L'interview : Marine Le Pen - 10/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC BFM TV, bonjour Marine Le Pen.
Bonjour.
Merci de répondre à mes questions ce matin en cette ultime journée de campagne avant le premier tour des législatives. Vous êtes évidemment l'ancienne candidate à la présidentielle du Rassemblement National et puis candidate à votre réélection dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Je voudrais qu'on commence par ces images de vidéosurveillance du Stade de France dont on a appris hier qu'elles avaient été détruites. Les organisateurs plaident leur bonne foi. Ils disent que c'est la procédure après 7 jours, que ces images soient automatiquement supprimées. Est-ce que vous vous dites que c'est de l'incompétence, c'est un oubli ? Comment vous jugez cette situation ?
Ça s'appelle couvrir ses traces. Je pense que je n'ose pas imaginer que nos dirigeants soient incompétents au point de ne pas avoir immédiatement, compte tenu de l'écho, bien entendu, que cette affaire du Stade de France a eu, pas seulement d'ailleurs dans notre pays, mais à l'international, immédiatement demandé que leur soient transmis les vidéosurveillances. Donc c'est volontaire. C'est volontaire. Pour vous, c'est pas un oubli. Vous ne croyez pas à la bonne foi que plaident les organisateurs ? Mais en aucun cas, je ne crois à cette bonne foi. Je ne parle pas des organisateurs, moi je parle de nos dirigeants. Je parle de M. Darmanin, je parle de M.
Dupond-Moretti, je parle de gens qui auraient pu, sur un simple coup de téléphone, se faire transmettre la preuve de ce qu'ils disaient d'ailleurs. En réalité, le fait qu'il n'y ait pas de vidéosurveillance permet de couvrir leurs mensonges énormes qui ont été révélés. D'ailleurs, en réalité, hier, dans le cadre de l'audition, il a quand même fallu deux heures avant que timidement soient évoquées les hordes de délinquants qui sont venus pour frapper, violenter, détrousser. Alors pas par le patron de Liverpool, qui lui en a parlé tout de suite. Bien sûr, évidemment. Je parle de ceux qui, encore une fois, veulent échapper à leurs responsabilités. Je veux dire, on s'y attend.
Moi, je m'attendais à ça. Le fait d'avoir remis à leur poste M. Dupond-Moretti et M. Darmanin, moins qu'on puisse dire, c'est qu'on s'est beaucoup, beaucoup éloigné de la méritocratie.
Je voudrais essayer de comprendre, quand vous dites qu'ils veulent couvrir leurs preuves, vous iriez jusqu'à dire que c'est une forme de destruction de preuves.
Pour vous, c'est la destruction de preuves ? Oui, bien sûr. C'est une destruction de preuves par inaction. Voilà, ça me paraît très clair. Car qu'est-ce qu'on aurait vu sur ces vidéosurveillances ? On aurait vu exactement ce qui s'est passé. On aurait vu que la fable des 40 000 personnes qui avaient des faux billets en était une. On aurait vu qui était responsable, bien entendu, des centaines d'agressions qui ont eu lieu. On aurait vu les blessés, on aurait vu l'ensauvagement, on aurait vu l'hypergolence.
Il y a d'autres vidéos, Marine Le Pen, et il y a notamment les vidéos de la voix publique, qui, elles, sont en possession de la préfecture de police, qui dit les avoir conservées, et eux, ils les conservent traditionnellement un mois. Pour rappeler, pour qu'on ait vraiment tous les éléments du dossier, c'est la préfecture de police, en réalité, qui a l'autorité de demander au pouvoir judiciaire de conserver ces vidéos. Je vois que vous levez les yeux au ciel.
Qu'est-ce que je vous dise ? Encore une fois, ce qui s'est passé au Stade de France a été un scandale mondial. Ce n'est pas national, c'est mondial. C'est un scandale d'État pour vous ? Mais bien sûr que c'est un scandale d'État, évidemment. Mais c'est surtout très révélateur que la délinquance dans notre pays est hors contrôle, et que le gouvernement le sait, et qu'il veut cacher que cette délinquance est hors contrôle.
Donc responsabilité, vous l'avez cité, du préfet de police, de Gérald Darmanin, et de Télique Dupond-Maurice.
