Yaël Braun-Pivet devant l'Association des Journalistes Parlementaires - 03/07/2025
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour et bienvenue à cette rencontre de l'Association des journalistes parlementaires avec aujourd'hui la présidente de l'Assemblée nationale. Bonjour, Yael Broun-Pivet.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté d'être notre invitée pour cette dernière conférence de presse de la session. Rencontre au cours de laquelle nous allons notamment essayer de tirer les enseignements de cette année, pas comme les autres, à l'Assemblée nationale. Un an après la dissolution et les législatives qui ont abouti à une configuration politique inédite. Parmi les nombreux autres sujets que nous aborderons, il y aura bien sûr la préparation du budget, la situation internationale peut-être aussi. Quelques mots encore pour vous rappeler que notre rencontre est retransmise sur LCP et sur le portail vidéo Internet de l'Assemblée nationale.
Donc pensez bien, s'il vous plaît, à vous présenter, vous et votre média, lorsque vous poserez une question. Nous sommes ensemble pour une heure. Allez, on commence avec Chantal Didier, avec qui j'ai le plaisir d'animer cette rencontre. Et puis ensuite, le micro circulera dans la salle. Première question, Madame la Présidente. Cette Assemblée nationale travaille beaucoup. Des textes sont votés, beaucoup. Des commissions d'enquête travaillent, beaucoup. Et pourtant, cette session parlementaire laisse une impression, y compris dans ces murs, de confusion et d'inachevé. Quel bilan faites-vous à votre place de cette première session de la législature ?
Comme vous, un bilan nuancé. Je vais évidemment commencer par le positif. Cette Assemblée... Moi, je me souviens, en 2022, rappelez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps que ça, on nous disait déjà, alors qu'on était en majorité relative, « Oh là là, on ne va pas pouvoir fonctionner, il va y avoir uniquement des blocages ». En 2024, lorsque l'on a vu ce visage de cette tripartition de l'Assemblée nationale, on s'est dit la même chose, en pire. On n'y arrivera pas, ça va être un bordel innommable. Et cette Assemblée ne va rien pouvoir faire. Un an plus tard, qu'est-ce qu'on peut constater ? Qui a eu des moments de bordel innommables.
Je le dis, je le reconnais, je le vois, je les vis, et vous le vivez, et les Français le voient, et le vivent, et me le disent, me l'écrivent, et me le disent quand ils me rencontrent sur le terrain, partout où je vais dans le territoire. Mais il y a une Assemblée qui a aussi réussi à travailler. Moi, j'ai quelques indicateurs qui me montrent, parce qu'on me dit, « Oh là là, mais c'est ta vision, c'est pas vrai », et j'entends tel ou tel responsable politique, Jean-François Copé, pour ne pas le nommer récemment, qui en fait dit « pique-pente de cette Assemblée nationale ». Et là, moi, je ne suis pas d'accord, et je me mets en défenseuse de l'Assemblée nationale, pour plusieurs raisons.
D'une part, l'Assemblée nationale, c'est celle qu'ont voulu les Français. Donc si on est contre le vote exprimé par les Français, on n'a pas une très haute idée de la démocratie. Moi, j'ai une très haute idée de la démocratie, et de ce que nous ont dit les Français. Les Français, ils ont élu chacun des parlementaires qui siègent dans cette Assemblée, qu'ils soient bruyants ou silencieux. C'est le choix des Français, et donc il faut le respecter. Après, moi, j'ai des indicateurs, parce qu'il faut être très factuel et pragmatique. J'ai deux organes de pilotage de l'Assemblée nationale.
La conférence des présidents, qui se réunit tous les mardis, et le bureau de l'Assemblée nationale, qui se réunit un peu moins souvent. Bureau où je ne suis pas majoritaire, certains s'en étaient gargarisés pour dire que nous n'y arriverons pas. Eh bien, moi, je regarde ce qui s'est passé pendant un an. Le bureau de l'Assemblée nationale a eu des délibérations extrêmement constructives. Pas plus tard qu'hier, nous avons adopté le budget de l'Assemblée nationale à l'unanimité. Nous en avions fait de même l'année dernière, en septembre, lorsque nous avions, avec retard du fait de la dissolution, adopté le budget de l'Assemblée nationale.
Et l'ensemble des délibérations, la quasi-totalité des délibérations de ces organes se déroule très correctement, très sereinement, avec un vrai climat de dialogue et de construction. Après, je regarde le nombre de textes. Eh bien, le nombre de textes que nous avons adoptés ne diffèrent pas de ce qui était présenté lors des années précédentes, lors des premières années de mandature. Donc ces indicateurs me montrent, et vous le voyez, l'Assemblée nationale, elle tourne. Après, vous avez raison, il y a cette impression de manque de cap. Ce n'est pas une impression. Et à quoi c'est dû ?
C'est dû à quelque chose qui est très notable sous cette mandature, c'est que, en fait, les textes qui sont soumis à l'Assemblée nationale sont beaucoup plus d'initiatives parlementaires que d'initiatives gouvernementales. Or, on le sait bien, quand le gouvernement présente un projet de loi, il y travaille pendant des mois, il rencontre les parlementaires, on y consacre une semaine, 10 jours, 15 jours d'ordre du jour, il en fait la promotion dans l'opinion publique, et les Français parlementaires journalistes savent que l'Assemblée nationale va délibérer sur les questions de sécurité, de justice.
Je reprends des grands textes sur lesquels on a délibéré pendant les précédentes mandatures, loi de programmation militaire, etc. Les propositions de loi, par nature, ne sont pas dans ce cadre-là. C'est beaucoup moins structurant. Il y a beaucoup moins articles. Il n'y a pas d'études d'impact. Il n'y a pas un plan gouvernemental qui va dérouler les propositions législatives comme cela se fait dans le cadre d'un projet de loi. Donc c'est vrai que les propositions de loi, c'est moins structurant. Ça part davantage dans des directions très différentes et ça manque de cohérence. Et cette absence de lisibilité, je crois qu'elle est principalement due à cela.
Après, les propositions de loi, elles ont quelque chose quand même d'extrêmement intéressant. Pour moi, parlementaire, qui représente le peuple, c'est que bien souvent, les propositions de loi, elles sont issues d'échanges avec les citoyens. sur le terrain, dans nos permanences, où tout d'un coup, on se dit, tiens, là, il y a un truc qui ne marche pas. Il faut corriger. Et la proposition de loi vient pour corriger quelque chose qui ne marche pas bien. Et là, je trouve que c'est extrêmement intéressant.
Et puis, dans mon bilan positif, il y a les semaines transpartisanes que nous avons décidé de reconduire avec l'ensemble des présidents de groupe à l'unanimité et qui, là, donnent lieu à des initiatives, vous savez, nativement portées par la majorité et l'opposition. C'est ce qu'attendent de nous les Français, que nous travaillons ensemble. Et bien, depuis 2022, à mon initiative, les semaines transpartisanes, elles existent et elles permettent de montrer qu'on arrive à travailler au-delà des clivages ensemble. Et pour produire des résultats extrêmement concrets, parce que les semaines transpartisanes, c'est la nouvelle définition du viol avec l'intégration du consentement.
