Amélie de Montchalin, Ministre de la Transformation et de la Fonction publique | Audition publique
Amélie de Montchalin Au micro : Brigitte Boucher, Elizabeth Martichoux, Yves ThréardSource d'origineTranscription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que Noël se fêtera sous les poubelles à Marseille? Les syndicats refusent de passer aux 35h au 1er janvier. Que leur dites-vous?
- 2:00OuverteRéponse partielle
Que dites-vous ce soir aux syndicats?
- 3:00RelanceÉludée
Que dites-vous ce soir aux syndicats qui refusent d'appliquer la loi au 1er janvier?
- 4:00FerméeRéponse directe
Vous vous mettrez dans l'illégalité si vous n'appliquez pas cette loi?
- 5:00OuverteRéponse directe
Les syndicats à Marseille veulent rencontrer quelqu'un du gouvernement. Que leur répondez-vous?
- 6:00OuverteRéponse directe
À Paris, les agents travaillent 32h. La loi impose 35h au 1er janvier. Que se passe-t-il?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Amélie de MontchalinFait
« Perdure une situation de grande inégalité sur le temps de travail dans notre société. Les agents publics travaillent moins de 35 heures. »
- 3:00Amélie de MontchalinFait
« Le passage aux 35 heures, ça veut dire qu'on travaille au moins 35 heures. »
- 5:00Amélie de MontchalinFait
« Je suis la ministre de la Transformation et de la Fonction publique. Je dois assurer le fait qu'il y ait une égalité de traitement entre les agents publics des grandes et petites communes. »
- 7:00Amélie de MontchalinFait
« A Paris, il n'y a pas eu à ce stade de volonté de l'employeur public, de la maire de Paris, de présenter un règlement de travail conforme à la loi. »
- 8:00Amélie de MontchalinFait
« La loi doit s'appliquer pour tous les Français. Que l'on soit maire, Français dans la rue, entreprise, l'Etat de droit, c'est le socle de la République. »
- 9:00Amélie de MontchalinChiffre
« Les agents publics sont concernés quand ils ont une rémunération mensuelle inférieure à 2000 euros. »
- 15:00Amélie de MontchalinFait
« Nous avions des urgences. Des urgences d'inégalités hommes-femmes. On a fait ce qui était urgent. »
- 16:00Amélie de MontchalinFait
« Quand on fait le Ségur de la santé, quand on revalorise les soignants, c'est les métiers les plus mis en valeur dans notre pays. »
- 17:00Amélie de MontchalinFait
« Tous les fonctionnaires, dans les collectivités et dans l'Etat, depuis le 13 juillet dernier, sont couverts par un accord unanime de toutes les organisations syndicales pour qu'ils puissent travailler un, deux ou trois jours sur la base du volontariat. »
- 19:00Amélie de MontchalinFait
« Il y a d'autres fonctionnaires qui sont concernés, comme les gendarmes, qui sont dans des situations à risque. »
- 21:00Amélie de MontchalinFait
« Je crois d'abord à la science. La science a fait des progrès incroyables pour nous protéger d'une épidémie extrêmement dangereuse. »
- 22:00Amélie de MontchalinFait
« Je viens d'une famille d'agriculteurs. Ils ne font pas du foie gras, mais ils sont plutôt dans la production laitière. »
- 32:00Amélie de MontchalinFait
« La position, je laisserai mon collègue le ministre des Transports la détailler. On a réformé la SNCF parce que cette entreprise a besoin d'être modernisée. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- Elizabeth Martichoux: Bonsoir à tous et bienvenue dans "Audition publique", tous les lundis soirs. Emmanuel Macron pas encore candidat. Il sera à la télévision mercredi soir pendant 2h.
Annoncera-t-il sa candidature? Il ne manque plus que lui sur l'affiche de cette présidentielle. Comment affronter Valérie Pécresse?
On posera la question à Amélie de Montchalin. Bonsoir, madame la ministre de la Transformation et de la Fonction publique. Merci beaucoup d'être avec nous.
Dans une vingtaine de minutes, Yves Thréard reviendra dans l'émission sur ces questions politiques. Les syndicats de la fonction publique vous intéressent. Il y a eu l'annonce du gel du compte du point d'indice des fonctionnaires.
Est-ce une politique juste? Vous n'avez pas fait baisser le nombre de fonctionnaires en 5 ans. Ce sera votre débat avec les parlementaires tout à l'heure.
Une question, pour commencer. A Marseille, est-ce que Noël se fêtera sous les poubelles? Les poubelles s'amoncellent depuis presque 15 jours.
Les syndicats refusent de passer aux 35 heures au 1er janvier. Il est demandé le report de l'application de cette loi. Vous leur dites quoi, ce soir? - Amélie de Montchalin: Avant de répondre sur le fond du sujet, peut-être redire à nos téléspectateurs quels sont les enjeux.
Perdure une situation de grande inégalité sur le temps de travail dans notre société. Les agents publics travaillent moins de 35 heures. Le passage aux 35 heures, ça veut dire qu'on travaille au moins 35 heures.
C'est un en d'équité entre les salariés du privé et les agents du public. C'est aussi un enjeu d'égalité et d'équité entre les agents publics, qui font le même métier, mais qui ont une organisation de travail différente selon la commune où ils travaillent. C'est une inégalité que notre gouvernement a pris la responsabilité de vouloir résorber. - Elizabeth Martichoux: Que dites-vous ce soir aux syndicats? - Amélie de Montchalin: Ville par ville, là où il y avait un enjeu d'augmentation du temps de travail, des négociations difficiles, elles ont été menées par beaucoup d'élus de très bonne volonté, qui ont remis sur la table la question du temps de travail, la question de l'organisation du travail.
Il y a des enjeux de salaires qui peuvent aller avec le contingent du temps de travail. Je crois au travail qui paye. - Elizabeth Martichoux: Que dites-vous ce soir aux syndicats qui refusent d'appliquer la loi au 1er janvier? - Amélie de Montchalin: Ce n'est pas avec les syndicats de Marseille que j'ai une négociation.
Je suis la ministre de la Transformation et de la Fonction publique. Je dois assurer le fait qu'il y ait une égalité de traitement entre les agents publics des grandes et petites communes. - Elizabeth Martichoux: Vous vous mettrez dans l'illégalité si vous n'appliquez pas cette loi? - Amélie de Montchalin: Ca a été mené avec beaucoup de courage dans beaucoup de communes, ce dialogue social.
Je crois à ce dialogue social de qualité. A Montpellier, le maire a augmenté le temps de travail, les primes...
Il a pris un temps où, à la fin, c'est gagnant pour les agents, gagnant pour la collectivité. - Elizabeth Martichoux: Je vous présente Brigitte Boucher. On va parler du cas particulier de Paris.
Je voudrais une réponse précise. Les syndicats à Marseille, comme Force Ouvrière, disent qu'ils veulent rencontrer quelqu'un du gouvernement pour parler de ce sujet. Que leur répondez-vous?
