BOMPARD NE MÂCHE PLUS SES MOTS FACE AU POUVOIR : « IL FAUT ARRÊTER DE FAIRE PAYER LES FRANÇAIS »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 3:06OuverteRéponse directe
Votre réaction à l'adjectif que Emmanuel Macron dit Total est patriote ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous cela change la donne ? Est-ce que vous considérez que la France est plus menacée qu'on le pensait ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Est-ce que là vous l'approuvez quand Emmanuel Macron dit on va négocier un double moratoire avec les Russes et les Ukrainiens ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Votre réaction à ceux qui vous accusent régulièrement depuis quelques temps d'être le parti de l'étranger ?
- 7:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a d'après vous un parti de la guerre en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Chiffre
« Ils ont vu leur marge augmenter multiplié par 7 depuis le début de la crise et pourtant ils refusent de bloquer les marges qui est la seule mesure qui permettrait de ramener le prix du carburant autour de 1,70 € »
- 1:54Fait
« il a multiplié depuis son élection les cadeaux aux ultra riches, aux grandes entreprises. Par exemple, il a supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune, il a introduit ce qu'on appelle la flat taxe »
- 4:19Fait
« la France doit mettre sur la table et décider des politiques qui lui permettent de se protéger »
Temps de parole
- ?100 %
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Bah, écoutez, j'ai l'impression que le président de la République ne réalise pas vraiment le niveau de souffrance sociale qu'il y a aujourd'hui dans le dans le pays puisque il nous dit euh la situation, elle est durable, les prix des carburants vont augmenter pendant encore plusieurs semaines ou plusieurs mois, mais il refuse en réalité de prendre des mesures qui sont des mesures capables et susceptibles d'améliorer la situation rapidement. Ils se contentent des minuscules aides qui ont été annoncées par eux le gouvernement et qui concernent quelques millions de personnes à compter que ces personnes en fassent la demande et qui ignorent l'essentiel des Françaises et des Français. Il nous dit le président de la République, il faut agir pour baisser les prix et il refuse d'utiliser la
seule méthode pour le faire. C'est ce qu'on appelle le blocage des marges. C'est le blocage des prix hein, puisque il nous dit que total où les raffineurs ne font pas de marge en France. C'est faux. Ils ont vu leur marge augmenter multiplié par 7 depuis le début de la crise et pourtant ils refusent de bloquer les marges qui est la seule mesure qui permettrait de ramener le prix du carburant autour de 1,70 € c'est le prix auquel il était avant le déclenchement de cette crise. Votre réaction à l'adjectif qu'il empoir Emmanuel Macron dit euh Total est patriote. Bah Total a mis en place vous le savez des mesures de de de plafonnement des prix mais ces mesuresl elles sont une goutte d'eau. Pourquoi ? parce que total lui-même dit que c'est une mesure qui lui coûte autour de 300 400 millions
d'euros mais dans le même temps cette entreprise fait plusieurs milliards d'euros de surprofit. Donc la vérité c'est qu'il faut par la loi décider d'aller plus loin. Et décider d'aller plus loin, c'est bloquer les marges, c'est refuser que ces marges augmentent de manière significative et alors ça aura un impact immédiat pour tous les Français qui nous écoutent sur le prix du carburant. C'est pas très compliqué à faire, il faut juste la volonté politique de le faire. Manuel Bonpar, quand on voit la situation, a quelque chose évidemment de très angoissant, là c'est le côté train fantôme, mais on va parler dans un instant de ce qui se passe sur le front est de l'OTAN, ce qui se passe au proche-orient, la crise des carburants, on vient de le dire, la crise des de des taux d'emprunt, tout ça
là, c'est vraiment extrêmement grave. Et le président de la République vous désigne vous les oppositions tout à l'heure en disant mais le fait que la France n'ait pas pu réformer les retraites, ça reste la marque de ce quinquena, le grand blocage de ce quinquena. Ben écoutez, franchement, ça n'a aucun rapport. Monsieur le président de la République a lui une responsabilité directe dans l'augmentation de la dette, plus de 1000 milliards de dettes supplémentaires dans l'augmentation des déficits, notamment parce qu'il a multiplié depuis son élection les cadeaux aux ultra riches, aux grandes entreprises. Par exemple, il a supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune, il a introduit ce qu'on appelle la flat taxe qui permet aujourd'hui de payer moins d'impôts sur le capital. Et si ces
