020, comment on en est arrivé là ?
Vous avez raison. Il y a des années, peut-être des décennies, où notre pays, d'une certaine manière, a décidé de mettre ça sous le tapis. Je ne jette la pierre à personne, mais c'est un fait. Et si on a ces chiffres aujourd'hui, c'est parce qu'on a décidé, nous, de faire la transparence, de faire la lumière et de publier ces chiffres pour que la société puisse s'en emparer, pour qu'il puisse y avoir ce sursaut et surtout pour qu'on puisse construire les réponses adaptées.
Aujourd'hui, quand vous avez un élève qui se bouche les oreilles en cours de musique pour chanter des sourates, quand vous avez des enfants dont les parents organisent une éviction des cours de natation et de la piscine avec des faux certificats médicaux, tout ça, ça remonte. Et tout ça, c'est public et c'est publié. Et maintenant, l'enjeu, c'est de prendre les responsabilités.
C'est ce qu'on fait. Donc, jusqu'à maintenant, ce n'est pas le cas, ce que vous nous dites. Non. Jusqu'à maintenant, on n'a pas voulu regarder le problème.
En tout cas, jusqu'à ce qu'on décide d'avoir une politique spécifique sur ce sujet-là avec des équipes dédiées dans chaque rectorat. Aujourd'hui, vous êtes un enseignant face à cette situation. Ce n'est même pas aujourd'hui. Ça date de 2018 parce qu'on l'a mis en place. Vous avez la possibilité d'alerter l'institution, c'est-à-dire le ministère, via un formulaire en ligne qui est disponible sur le site EduSchool. Vous êtes rappelé dans les 24 heures et on vous envoie une équipe sur place avec des gens physiquement qui viennent vous accompagner, qui viennent vous aider. On a mis en place un numéro vert pour, là aussi, renforcer l'accès des enseignants à l'institution.
Vous téléphonez, vous avez un accompagnement. Ce que je veux faire mesurer, c'est qu'on ne prétend pas avoir réglé tous les problèmes en deux ans, évidemment. Et encore une fois, l'actualité douloureusement nous rappelle que ça reste un problème extrêmement vif aujourd'hui dans notre pays. Mais on s'est doté des outils qui permettent et d'apporter une réponse. En même temps,
vous avez toujours Gabriel Attal, vous avez toujours cette jeune adolescente, Mila, qui est toujours déscolarisée après ce qui lui est arrivé. Donc, on voit que ce n'est pas si simple. Est-ce que vous appelez, justement, dans le cadre de cette rentrée scolaire, le 2 novembre prochain, est-ce que vous dites que la liberté d'expression, ça commence peut-être par expliquer, détailler ces caricatures de Mahomet ? Est-ce que vous dites qu'il faut les expliciter dans l'ensemble du territoire français, dans l'ensemble de l'éducation nationale française ?
Il faudra qu'il se passe quelque chose de spécifique et d'historique à la rentrée scolaire après les vacances de la Toussaint, c'est certain. Maintenant, je vais vous dire, ce n'est pas le gouvernement tout seul qui va décréter ce qui va se passer. Il faut le construire avec les enseignants et notamment avec leurs représentants. Ils ont été réunis hier par le Premier ministre et par Jean-Michel Blanquer. C'est un sujet dont on a commencé à discuter avec eux. Je vous le dis, on a là quelques jours pour construire ça avec eux, mais c'est avec eux qu'on va le construire. Et qu'est-ce qui a remonté de cette journée d'hier ? C'est ce qui a remonté déjà de cette journée d'hier ?
Ce qui a remonté, c'est d'abord une très grande dignité, responsabilité des organisations syndicales d'enseignants. Je n'étais pas à cette réunion, mais j'ai vu le Premier ministre l'après-midi après qu'il les ait reçus et il a été frappé par ça.
11 personnes sont en garde à vue dans cette enquête, Gabriel Attal, dont le parent d'élèves qui a dénoncé le cours de Samuel Paty dans une vidéo ainsi qu'un de ses proches qui est connu pour ses positions radicales. Les services de renseignement territoriaux d'ailleurs avaient pointé la tension autour de cet enseignant dans cet établissement avant finalement de dire c'est bon, les choses se sont calmées. Est-ce qu'on s'est raté, Gabriel Attal ?
Il y a une enquête en cours, vous l'avez dit, et d'ailleurs votre reporter à l'instant disait que c'était une enquête difficile. Cette enquête, elle permettra de faire toute la lumière. Il y a une enquête sur les faits, qui sont les individus qui sont liés à ce terroriste, comment est-ce que l'engrenage s'est fait jusqu'à l'action du terroriste. Puis nous, ce qu'on est en train de faire, c'est qu'on est aussi en train de regarder quelle a été la réponse de l'institution. Est-ce que là aussi il y a eu des angles morts ou pas ?
C'est un sujet qu'on est en train de regarder avec Jean-Michel Blanquer, avec Gérald Darmanin, avec l'ensemble du gouvernement pour évidemment là aussi en tirer les leçons.
En même temps, on a bien vu que la principale du collège l'avait dit qu'il fallait s'adapter peut-être à ces menaces. Est-ce que la réponse de l'institution a été insuffisante encore une fois ? Moi je peux vous dire que la principale du collège, de l'avis de tous,
elle a été absolument... Elle, elle. Il faut lui rendre hommage. C'est extrêmement difficile ce qu'elle a eu à vivre, ce qu'elle vit encore aujourd'hui et il faut rendre hommage à son action. Le rectorat avait les informations dont on dispose dépêché un inspecteur des fameuses équipes dont je vous parlais qu'on a mises en place. Maintenant voilà, ce que je vous dis c'est qu'on est en train de regarder la manière dont les choses se sont enchaînées. Et l'angle mort, il est où ? On en tirera tous les enseignements. Je ne peux pas moi vous le dire aujourd'hui, c'est une situation qui est récente mais on est en train de regarder ce point.