C'est la fiscalité des Airbnb, dont on sait à quel point les villes touristiques en souffrent et vont en souffrir cet été, peut-être un peu moins qu'avant, grâce aux dispositions que l'on a adoptées. Les initiatives transpartisanes, c'est la proposition de loi de Guillaume Garraud sur les déserts médicaux. Tout cela, c'est du concret qui change la vie de nos concitoyens ou qui la changera dans un avenir proche. Donc cette assemblée, elle est à nul autre pareil, très différente, mais c'est l'assemblée qu'ont voulu les Français. Et ma mission, mon job, c'est de la faire fonctionner. Jusqu'à présent, un an plus tard, eh bien je ne peux que constater qu'elle a fonctionné.
Parfois bruyamment, parfois avec beaucoup de l'agitation. Je le déplore, mais il faut faire avec et il faut surtout avancer.
Chantal.
Vous insistez sur le côté positif, ce qui est normal. Vous n'ignorez pas le côté un peu plus nuancé. Pour améliorer ce fonctionnement, si j'ai bien compris, il faut que ce soit le gouvernement. C'est la faute au gouvernement, quoi, le bordel un peu.
Pas du tout, je n'ai pas dit ça. Je parle du cap. Le cap, on est dans un régime, dans la Ve République, c'est l'exécutif qui fixe le cap. Et c'est donc effectivement par l'intermédiaire de grandes directions, de projets, de plans d'action, que ce cap peut être fixé. C'est l'objet d'un discours de politique générale d'un Premier ministre. Et c'est au gouvernement, effectivement, d'impulser ce mouvement. Après, le bordel, ce n'est pas le gouvernement, c'est l'Assemblée nationale, quand il y en a. Mais à nouveau, vous, vous êtes des spécialistes de l'Assemblée nationale. Vous le savez, regardez l'hémicycle. La plupart du temps, ce n'est pas le bazar dans l'hémicycle.
Moi, j'ai présidé des textes importants, notamment celui sur l'aide à mourir. Il n'y a pas eu le bazar. Et les députés se sont écoutés de façon respectueuse. Et nous avons délibéré tout à fait correctement à l'image de ce que ce texte-là attendait de la représentation nationale. Donc il faut être dans la nuance. Il y a des difficultés. Mais il y a aussi beaucoup de moments où l'Assemblée nationale,
est exemplaire. Pourquoi le gouvernement ne dépose-t-il pas plus de projets de loi, alors ?
Mais déjà, il faudrait lui demander. Moi, je préside l'Assemblée nationale et je suis très attachée à la séparation des pouvoirs. Et vous aurez remarqué que quand le gouvernement vient dire ce qu'il faut faire à la présidente de l'Assemblée que je suis, je le renvoie dans les cordes. Donc je ne vais certainement pas faire ce que je n'aime pas qu'on fasse. Donc pour autant, moi, je crois que en fait, moi, j'invite le gouvernement à structurer son action avec les parlementaires, à travailler avec les parlementaires de façon native pour construire des projets de loi avec nous, avec les différents groupes politiques. Il faut changer notre façon de travailler. Et ça fait des années que je le dis.
Il nous faut de la prévisibilité. Donc que va-t-on faire ? Sur quoi l'Assemblée nationale va délibérer en décembre 2025, après le budget ? Nous ne le savons pas. Dans n'importe quelle démocratie occidentale, il y a un programme de travail fixé à l'année. Ce que l'Assemblée nationale va faire en septembre 2025, nous ne le savons pas précisément. Vous voyez bien qu'on a un problème de capacité à se projeter sur le travail parlementaire. Et ça, c'est un dialogue que nous devons avoir avec le gouvernement. J'en discute avec eux.
Et nous devrions réussir, je l'espère, à fixer des trajectoires de projets de loi qui nous permettent, à nous, parlementaires, de travailler très en amont, d'associer les citoyens, d'associer les experts, et que nos concitoyens et que le peuple français puissent voir quelle est la trajectoire que nous suivons sur plusieurs mois.
Juste une question, et n'hésitez pas à lever les mains pour que je puisse distribuer la parole. Pour prolonger un petit peu la question de Chantal, est-ce que vous voyez, au-delà de ce travail avec le gouvernement, d'autres pistes pour améliorer le fonctionnement, que ce soit des réformes de la procédure législative, du règlement de l'Assemblée, du temps d'organisation du Parlement, des efforts conjoints, peut-être à faire avec le Sénat ?
Alors, oui, on a une façon de travailler qui est très inadaptée, en fait, au contexte politique qui est le nôtre. Onze groupes politiques, une Assemblée très fragmentée, une Assemblée sans aucune majorité. Et il est vrai qu'un certain nombre de nos règles que nous adaptons au fur et à mesure en ce moment même, soit par la pratique, et c'est ce que je disais, on se met d'accord en conférence des présidents pour adopter un certain mode de fonctionnement et jusqu'ici, cela a marché. Quand je vous parle des semaines transpartisanes, c'est une décision de la conférence des présidents avec des présidents qui décident volontairement de s'engager dans ce mouvement. Donc, c'est une petite alerte.
Ne nous réfugions pas derrière les règles pour ne pas agir. Nous sommes des hommes et des femmes politiques et donc nous pouvons agir et dire, nous pouvons expérimenter, nous pouvons modifier des choses, nous avons modifié nos semaines de contrôle par un simple accord de président de groupe. Donc, le règlement ne doit pas être un prétexte à l'inaction. Maintenant, cela étant dit, je crois qu'il faut avancer sur une réforme du règlement.
Il ne vous aura pas échappé que nous en avons déjà fait deux, certes petites, mais une plus que symbolique sur le vote assis levé et une autre sur l'ordonnancement d'un certain nombre de votes, sur la compétence de la commission des lois que nous avons retouchées. Donc, cela fait deux petites réformes du règlement que nous venons de faire et qui ont été validées par le Conseil constitutionnel. Cela étant dit, moi, je veux qu'on avance davantage et j'ai proposé au président de groupe d'avancer et de constituer dès la rentrée prochaine un groupe de travail avec un député par groupe politique que je présiderai, évidemment, pour pouvoir travailler sur une réforme du règlement.
Je veux travailler avec deux axes temporels, un immédiat. que peut-on faire aujourd'hui pour améliorer notre fonctionnement aujourd'hui et avec un horizon temporel plus loin parce qu'il y a un certain nombre de sujets que nous avons du mal à aborder lorsque nous sommes dans le chaudron et donc il faut dépassionner et donc j'aimerais que nous puissions aborder un certain nombre de sujets pour adopter une réforme du règlement qui aurait un effet différé et qui pourrait s'appliquer sur la prochaine mandature.
Et je mettrai volontiers dans cette réforme du règlement la question des champs de compétences des commissions, la question des renouvellements du bureau, la question des effectifs des groupes. Je veux que tous ces sujets puissent être abordés sereinement par les parlementaires pour voir si nous pourrions améliorer aussi notre fonctionnement pour la mandature suivante puisque nous ne pouvons jamais le faire sur ces sujets-là une fois que tous les organes sont constitués. Donc ce travail va commencer en septembre. Vous avez évoqué des points sur l'organisation des semaines, etc.