Vous leur répondez de régler ça avec leur mairie? Ou vous vous dites: "On s'en lave les mains"? - Amélie de Montchalin: Je suis attentive à toutes les situations.
J'ai lancé une consultation ville par ville. Les préfets ont fait un suivi pour savoir où il y avait encore des difficultés pour qu'on puisse donner aux maire des outils, pour qu'on puisse faciliter les négociations en regardant les leviers possibles. Il y a des endroits qui m'inquiètent, comme la mairie de Paris.
Pour Marseille, ce que j'ai à dire, c'est que la négociation ne se fait pas avec moi. Je n'ai reçu les syndicats d'aucune commune. Je fais confiance au dialogue social.
Les services de la préfecture des Bouches-du-Rhône travaillent en partenariat avec les élus pour regarder toute la palette d'options possibles pour que ce soit un progrès. - Elizabeth Martichoux: On va parler de Paris. Brigitte Boucher, sur Paris.
Ce n'est pas à vous de les recevoir, mais il y a un cas particulier. - Brigitte Boucher: C'est le même cas à Paris, où les agents de la ville travaillent 32 heures. Vous souhaitez que tout le monde passe aux 35 heures au 1er janvier 2022.
Il y a un appel qui a été rejeté pour Anne Hidalgo, aujourd'hui. Est-ce qu'à la mairie de Paris, on travaillera 35 heures au 1er janvier? - Amélie de Montchalin: La situation à Paris est très différente de celle de Marseille ou de celle d'autres villes, où le dialogue social est en cours, mais n'est pas porteur d'un consensus.
A Paris, il n'y a pas eu à ce stade de volonté de l'employeur public, de la maire de Paris, de présenter un règlement de travail conforme à la loi. La mairie de Paris a proposé un règlement de temps de travail que le tribunal administratif a jugé non-légal. La loi doit s'appliquer pour tous les Français.
Que l'on soit maire, Français dans la rue, entreprise, l'Etat de droit, c'est le socle de la République. Que madame Anne Hidalgo soit candidate à la présidentielle, c'est une chose. Mais qu'elle décide de faire du règlement du temps de travail de la mairie de Paris un outil politique pour gagner du temps, ça ne peut pas aller.
A Paris, il y a 50.000 agents qui travaillent. C'est-à-dire autant que dans toutes les préfectures et sous-préfectures de France.
Je crois au travail qui paye. - Brigitte Boucher: Pour des raisons électoralistes? - Amélie de Montchalin: Parmi toutes les candidates de gauche, qui a pris la décision d'augmenter les plus bas salaires, y compris à la mairie de Paris?
C'est moi. Madame Hidalgo nous dit que ces personnes font des métiers difficiles. C'est vrai.
Une bonne façon de valoriser ces travailleurs, c'est de les payer. J'ai dû m'assurer que les salaires soient augmentés à la mairie de Paris. On ne peut pas dire que les efforts de salaire étaient au maximum de ce qui pourrait être fait.
Derrière, je crois profondément au fait que le dialogue social est au coeur d'une démocratie sociale. - Elizabeth Martichoux: La question de Brigitte. Qu'est-ce qui se passe?
Qu'est-ce qui se passe au 1er janvier? - Amélie de Montchalin: Au 1er janvier, toutes les communes, mairie de Paris comprise, qui n'ont pas montré la volonté de vouloir se mettre en conformité, les préfets iront porter le cas de chacune de ces communes devant les tribunaux administratifs. Ce sont les tribunaux qui vont décider s'il y a des astreintes ou un délai qui est donné.
Je voudrais dire une chose ce soir. Aujourd'hui, le seul endroit où une mairie n'a montré aucune bonne volonté, c'est Paris. Il y a une fake news qui circule et que je veux démonter.
La loi de 2019 prévoit évidemment des exceptions sur le temps de travail aux personnes qui font des tâches pénibles, aux personnes qui travaillent la nuit, aux personnes qui travaillent dans les égouts. La loi est une loi de progrès social. Simplement, Anne Hidalgo nous dit que l'environnement de travail a évolué, qu'il est bruyant.
Tout le monde à Paris travaille dans un environnement pénible. Ce n'est pas respecter les gens qui ont vraiment un métier pénible. - Elizabeth Martichoux: Paris, c'est la mairie qui bloque.
Vous en faites un cas particulier. A Marseille et ailleurs, ce sont les syndicats. Vous dites que le dialogue social doit aboutir. - Steve Jourdin: Une question sur le pouvoir d'achat.
L'indemnité inflation sera versée à partir d'aujourd'hui. 100 euros pour ceux qui gagnent moins de 2000 euros nets. Qu'en est-il des fonctionnaires? - Amélie de Montchalin: Les agents publics sont concernés quand ils ont une rémunération mensuelle inférieure à 2000 euros.
Pour les fonctionnaires, il y avait une étape supplémentaire par rapport à ce qui est le cas des étudiants ou des salariés. C'est de l'argent public directement versé à des agents publics. Il fallait que le Parlement approuve cette dépense.
C'est chose faite. L'indemnité inflation sera versée en janvier. - Elizabeth Martichoux: Avec le salaire de janvier. - Amélie de Montchalin: Pour 2,5 millions d'agents dans notre pays.
Sans démarche particulière. Qu'ils soient dans l'Etat, dans les hôpitaux, dans les collectivités locales...
On a une situation exceptionnelle. Une situation qui est hors du contrôle de notre politique énergétique puisque c'est lié au prix de l'énergie en dehors de nos frontières. Cela justifie qu'à court terme, on ait cette mesure d'urgence et qu'on ait un plan très ambition de conversion des véhicules avec des millions de Français qui ont pu être accompagnés pour le choix de leur véhicule.
Il y a aussi la rénovation énergétique des bâtiments. Il y a aussi un plan de sortie de la dépendance aux énergies fossiles. - Elizabeth Martichoux: On revient sur cette indemnité inflation qui va tomber d'ici fin janvier pour tout le monde. - Brigitte Boucher: Il y a aussi un chèque énergie exceptionnel pour 6 millions de Français.
Peut-on dire que vous distribuez les cadeaux de Noël à quelques mois de la présidentielle? - Amélie de Montchalin: Je ne crois pas que ce soit dans cet esprit qu'on fasse les choses. C'est un esprit de responsabilité.
On écoute ce que tous les économistes nous disent pour réussir la transition écologique pour ne laisser personne au bord du chemin. Je pense à Olivier Blanchard. - Brigitte Boucher: C'est parce que les prix flambent. - Amélie de Montchalin: Les économistes nous disent que la transition écologique va créer un renchérissement de l'énergie fossile.
Pour que cette transition soit possible et qu'elle ne débouche pas en une crise sociale, tous les économistes du monde entier nous disent qu'il faut accompagner les plus modestes de manière continue. C'est l'enjeu du chèque énergie. Ou alors, quand il y a des périodes de pic, il y a l'enjeu de l'indemnité inflation qui touche les plus précaires et les plus fragiles. - Elizabeth Martichoux: Donc, ce n'est pas un cadeau de Noël? - Amélie de Montchalin: Non.