Rien ne sera mis sous le tapis parce qu'encore une fois, ce n'est pas le sens de ce qu'on fait depuis maintenant trois ans.
Pour rappeler les choses, ce que l'on a appris c'est que cette principale avec son enseignant ils se sont adaptés. Ils ont pris des mesures ensemble. Elle lui a conseillé de venir en voiture et non plus à pied. On a appris que les derniers temps il sortait de son établissement avec une capuche sur la tête pour se cacher. Il y a quand même des éléments extrêmement marquants, extrêmement forts qui manifestement n'ont pas été pris en compte.
C'est exactement ce qu'on est en train de regarder. Ce que je sais, c'est qu'il y a des éléments contradictoires qui remontent. D'un côté, cette fameuse note qui est sortie dans la presse qui dit la situation est plus ou moins revenue à la normale. De l'autre, d'autres informations. Je ne vais pas, moi, aujourd'hui, tirer des enseignements alors même que vous avez des équipes qui sont spécifiquement en train de regarder ce sujet.
On a comme le sentiment qu'ils étaient très seuls dans cette histoire. Cet enseignant et cette principale. C'est précisément
ce qu'on est en train de regarder Olivier Beaumont. Je ne dis pas que, encore une fois, je ne dis pas que tout a été parfait dans cette histoire. C'est qu'on a mis en place un certain nombre d'outils depuis 2017 et qu'à l'évidence, ils ont été mobilisés dans cette situation. On est en train de regarder s'il y a eu des angles morts et le cas échéant, évidemment, on en tirera des conclusions.
Vendredi soir, une heure après l'attaque, Zineb El Razoui revenait sur son fil Twitter sur cette agression. Je vais la citer parce que son message est assez fort. Il s'appelait Monsieur Paty. Voilà le raciste et islamophobe qu'il était. Ceux qui l'ont affublé de ses accusations meurtrières, les parents d'élèves qui l'ont dénoncé aux terroristes doivent être déchus de leurs droits civiques et couverts d'indignité nationale. Est-ce que vous êtes d'accord, Gabriel Attal, avec cette proposition ?
Moi, je suis en tout cas convaincu que ceux qui ont participé à ce lynchage public de cet enseignant, il y a des vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux, peut-être via d'autres mobilisations qu'on n'a pas vues et toute l'enquête est en train de regarder ce qui s'est passé. Ils sont d'une certaine manière responsables de ce qui s'est passé. Après, moi, je ne suis pas la justice, je ne suis pas la police. Il y a une enquête, encore une fois, qui est en cours. Ces gens-là, ils sont en garde à vue et il faut une réponse absolument exemplaire sur ce sujet-là.
La rédaction du projet de loi sur le séparatisme est en cours. On le sait, il y a eu un discours du chef de l'État au bureau qui a désigné l'islamisme radical. Que change ce drame de confluence en tonnerie de Gabriel Attal ? Est-ce que le calendrier va être changé ? Est-ce qu'on va précipiter un peu la rédaction et l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi ?
Le projet de loi est quasiment finalisé. Sa présentation au Conseil des ministres est prévue à ce stade le 9 décembre. J'ai envie de dire que ce texte tombe à pic dans la situation qu'on connaît et que là, on a encore quelques jours, quelques semaines si on veut éventuellement l'enrichir et tirer des enseignements de ce qu'on a vécu avec ce drame pour enrichir notre réponse. Moi, ce sur quoi je veux insister, c'est que on a une action très forte qui a été engagée depuis 2017 sur cette question-là. J'ai été élu député en 2017.
Une des premières lois que j'ai votées, la loi sur la sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme, elle a permis de nous doter d'outils pour fermer des mosquées qui prêchent la haine, pour expulser des imams qui prêchent la haine. Ensuite, on a mis en place une loi pour mieux encadrer, mieux fermer des écoles hors contrat où on prêche la haine. On a identifié 15 quartiers où cette situation est la plus problématique pour donner aux préfets des outils aux élus pour fermer des lieux qui prêchent la haine, qui entraînent la radicalisation. Je crois qu'on en est à plus de 300 lieux qui ont été fermés, des débits de boissons, des associations. Mais si ça avait été suffisant,
Gabriel Attal, il n'y aurait pas de projet de loi nouveau sur cette même question. Et moi, ce que je vous demande, c'est est-ce que ce drame vous conduit à enrichir encore ce texte ? Si oui, comment ? Est-ce qu'il faut
qu'il sorte avant le 9 décembre ? Ce que je vous dis, c'est qu'avec ce projet de loi, on a une étape supplémentaire qui est franchie avec des mesures extrêmement fortes, certaines historiques. Je pense notamment à l'obligation de scolarisation à l'école de la République et de limiter l'instruction à domicile à quelques cas précis, notamment pour des raisons de santé. Je pense qu'à ce qu'on va faire pour mieux encadrer et dissoudre les associations qui, encore une fois, vont contre les valeurs de la République. Je pense à ce qu'on va faire sur la neutralité religieuse dans le cadre des services publics, y compris contre ceux qui sont délégataires de services publics.