Comme vous le savez très bien, c'est de niveau constitutionnel et donc là, il faut que le travail soit effectué avec le Sénat. Nous l'avions commencé avec le président Larcher avant la dissolution. Nous pourrions très bien le poursuivre, mais il faut dans ces cas-là aboutir à un consensus extrêmement large sur ces points qui nécessiteraient une réforme constitutionnelle. Il est évidemment plus facile de se mettre d'accord en conférence des présidents, un peu plus difficile d'organiser une réforme du règlement et évidemment encore plus difficile d'aboutir à une réforme constitutionnelle sur ces sujets.
Mais en tout cas, moi, j'essaye d'avancer quelles que soient les circonstances, quelle que soit la composition de l'Assemblée nationale, il ne faut rien s'interdire et j'y travaille et je continuerai à y travailler pour que l'Assemblée fonctionne de mieux en mieux.
Stéphanie.
Oui, Stéphanie Lerouge de l'Agence France-Presse. Parmi les solutions qui sont avancées pour améliorer le travail de l'Assemblée, il y a souvent la proportionnelle qui est perçue comme une manière de sortir de l'affrontement en bloc contre en bloc. Le Premier ministre a dit la semaine dernière qu'il souhaitait présenter un texte sur le sujet à la fin de l'année ou en début d'année prochaine. Vous nous avez dit à l'AFP que vous le lui déconseillez. Est-ce que vous pouvez développer pourquoi ? Et que pensez-vous de l'issue référendaire ? Est-ce que organiser un référendum sur le sujet permettrait d'avancer ?
Comme vous le savez tous, je me suis exprimée pour un mode de scrutin proportionnel. Moi, j'ai proposé depuis des mois un mode de scrutin mixte, répondant ainsi à ce qui était notre engagement initial en 2017 avec une dose de proportionnel. Et c'est la raison pour laquelle, respectueuse de cet engagement, je proposais un scrutin mixte avec, comme pour nos collègues sénateurs, des députés élus à la proportionnelle dans les départements les plus peuplés et élus avec un scrutin majoritaire sur les départements les moins peuplés. Et on pouvait fixer le seuil de proportionnel à l'issue d'une discussion politique.
Cette proposition n'a pas remporté le grand succès que j'escomptais et le Premier ministre serait plutôt favorable à une proportionnelle intégrale, dont acte. Ce que je vais déconseiller, c'est de faire voter la proportionnelle par des députés qui aujourd'hui s'opposent à son gouvernement et de se passer de l'approbation des députés de son socle. Et parce que je considère que le Premier ministre ne peut pas aller sur un sujet qui est aussi consubstantiel à ce que nous sommes, il ne peut pas s'opposer aux députés qui le soutiennent.
Et comme les députés des groupes Horizons, que les députés du groupe La droite républicaine, que les députés EPR se sont en partie prononcés contre, je considère que ça fait beaucoup d'opposition au sein du socle du Premier ministre. Et donc, je considère que c'est politiquement difficile de s'opposer à son propre socle. Voilà ce que j'ai dit très clairement au Premier ministre lorsque j'ai discuté avec lui sur ce sujet. après, s'agissant d'un référendum, moi, je suis favorable à l'outil référendaire, vous le savez. Cela fait plus de 20 ans qu'on n'a pas utilisé le référendum en France.
Je trouverais dommage que l'on utilise le référendum pour la première fois donc depuis 20 ans sur un sujet qui concerne les parlementaires et pas les Français directement. Et j'ai soumis au Président de la République d'autres sujets de référendum. Si on faisait des référendums tous les ans comme je le souhaite ou tous les deux ans évidemment que la proportionnelle pourrait s'inscrire dans ce cadre-là.
Mais voilà je pense que c'est dommage de réutiliser l'outil référendaire sur un tel sujet mais bon comme je suis favorable à l'outil référendaire si on y va j'applaudirai des deux mains parce que je préfère ça à ne pas faire de référendum mais je pense qu'il y a d'autres sujets et j'ai soumis plusieurs idées qui pourraient être intéressantes. Et enfin et je m'en arrête là exactement comme pour le règlement ne nous abritons pas derrière un mode de scrutin pour ne pas travailler ensemble. En fait parce qu'on dit avec la proportionnelle les partis vont mieux coopérer mais en fait qu'est-ce qui empêche qu'on coopère mieux maintenant ? Rien ! Rien !
C'est la volonté la volonté des hommes et des femmes et donc est-ce qu'on est capable aujourd'hui nous hommes et femmes politiques élus de dépasser nos clivages partisans pour pouvoir travailler ensemble se mettre autour de la table et discuter ? C'est pour ça que je me suis engagée en 2017 je crois que c'est plus que jamais urgent pour préparer le budget par exemple pour essayer d'avancer pendant les deux prochaines années et donc n'attendons pas le changement du mode de scrutin et surtout ne nous réfugions pas derrière le mode de scrutin proportionnel pour ne pas agir aujourd'hui faute de majorité
Frédéric Frédéric Delpeche pour LCITF1 dans votre bilan de la session vous évoquiez une assemblée pas toujours l'ISI pour les français il y a deux points précis sur lesquels je voulais vous poser une question l'utilisation des motions de rejet qui semble être devenue un outil parlementaire un peu contradictoire puisque c'est en général les députés qui votent contre eux qui rejettent leur propre texte donc les français ne comprennent pas vraiment de quoi il s'agit et puis les commissions d'enquête qui semblent se multiplier et être devenues des tribunes politiques alors il y a la commission Betara mais il y a la nouvelle commission sur les liens des partis avec l'islamisme qui a donné lieu à un psychodrame hier donc sur ces deux points quel est votre avis est-ce que ça va dans le bon sens ou est-ce qu'il faut corriger ?