Les pays européens qui ont aujourd'hui une stratégie coordonnée font cette mesure. Il aurait été absurde que sous le prétexte... - Elizabeth Martichoux: Vous faites comme les autres, finalement. - Amélie de Montchalin: On fait ce qui est utile et efficace.
On a des bons outils qui sont reconnus comme efficaces. - Steve Jourdin: Vous avez refusé de remonter le point d'indice. Il n'a pas bougé depuis 5 ans.
Pourquoi avez-vous refusé ce point d'indice? - Amélie de Montchalin: Parce que depuis 4 ans, avec le président et le Premier ministre, nous avons choisi un chemin qui est difficile, mais qui est payant, sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires. Il tient d'abord à vouloir revaloriser les métiers oubliés.
Je pense aux soignants, aux enseignants, aux jeunes chercheurs. Ce sont des métiers qui avaient beaucoup perdu en activité et en pouvoir d'achat. Nous avons résorbé les inégalités.
Nous avons fait face à des écarts de centaines d'euros par mois de salaire de personnes qui font le même métier. Troisièmement, nous avons mis en 2022 en particulier tous nos moyens sur la revalorisation des bas salaires. J'ai pris le choix de, non pas augmenter tout le monde du même petit point, mais...
Si j'avais fait ça, les agents publics les moins bien rémunérés, c'était 6 euros de plus par mois. - Elizabeth Martichoux: C'est du rattrapage. - Amélie de Montchalin: Il y a les moins bien rémunérés parmi les agents publics.
Ils vont être augmentés de 40 à 50 euros par mois. Le choix politiques qu'on a fait, c'est de dire qu'on ne va pas augmenter tout le monde d'un tout petit pourcentage. On va assumer, et c'est un choix politique fort, que le levier que nous voulons mobiliser, c'est de revaloriser de 40 à 100 euros par mois les plus bas salaires. - Elizabeth Martichoux: Et les fonctionnaires qui voient l'inflation se profiler et qui ne sont pas concernés, ils se disent quoi? - Amélie de Montchalin: Il y a beaucoup de fonctionnaires qui sont concernés par les autres mesures que nous avons prises.
Quand vous augmentez les aides-soignantes de 10 milliards d'euros dans le Ségur de la santé, vous touchez les gens qui sont pas forcément les plus bas salaires, mais qui ont été revalorisés. - Steve Jourdin: Est-ce que vous dites qu'aujourd'hui, il y aura des fonctionnaires qui vont voir leur pouvoir d'achat baisser? - Amélie de Montchalin: Il y a un enjeu qui n'est pas traité aujourd'hui...
J'ai annoncé jeudi qu'il fallait repenser le système de rémunération publique en profondeur. Le problème le plus grave, c'est qu'on a beaucoup d'agents publics qui n'ont plus de perspective réelle d'augmentation, non pas seulement en 2022, mais en 2023 et en 2024. Ce que je reconnais, c'est que nous avons un système qui est à bout de souffle et qui ne permet pas de finalité.
Ces fonctionnaires sont bloqués. - Brigitte Boucher: Ca fait 4 ans que vous êtes aux responsabilités. Pourquoi rien n'a bougé avant? - Amélie de Montchalin: Nous avions des urgences.
Des urgences d'inégalités hommes-femmes. On a fait ce qui était urgent. Maintenant, si on regarde le point d'arrivée, j'ai demandé à ce qu'on prépare collectivement avec les employeurs publics, une négociation. - Brigitte Boucher: Vous n'avez pas résorbé toutes les inégalités.
Il y a encore un peu plus de 12% d'écart entre les hommes et les femmes. Pourquoi l'Etat ne montre pas l'exemple? - Amélie de Montchalin: C'est un sujet que je prends à bras-le-corps.
Si vous regardez, un métier égal, l'écart inexpliqué, c'est un peu moins de 4%. C'est beaucoup trop. C'est pour ça que je vous dis qu'il y a des choses sur lesquelles il faut qu'on travaille.
C'est pour ça que je vous ai annoncé qu'on allait faire un baromètre ministère par ministère très précis pour qu'on identifie où il y a du rattrapage à faire. - Brigitte Boucher: C'est un échec du quinquennat? - Amélie de Montchalin: Quand on fait le Ségur de la santé, quand on revalorise les soignants, c'est les métiers les plus mis en valeur dans notre pays.
Cet écart a été fortement réduit par le Ségur. - Elizabeth Martichoux: On va parler du sanitaire. - Amélie de Montchalin: 2020 a été la première année de l'histoire de notre République où nous avons réussi à nommer plus de 40% de femmes dans les nouvelles personnes qui accédaient aux responsabilités. - Elizabeth Martichoux: Tant mieux, ça avance! - Amélie de Montchalin: L'engagement est là. - Steve Jourdin: On est en pleine crise sanitaire.
Plus de 40.000 nouveaux cas de Covid ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures. Le télétravail est aujourd'hui recommandé dans les entreprises.
Combien de fonctionnaires sont concernés par le télétravail aujourd'hui? - Amélie de Montchalin: Tous les fonctionnaires, dans les collectivités et dans l'Etat, depuis le 13 juillet dernier, sont couverts par un accord unanime de toutes les organisations syndicales pour qu'ils puissent travailler un, deux ou trois jours sur la base du volontariat. Quand les gens ont organisé leur télétravail sur un ou deux jours, il faut qu'ils puissent en faire trois jours pour participer à l'effort national de moins de circulation.
Pendant longtemps, on a considéré que la fonction publique était en retard sur les progrès, sur l'organisation du travail. J'ai voulu replacer la fonction publique en avant. 75% des membres du ministère du Budget travaillent en télétravail.
Dans la préfecture d'Ile-de-France, on est à peu près à 40% ou 50% d'agents qui télétravaillent. L'année dernière, au pic du début de printemps 2020, nous avions 75% des agents des ministères parisiens... - Steve Jourdin: Vous envisagez de le rendre obligatoire, ce télétravail? - Amélie de Montchalin: On a un accord qui permet de faire trois jours de télétravail dans un accord social.
Cela permet de prendre les frais engendrés par le télétravail à notre compte. Tout ça, c'est à négocier. J'ai vraiment remis...
C'est un travail qu'on a pris en quelques mois. J'ai remis un accord unanime pour repositionner la fonction publique comme un moteur du progrès social dans le monde du travail dans notre pays. Beaucoup d'entreprises privées s'inspirent de notre accord et l'appliquent. - Brigitte Boucher: Le débat sur la vaccination obligatoire a lieu en Europe.
En France, la vaccination est uniquement obligatoire pour les soignants. Faut-il l'élargir aux fonctionnaires qui sont en contact avec du public? - Amélie de Montchalin: Il y a d'autres fonctionnaires qui sont concernés, comme les gendarmes, qui sont dans des situations à risque.
Il y a le risque de propagation dans la société, mais je dois aussi protéger les agents publics d'une maladie grave, qui peut les amener à avoir des séquelles à vie. Ma première responsabilité, c'est de protéger les agents qui sont plus exposés au virus que d'autres. Aujourd'hui, on a pris une mesure de réciprocité dans les lieux où les usagers présentent un pass sanitaire.