Par exemple, un chauffeur de bus qui est aujourd'hui d'une entreprise qui travaille avec une collectivité locale qui refuse de prendre son service parce qu'une femme a conduit le bus juste avant, ça, c'est plus possible dans la République. On va l'empêcher parce qu'on a ces nouveaux outils. Donc oui, c'est une étape supplémentaire. Si vous me demandez si ce drame que nous vivons va nous permettre d'enrichir et éventuellement de nous voter des mesures, va renforcer. Évidemment que oui. Évidemment que si on identifie des mesures nouvelles qui doivent être prises, on a aujourd'hui ce texte de loi qui va arriver au Parlement qui va nous permettre de les examiner.
Mais encore une fois, c'est égal à deux jours. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que les ministres concernés
sont en train de travailler à de nouvelles propositions ? Bien sûr. Il y a eu une réunion hier chez le Premier ministre. Mais encore une fois, c'est une situation dramatique, bouleversante qui a eu lieu il y a deux jours. Et on est en train d'en tirer tous les enseignements. Et le cas échéant, évidemment qu'on adaptera le projet de loi qui sera présenté. Sur le même calendrier ? Oui, sur le même calendrier. Mais je ne veux pas laisser penser que ce texte serait finalement insuffisant. Il y a des mesures extrêmement fortes qui sont prises et qui sont à beaucoup de niveaux historiques. Olivier Bon.
Alors, il y a un homme qui est au cœur de l'enquête. C'est Abdelhakim Sifrioui qui est le proche du parent d'élève auteur de la vidéo. Alors, c'est un individu qui est connu pour des faits de radicalité. Il a même fiché S. Et pourtant, ça ne l'a pas empêché de diffuser des vidéos et même de rentrer dans ce collège pour faire pression sur la principale. Il est membre. Il se revendique du Conseil des imams de France. Qu'est-ce que vous savez de cette organisation ? Et est-ce qu'il faudrait la dissoudre ?
Je ne sais rien de cette organisation. Je ne vais pas vous mentir. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a un certain nombre d'organisations, notamment associatives, on voit bien, qui ont tourné autour de cette affaire. Quand on regarde la vidéo qui avait été postée par ce parent d'élève, il appelait notamment à contacter une association qui est bien connue de tous et qu'on est en train de regarder quelles sont les responsabilités. Et là aussi, il faudra en tirer toutes les conséquences.
Gabriel Attal, reste avec nous, s'il vous plaît, dans un instant. Retour de BFM Politique avec le porte-parole du gouvernement. A tout de suite. La suite de BFM Politique avec Edwish Cheveillon pour BFM Business, Olivier Beaumont pour Le Parisien, le porte-parole du gouvernement et notre invité, Gabriel Attal. Je voudrais que nous revenions, s'il vous plaît, sur le rôle des réseaux sociaux dans cette affaire. Alors, les enquêteurs sont en train de déterminer dans quelle mesure les vidéos poster pour condamner les agissements de Samuel Paty en tout cas, c'est court, son travail ont eu un impact sur l'issue dramatique de cette affaire.
Les réseaux sociaux qui sont un creuset d'appels à la haine, un déversoir parfois à des propos extrêmement violents. Comment est-ce qu'on fait mieux ? Le Conseil constitutionnel a jusque là posé des limites, sauf qu'il faut faire quelque chose. Que pouvez-vous faire ?
Vous l'avez dit, les réseaux sociaux ont une responsabilité et en l'occurrence dans cette affaire, c'est-à-dire que les choses ont démarré sur les réseaux sociaux avec les vidéos notamment de ce parent d'élèves et qu'elles se sont terminées sur les réseaux sociaux avec cette photo abjecte qui a été postée par le terroriste. Et donc oui, ils ont une responsabilité et oui, on doit arriver à mieux les encadrer.
Vous l'avez dit, vous avez une parlementaire de la majorité, Laetitia Avia, qui avait fait voter une proposition de loi qui a été censurée par le Conseil constitutionnel, travaille à un dispositif juridique qui permette d'atteindre cet objectif-là, c'est-à-dire de lutter contre la haine sur les réseaux sociaux. Est-ce que le dispositif tel qu'il avait été proposé aurait permis de retirer cette vidéo ? Moi, je n'en sais rien. En tout cas, ce que je constate... C'est ce que dit
Gérald Darmanin ce matin dans les colonnes du Parisien.
Ce que je constate, c'est qu'il y a une plateforme aujourd'hui, Faros, qui permet sur certains points, et en l'occurrence, par exemple, sur la photo morbide qui a été postée, d'alerter et de faire en sorte avec les plateformes de retirer des contenus. Mais si vous me demandez si je considère qu'il faut qu'on soit plus efficace sur ce sujet, évidemment...
Mais la question, c'est comment vous allez le faire ? Parce que le Conseil constitutionnel, pour rappeler les choses à nos téléspectateurs, c'est au nom de la liberté d'expression qu'il a refusé d'aller jusqu'au bout des propositions de la députation.
C'est un travail juridique qui est extrêmement difficile, qui est en train d'être mené. Il y a une première solution qui a été avancée. Elle n'est pas passée. Donc, on est en train de construire une autre solution.
Est-ce que la fin de l'anonymisation des propos, c'est une piste qui vous intéresse ?
