Yaël Braun-Pivet : "Chaque député est digne de siéger, car il a été élu par les Français"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Dernier vote aujourd'hui à l'Assemblée Nationale. Les nouveaux députés vont enfin pouvoir partir en vacances après une session extraordinaire pour le moins agitée. Accusation d'antisémitisme, rappel à l'ordre, journée à rallonge. Pour faire le bilan, France Inter reçoit ce matin la présidente de l'Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet. Bonjour. Bonjour. La session extraordinaire qui s'achève était consacrée au budget rectificatif aux mesures de soutien d'urgence au pouvoir d'achat. Les débats ont été musclés, avec à la clé des journées qui commencent très tôt, qui finissent très tard. Vous n'êtes pas trop fatiguée ?
Non, parce qu'on a l'habitude, vous savez, à l'Assemblée Nationale de travailler beaucoup, de travailler le week-end, de travailler tard. Mais c'est bien normal, les Français nous ont élus pour ça et pour débattre. Et c'est ce que nous avons pu montrer cette fois-ci à l'Assemblée durant ce mois. Il y a eu des débats et des débats qui ont conduit à l'adoption de textes importants pour les Français.
Et le Président de la République salue le travail des députés, des sénateurs cette nuit qui ont bâti, dit-il, des compromis pour arriver à voter les mesures pouvoir d'achat.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Justement, durant ce mois, nous avons montré que, d'une part, les textes étaient votés à l'Assemblée Nationale de façon très large, après des débats extrêmement constructifs, où il se passait quelque chose, pas des débats qui ne servent à rien. Et puis, nous avons réussi à construire des compromis avec nos collègues sénateurs, toujours dans l'intérêt des Français. Et tous les textes qui ont été adoptés durant ce mois de juillet ont fait l'objet de compromis avec les sénateurs. Je trouve que c'est un excellent signe que nous envoyons à nos concitoyens, parce que la démocratie fonctionne. On nous disait, ça ne va pas marcher, ça va être le bazar à l'Assemblée.
À cause de l'absence de majorité absolue.
À cause de l'absence de majorité absolue et à cause de l'éclatement politique qui est à l'Assemblée Nationale. Et nous avons pu démontrer l'inverse. Le Parlement est au travail et est au travail dans l'intérêt des Français.
Alors, ce matin, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, dit nous n'avons pas acheté le compromis. Qu'est-ce qu'il veut dire ?
Vous savez, en fait, un compromis, ça se travaille. Un consensus, ça se crée. Et donc, il faut que chacun fasse des efforts, fasse des pas vers l'autre. Et c'est ce qui s'est passé. Donc, il y a eu des discussions très fructueuses, franches aussi. Et chacun a pu faire valoir ses positions. Mais quand on regarde le texte, au final, il comprend un certain nombre de mesures qui figuraient dans le programme présidentiel et qui vont bénéficier très rapidement aux Français. C'est ça qui nous importe. Vous savez, quand vous êtes élu de la Nation, vous êtes élu pour être utile. Et là, les mesures qui ont été votées vont être utiles aux Français dès la rentrée prochaine. Donc, dans un mois.
Et ça, c'est très concret. Évidemment, ce n'est pas le point de vue de l'opposition, notamment de l'opposition de gauche. Vous avez trouvé surtout des appuis à droite pour faire le compromis à gauche. Ce n'est pas possible.
C'est une vision un petit peu en trompe-l'œil et qui n'est pas complètement exacte. Quand on regarde le détail des votes, il y a beaucoup de mesures qui ont été adoptées beaucoup plus largement qu'avec les voix de la majorité ou de la droite. Et beaucoup de mesures ont été adoptées soit à l'unanimité. On peut penser à la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapée ou très largement avec aussi les voix de la gauche. Moi, ce que j'ai vu dans cet hémicycle pendant un mois, c'est une démocratie qui vit. J'ai vu des débats d'idées et parfois, pas toujours évidemment, parce qu'on ne va pas être d'accord sur tout, mais parfois des convergences d'idées à droite et aussi à gauche.
Vous ne vouliez pas une assemblée trop lisse ? Ça, c'est gagné quand on voit les images. On a vu notamment les députés de la NUP quitter l'hémicycle parce qu'ils se disaient accusés d'antisémitisme. Qu'est-ce que vous en pensez ? Ils ont eu raison ?
