Séisme en Charente-Maritime, LGV Lyon-Turin, Salon du Bourget... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Christophe Béchu
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France Info Bonjour Christophe Béchut. Bonjour Marc Fauvel. Vous vous rendez tout à l'heure dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime aux côtés des sinistrés du tremblement de terre qui a touché l'Ouest en fin de semaine dernière. Qu'allez-vous leur dire tout à l'heure ?
Je vais d'abord aller à la rencontre à la fois des autorités préfectorales, des maires, des pompiers, de tous ceux qui depuis vendredi ont fait en sorte de se porter au secours de ces populations qui ont été particulièrement secouées, à la fois par la secousse, par la réplique, mais aussi parce que nous avons des dizaines de maisons qui sont classées noires ou rouges dans lesquelles les gens ne peuvent pas rentrer. Il y a des procédures de solidarité ou de relogement qui ont été mises en place coordonnées à la fois par les préfets, par les conseils départementaux.
Il y a beaucoup d'interrogations sur le processus d'indemnisation, sur la manière dont les choses vont se passer et c'est tout ça que je vais évoquer avec eux. Combien de personnes ne rentreront pas chez elles ? On le sait déjà aujourd'hui ou pas ? On est, d'après les chiffres qui m'ont été communiqués, sur un peu moins de 200 personnes qui sont concernées par des logements dans lesquels il est ou interdit, ou souhaitable de ne pas retourner. Et ce sont ces détails-là qui vont aussi m'être donnés.
Je veux vraiment souligner le fait que malgré un séisme qui a plus de 5 sur l'échelle de Richter, ce qui est quelque chose qui n'arrive en France qu'une fois tous les 10 ans, on a un bilan humain qui est proche de zéro, avec seulement 2 personnes blessées, on a des secours qui ont réagi de manière extrêmement rapide, on a des procédures de solidarité, de soutien et de relogement qui se sont mises en place. Il arrive souvent, et c'est normal, qu'on pointe les domaines dans lesquels il y a des choses qui ne vont pas. Là, on a une chaîne de secours qui a fonctionné, on a manifestement aussi des réglementations antisismiques qui ont permis de limiter une partie des dégâts sur le bâti.
Je pense qu'il faut aussi être capable parfois de souligner ce qui va bien. L'essentiel pour moi aujourd'hui, c'est d'être aux côtés de ses habitants, c'est de leur dire que dans les prochaines semaines, les indemnités vont pouvoir arriver dans le cadre des assurances. L'arrêté de catastrophe naturelle est déjà tombé ou pas encore ? L'arrêté de catastrophe naturelle, il déclenche un processus qui fait qu'en gros, il faut un petit mois, le temps qu'on est là remonté.
Mais là, il est déclenché, ça y est.
Il est déclenché, et ce déclenchement fait qu'en gros, au bout d'un délai de 4 semaines, on a les premières primes qui peuvent à ce moment-là arriver directement sur le compte des gens.
Christophe Béchut, le week-end dernier a été marqué par la manifestation contre le projet de TGV Lyon-Turin. Des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre. Pourquoi à chaque fois ça se passe comme ça ? On l'a vu à Sainte-Soline, on l'a vu à Nantes. Pourquoi à chaque fois, il y a des heurts ?
Il faut le demander à une certaine ultra-gauche qui, sous prétexte d'écologie, vient pour porter atteinte physiquement à des forces de l'ordre. On parle d'un projet qui existe depuis une trentaine d'années et qui a une ambition particulièrement écologique. Aujourd'hui, on a un million et demi de poids lourds qui transitent entre la France et l'Italie et 90% de ce trafic de marchandises se fait sur la route et il entraîne de la pollution dans la vallée de la Morienne ou de l'Arve. Le projet, c'est un million de poids lourds qu'on bascule de la route vers le rail.