Les agents doivent être soumis à la même mesure: avoir un pass sanitaire valide. Dans les musées, la personne qui vous accueille a également fait valider son pass sanitaire. Dans les équipements sportifs, ça peut être le cas aussi. - Elizabeth Martichoux: Vous avez un taux de vaccination de combien dans ces institutions? - Amélie de Montchalin: On a très peu de cas.
On a eu très peu de cas, des dizaines de cas, qui ont été traités avec beaucoup d'humanité et de la fermeté. On a très peu de cas problématiques où les agents ont dû être remobilisés sur d'autres fonctions, ou être repositionnés ou parfois suspendus. Ce sont des cas très isolés.
Ce qui est intéressant, c'est que les agents publics, au moment du début de la campagne de vaccination, ont été très exemplaires dans leur volonté de se faire vacciner. Ils tiraient un peu le mouvement. Le taux de vaccination des agents publics était supérieur à celui de la population générale au moment où le président s'est exprimé. - Brigitte Boucher: Jean Castex a dit que la vaccination des enfants était une nécessité.
S'il y a un accord de la Haute Autorité de Santé, est-ce que vous envisageriez de faire vacciner vos enfants? - Amélie de Montchalin: Je crois d'abord à la science. La science a fait des progrès incroyables pour nous protéger d'une épidémie extrêmement dangereuse.
A titre personnel, je vous parle comme mère de famille de trois enfants, oui, si le vaccin est autorisé, je ferais confiance à la Haute Autorité de Santé pour les protéger et assurer qu'ils ne diffusent pas le virus et leur permettent une scolarité continue. C'est un choix personnel réfléchi. On a toujours pensé que ça devait se faire dans le cadre du volontariat.
On l'a ouvert dès maintenant pour les 300.000 enfants les plus fragiles qui ont des maladies chroniques, qui sont dans des situations de grande fragilité de santé, pour les protéger. Notre but n'est pas de lancer un débat sur la vaccination, et de protéger les Français.
Il faut conserver au maximum une vie culturelle et éducative. - Elizabeth Martichoux: Dans un instant, Yves Thréard va nous rejoindre. En attendant, je vous présente Vincent Roux, du Figaro Live.
Merci de nous avoir rejoints. Vous avez sélectionné une question qui intéresse beaucoup les lecteurs du Figaro. *- Vincent Roux: C'est un sujet un peu plus léger, encore que...
C'est un sujet qui est très commenté par les lecteurs du Figaro et également sur les réseaux sociaux. C'est la décision de la mairie de Lyon d'avoir banni le foie gras des réceptions officielles. Est-ce que vous, ce serait une décision que vous prendriez? - Amélie de Montchalin: Non.
Je vais vous dire pourquoi, derrière ce sujet, j'y vois autre chose qu'un sujet de polémique. Je viens d'une famille d'agriculteurs. Ils ne font pas du foie gras, mais ils sont plutôt dans la production laitière.
Derrière le mot "foie gras", il n'y a pas qu'un symbole. Il y a surtout une filière, des hommes et des femmes qui font vivre leur famille, qui ont un savoir-faire qu'ils exportent dans le monde entier. Moi, personnellement, je veux soutenir la production agricole de qualité française.
Dans mon ministère, on se fournit au maximum en circuit court, chez les producteurs. Cette souveraineté alimentaire de qualité, c'est un motif de fierté, de tradition, et ce n'est pas folklorique. - Elizabeth Martichoux: Et le bien-être animal? - Amélie de Montchalin: C'est quoi, le sujet?
Faire respecter les règles sur le bien-être animal. Mon collègue Julien Denormandie fait en sorte que partout en France, les règles de ce bon traitement des animaux soient pleinement respectées. Comme je viens d'une famille... - Elizabeth Martichoux: Les règles du gavage ne vous choquent pas? - Amélie de Montchalin: Si cela est fait par des personnes qui ont un savoir-faire, une tradition...
Je viens d'une famille d'éleveurs. La chose qui fait avoir des soucis aux éleveurs, c'est la santé des animaux dont ils s'occupent. Tout ce débat prend parfois des allures de polémique, qui ne sont pas à l'honneur des femmes et des hommes qui font vivre nos territoires. - Elizabeth Martichoux: Je voulais juste une relance, Vincent. *- Vincent Roux: Ces hommes et ces femmes qui lancent des polémiques, vous voulez parler des écologistes, et en particulier du maire de Lyon? - Amélie de Montchalin: Je parle de ceux qui sont dans la caricature de ce que sont les pratiques agricoles aujourd'hui.
Parfois, il y a des abus que nous sanctionnons très fortement. Ils embarquent toute une profession qui a à coeur de faire un métier en respectant les animaux, les traditions, le savoir-faire et l'excellence. - Elizabeth Martichoux: Merci beaucoup, Vincent.
Yves Thréard, directeur adjoint du Figaro, vous nous avez rejoints. - Yves Thréard: Valérie Pécresse, candidate à l'élection présidentielle pour le parti Les Républicains, n'est pas contente. Mercredi soir, elle devait faire une émission de télévision dans le cadre de la pré-campagne électorale.
Le président de la République a convoqué deux journalistes d'une chaîne concurrente pour faire une grande émission, qui va durer 2h. Madame Valérie Pécresse a décidé de saisir le CSA en disant que c'était tout à fait anormal que le président de la République se comporte comme ça, alors qu'il n'est même pas officiellement candidat. Qu'avez-vous à dire à madame Valérie Pécresse? - Amélie de Montchalin: Plein de choses. - Elizabeth Martichoux: Elle réclame surtout le décompte. - Amélie de Montchalin: D'abord, il paraît que madame Valérie Pécresse dit que le président Macron serait obsédé par elle-même.
Je pense que c'est plutôt l'inverse. Valérie Pécresse et ses équipes en viennent à avoir un comportement qui donnerait l'impression qu'il faudrait que Valérie Pécresse donne son autorisation pour que le président s'exprime devant les Français. Le président a toujours eu un échange direct avec les Français.
Je ne pense pas que le président demande l'autorisation à quiconque de pouvoir à tel ou tel moment s'exprimer. - Yves Thréard: On est dans une période particulière. - Amélie de Montchalin: La politique, c'est de convaincre par ses idées.
Je ne crois pas que madame Valérie Pécresse ait été privée d'exposition médiatique. - Yves Thréard: Est-ce qu'il faut instituer des règles qui fassent que ces polémiques, qui sont récurrentes à chaque campagne électorale, cessent? - Amélie de Montchalin: Je pense qu'il faudrait que les oppositions soient un peu moins pressées de rentrer dans un match où il y a un esprit de revanche. - Yves Thréard: Vous dites ça parce que vous êtes dans la majorité. - Amélie de Montchalin: La droite passe son temps à nous dire...