Après, moi, je n'ai pas à juger l'attitude des uns ou des autres. Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que je n'accepterai jamais que dans cette assemblée, il y ait des propos antisémites, qu'il y ait des propos racistes, qu'il y ait des propos sexistes, qu'il y ait des propos homophobes. Cette assemblée ne doit pas être un lieu où l'on s'injure, où l'on s'invective. Les Français ne nous ont pas élus pour ça. Nous devons nous respecter et nous ne pouvons pas avoir exprimé des opinions qui plus est contraires à la loi. Donc moi, je serai très attentive à cela à chaque instant et je n'hésiterai pas quand il le faudra à recevoir et sanctionner les députés qui commettront de tels actes.
Là, sur ce point précis, il s'agissait d'une proposition de loi côté NUP qui critiquait l'apartheid supposé d'Israël envers la Palestine. C'est ça que vous considérez comme des propos antisémites ?
Non, c'est une proposition de résolution qui a été signée et qui n'a pas été débattue à l'Assemblée nationale. Il y a eu des échanges de propos entre le ministre et un certain nombre de parlementaires. Là, moi, je n'ai pas constaté de propos antisémites. Donc, il n'y a pas eu de sanctions. Il y a eu des accusations réciproques. Je pense qu'il faut que chacun garde raison. Et moi, je crois surtout sur la cause de la lutte contre l'antisémitisme qu'il faut se rassembler. Vous savez, moi, j'ai été victime pendant mon premier mandat d'antisémitisme. j'ai reçu des menaces, j'ai reçu des injures.
Et à ce moment-là, j'ai toujours trouvé l'hémicycle avec moi pour me soutenir quels que soient les bancs de cet hémicycle. Et je crois et j'espère que ce sera toujours le cas pendant cette mandature. Mais personne ne va être sanctionné
à l'issue de cet incident ? À l'issue de cet incident, non. Vous démarrez donc votre mandat de présidente dans une ambiance particulière. On le disait. Comment on trouve le juste équilibre pour assurer une bonne tenue des débats ?
Le juste équilibre, c'est déjà, dans le mot juste, il faut impérativement être le plus équitable possible, le plus équilibré lorsque l'on préside des débats. Il faut que chacun puisse trouver sa place, avoir son expression. Et mon rôle, c'est de garantir cela, de garantir que chaque député, que chaque groupe de l'opposition ou de la majorité trouve cet espace-là. Ensuite, il faut, lorsque nous n'avons pas de majorité absolue, il faut avoir un dialogue accru entre les groupes politiques. Et mon rôle, c'est de permettre ce dialogue-là avec chaque président de groupe.
Nous avons des instances à l'Assemblée nationale de direction, une conférence des présidents toutes les semaines, un bureau de l'Assemblée nationale. Et lors de ces instances, je privilégie le dialogue, la concertation, puis une prise de décision qui me semble correspondre au mieux à ce que j'ai entendu au cours de ces concertations. et c'est comme cela que nous avançons et que nous avançons plutôt bien, je trouve, au bout d'un mois. Je trouve que cette Assemblée, les Français peuvent en être fiers. Elle les représente, elle les représente dans leur diversité, dans les tensions aussi qui traversent le pays et qui se retrouvent immanquablement dans l'hémicycle.
Mais elle est en ordre de marche, elle produit le travail que l'on attend d'elle, voter des lois, avoir une action de contrôle du gouvernement à travers les questions au gouvernement, notamment pendant la session extraordinaire. Donc je crois que c'est finalement une chance pour notre démocratie d'avoir cette Assemblée-là à moi, à nous, de pouvoir vraiment lui faire donner le meilleur d'elle-même.
La gauche vous a reproché à un moment de rappeler plus facilement à l'ordre justement les députés côté NUP que ceux du Rassemblement national, notamment sur des questions de salutation. Une députée NUP qui ne vous avait pas saluée avant de commencer son propos. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Je réponds qu'à chaque fois,
ils me trouveront sur le terrain de l'équité, de la justesse et de l'application stricte de nos règles. Elles nous protègent. Moi, j'ai toujours dit, vous savez, pendant la crise sanitaire, que c'était nos institutions, notre état de droit qui protégeait nos libertés. Et bien là, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, c'est notre règlement, dont je suis la garante, qui va protéger chacun pour lui permettre d'exprimer pleinement sa mission de députée. Et je pense qu'au bout d'un mois, tout le monde a pu constater que j'étais sur cette ligne-là et vraiment seulement cette ligne-là.
