La grande émotion d'un député en évoquant ses descendants "nés libres puis réduits en esclavage"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous ne sommes pas des descendants d'esclaves. Nous sommes les descendants d'être humain et libre puis réduit en esclavage. Voilà ce qu'était le code noir, une mécanique pensée, organisée, assumée qui chosifiait des êtres humains.
Dans ce texte, l'esclave devenait juridiquement un bien meuble. Et c'est pour cela au fond le plus glaçant, le moment où la loi cessait de protéger l'humain. Je ne parle pas seulement d'un texte ancien, je parle de mémoire, d'une mémoire qui traverse encore les générations.
Derrière les registres, derrière les cargaisons, il y avait des vies, des êtres humains que l'on pouvait effacer, couper de leur histoire. Arraché à eux-mêmes, ces femmes, ces hommes avaient aussi des rêves. Ils avaient une langue, des croyances.
Ils voulaient vivre libre. Et cela aussi que l'esclavage a tenté de détruire. Et pourtant, malgré les chaînes, malgré les coups, malgré ceux qui voulaient les effacer du monde, ils ont continué à se tenir debout à travers des révoltes, les maronnage, les champs, les prières.
Ils ont continué à défendre cette part d'eux même que l'esclavage voulait anéantir. La liberté a été confisquée, leur dignité jamais. Et cette force, ils l'ont transmise à leurs enfants de génération en génération jusqu'à nous. [grognement] Je pense à mon arrière- grand-mère, maman Bébelle.
Sa mémoire a traversé ma famille. J'ai grandi avec son histoire. Elle me l'a raconté.
Elle était la petite fille d'Ambroise Gérbe, née en Afrique, puis réduit en esclavage sur le matricule 336. Et aujourd'hui, son petit son arrière petitfils se tient debout devant vous, député de la République. Ce que l'histoire a voulu réduire en silence parle désormais au cœur même de la République.
Chaque parole que je porte à cette tribune est aussi la leur parce que le code noir ne s'est pas arrêté aux portes de l'histoire. Le racisme ne disparaît jamais totalement. Ils changeent de visage dans certaines discriminations, dans certaines illégalités, dans [grognement] certains regards.
Voilà pourquoi l'éducation et la transmission pardon sont essentiels à la transmission. Parce qu'un peuple qui n'enseigne pas son histoire laisse toujours une place à l'ignorance et au préjugés. Et après l'esclavage, la coléisation a prolongé certaines logiques de domination et d'inégalité et certaines traces traversent encore les siècles.
Car le passé ne disparaît jamais totalement et réapparaît parfois dans une inégalité que certains territoires continuent de de subir. Aux Antilles, les maladies liées au clor de conne [grognement] vivent avec l'angoisse de la maladie. des mères s'inquiètent pour leurs enfants et dans certains territoires ultramarins, quand l'eau manque, quand certains renoncent à se soigner, quand la vie chère étouffe des familles entières, alors ce n'est pas seulement une question économique, c'est une question de justice.
Alors oui, abroger le code noir est nécessaire mais aucun vote ne pourra réparder réparer à lui seul des siècles de vie brisées. Et la grandeur d'une République ne se mesure pas seulement à ce qu'elle commémore, elle se mesure aussi à la manière dont elle protège aujourd'hui encore la dignité humaine. Permettez-moi pour finir de faire une nuance importante.
Nous ne sommes pas des descendants d'esclaves. Nous sommes les descendants d'êtres humain et libre puis réduit en esclavage.
Steevy Gustave