Logement : « Il faut qu'on change les mentalités sur le confort d’été », insiste Vincent Jeanbrun
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
à ces vagues de chaleur, on n'en a pas assez fait ? Force est de constater que le pays n'est pas adapté donc évidemment il y a quelque chose qu'on aurait dû, pu faire tous collectivement maintenant il ya quand même beaucoup de choses qui ont été faites le gouverneur les gouvernements qui sont précédés ont mis en place un certain nombre d'outils ma prime rénove ça n'existait pas ça existe le fond vert qui aide les collectivités locales à investir pour la transition écologique n'existait pas, il existe. Tout est parfait ?
Non, on s'en fout. Est-ce qu'il y a eu des efforts considérables ? – Ce sont des outils qui ont été affaiblis, les positions qui ont été créées et après vidées de leurs substances. – Typiquement ma prime rénov' a été maintenue dans son le budget, le budget avait augmenté toutes ces dernières années et malgré le contexte budgétaire, il a été plafonné cette année.
On a la même ambition en 2026 qu'on avait en 2025. Mais peut-être un point aussi, c'est que moi j'ai entendu énormément de critiques sur les normes environnementales, sur le fameux DPE, on va peut-être en reparler, sur les règlements...
Diagnostic de la performance énergétique. Tout à fait, sur les réglementations de construction, ce que certains appellent la RE 2020, etc. Et beaucoup disaient qu'il y avait trop de normes, en ras-le-bol, etc.
On a entendu les climato-sceptiques, le Rassemblement national dans l'hémicycle, climato-sceptique matin, midi et soir. Là, on les entend un petit peu moins. Mais on voit bien qu'il faut trouver ce point de convergence.
Je Je dis ça, je ne suis pas un fan des normes en soi et je pense que d'ailleurs le changement de normes tous les matins peut faire beaucoup de mal à notre économie mais une fois qu' on a dit ça avoir une ambition réglementaire qui fait qu'on sait quel va être le bâtiment du futur, la maison du futur qui nous protège aussi bien l'hiver que l'été qui protège ceux qui y habitent et l'environnement. C'est quelque chose qui est louable. Et c'est là aussi où on voit que le changement de mentalité avec ces événements majeurs, l'hiver comme l'été, devrait nous permettre d'accélérer les choses.
Il faut accélérer, c'est ce qu'a dit le Premier ministre et on va se mobiliser pour ça. – On peut comprendre que vous raisonniez sur le temps long, par contre pendant qu'on a ces épisodes de canicule et de cette canicule exceptionnelle, on a aussi des décisions qui semblent aller à l'encontre de ce que vous annoncez, de ce qui se prépare. Il y a la question du fonds vert qui a quand même été raboté, il y a le fait qu'il est question de remettre sur le marché 700 000 logements F et G.
C'est pour moi très important ce point-là, c'est justement parce qu'on veut rénover les 700 000 logements qui seront classés en termes de performance énergétique F ou G et qui auraient été frappés d'indécence énergétique, c'est-à-dire en gros plus possibilité de les louer. Ce qu'on appelle les bouilloires...
Les passoires thermiques. Les passoires thermiques ou bouilloires thermiques, même si pour l'instant le DPE il note surtout les passoires thermiques, donc surtout le confort d'hiver. Ce qui est un des sujets, il faut qu'on améliore la formule pour l'été.
Mais l'objectif c'est d'avoir un partenariat gagnant-gagnant-gagnant. C'est gagnant pour le propriétaire, parce que grâce au projet de loi il pourra continuer à louer le logement. Ce loyer va pouvoir l'emprunter pour faire les travaux, donc solvabiliser son emprunt et donc améliorer le logement en améliorant le logement c'est gagnant pour le locataire à double titre parce que c'est gagnant pour le locataire qui est dans le logement forcément le logement va s'améliorer en termes de performance mais c'est gagnant pour tous les locataires de france parce que quand on vit une crise du logement comme on la connaît aujourd'hui si on avait retiré 700 000 logements de l'allocation c'est encore plus de pénurie encore plus de tensions sur le marché et puis c'est gagnant évidemment pour nos entreprises et puis c'est gagnant pour la planète donc c'est ça l'ambition portée le principe il est simple tu rénoves tu relou et donc là il n'y a pas de prolongation du délai comme ça à blanc c'est parce que je vais m'engager en tant que propriétaire à faire les travaux que j'aurai l'entreprise sélectionnée que j'aurais versé les accomptes alors seulement à cette de conditions, je peux relouer.
Ça fait une sacrée différence. Donc à terme, ça permet de lutter contre...
À terme, c'est-à-dire qu'on a mis un délai dans le texte de loi 3 ans pour les maisons individuelles, 5 ans pour les logements collectifs. Ça veut dire qu'au plus tard, dans 5 ces 700 000 logements, ils sont rénovés. Donc l'ambition de transition, elle est totalement portée.