Alors, qu'est-ce qui est plus difficile à gérer ? Ce sont des députés NUP, un petit peu parfois bruyants, qui peuvent quitter l'hémicycle, etc. Ou alors des députés Rassemblement national qui font profil bas pour s'acheter une véritable crédibilité ?
Mais rien n'est difficile à gérer. Tout est une question de mesure, de respect. Moi, ce que j'attends de chacun des députés qui siègent dans cette Assemblée, c'est qu'ils respectent l'institution, qu'ils respectent ses collègues et surtout, qu'ils respectent ses électeurs et les Français qui nous ont portés à siéger dans cette Assemblée.
Alors, une question sur l'application France Inter, question de Marius. Si le Rassemblement national n'est pas un parti qui défend les valeurs de la République, alors pourquoi avoir choisi de nommer un de ses élus membre de la Commission sur le renseignement ? Demande Marius.
Moi, ma ligne à l'Assemblée est très claire. Je ne fais pas le tri entre les députés. Chacun est digne d'y siéger puisqu'il a été élu par les Français. Et donc, j'ai choisi de nommer à la délégation parlementaire au renseignement que je connais bien puisque j'en ai été membre pendant cinq ans, un député représentant le principal groupe d'opposition à l'Assemblée. La loi m'y obligeait puisque la loi demande à ce que, dans cette délégation, les nominations représentent les équilibres politiques du Parlement. Et donc, il était normal que le premier groupe d'opposition ait un siège dans cette délégation. Dans cette commission-là ?
Dans cette délégation, oui, au renseignement qui comporte huit membres, quatre députés, quatre sénateurs. À chaque fois, il y a deux membres statutaires, présidents des commissions des lois et de la défense et deux membres qui sont nommés par la présidence justement pour respecter ces équilibres politiques. Donc, j'ai nommé un député de la majorité, un député de l'opposition et au sein de l'opposition, le député membre du premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale. Et ça signifie accès à des documents classés secret défense, etc.
Ça signifie accès à des documents classés secret défense mais les membres de cette délégation parlementaire au renseignement sont soumis au secret défense et donc, nous serons évidemment très vigilants mais je n'ai aucun doute là-dessus sur le respect de cette règle.
Alors, on parlait du rythme tout à l'heure, du rythme de travail qui a été assez soutenu. Karim nous a écrit sur le site de France Inter « Est-ce bien raisonnable que les députés siègent jusqu'au petit matin pour des lois très importantes pour notre République ? Il ne vous aura pas échappé que vos collègues sont loin d'être frais à l'issue de la session ? » Je laisse à Karim la responsabilité de ses propos. « Pourriez-vous faire voter une loi qui limiterait la durée de session parlementaire quotidienne ? »
Alors, nous avons en fait dans notre règlement des horaires de séance, Karim. Les séances doivent commencer à 9h, 15h et 21h30 et celle de 21h30 doit se terminer normalement à minuit sauf si nous pouvons terminer l'examen du texte et dans les quelques cas qu'il y a eu cet été. Effectivement, à plusieurs reprises, nous avons poursuivi durant la nuit. C'est assez fréquent. Peut-être qu'effectivement, à la rentrée, nous pourrons fonctionner différemment. Moi, j'ai demandé au gouvernement d'avoir plus de temps, plus de temps pour anticiper les projets de loi et plus de temps pour les travailler lorsque nous en serons saisis.
Donc, ces séances de nuit continueront évidemment à exister parce qu'elles sont une nécessité quand nous devons aller vite parce que le texte après, dans un système bicaméral, doit être examiné au Sénat puis revenir chez nous. Donc, il y a tout ce système de navettes parlementaires qui est long mais qui est utile parce que le texte s'enrichit. Mais en revanche, il faut essayer de limiter autant que faire se peut ces séances de nuit parce qu'effectivement, on est en tout cas... Voilà, on est vigilants, vous savez, on est... Mais comme tous les Français... Vous êtes humains aussi.