alors l'émotion de rejet c'est quand même très paradoxal puisque comme vous le savez c'est pas le gouvernement qui dépose des motions de rejet c'est les parlementaires donc en fait c'est les parlementaires qui se tirent une balle dans le pied qui viennent dire en fait nous voulons du débat mais nous déposons une motion de procédure pour ne pas avoir de débat et nous la votons et une fois qu'elle est votée et que le débat n'a pas lieu nous nous plaignons du fait qu'il n'y a pas de débat c'est quand même assez paradoxal et puis on rajoute à cela parce que c'est ça qui ne manque pas de sel c'est que on a dans tous les cas où il y a eu des motions de rejet qui ont été déposées et votées en fait le fait générateur c'est l'obstruction donc on a des parlementaires qui déposent des centaines voire des milliers d'amendements pour empêcher le débat objectivement ils le savent très bien après ils déposent une motion de rejet qui est votée et ils vont dire ah ben non mais il ne fallait pas la voter arrêtez de qui se moque-t-on franchement donc moi évidemment en tant que président de l'Assemblée nationale je veux qu'il y ait toujours du débat pour la PPL Duplon par exemple j'avais essayé d'aboutir à un compromis j'avais demandé aux parlementaires aux présidents de groupe de retirer un certain nombre d'amendements moyennant quoi les présidents de groupe de la majorité retiraient leur motion de rejet je ne suis pas parvenue à aboutir à un compromis parce que les députés de l'opposition n'ont pas souhaité retirer leurs amendements partant de là on ne peut pas se prévaloir de certaines règles à l'Assemblée nationale telles que le droit d'amendement est libre il est individuel c'est un droit sacré du parlementaire très bien je le respecte je l'approuve et se plaindre qu'on applique d'autres règles qui sont aussi sacrées le droit de déposer des motions de rejet et le droit de vote des parlementaires donc il faut savoir ce qu'on veut moi je veux du débat à l'Assemblée nationale et pour avoir du débat c'est plus une motion de rejet mais plus d'obstruction tant que il y aura encore des centaines voire des milliers d'amendements qui sont déposés sur des textes regardez la 69 regardez la PPL audiovisuelle il y avait des sous-amendements qui étaient déposés en flot continu donc ceux qui déposent ils savent très bien qu'ils empêchent le débat alors qu'ils ne se plaignent pas vous savez moi je ne veux pas être dans une démocratie où quelques députés peuvent bloquer le cheminement d'un texte législatif ça serait extrêmement grave c'est pour ça que notre règlement et ce panneau qui l'avons prévu a prévu des moyens de faire face à l'obstruction et bien les motions de rejet en sont un mais à nouveau j'observe que c'est l'opposition qui fait ceinture et bretelles pour ne pas avoir de débat parlementaire elle dépose des amendements d'obstruction et en plus elle dépose les motions de rejet qu'elle vote c'est un peu paradoxal vous en conviendrez donc je le déplore mais malheureusement je n'y peux pas grand chose sauf appeler tout le monde à la responsabilité et au fait de ne pas chercher à obstruer les débats parlementaires sur les commissions d'enquête c'est un droit constitutionnel moi je ne veux évidemment pas revenir dessus chaque groupe a le droit à une commission d'enquête parlementaire par an maintenant on voit qu'effectivement elles sont parfois instrumentalisées à des formes politiques c'est dommage parce que c'est un formidable outil d'investigation c'est un formidable outil qui nous permet de regarder de mettre en cause le fonctionnement des pouvoirs publics et donc ne le détournons pas de cela pour en faire un instrument uniquement politique ce serait vraiment dommage et c'est contraire à ce pourquoi elles existent mais elles sont vraiment constitutionnellement protégées et à nouveau moi je suis gardienne de notre démocratie parlementaire et donc je fais très j'y suis très attachée en ce qu'elle manifeste le pouvoir de contrôle du parlement
Edgar bonjour madame la présidente Edgar Becquet pour BFM TV à partir du 8 juillet prochain à partir de mardi prochain le chef de l'état pourra de nouveau dissoudre l'assemblée nationale s'il le souhaite est-ce que vous vous y seriez favorable et surtout est-ce que selon vous cette potentielle nouvelle dissolution permettrait de retrouver une assemblée un peu plus gouvernable merci
mais à nouveau elle est très gouvernable cette assemblée en fait je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise cette assemblée fonctionne c'est pas parce qu'elle est agitée c'est pas parce que parfois il n'y a pas de cap c'est pas parce que tout ce qu'on se dit qu'elle ne fonctionne pas les résultats sont là les textes sont votés les français peuvent le voir très concrètement donc l'assemblée nationale fonctionne elle est gouvernable et je le fais est-ce que vous m'avez entendu une seule fois baisser les bras et dire que ce n'était plus possible etc jamais si c'était le cas je dirais je suis franche je suis sincère je suis direct donc elle ne l'est pas elle est gouvernable c'est une assemblée qui fonctionne donc est-ce que il faut faire une nouvelle dissolution pour moi évidemment non parce que à nouveau en fait il faut tenir compte de ce que disent les français les français nous ont voulu cette assemblée à nous de la faire fonctionner c'est notre boulot mais c'est notre responsabilité et j'irai même plus loin c'est notre devoir et donc moi je crois et je le dis à qui veut l'entendre et j'espère que vous l'aurez entendu aujourd'hui cette assemblée nous avons le devoir de la faire fonctionner nous avons le devoir de continuer après on a des murs devant nous mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il ne faut pas s'y attacher et s'accrocher donc pas de dissolution pour moi nécessaire
Nicolas oui bonjour Nicolas Domenac de Challenge deux questions donc si vous voulez qui n'auraient absolument rien à voir la première vous l'avez évoqué discussion budgétaire à venir vous avez fait savoir que vous étiez au fond favorable à ce qu'on discute aussi des impôts on vous a immédiatement répondu ou plus exactement Laurent Wauquiez qu'il était hors de question donc je voulais savoir comment vous envisagez le débat dans ces conditions et est-ce que votre complice de souvent Gérard Larcher à votre avis partage la position de Laurent Wauquiez première question deuxième question la présidentielle étant une donnée de plus en plus présente dans les mois à venir comment vous l'intégrez dans votre réflexion et pour vous même comment vous la voyez
alors sur le premier point sur la préparation du budget vous aurez noté que les propositions que j'ai formulées sont des propositions qui ne prévoient pas c'est pas de la hausse d'impôt on est sur un rétablissement d'une équité par rapport au point de CSG qui concerne les retraités les plus aisés et à la suppression d'un avantage fiscal de l'abattement des 10% je n'ai pas proposé de hausse d'impôt des français je n'ai pas proposé de hausse d'impôt de nos entreprises mais je considère qu'il faut regarder du côté des recettes également et ces deux pistes que j'ai proposées permettraient de faire des recettes qui pourraient atteindre pratiquement 4 milliards d'euros ce qui n'est pas négligeable et donc il faut réinterroger l'abattement fiscal des retraités ce qui permettrait aussi d'avoir quelque chose de très lissé puisque les retraités les plus fragiles ne payant pas d'impôt ne sont pas concernés par cette mesure donc pour moi il ne s'agit pas de lever des impôts à tout crin et c'est ce que je dis à mes partenaires et aux français pour qu'ils comprennent bien ce que j'ai exprimé hier dans les échos concernant et pour ce que pense Gérard Larcher je vais évidemment le laisser l'exprimer je sais que dans les alors je ne sais pas à quel moment ce sera mais dans les jours qui viennent ils vont présenter leur piste budgétaire et donc je vais le laisser évidemment les présenter aux français et à la presse sur la deuxième question la présidentielle en fait évidemment ça ça impacte le débat public on voit bien aujourd'hui qui a beaucoup de prises de position des uns et des autres qui est guidé par cette échéance en 2027 c'est pas c'est leur droit le plus absolu et c'est normal maintenant ce qui moi je déplore c'est que parfois ces prises de position viennent obérer cette capacité à se mettre autour de la table pour discuter de ce que l'on va faire pendant les deux prochaines années et là je trouve que c'est dommage parce que aujourd'hui en fait nous avons nous sommes élus nous sommes aux responsabilités nous avons le devoir d'agir comme je l'ai dit et donc il ne faudrait pas que des ambitions pour dans deux ans aubert l'action nécessaire que nous devons avoir aujourd'hui et c'est malheureusement ce que je constate dans un certain nombre de domaines et je le déplore