Et vous avez des gens qui vous expliquent qu'il y a des à-côtés, il y a des conséquences, que le chantier lui-même porte des conséquences en termes d'artificialisation. Il n'y a pas de travaux qui, à un moment, n'entraînent pas des conséquences.
Le sujet, c'est vers quoi on va ? Donc vous assumez ces arguments-là ? Les arguments des opposants au projet, c'est déjà qu'il existe une voie ferroviaire, celle qui passe par le tunnel du Mont-Sauny, et on ne l'exploite pas au maximum.
Ce n'est pas vrai. Le trafic a diminué parce que le principe de précaution et les exigences de sécurité, en particulier après ce qui s'est passé au Mont-Blanc, font qu'aujourd'hui, nous n'avons plus le droit de faire passer autant de trains pour des raisons de sécurité.
Il y a 40 trains seulement quotidiens chaque jour sur ceux qui empruntent ce tunnel. C'est vrai, c'est trois fois moins qu'avant. Oui, et on devrait pouvoir monter jusqu'à 54, ce qui permettrait quand même d'augmenter quasiment d'un tiers. Ça va se faire, mais ce n'est pas à la hauteur.
Oui, mais même en augmentant, ça n'est pas à la hauteur. Je viens de vous dire que le chiffre, c'était un million de poids lourds. Qu'on soit capable d'augmenter de 20%, effectivement, par le Mont-Sauny, ceux qui passent en ferroutage, bien sûr qu'il faut le faire. Mais le besoin que nous avons compte tenu de la réalité de ce trafic de marchandises, il n'est pas à la hauteur du tunnel du Mont-Sauny. Il nécessite la réalisation de cette infrastructure. Si on veut cette ambition écologique de décarbonation, si on veut soutenir le fret de manière importante, on a besoin de ce projet.
Qui peut creuser dans la montagne et retirer l'équivalent de cette pyramide, c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon, de terre.
Je l'entends, mais encore une fois, il faut savoir ce qu'on veut. Et en l'espèce, si on veut éviter d'avoir une pollution à l'air libre, si on veut faire comme nos amis suisses qui ont massivement investi dans du ferroutage et dans des tunnels, ce projet, soutenu par l'Europe, voulu à la fois par la France et l'Italie depuis plusieurs dizaines d'années, il s'inscrit dans cette logique qui va permettre de diminuer la pollution routière et de diminuer les émissions. Donc ce projet se fera,
quoi qu'il se passe sur place, comme en 3000 personnes. Je vous pose la question parce qu'il y a quelques semaines, il y a eu des manifestations contre un projet d'autoroute et que dans la foulée, certains de vos collègues du gouvernement ont dit non, non, les grands chantiers, on peut les remettre à plat. Effectivement, il faut réfléchir au cas par cas. Lyon-Turin ne fait pas partie du cas par cas. Lyon-Turin est un chantier qui est parti.
Et si vous faites référence effectivement à des discussions disant qu'il fallait faire une revue de projets, des projets existants, oui, mais des projets non lancés. Vous avez une déclaration d'utilité de public. Vous avez déjà des milliards d'euros qui ont été investis. Il y a plus de 30 kilomètres de ce tunnel qui ont commencé à être forés. Et 3000 personnes, c'est l'équivalent du nombre de camions chaque jour qui sera évité quand le Lyon-Turin sera réalisé. Donc il faut aussi mettre les choses à leur place.
3000 personnes ne peuvent pas remettre en cause ou 10 000 ou 30 000 les conséquences d'un projet qui se chiffre en dizaines, en centaines de milliers d'habitants qui gagneront en qualité de l'air et en lutte effective pour améliorer la baisse des émissions.
Parmi les opposants au projet, il y a les militants écologistes des soulèvements de la terre menacés de dissolution au prochain Conseil des ministres cette semaine. Pour vous, ce sont des éco-terroristes ?
Vous savez, les mots et la façon dont on les désigne, pour moi, ce n'est pas ça qui est important. Comment peut-on...
C'est plus important pour votre collègue Gérald Darmanin.