On est humains mais il y a beaucoup de nos compatriotes qui travaillent la nuit, qui se lèvent tôt, donc nous sommes juste comme eux et franchement, moi je n'entends pas à l'Assemblée de députés qui se plaignent de trop travailler ou de siéger trop tard. C'est juste pour ça que nous avons été élus pour agir pour les Français.
Fabien nous appelle au standard de France Inter. Bonjour Fabien.
Bonjour, je voulais demander à la présidente de l'Assemblée s'il était bien raisonnable de ne reprendre les travaux que le 3 octobre alors qu'un mois de vacances aurait pu suffire surtout pour éviter trop de procédures accélérées dans l'examen des textes et permettre des questions au gouvernement qui ne reprendront malheureusement que dans 2 mois.
Merci Fabien. La réponse de Yael Brunpivé. Alors c'est un sujet sur lequel je me suis beaucoup battue parce que si nous avions examiné un texte en séance publique en septembre, cela aurait signifié que nous n'avions strictement aucun délai justement pour faire ce travail en amont de concertation et de recherche de consensus. En revanche, vous savez, l'Assemblée nationale c'est un petit peu comme un iceberg avec la partie dans l'hémicycle, c'est la partie émergée, c'est ce que l'on voit mais lorsque nous ne siégeons pas dans l'hémicycle, nous sommes au travail.
Nous sommes au travail d'abord dans nos circonscriptions, nous devons être sur le terrain singulièrement début septembre, c'est la rentrée scolaire, c'est les salons des associations et moi je souhaite et comme tous les députés je serai à la rencontre de toutes mes associations sur les territoires début septembre et puis c'est des travaux en commission, il y aura de nombreuses auditions de ministres durant le mois de septembre et il va y avoir des lancements de missions d'information, de groupes de contact avec les ministres pour justement effectuer ce travail en amont.
Alors certes, les députés ne seront pas assis dans l'hémicycle mais ils seront au travail dès la fin du mois d'août pour justement mieux organiser le travail parlementaire et mieux concerter pour arriver à des résultats qui je l'espère seront plus consensuels donc nous serons au travail ne vous inquiétez pas nous ne prendrons pas deux mois de vacances.
Alors cette assemblée nationale sans majorité absolue ça donne aussi des choses parfois surprenantes par exemple la prime de rentrée exceptionnelle de 100 euros pour les plus modestes qui a été remplacée par le Sénat par une prime de 150 euros pour les bénéficiaires de la prime d'activité et puis l'assemblée est revenue dessus il y a eu toute une petite gymnastique c'est vrai que c'est aussi peut-être un peu de la perte de temps est-ce que finalement l'assemblée ne risque pas de perdre un peu son rôle au profit d'autres institutions au profit notamment du Sénat en l'absence de majorité claire ?
Alors les échanges les discussions la recherche de compromis de consensus ne sont jamais une perte de temps moi je préfère que l'assemblée nationale soit dans une démarche de discussion et soit dans une démarche de construction de consensus plutôt que d'être bloquée sur ses positions et d'opposer une fin de non-recevoir à tout échange avec le Sénat moi j'ai toujours considéré quand j'étais présidente de commission des lois pendant 5 ans que l'existence du bicamérisme l'existence de deux chambres était une chance que c'était un plus que ces regards différents avec des élus qui n'ont pas la même assise la même parcours étaient des regards qui enrichissaient les textes et moi j'avais 75% de résultats positifs sur nos commissions mixtes paritaires donc on voit que c'est vers cela qu'on s'en vient
des députés et des sénateurs commission mixtes paritaires tout à fait
vous avez raison 7 députés 7 sénateurs qui sont chargés de se mettre d'accord et là vous assistez à des discussions très constructives qui ne sont plus dogmatiques parce qu'il y a une recherche du compromis et donc de chercher la meilleure mesure celle qui sera la plus efficace la plus utile qui atteindra le mieux son but pour les français donc moi je trouve au contraire qu'on ne s'affaiblit pas quand on fait un pas vers l'autre et qu'on ne s'affaiblit pas quand on recherche la meilleure solution pour les français
donc par exemple quand Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur annonce que finalement la loi sur l'immigration qui devait d'abord commencer son parcours au Sénat d'ailleurs va plutôt démarrer par un grand débat est-ce qu'on n'est pas là en train d'essayer de se passer un petit peu de l'Assemblée nationale ou pas du tout ?