Par ailleurs, le président de la République a mené une action depuis 4 ans. Je pense que c'est tout à son honneur de rendre compte aux Français... - Yves Thréard: Il l'a fait la semaine dernière.
Il parle sans arrêt. - Amélie de Montchalin: Aucun candidat à la présidentielle n'est muselé dans notre pays. Le président s'exprime, ça me paraît être normal. - Yves Thréard: Est-ce qu'il faut décompter ce temps de parole sur ce qui pourrait être son temps de parole, lors de son entrée en campagne? - Amélie de Montchalin: On a, dans notre pays, une autorité...
Il faut arrêter de faire des fausses polémiques. On a une autorité indépendante qui est chargée de s'assurer de la bonne tenue du débat. - Yves Thréard: Si le CSA dit que le temps d'Emmanuel Macron sera décompté comme du temps de campagne politique... - Amélie de Montchalin: Quand le président de la République parle aux Français, on ne décompte pas le temps qu'il prend pour parler aux Français.
Quand il va échanger avec les Français, on ne décompte pas ce qui fait l'éthique ou l'honneur de la politique. - Yves Thréard: Ca veut dire qu'il pourrait se déclarer candidat l'avant-veille du scrutin. Je suis désolé. - Amélie de Montchalin: Il y a des règles dans notre pays.
Il y a des comptes de campagne, il y a des décomptes de temps. Il y a un président qui dit qu'il veut pouvoir échanger et rendre compte, se mettre devant les Français. Quand le général De Gaulle, dès le début de la Ve République, donnait des conférences de presse... - Yves Thréard: Les choses ont changé.
On est dans une démocratie qui a des règles, qui a fini son apprentissage. - Amélie de Montchalin: Si on suit votre raisonnement, vous en êtes à me dire que c'est antidémocratique que le président de la République s'exprime devant les Français. - Yves Thréard: Valérie Pécresse vous inquiète? - Amélie de Montchalin: Non.
Je peux vous dire que quand je vois ce que dit madame Valérie Pécresse...
Quand je vois...
Par exemple, "la droite est de retour". Qu'est-ce que les Français en ont à faire? Si on est dans l'esprit de revanche qui anime la droite, on repart dans les rengaines de 2017, François Fillon... - Yves Thréard: Vous souteniez Alain Juppé? - Amélie de Montchalin: Oui, mais je suis partie au moment où cette vision soi-disant réformatrice, qui voulait faire des réformes dans le sang et les larmes...
Je préfère faire le "quoi qu'il en coûte", que le "coûte que coûte". On a des gens qui ont joué des coups politique. Ca s'appelle le Brexit.
Ce sont des conservateurs qui se sont pris au jeu et qui ont emmené leur pays... - Yves Thréard: Monsieur Raffarin regarde avec beaucoup d'intérêt monsieur Macron.
Il le dorlote dans son commentaire. Là, il se pose des questions. Il se demande si Valérie Pécresse n'est pas la bonne candidate.
Ca peut déstabiliser pas mal de Français. - Amélie de Montchalin: Le débat d'idées est légitime en démocratie. Dans la fausse polémique, on a l'impression... - Yves Thréard: Je vous promets que ce n'est pas une fausse polémique. - Amélie de Montchalin: On en revient à la campagne de François Fillon.
Tout ce qui se passait était machination et grand complot. Il n'y a pas de complot ni de machination. Il y a un débat d'idées.
Les idées de madame Pécresse, je les combats. Quand on explique que la seule vision de la droite aujourd'hui, c'est l'obsession du nombre de fonctionnaires... - Elizabeth Martichoux: Vous allez avoir un débat tout à l'heure avec les parlementaires. - Amélie de Montchalin: A coup de référendum, pour reprendre le contrôle de l'immigration, je refuse cette idée.
Je suis... - Yves Thréard: Vous allez en parler.
Vous allez trouver mon propos un tantinet machiste, venant de la bouche d'un homme. Est-ce qu'être une femme en 2022 pour une élection présidentielle, ça peut être un atout en France? - Amélie de Montchalin: Je peux vous dire qu'en tant que femme, qui a été dans le premier groupe parlementaire paritaire...
J'ai été responsable du Budget dans la commission des Finances. J'ai été la première femme à ce poste. Je suis membre d'un gouvernement paritaire.
Je ne suis pas une jupette. Je n'ai pas une tête de potiche. Florence Parly n'a pas une tête de potiche.
Ce qui compte, ce n'est pas de savoir si on est un homme ou une femme, c'est ce qu'on pense. - Yves Thréard: Valérie Pécresse n'est pas une potiche non plus. - Amélie de Montchalin: Ce qui compte avec Valérie Pécresse, c'est ses idées. - Elizabeth Martichoux: Une première femme élue présidente de la République, ce n'est pas une idée de la modernité? - Amélie de Montchalin: Tout dépend de ce que vous proposez.
Quand le président fait de la violence contre les femmes une priorité... - Elizabeth Martichoux: Ca vous ferait plaisir qu'on ait une présidente?
Pas du tout? - Amélie de Montchalin: Ce qui me ferait plaisir, c'est qu'on ait une présidente ou un président qui a un programme moderne. Nous, politiques, on n'est pas là pour les symboles.
Que madame Valérie Pécresse soit une femme, c'est une chose. Ce qui compte dans sa candidature, ce sont ses idées. *- Vincent Roux: Une courte question. - Yves Thréard: Que pensez-vous de Gérald Darmanin qui affirme que Valérie Pécresse ne serait pas une bonne candidate pour parler aux électeurs?
C'est un peu un délit de sale gueule ou de grande bourgeoisie. - Amélie de Montchalin: Quand madame Pécresse nous dit que son modèle, c'est Tatcher, ou Angela Merkel, je ne suis pas sûre...
Ma référence, c'est pas Tatcher. Ma question n'est pas une question de classe sociale. - Yves Thréard: Monsieur le président de la République est actuellement en Hongrie.
Il a fait une conférence de presse sur l'Europe la semaine dernière. Est-ce que vous pensez que c'est un argument que de parler de l'Europe dans une campagne électorale en France? Ou est-ce un handicap? - Amélie de Montchalin: Le président de la République est le premier président de la Ve République à avoir fait de l'Europe, non pas un hochet politique ou symbolique...
Il a toujours dit qu'il serait sur l'Europe un président qui fera de l'Europe un outil de souveraineté et de puissance pour la France. Il est fidèle. - Elizabeth Martichoux: On va le voir à l'oeuvre à partir du 1er janvier prochain. - Amélie de Montchalin: J'ai été la ministre des Affaires européennes de ce président.
C'était un grand honneur. J'ai fait un grand honneur et un travail parfois ingrat pour faire avancer les choses. - Elizabeth Martichoux: Merci pour ce débat très animé et très intéressant.
On va accueillir deux parlementaires pour débattre d'un sujet qui vous passionne aussi et qui est très intéressant. Mais d'abord, une question d'actualité. Appel à la grève SNCF.