Je l'entends, mais à force de se focaliser sur la manière dont on les appelle, on oublie le fond de l'histoire. Le sujet, ce n'est pas de savoir ce qu'ils sont, c'est de savoir ce qu'ils font. Est-ce que vous vous rendez compte que le week-end dernier, ils ont été démolir, détruire des cerfs appartenant à 200 maraîchers, pas loin de chez moi, à Nantes, y compris des cerfs qui servent à savoir comment on peut, avec moins d'eau et moins d'intrants, faire en sorte de pouvoir cultiver dans de bonnes conditions du maraîchage. Même Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, a fait part de sa consternation après des choses de ce type. Mais ça, ça peut mériter
une condamnation en justice, mais est-ce que ça mérite une dissolution ? Est-ce qu'ils font courir un risque aujourd'hui à la République ? Vous savez, même cette procédure,
elle est encadrée, elle fait l'objet d'un suivi par le juge, elle fait l'objet d'une possibilité de recours. Donc, s'il y a des recours...
Mais vous êtes sûr que ce sera le cas parce que ça fait plusieurs semaines que ce décret de dissolution est attendu et qu'on l'attend... Juridiquement, ça a l'air compliqué. Juridiquement, à chaque conseil des ministres. Et pour l'instant, il ne vient pas. Ce qui est complexe,
c'est qu'on n'est pas devant une association normale. On est aussi devant une nébuleuse d'associations. Mais malheureusement, chaque week-end où ils appellent à des manifestations interdites qui se terminent par des blessés dans les rangs des forces de l'ordre, ils ajoutent un chapitre, j'allais dire, dans le dossier qui pourrait mener à leur dissolution.
Et de ce point de vue, les douze gendarmes et policiers qui ont été blessés ce week-end alors qu'ils ne faisaient que leur travail en étant la cible de manifestants qui sont venus manifester dans le cadre d'une manifestation interdite, ça montre à nouveau à quel point on ne doit pas transformer l'écologie en prétexte pour alimenter une haine des forces de l'ordre
parce qu'il y a beaucoup de ça dans ce qu'ils manifestent. Christophe Béchumini de la transition écologique invité de France Info jusqu'à 9h, il est 8h41, le fil Info avec Diane Ferschit.
Les rues de Dieppe transformées en torrents de la grêle dans le Cher et des vents à près de 100 km heure accompagnées de tornades en Normandie. Les orages ont touché une grande partie du pays hier soir sans faire de dégâts majeurs. Ce matin, plus aucun département n'est en alerte. Ils sont accusés d'avoir voulu attaquer des mosquées ou encore le Parlement européen. Quatre hommes jugés à partir d'aujourd'hui par la Cour d'assises spéciales compétentes en matière de terrorisme. Des hommes en lien avec la mouvance néo-nazie se sont connus sur un forum sur Internet. Le procès doit se tenir à huis clos. L'un des accusés était mineur au moment des faits.