Évidemment, mais qu'est-ce qu'on a vu hier soir, hier après-midi, on a vu quoi ? On a vu M. Darmanin chercher à protéger M. Lallemand, M. Lallemand chercher à protéger M. Darmanin, et la question qu'on se posait tous en regardant ça, c'est qui protège les Français ? Avec une question justement qui est quand même, pas uniquement sur le Stade de France,
mais plus globalement, aujourd'hui, une question sur l'usage de la force par les policiers. Il y a eu la question de l'usage du gaz lacrymogène, il y a la question là aussi de la légitime défense ou non, avec ce refus d'obtempérer qui s'est passé à Paris dans la matinée de dimanche. La passagère a été tuée, le conducteur a été blessé dans un refus d'obtempérer par trois policiers. Finalement, les trois policiers sont ressortis libres, et c'est le conducteur qui se retrouve, lui, mis en examen avec détention provisoire. Ça veut dire que finalement, ce que vous vous demandiez, c'est-à-dire qu'il y ait une reconnaissance de la non-responsabilité des policiers, c'est le cas là pour le coup.
Tout est dans l'ordre de ce que vous souhaitiez. Moi, ce que je réclame, c'est la présomption de légitime défense pour les policiers. Les policiers sont mis en cause de manière systématique. Ils le sont d'ailleurs par des politiques, ce qui est encore plus grave. Quand on entend M. Mélenchon accuser la police d'être des assassins, quand il dit la police tue, bien entendu. Pas techniquement, la police a tué. Ce qui devrait les discréditer pour toute responsabilité politique d'importance entre nous. Eh bien, les policiers ont le droit à la présomption de légitime défense. Ça veut dire qu'on renverse la charge de la preuve.
Ça n'est pas à eux de démontrer, les policiers, qu'ils ont agi correctement dans la limite de la loi et dans la limite des règles d'engagement. C'est à ceux qui se plaignent des policiers de démontrer l'inverse. Voilà, c'est cela. Et ça aurait évité que les policiers passent un certain nombre d'heures en garde à vue. Mais ils en sont ressortis libres, j'insiste là-dessus. Mais pourquoi ils en sont ressortis libres ? Parce qu'en réalité, la lumière a été mise sur ce fait-là. Mais moi, je parle au nom... Par notamment la réaction de Jean-Luc Mélenchon. C'est devenu une réaction politique. Moi, je parle au nom des milliers de policiers.
Et ils savent de quoi je parle parce qu'ils m'en font le témoignage régulièrement. Le moindre événement qui se déroule, la moindre plainte d'un délinquant, d'un criminel, ils sont convoqués devant leur hiérarchie. Parfois dans des conditions très dures. Ils sont parfois mis en garde à vue. Et ils ont un sentiment d'injustice terrible. Parce que, disons les choses très clairement, les seuls capables de protéger les honnêtes gens contre les voyous, au moment où nous nous parlons, c'est la police et la gendarmerie. Voilà. Ça, c'est une réalité factuelle. Et vous avez l'impression qu'ils sont bien... À chaque fois qu'on minimise leur capacité à nous défendre... Ils sont quoi ?
Ils sont fragilisés ? Mais bien sûr ! Évidemment ! Évidemment ! Et moi, je crois que la présomption de légitime défense a cet avantage de réarmer moralement nos policiers. Mais vous voyez le mot que vous choisissez.
Vous dites réarmé. Moralement, oui. Bien sûr. Mais réarmé. Toute la question est l'usage de l'arme.
Mais bien sûr. Mais écoutez... Il faudrait donc qu'en France, seuls les délinquants et les criminels soient armés. C'est ça ? C'est la proposition de Jean-Luc Mélenchon. Désarmer la police. Eh bien, si on désarme la police, alors on comptera... Il ne veut pas désarmer toute la police. Alors on comptera les victimes, encore une fois. Parce qu'il faut quand même se souvenir que le refus d'obtempérer, ça fait des blessés. Et ça fait parfois des morts. Il y a 14 000 refus d'obtempérer par an. Si on continue dans cette voie-là, ce n'est pas 14 000, c'est 50 000 qu'il y aura par an de refus d'obtempérer.
S'il y a une impunité, si les voyous ont le sentiment de pouvoir œuvrer dans une impunité totale, comme c'est le sentiment qu'on leur donne au Stade de France, c'est le sentiment qu'on leur donne avec ces refus d'obtempérer, alors ils le feront. Et il y a eu 150 usages d'armes.
