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Podcast / conversationUnion Populaire Républicaine· 23 août 2019 105 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsImmigration & asile

Entretien d'actualité n°81 - 21/08/2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Où en est-on du Brexit ?

  • 11:01OuverteRéponse directe

    Que vous évoque la démission du président du Conseil italien Giuseppe Conte ?

  • 14:01OuverteRéponse directe

    Merkel souhaite ajouter 6 pays à l'UE. Y êtes-vous favorable ?

  • 17:01OuverteRéponse directe

    Nous avons un flot d'informations qui vient des États-Unis d'Amérique. Pourriez-vous en faire un petit tour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00François AsselineauFait
    « « Le Royaume-Uni sortira le 31 octobre prochain. Contre vents et marées ». »
  • 6:00François AsselineauFait
    « « Les autorités européennes veulent faire une espèce de partie de bras de fer avec Londres pour forcer Londres à plier le genou ». »
  • 15:00François AsselineauFait
    « « Les dépenses militaires chinoises sont en très forte augmentation ». »
  • 0:30Locuteur 1Chiffre
    « Les dépenses militaires chinoises sont en très forte augmentation. »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Donald Trump est en train un peu de mettre genou à terre, parce que la conjoncture menace gravement la situation économique américaine. »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Tous les signaux se sont mis à l'orange et au rouge, les signaux avancés sur l'arrivée d'une récession. »
  • 4:00Locuteur 1Fait
    « Il y a eu un référendum. Le Groenland est sorti du marché commun. »
  • 5:30Locuteur 1Fait
    « Il y a eu des tueries de masse pratiquement tous les jours aux États-Unis d'Amérique. »
  • 7:00Locuteur 1Chiffre
    « Le pourcentage d'Américains qui sont sous les verrous aux États-Unis, c'est 10 fois le pourcentage qu'il y a en France. »
  • 8:30Locuteur 1Fait
    « Macron traitant Poutine de haut, c'est absolument comique. »
  • 12:00Locuteur 1Chiffre
    « On est passés de l'ordre d'un truc de 300 € à 2 500 € la scolarité annuelle. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

{Bonjour François Asselineau. Nous sommes aujourd'hui ensemble pour l'entretien n°81. Nous sommes le 21 août.

Et nous commençons presque par une question qui est devenue traditionnelle. Où en est-on du Brexit ?} Bien bonsoir à toutes et à tous.

Merci d'être présents en ce mois d'août : un mois d'août où il y a un nombre d'informations venues notamment de l'étranger qui est absolument considérable. Il faut vraiment garder l'œil vigilant sur l'évolution de l'actualité, qui est de très très grande importance. Alors merci d'être présents à ce rendez-vous.

Rendez-vous d'ailleurs où je note que lors des entretiens précédents, eh bien nous avons battu des records...

Pas battu des records, mais on a eu une très bonne fréquentation. Je vous en remercie. On a dépassé les 80 000, 85 000, 90 000, 100 000 vues.

D'ailleurs, nous allons très bientôt franchir sur UPR TV le cap des 30 millions de vues cumulées depuis le lancement de notre chaîne Youtube. Alors c'est malheureusement pas 30 millions de personnes différentes, puisqu'on a des habitués qui regardent évidemment chacune de nos émissions. Mais quand même, 30 millions de vues cumulées, c'est quand même beaucoup.

Merci à toutes et à tous de votre fidélité. J'en profite tout de suite pour dire : il faut absolument faire connaître cette chaîne de télévision tout autour de vous. Alors effectivement, le grand sujet, et qui va occuper encore beaucoup beaucoup beaucoup la place de l'actualité centrale au cours des semaines et des mois qui viennent, c'est en effet le Brexit.

Pourquoi ? Parce qu'il y a eu deux événements très importants qui viennent d'avoir lieu au Royaume-Uni. Le premier de ces événements, ça a été la signature par le secrétaire d'État au Brexit, qui s'appelle M.

Steve Barclay...

Il a signé une espèce d'ordonnance pour abolir l'acte de 1972 qui était l'acte des communautés européennes : European Communities Act, c'est-à-dire la loi de 1972 qui faisait entrer le Royaume-Uni dans le marché commun. On parlait pas encore d'Union européenne, puisque l'Union européenne a été créée – je vous le rappelle – par le traité de Maastricht de 1992. En 1972, c'était 20 ans avant.

Le Royaume-Uni était entré dans le marché commun par notamment cette loi : cette loi qui avait pour effet que toutes les réglementations édictées par la Commission européenne eh bien entraient dans le droit britannique – voilà – sans plus de formalités. M. Steve Barclay a décidé d'abroger...

Lui, enfin en tant que gouvernement britannique, a signé l'ordonnance qui va abroger cette loi : abrogation à valoir au 31 octobre prochain. Alors pourquoi c'est important ? Parce que ça témoigne, c'est une confirmation que Boris Johnson a mis tout son poids dans la balance et confirme, tous les jours confirme que le Royaume-Uni sortira le 31 octobre prochain.

Contre vents et marées...

D'ailleurs, Steve Barclay l'a dit : quelles que soient les circonstances, le Royaume-Uni sortira le 31 octobre prochain. Alors évidemment, c'est extrêmement important, parce que vous savez – si vous suivez l'actualité – qu'il y a beaucoup de gens qui essayent de torpiller cette affaire. Il y a d'ailleurs l'oligarchie qui s'est trouvé maintenant un nouveau cheval de bataille qui est en la personne de Jeremy Corbyn, le chef du Labour britannique, qui essaye de rassembler autour de lui le Labour et puis des membres du Parti conservateur, des libéraux, c'est-à-dire l'antithèse exacte de la gauche qu'est censé représenter le Labour, d'avoir une espèce comme ça de coalition pour essayer de chasser Boris Johnson de 10 Downing Street et pour en fait remettre en cause le Brexit.

Je reviens à Steve Barclay. Steve Barclay qui a fait une déclaration qui a été reprise sur le site internet du gouvernement britannique en disant...

Écoutez bien ça. « Les politiciens ne peuvent pas... » – enfin c'est une traduction en français – « ...choisir quel vote du public ils souhaitent respecter ».

Voilà. Comme on disait à la messe, mais en latin : « Missa ite est » : la messe est dite. Est-ce que vous imaginez qu'en France, on ait un gouvernement qui dise : « Bien écoutez, les Français ont voté non à la constitution européenne en 2005.

Eh bien il faut appliquer ça. Et donc les Français ne sont plus dans l'UE », et qu'un gouvernement ait dit : « Les gouvernements ne peuvent pas choisir quel vote du public ils souhaitent respecter ». On voit quand même la différence, le gouffre qu'il y a entre le Royaume-Uni et la France.

Boris Johnson essaye – et va y arriver, je pense – de faire respecter la volonté populaire qui s'est manifestée par le référendum de juin 2016, alors qu'en France, après le référendum de 2005 où les Français ont dit non le 29 mai 2005 à la constitution européenne, eh bien Nicolas Sarkozy, en tant que président de la République, mais soutenu par l'UMP et largement soutenu par le PS pour avoir la majorité au Congrès, a fait ensuite que la France a ratifié le traité de Lisbonne, qui est une reprise copié-collé en changeant deux points-virgules de la constitution européenne que les Français avaient rejetée. Alors ça, c'est le premier point qui est très important. C'est que Boris Johnson et son gouvernement, et Steve Barclay, ont décidé...

Alors ça a un côté un petit peu symbolique. Mais la signature de cette ordonnance témoigne que Boris Johnson va de l'avant. Il a fallu moins d'un mois après son investiture pour que Boris Johnson, qui est arrivé au 10 Downing Street le 24 juillet, eh bien donc...

Je crois que c'était le 19 août (18 août en fait). Donc moins d'un mois après, le gouvernement de Boris Johnson signe cette ordonnance, qui a pour effet que le 31 octobre, toutes les lois de l'UE ne seront plus...

Enfin plus aucune des lois ne s'appliquera au Royaume-Uni. Elles pourront toujours s'appliquer si le Royaume-Uni n'en change pas, bien entendu. Mais a priori, elles ne s'appliqueront plus.

Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que Boris Johnson a envoyé ensuite, quelques jours après – enfin c'était hier – un courrier à Donald Tusk, de nationalité polonaise, qui fait office actuellement de président du Conseil européen le temps qu'il soit changé, le temps que les nouvelles équipes prennent leur poste au 1er novembre prochain. Et donc dans cette lettre, Boris Johnson est revenu sur le point d'achoppement le plus important qu'il y a sur l'accord à signer entre le Royaume-Uni et l'UE qui est l'affaire de l'Irlande du Nord, de ce que l'on appelle en anglais le backstop.

Je dis l'anglais parce que le mot a fait florès. On n'entend parler que de ça. En français, on devrait parler de filet de sécurité.

Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que vous savez que l'Irlande, la République d'Irlande, l'Irlande du Sud reste dans l'UE, alors que l'Irlande du Nord, faisant partie du Royaume-Uni, doit sortir de l'UE. Or, il y a les accords de Belfast qui avaient mis un terme au conflit entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud, traversées par des conflits notamment religieux entre catholiques et protestants.

Mais ça n'est pas la seule opposition qu'il y a. Ces accords de Belfast dits du Vendredi saint, puisqu'ils avaient été signés un vendredi saint, avaient mis un terme à la guerre fratricide qu'il y avait entre les deux Irlandes sous couvert d'un certain nombre de conditions et notamment la totale liberté de circulation des biens et des marchandises et des hommes entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande du Sud. Voilà.

Le problème qui se pose, c'est : qu'est-ce qui se passe lorsque l'Irlande du Nord sort de l'UE ? Donc de ce point de vue-là, les autorités de l'UE ont malicieusement...

Je dirais même pas « malicieusement ». Malignement, vicieusement, ont essayé de se saisir de cette affaire pour forcer le Royaume-Uni – dans la mesure où il n'y avait plus de frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud – pour forcer le Royaume-Uni de fait à rester dans le marché commun, dans l'union douanière, dans l'UE. Donc le Royaume-Uni sortirait de l'UE sans en sortir.

Il serait toujours assujetti au marché commun, à l'union douanière, etc., ce dont justement les Britanniques ne voulaient plus. Et non seulement il y serait toujours assujetti, mais en plus de ça, n'étant plus membre de l'UE, il ne ferait que subir les décisions sans pouvoir mettre leur grain de sel.

Donc Boris Johnson...

Alors c'est là où Theresa May avait tergiversé. Ça avait quand même duré 3 ans. Donc il a fallu moins d'un mois pour Boris Johnson pour faire ce que je viens de dire tout à l'heure, c'est-à-dire pour annoncer, pour signer une ordonnance comme quoi l'acte de (1972) tombera, sera périmé, sera abrogé le 31 octobre prochain.

Mais Boris Johnson a écrit une lettre en disant : cette histoire de backstop est inadmissible. C'est antidémocratique. C'est contre la volonté votée par le peuple britannique.

C'est assujettir la souveraineté nationale britannique à des décisions sans limitation de temps dans lesquelles elle ne serait pas partie prenante. C'est soumettre également le peuple d'Irlande du Nord à un organisme extérieur sur lequel il n'aurait aucun mot à dire. Donc ça n'est pas possible.

Et donc Boris Johnson a dit : on ne peut pas accepter cette affaire. Il faut donc retrouver un autre système, être imaginatif. « Être imaginatif », alors il ne précise pas dans la lettre : en gros, ça veut dire qu'on pense qu'on peut très bien ne pas avoir des frontières terrestres qui soient recréées avec quand même un contrôle.

Il suffit pour les Français par exemple de se rendre en Suisse actuellement. Actuellement, quand vous passez en Suisse, de temps en temps, il y a des contrôles. De temps en temps, il n'y en a pas.

Il y a des contrôles aléatoires. Il y a maintenant des inventions technologiques telles qu'on peut...

Vous savez, si vous êtes sur des autoroutes, maintenant, vous avez des radars qui peuvent voir si vous téléphonez, qui peuvent relever le numéro d'immatriculation de votre véhicule. Donc on peut très bien imaginer que la libre circulation des hommes et des marchandises continue de s'effectuer entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud, mais qu'il y ait des caméras qui permettent de visualiser les flux de marchandises avec des camions, pour ensuite imposer un droit de douane dans un sens ou dans l'autre. Voilà.

Et donc c'est la démarche qu'a voulu faire Boris Johnson. Or, la réponse de Donald Tusk n'a pas tardé. Donald Tusk a répondu qu'il était hors de question de remettre en cause cette affaire.

On voit donc que les autorités européennes ne cherchent pas le compromis, ne cherchent pas à avoir un accord, la mutuelle convenance. Les autorités européennes veulent faire une espèce de partie de bras de fer avec Londres pour forcer Londres à plier le genou. Et ce qui est important, c'est que Boris Johnson, avec ce courrier...

Je suppose que la réponse de Donald Tusk, il y était préparé, puisque ça faisait des mois et des mois et des mois que Theresa May avait eu les mêmes réponses. Sauf que Boris Johnson, à partir du moment où il a fait cette lettre extrêmement dure quand même sur le fond, très polie dans la forme puisqu'il dit : « J'apprécie beaucoup les efforts louables menés par l'UE pour parvenir à une solution »...