Le salon du Bourget, salon international de l'aéronautique et de l'espace, ouvre ses portes aujourd'hui et pour deux semaines, quatre ans qu'il n'avait pas eu lieu à cause du Covid et un grand thème pour cette 54e édition, celui de l'aviation décarbonée. Jusqu'à 30 ans de prison, c'est la peine encourue par l'opposant russe Alexei Navalny. Il est déjà emprisonné. Il comparaît cette fois pour extrémisme une accusation au contour plutôt flou. Alexei Navalny qui accuse, lui, le Kremlin de vouloir le garder à vie derrière les barreaux. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia
Marc Fauvel Toujours avec le ministre de la Transition écologique Christophe Béchut, Emmanuel Macron inaugure ce matin le salon du Bourget qui fait son retour après quatre années d'absence. L'aviation représente en France un peu moins de 7% de nos émissions de gaz à effet de serre sur la planète. C'est 3%. Est-ce que le chef de l'État doit en profiter tout à l'heure pour lancer un appel à la réduction du trafic aérien comme le réclame une quinzaine d'associations écologistes ? D'abord ce salon du Bourget
vous l'avez dit après quatre ans d'absence il est évidemment très important il va être totalement tourné vers ces questions de climat parce qu'indépendamment des appels on voit bien qu'il y a aujourd'hui de plus en plus de gens de jeunes en particulier qui avant de prendre l'avion examinent des alternatives ou qui refusent de le prendre et donc très concrètement ça pèse aussi sur les compagnies et qu'il y ait des changements de comportement qui sont liés à cette prise de conscience de l'intensité du dérèglement climatique ce n'est pas une question de décision c'est une réalité
d'ores et déjà Mais ça passe pour vous par une réduction naturelle ou forcée du trafic aérien vous pensez qu'il y aura par exemple ce n'est pas ce que disent les compagnies aériennes qui disent on est en train de doubler aujourd'hui notre nombre d'avions dans les 20 ans qui viennent mais vous pensez qu'il y aura moins d'avions dans les années qui viennent ? Je pense que les comportements
ont déjà changé qui vont continuer à changer mais qu'à côté de ça les besoins ou la tendance à vouloir voyager conduira à une hausse malgré tout du trafic et c'est la raison pour laquelle même quand on prend des mesures pour interdire les vols quand il y a une alternative en train même quand on s'aperçoit qu'il y a des compagnies qui font en sorte de changer leur politique en termes de voyage d'affaires même quand on voit le nombre de particuliers qui décident de modifier leur plan pour les vacances pour tenir compte de tout ça se dire que demain il n'y aura pas d'avions non seulement ça ne correspond pas à la réalité mais c'est même encore plus important pour nous français et européens qui produisons la moitié des avions de la planète d'avoir une stratégie de décarbonation parce que quand vous donnez les chiffres d'émissions c'est vrai mais les avions qui sont produits en France en particulier ils volent dans le monde entier et donc leur niveau de consommation a pas seulement un impact sur nos émissions mais partout et là le président de la république aujourd'hui il va confirmer ce qu'il a laissé entendre avant le week-end le fait qu'on va à la fois à l'échelle française et à l'échelle européenne avancer dans deux directions pour baisser ce niveau d'émissions comment par rapport aux moteurs comment par rapport aux avions eux-mêmes on diminue leur consommation et de l'autre comment on fait en sorte d'aller vers des carburants qui soient des carburants durables
justement les carburants durables quels sont les objectifs le gouvernement va débloquer 200 millions d'euros pour quels objectifs
pour faire en sorte qu'on puisse incorporer dans le kérosène des carburants durables je veux dire un mot très simple là-dessus parce qu'on lit parfois des choses fausses le carburant durable c'est pas prendre de la terre agricole qui pourrait servir à nourrir la planète pour fabriquer du carburant ça a été la vision il y a une dizaine d'années pour les avions c'est très clairement utiliser des résidus d'algues de bois des huiles usagées des choses qui sont durables et qui ne nous conduisent pas à détourner une forme de production
pour ça mais ça on peut en mettre combien dans les réservoirs de carburants des carburants parce qu'il y aura toujours une part de kérosène classique alors c'est une excellente question un
ça dépend de la façon dont les moteurs sont construits donc il y a un enjeu pour aller construire des moteurs qui permettent d'en absorber une large part et deux
il y a produire