Pour autant, Marine Le Pen, ne serait-ce que dans ses premiers mois, il y a eu aussi des morts dans ses voitures. Il y a eu le Pont-Neuf avec deux morts, là encore, pour un refus d'obtempérer.
Doit-on mourir en France pour un refus d'obtempérer ? Doit-on mourir quand on est policier et qu'on se fait foncer dessus par des voyous ? C'est ça la vraie question. Ni les uns ni les autres. Eh bien, à partir du moment où des gens refusent d'obtempérer, foncent sur des policiers, oui, je considère que les policiers sont en état de légitime défense. Ça me paraît être la moindre des choses. Enfin, c'est une tentative d'assassinat d'essayer d'écraser quelqu'un avec une voiture.
Alors, vous vous rendez compte quand même dans quelle inversion des valeurs on se retrouve aujourd'hui pour être obligé de se poser la question de savoir si un policier a le droit de défendre sa vie en tirant sur quelqu'un qui lui fonce dessus ? Enfin, c'est fou quand même.
Non, c'est quand même normal de se poser la question parce que s'ils tirent dessus à chaque fois et s'il y a des morts systématiquement, en effet, c'est normal.
Mais si à chaque fois on fonce sur des policiers en voiture, à chaque fois les policiers devraient pouvoir défendre leur vie en faisant usage de leur arme, oui. Sur la sécurité, Emmanuel Macron, en tout cas hier,
a eu l'air de prendre en compte l'idée qu'il y ait un problème de sécurité, en tout cas qu'il n'y ait pas suffisamment de force de l'ordre. Il a annoncé la création de 200 nouvelles brigades de gendarmerie qui seraient développées sur tout le territoire. Est-ce que c'est une réponse ? Je vois votre sourire ironique, je le dis, pour ceux qui nous écoutent.
Mais ce n'est pas ça, c'est que, si vous voulez, à chaque fois qu'Emmanuel Macron dit quelque chose ou fait quelque chose, il a toujours des arrières-pensées électoralistes. C'est à deux jours, à deux jours du premier tour des élections législatives, il prend conscience, alors que cela fait cinq ans qu'il est au pouvoir, et même plus, si je puis me permettre, parce qu'il a quand même eu des très grandes responsabilités dans le gouvernement de François Hollande, il se rend compte qu'il y a un problème de sécurité. Oui, en effet, il y a un énorme problème de sécurité. Et en réalité, il ne propose rien de sérieux pour lutter contre ce problème de sécurité.
Il faut arrêter l'immigration massive et anarchique. Ça, c'est la première chose essentielle à faire pour lutter contre l'insécurité. Parce que, je le redis, 95% de la délinquance de rue est le fait de personnes qui sont immigrées ou issues de l'immigration. Ça, c'est une réalité tangible. Du coup, vous remontez quand vous dites issues de l'immigration. Je me demande toujours ça. Non, mais c'est à partir de quand est-ce que vous dites à quelqu'un « Oui, tu as le droit de dire que tu es français ». Mais ce n'est pas le problème d'être français ou de ne pas être français. Encore une fois, ce n'est pas le problème. Il y a dans ces délinquants des gens qui ont la nationalité française.
Ce qui est sûr, c'est que les chiffres que je vous donne sont justes. Donc, plus on admet l'immigration anarchique massive, la multiplication de l'immigration clandestine contre lequel aujourd'hui absolument rien n'est fait et plus on aggravera la situation. Deuxièmement, il faut des peines planchées. Il faut la certitude de la peine. Il faut construire des places de prison. Emmanuel Macron avait fait toutes ses promesses. Il ne les a pas tenues. Donc, il se moque en réalité de l'insécurité que vivent les Français. Il s'en moque.
Et comme il s'en moque, comme il n'en a cure, il ne fait que quelques annonces la veille des élections en pensant que certains gogos se feront avoir par ses belles promesses. Moi, je pense que les Français ne sont pas dupes de ça.
En même temps, sur les législatives, on peut se dire quand même « chapeau Mélenchon ». Chapeau Mélenchon. Il s'est mis au centre du jeu et vous, vous étiez où ? Avant même que l'élection ait lieu, vous avez déjà décidé ? Ce qui est sûr, c'est qu'honnêtement, regardez les sondages, sa stratégie, pour l'instant, paye.