Trois syndicats entendent débrayer le premier week-end des vacances de décembre sur les axes sud-est, où beaucoup de Français se rendent pour les vacances de Noël. Un mouvement reconductible pour des salaires plus hauts. Quelle est la position du gouvernement? - Amélie de Montchalin: La position, je laisserai mon collègue le ministre des Transports la détailler.
On a réformé la SNCF parce que cette entreprise a besoin d'être modernisée. Le droit de grève, il est protégé par la Constitution. Est-ce que le motif de grève est légitime?
A-t-on des réponses apportées qui soient autre chose que le bras de fer? Jean-Baptiste Djebbari vous répondra sur le fond. C'est pour nous une fierté d'avoir réformé cette entreprise, de l'avoir modernisée et de s'assurer que nous puissions faire de nos transports... - Elizabeth Martichoux: C'est une méthode que vous approuvez? - Amélie de Montchalin: Est-ce qu'il y a un dialogue social honnête et authentique qui se met en place ou est-on juste dans la posture ou l'apparence?
En tant que ministre du gouvernement, je respecte le droit de grève, mais on va expliquer aux Français ce qui a été fait dans l'entreprise. Chacun pourra juger de ce qui se passe. - Elizabeth Martichoux: On a le plaisir d'accueillir Annie Genevard, députée du Doubs.
On accueille également Rémi Féraud. Votre thème commun, c'est les fonctionnaires, la réduction du nombre de fonctionnaires. Le programme de Valérie Pécresse est très clair sur ce sujet.
Vous n'avez pas les mêmes options. Vous ouvrez le bal, madame Genevard. - Annie Genevard: Bonsoir, madame la ministre.
Effectivement, nous pensons qu'il est indispensable de mieux gérer les ressources de l'Etat, les ressources humaines dans la fonction publique, notamment dans les trois domaines importants, celui de la protection, de l'éducation et du soin. Nous envisageons et nous voulons réduire le nombre d'emplois publics, non pas seulement dans une seule logique comptable, mais parce que beaucoup s'accordent à considérer aujourd'hui que notre pays souffre terriblement d'une suradministration. En la matière, votre action n'a rien résolu.
Je pense que nous avons un Etat qui étouffe, qui étouffe les Français sous le poids des normes, qui étouffe l'initiative française. Je crois qu'en la matière, il y a beaucoup à faire. Il y a beaucoup à faire et c'est la raison pour laquelle Valérie Pécresse a le projet, non pas de supprimer des fonctionnaires, comme Amélie de Montchalin se plaît à le dire...
Il ne s'agit pas de supprimer des fonctionnaires, mais de diminuer le nombre d'emplois publics et d'en recréer ailleurs là où il y en a besoin pour rendre l'Etat plus agile, plus efficace. Au fond, le problème, c'est qu'il y a beaucoup d'administration, mais un déficit pour l'exécution. - Elizabeth Martichoux: Quelle est votre interpellation? - Annie Genevard: Je connais bien madame de Montchalin, nous avons siégé sur les bancs ensemble.
Elle a beaucoup de tempérament, je lui reconnais bien volontiers. Une autosatisfaction orgueilleuse et parfois un brin arrogante. En la matière, elle devrait s'interroger sérieusement pour ne pas faire du maintien du nombre d'emplois publics un totem absolu.
En son temps, madame Amélie de Montchalin a défendu un candidat qui envisageait d'en supprimer 300.000. Il y a quand même là, quelque chose qui interpelle beaucoup.
On se dit qu'en changeant d'équipe, madame de Montchalin a tourné le dos à une conviction qui était la sienne. - Amélie de Montchalin: Ce qu'on appelle la droite aujourd'hui devrait avoir l'humilité de reconnaître aujourd'hui que la réduction du nombre de fonctionnaires a pris le nom de la RGPP et que ça a été un échec cuisant. Ca a affaibli l'Etat régalien.
Réduire de 12.000 le nombre de gendarmes et de policiers dans notre pays, ça a été un échec. Ca a affaibli l'Etat de proximité.
Ca a vidé les préfectures et les sous-préfectures. Ca a donné moins d'interlocuteurs avec les élus locaux. Je suis tout à fait lucide sur une chose.
Cette RGPP en 2010, a créé un immense échec. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est dans le recyclage d'un programme qui était en partie celui de monsieur Fillon et que ce n'est plus adapté à l'état de la France d'aujourd'hui. Je peux vous dire ce qu'on a fait depuis 4 ans.
On a acté, parce que nous cherchons une plus grande proximité, un redéploiement massif des personnes dans les départements. Nous les avons redéployées dans les commissariats, dans les tribunaux, dans les commissariats, dans les hôpitaux, dans France Service, pour que les hommes et les femmes puissent être accueillis pour faire leur programme. Cette vision qui cherche à donner des gages à un électorat en répétant la même chose qu'en 2007 ou qu'en 2012, ça ne répond pas à l'objectif pour avoir des services efficaces proches des Français.
Nous sommes le gouvernement qui a fait la réforme de la haute fonction publique. Il a comme première priorité de sortir d'une culture administrative de la norme, pour passer à une culture administrative de la mise en oeuvre. - Elizabeth Martichoux: On ne va pas faire le catalogue de toutes les réformes.
C'est un débat. - Annie Genevard: Un exemple qui contredit le propos de madame de Montchalin. Elle parle du nombre de policiers qui aurait diminué sous Nicolas Sarkozy.
Je pense que madame Amélie de Montchalin a lu le rapport de la Cour des comptes de novembre 2021, qui atteste qu'en 10 ans, la masse salariale des policiers, des forces de sécurité, a augmenté de 21% mais que la présence sur le terrain a baissé de 37%. C'est exactement la situation à laquelle Valérie Pécresse veut remédier, non pas pour enlever de la qualité de service public, mais pour un redéploiement absolument efficace. Elle en a fait la démonstration à la tête de sa région, comme Laurent Wauquiez. - Amélie de Montchalin: Une minute. - Elizabeth Martichoux: Vous ne tiendrez pas. - Amélie de Montchalin: Nous avons exactement ce sujet de la présence des policiers sur le terrain.
On en a fait une priorité. Sur le site du gouvernement, tous les Français peuvent voir dans leur département le nombre de patrouilles des forces de l'ordre. Ils peuvent le voir en toute transparence.
Vous pouvez le voir dans le Doubs, en effet, à Paris. Ca permet de voir que depuis deux ans et demi, ça remonte très fortement. Nous avons pris le point en considération.
Le but est d'avoir les policiers sur le terrain. - Rémi Féraud: Finalement, aujourd'hui, on a le programme de Valérie Pécresse en termes de baisse du nombre de fonctionnaires qui est à peu près celui d'Emmanuel Macron, qui ne l'a pas mis en oeuvre. - Elizabeth Martichoux: Ce n'est pas tout à fait les mêmes nombres. - Rémi Féraud: Ce n'est pas le même ordre de grandeur.
J'invite tout le monde à se méfier des promesses préélectorales. Ensuite, on se justifie de ne pas avoir diminué, ministère par ministère, notamment dans les ministères régaliens, le nombre de fonctionnaires. La RGPP a été un moment terrible.