Anita
Anita Osser pour Atlantico vous dites que l'Assemblée fonctionne c'est vrai mais elle perd souvent le pouvoir par rapport au Sénat par le biais des motions de rejet et par le biais des commissions paritaires où personne n'arrive à s'entendre et finalement on ne sait
si excusez moi on a 95% de taux favorables de commissions mixtes paritaires on n'a jamais vu ça dans toute l'histoire de la 5ème république j'ai jamais eu de mandature où on avait un taux positif de commissions mixtes paritaires donc on ne peut pas dire que personne n'arrive à s'entendre au contraire j'ai jamais vu les députés et les sénateurs aussi bien s'entendre en CMP jamais jamais les chiffres sont là
je prends acte je voudrais terminer ma question
bien sûr excusez-moi mais
je vous en prie on a quand même le sentiment que le Sénat prend la main sur les sur les les questions enfin les les projets de loi les propositions de loi plutôt et s'il n'y a pas de projet de loi finalement c'est au gouvernement qu'il faut s'en prendre
mais alors excusez-moi pour ce cri du coeur un peu enthousiaste mais c'est vrai que en fait c'est parce que je vois c'est assez tangible en fait le résultat des commissions mixtes paritaires c'est pour ça que je vous faisais part de ce chiffre après c'est vrai moi j'entends beaucoup dire effectivement il y a beaucoup de propositions de loi qui viennent du Sénat c'est vrai il y a beaucoup de propositions de loi qui viennent de l'Assemblée Nationale aussi maintenant c'est vrai qu'on a une proposition de loi qui a beaucoup fait parler d'elle et c'est heureux parce que pour le coup elle a été très structurante c'est la proposition de loi sur le narcotrafic qui venait de mois et mois de commissions d'enquête parlementaire justement transpartisanes et qui a réussi à largement rassembler à l'Assemblée Nationale et au Sénat il y a effectivement la Duplon la Lafon etc donc l'agriculture l'audiovisuel mais de notre côté comme je le disais on a la proposition de loi par exemple sur la parité aux élections locales qui va faire quand même c'est le dernier acte on en a peu parlé c'est le dernier acte de l'égalité politique en France c'est le dernier acte ça va faire rentrer dans notre pays des milliers de femmes dans les conseils municipaux et dans nos mairies on a 20% de femmes mères aujourd'hui avec cette loi on va évidemment progresser largement et bien cette loi c'est une proposition de loi de l'Assemblée Nationale portée par Elodie-Jacquier-Laforge du groupe démocrate la proposition de loi sur le viol Airbnb c'est une proposition de loi Assemblée Nationale donc je prends le point sur il y a beaucoup de PPL du Sénat il y en a quand même beaucoup de l'Assemblée Nationale mais à nouveau en fait il faut absolument on a passé un certain nombre de projets de loi qui étaient d'origine gouvernementale et qui étaient des projets de loi qui étaient préparés avant agriculture simplification résilience etc qu'on va passer bientôt il faut maintenant que le gouvernement réengage pour et c'est ce qu'on disait tout au début pour fixer un cap et pour nourrir le calendrier parlementaire sur une année entière ce que je souhaite avoir un programme en septembre jusqu'en juin 2026 je suis peut-être idéaliste c'est ce qui se passe dans toutes les démocraties du monde sauf chez nous donc ça suffit en fait on a besoin vous le dites tous on a besoin de cap
il y a une autre proposition de loi qui a été d'origine parlementaire Assemblée Nationale c'est celle sur l'aide à mourir est-ce que vous êtes est-ce que vous pensez aujourd'hui au stade où en sont le texte va au Sénat après la première lecture à l'Assemblée est-ce que vous êtes confiante à propos d'une adoption d'ici à la fin du quinquennat
je suis très confiante je suis très confiante je suis confiante pourquoi parce qu'il y a eu des travaux parlementaires de qualité dans les deux assemblées ici à l'Assemblée Nationale lors des débats et au Sénat lors des travaux préparatoires donc je vois que le Parlement se hisse à la hauteur de ce débat crucial pour nos concitoyens le Sénat a inscrit ce texte dans un calendrier qui est tout à fait respectueux de l'objectif que nous poursuivons d'avoir une adoption du texte avant la fin du quinquennat j'ai même envie de vous dire que moi le calendrier que j'ai à l'esprit nous permettrait d'adopter ce texte à l'été 2026 c'est un petit peu ce que j'ai comme perspective temporelle je crois que il faut prendre le temps de la délibération mais en même temps avancer avec assurance pour enfin pouvoir offrir ce nouveau droit à nos compatriotes
Thierry Bonjour Thierry Curté à France 2 est-ce que vous pensez que la tripartition de la société est véritablement installée et comme elle est à peu près équilibrée elle semble irréconciliable d'où les problèmes de l'Assemblée comment on sort de ça est-ce que la proportionnelle permet de sortir de ça ou pas je vois pas trop comment est-ce que vous vous interrogez vous-même sur pourquoi les députés n'arrivent pas à discuter entre eux quand ils ne sont pas du même camp est-ce que l'une des réponses c'est pas justement dû au mode électoral ils sont dans leur élection dans l'affrontement donc c'est des personnalités qui arrivent ici et qui ne comprennent que l'affrontement est-ce que la proportionnelle permettrait par exemple de changer la personnalité des députés avec d'autres types de candidats qui seraient eux capables de compromis
alors ça personne ne le sait ce qui est sûr et c'est une des raisons pour lesquelles moi je défends la proportionnelle c'est que ça permet d'accompagner un changement de culture politique rentrer dans une logique de coalition de compromis plutôt que d'opposition et d'affrontement qui est généré par le scrutin majoritaire qui n'a qu'un objectif finalement c'est de remplacer l'autre et on en souffre terriblement on souffre terriblement aussi des grands à-coups que le scrutin majoritaire occasionne c'est-à-dire que comme on veut remplacer l'autre et bien il faut montrer qu'on est extrêmement différent de l'autre et une fois qu'on est au pouvoir on va faire des choses qui sont très différentes et en fait ça donne une politique de l'essuie-glace vous voyez et donc et ça c'est pas compatible je crois avec les grands enjeux qui sont devant nous dont on voit à quel point on a besoin de pouvoir se projeter durablement sur des dizaines et des dizaines d'années et on peut pas avoir des changements de cap sur notre politique énergétique sur notre système de retraite sur les questions de défense tous les 5 ans à l'occasion d'élections où on ferait une alternance politique comme on a l'habitude d'en faire en France et donc c'est vrai qu'un scrutin proportionnel permettrait d'avoir davantage des relations politiques plus matures plus équilibrées qui vont davantage vers le compromis etc.