cadeaux-là n'avaient pas été faits depuis que Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, à l'heure où on se parle aujourd'hui, le déficit en France serait inférieur à 3 % euh du PIB. Si monsieur Macron n'avait pas fait 60 milliards d'euros de cadeaux par an, donc c'est lui qui a une responsabilité dans cette situation. Alors après, il peut appeler à la responsabilité de tout le monde, mais il devrait commencer par s'appliquer cette règle à lui-même et donc accepter que quand on est dans une situation difficile, c'est pas encore aux Françaises et aux Français qu'il faut s'en prendre, mais au contraire, il faut mettre à contribution celles et ceux qui ont les moyens d'être mis à contribution, les grandes entreprises, les ultra riches, celles et ceux qui font des profits qui sont des profits
gigantesques, extraordinaires ces derniers mois et à qui monsieur Macron ne veut pas dire bah il faut faire un effort. Si vous êtes patriote, faites un effort pour que le pays tout entier puisse sortir de cette situation difficile. Monsieur le député, j'aimerais vous entendre sur la situation euh militaire et la les menaces guerrières sur l'Europe. Ce sera largement à discuter avec les dernières informations que nous recevons ce soir à ce sujet. C'est la CIA qui aurait selon Elmundo donné des informations à la France, à l'Italie et à l'Espagne sur euh les menaces de drones euh type de drone précisément les drones Gerbera qui menacera un certain nombre de sites en en Europe et surtout en France, en Italie et en Espagne. Le président de la République dit nous n'avons pas reçu
d'information de la CIA. En revanche, il y a bien une menace potentielle sur des sites. Est-ce que pour vous cela change la donne ? Est-ce que vous considérez que la France est plus menacée qu'on le pensait ? Bah, écoutez, d'abord vous l'avez dit, mais je veux le redire. Le président de la République a lui-même démenti ces informations et des ministres italiens les ont démentis également. Pour autant, évidemment, on est dans une situation qui est une situation de d'approfondissement du conflit et de la guerre qu'a déclenché aujourd'hui la Russie contre l'Ukraine. Euh de monter en tension, de monter en puissance d'escalade et évidemment que cette escalade, elle est extrêmement dangereuse et que la France doit mettre sur la table et décider des politiques
qui lui permettent de se protéger. Mais la France, elle ne doit pas faire que ça. Elle doit aussi essayer d'empêcher cette escalade et au contraire d'ouvrir une logique et une logique de désescalade. Et c'est ce que nous demandons avec Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs années maintenant de dire il faut commencer par des objectifs concrets. Alors là, le président de la République pour la première fois propose ce fameux double moratoire en disant bah les Russes s'engagent à ne pas frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Les Ukrainiens s'engagent à ne pas frapper les infrastructures énergétiques russes. Je pense que c'est dans cette direction qu'il faut aller, c'est-à-dire des petits pas. des actes concrets qui permettent à cette logique d'escalade de substituer au contraire
une logique de désescalade et d'ouvrir un chemin vers la paix. C'est dans cette direction qu'il faut aller. Est-ce que là vous l'approuvez quand Emmanuel Macron dit on va négocier un double moratoire avec les Urusses et les Ukrainiens on n'est plus tout à fait dans la posture d'avant disant on va se battre jusqu'au bout jusqu'à la libération de tous les territoires crimé compris là on négocie c'est quand même un grand grand changement. Est-ce que pour vous c'est une bonne nouvelle ? Bah écoutez, c'est plutôt lui qui nous approuve puisque en l'occurrence c'est ce que nous mettons sur la table depuis plusieurs mois de dire il faut sortir d'une simple logique euh de monter en tension euh et de participer nous-mêmes à l'escalade. Au contraire, il faut construire des actes de desescalades et