Il a décrit auparavant que c'était antidémocratique, que ça revenait à vider de substance la souveraineté britannique. Donc il sait très bien que c'est une manœuvre perfide de la part de l'UE. Il a maintenu les formes.

Mais avec cette lettre, Boris Johnson – j'allais dire – a brûlé ses vaisseaux. C'est-à-dire que maintenant, à partir du moment où Donald Tusk lui dit : « Circulez, y'a rien à voir », on va – je crois – tout droit vers un Brexit sans accord : le fameux no-deal, et avec la réinstauration de frontières entre les deux Irlandes. On verra d'ailleurs au passage s'il y aura ou non une reviviscence des conflits entre les deux Irlandes.

Ce qu'évidemment personne ne souhaite, en tout cas ce que les Britanniques, ce que nous, nous ne souhaitons pas. Mais peut-être certaines forces euro-atlantistes se verraient bien avec cette affaire. Alors ce qui est intéressant aussi, c'est que donc, pour l'instant, Boris Johnson, dans son attitude, dans ses décisions, confirme ce que j'avais dit lors de sa nomination.

C'est qu'on va bien vers le Brexit. Je pense qu'au point où il en est rendu, il lui est quasiment impossible de faire machine arrière. J'ai dit tout à l'heure que les autorités euro-atlantistes essayent d'évincer Boris Johnson, d'avoir cette coalition avec Jeremy Corbyn.

Mais a priori, c'est très très peu vraisemblable que ça fonctionne, parce que n'oubliez pas que certes, Boris Johnson n'a qu'une voix de majorité maintenant au Parlement britannique, mais que s'il y a des élections générales, il est possible que le Parti du Brexit de Nigel Farage rafle la mise. Je rappelle ce fait très important que les Français ne connaissent pas suffisamment. C'est qu'au Royaume-Uni, les élections législatives sont à un seul tour.

C'est le système « The winner takes all » : le gagnant gagne tout. C'est-à-dire que vous avez un seul tour. Et celui qui arrive en tête obtient le siège, même s'il a 35%.

C'est comme ça. Si par exemple il y a des élections générales et que le Parti du Brexit de Nigel Farage, dans certaines circonscriptions, obtient... 34%, c'est ce qu'il a eu aux élections européennes.

Il est arrivé de très loin en tête de tous les partis politiques pour les élections européennes, Nigel Farage, avec son Parti du Brexit. Si demain, il y avait des élections, et que dans une circonscription, le Parti du Brexit a 34%, le Parti travailliste fait 18%, le Parti conservateur 14%, les libéraux je sais pas quoi 6% ou 7%, etc., la circonscription tombe dans les mains de Nigel Farage.

Donc ceux qui tablent sur le fait que tout le monde va se mettre derrière Jeremy Corbyn, je pense, vont être détrompés. Alors on voit comme je l'avais prévu...

Je l'avais dit lors d'entretiens précédents. Eh bien on voit les autorités euro-atlantistes, l'oligarchie paniquant, essayant de faire feu de tout bois pour essayer d'effrayer. C'est encore ce qu'on a appelé le « Project Fear » : le projet de la peur : essayer d'effrayer les Britanniques devant un Brexit sans accord.

Et pourquoi ils font ça ? Parce qu'ils ont évidemment extrêmement peur que le Brexit ait lieu sans accord et que, loin de confirmer les prophéties d'apocalypse, ça se passe très bien et que d'ici 6 mois, 1 an, le Royaume-Uni connaisse une embellie économique fantastique, sans compter un retour à la démocratie, un retour à la souveraineté. Ce sont les Britanniques qui décideront de leurs lois.

Ce sont les Britanniques qui décideront de leur diplomatie, etc., etc., j'en passe.

Voilà. Vous vous rappelez, j'en avais parlé – je crois – il y a un peu plus d'un mois : cette déclaration sensationnelle faite par un ambassadeur d'un grand pays de l'UE à l'un des plus grands journalistes suisses, auquel il avait dit que le pire pour les européistes serait que le Brexit se passe très très bien. Alors on a affaire à un déluge de prophéties apocalyptiques.

On a assuré aux Britanniques par exemple qu'il y aurait un engorgement des ports de la Manche, qui seraient...

Voilà, les camions n'arriveraient plus à passer, ce serait une espèce de chaos général, etc. Alors le journal britannique The Telegraph est allé se renseigner, est allé interroger le responsable des ports de la Manche, qui s'appelle M. Puissesseau.

Il lui a demandé : « Qu'est-ce qui va se passer ? ». M.

Puissesseau, qui est un Français, qui est le directeur de l'ensemble des ports de la Manche, a été donc interrogé par le journal The Telegraph. Et voilà ce qu'il a dit. Il a dit très exactement ceci : « Les autorités britanniques ont beaucoup fait... » – pour préparer le Brexit –. « Je peux vous assurer qu'elles sont prêtes.

Il y a certains individus au Royaume-Uni qui attisent ce catastrophisme pour leurs propres raisons. Cela a suscité beaucoup d'inquiétude, mais, fondamentalement, c'est une connerie. Rien ne va se passer au lendemain du Brexit ».

Voilà ce qu'a dit au journal The Telegraph M. Puissesseau, qui est le responsable des ports de la Manche. Tout est dit.

Voilà quelqu'un qui connaît son métier. Il sait très bien que côté français, on a déjà prévu les douaniers qui devront être côté français pour imposer le tarif extérieur commun. En fait, tout est prévu.

Voilà. C'est aussi simple que ça. Donc ce Project Fear n'a pas dit uniquement qu'il y avait le problème de l'engorgement des ports.

Mais il y a eu dimanche dernier, dans le Sunday Times, une espèce d'article rédigé par un croque-mitaine sur le thème : si jamais vous sortez, le Brexit sans accord...

Ils ont remis comme depuis 3 ans et demi, ils ont remis le couvert sur le thème que ça serait la catastrophe. Prétendument qu'il y aurait une pénurie de médicaments, voilà. Manque de pot, la pénurie de médicaments, c'est en France que ça se passe, « hic et nunc », comme on dit en latin : aujourd'hui et maintenant.

C'est maintenant et aujourd'hui. Il y a eu des articles qui ont été faits. Je vous renvoie notamment à une enquête qui a été faite sur France TV Info.

Il y a des pénuries de médicaments en France, et d'ailleurs dans les pays de l'UE, qui sont dues au fait que pour toute une série de spécialités dont le principe actif est tombé dans le domaine commun, maintenant, les productions ont été transférées en Chine ou en Inde, et que des laboratoires pharmaceutiques trouvent que certaines spécialités médicamenteuses ne leur rapportent pas assez, donc on organise des pénuries de médicaments. Vous l'avez vu d'ailleurs en France, si vous cherchez parfois certains médicaments, des vaccins, le fameux...

Je sais plus ce que c'était. Le BCG ou je sais pas quoi était devenu indisponible parce que ça rapportait pas assez. Les pénuries de médicaments, c'est en France que ça se passe.

C'est pas au Royaume-Uni. J'ai lu dans le journal Le Monde des analyses qui sont...

Faut se pincer. Dans le journal Le Monde, ils ont expliqué que le Royaume-Uni sortant de l'UE va devoir imposer des droits de douane sur les fruits et légumes et que ça va donc être la catastrophe, il va y avoir une pénurie de fruits et légumes. Mais pourquoi ?

Pourquoi le Royaume-Uni sortant de l'UE imposerait-il des droits de douane supplémentaires sur les produits qu'il importe du continent ? C'est possible qu'il le fasse sur certaines spécialités douanières. Mais c'est possible aussi qu'il ne le fasse pas.

On verra ce que décideront les autorités britanniques. La seule chose qui est certaine sur ces affaires de droits de douane, c'est qu'à partir du moment où le Royaume-Uni sera sorti de l'UE, le Royaume-Uni sera traité vis-à-vis des pays de l'UE comme les 160 et quelques pays du monde, 170 pays du monde ou 165 pays du monde qui ne font pas partie de l'UE. Donc le Royaume-Uni verra ses produits taxés par le tarif extérieur commun.

Lorsque du whisky sera livré au Luxembourg pour M. Juncker, transitant par les frontières, il y aura un droit de douane qui sera appliqué au whisky de M. Juncker.

Je ne pense pas d'ailleurs que ce droit de douane dissuadera ce pauvre M. Juncker, dont on a appris ces jours-ci d'ailleurs qu'il avait été exfiltré de ses vacances pour avoir une opération de la vésicule biliaire rapidement. Ces droits de douane seront des droits de douane qui ne vont pas être dirimants, comme on dit.

Ça ne va pas empêcher qu'on importe du whisky du Royaume-Uni. J'ai lu...

Je sais pas si c'était dans un fil de discussion du Monde ou du Figaro, où on a des hystériques, on a des européistes hystériques qui sont là, qui trépignent, qui trépignent de plaisir malin à l'idée que le Royaume-Uni va en baver s'il sort de l'UE. Mais ils prennent leurs désirs pour des réalités. J'ai vu par exemple dans le fil de discussion quelqu'un qui disait : « Tant mieux !

Les Britanniques vont sortir. Les taxations sur les pièces détachées automobiles vont être de 40%. Bien fait pour eux !

Ils ne pourront plus rien vendre ». Allez regarder le tarif extérieur commun – c'est en PDF, vous trouverez ça sur Internet – appliqué par l'UE aux productions fabriquées en dehors de l'UE. Allez à la ligne...

Je ne sais plus, je me demande si c'est pas le chapitre 92. Les pièces détachées pour automobile – je suis allé vérifier –, le tarif extérieur commun, il est pas de 40%, il est de 3%. Voilà.

D'ailleurs, le tarif extérieur commun, en général, sur l'ensemble des spécialités, est aux alentours de 3%, avec ce que les spécialistes appellent des pics tarifaires. C'est-à-dire qu'il y a certaines spécialités douanières où c'est particulièrement protégé, et donc on a un pic à 22%, par exemple, sur tel ou tel je sais pas quoi : un transport diesel de marchandises...

Mais en gros, les pièces détachées pour l'automobile, c'est 3%. Et les véhicules, si j'ai bien vu, ça dépend si c'est des véhicules neufs, des véhicules d'occasion, des véhicules ci, des véhicules ça. C'est entre 3% et 10%.

Mais je rappelle que la livre sterling, depuis le référendum de 2016, a perdu justement environ 10% vis-à-vis de l'euro. Donc bon...

Et j'ajoute aussi que les autorités britanniques resteront maîtresses de la valeur extérieure de la livre sterling. Et donc éventuellement, il suffit de laisser se déprécier un petit peu – de 1% à 2%, 3% – la livre sterling pour n'avoir aucune difficulté pour exporter. En fait, ceux qui seront pénalisés, ce sont eh bien les acheteurs du continent, qui devront payer un petit peu plus.

Je voudrais dire aussi à ce propos...

J'ai vu toujours dans les propos délirants d'un certain nombre d'internautes qui sont des espèces d'eurolâtres sans aucun discernement, sans aucune réflexion, encouragés en cela d'ailleurs par Le Monde ou par Le Figaro, qui n'apportent jamais aucun démenti aux pires prophéties...

J'en ai vu qui ont dit : « C'est un scandale ! Le Royaume-Uni nous a tellement volé d'argent avec la PAC ! Il faut réclamer l'argent qu'ils nous ont volé ! ».

Je rappelle que le Royaume-Uni est contributeur net à l'UE, et qu'en sortant de l'UE, il va justement arrêter de verser une dizaine de milliards d'euros chaque année de plus que ce qu'il reçoit. Et je rappelle – j'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais c'est l'occasion de le rappeler – que si le Royaume-Uni disparaît, il va y avoir un manque à gagner énorme dans le budget de l'UE. Et qui va payer ? (Bruit de bouche).

Et ceux qui vont payer, ce sont les pays contributeurs nets. Or, comme il n'y aura plus le Royaume-Uni justement, ce sont les pays contributeurs nets restants qui vont payer encore plus, c'est-à-dire le dindon n°1 : l'Allemagne, dindon n°2 : la France. Ce sont les Français.

Or, comme l'Allemagne, par ailleurs, défend ses intérêts, c'est les Français qui vont prendre plein pot dans cette affaire. Donc il faut vraiment être un peu...

Ne rien comprendre en fait à la situation pour croire que le Royaume-Uni va être pénalisé par ces affaires. Toujours dans ces fils de discussion que je regarde avec effarement, je regarde d'autant plus avec effarement qu'aucun démenti n'est apporté par les rédactions en chef de ces journaux, qui au contraire en rajoutent dans le catastrophisme. J'ai vu des gens qui disent : « Le Royaume-Uni pense peut-être qu'il va pouvoir se débrouiller tout seul.

On va bien rigoler », etc., « C'est un tout petit pays face au reste du monde ». Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Il semble qu'il y ait des lecteurs du Monde...

Normalement, des lecteurs du Monde, ça...

Normalement, c'étaient des professeurs, des professions intellectuelles, des cadres supérieurs d'entreprises privées ou des cadres de l'administration. Ce sont des journalistes, etc. Normalement, le journal Le Monde se veut un journal qui – paraît-il – traque les fake news et – paraît-il – se veut un journal de réflexion.