donc c'est une des raisons pour lesquelles je suis très favorable à ce mode de scrutin pour autant pour autant je considère que le mode de scrutin ne doit pas être un prétexte pour ne pas agir aujourd'hui et vous dites qu'est-ce qu'on pourrait faire pour que les députés soient capables de se mettre autour d'une table et de travailler et bien mes semaines transpartisanes les semaines transpartisanes c'est typiquement ça c'est des députés qui puisque l'accès à l'ordre du jour est conditionné par le fait d'appartenir à la majorité et à l'opposition et bien pour accéder à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale ils sont obligés de travailler ensemble et de sortir des propositions qui font consensus et ils le font si vous saviez j'ai pour chaque semaine transpartisane j'ai pratiquement 40 textes qui sont proposés par les parlementaires de tous bords politiques et des textes qui ont été travaillés avec la majorité et l'opposition donc ils y arrivent ils y arrivent maintenant il faudrait qu'on puisse le faire sur des textes plus structurants moi j'avais proposé de thématiser les semaines transpartisanes ça n'est pas le souhait des présidents de groupe et c'est pour ça que c'est ce que j'essaye en ce moment de créer sur les collectivités territoriales en fait moi j'ai proposé au président du sénat de monter un groupe assemblée nationale sénat transpartisan pour se dire en fait tous les rapports qu'on a sur les collectivités territoriales et Dieu sait qu'on en a qui aujourd'hui servent à caler des étagères dans nos deux assemblées qui prennent un peu la poussière parfois il faut qu'on s'en saisisse parce que ça peut pas rester un travail vain d'une part mais surtout à un moment où on cherche des économies je vous rappelle que l'enchevêtrement des compétences etc.
ça a été chiffré par Boris Ravignon récemment à 7,5 milliards d'euros par an donc moi j'ai proposé au président du sénat qu'on monte un petit groupe de travail de députés transpartisans et qui est pour objectif de prendre les rapports il s'agit pas d'inventer des choses de refaire des milliers d'auditions on prend les rapports existants dans nos deux assemblées et on regarde ce sur quoi on peut se mettre d'accord sur un arc très large politique et si on arrive à se mettre d'accord dépôt de proposition de loi et on avance j'en ai parlé au gouvernement qui s'est montré favorable à cette démarche et vous voyez cette démarche là ça permet de mettre les gens autour de la table avec des visions parfois différentes pour essayer d'avancer et de continuer à porter des réformes structurantes qui sont porteuses de grandes économies pour notre pays et donc j'espère qu'on pourra lancer ce travail dès la rentrée
quant à un menu pour Outre-mer la première j'aimerais me poser une question sur la Nouvelle-Calédonie alors hier vous étiez à l'Elysée pour le lancement du sommet sur l'avenir du territoire avec Emmanuel Macron je sais que c'est un sujet sur lequel vous êtes très impliqué vous êtes allé avec Gérard Larcher sur le territoire l'année dernière est-ce que déjà vous saluez la reprise en main du dossier par Emmanuel Macron est-ce que c'est l'impulsion qu'il fallait pour qu'on arrive enfin à un accord et le Président a parlé hier d'un projet d'État associé avec une période de transition de 15 à 20 ans est-ce que pour vous c'est la solution pour sortir le territoire de la crise vous vous parliez d'une souveraineté partagée avec la France après votre déplacement à Nouméa
alors effectivement et merci de le rappeler c'est un sujet qui est très important et qui est important pour le Président pour Gérard Larcher pour moi-même qui est important pour tous les Français c'est de la République dont on parle et c'est un territoire de la République qui vit de grandes difficultés en ce moment comme tout le monde le sait économique, sociale, environnementale voilà sur tous les aspects la Nouvelle-Calédonie ne va pas bien et il faut qu'on avance moi je n'utiliserai pas les termes que vous avez utilisés sur la reprise en main c'est pas une reprise en main c'est le fait que tout le monde est autour de la table à nouveau nous nous étions partis en Nouvelle-Calédonie avec Gérard notre mission c'était ça c'était de remettre de dresser la table nous avions dressé une petite table avec les responsables politiques hier la table était singulièrement agrandie et c'était heureux parce qu'il faut que tout le monde soit autour de la table pour discuter même quand on n'est pas d'accord et quand ils partagent je crois beaucoup de choses voire l'essentiel c'est important que le Président de la République s'implique il s'est toujours impliqué il s'est toujours impliqué mais le Président de la République il est garant de la République du territoire national et il a la légitimité que lui confère l'élection présidentielle et donc c'est normal c'est essentiel qu'il s'implique ensuite Manuel Valls est évidemment reste extrêmement impliqué c'est lui qui conduit les négociations actuellement sur l'aboutissement de ces négociations on voit bien qu'effectivement il faut trouver des solutions originales et beaucoup demander au Président de la République de s'impliquer et de s'avancer davantage ce qu'il a fait hier il a pris ses responsabilités maintenant nous allons regarder ce que les partenaires vont pouvoir réussir ce sur quoi ils vont réussir à se mettre d'accord moi j'espère en tout cas qu'il y aura un accord nous n'avons pas le choix ils n'ont pas le choix il en va vraiment de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie ils en sont tous conscients et moi j'ai appelé hier lors de mon intervention à l'Elysée à ce que chacun justement se hisse à la hauteur du moment et vous savez il y a quelques années j'ai inauguré une salle Jacques Lafleur Jean-Marie Chibaou à l'Assemblée Nationale et bien que tout le monde se hisse à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs et nous parviendrons à trouver un chemin apaisé après je me prononce j'ai dit comment je voyais les choses je ne vais pas le redire ici mais en tout cas la Nouvelle-Calédonie fait partie de nous et la France fait partie d'elle
Robin oui bonjour Robin Richardot pour Le Monde une question sur les sièges vides notamment au centre de l'hémicycle alors on sait que la vie d'un député ne se résume pas à sa présence en hémicycle mais quand même ces derniers jours on a vu entre Grémillet l'audiovisuel Mayotte des rangs particulièrement vides du côté du bloc central quel est votre regard là-dessus qu'est-ce que ça dit du moral des troupes et est-ce que ça ne nuit pas finalement à l'image un petit peu de l'Assemblée et comment on y remédie
les images de l'hémicycle qui est clairsemée ça nuit toujours à l'image de l'Assemblée et c'est d'ailleurs une des raisons par exemple pour lesquelles on a fait basculer tous les débats de contrôle dans la salle Lamartine pour justement éviter ces images vides qui étaient structurellement vides dans l'hémicycle après sur un certain nombre de textes effectivement il y a la présence est assez faible on ne peut que le constater je crois vraiment qu'il faut donner des perspectives et donner à chacun finalement des capacités à s'investir sur des textes et c'est vrai que quand c'est des textes qui nous arrivent comme ça au dernier moment d'initiative sénatoriale etc les parlementaires sont beaucoup moins impliqués dans le travail en amont et dans le portage du texte et donc je pense que c'est une des raisons pour lesquelles les parlementaires du socle commun peuvent se sentir moins présents dans l'hémicycle et c'est ce que vous avez constaté maintenant et puis c'est l'opposition finalement est plus mobilisatrice pour les parlementaires et on le constate également et donc il faut que nous réussissions collectivement à créer les raisons d'être là et les raisons d'être là c'est la fierté d'avoir un programme à mettre en oeuvre avec des projets structurants pour nos compatriotes une association dès l'origine pour construire ces projets ensemble pouvoir les porter dans nos circonscriptions et les porter fièrement à l'Assemblée nationale ça ne me paraît pas inatteignable comme objectif en tout cas je crois que c'est crucial pour l'année la session ordinaire qui va s'ouvrir en septembre en octobre
Tam
Tam Tranuy à Public Sénat bonjour c'est compliqué au sein du socle commun entre le bloc central et LR notamment dernièrement sur la question énergétique quel regard portez-vous sur cette tribune co-signée par François-Xavier Bellamy Bruno Retailleau Julien Aubert qui appelle à ne plus avoir de financement public pour le renouvelable et largement privilégier le nucléaire ce qui n'est pas la position du gouvernement dont Bruno Retailleau cela ne vous aura pas échappé et membre
après moi je laisserai le gouvernement à ses affaires polyphoniques c'est comme ça qu'il les appelle voilà moi je ne suis pas dans ça en revanche je considère que c'est une grave erreur d'abandonner le développement des énergies renouvelables en fait il ne faut pas regarder le monde tel qu'il est pour considérer que ces énergies renouvelables sont une option et je peux vous dire moi je reviens de Chine je peux vous dire qu'en Chine ils ne considèrent pas que le mix énergétique est une option ils développent à une vitesse ahurissante leur champ de photovoltaïque et leur champ d'éolien en plus de leur énergie nucléaire et en plus malheureusement de leur centrale à charbon ils ont un mix énergétique plus large que nous mais ils sont dans le mix et donc considérer aujourd'hui qu'il faut avoir une seule source d'énergie est une aberration c'est une aberration parce que je ne crois pas que ce soit viable et c'est même dangereux par rapport à ce qui se passe aujourd'hui donc il faut résolument continuer à investir sur le renouvelable résolument investir sur l'énergie électrique avec durable avec nos batteries en plus électriques pour donc continuer à investir sur notre parc automobile etc.