ça commence par des petits pas, par des petits gestes. Des gens comme Boris Johnson vous disent, c'est du défétisme. On se bat, on se bat jusqu'à la libération de son territoire. On dit pas on négocie. Mais écoutez, bon, moi j'étais à la réunion qui a été organisée par le président de la République la semaine dernière. Je veux pas y dévoiler des informations confidentielles, mais je pense que je peux dire ça, tout le monde en est conscient, c'est qu'aujourd'hui ce conflit, il est durablement en lisé et que si l'un ou l'autre des béérants, et j'oublie pas évidemment que c'est d'abord la Russie qui a déclenché cette guerre, veut vraiment l'emporter, c'est-à-dire remplir ses objectifs militaires, ça va prendre sans doute plusieurs années et des centaines de
milliers voire des millions de morts. Donc, si on veut sortir de cette situation et ben il faut ouvrir un chemin de paix. Et pour ouvrir un chemin de paix et ben il faut commencer par des actes pour petit à petit créer un climat qui permet ensuite d'aller plus loin. Avec Jean-Luc Mélenchon, nous avions proposé par exemple comme premier acte de sécuriser les centrales nucléaires. Là, le président de la République parle des infrastructures énergétiques. Je pense que c'est dans cette direction qu'il faut aller parce que sinon c'est très facile hein sur les plateaux de télévision d'avoir des discours béliqueux mais sauf que c'est pas nous qui en payons les conséquences le prix y compris le prix humain. Donc je pense que quand on est sérieux et et ben au contraire, il faut agir pour la paix, il
faut construire la paix. C'est pas facile évidemment mais c'est dans cette direction que la France doit mettre tous ses efforts. Un mot encore sur la sur ce sujet. Ce soir, Marine Le Pen dit, il y a des petits marquis béliqueux. Elle reprend dans un autre genre hein ce que vous dites. Votre réaction à ceux qui vous accusent régulièrement depuis quelques temps d'être le parti de l'étranger. Beaucoup au centre disent le RN est un parti de l'étranger et la France insoumise est un parti de l'étranger. Mais monsieur Rochbin, ne vous faites pas le relais des accusations infamantes. Vous savez, le parti de l'étranger, c'est une rhtorique très dangereuse. Oui, mais je je vous le reproche pas, mais vous savez le parti de l'étranger, c'est une rhtorique très dangereuse qui
a été utilisée y compris au cours du 20e siècle en France par l'extrême droite. Je je recommande de pas utiliser ce type d'expression. Rien dans ce que je viens de vous dire et rien dans les positions que nous défendons ne revient à prendre partie pour un pays étranger. Mais bien au contraire, tout au contraire, il s'agit de sauvegarder à la fois les intérêts de la France évidemment et l'idée qu'on se fait des droits humains, c'est-à-dire protéger les vies civiles, faire en sorte que la guerre s'arrête le plus rapidement possible. Voilà tout simplement quel est notre objectif et je pense qu'au contraire, c'est un objectif qui devrait être partagé par tous. Est-ce qu'il y a un parti belliciste en France ? Ce soir, on va écouter toutes les réactions. Il y a ceux qui disent
"On en fait pour l'Ukraine." Ceux qui disent qu'on en fait pas assez. Il y a vraiment toute la gamme. Est-ce qu'il y a d'après vous un parti de la guerre en France ? Mais écoutez, ça c'est des des c'est des c'est normal qu'il y ait des débats sur sur ces sujets. C'est plutôt ça dans une démocratie d'avoir des débats sur ces sur ces sujets. Je pense qu'il y a parfois en tout cas des discours ou des illusions que on sortirait de ce conflit par la guerre et qu'on a vendu pendant des années et des années sur le dans les médias en particulier. Je crois que tout le monde est en train de revenir à un principe de réalité. Et ce principe de réalité, c'est que pour faire la paix, il faut négocier. Et pour négocier, il faut y compris ouvrir des discussions, y compris avec ceux qui ont déclenché la
guerre, même si on désapprouve absolument leur action. Sinon, on peut pas faire la paix. Voilà. Et donc, il faut aller dans cette direction. Et tous ceux qui essayent de venir sur les plateaux de télévision pour dire "Non, non, c'est pas ça qu'il faut faire, faut pas faire la paix, faut continuer la guerre." Bien souvent, c'est pas eux qui payent les conséquences de la guerre, vous voyez. Donc moi, je sais très bien que c'est pas moi qui paiit les conséquences de la guerre, mais je me permettrai pas d'aller dire aux gens il faut aller faire la guerre, faire la guerre, faire la guerre. Au contraire, je pense qu'on doit construire et ouvrir un chemin de paix. Je pense que c'est la seule option raisonnable et c'est celle que la France doit défendre. Merci beaucoup Manuel Bompard d'avoir
