Yoann Gillet : "Marine Le Pen est déterminée et combative !" - (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05RelanceRéponse partielle
Vous avez noté que les magistrats considèrent comme un privilège de laisser les électeurs décider ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Pour vous, cette décision oriente vers un jugement politique ?
- 2:41RelanceÉludée
L'avocat pénaliste, est-ce que le risque de récidive était justifié ?
- 3:04RelanceÉludée
Critiquer le système de défense plutôt que le risque réel de récidive est-il injuste ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Laurent Wauquiez (LR) parle d'une décision très lourde, partagez-vous son avis ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Êtes-vous d'accord avec Laurent Wauquiez sur l'exécution immédiate ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Marine Le Pen est égale à elle-même, elle est déterminée et combative, déterminée à se battre et à défendre notre démocratie parce que ce qui se passe est grave. »
- 0:20Invité politiqueFait
« Dans quel pays empêche-t-on celle qui est donnée vainqueur de l'élection présidentielle de se présenter à cette élection ? »
- 0:29Invité politiqueFait
« La démocratie française est en danger, il faut que les Français en aient conscience. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Aujourd'hui on a une élection présidentielle qui, si elle devait avoir lieu sans Marine Le Pen, ne serait plus légitime. »
- 1:20Invité politiqueFait
« De la part d'une magistrate qui dit être devenue magistrate par admiration pour Eva Jolie, je pense que oui, effectivement, se délibérer est politique. »
- 1:31Invité politiqueFait
« On n'a plus affaire aujourd'hui à un gouvernement des juges, mais on a affaire à une dictature des juges. »
- 16:51Invité politiqueFait
« L'exécution provisoire elle est justifiée par le tribunal par un risque de récidive. »
- 17:27Invité politiqueFait
« L'exécution provisoire, ce n'est pas une peine automatique dans le droit. »
- 3:54InvitéFait
« C'est la loi du 11 octobre 2013 qui introduit dans notre législation l'article 131.26.1 du Code pénal qui prévoit les inéligibilités avec exécution provisoire. »
- 4:18InvitéFait
« Deux mois après, le 6 décembre 2013, création par le même président avec le même garde des sceaux du parquet national financier. »
- 14:06Invité politiqueFait
« Cette exécution provisoire, je crois, est difficile à justifier. Elle se fonde sur le risque de récidive théoriquement. »
- 14:27Invité politiqueFait
« L'appel doit être possible pour n'importe quel justiciable et que cet appel ordinairement suspend l'exécution de la peine. »
- 15:12InvitéFait
« On a bien compris que l'enjeu dépassait cette seule salle d'audience. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Yoann Gillet21 %
- Invité 218 %
- Invité 311 %
- Invité 410 %
- Invité 59 %
- Présentateur5 %
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Marine Le Pen est égale à elle-même, elle est déterminée et combative, déterminée à se battre et à défendre notre démocratie parce que ce qui se passe est grave. Dans quel pays empêche-t-on celle qui est donnée vainqueur de l'élection présidentielle de se présenter à cette élection ? Dans quelle démocratie d'ailleurs ferme-t-on une chaîne de télévision ? Et dans quelle démocratie est-ce que l'on condamne un ancien président de la République à des peines de prison plus importantes que celles de trafiquants de drogue ?
Voilà la réalité aujourd'hui, la démocratie française est en danger, il faut que les Français en aient conscience et vu le nombre de messages que nous recevons depuis le scandale de ce délibéré et de cette exécution provisoire qui a été prononcée, on se rend bien compte que les Français sont bien conscients de ce qui se passe, c'est très grave. Aujourd'hui on a une élection présidentielle qui, si elle devait avoir lieu sans Marine Le Pen, ne serait plus légitime et le prochain président de la République pourrait ne pas être légitime. On en est là aujourd'hui et donc nous allons continuer à nous battre et nos avocats sont évidemment en train d'étudier toutes les voies de recours.
Vous avez noté quand même qu'aux yeux de la juge, enfin des magistrats, c'est considéré comme un privilège que de laisser les électeurs décider, ça revient à revendiquer un privilège. Donc pour vous ça oriente vers une décision politique que ce jugement ?
Bah écoutez, de la part d'une magistrate qui dit être devenue magistrate par admiration pour Eva Jolie, je pense que oui, effectivement, se délibérer est politique. Et on n'a plus affaire aujourd'hui à un gouvernement des juges, mais on a affaire à une dictature des juges.
Elle reste la candidate naturelle du parti jusqu'à avoir épuisé toutes les voies de recours, même si on sait, enfin elles sont assez faibles ces voies de recours, parce qu'il faudra les justifier elle aussi, notamment ce fameux référé du président.