Mais enfin qui a dit que le Royaume-Uni sortant de l'UE va se refermer comme une huître sur le reste du monde ? J'ai déjà eu 10 fois, 20 fois l'occasion de rappeler que ça n'est pas le cas, que le Royaume-Uni a signé déjà des accords de libre-échange avec de très nombreux pays de la planète. Je rappelle que dans l'UE, il y a 28 États, bientôt 27, et que dans le monde, il y a 193 États.

C'est-à-dire qu'il y a 165 États qui ne sont pas dans l'UE, et qui pourtant font du commerce entre eux. Est-ce que la Suisse, qui n'est pas dans l'UE, est la Corée du Nord ? Est-ce que la Norvège est la Corée du Nord ?

Est-ce que l'Islande est la Corée du Nord ? Est-ce que le Japon, les États-Unis sont la Corée du Nord parce qu'ils ne sont pas dans l'UE ? Faut arrêter le délire, quand même.

J'ai vu aussi des gens qui expliquent que à partir du moment où il va y avoir le Brexit, il va y avoir un effondrement du niveau de vie, etc. Mais c'est le contraire qui est vrai. Je vois des gens qui disent qu'il faut que l'UE se solidarise pour pénaliser le Royaume-Uni.

Mais les gens ne comprennent pas ce qui se passe. Il y a des liens commerciaux par exemple entre le Royaume-Uni et l'Allemagne, par exemple en matière automobile. En matière automobile, il y a des échanges incessants entre l'Allemagne et le Royaume-Uni : de pièces détachées dans un cas, de chaînes de fabrication dans l'autre.

Je rappelle que l'un des plus grands marchés pour l'Allemagne en matière automobile, c'est justement le Royaume-Uni. Si vous allez au Royaume-Uni, vous trouverez beaucoup de Mercedes, de BMW, etc. Donc les Allemands ne veulent surtout pas couper les ponts avec le Royaume-Uni.

En bref, tout ça signifie quoi ? Ça signifie qu'il y a une angoisse des européistes, dont le ton d'ailleurs devient de plus en plus agressif sur les réseaux sociaux – je l'ai vu –, pendant que nous, en revanche, nous sommes de plus en plus sereins, puisque les éléments ne cessent que de nous donner raison. Je terminerai en disant que nous souhaitons tous que Boris Johnson aille jusqu'au bout du mandat qu'il a eu : faire sortir le Royaume-Uni de l'UE le 31 octobre prochain.

Et à partir de ce moment-là, on va bien voir ce qui se passe. Et c'est là que nous allons probablement assister à un bouleversement général des opinions publiques en Europe occidentale, lorsqu'elles vont voir semaine après semaine, mois après mois, que tout ce qu'on leur a raconté sur l'apocalypse à venir, c'était du flan, exactement comme on avait promis aux Suédois avant le référendum du 14 septembre 2003...

Il y a eu un référendum : pour ou contre l'adoption de l'euro. On avait dit aux Suédois : « Si jamais, jamais, vous refusez l'euro, ça va être l'apocalypse », gnagni, gnagni, gnagna. Depuis 2003, plus personne ne parle de la Suède, parce que depuis 2003, les Suédois ont conservé leur couronne suédoise, le taux de croissance de la Suède est en moyenne 50% supérieur au taux de croissance moyen des pays de la zone euro.

Donc du coup, plus personne ne parle de la Suède. Alors on peut passer la Suède sous le tapis. C'est un pays de 9 millions d'habitants.

C'est un petit peu loin. On n'y fait pas très attention. Mais le Royaume-Uni : 65, 66 millions d'habitants, à peu près comme la France, notre voisin de l'autre côté de la Manche...

On va pas pouvoir passer sous silence ce qui se passera au Royaume-Uni. Je vous donne rendez-vous dans les mois qui viennent. {Que vous évoque la démission du président du Conseil italien Giuseppe Conte ?} Alors on a appris ça...

Je serai assez bref, parce que là, on est dans une situation extrêmement évolutive. Et puis la politique italienne, c'est la commedia dell'arte, c'est quelque chose d'assez compliqué. Je ne suis pas un grand spécialiste des arcanes de la politique intérieure italienne.

Ce que je sais en tout cas, c'est que Salvini est en position de force, qu'il a pris des positions notamment sur les questions migratoires qui lui valent un très fort soutien de l'opinion publique. Pas un soutien unanime, mais il a obtenu à peu près 34% des suffrages aux élections européennes : la Lega. C'est à peu près le même score d'ailleurs que le Brexit Party de Nigel Farage.

Et donc il est en position de force, alors que son partenaire du Mouvement 5 étoiles a été un peu vidé de caractère et de substance. Giuseppe Conte, là-dedans, qui essayait de maintenir cette coalition, a jeté l'éponge, a accusé d'ailleurs Salvini d'avoir été à l'origine de la rupture de la coalition gouvernementale italienne, ce qui d'ailleurs n'est pas faux, puisque Salvini, le feu couvait sous les cendres depuis maintenant un certain nombre de semaines. J'avais eu l'occasion d'en parler notamment au moment de l'élection – je rappelle – d'Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, lorsque les députés de la Lega avaient voté contre cette nomination alors que les députés européens du Mouvement 5 étoiles avaient voté pour.

Donc Salvini a fait capoter la coalition. Et maintenant, c'est le président du Conseil qui a démissionné. Alors qu'est-ce qui va se passer maintenant ?

Ce qui va se passer maintenant, c'est que Salvini espère qu'il va y avoir des élections générales, ce qui permettrait évidemment à son mouvement politique très probablement – très probablement – de remporter les élections générales. Mais ça ne dépend pas de lui. Le président de la République italienne M.

Sergio Mattarella...

Que l'on avait déjà vu à la manœuvre lors de la constitution de la coalition gouvernementale italienne lorsqu'il avait retoqué le premier candidat qui avait été proposé par Salvini et Di Maio au poste de ministre des Finances, parce qu'il s'agissait de nommer quelqu'un qui était de notoriété publique hostile à l'euro et qui de notoriété publique essayait de mettre sur pied une espèce de monnaie accessoire qui aurait progressivement vidé de substance l'euro, et donc ça aurait été un peu le début de la fin de l'euro sans le dire en Italie. Je vous renvoie à toutes les analyses qu'on a faites sur le sujet. Eh bien Sergio Mattarella, le président de la République italienne, justement, avait fait obstacle à cette nomination.

La Constitution italienne le lui permet. Alors de même que ça lui a permis de faire obstacle à cette nomination, M. Mattarella, qui est un européiste I), pourrait très bien essayer d'empêcher (Salvini) d'arriver au pouvoir en refusant des élections et en essayant de faire aboutir une coalition de tous les anti-Salvini.

On a vu réapparaître de la naphtaline M. Romano Prodi, que l'on croyait éventuellement en train de couler une retraite heureuse. M.

Romano Prodi, je rappelle, c'est un Italien qui avait été président de la Commission européenne avant Barroso. Donc ça nous remonte aux années 90, à la fin des années 90. Romano Prodi avait été président de la Commission européenne avec une commission où il y avait eu notamment l'inénarrable Édith Cresson, pour la commissaire européenne française, ancienne Premier ministre, qui avait été remerciée par François Mitterrand au bout de 5 mois tellement elle avais mis le pataquès à Matignon.

Je rappelle que la commission Prodi avait été contrainte à la démission parce qu'il y avait eu tellement de problèmes : irresponsabilité collective, concussions, détournements de fonds, etc., que la commission Prodi – c'est le seul cas où ça s'est produit – avait été contrainte donc à la démission. Alors Romano Prodi, ensuite, était arrivé fort de ce succès à la tête du gouvernement italien.

Ensuite, il avait été perdu de vue. Bon, c'était un de ces politiciens européistes complètement interchangeables style Édouard Philippe, Bruno Le Maire, – comment il s'appelle ? – Jean-Pierre Raffarin, enfin tous ces gens qui sont complètement interchangeables.

L'Histoire les retiendra à peu près autant que les rois mérovingiens du style (Chilpérik, Childéric III) ou autres. Tout le monde s'en fiche. Romano Prodi, donc, il était parti.

Il était sénateur dans son EHPAD. Donc c'était très très au calme. Et puis d'un seul coup, voilà qu'il réapparaît telle une Vénus anadyomène sortant des eaux, comme dans le tableau de Botticelli aux Offices de Florence.

Et il a une idée géniale. Il veut une coalition Ursula. La coalition Ursula fait référence à Ursula von der Leyen, donc dont je parlais tout à l'heure : cette aristocrate allemande qui est à la tête de la Commission européenne, et qui a été choisie par Macron et Mme Merkel.

Et cette coalition Ursula, ça voudrait dire qu'il faut que tous les partis se serrent les coudes pour empêcher Salvini d'arriver au pouvoir. Au moment où je parle – moi, je n'en sais rien –, ça n'est pas totalement exclu qu'il y parvienne, à condition qu'on ait d'un seul coup un autre mariage de la carpe et du lapin. C'est-à-dire que le Mouvement 5 étoiles, qui avait à la surprise générale fait alliance avec la Lega, d'un seul coup, s'en va, et maintenant, que le Mouvement 5 étoiles fasse alliance avec Berlusconi ou avec je ne sais pas qui, ou avec l'équipe de Matteo Renzi, etc. pour devenir ultra-européiste.

Tout est possible, surtout en Italie. Mais il y a un mais. C'est que si d'aventure c'est ce qui se produisait, alors effectivement, Salvini pourrait peut-être repartir dans l'opposition.

Mais ce serait – je pense – pour les européistes une victoire à la Pyrrhus, comme on dit, c'est-à-dire une victoire extrêmement amère et qui risquerait d'avoir des conséquences ultérieures catastrophiques, parce que la situation de l'Italie en termes économiques est catastrophique. Or, Salvini est très très très haut dans les sondages de popularité. S'il part dans l'opposition par une coalition de la carpe et du lapin pour sauver la mainmise des européistes, à mon avis, ça serait reculer pour mieux sauter.

Il est possible aussi que Mattarella, qui est un homme d'État, se rende compte que cette coalition, en fait, ne peut pas marcher. Elle dresserait contre elle une grande partie de l'opinion publique italienne, qui y verrait une combinazione à l'italienne de la pire espèce. Et peut-être que Mattarella va effectivement renvoyer les Italiens devant les urnes, auquel cas on aurait quelque chose qui serait quand même très extraordinaire.

C'est que l'on pourrait avoir cet automne à la fois le Brexit côté britannique et côté italien des élections générales qui pourraient amener à un gouvernement comme le gouvernement de Salvini, particulièrement eurosceptique, puisque si Salvini...

Imaginons qu'il revienne et qu'il soit président du Conseil sans être flanqué du Mouvement 5 étoiles. Il mènerait, dit-on...

En tout cas, c'est la campagne qu'il veut faire : une campagne électorale sur le thème de diminuer les impôts. Or, diminuer les impôts des Italiens, c'est vraiment quelque chose de très populaire. Mais ça n'est pas populaire ni à Francfort à la BCE, ni à Bruxelles à la Commission européenne, puisque c'est justement les GOPÉ...

Il y a aussi des rapports des GOPÉ qui s'adressent au gouvernement italien. Et les GOPÉ, les autorités européennes exigent au contraire l'augmentation de la fiscalité sur les Italiens. Ça veut donc dire que le gouvernement italien irait en choc frontal – mais avec l'onction du suffrage universel – contre Bruxelles, ce qui a permis à un commentateur britannique récemment dans le Daily Telegraph de faire un petit papier tout à fait intéressant, en disant que l'UE a toujours réussi in extremis à sauver la mise lorsqu'elle avait un problème sur la table...

Elle les a traités les uns après les autres : le problème grec, après, il y a eu le problème chypriote. Mais si la Commission européenne et si les autorités européennes ont deux problèmes en même temps sur la table, et puis pas rien...

C'est pas Chypre. C'est pas la Grèce. S'il y a à la fois le Royaume-Uni qui s'en va et l'Italie qui est en train de flancher et qui a un gouvernement qui est tout à fait dirigé contre les oligarques de Bruxelles, on va vers une situation qui peut potentiellement devenir explosive.

Tout ceci, évidemment, est très important et très intéressant à suivre. Évidemment, je vous tiendrai au courant au fur et à mesure de l'évolution des événements. {Nous apprenons aussi que Merkel souhaite ajouter 6 pays à l'UE.

Y êtes-vous favorable ?} (Rire). Question provocatrice.

On a appris ces jours-ci – c'était le 19 août dernier – que Mme Merkel s'est rendue à la ville frontalière hongroise de Sopron, qui se trouve entre...

C'est à l'ouest, l'extrême ouest de la Hongrie. C'est à l'ouest de Budapest. Mme Merkel s'est rendue là le 19 août 2019 parce que c'était le 30e anniversaire du pique-nique paneuropéen.

Qu'est-ce que c'est que le pique-nique paneuropéen ? C'est un événement qui s'est déroulé le 19 août 1989 et qui avait été organisé conjointement par le chef de la république socialiste de Hongrie d'un côté, avec par ailleurs...

C'est à ne pas croire. C'est presque incroyable, mais c'est quand même la vérité. Avec par ailleurs l'héritier du trône de l'empire d'Autriche-Hongrie Otto von Habsburg-Lothringen, c'est-à-dire...

Ça, c'est en allemand. C'est-à-dire en français Otto de Habsbourg-Lorraine, qui était le fils aîné du dernier empereur d'Autriche-Hongrie Charles Ier d'Autriche. Otto de Habsbourg n'était pas seulement l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie.