ces carburants qui vont ensuite l'alimenter aujourd'hui on a des objectifs d'incorporation à la fois sur le plan européen et sur le plan mondial pour aller vers 6% à la fin de cette décennie mais avec l'enjeu de dépasser 50% de carburants durables dans les années 2050 de façon à diminuer
sauf que vous entendez ce que disent les compagnies ça reste quand même trop cher les carburants durables c'est 5 fois plus cher que le kérosène donc elles n'ont pas tendance à aller vers ça
on disait la même chose des énergies renouvelables quand elles ont été lancées et il faut qu'on s'habitue désormais aussi à se dire que dans les énergies fossiles on n'a pas tous les prix on ne voit pas les conséquences que les énergies fossiles continuent de produire sur notre planète sur notre environnement
le coût de réparation des dégâts Christophe Béchut les américains par exemple subventionnent massivement la production de ces carburants durables c'est pas le cas en Europe est-ce que ce sera le cas justement pour aider les compagnies ou est-ce que ce sont les passagers qui paieront alors je vais être très clair
avec vous pour amorcer à la fois la recherche l'innovation et la production d'une partie de ces carburants il y a bien une enveloppe de 200 millions d'euros qui a été annoncée par le président de la république mais pour l'essentiel ces prix ils ont vocation à être répercutés on ne peut pas à la fois se dire qu'il y a des comportements qu'il faut qu'on encourage tous les déplacements décarbonés et de l'autre ne pas faire en sorte que ceux qui utilisent les déplacements qui sont les plus carbonés ne payent pas le juste prix donc les billets d'avion vont être plus chers on n'a pas vocation à financer par de l'argent public des voyages en avion donc les billets d'avion vont être encore plus chers en fait le tri ce tri il y a se fera par le prix des billets de la même manière que l'année dernière au milieu de la polémique sur faut-il interdire ou pas les jets privés le sujet ce n'est pas l'interdiction le sujet c'est de faire en sorte que ce soit le juste prix sur les justes choses et très clairement quand on a mis fin à l'avantage fiscal du kérosène sur l'essence au moment du PLF dernier ça s'inscrit là-dedans
ça ne marche pas toujours comme ça quand une compagnie aérienne locaux se profite de subventions locales pour s'installer et que ça lui permet de vendre des billets à perte ou en tout cas en gagnant quasiment rien la concurrence libre et non faussée dans ce cas-là elle a ses limites
quand j'étais maire d'Angers une des premières décisions que j'ai prises j'ai été loin de penser que j'aurais cette explication avec vous sur ce plateau ce matin ça a été de couper toutes les subventions sur l'aéroport d'Angers à des compagnies low cost qui en fait quel que soit le prix des billets étaient subventionnées par une mairie et assuraient déjà leur chiffre d'affaires avant même de faire rentrer le premier passager dans l'avion donc oui c'est une évolution plus large que la question des moteurs
c'est aussi une évolution des mentalités l'évolution des tarifs que vous dessinez là Christophe Béchut ils ont déjà pris 20% en un an les billets d'avion ça va continuer au même rythme c'est-à-dire qu'il faut s'attendre à ce que chaque année les prix des billets prennent 10-20% je ne sais pas répondre
ce que je sais c'est que un penser un monde sans aviation ça n'aurait pas de sens et deux penser qu'on va rester dans le statut quo ça n'en a pas non plus donc il faut de l'innovation il faut des évolutions profondes sur le poids des avions sur les moteurs sur les carburants et tout ça ça doit à la fois s'accompagner par un peu d'argent public pour accélérer la recherche et l'innovation mais ce sera ensuite bien à payer par ceux qui prendront l'avion pour faire en sorte d'amortir les coûts et d'arrêter qu'on ait des activités qui soient néfastes pour le climat sans que ces activités ne contribuent à financer la restauration nécessaire
Christophe Béchut est-ce que l'été 2023 sera pire que l'été 2022 en termes de sécheresse
on a une situation quand on la compare à l'année dernière à la même époque qui est inquiétante l'année dernière à la même époque on avait des nappes phréatiques qui étaient en dessous des normales de saison mais un peu moins qu'aujourd'hui là on est à 68% des nappes phréatiques en dessous des normales de saison avec une situation qui est plus grave sur le pourtour méditerranéen et dans la vallée du Rhône et qui en revanche plus rassurante ou moins inquiétante dans le Grand Ouest et en particulier en Bretagne et dans une partie de la Normandie et des pays de la Loire
ça veut dire qu'il y aura plus de restrictions plus importantes en tout cas et dans plus de régions
cet été ?