Oui, mais encore une fois, nous sommes plus déterminés que jamais. Marine Le Pen, elle est pour des millions de Français un espoir. Et donc nous devons nous battre jusqu'au bout démocratiquement pour faire en sorte de respecter notre démocratie et de faire en sorte que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle. Et donc nous allons nous y employer, nous nous y employons déjà. Nous n'allons pas lâcher l'affaire. Et encore une fois, vu le nombre de messages considérables que nous recevons, y compris de gens d'ailleurs qui n'ont pas voté jusqu'alors pour nous, eh bien nous avons cette responsabilité que de faire le maximum pour redonner à notre France sa démocratie.
Reste avec nous, bien sûr, on va étendre le débat. Gérald Pandelon, je rappelle que vous êtes avocat, je ne sais pas si vous êtes avocat pénaliste, si c'est... Avocat pénaliste. Avocat pénaliste. Il y a quelque chose qu'on a beaucoup commenté depuis le début de l'après-midi, à vrai dire. C'est l'idée que le tribunal s'est posé la question du risque de récidive, de réitération pour des faits qui remontent à 2016, pour des choses qui n'ont pas été reproduites depuis par ce parti qui s'est conformé aux exigences du PE, du Parlement européen entre-temps. Et en fait, on a l'impression que tout cela a été apprécié au regard du système de défense.
Est-ce que c'est injuste que de critiquer par là-même le système de défense du parti plutôt que de s'attacher au réel risque de réitération ? Enfin, je veux dire, il n'y en a pas vraiment en l'État, dix ans après la commission des faits. Sauf qu'en l'espèce, il n'y avait pas de récidive ou d'état de réitération des faits, puisque à ma connaissance, Mme Le Pen dispose d'un casier judiciaire qui porte trace d'aucune condamnation. Donc cet argument, il ne tient pas ? À mon sens, non. Et se poser la question de savoir si la justice peut devenir politique.
C'est un vieux débat qui avait été initié d'ailleurs par quelqu'un qui n'aurait pas voté pour Marine Le Pen, Karl Marx, qui expliquait que la justice était par essence politique. Deux observations encore. Alors, c'est la loi du 11 octobre 2013 qui introduit dans notre législation l'article 131.26.1 du Code pénal qui prévoit les inéligibilités avec exécution provisoire. Très intéressant, deux mois après, le 6 décembre 2013, création par le même président avec le même garde des sceaux du parquet national financier. Alors, loin de moi l'idée de penser qu'avec 12 années, je ne suis pas complotiste, mais quand même, le calendrier juridico-juridico-politique interpelle.
Emmanuel Brisson, on va peut-être prendre connaissance de la réaction de Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas si c'est votre tendance en interne, mais enfin bon, vous êtes une LR, donc ils nous disent que c'est une décision très lourde et exceptionnelle. Il n'est pas sain que dans une démocratie, les élus sont interdits de se présenter à une élection, et je trouve que les débats politiques doivent être tranchés dans les urnes. Laurent Wauquiez, qui n'est franchement pas le meilleur ami de Marine Le Pen, à de nombreuses occasions, évidemment, il a eu l'occasion de critiquer vertement le Rassemblement national.
Mais sur ce plan-là, il a raison, il n'est pas le seul à dire. À gauche, Jean-Luc Mélenchon aussi l'a déploré.
Écoutez, moi je suis totalement d'accord avec Laurent Wauquiez. Personne ne remet en question la condamnation, or cette exécution immédiate est scandaleuse. Les juges estiment qu'il y aurait un risque de récidive, mais vous l'avez rappelé tout à l'heure, elle ne siège plus au Parlement européen depuis de nombreuses années. Elle n'est même plus la chaîne d'orchestre du parti. Donc il y a une vraie volonté d'empêcher la chef de file du premier groupe d'opposition à être candidate en 2027. Et c'est grave, je suis désolée. Moi je combats le Rassemblement national, mais je le combats dans les urnes. Et là, il y a une manigance de la justice. On l'a vu avec l'affaire Nicolas Sarkozy.
Maintenant, c'est Marine Le Pen. Au bout d'un moment, ça suffit. Les Français ne comprennent plus cette justice à deux vitesses. On a d'un côté les racailles qui sont dehors et nos élus qui, aujourd'hui, sont visés du doigt constamment. C'est plus possible et ça en devient insupportable.