Mais dites-moi, la stratégie de quoi ? De plaire aux médias ? Il n'a pas besoin de stratégie. Non, mais il n'a pas besoin de stratégie.
Élisez-moi Premier ministre.
Mais enfin, écoutez.
Vous avez dit dès le début que tout le temps, c'était pas notre élection.
Jean-Luc Mélenchon est le chouchou des médias. Non. Voilà. Si. Il est le chouchou des médias pour une raison simple. C'est qu'il y a dans les rédactions des médias, de manière majoritaire, des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
Vous le savez ça, vous ?
J'ai entendu d'ailleurs des sondages qu'on fait régulièrement dans les rédactions, à Sciences Po, etc. Et il fait 88% ou des choses comme ça. Donc, les médias ont fait mine de croire à son énorme mensonge. Personne ne croit, en réalité. Personne de sérieux.
En fait, vous prenez quand même un peu les Français pour les idées. Non, non, non, justement. Non, non, non, vous, vous les prenez pour des idiots. Moi, sûrement pas.
Moi, je leur dis la vérité. Jean-Luc Mélenchon a zéro chance d'être Premier ministre. Zéro. Voilà. Je l'ai dit, il a moins de chances d'être Premier ministre que moi de gagner l'auto sans jouer. Il fait de la politique, Marie-Hélène. Ah, la politique. Alors, donc, vous, vous considérez que la politique, c'est mentir.
Mais je pense quand même qu'à un moment ou à un autre, vous aussi, vous n'avez pas voulu vous allier. C'est très révélateur. Vous n'avez pas voulu d'alliance. Non, mais ce que vous dites est très révélateur. Alors, je vais vous donner un exemple. Non, moi, je vais vous répondre avant. Je vais vous donner un exemple. Je vais vous donner un exemple. Il y a ce temps de parole et vous connaissez les règles par cœur mieux que personne, parce que ça fait des années que vous êtes en politique.
Et vous-même et plusieurs personnes dans votre équipe le disent, ils ont choisi sciemment de ne pas s'exprimer, et de ne pas accepter les invitations dans les premiers jours de cette campagne des législatives, parce qu'ils savaient qu'à la fin, nous serions obligés de vous inviter davantage pour rattraper notre temps de parole. À l'inverse, effectivement, Jean-Luc Mélenchon, ils ont beaucoup répondu au début. En cas de l'histoire, c'est pas faire de la politique, ça, Marine Le Pen ? C'est pas faire de la politique, ça, Marine Le Pen ? Non, mais je ne sais même pas de quoi vous parlez. Mais vous le faites à chaque fois. Mais je ne sais même pas.
Vous connaissez par cœur les règles, mais je ne vous le reproche pas.
Non, mais je ne sais même pas. Simplement, vous connaissez les règles. Non, mais pardon, je ne sais même pas de quoi vous parlez. Je pense que ça n'intéresse pas du tout les gens au moment où on s'est parlant. Moi, ce que je viens de vous dire, c'est que moi, j'ai une vision de la politique qui n'est pas la vôtre. D'accord ? Pour moi, la politique, ce n'est pas le mensonge. Pour moi, la politique, si. Non, non, non, vous êtes en train de me reprocher de ne pas avoir menti. Eh bien, moi, je ne mens pas aux Français. Et c'est pour ça, je crois qu'ils m'apprécient, voyez-vous. C'est que je considère que la politique, c'est la franchise, c'est l'honnêteté.
Et venir leur vendre une fable dont chacun qui connaît un peu le fonctionnement de la politique sait que c'est une fable. Eh bien, ça n'est pas le choix que je fais. Alors, peut-être ai-je eu tort, puisque, effectivement, tous les journalistes se sont précipités. Mais honnêtement, Madame de Malherbe, moi, je serais venue, le lendemain des élections présidentielles, je vais être élue Premier ministre. L'intégralité des journalistes aurait, sur les plateaux de télévision, dit que j'étais une menteuse, que j'étais une mégalo, une mythomane, que c'était n'importe quoi. Là, tout le monde fait mine d'y croire.