été notre invité. Vous êtes dans votre local de campagne. Vous êtes dans votre local de campagne. Je suis dans ma non, je suis dans ma permanence à parce qu'il y a votre portrait là. Il y a votre portrait à côté de vous donc à Marseille. Voilà. Merci beaucoup d'avoir été avec la fin de semaine, vous savez, on est en circonscription. Voilà, l'intervention de Manuel Bompard met en évidence deux fronts sur lesquels la France est aujourd'hui confrontée à des tensions majeures. La crise du carburant et la guerre en Ukraine. Sur le carburant, son attaque contre le gouvernement est directe. Bonpar estime que les mesures annoncées ne répondent pas suffisamment à l'urgence sociale et défend une intervention beaucoup plus forte de l'État. Son idée centrale, bloquer les marges afin de limiter la
hausse des prix et faire redescendre le carburant à un niveau plus supportable pour les Français. Derrière cette proposition, c'est toute la politique économique d'Emmanuel Macron que Bonard remet en cause. Il accuse le gouvernement d'avoir favorisé les grandes entreprises et les contribuables les plus riches à travers différentes réformes fiscales, tout en demandant aujourd'hui des efforts à la population. Il cite notamment la suppression de l'ISF et la flat taxe pour illustrer ce qu'il considère comme un déséquilibre dans la répartition de l'effort. Mais c'est sur l'Ukraine que son intervention prend une dimension géopolitique. Bonpard reconnaît que la guerre connaît une nouvelle phase d'escalade et considère cette évolution comme dangereuse pour la France et l'Europe.
Mais sa réponse n'est pas de demander une intensification du conflit. Il défend au contraire une stratégie de désescalade. Son raisonnement est simple. Si chaque camp cherche à obtenir une victoire militaire complète, le conflit pourrait encore durer longtemps et provoquer des pertes humaines considérables. Il faut donc, selon lui, commencer par des mesures limitées capables de rétablir progressivement un dialogue. C'est dans cette logique qu'il soutient le principe d'un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes. Pour bon part, ce type d'accord pourrait constituer un premier pas vers une négociation plus large. Cette position est importante parce qu'elle révèle une différence fondamentale dans le débat français sur la guerre. Une partie des
responsables politiques considère que la pression militaire doit rester prioritaire. Bonpar défend une approche différente. La France doit chercher activement les conditions d'une négociation, même avec un adversaire dont elle condamne les actions. Il insiste d'ailleurs sur ce point lorsqu'il rejette l'accusation selon laquelle défendre la négociation avec Moscou reviendrait à défendre les intérêts russes. Selon lui, l'objectif est au contraire de protéger les intérêts français, les populations civiles et de réduire le risque d'une escalade. C'est donc une même logique qui traverse toute son intervention. Sur le plan intérieur, Bompar réclame davantage d'intervention de l'État pour agir sur les prix et répartir différemment l'effort économique.
Sur le plan international, il réclame davantage d'initiatives diplomatiques pour empêcher l'escalade. Mais cette stratégie soulève une question centrale. Jusqu'où la diplomatie française peut-elle réellement peser sur un conflit dans lequel Paris ne contrôle ni les décisions russes ni les décisions ukrainiennes ? C'est là que se trouve la principale difficulté de son approche. Car appeler à la désescalade est une chose, convaincre les différents protagonistes d'accepter les conditions d'une désescalade en est une autre. L'interview de Bonre ainsi que le débat français ne porte plus seulement sur le soutien à l'Ukraine, il porte désormais sur la stratégie à adopter pour sortir du conflit. Continuer à renforcer le rapport de force ou chercher progressivement une voie de négociation.
Et sur ce point, Bonpar affiche une ligne parfaitement claire. Pour lui, la France doit utiliser son poids politique et diplomatique pour ouvrir un chemin vers la paix plutôt que de s'inscrire dans une logique permanente d'escalade.
Manuel Bompard