etc. mais surtout ne pas inverser la tendance et là aussi avoir un cap ça n'est pas possible de revenir comme ça et d'avoir des zigzags sur des investissements qui portent sur des dizaines et des dizaines d'années ça n'est pas possible et ça n'est pas responsable
Emile Oui Bonjour Madame la Présidente Emile Mallet la Revue Passage Depuis le début de cet entretien il y a un décalage dans vos propos entre la réalité et le ressenti des Français Si on se déporte de l'Assemblée nationale au niveau de l'État de la France on s'aperçoit que la situation financière ne s'améliore pas que la réindustrialisation ne fonctionne pas que la situation énergétique est coincée et que le combat pour l'antisémitisme n'arrive pas à trouver une véritable résistance est-ce que vous ne pensez pas que ce décalage est quotidien ?
Regardez, aujourd'hui les chiffres ont été donnés concernant le tourisme on nous a fait dire qu'après les Jeux Olympiques notre pays serait très attractif les chiffres donnés aujourd'hui c'est que l'Espagne fait 45% en plus de rentrées d'argent que la France alors qu'on nous disait que la France est le premier pays touristique est-ce que ce décalage-là sur l'État de la France et ce qu'en disent ses représentants est-ce que c'est pas ça qui nourrit plus qu'un scepticisme au sein de la population ?
Cher monsieur est-ce que vous m'avez entendu parler de l'État de la France depuis trois quarts d'heure ?
Vous m'avez tous interrogé sur la politique et sur l'Assemblée nationale je vous ai parlé de la politique et de l'Assemblée nationale vous ne m'avez pas interrogé sur l'État de la France et donc considérer que l'Assemblée nationale est le centre de la France et bien moi je ne le fais pas donc en fait l'action on parle du tourisme l'Assemblée nationale n'a aucun rôle à jouer dans l'animation touristique de notre pays donc moi je veux bien moi je réponds à vos questions et donc ne considérez pas que parce que je considère que l'Assemblée nationale tourne et produit ce qu'elle doit produire que je ne vois pas ce qui se passe en France que tout va bien dans notre pays mais je réponds juste à vos questions moi je suis la seule présidente de l'Assemblée nationale depuis le début de la Ve République à aller sur le terrain à ce point j'ai fait plus de 60 déplacements partout en France dans nos Outre-mer dans l'Hexagone donc je vois bien ce qui se passe en France j'écoute les Français ils me le disent mais ils me disent moi je suis une femme de nuance il y a des choses qui vont bien il y a des choses qui ne vont pas bien mais les Français et quand on se promène en France oui on peut être fier aussi d'être Français arrêtons aussi ce déclinisme total où on considère que tout va mal et que la situation de notre pays est catastrophique on a des formidables atouts et on a un pays qui a des richesses incroyables vous parlez du tourisme mais on peut parler de nos capacités industrielles par exemple oui l'industrie va pas bien tout ne passe pas par l'Assemblée nationale après on voit que depuis 10 ans et bien on a une politique industrielle on essaye et on y arrive de recréer de l'emploi industriel de réouvrir des usines les chiffres le montrent maintenant on fait face à des décennies de destruction d'emplois industriels vous remontez pas des filières en un claquement de main personne n'a de baguette magique ça demande un effort colossal et bien cet effort colossal il faut qu'on le fasse ensemble et donc si on dit tous c'est foutu la France va mal etc on n'y arrivera pas moi je suis optimiste je suis réaliste je pense qu'il y a des choses que l'on peut faire c'est dans nos mains agissons et tout ne dépend pas de l'Assemblée nationale dans notre pays nous ne sommes pas un régime parlementaire on peut en parler de ce régime parlementaire mais ça n'est pas le cas aujourd'hui donc ne faisons pas tout reposer sur l'Assemblée nationale
oui ? je constate ce que je viens de vous dire c'est pas moi c'est pas ce qu'il ne me dit le peuple en 2017 l'industrie représentait 9% du PNB aujourd'hui c'est 9% l'Allemagne est à 21% et l'Italie à 15% alors où sont les progrès ?