Alors on va revenir après dans le détail à cette condamnation. J'aimerais qu'on retrouve Mickaël Dosantos devant le siège du Rassemblement national, porte de Saint-Cloud, parce que c'est là que tout se joue pour établir maintenant la conduite à tenir et les mots, les éléments de langage aussi qui vont être distillés par tous les soutiens et les représentants de Marine Le Pen. Il y a beaucoup de monde, Mickaël, devant le siège. Ça fait presque trois heures que tout le monde est retranché à l'intérieur. Jordan Bardella est là aussi.
Ce conciliabule, je ne sais pas si c'est un vrai huis clos, mais en tout cas, on est en train de fourbire ses armes pour savoir quoi dire et à la presse et quoi faire sur le plan judiciaire également. Oui, Nelly, effectivement, vous le constatez à l'image. On attend, on n'est pas seul. On attend effectivement devant cette porte du QG du Rassemblement national. On attend bien sûr Marine Le Pen et Jordan Bardella qui sont arrivés peu après midi. Visage fermé, rejoint ensuite par plusieurs cadres du parti. Louis Alliot, Marie-Caroline Le Pen, Mathieu Vallée ou encore Laurent Jacobelli. Laurent Jacobelli qui a été d'ailleurs le premier à s'exprimer.
Il a évoqué une décision politique, une attaque contre la démocratie, mais a souligné bien sûr l'ambiance combative. Après, Laurent Jacobelli, c'était au tour de l'avocat de Marine Le Pen de prendre la parole. Il a bien sûr annoncé que sa cliente allait faire appel tout en regrettant que la justice motive sa décision sur ce risque de récidive. On attend en tout cas désormais que Marine Le Pen prenne la parole. Va-t-elle le faire avant le 20h ? Ce n'est pas sûr puisqu'elle pourrait réserver sa parole pour le journal et s'adresser aux millions de Français qui attendent bien sûr cette prise de parole et ses électeurs également. Pour le moment, on patiente, vous le disiez.
Effectivement, ça fait un peu plus de trois heures désormais. On échange dans ce QG. On imagine sur cette prise de parole ce soir, mais aussi sur la stratégie adoptée pour le parti, pour le Rassemblement national. Cette peine d'inéligibilité fait que Marine Le Pen ne pourra pas, a priori, sauf décision contraire en appel, ne pourra pas se présenter aux élections présidentielles. Il faut donc d'ores et déjà imaginer un candidat pour la remplacer. Il pourrait s'agir en tout cas de Jordan Bardella qui fait office de grand favori. Merci beaucoup, Michael, pour ces premières précisions.
On attend à tout moment la sortie évidemment de Marine Le Pen qui va devoir se préparer aussi pour cette échéance et cette prise de parole ce soir. Donc elle ne va pas rester, j'imagine, enfermée jusqu'à la fin de l'après-midi. Jean-Christophe Gallien, il y a plusieurs inconnus. En effet, c'est la recevabilité du référé présidentiel qu'elle va pouvoir demander. Il y a aussi l'échéance d'une procédure d'appel dont on ne sait pas si elle aura lieu en 2026, 2027. Je veux dire, si tout est politique, on peut se douter que le calendrier sera aussi fonction de ces préoccupations-là.
Et puis il y a d'autres questions qu'on se pose, mais je vous la poserai après, parce que sinon on va fonctionner avec le système de l'entonnoir, sinon on va s'y perdre. Il y a encore des inconnus et c'est à ce titre que Marine Le Pen va donc préserver toutes ses chances tant qu'elle n'est pas fixée complètement. Oui, parce que revenons au fait que là, aujourd'hui, on est face à une défaite judiciaire. Factuellement, c'est une défaite judiciaire. Tout ce qui doit être fait, et Yann Gillet vient de nous le dire, peut-être moins avec ferveur qu'avec passion. On sent bien qu'il y a quand même quelque chose qui se joue, là pour le coup, dans le domaine qui est différent du politique.
C'est quelque chose qui touche les gens qui travaillent avec Marine Le Pen, parce que, je le redis, elle a été ciblée. C'est ciblée. C'est très clair, c'est très évident. Ce n'est pas le parti tant que ça, c'est elle. Donc, il faut que ça devienne, ça évite de devenir une défaite politique, parce que très vite, derrière cette défaite judiciaire, il y a quelque chose qui peut devenir une défaite politique. Objectivement, pour plein de raisons, parce qu'on rentre dans une terre inconnue. On avait balisé, si vous voulez, deux ans, quasiment avec toutes les incertitudes qu'on connaît.