Donc, moi, je viens dire aux Français, écoutez, le soir du premier tour, dans quelques heures, en réalité, dimanche soir, vous verrez bien que c'est moi qui vous ai dit la vérité. Et que Jean-Luc Mélenchon n'a aucune chance d'être Premier ministre. La vraie question, c'est qui va s'opposer à Emmanuel Macron ? Sûrement pas Jean-Luc Mélenchon, qui a contribué à l'élire.
Tout dépendra aussi du poids que vous aurez à l'Assemblée nationale. Les projections donnent, pour l'instant, beaucoup moins de députés RN que de députés NUPS. Non mais... Alors, donc, je viens dire aux Français... Tout peut changer d'ici demain, je viens d'accord.
Alors, moi, je viens dire aux Français... Alors, allez-y. Vous allez ne confier pas le rôle d'opposition à quelqu'un qui, avec ses amis politiques, ont contribué à l'élection d'Emmanuel Macron. Parce que la réalité, elle est là. Jean-Luc Mélenchon a contribué à l'élection d'Emmanuel Macron. Bien sûr. Jean-Luc Mélenchon a dit, vous pouvez vous abstenir ou voter Emmanuel Macron. Voilà ce qu'il a dit aux électeurs. Quant à M. Fort, son allié, il a appelé à voter Emmanuel Macron. Et M. Jadot, son allié, a appelé à voter Emmanuel Macron. Donc, qui ne nous fasse pas croire, quand même, qu'aujourd'hui, ils sont les meilleurs opposants à Emmanuel Macron.
Alors, moi, je viens dire aux Français aussi, si vous votez, le Rassemblement national peut arriver en tête de cette élection législative. Ça aussi, c'est une réalité tangible. Mais il faut voter. Souvenez-vous de ce qui s'est passé aux élections régionales. Aux élections régionales, beaucoup des millions de Français étaient d'accord avec notre projet. Mais une partie d'entre eux n'est pas allé voter. Et donc, les deux régions que nous pouvions gagner, nous les avons perdues. Parce que si, encore une fois, le peuple ne vote pas, le peuple perd. Et s'il vote, le peuple gagne. Donc, il faut à tout prix aller voter.
C'est à l'Assemblée que va se décider la retraite à 65 ans, évidemment, à laquelle nous allons nous opposer. C'est à l'Assemblée que vont se décider les mesures sur le pouvoir d'achat, alors que les Français n'arrivent pas à remplir leur caddie ou terminer leur fin de mois. C'est à l'Assemblée que va se décider le prix de l'énergie qu'ils ont à payer dans les mois qui viennent. C'est à l'Assemblée que va se déterminer. Est-ce qu'on maîtrise l'immigration ou est-ce qu'on la laisse comme elle est aujourd'hui, hors contrôle ? Est-ce qu'on renforce les peines et on se crée une justice digne de ce nom ? Ou est-ce qu'on laisse l'impunité totale aux voyous et aux délinquants ?
C'est à l'Assemblée que ça se passe.
Certains de vos électeurs n'ont pas été votés. Je voudrais vous citer Elisabeth. Elisabeth, elle m'a appelée ce matin sur RMCOO 32-16. Elle a 62 ans. Elle est auxiliaire de vie dans le Pas-de-Calais à Avion. Elle a voté pour vous aux élections présidentielles. Et le soir des présidentielles, elle dit qu'elle a déchiré sa carte, qu'elle est découragée, qu'elle n'y croit plus. Elle dit de vous qu'au fond, elle a eu même l'impression que vous ne vouliez plus faire campagne. Il est temps qu'elle arrête. Elle n'y croit plus. Qu'est-ce que vous lui dites à Elisabeth ?
Je lui dis qu'elle a totalement tort et qu'elle arrête de croire les bilvesées que racontent les journalistes toute la journée sur les plateaux de télévision. Je ne crois pas qu'Elisabeth soit très créée. Elisabeth, vous la réécouterez.
Elle a son franc-parler et sa liberté.
Je suis tous les jours sur le terrain. Tous les jours. Ça fait des semaines, y compris aux législatives. Ça fait dix mois que je suis en campagne. Je me bats pour eux. Je ne me bats pas pour moi. Que les choses soient très claires, que les Français soient bien conscients de ça. Je me bats pour eux. Mais il faut qu'ils m'aident à les aider. Parce qu'on ne peut pas se mettre en retrait des élections. Et puis, le lendemain, se plaindre que les décisions qui sont prises vont à l'encontre de vos intérêts. Or, il y a un paradoxe. Et je le dis à cette électrice.