Il était prince de Hongrie, prince de Bohème, archiduc d'Autriche, enfin je vous en passe, et des meilleures, héritier évidemment d'une famille immense. La famille des Habsbourg, c'est une grande partie de l'histoire de l'Europe centrale qui est derrière, descendant direct de Charles Quint, ou peu s'en faut. Eh bien Otto de Habsbourg était par ailleurs le président de l'Union paneuropéenne, qui est cette organisation qui avait été créée aux alentours des années 1920, 1923 par un personnage assez extraordinaire qui s'appelle Richard de Coudenhove-Kalergi, dont j'ai de temps en temps parlé, sur lequel je ne me suis pas étendu.

À tort, parce que c'est quand même quelqu'un qui a eu un rôle très important dans la jeunesse de l'idée de construction européenne au début du XXe siècle. Richard de Coudenhove-Kalergi était un personnage improbable, puisqu'il était le fils d'un aristocrate hongrois qui était donc Coudenhove-Kalergi. Et ce monsieur s'était marié avec une Japonaise à la fin du XIXe siècle.

Se marier avec une Japonaise à la fin du XIXe siècle...

Je rappelle que le Japon avait été fermé à l'étranger jusqu'en 1853, jusqu'au coup de bombardement du commodore Perry dans la baie de Edo en 1853, qu'il s'était vraiment ouvert à partir de 1868 avec la révolution de Meiji. Donc un diplomate...

C'est un diplomate austro-hongrois, le comte de Coudenhove-Kalergi, qui s'était marié avec une Japonaise. C'était très très rare. Et Richard de Coudenhove-Kalergi était donc un métisse entre un Austro-Hongrois et une Japonaise.

Ça lui avait donné une vision du monde assez mondialiste. Et il avait conçu une construction européenne qui aurait vocation en fait à devenir une espèce de ferment de mondialisation générale et d'abolition des frontières. L'Union paneuropéenne, en gros, c'est ça.

Faudra que j'y revienne un jour. Mais allez vous renseigner sur ces questions. Il est mort.

L'héritier du trône des Habsbourg, Otto von Habsburg-Lothringen, était également l'héritier de la présidence de Richard de Coudenhove-Kalergi. Il était à la tête de cette Union paneuropéenne, avec...

Évidemment, si vous êtes l'héritier de la famille des Habsbourg, vous avez une petite idée derrière la tête. Bon. C'est comme les héritiers du trône de France.

Ils ont une petite idée derrière la tête quand ils font de la politique. En général, les héritiers du trône, lorsqu'il y a des monarchies, sont tombés. C'est vrai aussi de Siméon de Bulgarie.

C'est vrai de Michel de Roumanie, toutes ces familles royales qui ont perdu le pouvoir. Lorsqu'ils font de la politique, ils ont en général derrière la tête – c'est assez humain – l'idée de restaurer la lignée dynastique et la monarchie dont ils sont issus. Donc Otto de Habsbourg, derrière cette Union paneuropéenne, se voyait bien en fait à la tête d'une renaissance de l'empire des Habsbourg.

Et pourquoi pas ? Je rappelle que Charles Quint avait été quand même l'empereur du Saint-Empire romain germanique en 1519. Il est né en 1500.

À 19 ans, il avait été élu au nez, à la barbe de François Ier – c'est le cas de le dire –, il avait été élu empereur du Saint-Empire romain germanique. Et le voilà maintenant un grand européiste. D'ailleurs, le drapeau de l'Union paneuropéenne de Richard Coudenhove-Kalergi est un drapeau bleu aux 12 étoiles d'or avec une croix, puisque ce drapeau bleu aux étoiles d'or – vous le savez, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler – est un drapeau crypto-chrétien, crypto-catholique.

Bref, Otto de Habsbourg-Lorraine avait organisé avec le chef de la république socialiste de Hongrie un pique-nique visant en fait à démantibuler le rideau de fer. Ça se passait le 19 août 1989. Il y avait eu au cours des semaines précédentes déjà le gouvernement hongrois qui s'était en fait attaqué directement au rideau de fer, qui avait testé les réactions de Mikhaïl Gorbatchev, qui était à Moscou.

Mais l'ensemble de l'édifice soviétique était en train de s'effondrer. Et ils avaient testé que Gorbatchev n'envoyait pas de message hostile. Pourtant, les Soviétiques auraient pu intervenir militairement.

Ils l'avaient montré. Sauf qu'on était dans l'Union soviétique de 1989, 3 ans après le désastre de Tchernobyl. On était 2 ans après le lancement de la politique de glasnost et de perestroïka, qui avaient été lancées par...

Donc transparence et restructuration de l'économie soviétique, qui avaient été lancées par Gorbatchev. Le bateau prenait eau de toute part. Et donc Gorbatchev avait laissé entendre que finalement, il n'interviendrait pas.

Donc c'est là...

Et au cours des semaines, des mois précédents déjà, le gouvernement hongrois avait laissé passer des gens à travers le rideau de fer en ouvrant la frontière. Mais là, carrément, Otto de Habsbourg était venu avec l'archiduchesse (Walburga de Habsbourg), qui était sa fille, qui d'ailleurs est de nationalité suédoise aujourd'hui, a été députée européenne. C'était sa fille.

Elle est venue avec une paire de ciseaux. Et elle a commencé à couper le rideau de fer donc à cet endroit. Et à partir de ce moment-là, tout le monde a pu passer en Autriche.

Et comme ils avaient bien organisé le truc, ils avaient prévenu des Tchèques et des Allemands de l'Est que s'ils venaient ce jour-là, ils pourraient passer à l'Ouest gratis. Or, je rappelle que depuis la construction du mur de Berlin le 13 août 1961, les citoyens d'Allemagne de l'Est avaient interdiction absolue de passer à l'Ouest, en Allemagne de l'Ouest. S'ils essaient de franchir le rideau de fer qui était le long de la frontière terrestre entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest ou s'ils essayaient de franchir le mur de Berlin à Berlin, ils risquaient la mort tout simplement, parce que les policiers de l'Allemagne de l'Est avaient...

Comment dire ? Je crois mission de tirer sur les fugitifs. Or, voilà qu'on offrait la possibilité aux Allemands de l'Est de passer avec leur petite Trabant...

C'était la voiture. De passer de l'Allemagne de l'Est...

Alors ils venaient de Iéna, ils venaient de Ost-Berlin, ils venaient de Karl-Marx-Stadt : l'ancienne Chemnitz, etc., de Dresden, toutes ces villes d'Allemagne de l'Est. De passer à travers la République tchécoslovaque, à l'époque, donc via Prague, d'entrer en Hongrie, d'aller à Sopron, et de ressortir par l'Autriche pour ensuite repasser en Allemagne de l'Ouest, pour revenir éventuellement à Berlin-Ouest.

C'est-à-dire : 300 mètres de l'autre côté, mais ils avaient fait tout un tour comme ça. Il y a eu plus de 600 personnes qui sont passées. Le dirigeant est-allemands de l'époque : Erich Honecker, a tiré la sonnette d'alarme, et il a bien compris que Mikhaïl Gorbatchev était en train de lâcher les régimes d'Europe de l'Est.

Alors pourquoi je vous raconte toute cette fresque historique ? D'abord parce que c'est une fresque historique qui n'est pas inintéressante. Pour montrer que la famille De Habsbourg, la famille impériale était à la manœuvre.

Et pour montrer que ce que l'on a célébré, les 30 ans, c'est en fait la fin du camp socialiste et la reviviscence en fait du mythe du Saint-Empire romain germanique. Mme Merkel s'est rendue là-bas. Et elle a fait une déclaration qui est quand même assez stupéfiante, puisqu'elle a dit devant tout le monde que l'UE ne serait achevée que lorsque...

Serait pleinement Europe que lorsque tous les pays des Balkans occidentaux auraient intégré l'UE. Ça veut dire quoi, cette déclaration ? Ça avait déjà été annoncé un petit peu ici ou là.

Moi, ça fait des années que j'en parle. J'ai fait une conférence notamment « Qui gouverne la France et l'Europe ? », que je fais depuis des années, où je montrais l'élargissement sans fin de l'UE.

Mais là, au moins, on a une déclaration officielle de la chancelière d'Allemagne en exercice à l'occasion d'un événement historique dont on fête les 30 ans. On a une déclaration officielle de Mme Merkel qui dit que en fait, 6 nouveaux pays doivent entrer dans l'UE. Quels pays ?

L'Albanie, qui est un pays qui existait avant le démembrement de la Yougoslavie. Vous savez, l'histoire de l'Albanie, avec Enver Hodja. C'est un pays qui était communiste, qui était rapproché de la Chine de Mao dans les années 60, et qui était devenu anti-soviétique, et qui...

Donc capitale : Tirana. Ça. Et puis les autres, ce sont des démembrements de l'ancienne Yougoslavie.

C'est-à-dire que les 5 autres pays qui devraient entrer...

Vous savez qu'il y a déjà la Slovénie et la Croatie qui sont entrés dans l'UE. Les 5 autres seraient la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord, qui a obtenu son nom récemment lors d'un accord entre les autorités de Skopje – qui est la capitale de la Macédoine du Nord – et les autorités d'Athènes, au grand scandale d'ailleurs d'un certain nombre de Grecs qui estiment que ce pays n'a pas le droit de s'appeler Macédoine. Également le Kosovo et la Serbie, sachant que le Kosovo est un démembrement de la Serbie, que la Serbie n'a jamais accepté ce démembrement et que d'ailleurs la majorité des États membres de l'ONU n'ont toujours pas reconnu l'indépendance du Kosovo, qui en fait est une espèce de base militaire américaine.

Il y a l'une des principales bases militaires américaines en dehors des États-Unis qui se trouve au Kosovo. En gros, seuls les pays de l'UE – et encore, pas tous – ont reconnu l'indépendance et la légitimité, la souveraineté du Kosovo. Donc Mme Merkel, comme une fleur, nous a annoncé ça.

Alors je crois que c'est effectivement quelque chose qui est très très important, parce que ça témoigne de plusieurs choses, de dysfonctionn...

C'est même plus des dysfonctionnements. Ça devient le délire général. Au moment où l'UE subit un éclatement général...

J'ai parlé du Brexit. J'ai parlé de ce qui se passe en Italie. On pourrait parler de la crise qui ne cesse de couver en France avec les Gilets jaunes, l'affaiblissement, l'appauvrissement des classes moyennes dans tous les pays de l'UE, en tout cas dans les pays du Sud, la débandade de l'industrie et de l'agriculture dans les pays du Sud, notamment en France, la débandade de l'économie allemande, qui est en très petite forme en ce moment.

L'économie allemande dont on nous vantait les miracles, l'économie allemande est vraiment très mauvaise. Les problèmes migratoires, la remise en cause des libertés publiques, le manque total de solidarité entre les pays de l'UE sur à peu près tous les sujets : en matière diplomatique, militaire, migratoire, économique, etc., le coût que va représenter le départ du Royaume-Uni avec le Brexit, le coût que ça va représenter pour les pays rémanents, notamment les Allemands et les Français, qui vont devoir payer encore bien plus que ce qu'ils payaient avant pour combler le manque à gagner britannique.

Voilà que Mme Merkel ne trouve rien de mieux que de nous annoncer qu'il faut faire entrer 6 pays nouveaux dans l'UE, qui ont entre 600 000 et 2, 3 millions d'habitants, mais qui sont connus pour être des repères de mafieux en général. La mafia albanaise a essaimé dans toute l'Europe. Avec la libre circulation des personnes dans l'espace Schengen – vous imaginez le truc –.

La mafia albanaise est à la tête de trafics de main-d'œuvre, de trafics d'immigration clandestine, de trafics d'exploitation des êtres humains : soit pour des trafics d'immigration clandestine pour que les gens travaillent au noir, soit de la prostitution. C'est également...

Dans tous ces pays, vous avez une concussion entre les autorités gouvernementales, les hommes d'affaires, des détournements de fonds massifs des fonds européens qui leur ont déjà été parvenus éventuellement, pour ceux qui sont déjà reconnus comme candidats à l'adhésion. Pfff. On n'en revient pas.

On n'en revient pas. Mais j'ai vu les commentaires qui ont été faits. Même les plus grands européistes dirent : « Mais attendez, elle est dingue.

Elle a fumé la moquette ». Alors vous savez que Mme Merkel est en petite santé. On ne sait pas très bien...

Elle souffre d'une maladie. On ne sait pas ce que c'est. Je ne sais pas si ça lui a affecté ses facultés intellectuelles.

Je ne le pense pas. Je pense qu'en fait, elle est sous pression. Et puis l'Allemagne poursuit ses objectifs géopolitiques.

L'Allemagne a toujours voulu s'étendre vers l'est. Rappelez-vous qu'en Croatie, c'était quand même peuplé de nazis à l'époque de la Seconde Guerre mondiale, que les Allemands ont toujours eu un pied...

Puis les Allemands et les Autrichiens ont toujours eu un pied dans cet univers. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en 1914 : il était en train justement de visiter la Bosnie-Herzégovine, qui était sous la suzeraineté de l'Empire d'Autriche-Hongrie. On revient à cet Empire d'Autriche-Hongrie.