L'État est fragile, le gouvernement est fragile, notre système politique est fragile, mais on avait au moins une certitude, quasiment, c'est celle d'une finale présidentielle qui intégrerait Marine Le Pen face à quelqu'un d'autre. Alors, ce quelqu'un d'autre, ça peut être, je vous le souhaite, quelqu'un des Républicains, ça peut être probablement quelqu'un qui viendrait d'une des gauches ou du centre. – Et les intentions de vote dans les sondages qui étaient stratosphériques. – Exactement. Donc, on a eu cette certitude. Donc, tout le monde rentre en terre inconnue.
Le parti lui-même, le parti Rassemblement National, Marine Le Pen, évidemment, qui, elle, se dit, « Ben voilà, qu'est-ce que je fais maintenant ? Il faut que je fasse de l'intelligence judiciaire, parce qu'il faut aller chercher des choses qui n'existent peut-être pas de manière évidente. » Regardez Jean-Claude Dacier tout à l'heure interroger les avocats qui étaient autour du plateau. Est-ce qu'il y a appel, pas appel ? Voilà, il faisait ce travail, il y a tout le monde. Et cet après-midi.
J'imagine bien, et j'espère, que le parti politique en question a évidemment préalablement pensé à tout ce qui pouvait se passer avant, parce que ce n'est pas dans l'après-midi d'une décision de justice qu'on doit le faire. De la même manière que ce n'est pas dans l'après-midi d'une décision de justice qu'on doit savoir ce qu'on va raconter ce soir, si jamais on le fait. Maintenant, cette terre inconnue, elle frappe tout le monde. Elle nous frappe, nous d'ailleurs, parce qu'aucun d'entre nous, jusqu'à ce matin, n'avait imaginé que l'exécution provisoire immédiate, comme vous l'avez très bien dit, allait être la peine dans la peine qui a été déclarée. Yann Gillet.
Tous les scénarios ont été anticipés, posés sur la table, ou effectivement, il y a un état de sidération qui fait que c'est maintenant seulement qu'on prend la mesure de ce que ça signifie pour la justice ?
On avait évidemment envisagé tous les scénarios, mais en même temps, nous ne pouvions pas nous attendre à un tel résultat.
Elle était sereine, disait-elle, jusqu'à hier.
Oui, bien sûr, parce que c'est sa nature d'être sereine et d'être combative et de voir toujours vers l'avenir. Mais en l'occurrence, nous n'avions pas prévu le scénario du pire, nous n'avions pas prévu que la juge puisse être à ce point une combattante de la démocratie et puisse priver les Français d'une candidate naturelle à l'élection présidentielle. Donc maintenant, nous continuons à travailler, on l'a dit, nous continuons à étudier toutes les voies de recours et à envisager l'avenir. Nous n'allons rien lâcher et les témoignages que nous recevons nous donnent raison.
Et j'invite d'ailleurs les Français à se mobiliser très largement et à faire savoir leur colère sur les réseaux sociaux, à se mobiliser, à nous rejoindre en adhérant au Rassemblement national, en regardant Marine Le Pen ce soir à 20h sur TF1 et en relayant également ses prises de parole. C'est important que les Français s'expriment et puissent dire à quel point ils sont en colère.
– Alors Gérard Pernelon, je vous donne la parole dans un instant, mais nous sommes en ligne aussi avec François-Xavier Bellamy, député européen. Bonjour, merci d'être avec nous en direct depuis Bruxelles ou Strasbourg, je le sais, à vrai dire, depuis Strasbourg. – Merci à vous. – Merci. Votre réaction, première réaction sur cette inéligibilité prononcée pour 5 ans, mais surtout assortie de cette décision d'exécution provisoire qui en effet a pris tout le monde par surprise et a créé la sidération dans l'ensemble de la classe politique, y compris dans votre famille politique.
– Moi je dirais d'abord, et je crois que c'est un constat qui doit tous nous réunir, quel que soit notre bord politique, que cette journée est un jour sombre pour l'histoire de la démocratie, parce que ça n'est jamais une bonne nouvelle quand un candidat, une candidate en l'occurrence, qui reçoit dans les sondages le soutien d'une partie importante des électeurs français, se trouve empêchée peut-être de concourir par une décision de justice. Ça n'est pas, ça ne peut pas être une bonne nouvelle.
J'ai été candidat à des élections locales, nationales, j'ai été à chaque fois confronté à des candidats du Rassemblement national, j'ai débattu avec eux, j'ai fait valoir mes divergences, je ne suis pas au Rassemblement national, mais je crois que notre devoir c'est d'affronter nos concurrents devant les électeurs, dans les urnes, et que ça n'est jamais une bonne chose quand des électeurs sont privés de la candidate ou du candidat qu'ils espéraient voir représenter leurs idées par une décision de justice. Et ce qui me surprend dans ce cas précis, c'est qu'effectivement cette exécution provisoire, je crois, est difficile à justifier.