C'est une piste qui est régulièrement avancée. Moi, je dois avouer qu'à titre personnel, je suis très partagé sur ces questions-là. Pourquoi ? D'abord, je ne sais pas si c'est vraiment possible. Je ne sais pas s'il y a un pays au monde qui y arrive. Ça doit être possible. Peut-être dans certains pays qui n'ont pas tout à fait le même mode de liberté d'expression que le nôtre. Mais je pense que là-dessus, il ne faut pas qu'il y ait de tabou. Il faut regarder toutes les propositions qui sont faites et voir comment elles sont conciliables avec nos valeurs
et avec notre fonctionnement. Gabriel Attal, il y a quand même un problème. C'est que, vous voyez, cette vidéo, elle a été relayée par la grande mosquée de Pantin qui est une des mosquées les plus écoutées en tous les cas par les musulmans de France. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut fermer ces grandes mosquées ? Est-ce qu'il faut avoir des mesures peut-être parce que ça a été relayé ? Sur ce cas précis d'Espèce,
encore une fois, il y a une enquête qui est en cours et je ne vais pas vous dire les conclusions de l'enquête avant qu'elle ait eu lieu. C'est difficile pour moi aujourd'hui d'être devant vous alors que l'enquête est en cours. Ce que je peux vous dire par contre, c'est évidemment qu'on en ferme des mosquées. La loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme, elle permet de fermer des mosquées qui véhiculent la haine. Mais on en a fermé depuis qu'elle a été votée. Encore une fois, je le disais, il y a 300 lieux ou 350 lieux qui prêchent la radicalisation qui ont été fermés depuis deux ans. Et donc là, il y a une enquête qui va être conduite sur la grande mosquée de Pantin.
Il y a une action qui est résolue. Je crois que c'est environ en moyenne un attentat tous les mois qui a été déjoué depuis 2017. C'est des projets d'attentats qui étaient pour certains très aboutis, avec des armes qui avaient été trouvées, avec des lieux qui avaient été ciblés et identifiés. On a des services qui sont extrêmement mobilisés avec la difficulté que, évidemment, c'est une mobilisation qui se fait dans l'ombre parce que si on en parle trop et si on la détaille trop, vous imaginez bien que ceux contre lesquels on lutte s'organisent et font en sorte d'y échapper. Mais il y a eu des recrutements supplémentaires pour nous permettre de mieux lutter contre le terrorisme.
Je crois que c'est 1200 postes qui ont été créés. Il y a une meilleure coordination de nos services. Il y a des outils juridiques qui nous permettent d'être beaucoup plus efficaces ce qui fait qu'on déjoue en moyenne depuis 2017 un attentat tous les mois en France. Évidemment, on va continuer. Évidemment, cet attentat terrible qui a eu lieu cette semaine, il va se traduire par des enseignements qui nous permettront sans doute d'être plus efficaces à l'avenir.
Un autre écueil aussi des réseaux sociaux, c'est le déferlement de haine auquel on a assisté vendredi soir après cette terrible agression, notamment à l'endroit de la religion musulmane. Est-ce que vous ne craignez pas qu'avec ce qui s'est passé vendredi, ça fracture un peu plus la société ?
Évidemment que je le crains. Évidemment qu'on sait que c'est aussi l'un des objectifs des terroristes. Les terroristes, ils veulent nous fracturer parce qu'ils considèrent que c'est la meilleure manière pour eux de faire prospérer leur idéologie mortifère. Les terroristes, ils cherchent à nous dresser les uns contre les autres. Évidemment qu'ils n'attendent qu'une chose, c'est que notre réaction, ça soit de stigmatiser, ça soit de s'en prendre à des musulmans en France qui pratiquent leur religion, leur foi dans le respect des valeurs de la République.
Et donc évidemment quand on parle d'unité nationale, quand on parle de concorde, quand on parle de faire bloc, c'est aussi ne pas donner prise à ces objectifs mortifères qui sont portés par... Et comment on fait
que justement éviter que la religion musulmane soit stigmatisée comme elle l'est par une partie de la population depuis vendredi soir ?
Je pense que là-dessus, déjà les responsables politiques ont une responsabilité. C'est pour ça que le président de la République a appelé à faire bloc. La responsabilité des hommes et des femmes politiques aujourd'hui, c'est d'avoir ce discours-là tous. On souhaiterait qu'il l'ait... Vous voyez bien que ce n'est pas le cas, Gabriel Adnan. Que les positions qui sont prises
sont de plus en plus radicales et elles expriment aussi en un sens l'opinion d'une partie de la population qui se dit très bien, mais on est tout le temps en retard, quoi. On est tout le temps en retard par rapport au terrorisme. On a toujours un texte de loi de retard. Il y a toujours des anglements dans lesquels le mal s'infiltre. Comment est-ce que vous, vous luttez contre cette forme de radicalisation des esprits aussi ?
Vous avez des méthodes aujourd'hui. c'est ma collègue Marlène Schiappa hier, je crois qu'il a défini, c'est comme ça, de charognard, de la part de certains responsables politiques qui, dès que vous avez un drame, un attentat, s'empressent d'en faire une instrumentalisation politique. Si vous me demandez si moi je vais rentrer là-dedans, ben non, je vais refuser de rentrer là-dedans parce que je considère comme le président de la République qu'on doit faire bloc. Mais faire bloc par les unités de concorde, ça ne veut pas dire rester immobile. Ça ne veut pas dire ne pas agir.
Encore une fois, ce que je vous dis, c'est qu'il y a une action résolue sur le sujet, on va la poursuivre, l'amplifier avec le projet de loi de lutte contre le séparatisme islamiste et qu'on a besoin de toutes les forces politiques autour de nous. Et d'ailleurs, il y a quelques semaines, quand le président de la République a prononcé son discours pour présenter son projet de loi, on a entendu, chez des responsables politiques, y compris à l'Assemblée nationale, certains nous expliquaient que c'était inutile. Ça donne un peu le ton de la prochaine campagne présidentielle. Qu'il ne fallait pas agir sur ce sujet-là.
Moi j'espère que, quand je parlais tout à l'heure de réveil, de sursauts républicains, j'espère que le drame qu'on est en train de vivre dans notre pays, il va aussi permettre à ces responsables politiques de prendre leurs responsabilités.