Aujourd'hui, nous ne sommes pas à 10.000 policiers ou gendarmes de plus, à la fin du quinquennat, comme vous vous y étiez engagés. C'est sous le quinquennat de François Hollande que le nombre de gendarmes et de policiers a le plus augmenté.
Attention aux promesses démagogiques d'avant-campagne sur le nombre de fonctionnaires qu'il faudrait retirer pour ensuite se justifier de ne pas avoir sacrifié tel ou tel ministère. J'entends les promesses de Valérie Pécresse. Je ne sais pas quelles seront les promesses que fera Emmanuel Macron s'il est candidat en termes de nombre de fonctionnaires.
Vous n'avez pas appliqué le programme sur lequel Emmanuel Macron s'était engagé. Je crois qu'il n'était pas adapté, tout simplement. Je ne sais pas où va le gouvernement en termes de fonction publique.
On a vu comment vous traitiez durement les fonctionnaires. Vous en parliez au début de l'émission. - Amélie de Montchalin: Tout l'objectif, depuis 2017, c'était d'avoir un Etat plus efficace.
On n'a jamais fait du nombre du fonctionnaire une fin en soi. On le voyait comme un moyen pour redéployer une force à proximité des Français. En 4 ans, on a tenu cette même ligne, en faisant les plus et les moins.
Et vu les enjeux en proximité, vu les enjeux régaliens et les enjeux de classe, nous faisons le bilan, et nous assumons que le nombre de fonctionnaires de l'Etat n'a pas bougé entre 2016 et 2022. Sans nous lier aux objectifs réels que nous poursuivons, nous avons accepté de faire évoluer les moyens. A chaque fois...
Quand vous présentez un programme et que vous vous entêtez...
Aujourd'hui, on doit réussir la relance. - Elizabeth Martichoux: Quelle est la leçon? Rémi Féraud vous parle du programme et des promesses.
Dans le programme électoral d'Emmanuel Macron, qu'est-ce que vous lui suggérez de proposer en termes d'effectifs des fonctionnaires? - Amélie de Montchalin: L'approche qui était la nôtre, de manière continue, c'est précisément ça. C'est de considérer que ce qui compte, c'est la qualité des services publics.
C'est un objectif. - Elizabeth Martichoux: Quand on vous dit qu'il faut réduire le nombre de fonctionnaires, que répondez-vous? - Amélie de Montchalin: Je veux redéployer les services publics sur le terrain.
Je ne veux plus de tableau Excel qui déshumanise les agents du service public. Ma vision est de savoir comment être plus efficace, comment on est vraiment plus proches et plus simples. Je veux que le nombre de fonctionnaires soit une conséquence et non un point d'entrée idéologique. - Rémi Féraud: Je vous invite à relire le programme d'Emmanuel Macron.
Le fait est que vous ne l'avez pas appliqué sur la nomination du nombre de fonctionnaires...
Ne pas appliquer son programme ne fait pas en soi une politique. - Annie Genevard: Je pense qu'il y a dans cette majorité un double échec. D'abord, madame de Montchalin parle beaucoup de la présence sur les territoires.
Ca fait trop longtemps que vous n'avez pas été en contact avec des maires, madame de Montchalin. Dans ma ruralité, je peux vous dire que les maires se désespèrent parce que tout est parti. Ils ont perdu absolument toute forme...
Double échec. - Amélie de Montchalin: Il y a 5000 personnes qui sont arrivées dans les préfectures. - Annie Genevard: Vous avez une curieuse conception du débat.
Vous ne laissez pas terminer vos interlocuteurs. Deuxième échec, et celui-là, il faudra un jour empoigner le problème courageusement, le système, qui est très socialiste et qui considère que le nombre est là pour résoudre les problèmes, résultat, on a un système qui est maltraitant. On ne paye pas assez nos fonctionnaires.
Ils sont moins bien payés que dans les autres pays européens. La fonction publique n'attire plus. Regardez ce qui se passe dans l'Education nationale.
Il n'y a plus de candidat pour être professeur. Ce n'est pas le seul domaine. Je pense que c'est un système doublement maltraitant, loin des territoires et finalement maltraitant socialement. - Elizabeth Martichoux: Une réponse courte. - Amélie de Montchalin: 2021 et 2022 sont les premières années depuis 15 ans où le nombre de fonctionnaires, interlocuteurs des maires, augmente de nouveau.
C'est un choix très fort. Je peux vous détailler où sont les personnels dans les préfectures et les sous-préfectures dans le Doubs. - Annie Genevard: Avec quels personnels?
Les personnels municipaux? - Amélie de Montchalin: Nous avons passé tout le début de l'émission à échanger sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires. J'ai ouvert la préparation d'une négociation pour repenser en profondeur ce système de rémunération qui ne satisfait plus personne. - Annie Genevard: A 4 mois de la fin du quinquennat. - Amélie de Montchalin: Après avoir revalorisé les salaires des soignants, qui avaient été complètement délaissés par les précédentes majorités.
Ce qui m'intéresse, c'est que ce sujet, qui est un bon sujet, c'est savoir comment rendre notre fonction publique attractive...
Qui en parle? Ce soir, vous êtes la première personne de la droite qui me parle de ce sujet depuis un an et demi. - Annie Genevard: C'est toute la logique de notre projet. - Amélie de Montchalin: Je n'ai vu qu'une seule chose dans votre programme: supprimer le statut, mais garder les grands corps. - Annie Genevard: C'est ça qui restera de votre politique, c'est la suppression démagogique de l'ENA. - Amélie de Montchalin: Je suis fière d'avoir réalisé une réforme que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy voulaient faire.
Je ne suis pas énarque, ni fonctionnaire. Mon président a fait une chose qui est courageuse. Il a dit: "Comment la haute fonction publique peut s'adapter aux enjeux du 21e siècle par sa formation?" - Elizabeth Martichoux: C'est terminé sur ce sujet.
Rémi Féraud, votre carte blanche. On va parler de la jeunesse. Allez-y. - Rémi Féraud: Dans toute cette crise, la jeunesse a été vraiment la sacrifiée depuis un an et demi.
Sur la gestion de la crise sanitaire, le gouvernement a fait beaucoup d'erreurs, a fait preuve d'insuffisance. Parfois, il a fait ce qu'il fallait. S'il y a une faute qui a été commise, c'est d'avoir abandonné la jeunesse à ce point.
Le président de la République a dit que la jeunesse était la grande sacrifiée de la crise économique, sociales et des confinements. Il l'a totalement laissée dans la précarité, dans la pauvreté, pour un grand nombre de jeunes, refusant la mise en place de tout dispositif de soutien aux revenus. Le contrat d'engagement a été réduit à peau de chagrin.
Engagement, l'an dernier, de 250 euros par mois, qui a finalement fait pshit et qui n'a pas été tenu. Comment pouvez-vous assumer d'avoir fait aussi peu pour les jeunes de ce pays, qui se retrouvent dans une telle précarité, et de ne proposer aucune perspective autre que quelques contrats d'engagement de plus qui sont une reprise des dispositifs existants? - Amélie de Montchalin: Je suis effarée par le décalage de ce que vous dites et la réalité de notre pays.