ça veut dire d'abord au risque de dire une banalité que les semaines qui viennent vont être déterminantes ce qui avait aggravé de manière considérable les choses l'année dernière c'était le mois de juillet où on avait eu 90% de déficit pluviométrique en un seul mois donc on tend le dos parce que si on a un mois de juillet qui correspond à celui de l'année dernière là on aura une situation pire si à l'inverse on a comme ça a été le cas durant ces premiers jours de juin quelques pluies dans divers endroits ça peut permettre de limiter la pression mais on a déjà 60 départements à la minute où on se parle dans lequel il y a ou des arrêtés de vigilance ou des arrêtés d'alerte et pour une quinzaine d'entre eux des arrêtés de crise c'est-à-dire d'ores et déjà des restrictions pour faire en sorte de limiter les usages à l'eau potable à date ça montre qu'on est plus vigilant qu'on a pris davantage de mesures et qu'on regarde vraiment tous les jours le mot n'est pas trop fort comment la situation évolue en lien avec les préfets pour que les décisions ne tardent pas
quand elles doivent être prises Christophe Béchut ministre de la transition écologique est avec nous jusqu'à 9h sur France Info il est 8h50 Diane Ferchit pour le fil Info
Elle compte pour un dixième de la note finale du baccalauréat l'épreuve de grande orale commence aujourd'hui et jusqu'à la fin du mois issue de la réforme blanquer elle doit permettre de juger des qualités des candidats à l'oral c'est la dernière épreuve du bac 2023 la France traversée par de violents orages hier soir l'alerte émise par météo France est désormais levée des vents jusqu'à 100 km heure en Ile-de-France quelques tornades même en Normandie des intempéries qui ont mis les trains à l'arrêt entre Orléans et Paris et provoquer des inondations le gouvernement entend lutter contre le surtourisme pas question de limiter le nombre de vols long courrier à destination de la France mais plutôt mieux orienter les visiteurs vers des sites moins connus par exemple un appel à projet sera notamment lancé à la fin de l'année pour le financement d'infrastructures elles permettront de mieux gérer les flux de touristes après trois victoires en trois matchs l'équipe de France de foot affronte la Grèce ce soir match de qualification de l'Euro 2024 et le sélectionneur Didier Deschamps prévient attention dit-il à l'excès de confiance la rencontre se joue à 20h45 au Stade de France France Info
le 8.30 France Info Salia Brachia Marc Fauvel
toujours avec Christophe Vechu le ministre de la Transition écologique qui dit sécheresse dit possible canicule vous avez dévoilé un plan de 15 mesures au début du mois par exemple vous demandez aux écoles et aux crèches d'avoir des pièces rafraîchies comment on fait quand on sait que 80% des écoles en France ne sont pas correctement isolés
en fait ce plan il vient essayer de regarder ce que sont les trous qu'on a dans la raquette en 2003 à l'issue d'une canicule on s'est concentré sur les personnes âgées en disant qu'il fallait faire des pièces fraîches dans les EHPAD en mettant en place des registres communaux de sauvegarde on voit que avec le dérèglement climatique le nombre de journées chaudes augmente 33 jours de canicule l'année dernière et on voit bien d'après ce que nous disent l'expert que ça va se poursuivre l'idée de ce plan c'est de poser les bases de règles complètement nouvelles sur le suivi des chantiers pour les plus petits dans les crèches dans les écoles au moment des examens pour initier un mouvement qui va à la fois produire des effets dès cet été recenser les fontaines qui sont disponibles et les points d'eau faire en sorte qu'on puisse
mettre sur les pièces fraîches dans les écoles et sur les pièces fraîches 80% des écoles ne sont pas isolées
alors deux choses simples d'abord repérer les travaux qui peuvent être conduits mais parfois aussi les bons gestes qui consistent à tenir compte de l'état du bâti pour isoler de manière plus rapide telle ou telle pièce mais il y a un deuxième élément c'est repérer les pièces fraîches qui sont à proximité immédiate de ces bâtiments c'est-à-dire on peut aller