car au contraire moi j'ai échangé hier matin avec Gérald Darmanin et c'est l'application d'une nouvelle méthode de travail ça n'est pas un grand débat c'est une concertation avec les parties prenantes avec les parties politiques avec les groupes politiques qui sont à l'Assemblée nationale et au Sénat un débat dans nos deux chambres sur l'immigration puis la rédaction d'un texte donc moi je trouve ça extrêmement intéressant et je remercie le ministre de l'Intérieur d'aborder ce texte-là avec cette démarche-là parce que ça veut dire que le texte n'est pas écrit à l'avance ça veut dire que la concertation elle a du sens qu'elle est réelle que ce n'est pas une concertation pour de faux et que ensuite nous pourrons bâtir un texte une fois qu'il aura entendu et échangé avec toutes les parties prenantes texte qui sera ensuite discuté au Parlement donc c'est comme ça vous voyez qu'on détend le calendrier mais pour permettre de mieux travailler de mieux conserver
c'est ça que vous appelez la co-construction avec l'exécutif en principe le président peut vous convoquer chaque semaine est-ce qu'il le fait ?
le président peut me convoquer chaque semaine excusez-moi apparemment c'est dans les règles
ça fait partie j'ai bien lu les règles ça fait partie de ce qui est faisable avec un président de l'Assemblée nationale le président de la République peut vous convoquer chaque semaine s'il le souhaite il ne le fait pas écoutez moi
je me suis entretenue avec le président de la République à plusieurs reprises nous sommes dans une bonne entente institutionnelle et chacun à sa place je n'avais pas connaissance de cette règle qui m'étonne particulièrement il n'en aura pas besoin l'important c'est que ce dialogue existe et qu'il nous permette d'avancer au service des Français
l'Assemblée nationale a rejeté les comptes 2021 du gouvernement d'habitude c'est plutôt une formalité de faire valider les comptes du gouvernement là ça oblige à repasser par le conseil des ministres qu'est-ce que ça veut dire pour vous ? ça a du sens ça aussi ou c'est plutôt un raté ?
je ne sais pas ça n'est pas très grave c'est assez anecdotique l'Assemblée nationale a exprimé son vote comme elle en a le droit ça n'a strictement aucune conséquence et moi c'est ça qui m'importe c'est quelles sont les conséquences pour les Français parce que c'est vraiment moi c'est mon obsession à quoi on sert et comment on va être utile et je crois que ce mois-ci nous leur avons été utiles
Yael Brunpivet quand vous parlez de co-construction justement avec l'exécutif vous avez le sentiment d'être entendue oui bien au-delà d'un sentiment c'est une réalité sur la tenue vestimentaire des parlementaires on en a beaucoup parlé vous savez que le républicain Éric Ciotti voulait une cravate obligatoire dans l'hémicycle vous vous dites on ne fait pas la police vestimentaire est-ce qu'il y a des limites quand même ? La limite elle existe
dans le règlement le règlement prévoit une tenue de ville donc on ne vient pas à l'assemblée comme on irait à la plage ou se balader le week-end on doit avoir cette tenue respectueuse respectueuse du débat respectueuse de l'institution après effectivement je ne vais pas faire la police vestimentaire moi je compte sur l'intelligence collective sur le bon sens vous voyez d'un parlementaire quand on exerce cette mission ce mandat quand on a été élu je pense qu'on est en capacité et je n'ai aucun doute là-dessus de savoir et de pouvoir mettre le curseur entre le vêtement qui correspond à la dignité de sa fonction et ce qui n'y correspondrait pas
Thomas nous appelle de Haute-Savoie bonjour Thomas Thomas vous êtes avec nous
oui bonjour oui je vous entends
vous aviez une question pour Yael Brun-Pivet la présidente de l'Assemblée Nationale