Nous avons engagé un plan qui s'appelle 1 jeune, 1 solution. 3 millions de jeunes ont été accompagnés par ce plan. 2,4 millions de jeunes ont trouvé un CDD ou un CDI depuis la dernière sortie, l'été 2020.
Nous avons 600.000 jeunes en apprentissage dans notre pays. Quand nous sommes arrivés aux affaires, nous étions à 280.000.
Je ne peux pas vous laisser dire que ce gouvernement n'aurait pas réussi à faire ce qu'aucun gouvernement précédent n'aurait réussi à faire: faire baisser structurellement le chômage des jeunes de 4 à 5 points. En certains départements, nous sommes revenus sous les 12%. - Rémi Féraud: Vous n'avez pas l'impression d'être en dehors de la réalité? - Amélie de Montchalin: Je suis toutes les semaines sur le terrain avec les élus, les associations.
Quand nous lançons le contrat d'engagement jeune nous prenons par les cornes un problème qui est devant nos yeux depuis des années: des jeunes sans emploi, sans formation, sans stage. Ils sont 400.000 dans notre pays.
C'est quoi la solution? Leur donner une allocation à vie ou leur donner les clés de leur autonomie? On leur octroie 500 euros par mois pour que ces jeunes qui n'ont pas trouvé leur voie puissent être accompagnés.
On les accompagne 15 à 20h par semaine pour se former, pour se soigner. Il faut que nous les remettions dans le chemin d'une autonomie d'un adulte qui retrouve sa voie. Nous avons lancé les restos U à 1 euro. - Elizabeth Martichoux: Votre carte blanche, Annie Genevard. - Annie Genevard: Ma carte blanche, ce ne sont pas les jeunes, c'est, au contraire, les personnes âgées.
Vous avez annoncé triomphalement, il y a quelques mois, je m'en rappelle très bien, à l'Assemblée nationale, que vous alliez créer la cinquième branche de la Sécurité sociale qui serait dédiée à la dépendance. Vous en avez fait des slogans pendant des semaines. Cette réforme a été longuement préparée.
Vous avez nommé une ministre pour ça. Et puis, plus rien. Quelques mesures.
Quelques mesures conjoncturelles en direction des aidants familiaux, des soignants. J'estime qu'il n'y a rien. C'était pourtant annoncé dans le programme d'Emmanuel Macron.
Le quinquennat a très mal commencé avec l'augmentation de la CSG pour les retraités. Je pense que c'est une faute. Notre population vieillit.
Pourquoi avoir si peu de considération? Pourquoi tant d'annonces et si peu d'actions? Pourquoi si peu de résultats et si peu de réformes?
Ca me paraît très emblématique de ce qu'aura été le quinquennat d'Emmanuel Macron. - Amélie de Montchalin: Vous êtes vice-présidente de l'Assemblée. La revalorisation de 13% à 15% des personnes qui travaillent à domicile pour les personnes âgées a été votée. - Annie Genevard: Vous allez me parler aussi des aidants familiaux. - Amélie de Montchalin: Je vous parle des femmes et des hommes qui s'engagent dans le soin à domicile.
Nous avons voté 1 milliard d'euros pour faciliter la rénovation des logements des personnes pour qu'elles puissent rester à domicile, notamment des rénovations dans les salles de bain, qui sont essentielles. Nous avons voté 2 milliards d'euros pour rénover les EHPAD. Nous avons voté une loi pour qu'il y ait un tarif unique de prise en charge de 22 euros par heure, pour les aidants qui sont parfois des soignants au domicile des personnes âgées.
Quand madame Bourguignon, qui n'a pas fait une loi en son nom, mais qui a mis toute ces mesures dans cette cinquième branche...
C'était d'ailleurs un projet de Nicolas Sarkozy, qui n'avait pas pu le faire à l'époque. Est-ce qu'on a tout résolu? Non.
Est-ce qu'on arrive à recruter assez? Non. Est-ce qu'il faut former mieux?
Oui. - Annie Genevard: Pourquoi l'avoir annoncée ainsi, cette cinquième branche? Faire des mesures utiles, telles que celles que vous énumérez, mais créer la cinquième branche dans la Sécurité sociale, c'est une autre ambition! - Rémi Féraud: Vous avez annoncé de grandes réformes sociales à l'été dernier et elles ont été abandonnées par le gouvernement.
C'est un résumé assez juste de la situation. - Amélie de Montchalin: En mettant toutes les mesures dont je viens de vous parler, qui sont financées, ce sont des centaines de millions d'euros financés par l'Etat. Je crois comme vous que c'est un enjeu majeur.
Les personnes âgées dans notre pays ne sont pas obligées de se dire qu'elles restent chez elle dans de mauvaises conditions pour aller ensuite dans des EHPAD. - Elizabeth Martichoux: On ne vous mettra pas d'accord. Malheureusement, c'est fini. - Amélie de Montchalin: Je ne sais pas si vous avez voté ces mesures, madame Genevard, de soutiens à une profession et à la formation. - Annie Genevard: Vous savez très bien que vous êtes une politique.
Le budget...
Quand on est dans l'opposition, on ne vote pas le budget. Vous le savez très bien. Le budget, c'est un projet global.
Ne feignez pas d'ignorer les règles de base. Il peut y avoir telle ou telle mesure favorable, mais quand on vote le budget, c'est qu'on approuve globalement la position et la politique du gouvernement et qu'on appartient à la majorité. - Elizabeth Martichoux: Une ultime question, mais très rapidement, pour Vincent.
Vous avez 15 secondes. *- Vincent Roux: Une question très importante. Beaucoup de commentaires autour des débordements observés lors du match Maroc-Algérie, samedi soir.
Est-ce que ce sont de simples débordements qu'on a vus sur les Champs-Elysées, à Barbès, ou le symptôme d'un échec de l'intégration et de l'assimilation? - Elizabeth Martichoux: Grosse question. Vous avez 30 secondes. - Amélie de Montchalin: Ce sont des actes absolument condamnables sur lesquels la fermeté de l'Etat est totale.
Je vais d'ailleurs vous signaler qu'il y a eu des débordements en marge d'autres matchs qui se tenaient entre des villes, je crois que c'était Nice-Marseille. Nous avons un enjeu majeur de sécurité pendant les manifestations. Dans notre pays, la loi s'applique pour tous dans toutes les circonstances, sur les Champs-Elysées, soir de match ou pas.
Je tiens à féliciter les forces de l'ordre, qui ont rétabli le calme et qui ont interpellé. Ils ont donné de leur personne pour que la sécurité soit assurée. - Elizabeth Martichoux: Merci, Vincent.
Vous avez votre réponse. On n'a pas le temps d'aller plus loin. Merci beaucoup à vous d'avoir été avec nous ce soir.
On se retrouve le 3 janvier. Bonnes fêtes à tous. SOUS-TITRAGE LIVE: RED BEE MEDIA