Je sais que les oppositions essayent de dire exactement l'inverse. Non, c'est parce qu'on veut rénover le plus vite possible ces 500 000 logements qu'on les remet sur le marché de la location avec une contrepartie extrêmement ferme oui mais le problème c'est que ce diagnostic de performance énergétique il cible les passoires thermiques en hiver mais peut-être pas les bouilloires thermique en été ça veut dire que concrètement vous allez mettre des personnes dans des centaines de milliers peut être de bouilloires thermiques en été pendant des années. Alors, vraiment, le sujet n'est pas de mettre qui que ce soit dans une bouilloire thermique, quand vous dites, vous remettez, c'est pas mon sujet, mais globalement, on voit que pendant des années, on a beaucoup investi sur le confort d'hiver, donc lutter contre les passoires thermiques.
Aujourd'hui, on a un défi qui est de mieux protéger les logements de manière générale contre les épisodes de canicule. Ça passe déjà par protéger le bâtiment du rayonnement solaire première chose et là on se pose la question des volets je discutais en coulisses avec un personnel de l'émission qui me disait bah moi mon logement il était nord-ouest orienté donc probablement qu'à l'époque on ne mettait pas de volets quand on s'était orienté nord-ouest. Elle a raison, souvent il y avait ce type d'économie qui était faite à la construction du bâtiment, ça, ça doit être derrière nous, il faut qu'on puisse rajouter des volets, mais même des balcons, figurez-vous que la réglementation R2020 avait tendance à pousser les constructeurs à faire moins de balcons.
Or, plus vous avez des balcons, plus vous protégez la baie vitrée du voisin du dessous. C'est des petites choses comme ça qui peuvent nous permettre d'améliorer le confort d'été de manière assez considérable. Je repose ma question, est-ce que dans les 700 000 logements qui vont être à réautoriser à la location, il y a un risque qu'il y ait beaucoup de bouilloires thermiques ?
Non, je ne peux pas vous le dire comme ça. Oui, mais ce n'est pas automatique. Par exemple, une passoire thermique, ça peut être le logement en rez-de-chaussée dans une cour intérieure.
Il ne voit jamais le soleil, donc il est très au frais et donc il consomme beaucoup l'hiver. Par contre, c'est typiquement probablement le logement le plus confortable l'été. A l'inverse, vous avez un appartement au dernier étage d'un immeuble, effectivement comme il n'y a rien autour, passoire thermique l'hiver et bouilloire thermique parce qu'il se prend tous les rayonnements solaires l'été.
Mais ça concerne aussi des logements qui sont mal isolés et donc qui vont peut-être faire rentrer la chaleur l'été. Alors c'est tout l'intérêt, en les remettant sur le marché de l'allocation comme je vous l'expliquais tout à l'heure, de pouvoir avec l'obligation de de faire des travaux, de faire en sorte que dans 5 ans il soit totalement rénové. Maintenant vous avez raison de le dire, il faut qu'on change les mentalités en France sur le confort d'été.
L'épisode caniculaire qu'on a vécu là, il est hors du commun, on n'avait jamais connu ça, et il a un avantage si je peux m'exprimer ainsi, c'est qu'il a fait prendre conscience à tout le monde de l'intérêt de changer un certain nombre de règles, et de façon à la fois de calculer un diagnostic de performance énergétique, avec cette idée de lutter contre les bouillards thermiques, mais aussi peut-être nos réglementations. On parlait des volets tout à l'heure. Aujourd'hui, on voit des bâtiments haussmanniens derrière vous, sans la validation d'un architecte des bâtiments de France, on ne peut pas installer de volets.
C'est une vraie réflexion. Et dans le texte de loi qui va être débattu dès demain ici au Sénat, je sais qu'il y a des sénateurs qui ont posé un certain nombre d'amendements au texte pour pouvoir prendre en compte de cette question du confort d'été, et y compris comment on accélère la pose de volets, y compris pourquoi pas la pose de ventilateurs, de systèmes de refroidissement, etc. Et donc ce débat, il va falloir qu'on l'ait.
Cette crise aura au moins permis ça. C'est qu'on améliore le débat. Parmi la nécessité, vous dites qu'il faut changer les règles, on voit que ce qui se passe nous oblige à changer les règles.
Parmi les règles qui changent, il y a MaPrimeRénov', dont la philosophie va changer radicalement à la rentrée. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous arrêtez de financer des gestes isolés pour privilégier des rénovations complètes, intégrales, qui permettent d'isoler à la fois le toit, changer la porte. C'est ce qu'on appelle la rénovation d'ampleur avec une idée simple, on n'y revient plus.
Une fois que l'aide a été apportée, on n'y revient plus, on a fait tout ce qu'il était possible de faire, ce qui fait qu'on change vraiment la structure du bâtiment et on change surtout vraiment la vie des gens. Mais ça se comprend, mais ça pose deux questions. La première, c'est est-ce que ça veut dire que tout ce qu'on a fait avec ma prime rénov' par le passé, c'est de l'argent perdu ou gaspillé parce qu'en privilégiant des gestes isolés, En fait, finalement, il n'y a pas d'efficacité et donc c'est de l'argent public qui a été investi pour rien, entre guillemets.