Ça donne un peu le ton de la prochaine campagne présidentielle, ce climat comme ça, très radicalisé finalement, même dans les propos tenus. Je ne l'espère pas, je ne le souhaite pas. Nous, on va continuer à agir. Je sais qu'il y a beaucoup de questions, vous n'avez pas toutes les réponses, bien sûr, Gabriel Attal, mais normalement, il y a quand même une question de savoir si il avait obtenu l'assassin à Saint-Malputic, il y a 18 ans, il avait obtenu il y a 4 ans le statut de réfugié à Tchétchène et à Moscou. La question, c'est un, sur quel motif il l'a obtenu précisément, surtout après, il a commis différents délits. Qu'est-ce qu'il faisait encore en France ?
Là-dessus, il y a des questions qui sont posées.
Encore une fois, j'attends ce qui sera dit par les enquêteurs et les enquêtes administratives qu'on a lancées sur cette situation-là. Je ne vais pas vous faire les conclusions avant qu'elles aient eu lieu. Vous pourriez me le reprocher en me disant que vous n'attendez pas de savoir précisément ce qui s'est passé. On est résolu à avancer sur ce sujet, que depuis 2017, on a pris des mesures très fortes et que là, on est face à un drame terrible, à un attentat dramatique et que, évidemment, tous les enseignements qui pourront être tirés et nous amener à faire évoluer à notre législation seront tirés.
Après, d'où le sens, j'imagine, de la question d'Edwige, mais certains sujets sont plus touchis que d'autres, sont plus compliqués. La question du statut des réfugiés est une question qui est attaquée par l'opposition. Je pourrais vous interroger également sur le statut des mineurs isolés qui renvoient à l'attaque du 25 septembre devant les anciens locaux de Charlie où ce jeune homme pakistanais avait bénéficié de l'aide aux mineurs isolés alors qu'en fait, il n'était pas mineur. Là aussi, l'opposition attaque. Vous attaque sans cesse sur ces deux statuts ?
Vous avez les oppositions qui, entre guillemets, instrumentalisent ces situations pour dire qu'il faut revenir totalement sur notre politique d'accueil des réfugiés où il faut ne plus accueillir de mineurs non accompagnés dans notre pays. Et nous, qu'est-ce qu'on dit ? On dit qu'on va continuer à accueillir des réfugiés parce que c'est les valeurs de la France, c'est notre responsabilité, les mineurs isolés. Est-ce qu'on dit qu'il n'y a pas de problème ? Non. Que tous les problèmes qui doivent être identifiés doivent nous permettre de faire évoluer notre politique.
On voit très bien quels sont les problèmes et vous avez abordé le cas il y a quelques semaines de l'attentat devant Charlie Hebdo avec ce jeune pakistanais, je crois. Vous avez des mineurs qui ont... Enfin, vous avez des individus qui ont éternellement 17 ans, qui déclarent éternellement avoir 17 ans. Évidemment que c'est un problème. Évidemment qu'on doit être plus efficaces pour identifier ceux qui sont vraiment mineurs, ceux qui ne le sont pas, et reconduire ceux qui n'ont pas vocation à rester dans notre pays. Je crois que dans les prochaines semaines, sur ce sujet-là aussi, il y a des avancées qui vont être annoncées.
Juste pour revenir sur la loi séparatisme, est-ce que vous pensez, Gabriel Attal, que sur tout ce qui est... Parce qu'il y a un volet, évidemment, sur le financement de la foi des mosquées, est-ce que vous pensez qu'il faut, là, sans doute, être beaucoup plus strict et renforcer ce pilier-là de la loi séparatisme ? La loi sur le séparatisme, ça me prévoit des mesures historiques sur ce sujet-là. Elle prévoit déjà, bien sûr.
Il faut bien comprendre, c'est parfois un peu technique comme sujet, mais on a aujourd'hui un régime qui est défini par la loi 1905 et la loi 1901 avec deux types d'associations, sauf que l'islam est arrivé dans notre pays vraiment après ces lois. Et donc, aujourd'hui, ce cadre n'est pas adapté à ce cadre. Et donc, dans cette loi, je peux vous dire qu'il y a un encadrement très fort qui est fait sur les associations qui, par exemple, organisent des mosquées avec des mesures qui vont permettre de mieux contrôler les fonds d'où ils viennent, d'avoir une vraie transparence et de pouvoir prendre des mesures... Mais là encore,
est-ce qu'on est outillé ? Est-ce que l'État français est outillé pour ?
C'est précisément l'objet du texte. Il va être présenté en Conseil des ministres le 9 décembre, c'est la date qui est prévue à ce stade, que de donner des outils. Je veux dire que ce n'est pas évident de mieux encadrer aussi les fonds qui arrivent de l'étranger. Mais justement,
pardon Gabriel Attal, est-ce qu'il faut changer et que faut-il dire ?
On a changé de ton, par exemple, la question des imams détachés. Vous savez très bien que dans notre pays, il y avait une situation depuis des années où on importait entre guillemets des imams de plusieurs pays, exemple Turquie, Maroc, Algérie, qui venaient en France sans qu'on connaisse spécialement ces individus. C'est un enjeu diplomatique extrêmement difficile. Et qu'est-ce qu'on a fait ? On a eu une négociation avec les États, on a été très ferme avec eux et donc on met fin au système des imams détachés dans notre pays. On aura des imams qui seront formés en France avec un islam de la République l'a dit, des lumières qui respectent les valeurs de la République.