Donc en fait, ce que dit Mme Merkel...

Elle s'inscrit dans une tradition géopolitique qui est en fait séculaire. En fait, l'Allemagne renoue avec ses vieux démons. D'ailleurs, Mme Merkel, quand elle dit que ces 6 pays doivent entrer dans l'UE, il y en a déjà 4 d'entre eux...

C'est-à-dire tous ceux que j'ai cités moins le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine. Mais les 4 autres, c'est-à-dire l'Albanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord (et la) Serbie sont déjà (candidats) à l'entrée dans l'UE. Donc Mme Merkel, elle considère en fait que l'opinion de ces pays ne vaut rien.

Il n'est pas du tout certain qu'en Serbie, une majorité de la population veuille entrer dans l'UE. Au contraire. Les Serbes, c'est de tradition ancestrale...

Les Serbes se sentent très proches de deux pays : la Russie, parce que c'est un pays qui utilise notamment l'alphabet cyrillique, et la France. Vous vous rappelez la visite de Pierre Ier de Serbie en France, l'avenue Pierre Ier de Serbie. Enfin vous connaissez que la France était l'alliée de la Serbie.

La Serbie a été un pays allié de la France très longtemps. Je rappelle d'ailleurs au passage que Macron avait extrêmement mal traité...

Ça avait fait un incident diplomatique majeur, lors de la commémoration de la Première Guerre mondiale. Avait très mal traité le représentant de la Serbie, qui avait été quasiment mis de côté, alors que la Serbie, c'est un allié majeur de la France. Mme Merkel se fiche éperdument de ce que pensent les Serbes, de ce que pensent les Monténégrins, de ce que pensent les habitants de tel ou tel pays.

Elle considère qu'ils doivent entrer dans l'UE. Mme Merkel considère également comme nul et non avenu ce que peuvent penser les peuples des 27 pays de l'UE qui resteront après le départ de l'UE du Royaume-Uni. Que pensent les Français de l'entrée du Monténégro dans l'UE, sachant que ces pays ne seront pas des contributeurs nets mais des bénéficiaires nets ?

Ça veut dire qu'il va falloir payer encore plus pour eux, pour leurs infrastructures, comme on a payé 65 millions d'euros pour le pont qui est actuellement en cours de construction en Croatie sur des financements européens – donc un sixième est payé par la France – et confié à la grande entreprise de BTP publique chinoise. On marche sur la tête. Voilà.

Même – même – les plus européistes des européistes, quand on leur met ça sous le nez, ils éludent, ils sont gênés. Alors qu'est-ce qu'on peut conclure là-dessus ? On peut conclure que les dirigeants européistes ont perdu le sens commun, ils sont coupés des réalités.

Premièrement. Deuxièmement, confrontés à une idéologie qui est en train de s'effondrer, ils ont recours à quelque chose qui est assez humain, qui est la fuite en avant : la fuite en avant qui consiste à faire comme si le réel n'existait pas. Et on continue, on continue, comme si ça n'existait pas, comme si de rien n'était, on continue à poursuivre, à foncer dans le brouillard, à foncer vers le mur.

Le meilleur exemple...

J'ai fait un article que j'ai publié sur le site internet et sur la page Facebook, comme certains d'entre vous ont peut-être lu, où j'explique ce que je vous dis là maintenant. En fait, tout ceci rappelle furieusement la fin de l'Union soviétique. La fin de l'Union soviétique...

L'Union soviétique sous Brejnev puis sous ses successeurs : Andropov et puis Tchernenko...

La fin de l'Union soviétique était calamiteuse. Il n'y avait plus de libertés publiques du tout. Il y avait des files d'attente énormes devant les magasins.

L'économie était en pleine débandade. Les gens s'abstrayaient de leur quotidien. Il y en avait qui picolaient.

Lorsque Gorbatchev est arrivé au pouvoir en mars 1985, le 11 mars, première chose qu'il a faite, c'est de lancer une campagne anti-alcooliques, parce qu'il y avait énormément de Soviétiques qui buvaient pour oublier le quotidien. Vous aviez les gens qui rêvaient de s'enfuir, rêvaient d'émigrer à l'étranger. Vous aviez le je-m'en-foutisme généralisé.

Il y avait une blague qui circulait du temps de l'URSS. C'était : « On fait semblant de travailler. Ils font semblant de nous payer ».

Donc voilà, c'était une espèce de marasme généralisé. Et puis tout ceci s'était accompagné par un cynisme total. Et toutes les classes dirigeantes de la société soviétique avaient été gangrenées par la montée en puissance des mafias et – bon – de l'appropriation personnelle d'avantages.

Rappelez-vous le livre qui avait été fait notamment par Hélène Carrère d'Encausse en France sur le thème de la nomenklatura. Les Français avaient découvert qu'en fait, l'Union soviétique, loin d'être le paradis des travailleurs, était en fait...

Il y avait une petite caste de privilégiés, etc., etc. Et donc tout ceci était en train de partir dans le décor.

Et pour essayer de croire encore dans le mythe, eh bien les dirigeants soviétiques se raccrochaient au fait que le camp socialiste ne cessait de s'accroître. Parce que dans les années effectivement 70, on avait eu en 1975 la fin de l'Indochine, qui était sous influence occidentale, la chute du Sud-Vietnam, le Viet-Cong qui avait remporté le Sud-Vietnam, le Laos et le Cambodge. Le Cambodge, c'est un cas particulier, qui était plus maoïste.

Et les khmers rouges étaient plus maoïstes que soviétiques. Mais le Laos, le Vietnam avaient basculé dans le camp socialiste. Les anciennes colonies portugaises qui venaient d'obtenir leur indépendance après la révolution des Œillets de 1974 : l'Angola et le Mozambique, avaient basculé.

L'Union soviétique était intervenue en Afghanistan en 1979. Bref, on avait l'impression que le camp socialiste allait s'étendre à la planète entière. En réalité, c'était pas du tout ce qui se passait.

C'était une espèce de cache-misère. Le gouvernement, les autorités soviétiques montraient cette progression planétaire, où en fait on serrait le niveau de vie de plus en plus des Soviétiques pour subventionner le régime de Hanoï, le régime de Vientiane, le régime de Kaboul, le régime de La Havane, le régime de Luanda, le régime de Maputo. Mais en fait, il y avait de moins en moins d'argent et de niveau de vie en Union soviétique, jusqu'à la chute finale qu'avait pronostiquée d'ailleurs Emmanuel Todd dès 1976.

Eh bien nous en sommes là ! Nous en sommes là ! C'est-à-dire que alors que tout s'effondre, eh bien Mme Merkel reprend en fait les pas de Brejnev.

C'est-à-dire qu'elle prétend que la construction européenne est l'avenir du monde. Et elle imagine que l'entrée de l'Albanie, de la Macédoine du Nord, du Monténégro, de la Serbie et que sais-je, et du Kosovo...

À supposer que la Serbie accepte l'entrée du Kosovo, ce qui ne sera jamais le cas. Eh bien que c'est la preuve que le mouvement se prouve en marchant et que ça continue d'aller de l'avant. Voilà.

Tout ça est pathétique. Tout ça est pathétique. Et ce qui est ironique dans cette affaire, c'est que Mme Merkel est allée célébrer le 19 août 2019 le pique-nique paneuropéen de Sopron, qui a été le coup d'envoi, le lancement, l'accélération de la désintégration du camp socialiste, mais que peut-être 30 ans après avec ses déclarations, elle-même vient peut-être de lancer l'accélération de la désintégration du camp de la construction européenne.

En tout cas, c'est ce qu'il faut souhaiter, parce que désormais, on marche réellement sur la tête. Et je crois que de plus en plus de Français le comprennent. {Nous avons un flot d'informations qui vient des États-Unis d'Amérique.

Pourriez-vous en faire un petit tour ?} Oui, alors aux États-Unis, c'est...

Oui, effectivement, cet été, on a un petit peu le tournis de tout ce qui nous arrive des États-Unis. Qu'est-ce que je pourrais dire ? Déjà, il y a une affaire qui est très très très importante, la plus importante de toutes, et qui malheureusement n'est pas beaucoup mise en avant dans les grands médias français.

C'est la remise en cause par Donald Trump et son administration de tout l'équilibre stratégique militaire qui a été mené à bien dans les années de la détente, les années 70, 80, avec les traités de limitation des armements nucléaires. Vous savez que les États-Unis ont dénoncé ces traités les uns après les autres. J'en ai déjà parlé.

Mais ce qui est nouveau, c'est que les États-Unis ont fait des essais très récents de missiles à moyenne portée, – je crois – entre 500 et 5 000 km, qu'ils envisagent d'installer justement en Asie du Sud-Est et qui menacent directement la République populaire de Chine. On a appris également ces jours-ci que l'administration Trump a donné son accord à la vente de 60 avions de combat dernière génération à l'île irrédente de Taïwan. Tout ça, ce sont autant de chiffons rouges non seulement sous le nez de la République populaire de Chine, mais aussi sous le nez de l'ours russe, parce qu'en réalité, les États-Unis remettent en cause ce que j'ai dit : tout l'équilibre stratégique militaire.

Donc c'est très très important. Il faut bien comprendre que vu de Moscou ou vu de Pékin, les États-Unis sont devenus une puissance extrêmement agressive qui remet en cause la paix du monde. Ça n'est pas parce que vous n'entendrez pas ça sur TF1 ou sur BFM TV que ça n'existe pas.

Ça veut dire que en ce moment, à Moscou et à Pékin, les stratèges accélèrent les décisions qu'ils ont déjà prises d'ailleurs depuis plusieurs années. Et tout ce qui se passe en ce moment les renforce dans leur volonté. Ils accélèrent le réarmement.

Vous savez que les dépenses militaires chinoises sont en très forte augmentation. Les dépenses militaires russes sont très fortes. Les Russes, je crois, d'ici 1, 2 ou 3 ans, auront renouvelé – je crois – 80%, 90% de leur armement, avec un armement qui parfois dame le pion aux meilleurs armements américains, notamment les fameux missiles anti-missiles S-300, S-400, S-600.

Les Russes sont en train de devenir invulnérables. Et les Chinois avaient fait déjà une représentation de force l'été dernier, lorsque le président Xi Jinping était allé en Mongolie extérieure pour faire un passage en revue assez spectaculaire de l'armée populaire de libération, de l'armée chinoise. Tout ceci ne sent pas bon du tout, du tout, du tout.

Il y a des risques de conflit croissants, à la fois entre les États-Unis et la Russie et entre les États-Unis et la République populaire de Chine, rien moins. D'ailleurs, vous avez vu que les conflits commerciaux...

Donald Trump est en train un peu de mettre genou à terre, parce que la conjoncture menace gravement la situation économique américaine, que Donald Trump voudrait être réélu l'année prochaine. Or, s'il y a la grande crise économique et financière que tout le monde nous promet et s'il y a tous les signes...

Tous les signaux se sont mis à l'orange et au rouge, les signaux avancés sur l'arrivée d'une récession avec l'inversion des courbes de taux, avec l'évolution des stocks, avec toute une série d'indicateurs qui ont été mis au point par des économistes, des financiers, des boursiers pour essayer d'anticiper l'arrivée d'une récession. Tous ces signaux se sont mis au rouge récemment, ou au cours des dernières semaines et des derniers mois. Une grave crise menace l'économie américaine.

Et en plus de ça, donc, les Chinois ne l'entendent pas de cette oreille et risquent de prendre des mesures de rétorsion. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point...

Il y a peut-être une relation d'ailleurs de cause à effet. C'est cette annonce assez dingue – il faut le dire – de Donald Trump, qui a dit qu'il voulait racheter le Groenland. Le Groenland, c'est considéré comme la deuxième ou la troisième île du monde en superficie.

Faut se méfier des projections de Mercator. Les planisphères ont tendance à agrandir considérablement le Groenland parce qu'on est dans les très hautes latitudes. Il faut regarder une mappemonde, une sphère.

Vous verrez que le Groenland est quand même plus petit. Il est beaucoup beaucoup plus petit par exemple que l'Australie. Mais est-ce que l'Australie est une île ou est-ce que c'est un continent ?

Enfin vous connaissez le détail. Il y a aussi des très grandes îles, notamment l'île de Papouasie-Nouvelle-Guinée ou l'île de Bornéo. Ce sont les plus grandes îles du monde.

Le Groenland est une dépendance du royaume de Danemark. Mais il a acquis une très large autonomie. Il se trouve que je connais un petit peu le Groenland, puisque lorsque je terminais mes études à l'ENA en 1985, nous avions fait un voyage d'études à une dizaine d'étudiants au Groenland.

C'était en février, dans la capitale du Groenland, qui jadis s'appelait Godthab et qui maintenant a pris un nom inuit. « Inuits », c'est le nom des populations groenlandaises, qu'on appelait auparavant esquimaux, mais qui a été jugé péjoratif par les populations groenlandaises, puisque « esquimau », ça veut dire mangeur de viande crue. Donc « inuit », c'est la façon dont les Inuits s'appellent eux-mêmes.

C'est « les hommes » en inuit. Et donc cette population de l'ordre de 65 000 à 70 000 habitants à l'époque a obtenu une très large autonomie. Nous étions allés voir...