à l'extérieur
ça peut être quoi par exemple ? ça peut être un gymnase qui est à proximité ça peut être un espace y compris appartenant à la mairie ou à une autre collectivité locale qui n'a pas de fonction dans ces cas-là
toute l'école déménage pendant les pics de chaleur dans ce gymnase et tout le monde fait classe dans le gymnase alors je reconnais
que dit comme ça ça peut sembler un peu basique ce que je veux dire c'est que jusqu'à maintenant c'est pas préoccupé des plus jeunes en termes de réglementation avec ce plan on pose les bases de ce qui va nous conduire principalement dans l'année qui arrive aux côtés des maires à les accompagner à les aider pour investir pour faire en sorte d'isoler ces pièces mais les repérer dès maintenant faire en sorte tout de suite qu'on ait une idée de là où elles sont du nombre qu'on a et y compris de la hauteur de la marche parce que quand vous dites que 80% des écoles sont mal isolées c'est vrai dans un premier temps il ne s'agit pas que toutes les pièces soient fraîches dans un premier temps il s'agit qu'on puisse repérer les endroits qui à l'intérieur de chaque établissement scolaire permettent d'avancer
on ne peut pas mettre ça mais vous êtes prêts vous par exemple au gouvernement à fournir des climatiseurs à toutes les écoles qui en ont besoin ?
le climatiseur ce n'est pas forcément la meilleure solution et vous le savez
mais comme on n'a pas les moyens
je ne dis pas ça je dis juste que on a une politique qui se décline département par département parce qu'on n'a pas forcément une vague de chaleur qui touche la totalité de la France en même temps c'est donc là aussi avec les préfets qu'on bâtit l'ensemble de ce plan et en parallèle puisque vous parlez des écoles sur le point d'aller préciser le grand plan école qui a été annoncé par le président de la République pour faire en sorte justement en termes de confort thermique de rénovation de pouvoir lancer une première tranche de 10 000 écoles d'ici la fin du quinquennat qui pourront bénéficier à la fois de déminéralisation de leurs cours d'école pour éviter les îlots de chaleur mais de travaux pour faire en sorte qu'on puisse éviter d'avoir trop de passoires l'hiver et l'été en termes d'absence de confort pour les élèves
et les enseignants Christophe Béchut les sénateurs de droite vous demandent de reporter le calendrier de mise en place des ZF les zones à faible émission dans les métropoles qui visent à interdire progressivement la circulation des voitures les plus polluantes est-ce que le calendrier est encore négociable ? D'abord on a un calendrier
qui est borné par des lois et ce calendrier il est ensuite borné par une deuxième chose c'est par deux décisions du Conseil d'Etat qui ont condamné notre pays pour dépassement des seuils de pollution atmosphérique en nous demandant de lutter de manière plus efficace contre un fléau qui aujourd'hui tue 47 000 personnes d'après Santé Publique France chiffre 2021 ce que je veux dire c'est qu'on a parfois tendance à faire comme si les ZF c'était quelque chose qui était fait pour emmerder les gens alors qu'on oublie qu'avant toute chose c'est fait pour éviter les deux ans de pertes moyennes d'espérance de vie de chaque Français liés à cette pollution atmosphérique
on n'avait pas le sentiment d'être en train de revivre avec les ZF ce qu'on a connu au moment des portiques et de l'éco-taxe