Deuxième exemple, les enseignements en langue et culture d'origine. Ça, les Français ne le savent pas forcément. Depuis des années, des décennies dans notre pays, vous aviez ces enseignements en langue et culture d'origine dans des écoles de la République avec des enseignants, qui étaient en fait des personnes qui étaient détachées par des pays comme la Turquie, le Maroc et l'Algérie sans qu'on contrôle ni leur identité, ni leur diplôme, ni ce qu'ils disaient aux élèves dans ces enseignements en langue et culture d'origine. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a travaillé avec ces pays, on a été très fermes là aussi et on met fin à ces enseignements en langue et culture d'origine.
Il y aura des enseignements qui pourront être prodigués, mais on a obtenu de contrôler leur identité, de savoir exactement ce qu'ils font dans leurs cours, de vérifier qu'ils parlent français, parce que vous en avez un certain nombre qui ne parlaient même pas le français. Donc nos responsabilités, on les prend. On les a prises avec l'Arabie Saoudite sur un meilleur encadrement du financement, des pèlerinages, du Hajj. Vous savez que c'était aussi un problème.
Il y avait des espèces, des sortes d'agences de voyage qui organisaient ces pèlerinages et qui utilisaient les fonds parfois pour financer des activités qui n'étaient pas forcément licites, qui n'étaient pas forcément compatibles avec les valeurs de la République. Donc dialogue exigeant avec l'Arabie Saoudite et maintenant on aura une certification, un encadrement qui permettront de faire la transparence et de contrôler tout ça. Donc oui, il y a un travail extrêmement fort qui est mené avec ces pays et on va continuer à le mener.
D'un mot rapide s'il vous plaît avant qu'on passe au couvre-feu, je voudrais revenir sur ce que vous avez dit. Vous parliez de dispositions à venir pour mieux encadrer notamment le cas des jeunes mineurs isolés. Est-ce que vous pouvez être plus spécifique ? Ça veut dire quoi ?
Non, je ne peux pas être plus spécifique. Ce que je dis, c'est qu'il y a un travail qui est en cours avec le garde des Sceaux, avec le ministre de l'Intérieur. Je rappelle que Gérald Darmanin, au moment où il y a eu l'attentat, était au Maroc justement pour échanger avec son homologue marocain, avec les autorités marocaines sur ces questions-là. Ce que je vous dis, c'est que c'est évidemment un sujet sur lequel on travaille.
Il est midi 40, je voudrais que nous passions maintenant à cette autre actualité qui concerne un tiers des Français, près de 20 millions de personnes qui sont concernées par ce couvre-feu mis en place dans neuf agglomérations dans Paris et l'Île-de-France. Il est entre en vigueur 21h, 6h du matin. Pour que les mesures fonctionnent, il faut qu'elles soient acceptées. Comment est-ce que vous allez faire pour les faire accepter et les faire respecter ?
C'est pour ça que je suis là aussi pour répondre à vos questions, pour expliquer les choses. Moi, le sentiment que j'ai, c'est que l'essentiel des Français sont conscients de la situation qui est devant nous. Il y a encore eu plus de 30 000 cas déclarés hier. Le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de cas pour 100 000 habitants au monde, je crois, de 50 % tous les 15 jours. On a un taux de positivité des tests qui était de 5 % à l'échelle nationale début septembre, qui aujourd'hui dépasse les 20-25 % dans certaines villes en France. On a les réanimations qui sont en train de se remplir.
Je crois qu'on est à plus de 1 800 personnes en réanimation pour le Covid et que du coup, ça oblige dans beaucoup de territoires maintenant à déprogrammer des activités. Voilà, on a cette situation qui est là aujourd'hui. C'est dans ce contexte qu'a été décidé ce couvre-feu. On verra dans les prochains jours la manière dont il se déroule. Je crois qu'hier soir, le cas des premiers retours qu'on a, il a été respecté, bien respecté,
mais évidemment, il y aura des contrôles. Évidemment... L'efficacité de ce couvre-feu, Gabriel Attal, on verra bien, il nous faut 2-3 semaines pour voir si la mesure est suffisante. On a bien compris le scénario qui était de tout faire pour éviter le confinement parce que c'est un coût social très important, encore plus important et un coût économique. La question quand même, est-ce que ce scénario est totalement exclu ?
Je vais vous dire, je suis porte-parole du gouvernement depuis le début de cette crise. Je crois que si, en tant que porte-parole de gouvernement, il faut que je retienne un enseignement, c'est de jamais rien exclure par principe. Parce que la situation évolue, parce qu'on découvre encore des choses sur ce virus, parce que là, on voit bien qu'il y a une deuxième vague qui déferle sur tout le nord de l'Europe et même maintenant sur l'Europe du Sud et que, évidemment, ça nous pousse à nous adapter et à prendre des mesures le cas échéant. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que nos principaux voisins prennent des mesures comparables à celles qu'on prend, notamment des mesures de couvre-feu.
Ce n'est pas toujours le même horaire. Certains ferment leur restaurant, leur bar, y compris le midi. Chacun prend des mesures qui varient un peu, mais c'est aujourd'hui la ligne,
la stratégie qui est suivie. La prochaine étape, c'est inévitablement le reconfinement.
C'est important que vous le disiez, et c'était important que vous le disiez, Elvige Chevrillon, on verra dans quelques semaines l'effet du couvre-feu. Moi, je veux rappeler que ce virus, c'est un paquebot. Il faut du temps pour le faire bouger. Souvenez-vous, au moment du confinement, on a confiné tout le pays. Il a fallu trois semaines, un mois pour qu'on commence à voir la courbe.