oui voilà bonjour à vous deux donc je vais m'interroger en fait par rapport à ce que dit Mme Brun-Pivet donc elle parle de son engagement contre l'antisémitisme et le ratisme et d'un autre côté de sa justesse dans la direction de l'Assemblée Nationale pourtant on s'aperçoit que sous la majorité là des députés ont été ont reçu une amende pécuniaire pour une tenue donc en effet pour un maillot fou pour un gilet jaune et d'un autre côté un autre député a reçu seulement un rappel à l'ordre pour avoir fait un salut nazi ce qui est quand même beaucoup bien plus grave et je trouve que ça interroge beaucoup sur ses engagements que ce soit la PSA et puis l'association entre la République en marche et l'ERN sur la direction de la Sommée Nationale
Merci Thomas Yelbrun-Pivet Alors Thomas bonjour nous avons en fait une échelle de sanctions et qui doivent être appliquées en fonction des comportements des uns et des autres et il est vrai qu'il y a des comportements qui aussi par leur caractère réitéré ou par le fait que le député qui en est l'auteur ne défère pas aux ordres donnés par le président de séance peuvent être considérés également comme graves et c'était le cas de ce gilet jaune ou de ce maillot de foot qui avait été sanctionné pendant la précédente mandature là moi j'aurais qu'une règle de conduite par rapport à ces comportements qui peuvent être sanctionnés dans l'hémicycle c'est qu'à chaque fois je recevrai le parlementaire je ne prendrai jamais de décision sur le moment je le recevrai j'ai reçu monsieur Réberot qui avait fait un salut nazi dans l'hémicycle dont Thomas parlait et j'ai reçu un autre parlementaire hier et à chaque fois je les recevrai j'écouterai leurs explications et je prendrai ma décision quelques jours plus tard je crois que c'est une façon saine de procéder il ne faut pas aller trop vite mais il ne faut pas trembler non plus et la sanction que j'ai prononcée me semble-t-il était celle la plus adéquate
Yael Brune Pivet vous êtes la première femme présidente de l'Assemblée Nationale il y a encore du chemin à faire dans les présidences de commissions par exemple six des huit sièges sont tenus par des hommes
c'est un chemin qu'on avait parcouru sous la précédente mandature nous avions des présidences de commissions paritaires quatre femmes quatre hommes alors il y aura toujours du chemin à faire je pense c'est-à-dire qu'on ne va pas vers le mieux alors si on va vers le mieux évidemment on va vers le mieux je suis la première femme présidente de l'Assemblée Nationale j'ai à mes côtés cinq vice-présidentes sur six cinq vice-présidentes sur six pour la première fois à l'Assemblée Nationale j'ai une première questeur les questeurs sont ceux qui tiennent les cordons de la bourse donc nous avons franchi une incroyable étape à l'Assemblée Nationale au mois de juin mais ce que cela signifie par rapport aux commissions c'est qu'il faut garder la vigilance et qu'il ne faut jamais baisser la garde sur ces questions-là et rester très attentif parce que cela peut rapidement reculer mais là franchement je pense que pour les femmes de notre pays et bien plus largement pour chacun et j'ai reçu beaucoup de messages de papas me disant grâce à vous je pourrais dire à mes filles que c'est possible qu'il n'y a pas cette limite-là et donc je pense que ça on peut s'en réjouir collectivement on a franchi une grande étape
et qu'est-ce que vous pouvez faire pour éviter par exemple les harcèlements et les moqueries dont sont victimes certaines députées femmes par exemple Raquel Garigaud l'insoumise qui a ajusté sa tenue qui a été moquée Sandrine Rousseau qui se dit victime de harcèlement vous pouvez faire quelque chose en tant que présidente de l'Assemblée nationale nous avons
je l'ai dit tout à l'heure je ne tolérerai pas dans l'hémicycle des propos sexistes ils ont toujours été sanctionnés lorsqu'ils avaient pu être établis très clairement et je continuerai à le faire ils ne sont pas tolérables ils ne sont pas acceptables dans une enceinte démocratique et puis nous avons lancé un certain nombre de travaux à l'Assemblée nationale durant la dernière mandature il y a une création d'une cellule anti-harcèlement nous sommes extrêmement vigilants et évidemment je ne laisserai rien passer
Yael Brunpivet présidente de l'Assemblée nationale merci d'être venue nous répondre sur France Inter France Inter
Yaël Braun-Pivet