Nous avions été reçus sur place par le Premier ministre du Groenland dans cette capitale qui s'appelle donc Nuuk. Alors je vous passe les détails, mais c'était assez folklorique, assez cocasse. En février, il faisait -30°C.

Et nous y avions été reçus par un Premier ministre qui était en sabots et qui nous avait offert des mets de choix comme manger par exemple de la baleine. Ça ressemblait un petit peu à de la tête de cochon vinaigrette, de la baleine. Voilà.

Il y avait de la viande de phoque en daube, avec des [*] qui étaient sur le...

Enfin c'était assez particulier. Bon, bref, pourquoi on était allés au Groenland ? Parce que je participais à un séminaire géostratégique.

Et vous aurez tout compris sur le Groenland si vous savez que cette île...

Il faut pas regarder un planisphère, comme je le disais tout à l'heure. Il faut regarder une mappemonde. Prenez une mappemonde.

Et vous verrez que le Groenland se trouve exactement sur la ligne orthodromique – comme on dit –, c'est-à-dire la ligne de plus court chemin entre Washington et Moscou, en gros, ou Washington et Saint-Pétersbourg. C'est pour ça que Donald Trump a jeté son dévolu sur le Groenland. Il est pas le premier, d'ailleurs.

Dans les années 40, il y avait déjà eu je ne sais plus qui qui avait voulu acheter le Groenland, parce que le Groenland a une valeur stratégique majeure, parce que qui possède le Groenland, évidemment, possède un avant-poste – si l'on peut dire – dans une guerre éventuellement nucléaire vis-à-vis du partenaire. Alors il y a les îles du Svalbard, qui sont au nord de la Norvège, qui ont un statut particulier, sur lesquelles il y a d'ailleurs des missions internationales. Et notamment, il y a une mission russe.

Les Américains regardent ça de très près. Et les Américains ne voudraient pour rien au monde que les Russes mettent la main sur le Groenland. Si nous, nous étions en 1985 allés donc nous geler par -30°C à Nuuk, c'est parce que nous avions eu vent de ce que les autorités groenlandaises avaient décidé de faire sortir le Groenland du marché commun.

Puisque, le Danemark étant entré dans le marché commun, dans la CEE en 1972, que le Groenland était à l'époque une colonie...

Maintenant, c'est un territoire doté d'une très large autonomie, mais qui fait quand même partie du royaume de Danemark. Lorsque les autorités de Nuuk, les Inuits ont commencé à avoir une autonomie et sortir du marché commun, les Américains ont vu rouge, ils se sont dit : « C'est extrêmement grave ». Donc nous, on est allés voir cette affaire.

On avait fait des observations qui étaient tout à fait passionnantes en termes géopolitiques. On en est toujours là. Sauf qu'en 1995, – j'ai eu l'occasion de le dire dans des conférences – le Groenland est finalement sorti du marché commun.

Il y a eu un référendum. Le Groenland est sorti du marché commun. Mais il n'est pas pour autant tombé dans la sphère d'influence soviétique comme le craignaient les Américains dans les années 84-85.

Voilà. Alors je pense que c'est ça que Donald Trump a eu à l'esprit. Je vous ai parlé des missiles.

Je vous ai parlé de sa stratégie vis-à-vis de la Russie et vis-à-vis de la Chine. Et donc les géostratèges américains se sont peut-être dit – peut-être, j'en sais rien –, avec leurs gros sabots : « On va acheter l'île du Groenland ». Alors ça a fait un truc assez dingue, parce que...

Je crois que le temps est un peu passé que l'on achète des territoires avec les populations qui sont dedans. Ça fait quand même un peu marché aux esclaves. Je rappelle quand même – j'ai eu l'occasion de le dire, notamment sur l'histoire américaine – que les États-Unis d'Amérique sont le pays du monde qui s'est le plus accru par des achats de terres.

Une partie importante des États-Unis s'est faite par l'achat. Je rappelle qu'en 1802, les Américains ont racheté la Louisiane, qui représente à peu près un tiers des États-Unis continentaux sauf l'Alaska, ont racheté ça à la France de Napoléon. Napoléon d'ailleurs dont on a célébré très discrètement le 250e anniversaire de la naissance il y a quelques jours.

Et donc la France, en 1802, avait été obligée de vendre pour – je crois – quelque chose comme 50 millions de francs-or la Louisiane aux États-Unis. Puis les États-Unis, après, ont acheté les Philippines, Porto Rico, une partie de l'Arizona – je crois – à l'Espagne. Les États-Unis, donc, ont fait une diplomatie de mercantile.

Ils ont acheté l'Alaska à la Russie, à l'empire russe. Je crois que c'était Alexandre II dans les années 1866-1867, quelque chose comme ça. C'était évidemment une très très bonne affaire.

Et donc poursuivant sur leur erre, comme un bateau, poursuivant dans leur tradition, les Américains se sont dit qu'ils allaient peut-être racheter le Groenland. Alors ça a fait évidemment un énorme pataquès, parce que les Inuits, qui comme tous les peuples premiers ont connu une espèce de renaissance culturelle, historique, de revendication identitaire, comme on trouve dans les petits pays de Polynésie que je connais bien, les micro-États du Pacifique Sud. On a le même phénomène chez les populations premières comme les Inuits dans le Grand Nord canadien, comme les Aborigènes en Australie, comme les Inuits au Groenland.

Donc ils ont obtenu leur indépendance du royaume de Danemark. Évidemment, pour eux, c'est une extrême humiliation qu'on leur propose de se faire acheter. Alors Donald Trump s'est fendu d'un message Twitter complètement délirant, en montrant une tour Trump...

Il a fait un photomontage avec une tour dorée, là, comme la tour Trump qu'il a à Las Vegas, sur le paysage à Nuuk, en disant : « Je ne veux pas faire ça du Groenland », ce qui a semé la stupeur et la consternation. Et puis il devait aller en visite d'État au royaume du Danemark. Et puis il a fait un bras d'honneur – si on peut dire, si on veut se dire – à la reine Margrete, Margrete de Danemark, en disant : « Puisque vous voulez pas me vendre votre pays, finalement, je viens pas ».

Voilà. Alors c'est assez dingue, quand même, cette histoire. Moi, j'avoue que je regarde ça avec stupéfaction.

Au-delà du caractère absolument ahurissant de cette affaire, ce qu'il faut bien voir, c'est que ça n'est quand même pas n'importe quoi, ce qui se cache derrière. C'est quand même cette volonté américaine de monter en puissance de façon militaire face à la menace viscérale que les Américains éprouvent devant la montée en puissance de la Russie et de la Chine, qui devient leur alter ego et qui leur fait très très peur. Qu'est-ce qu'on peut dire encore des États-Unis ?

Un mot sur deux tristes affaires. Un mot d'abord sur l'affaire Epstein. Alors l'affaire Epstein, j'ai pas très envie d'en parler, parce que j'ai pas des choses extraordinaires à dire.

Je n'en sais que ce que je vois dans les médias. Quitte à me faire traiter de complotiste, je dirai que je suis quand même assez sidéré que ce monsieur Epstein, qui était quand même en prison, qui avait un procès qui s'annonçait spectaculaire...

Puisque non seulement il avait commis des actes pédophiles, semble-t-il, en masse, mais il avait – tout le monde connaît l'histoire – un ranch, il avait une île où il avait fait venir, semble-t-il, des personnalités extrêmement célèbres, notamment aux États-Unis d'Amérique. On parle beaucoup de Bill Clinton, qui aurait été une quarantaine de fois dans son avion. On parle également du prince Andrew, du deuxième fils de la reine Élisabeth II d'Angleterre.

On parle également de personnalités françaises, etc., etc. Dans des soirées...

C'est même pas des parties fines. C'étaient en fait des soirées totalement délictueuses, avec des esclaves sexuels et des jeunes femmes en dessous de l'âge de la majorité. Donc tout ça est absolument scandaleux.

Évidemment, ce type aurait dû faire l'objet d'une surveillance extrême. Et il y a eu un concours de circonstances tellement extraordinaire qu'il s'est suicidé dans sa prison. J'ai vu d'ailleurs dans des journaux français...

Où on s'indignait que 90% des Américains – paraît-il, d'après les sondages – ne croient pas à la thèse du suicide. Il y a encore 30 à 40 ans, 20 ou 30 ans, en France, on aurait dit dans tous les journaux français que la thèse du suicide était extrêmement controversée. Maintenant, on a des médias qui sont tellement verrouillés que c'est l'inverse que l'on dit et que...

Ce qui tombe sous le sens, c'est-à-dire qu'il n'y avait jamais eu – ou quasiment jamais – de suicide dans cette prison de haute sécurité. Au même moment, on enlève le codétenu. Il devait y avoir une surveillance toutes les demi-heures, et les surveillants ont dormi pendant 3 heures.

Les caméras ne marchaient plus. Enfin bon, bref. Moi, je n'y connais rien.

Tout ceci me répugne à l'extrême. Ce sont des crimes épouvantables, toutes les questions de pédophilie. Ce que je vois, c'est que...

Je regarde ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Il y a quand même beaucoup de gens qui s'émeuvent à juste titre de ces questions. Alors moi, de deux choses l'une : soit c'est vrai, soit c'est faux.

Si c'est vrai, faut clarifier l'affaire définitivement. Si c'est faux, faut effectivement dénoncer les fake news. Mais malheureusement, de ce que je vois, j'ai l'impression qu'il y a quand même toute une série de réseaux qui n'ont pas été éradiqués sur ces questions.

En attendant, le gouvernement français, qui d'ailleurs a fait encore un pataquès...

Puisque Mme Schiappa, avec je ne sais plus lequel de ses collègues, a dit qu'il fallait...

Parce que semble-t-il qu'Epstein avait une maison, je sais pas quoi, où il se passait des choses pendables en France. Donc Mme Schiappa a demandé que le parquet se saisisse de cette affaire. À ce moment-là, Mme Belloubet, la garde des Sceaux, a dit : « Comment, comment ?

Le parquet ne peut pas être saisi par le ministère public, par le garde des Sceaux », ce qui est vrai depuis 2013. Donc il y a eu un pataquès à l'intérieur du gouvernement. Moi, ce que je pense, en tout cas, c'est que sur toutes ces affaires, le gouvernement devrait être quand même extrêmement prudent et devrait faire quand même prévaloir le b-a-ba, c'est-à-dire le bien-être des enfants, la protection des enfants, la protection des mineurs.

Voilà. Ça, c'est la base. Et donc le gouvernement devrait prendre les mesures les plus fermes, les plus strictes pour défendre la santé mentale et physique des mineurs devant ce genre de cas, et d'avoir les peines les plus fermes sur toutes ces questions de pédophilie.

Et puis alors le dernier point qui nous vient des États-Unis...

Il y en aurait bien d'autres. Mais je voudrais revenir un peu sur l'affaire des tueries de masse, parce que dans mon dernier entretien d'actualité, j'avais parlé des 2 tueries de masse qui avaient eu lieu le même jour à quelques heures d'intervalle à El Paso au Texas et à Dayton dans l'Ohio. J'avais dit – rappelez-vous – que ces tueries étaient régulières.

On n'en parle pas. Mais je voulais revenir dessus, parce que depuis cet entretien d'actualité, donc depuis une quinzaine de jours...

Je crois que c'était le 9 août que j'ai fait cet entretien d'actualité. Je suis allé...

Il y a des sites qui relaient les tueries de masse jour après jour qui ont lieu aux États-Unis, sachant qu'ils ne relèvent pas les homicides. Ils ne relèvent que les tueries de masse, c'est-à-dire seulement à partir – je crois – de 2 ou 3...

De 2 ou 3 blessés, enfin dès qu'il y a minimum 3 personnes qui sont en cause – je crois –. Donc si vous tuez votre voisin, il n'y a qu'une seule personne, c'est du gâteau, on ne peut pas parler de tuerie de masse. Donc ça n'est pas dans les statistiques.

Mais je suis allé voir...

Il y a un site, justement : (« shootingtracker.com »). Et j'ai fait le décompte macabre.

Depuis notre dernier entretien d'actualité, il y a eu des tueries de masse pratiquement tous les jours aux États-Unis d'Amérique, qui ont fait d'après le décompte macabre que j'ai fait...

Alors ça s'est passé dans le Tennessee, dans l'Ohio, à San Francisco en Californie. Ça s'est passé dans l'État de Washington. Ça s'est passé dans l'État de New York à Brooklyn.

Etc., etc., donc dans toute une série d'États.

Au total, il y a donc eu au cours des 15 derniers jours 8 morts et 69 personnes blessées lors de nouvelles tueries de masse. Il y en a à peu près une à deux par jour en moyenne. Voilà.

Je voulais revenir là-dessus parce qu'il ne faudrait pas que les Français croient que ces tueries de masse sont quelque chose d'exceptionnel, extrêmement triste mais qui est exceptionnel. Non. Les États-Unis vivent dans cette hantise des tueries de masse au quotidien.

Est-ce que c'est vraiment l'avenir du monde et l'avenir de la France ? Moi, je dis non. Heureusement, en France, il n'y a pas la vente libre des armes.

Mais je dis que nous devons faire très attention à l'évolution vers une société à l'américaine qui ne connaît que la loi du fric, du profit, du cynisme, à la limite du sexe – comme on l'a vu tout à l'heure –, que en fait un pays comme...