Le paradoxe, c'est que ceux qui souffrent le plus de la politique d'Emmanuel Macron, les classes populaires, les classes moyennes, sont précisément ceux qui votent le moins. Et bien, quand on arrivera à renverser cela, quand ce sont ceux qui souffrent le plus, qui votent le plus, alors, les décisions qui seront prises iront dans le sens d'un bien-être, de plus de pouvoir d'achat, de plus de sécurité, de plus de souveraineté, et pas l'inverse.
Marine Le Pen, vous partez un peu en catimini du Rassemblement National ? Non, mais je ne fais rien en catimini. Non, mais, alors, vous allez me dire encore que c'est les journalistes. Non, mais de fait, dans le journal Le Parisien Aujourd'hui en France, il y a cet article qui s'intitule « Bardella prépare le RN à l'air Jordan ». Il cite Jordan Bardella qui dit « J'arrive à un moment de ma vie, de mon engagement, où j'ai la possibilité de monter dans la voiture pour la conduire ».
Ça va remplir le frigo des Français, ça ? J'en sais rien, mais je vous pose la question. C'est important ? Non, ce n'est pas important. Est-ce que vous allez reprendre la direction du Rassemblement National ? C'est des affaires internes que nous réglerons et que nous verrons après les élections. Ce qui se détermine aujourd'hui, madame de Malherbe, c'est que pendant quatre ans, il n'y aura pas d'élection, à part les élections européennes, dont vous savez très bien que par son mode de fonctionnement, il aura très peu d'influence sur la politique nationale.
Ce que je viens de dire aux Français, c'est que pendant quatre ans-là, ils n'auront plus de moyens de pouvoir pour agir sur ce qui va être décidé. C'est donc maintenant qu'il faut le faire, le 12 et le 19 juin. C'est maintenant qu'il faut aller voter.
Mais je ne vois pas en quoi les deux sont contradictoires.
Parce que les affaires internes des mouvements politiques, ce n'est pas, encore une fois, ce qui fait que les maisons des propriétaires ne sont pas squattées. Ce qui fait qu'on peut mettre de l'essence dans sa voiture parce qu'elle n'est pas hors de prix. À propos de la maison squattée, vous avez vu que, j'imagine que c'est de ça que vous parlez,
le coup de récupérer sa maison.
Ah non, c'est bien. C'est très bien. C'est très bien. Il y a des centaines de personnes qui sont aujourd'hui confrontées à des problèmes de squat. Nous avons fait une proposition de loi le 9 mars 2021 pour qu'en 48 heures, les squatteurs puissent être expulsés de ces domiciles. Pour l'instant, pendant des semaines, voire des mois, il y a des propriétaires qui vivent à l'extérieur de leur maison. Et il y a des squatteurs sans droit nitide qui s'y sont introduits à l'aide de manœuvres, de menaces, voire de voies de fait ou de contraintes, alors qu'ils n'ont pas droit. Donc, la défense du droit de propriété est quelque chose d'essentiel.
Je rappelle quand même que la devise sont plus complexe qu'elle n'y paraît, puisqu'ils l'ont acheté, sachant qu'elle a été squattée et donc beaucoup moins chère.
Non, mais ce n'est pas le sujet. Il y a des squats tous les jours. C'est devenu maintenant un modus operandi. Dans un certain nombre de départements, les voyous se sont passés le mot, ils savent comment faire, ils connaissent mieux la loi que les propriétaires, et ils permettent comme ça de rester pendant des semaines, voire des mois, voire même pour certains des années, alors qu'ils n'ont aucun droit d'être dans ces propriétés. Il faut agir. Ça fait des années que ça dure et rien là non plus n'a été fait. Donc, comptez sur nous. Nous, croyez-moi, on va le faire.
Marine Le Pen avec un vrai cri du cœur qui appelle donc ses électeurs, y compris Elisabeth, à aller voter dimanche. Marine Le Pen, candidate à sa réélection dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Merci à vous d'avoir répondu à mes questions. 8h53 sur AMC BFM TV.