Et ma deuxième question, c'est est-ce que les propriétaires ou les personnes qui ont des travaux à pourront se permettre d'avoir une rénovation intégrale ou d'ampleur, sachant que ça va les obliger à dépenser beaucoup plus ? Est-ce que ce sera accessible à tout le monde ? C'est une bonne question.
D'abord vraiment l'argent public, il faut qu'on qu'on sorte là où il est plus efficace. Donc la rénovation d'ampleur, c'est le gage de la plus grande efficacité. Deuxièmement, c'est là où on a vraiment les économies pour le ménage qui habite dans le logement ou dans l'habitation parce que quand vous faites uniquement de la rénovation par geste, c'est-à-dire juste j'isole les combles mais je ne change pas les fenêtres ou je change les fenêtres mais je n'isole pas les combles, en fait l'économie énergétique n'est pas suffisante à ce moment-là pour rembourser réellement les travaux.
C'est possible mais c'est assez rare. Dans une logique où vous faites la rénovation globale, vous avez quasiment la certitude de faire des économies d'énergie significatives qui fait qu'y compris dans une logique de crédit par exemple. J'ai des mensualités pour rembourser un crédit qui me permet de rembourser les travaux, mais je sais qu'en contrepartie, je vais vraiment faire des économies d'énergie.
Ce qui était moins le cas avec la logique par On conserve quelques subventions par geste, notamment sur les pompes à chaleur. Et les pompes à chaleur réversibles, ça permet de faire du chaud l'hiver et du frais et du froid l'été. Donc c'est des outils importants.
D'ailleurs, annonce aussi importante les pompes à chaleur rr donc il diffuse de l'air dans votre logement vont être bénéficier d'un décret qui veulent faire baisser la tva à 5 ,5 donc tva réduite pour les pompes à chaleur réversible c'est aussi des choses qu'on va pouvoir continuer à accompagner maintenant encore une fois efficacité rénovation globale c'est la clé vous êtes favorable à un grand plan pour aider les français à installer la climatisation dans leur logement comme le propose le Rassemblement national la climatisation faut être très clair elle sauve des vies à l'hôpital sauvé vie dans les ehpad elle permet nos enfants d'aller à l'école donc il faut avoir aucun dogmatisme sur la climatisation En revanche, le sujet de l'accompagnement budgétaire comme certains l'évoquent ne me paraît pas le plus sérieux Il y a cette annonce que je viens de vous faire sur la baisse de la TVA pour rendre accessibles ces pompes à chaleur réversible, qui encore une fois sont des bons chauffages l'hiver, sont des bonnes climatisations l'été, mais ça ne doit pas nous empêcher de rénover le logement autour. Parce qu'on parlait de passoire thermique, dans le passoire thermique, il y a vraiment cette idée que la chaleur s'échappe. On pourrait avoir la même chose avec la bouilloire thermique ou le froid en réalité que vous diffusez avec votre clim, en réalité il s'échappe en permanence.
Si on n'isole pas le logement, on peut avoir un confort de chaleur l'hiver ou de fraîcheur l'été, n'empêche que la facture sera énorme. Et donc là-dessus, il faut qu'on aide les gens à isoler. Et la priorité pour moi de l'État, c'est d'aider à isoler.
Aider les gens à isoler, mais est-ce aussi obliger les propriétaires à isoler ? Est-ce que dans les travaux de rénovation thermique obligatoires pour pouvoir louer son logement, est-ce qu'il y aura des travaux de rénovation de protection contre la chaleur dans votre plan logement ? – C'est effectivement ce qu'on doit écrire ensemble avec les sénateurs, avec le Parlement de manière générale et puis avec les différents services de l'État.
On parlait des architectes des bâtiments de France tout à l'heure, ils ont un rôle important de préservation du patrimoine et donc moi j'ai envie de travailler avec eux pour qu'ils nous disent, bah oui peut-être qu'à Paris le volet haussmanien n'aura pas la même tête qu'un volet dans une autre région française parce qu'on veut avoir ce souci, cet équilibre de trouver la préservation du patrimoine sans défigurer nos bâtiments, mais d'un autre côté on n'a pas le choix, il faut des volets parce que de toute façon si on ne permet pas aux gens d'habiter décemment dans ces logements, ils finiront par ne plus être loués, ils finiront par ne plus être entretenus et on perdra notre patrimoine de toute façon. Donc il y a un chemin qui est créé Donc dans ce plan logement, il y aura de nouvelles mesures pour rendre certaines rénovations obligatoires en termes de protection contre la chaleur ? Les sénateurs ont souhaité en débattre, il y a des amendements là-dessus.
Je ne peux pas vous dire à l'avance que sera à la fin du débat, mais évidemment j'y suis favorable et je suis heureux qu'on puisse améliorer le texte avec les sénateurs.
Vincent Jeanbrun