Je crois que c'était Albert Einstein qui avait dit des États-Unis plaisamment que c'était le seul pays qui était passé de la barbarie à la décadence sans connaître la civilisation. Nous, on doit pas être comme ça. Nous devons faire prévaloir l'identité de la France, notre façon à nous de voir le monde : un monde plus doux.

Vous savez que le pourcentage d'Américains qui sont sous les verrous aux États-Unis, c'est 10 fois le pourcentage qu'il y a en France. Nous, nous devons garder un État qui assure la sécurité des citoyens, une société qui évite les extrêmes de richesse d'un côté, les extrêmes de pauvreté dans l'autre. On doit avoir un État qui assure la justice sociale.

Nous avons un État qui doit assurer l'éducation générale. Nous avons également un État qui devrait faire respecter, notamment dans les médias, un certain nombre de déontologies. Lorsque l'on donne comme modèle aux jeunes qui manquent de repères familiaux...

Qui manquent éventuellement de repères transcendants, qu'en plus, on leur donne comme modèle des séries ou des films où il n'est question que de violence, de tueries, etc., on risque d'avoir une société qui évolue comme ça. Voilà ce qu'il faut dire venant des États-Unis.

À l'évidence, à l'évidence...

C'est pas nouveau. Mais à l'évidence, les États-Unis sont devenus un pays très très malade, de tous les points de vue. Et malheureusement, ils risquent d'entraîner dans cette maladie, dans cette décadence généralisée l'ensemble des pays occidentaux.

La France ferait bien de prendre son indépendance et d'essayer de renouveler ce qu'elle a toujours été, c'est-à-dire un pays de juste milieu, un pays de nuance. Je rappelle ce que disait magnifiquement Charles de Gaulle, qui s'adressait – disait-il – à toutes celles et à tous ceux qui veulent avant tout que la France reste la France. {Pourriez-vous nous raconter ce que vous avez suivi de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ?} Bah très vite.

J'ai vu que Vladimir Poutine est arrivé en France. Il est allé à Brégançon, où Emmanuel Macron, tout bronzé, l'a reçu avec son épouse qui avait une attelle. Alors il n'a été question que de l'attelle de Brigitte Trogneux : grand sujet.

Qu'est-ce que j'en pense ? Que Macron essaye de se rapprocher de Poutine et de la Russie, je trouve ça bien. Je vais pas dire que tout ce que fait Macron est nul.

Qu'il essaye de se rapprocher de la Russie, je trouve ça bien. Nous devons absolument nous rapprocher de la Russie, comme d'ailleurs nous devons nous rapprocher de la Chine, nous devons nous rapprocher de l'Inde, nous devons nous rapprocher de l'Afrique du Sud, nous devons nous rapprocher des pays du Sud, nous devons nous rapprocher de l'Iran, nous devons arrêter la guerre en Syrie et nous rapprocher de Bachar el-Assad. On doit revenir aux fondamentaux de la géopolitique française.

C'est bien. Sauf que le problème avec Macron, c'est qu'on a l'impression qu'il veut une chose et son contraire. C'est toujours le « en même temps ».

C'est-à-dire qu'à la fois, il se rend compte que l'intérêt fondamental de la France n'est pas d'être dans la main des États-Unis d'Amérique, mais d'essayer de jouer un jeu d'équilibre entre les grandes puissances pour justement acquérir cette marge de manœuvre pour être elle-même. Mais Macron, tout en tendant la main à Poutine, du moins en l'invitant à Brégançon, se croit chargé de lui faire des remontrances, ou chargé de le traiter de haut. Macron traitant Poutine de haut, c'est absolument comique.

Enfin c'est ridicule, c'est ridicule. Tout le monde a bien compris que dans 5 ans, dans 100 ans, dans 200 ans, les livres d'histoire parleront de Vladimir Poutine comme un très grand chef d'État russe qui a redressé la Russie qui était tombée au fond du trou après la fin soviétique. Et je pense que Vladimir Poutine sera à l'égal des très grands dirigeants de la Russie millénaire, à l'égal de Pierre le Grand, de Catherine de Russie, de Nicolas Ier, même si c'était un tsar terrible, mais c'est quand même quelqu'un qui avait tenu d'une main de fer l'Empire russe, à l'égal peut-être aussi d'Alexandre II, le tsar libérateur du servage, à l'égal de Lénine, à l'égal de Staline.

Quoi qu'on pense de Lénine et de Staline, ce sont des très grands dirigeants russes. Et puis après, ça sera Poutine. Macron, je le renvoie dans la catégorie des (Childéric III) dont je parlais tout à l'heure.

Voilà. L'histoire de France, elle attend celui qui sera le vrai successeur de Charles de Gaulle, si vous voyez ce que je veux dire, c'est-à-dire celui qui reprendra la maison France et qui lui rendra son indépendance et sa souveraineté. Macron, dans 50 ans, plus personne n'en parlera.

Il aura été balayé par l'Histoire. Alors que Macron prenne des airs devant Poutine, c'est burlesque, d'autant plus qu'il ne lui est supérieur en rien, ni par l'âge, ni par l'intelligence. J'ai vu d'ailleurs une vidéo d'Emmanuel Todd, qui pensait que l'intelligence de Macron était extrêmement limitée, ce que je crois profondément aussi.

Macron qui prend des airs devant Poutine, c'est comique, comme lorsqu'il y avait François Hollande aussi. Mais alors il y a eu une petite anecdote sur cette affaire. Vous avez peut-être suivi ça.

Je me permets d'insister. C'est que comme Macron donnait des leçons sur la démocratie qui était bafouée en Russie, que des gens avaient manifesté à Moscou, qu'ils avaient été interdits de manifester, gnagnagni, gnagnagna, Poutine l'a écouté puis lui a répondu en entrant dans le vif du sujet, en disant : « Écoutez, chez nous, en tout cas, il n'y a pas eu 11 morts, des dizaines d'éborgnés, 2 000 blessés ». (Visiblement, Poutine n'a pas parlé explicitement d'éborgnés) Il a cité les chiffres émanant du ministère de l'Intérieur sur la crise des Gilets jaunes.

Alors l'anecdote, c'est que sur les chaînes françaises de télévision, ce passage du discours de Poutine a été très largement censuré. C'est-à-dire que les chiffres : les 11 morts, les 2 000 blessés, etc. ont été caviardés.

En attendant, la traduction a fait faux-bond. Alors il y a eu des gens qui ont remarqué que lorsque RT France, Russia Today France, a diffusé l'entretien, ils ont eu un traducteur qui a traduit vraiment ce qu'avait fait Poutine. En d'autres termes, on s'est trouvés dans cette situation que ceux qui ont fait la vraie traduction, c'est RT France, Russia Today France, qui à partir du verbatim de ce qu'a dit Poutine, a traduit en disant les chiffres qui...

Évidemment, il a envoyé ça dans les gencives de Macron, qui...

Qu'est-ce que vous voulez que Macron réponde ? Qu'est-ce que vous voulez qu'il dise ? Après tout, il n'avait qu'à pas aller caresser l'ours russe sous le poil.

Quand on attaque quelqu'un, il faut être absolument impeccable. Mais on a pu observer que sur BFM TV, sur les chaînes de télévision françaises, eh bien ces chiffres étaient censurés. Alors il y a des gens qui se sont préoccupés de ça, qui ont demandé au journal Libération.

Le journal Libération a fait tout un article pour vérifier et dire : « Effectivement, ceux qui ont fait la bonne traduction, c'est RT France. Et ceux qui ont censuré, c'est les chaînes françaises de télévision », ce qui est quand même un peu gênant, puisqu'on nous explique à longueur d'année que RT France, ce sont les fake news, alors que les médias français, c'est formidable. Au point que sur RT France, sur les chaînes Youtube, il y a marqué : « Attention, cette chaîne est financée par le Kremlin, par les autorités russes », comme si BFM TV ou TF1 étaient totalement indépendantes du pouvoir à l'Élysée.

Alors il y a eu un rebondissement. C'est qu'il y a des gens qui ont creusé le sujet et qui se sont rendu compte que – paraît-il – en fait, la faute reviendrait à l'interprète qui, en fait, aurait été l'interprète de Poutine soi-même, un Russe qui s'est lui-même...

Qui aurait fait la mauvaise traduction et qui aurait évité de citer les chiffres. Alors moi, je ne sais pas si c'est exact. Mais si c'est exact, ça prête aussi à réflexion, parce que si c'est exact, ça veut dire que Poutine s'est entouré d'un traducteur qui était pas si bon que ça.

Et ça veut dire que RT France n'a pas suivi fidèlement ce que disait le Kremlin, puisqu'ils ont fait leur propre traduction, tandis que BFM TV ont suivi comme des toutous la traduction de l'interprète de Poutine. Donc ça veut dire que finalement, ceux qui ont fait leur boulot, c'est toujours RT France, et ceux qui ne l'ont pas fait, c'est BFM TV, et que au passage, ça veut dire que Poutine ne serait pas le grand méchant loup, le grand ogre, puisque finalement, il ne s'entourerait pas de traducteurs parfaits. (Bruit de bouche).

Bon, voilà, ça pour dire que encore une fois, les versions officielles sont mises à mal dans toute cette affaire, et pour dire simplement qu'encore une fois, eh ben Macron ferait mieux de choisir une chose ou son contraire. Soit il est totalement vassalisé par Washington, par l'UE, Mme Merkel lui dit : « Il faut qu'il y ait 6 nouveaux États membres qui entrent dans l'UE », Macron ne moufte pas. C'est un scandale.

Je reviens sur ce que je disais tout à l'heure. Est-ce que vous imaginez du temps de Charles de Gaulle que le chancelier Adenauer ait dit : « Alors on va faire entrer dans le marché commun tel ou tel et tel pays » ? De Gaulle aurait tout de suite fait une conférence de presse en disant que le chancelier d'Allemagne avait perdu l'esprit et qu'il n'appartenait pas au chancelier d'Allemagne de dire quels étaient les pays qui entreraient dans le marché commun.

Et père De Gaulle, il aurait sans doute rappelé son ambassadeur à Bonn – à l'époque – en consultation, ce qui aurait fait une crispation généralisée. Je peux vous dire que les Allemands, ils auraient filé doux. Macron, comme d'habitude, c'est la carpette, il s'est mis à quatre pattes.

Bon. Alors là, il veut rouler des mécaniques face à Poutine. Il commence à lui donner des leçons de morale sur les droits de l'homme.

Terminé. Emballé, c'est pesé. Finalement, Macron on ne sait pas ce qu'il veut.

Je crois qu'il ne le sait pas lui-même. (Bruit de bouche). Bon, encore une fois, le plus tôt cet individu aura dégagé de la scène politique française, mieux on se portera.

Mais ça, beaucoup de Français l'ont compris. {Cet entretien est très long. Mais auriez-vous quand même un petit mot pour conclure ?} (Coupure) ...clure trois choses.

Premièrement, un entretien assez extraordinaire sur Internet que je vous conseille de visionner de Loïk Le Floch-Prigent, qui a été un grand chef d'entreprise, qui était un mitterrandiste, qui ensuite d'ailleurs a eu des déboires judiciaires significatifs. Mais enfin il a fait un entretien assez intéressant sur le devenir de la SNCF, en disant : « Si on continue comme ça, le (pire) est certain ». De plus en plus, on voit apparaître des consciences...

Pas des consciences morales hélas, qui se contentent de protester dans le vide sur la dictature européenne mais qui...

J'attends toujours qu'elles se manifestent – ces consciences morales – pour soutenir l'UPR, parce que nous sommes quand même le seul mouvement politique d'importance qui proposons la sortie de l'UE. Et depuis 12 ans, le seul depuis 12 ans, sans jamais varier. Les événements ne cessent de nous donner raison.

Mais là, il ne s'agit pas d'une conscience morale. Il s'agit [*] conscience industrielle. Un jour va venir – je pense assez vite – où de plus en plus de capitaines d'industrie – comme on dit –, de chefs d'entreprise, après avoir soutenu mordicus la construction européenne, vont se rendre compte que si on veut sauver la France et notamment l'industrie française, il faut sortir de l'UE.

Nous qui avons été blacklistés pendant tant d'années, je suis absolument convaincu que dans les mois, les semestres, les années qui viennent, il va y avoir des chefs d'entreprise...

On a vu déjà les propos de M. Montebourg, (ancien) ministre du Redressement productif, qui a annoncé que l'industrie allait être désintégrée si on n'en revenait pas aux nations. Malheureusement, M.

Montebourg n'en tire pas la conclusion qu'il faut sortir de l'UE, mais qu'il faut changer l'Europe, c'est-à-dire rien, c'est ce qu'on dit depuis 60 ans. M. Le Floch-Prigent, à son tour, tire la sonnette d'alarme en disant qu'on est en train de détruire la SNCF.

Voilà. Il faut que de plus en plus de chefs d'entreprise se manifestent et fassent comprendre à la population que la folie, ça n'est pas de sortir de l'UE, c'est d'y rester. La deuxième chose que je voudrais dire, c'est que l'on a appris ces jours-ci que le nombre d'étudiants étrangers venant étudier en France – tenez-vous bien –, en 2020, va chuter de 30% à 50%.

Je renvoie ceux qui suivent nos analyses depuis un certain nombre d'années au débat qui avait eu lieu au moment de l'adoption de la loi Fioraso, qui a permis que en France, désormais, il y ait des établissements publics...