il y a des progrès en nombre d'usines réouvertes les chiffres vous donnez un indicateur il y en a évidemment d'autres mais ça n'est pas facile de remonter des filières industrielles mais on s'y est attelé ça ne date pas d'hier et c'est compliqué et maintenant vous dites le peuple ne voit pas ça le peuple ne voit pas ça vous ne représentez pas le peuple je le représente et le peuple est très varié moi j'en ai marre aussi qu'on dise le peuple dit ça le peuple pense ça le peuple il est nuancé comme vous comme moi et donc ne tirons pas non plus ne nous abritons pas derrière le peuple pour pouvoir avoir des conclusions aussi catégoriques que celles que vous avez aujourd'hui excusez moi je suis un peu énervée mais
on entend on entend vos convictions en fait voilà
je suis passionnée par ce que je fais par le mandat qui m'occupe veniez m'excuser de cet enthousiasme débordant
il nous reste un petit peu moins de 10 minutes on va essayer de prendre encore quelques questions François et puis Stanislas
François Gervais horizon politique vous êtes très investi avec monsieur Larcher sur le sort de Boalem sans salle généralement on attend un geste du président algérien le 5 juillet sinon s'il n'y a rien est-ce que vous êtes favorable à une riposte graduée qui ferait rentrer la France et l'Algérie dans une crise durable
écoutez oui nous sommes très mobilisés avec le président du Sénat nous demandons la libération de Boalem sans salle et nous l'espérons et nous l'attendons et donc voilà nous regarderons ce qu'il va se passer dans les jours qui viennent j'espère que le meilleur est à venir parce que je ne voudrais pas effectivement que les relations entre nos deux pays qui sont des relations ancestrales continuent à pâtir de cette situation on voit bien aussi que beaucoup de compatriotes français qui ont des relations familiales en Algérie en souffrent aussi de ces relations tendues entre nos deux pays donc il faut tout faire pour que ça s'apaise et évidemment la libération de Boalem sans salle participerait à cet apaisement et c'est ce que je souhaite et ce que nous souhaitons aujourd'hui voilà nous verrons ce qui se passera ensuite mais en tout cas moi j'appelle à cet apaisement et donc j'appelle à la libération de façon rapide
un mot aussi leurs portraits sont exposés devant l'Assemblée nationale à propos de Cécile Collère et Jacques Paris qui sont emprisonnés en Iran que peut faire la France que peut faire la diplomatie parlementaire pour eux
et bien pour voilà vous l'avez rappelé pour la première fois de l'histoire de l'Assemblée nationale nous avons affiché leurs portraits des portraits d'otages de français retenus de façon illégale dans un pays étranger et c'était un geste extrêmement important important pour montrer que l'Assemblée nationale et ses représentants du peuple sont avec chaque français qui subit ce type de situation c'était important pour les familles aussi elles nous l'avaient demandé elles ont besoin de savoir que les français se mobilisent pour eux et que nous ne les oublions pas c'est vital et puis il faut que la diplomatie elle le fait fasse le maximum d'efforts je sais que le quai est très mobilisé que le président de la république est très mobilisé il faut continuer à accentuer la pression il faut obtenir la libération de nos otages qui en plus sont détenus Cécile et Jacques dans des conditions dont on sait à quel point elles sont dures et vraiment douloureuses et donc nous les attendons sur le sol de la république française et j'espère qu'un jour prochain nous aurons le plaisir de décrocher avec eux leur portrait
Stanislas Stanislas Noyer l'aide de l'expansion je crois que les travaux vont bientôt commencer dans un pavillon enfin on va d'abord détruire le pavillon existant pour y construire un espace d'accueil j'ai vu un ou deux articles qui laissent penser qu'il peut y avoir un début de polémique sur la qualité architecturale de ces travaux est-ce que vous avez un point de vue là-dessus
mais c'est le genre de polémique qui me stupéfait parce que vous voyez c'est parti très rapidement sur un projet qui a 20 ans d'âge et dont on vient nous expliquer qu'il a été fait en catimini et donc c'est stupéfiant parce qu'il y a des arrangements avec la vérité qui quand même m'interpellent beaucoup et sur la qualité du débat public que ce soit là-dessus ou sur d'autres sujets donc ce projet il date d'il y a plus de 20 ans c'est un projet qui a été voulu par tous mes prédécesseurs gauche, droite peu importe les alternances pourquoi ?
parce que on accueille le public et toute personne qui est venue un jour à l'Assemblée nationale sait que nous accueillons le public dans des conditions déplorables et je pèse mes mots dans des conditions de sécurité très légères avec des groupes qui attendent dans la rue avec aucun espace pour les enfants pour poser leurs affaires pour déjeuner quand ils viennent de loin mon souhait c'est que chaque enfant de France vienne à l'Assemblée nationale découvrir l'institution et ils le font malheureusement dans des conditions qui ne sont vraiment pas celles qui soient dignes d'une démocratie donc ça fait 20 ans que ce constat est partagé par tout le monde nous avons construit ce projet de nouvel accueil du public qui est partagé et qui a été adopté à l'unanimité par deux bureaux successifs sous ma présidence le bureau entre 2022 et 2024 puis le bureau où j'étais minoritaire et non mais pour vous dire que ça fait un consensus transpartisan ce projet et après j'entends que le choix architectural ne convient pas à certains mais c'est un choix architectural qui a été réalisé avec dans des conditions très transparentes avec un concours d'architectes qui a été lancé avec quatre projets initiaux qui ont été retenus et il y avait trois collèges pour déterminer le vainqueur un collège avec composé de personnalités de l'Assemblée nationale mais des fonctionnaires qui s'occupent du patrimoine pour s'assurer que le projet correspondait aux besoins de l'Assemblée nationale un collège fait d'experts extérieurs architectes des bâtiments de France grands architectes experts du patrimoine etc et un collège que j'avais souhaité composer des anciens présidents de l'Assemblée nationale tous bords confondus et personnalités qualifiées extérieures vous aurez noté que je ne figurais dans aucun des collèges et qu'aucun député élu ne figurait dans aucun des collèges c'était un choix de ma part et les trois collèges ont décidé à des très larges majorités de choisir ce projet architectural que je trouve particulièrement réussi mais il a été choisi dans des conditions de transparence absolue donc moi je veux bien que des personnes qui aujourd'hui disent ça ne me plaît pas je préférerais tel ou tel autre projet mais en fait oui chacun peut avoir son avis et chaque avis est légitime mais j'ai fait et nous avons fait avec les questeurs exprès de faire en sorte que le choix soit fait de la façon la plus transparente et la plus collégiale possible et la plus exemplaire pour justement que ce ne soit pas le fait du prince vous voyez on aurait pu dire c'est le choix d'Yelbron-Pivet mais pas du tout je n'étais membre d'aucun collège mais en tout cas moi je me réjouis de cet accueil du public pourquoi ?
parce que demain on aura un accueil qui pourra faire de l'explication sur ce qu'est l'Assemblée nationale de l'explication sur l'état de droit sur les valeurs de notre république sur le fonctionnement de notre démocratie parlementaire nulle part en France vous n'avez un tel lieu et lorsqu'on voit que les français ont de la défiance vis-à-vis des institutions de la défiance vis-à-vis des hommes et des femmes politiques et bien créer un tel lieu accessible gratuitement au public et bien je crois que c'est majeur pour notre démocratie je suis très fière de pouvoir conduire ce projet dans la continuité de tous mes prédécesseurs qui ont souhaité faire de l'Assemblée nationale un lieu plus ouvert à nos concitoyens et à nos concitoyennes
Alors l'ouverture de l'Assemblée nationale au public aux français aux citoyens ce sera le mot de la fin on aurait pu encore vous poser beaucoup d'autres questions la prochaine fois on prévoira deux heures Merci à Elbron Pivet d'avoir accepté cette invitation à notre conférence de presse et bonne suite de programmes sur les chaînes parlementaires
Merci à tous Sous-titrage Société Radio-Canada
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Yaël Braun-Pivet