Elle se fonde sur le risque de récidive théoriquement, on voit mal comment le Rassemblement national soumis à une telle exposition médiatique pourrait récidiver. Quand quelqu'un a triché, il doit être condamné, je pense que là aussi c'est ce qu'ils devraient tous nous réunir, mais en l'occurrence il y a des règles de droit et l'une de ces règles c'est que l'appel doit être possible pour n'importe quel justiciable et que cet appel ordinairement suspend l'exécution de la peine.
Et j'ai du mal à concevoir qu'aujourd'hui cette impossibilité de rendre l'appel suspensif ait été à ce point indispensable qu'elle ait dû être prononcée, quel que soit son impact manifestement immense sur la vie démocratique de notre pays. Pour preuve quand même que les magistrats et la juge estimaient que c'était politique, elle le dit à demi-mot, on a bien compris, là je cite Madame de Pertuis, on a bien compris que l'enjeu dépassait cette seule salle d'audience, mais le tribunal va procéder comme d'habitude. Sous-entendu nous la politique on n'en a rien à faire du fait qu'elle représente je ne sais pas 13 millions de voix etc.
C'était déjà un aveu que de toute façon cette décision serait politique. Je ne dirais pas ça, je pense qu'il y a une discussion devant laquelle nous sommes tous aujourd'hui, y compris sur la loi. La loi qui aujourd'hui s'applique, cette loi qui a été votée par des élus de plusieurs bords, y compris du Rassemblement national, cette loi elle pose question manifestement et donc je pense que le rôle des magistrats n'est pas de faire la loi. Cela étant dit, en appliquant la loi, ils ont pris une décision et cette décision très claire c'était celle de procéder à cette exécution provisoire.
Et là pour le coup oui, il y a un choix de leur part et ce choix, je le dis comme citoyen, il est difficile de le considérer comme étant absolument indubitable. Il y a aujourd'hui une prise de position dans la manière d'appliquer le droit qui pose des questions, de même que posait de vraies questions l'accélération improbable de la procédure judiciaire qui visait en son temps François Fillon en plein milieu d'une campagne présidentielle. Et ça n'est pas une bonne nouvelle, ça n'est pas une bonne nouvelle quand la justice devient d'une certaine façon un élément à ce point central dans la vie de notre démocratie.
Ça n'est pas une bonne nouvelle quand la défiance est aussi grande envers nos institutions. Et je pense que personne ne devrait pouvoir se réjouir sérieusement de ce qui s'est passé aujourd'hui. Aucun esprit libre ne devrait vouloir qu'un débat démocratique se déroule ailleurs que devant les électeurs et les électeurs seuls. Alors, merci beaucoup François-Xavier Bellamy pour votre réaction au direct de Strasbourg. Un dernier mot de réaction parce que vous avez quitté.
Une chose importante à préciser, l'exécution provisoire elle est justifiée par le tribunal par un risque de récidive. Oui, ce qu'il a dit aussi. Et ce risque de récidive, il n'a pas de sens. Mais en plus de cela, ce risque de récidive est justifié par la magistrate parce que, j'ai perdu le fil en vous parlant maintenant. À cause de la ligne de défense. Oui, parce que les accusés se sont défendus. Et c'est exactement ce qu'a dit la magistrate. C'est juste hallucinant. Donc, on reproche à des accusés de se défendre. Donc, on dit qu'il y a un risque de récidive. Et donc, on met une peine d'exécution provisoire. C'est juste hallucinant.
Et puis, il faut le rappeler également, l'exécution provisoire, ce n'est pas une peine automatique dans le droit. C'est une peine complémentaire à l'appréciation du juge. Ce qui montre bien d'ailleurs que c'est une décision purement politique visant uniquement à empêcher Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle.
Gérald Pandoro, vraiment d'un mot, on doit partir en petite pause. Une rapide observation, il y a une défaite judiciaire, manifestement, mais il y a une grande victoire. C'est la victoire, n'est-ce pas, de l'autorité judiciaire. Parce que, vous voyez-vous, en sciences politiques, on apprend qu'il y a une tridimension dans le pouvoir. Vous avez le pouvoir, vous avez en dessous l'autorité, et après, vous avez des phénomènes d'influence. Or, là, c'est une inversion de la hiérarchie des normes ou des pouvoirs, puisque c'est l'autorité qui prend le pas sur le pouvoir. Or, une autorité revêt une dimension infiniment moindre qu'un pouvoir. Merci beaucoup.
On s'arrêtera sur ces mots, on marque une courte pause et on revient. Merci, Yann Gilelli. Merci à vous.
Yoann Gillet