Et non des moindres : l'IEP, l'Institut d'études politiques de Paris, par exemple, pour ne pas le nommer, ou bien telle ou telle grande université. Qui administrent leurs cours en langue étrangère et évidemment en anglais. Par exemple, je connais un de nos adhérents, un étudiant qui vient d'entrer à l'IEP de Paris, qui va aller sur le campus de l'IEP de Paris qui se trouve à Reims, sur les études concernant l'Amérique du Nord.

Tous ses cours dans tous les sujets sont tous en anglais ! Ça va pas. Qu'il y ait des cours d'anglais intensif, d'accord.

Que éventuellement, on fasse un cours d'anglais, de civilisation américaine, très bien. Mais que tous les cours soient en anglais, c'est contraire à la Constitution française. La langue de la République, c'est le français.

Ça a été autorisé par la loi Fioraso. Nous avions été d'ailleurs le seul parti politique à nous battre contre cela. Nous sommes en permanence ceux qui défendons le principe de la langue française, le principe de la francophonie.

J'ai célébré il y a quelques semaines l'anniversaire de l'adoption de l'édit de Villers-Cotterêts, qui en 1519...

C'était le 500e anniversaire. Par cet édit, eh bien François Ier a imposé le fait que tous les actes civils en France soient rédigés en langue française et non plus en latin comme c'était le cas auparavant. Eh bien on nous avait vendu cette loi Fioraso en nous expliquant que si on permettait que dans l'enseignement supérieur en France, il y ait de plus en plus de cours uniquement en anglais, ça attirerait des étudiants anglophones, et donc ça favoriserait le rayonnement de l'enseignement supérieur français.

C'est vrai ou c'est pas vrai ? C'est vrai. Reprenez tous les débats.

Je vous renvoie à des vidéos où j'étais là à débattre notamment sur Canal 23 avec Christophe Hondelatte, où il y avait eu le professeur de l'université (Toulouse 1) qui m'avait volé dans les plumes : que j'étais évidemment bien sûr un ringard, j'avais pas compris que ci et que ça, c'était la super intelligence que de donner des cours en anglais en France, que c'était formidable, et ci, et ça. Il n'y avait que Calixthe Beyala, qui est une romancière camerounaise, qui était venue à mon secours et qui avait traité les autres en disant : « Vous êtes des traîtres à votre propre langue ». Bon.

Allez revoir ce truc. Eh bien voilà quelques années après, on tire la conclusion : loin d'attirer de plus en plus d'étudiants étrangers, on les fait fuir. On les fait fuir pas uniquement pour cette raison.

On les fait fuir aussi parce que le gouvernement français a trouvé de la plus grande urgence que d'augmenter de façon colossale les frais de scolarité. C'est-à-dire que des étudiants étrangers francophones...

Bien entendu, un certain nombre venaient d'Afrique du Nord ou d'Afrique centrale ou d'Afrique équatoriale, comme on disait du temps des colonies, donc l'Afrique francophone, l'Afrique noire et puis l'Afrique du Nord. Beaucoup de ces étudiants...

Mais pas seulement. Ça peut être aussi des gens venant de Madagascar, venant de Haïti, venant du Vietnam ou venant d'autres pays du monde. Il n'y a pas besoin d'être uniquement des pays issus de la francophonie.

On a augmenté de façon colossale...

Mais on est passés de l'ordre d'un truc de 300 € à 2 500 € la scolarité annuelle. Enfin c'est un truc de dingue. Évidemment, si vous êtes un étudiant brillant camerounais ou ivoirien ou sénégalais, payer 200 €, 300 € les frais d'inscription dans une université en France métropolitaine, c'est un effort que la famille peut éventuellement faire. 2 500 €, 3 000 €, non.

C'est pour ça qu'on est en train de faire chuter le nombre d'étudiants étrangers. Ça plus le fait que...

Le fait qu'on enseigne en anglais, les gens se disent, les étudiants se disent : « Si c'est pour avoir des professeurs français qui parlent très mal l'anglais, on va rien comprendre de ce qu'ils disent, si c'est pour apprendre l'anglais, autant aller en Angleterre, autant aller aux États-Unis, autant aller en Australie, en Nouvelle-Zélande. Là, au moins, on aura des professeurs qui parlent correctement l'anglais ». En bref, la politique vis-à-vis des étudiants étrangers est une catastrophe.

C'est encore une énième catastrophe venant du gouvernement français. Bien sûr, je sais que certains disent : « Derrière ces étudiants étrangers, il y a de l'immigration clandestine en puissance », etc. Oui, mais non !

Non, parce qu'il faut savoir aussi ce que l'on veut. La grande masse de l'immigration clandestine ne vient pas de là, vient des trafics de populations qui sont organisés. J'ai eu l'occasion de le dire.

Les étudiants étrangers...

C'est fondamental que la France accueille en France des étudiants marocains, algériens, tunisiens, ivoiriens, maliens, sénégalais, malgaches, camerounais, gabonais, haïtiens, vietnamiens, cambodgiens, etc. C'est fondamental parce qu'il y va de la poursuite du rayonnement intellectuel de la France et d'universités françaises dans le monde, et pour avoir ensuite des cadres – de l'administration privée aux administrations publiques – dans tous ces pays qui raisonneront, qui parleront français, qui se rappelleront leurs études en français. Puisque j'en suis à parler des trafics migratoires, un mot également sur cette déclaration du responsable de l'ONG Terre des Hommes, qui a dit sur France Info il y a quelques jours que l'on estimait que le trafic des êtres humains en Méditerranée, ce trafic qui est organisé de ces immigrants clandestins, ce qu'on appelle les migrants, rapporterait jusqu'à 32 milliards de dollars.

Voilà. Donc là, les langues commencent à se délier. On commence à voir que derrière ces déclarations sur « Il faut accueillir tous les migrants » se cachent en fait derrière des trafics mafieux.

J'en ai déjà parlé plusieurs fois. Il faut arrêter de verser dans l'angélisme. Il y a des trafics mafieux qui sont tenus par les mafias.

Je l'avais dit. On l'avait même montré avec l'opération Frontex. Je crois qu'on l'avait montré lors du dernier entretien d'actualité (en fait l'EA 78·2) : des mafias tunisiennes, algériennes, marocaines, italiennes, que ce soit la mafia sicilienne ou la 'Ndrangheta calabraise, des mafias albanaises, des mafias turques, etc. qui sont là derrière ces affaires.

Arrêtons de faire preuve d'angélisme sur ces questions migratoires. Favorisons le maintien des populations dans leur pays d'origine. Pour cela, ça signifie qu'il faut favoriser l'apparition de cadres supérieurs, de cadres, d'une catégorie d'intellectuels, de gens qui sont capables d'entretenir l'encadrement de leur pays.

Et il faut favoriser donc les étudiants étrangers en France. Il faut favoriser le maintien de ces populations dans leur pays. Il n'y a pas de mystère.

Il faut favoriser le développement de tous les pays du Sud. Or, ce développement, nous ne pourrons pas le favoriser dans le cadre de la construction européenne, qui nous force à dégager tous nos fonds pour les donner à des pays comme l'Albanie, l'Estonie, la Lituanie, etc. alors que nous devrions les diriger vers les pays du Sud pour développer ces pays qui, par ailleurs, sont des pays qui sont très proches de la France.

Je l'ai dit un nombre de fois incalculable, et je le redis pour la (incalculable + 1), je ne cesserai de le dire, parce que c'est la vérité. C'est l'un des sujets les plus fondamentaux de l'avenir de la France. J'ai beaucoup parlé.

Je vous prie de m'en excuser. Mais enfin nos vidéos ont du succès. Je sais que vous êtes nombreux à les écouter.

Je sais également...

Je voudrais remercier certains de nos adhérents. J'en vois un d'ailleurs qui s'appelle Nicolas Coulon. Je me permets de citer son nom, mais parce qu'il est très présent sur notre page Facebook.

Je ne le connais pas. Mais je sais qu'il passe beaucoup de temps – à partir de nos vidéos – à faire des petits découpages et puis à les diffuser sous forme plus petite. Il n'y a pas que lui.

Excusez-moi de tous ceux que j'ai oubliés. Nous avons d'ailleurs aussi un site qui s'appelle « uprenbref.fr » où nous avons ces vidéos sous forme de petits morceaux de 3 à 4 minutes ou 10 minutes selon les sujets.

Je vous prie donc de m'excuser d'avoir été long. Mais libre à vous, libre à tous les internautes d'y puiser matière et de faire circuler toutes ces informations. Vous le devez.

Vous le devez non seulement à l'UPR, mais vous le devez surtout à la France, parce que malheureusement, eh bien nous avons besoin d'un gros travail pour informer la population française au-delà de la propagande. Je terminerai mon propos en vous rappelant, en vous demandant sincèrement de faire votre devoir vis-à-vis de l'UPR. Nous avons actuellement – je l'avais déjà dit – des difficultés financières dues au fait que nous n'avons pas atteint les 3% aux élections européennes.

Comme vous le savez, nous refusons de faire des prêts bancaires. Donc nous n'aurons pas de prêt bancaire. Ça va passer tout juste.

Mais ça serait bien que toutes celles et tous ceux qui m'écoutent se disent : « Cette fois-ci, j'adhère à l'UPR. Cette fois-ci, je verse ma cotisation à l'UPR. Cette fois-ci, je fais un don spécial à l'UPR », etc.

Pourquoi ça ? Parce que les élections municipales vont arriver. Nous aurons des surprises, de bonnes surprises que nous vous ferons – je pense – notamment à l'université d'automne.

Je travaille beaucoup sur ces questions. Nous allons renforcer un petit peu les équipes de l'UPR, au moins pendant la durée de la campagne pour les municipales, pour avoir une vraie force de travail. Nous allons essayer d'aider les candidats aux élections municipales, et notamment dans les villes moyennes de France où nous nous présenterons.

Nous avons pour cela besoin d'argent. Nous présenterons donc prochainement déjà les premiers candidats. J'avais laissé un petit pointé, (à un moment), lorsque j'étais allé en Seine-Saint-Denis.

Je continue à parcourir la France. Je m'adresse ici à toutes celles et à tous ceux d'entre vous qui ont confiance dans l'UPR. Ne baissons pas les bras.

Surtout pas ! Surtout pas ! Je me promène beaucoup en France pendant ces vacances.

Je vois que notre notoriété : la notoriété de l'UPR en général et la notoriété de ma personne en particulier, sont en très très forte croissance, avec un soutien de plus en plus significatif de la population. Parce que les Français sont quand même pas aussi bêtes que certains veulent le croire. Beaucoup de Français regardent ce qui se passe au Royaume-Uni.

Voilà. Il y avait un sondage RTL ces jours-ci qui disait : « Est-ce que vous, personnellement, vous avez peur du Brexit au Royaume-Uni ? ».

J'ai eu le plaisir de voir qu'il n'y avait que 23% des 10 000 personnes qui avaient répondu à ce sondage RTL en ligne, 23% qui disaient « Oui, j'ai peur ». Et puis donc il y avait 73% qui disaient « Non, moi, j'ai pas peur », 4% qui disaient « Je sais pas ». Ça veut dire que trois quarts des Français se disent : « Bon, ces histoires de Brexit, on nous en fait quand même un peu beaucoup pour que ce soit vrai ».

Alors ça veut dire que les Français examinent ce qui se passe. En ce moment, les Français sont en pleine réflexion. Je suis absolument convaincu que le Brexit va avoir lieu – je l'espère en tout cas –.

Et si le Brexit a lieu et a bien lieu, eh bien nous allons ensuite entrer dans le vif du sujet. Je l'ai déjà dit tout à l'heure : les Français, comme tous les peuples d'Europe, vont pouvoir juger sur pièces. Et je ne doute pas qu'à partir de ce moment-là, beaucoup de gens vont se rendre compte que depuis 12 ans et demi, l'UPR est sur la bonne ligne : celle qui va permettre de redresser notre pays.

Je vois trop souvent des commentaires désabusés du style « Tout est foutu », « Les Français ont baissé les bras ». Non, non, non, non, non ! Les Français – c'est une tradition historique – sont parfois un peu longs à la détente.

C'est vrai. Parfois, ils se laissent aller. De Gaulle l'avait dit d'ailleurs : « Les Français, ... » – qu'il dit – « ...voilà, se laissent aller », « Des malheurs sans nom, mais aussi des victoires éclatantes ».

Voilà. Le peuple français se laisse un petit peu aller. Puis à un moment, il se ressaisit.

Je pense que nous ne sommes pas si loin du moment où les Français vont commencer à se ressaisir. C'est le moment plus que jamais d'adhérer à l'UPR, de faire circuler les informations de l'UPR, de verser votre cotisation annuelle à l'UPR, de verser des dons à l'UPR. Je ne vous le demande pas pour moi.

Je ne vous le demande même pas pour nos permanents. Je ne vous le demande même pas pour toutes celles et tous ceux d'entre vous qui, de façon bénévole admirable, parcourez la France pour coller des affiches, distribuer des tracts. Je vous le demande tout simplement pour, comme le disait Charles de Gaulle, que je citais tout à l'heure : pour que la France reste la France.

Bonne fin de vacances à toutes celles et à tous ceux qui en ont pris. Vive la République et vive la France.