à côté de ça j'entends les critiques nous les entendons et on a le sentiment qu'il y a sans doute de la confusion à la fois dans les règles qui sont applicables y compris parce qu'il y a eu parfois des décisions locales allant plus vite ou plus loin que la loi qui ont participé à cette confusion j'attends donc la remise officielle de ce rapport par les sénateurs à la fin du mois de juin et en parallèle le maire de Toulouse Jean-Luc Moudinck la vice-présidente de l'euro-métropole de Strasbourg Anne-Marie Jean je les ai chargées de me rendre un rapport au début du mois de juillet sur vue de métropoles qui appliquent la ZFE qu'est-ce qu'il faut changer qu'est-ce qu'il faut assouplir quels sont les éléments que nous pourrions bouger et l'enjeu ce sera au milieu de cette première quinzaine de juillet de pouvoir effectivement annoncer des assouplissements en fonction de ces deux rapports en gardant un objectif qui est celui de la préservation de la santé des français mais en tenant compte des critiques qui s'expriment pour que ce soit à la fois plus lisible prendre un peu plus de temps pour arriver à l'objectif final j'attends la remise de ces deux rapports si je commence à vous donner des réponses avant même de les avoir reçues
comme ils ont futé dans la presse et que vous les avez élus
celui des sénateurs mais il me semble que vous n'avez pas encore vu celui de Jean-Luc Moudinck non c'est vrai
Christophe Béchus et Elisabeth Borne qui va conclure tout à l'heure les assises des finances publiques organisées par Bercy l'objectif c'est de faire des économies partout dans tous les ministères notamment pour réduire la dette ma question elle est simple c'est si on mettait en place un ISF climatique comme l'a suggéré l'économiste Jean Pizani-Ferry on n'aurait peut-être pas besoin de faire des économies
je crains que si parce que c'est pas le rendement de l'ISF qui nous exonérerait aujourd'hui de quelque économie que ce soit mais je veux surtout et c'est très bien que vous me posiez cette question
vous disiez il n'y a pas de tabou par rapport à l'ISF climatique
cette revue de finances publiques elle sert à quoi elle sert à dégager des milliards d'euros qui vont pouvoir être mis sur la planification écologique et ce que dit le rapport Pizani-Ferry il explique qu'il y a une marche à franchir dans les 160 pages il y en a une sur l'ISF climatique mais il y en a des dizaines mais il dit aussi que c'est comme ça qu'on fera accepter dans l'opinion les efforts si je peux répondre à plusieurs questions en même temps il y a évidemment besoin de montrer que cette transition elle est juste à la fois dans la façon dont elle est financée et dans ceux qui bénéficient des crédits mais elle a aussi avant tout besoin d'être financée et la hauteur du besoin nécessite de revoir dans nos finances publiques à la fois certaines dépenses où aujourd'hui finalement on soutient ce qu'on appelle des dépenses brunes c'est à dire des dépenses qui financent ou qui baissent le coût du gaz du fioul du pétrole et de l'autre on a au contraire besoin d'aller pousser des financements pour accélérer la rénovation des écoles mais aussi
des maisons individuelles des copros
des logements sociaux
vous entendez juste ce qu'on sous-entend avec nos questions c'est comment vous allez pouvoir expliquer aux français qu'on ne peut plus rembourser par exemple certains soins dentaires parce qu'on n'a plus d'argent mais qu'en même temps on refuse de demander aux plus riches de mettre un peu plus la main à la poche alors qu'ils se sont enrichis depuis le Covid
on ne peut pas comparer ce qui relève de la santé et des autres dépenses budgétaires il y a l'équilibre interne des dépenses de santé qui est un sujet et ensuite les choix qu'on fait pour le budget de la nation et là notre pays est à la fois un de ceux qui a le niveau de prélèvement obligatoire qui est plus élevé au monde ma conviction c'est que il ne faut pas utiliser l'écologie comme prétexte pour augmenter les impôts on a une transition fiscale à conduire ce n'est pas la même chose c'est-à-dire baisser certains impôts en augmenter d'autres et si demain on a des émissions qui globalement on a des impôts qui reposent sur les émissions ça contribuera à faire payer plus ceux qui émettent le plus et donc ceux qui ont les modes de vie les plus riches Christophe Béchou
ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires était ce matin merci à vous l'invité de France merci à tous les deux bonne journée
Christophe Béchu