Vous dites qu'il faut du temps, mais ce couvre-feu, il n'arrive pas un petit peu tard. On a eu un très beau mois de septembre, il a fait très beau. Les Français sont beaucoup sortis le soir. À Paris, on l'a vu, les terrasses étaient bondées. Sur les plans des Invalides, il y avait plein de monde. Bref, là, on fait un couvre-feu au moment où on rentre doucement dans l'hiver. Est-ce que ça n'arrive pas à un mois trop tard ?
Non, je vous dis qu'on prend les mesures au moment où elles doivent être prises. Quand on les prend, en général, certains nous disent qu'on les prend trop tard et d'autres disent qu'on les prend trop tôt ou qu'on ne devrait pas les prendre. C'est extraordinairement difficile de naviguer dans ces circonstances. Mais on a un Conseil de défense qui se réunit autour du Président de la République, éclairé par les autorités sanitaires. Et on prend les mesures quand on doit les prendre. C'est souvent difficile. C'est souvent difficile à expliquer à des secteurs économiques, à des Français qui souhaiteraient pouvoir vivre le plus normalement possible. Évidemment.
Mais on prend nos responsabilités sur ce sujet. Je rappelle aussi qu'on est dans un État de droit et que quand on prend des mesures restrictives de liberté, il faut qu'elles soient proportionnées à une situation épidémique dans le pays. On agit aussi, évidemment, sous le contrôle du Parlement, de la justice administrative sur ces sujets-là.
Gabriel Attal, les vacances de la Toussaint ont commencé. D'autres vacances arriveront ensuite en décembre, au tout début de l'année. Classiquement, pour certains Français, on appelle ça les vacances au ski, à la montagne. Y a-t-il un risque que les stations de ski n'ouvrent pas du tout cette saison ?
Alors, ce que je peux vous dire, c'est qu'à ce stade, il n'est absolument pas du tout sur la table le scénario de fermer les stations de ski. Aujourd'hui, il n'est pas prévu du tout que les stations ferment. Maintenant, encore une fois, je disais tout à l'heure qu'on ne peut jamais rien exclure par principe, mais aujourd'hui, ça n'est pas du tout prévu. Ce que je veux dire ensuite, c'est que, on l'a vu maintenant depuis le début de cette crise, si des Français réservent des vacances et que l'établissement dans lequel ils ont réservé leurs vacances se retrouve fermé administrativement, évidemment, ils sont remboursés.
C'est pour moi une garantie importante pour les Français qui réserveraient des vacances et qui auraient peut-être une crainte que leur établissement soit fermé. Encore une fois, aujourd'hui, ce n'est pas du tout prévu, mais surtout, si jamais ça devait l'être à un moment ou à un autre, il y a évidemment cette garantie qui existe.
Je sais bien que vous avez pris des mesures pour les restaurants, l'hôtellerie qui sont vraiment un peu les sacrifiés de ces crises de la Covid et la culture aussi, pour ne pas dire beaucoup. La question, c'est qu'on leur a donné espoir en leur disant là, il y a des protocoles sanitaires, allez-y. Donc, ils ont investi dans des plexiglas, ils se sont adaptés, etc. Et puis, aujourd'hui, alors qu'ils ont fait tous ces efforts et se sont adaptés, on leur dit ça ne sert à rien, vous fermez. Vous fermez partiellement. Enfin, partiellement, oui. Mais je sais que c'est extraordinairement difficile pour eux. J'ai réuni encore
des restaurateurs parisiens avant qu'on annonce le couvre-feu. Mais on ne leur dit pas ça ne sert à rien. Au contraire. Les restaurants, ils restent ouverts pendant la journée, ils peuvent rester ouverts jusqu'à 21h. Ils sont, entre guillemets, des victimes collatérales du couvre-feu. Le couvre-feu, il vise à empêcher des moments où des personnes se réunissent sans masque, sans respecter les distances, qu'on ne peut pas contrôler, notamment parce qu'ils ont souvent lieu dans des lieux privés.
C'est une mesure anti-jeune, en fait, ce qu'on reçoit ?
Non, ce n'est pas une mesure anti-jeune, vous savez. Vous qui avez été, justement, oui. Oui, qui a été secrétaire d'État à la jeunesse, qui suis toujours jeune, par ailleurs. Je pensais que c'était ça que vous vouliez dire. Ce n'est pas une mesure anti-jeune. Encore une fois, je regrette qu'on oppose les jeunes au reste de la population dans cette affaire.
C'est que le taux d'incidence dans la population plus jeune est beaucoup plus élevé en France. C'est vrai. Ça, c'est une réalité scientifique. Ce n'est pas jeter l'opprobre sur une partie de la population de dire ça.
Non, mais j'entends parfois des discours qui présenteraient les jeunes comme des virus ambulants, totalement irresponsables. En tout cas, aujourd'hui, ils le font circuler plus vite que les autres. Ça, je vous confie. Moi-même, je suis jeune. J'ai découvert, en faisant un test sérologique, que j'avais eu le coronavirus, visiblement de manière assez forte, puisque j'ai beaucoup d'anticorps, et je n'ai jamais eu qui vous avez croisé, si vous avez respecté les distances, etc. Donc, il y a cette situation.
Peut-être, je pense, que s'il y a eu un élément sur lequel on n'a pas été suffisamment bon, et là, je dis collectivement, les politiques, les scientifiques, c'est qu'on a peut-être donné le sentiment que les jeunes étaient invincibles face à ce virus. Ce n'est pas vrai.
Moi, à mon cas, entre guillemets, je n'ai pas eu de symptômes, mais vous avez des jeunes, beaucoup de jeunes, qui ont des formes sévères, qui le traînent pendant plusieurs mois, qui encore aujourd'hui ont des séquelles, et surtout, les jeunes, si la situation s'aggrave, on le sait, seront les premières victimes de la crise économique, même si on prend des mesures très fortes, vous les connaissez, Édith Chevrillon, pour leur permettre de trouver un emploi, d'avoir une formation et de leur garantir un avenir. Et je pense que ce discours-là, il faut l'avoir aujourd'hui de manière très forte.
Une ou deux questions plus politiques, s'il vous plaît, maintenant dans cette émission. Ce matin, sondage IFOP, moins 6 points pour Jean Castex, moins 6 points de popularité, il est à 39 points d'opinion favorable. Est-ce qu'il y a un problème avec l'incarnation ? Est-ce que Jean Castex, finalement, le costume est trop grand pour lui ?
Alors, vraiment, Jean-Baptiste Boursier, je vous mentirais si je vous disais qu'on passe aujourd'hui une seule seconde à regarder les sondages et à se préoccuper de ces sujets-là. Vous voyez bien les sujets auxquels on fait face aujourd'hui, les enjeux auxquels on fait face. On dit toujours ça, qu'on ne regarde pas les sondages. Il y a une crise sanitaire inédite dans le pays. Il y a un attentat terroriste absolument terrible qui a eu lieu dans notre pays. On est aujourd'hui mobilisés sur tous ces fronts, sur le front aussi de l'emploi et de l'économie. Je vais vous dire, si on s'arrêtait et si on perdait de l'énergie sur la question des sondages, on ferait une erreur.
Vous voyez bien ce que je veux dire, Gabriel Attal.
On peut faire semblant vous et moi de ne pas comprendre, mais je peux dire les choses plus clairement. Jean Castex, il y a eu une ou deux bourdes, il y a eu Stop Covid, il y a eu des prises de parole qui n'ont pas été bien comprises par les Français. On sent parfois un embarras dans la majorité, même hors caméra, hors micro. Est-ce qu'il y a un problème d'incarnation ? Personne parle de la qualité de cet homme. Est-ce qu'il y a un problème d'incarnation ?
Jean Castex, il est Premier ministre à un moment, c'est peut-être un des moments les plus durs dans l'histoire de notre pays pour être Premier ministre. Encore une fois, par rapport aux enjeux que je viens d'évoquer. Mais il y en avait un autre qui était juste avant
à sa place, Edor Philippe, qui lui reste extrêmement populaire et dont le travail était sauvé.
Il est aujourd'hui dans une situation différente. Je vous rappelle que quand Jean Castex est arrivé, on était à la fin du déconfinement, l'épidémie avait beaucoup régressé dans notre pays, on n'est pas dans la même situation. À Marseille, à un moment où les Français, et moi je les comprends, en ont marre aussi de devoir vivre avec ce virus et ont envie de pouvoir revivre normalement. C'est extrêmement difficile. Donc voilà, c'est des décisions impopulaires. Elles peuvent avoir un impact, mais je pense que ce qui sera jugé à la fin, c'est la responsabilité de ceux qui ont gouverné le pays dans ces circonstances difficiles.
Olivier. Une petite question quand même sur les élections régionales. Déjà, est-ce que le scrutin aura vraiment lieu en mars prochain ? Il y a un doute, une interrogation. Et compte particulièrement sur la question de l'île de France. Est-ce que Jean-Michel Blanquer sera votre candidat ? On sait que le président le pousse. Et lui-même, d'ailleurs, il a accepté récemment de piloter une mission de préparation, d'élaboration du projet.
D'abord, est-ce que les élections régionales auront lieu en mars prochain ? On a annoncé qu'on mettait en place une commission qui associera l'ensemble des forces politiques pour regarder dans quelles conditions elles peuvent avoir lieu en mars prochain. Notre objectif, c'est qu'elles puissent se tenir. Évidemment, un pays qui continue à vivre, c'est aussi un pays dont les institutions démocratiques fonctionnent. ou les échéances sont respectées. Maintenant, est-ce qu'on peut les tenir ? Notamment, est-ce qu'on peut tenir une campagne avant ? On va travailler sur cette question-là.
Mercredi prochain, je serai avec le Premier ministre et on recevra l'ensemble des chefs de partis et des groupes parlementaires pour parler de ce sujet, notamment avec eux. Et donc, c'est ça qu'on va définir dans les semaines et les mois qui viennent. Maintenant, sur la question de l'île de France, ce n'est pas un sujet aujourd'hui d'actualité. Moi, je n'ai pas d'annonce à faire sur... On y travaille, ce sera un bon candidat, du gouvernement, la situation... Vous serez vous-même engagé dans cette campagne, vous serez peut-être chef de file d'État de France.
Je suis là pour parler de ces situations d'ici. Donc, est-ce que Jean-Michel Blanquer ferait un bon candidat face à Valérie Pécresse ? Je peux vous répondre de manière très sincère ? Cranche honnête et transparente.
Si on n'était pas dans le contexte qu'on vit aujourd'hui, je ne parle pas que de la crise sanitaire mais aussi le drame terrible qui a eu lieu, qui est bouleversant, je me dirais qu'on peut parler aujourd'hui des élections régionales. Aujourd'hui, c'est ceux qui nous regardent et qui nous écoutent.
Merci beaucoup, Gabriel Attal, d'avoir été avec nous aujourd'hui dans BFM Politique. Merci Olivier, merci beaucoup Edwige. Je vous donne rendez-vous à 18h. Je recevrai Manuel Valls, l'avocat Thibaut de Montbréal et journaliste du Monde, Gérard Davé, Fabrice Lhomme, tout de suite Philippe Godin, Dominique Rizé, affaire suivante. A tout à l'heure.
Gabriel Attal