Vaccination obligatoire contre le Covid, dérogation au confinement pour les chasseurs, candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2022... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Fiabilité, efficacité, 90% dit le groupe pharmaceutique. Qu'est-ce que vous dites vous ce matin ? Il y a enfin de l'espoir ou on ne s'emballe pas ?
- 1:12OuverteRéponse directe
L'Europe a commandé jusqu'à 300 millions de doses. Elle a eu raison ?
- 2:02RelanceRéponse partielle
Ce sera un crash test des égoïsmes européens pour voir qui en voudra le plus et qui voudra être servi le premier.
- 2:52OuverteRéponse directe
Si le vaccin arrive, vous vous ferez vacciner, vous ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Il y a 40% de Français qui sont plutôt réticents à l'idée de se faire vacciner.
- 3:50FerméeRéponse directe
Il faut qu'il soit obligatoire.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Il y a enfin de l'espoir et il ne faut pas s'emballer parce que le pic est toujours devant nous, parce qu'on a des contaminations. »
- 0:27Invité politiqueFait
« On a chaque jour des centaines de nos concitoyens qui décèdent du fait de cette maladie et que ce n'est pas la semaine prochaine qu'on aura le vaccin. »
- 1:33Invité politiqueChiffre
« il va falloir, y compris, je l'espère, une coopération européenne pour que ces 300 millions de doses, et si je comprends bien, ça veut dire 150 millions de personnes vaccinées, il faut deux doses par personne, en 2021, aillent évidemment aux populations les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus exposées »
- 2:18Invité politiqueFait
« Il faut évidemment que là, l'Europe affiche un tout autre visage. Elle n'a pas été exemplaire sur la crise sanitaire. »
- 2:55Invité politiqueFait
« J'espère que je pourrai me faire vacciner. Je ne pense pas faire partie des populations les plus vulnérables. »
- 3:17Invité politiqueFait
« Franchement, là, vu ce que nous vivons, les petits commerces qui sont en train de mourir, nos personnes âgées dans nos familles qui sont tétanisées à l'idée de sortir, de voir leurs petits-enfants »
- 4:05Invité politiqueFait
« Non, parce que regardez le traumatisme que vivent nos sociétés. On ne peut pas se permettre aujourd'hui d'allonger la période de confinement, la période d'affaissement culturel, social, économique de notre pays. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Je constate que cet appel à la grève a conduit à ce qu'il y a un nouveau protocole sanitaire dans les lycées. »
- 5:42Invité politiqueFait
« Je comprends parfaitement l'angoisse, l'inquiétude des enseignants et de tous les personnels d'éducation. »
- 9:15Invité politiqueFait
« Personne, ni les forces politiques, ni les forces sociales de ce pays, les entreprises, les représentants des salariés, toutes les associations qui permettent à notre pays de tenir en matière de solidarité, ne sont associées aujourd'hui aux décisions. »
- 9:42Invité politiqueFait
« On a un président de la République qui décide seul, avec des soutiens d'experts, mais qui décide seul des règles qui organisent notre pays »
- 11:36Invité politiqueFait
« Souvenez-vous, le professeur Delfraissy, fin août, qui alerte terriblement. »
- 11:45Invité politiqueFait
« Jean Castex, derrière, ne prend aucune décision. »
- 14:59Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, les seuls qui peuvent aller en forêt, c'est ceux qui tirent le gibier. Et c'est choquant. »
- 15:27Invité politiqueFait
« Ce sont les chasseurs qui créent les populations de sangliers. »
- 16:39Invité politiqueFait
« Mais le Conseil scientifique n'avait pas demandé la fermeture des petits commerces, qui avaient organisé des protocoles sanitaires très sérieux. »
- 16:50Invité politiqueFait
« Évidemment, il fallait fermer les petits commerces pour le premier confinement. Il n'y avait pas de protocole sanitaire. »
- 20:50Invité politiqueFait
« tout le monde savait que Jean-Luc Mélenchon était candidat. Voilà, il est officiellement candidat, dont acte. »
- 21:04Invité politiqueFait
« Il incarne une pensée politique, il incarne un logiciel politique, il incarne un mouvement politique qui n'est pas le mien. »
- 21:50Invité politiquePromesse
« 2022, pour moi, ça doit être de l'apaisement. Ça doit être du rassemblement, de forces politiques, d'humanistes, de progressistes qui veulent gouverner. »
- 22:06Invité politiqueFait
« Ce sera pas le cas avec Jean-Luc Mélenchon ? Dans le monde d'aujourd'hui, 2022 et le prochain quinquennat, ça doit être un quinquennat européen. »
- 22:18Invité politiqueFait
« Moi, je ne suis pas pour remplacer un dirigisme d'État technocratique libéral par un dirigisme d'État rouge et vert. »
- 22:31Invité politiqueFait
« On a besoin aujourd'hui de renforcer les services publics. L'État doit intervenir alors qu'explose la pauvreté. »
Temps de parole
- Yannick Jadot72 %
- Présentateur10 %
- Invité9 %
- Invité 26 %
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Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Le groupe américain Pfizer affirme donc être en mesure de proposer un vaccin contre le Covid d'ici la fin de l'année. Fiabilité, efficacité, 90% dit le groupe pharmaceutique. Qu'est-ce que vous dites vous ce matin ? Il y a enfin de l'espoir ou on ne s'emballe pas ?
Il y a enfin de l'espoir et il ne faut pas s'emballer parce que le pic est toujours devant nous, parce qu'on a des contaminations. On a chaque jour des centaines de nos concitoyens qui décèdent du fait de cette maladie et que ce n'est pas la semaine prochaine qu'on aura le vaccin. Alors notre pays manque terriblement de perspectives, de perspectives sanitaires, de perspectives économiques, de perspectives sociales. Ce vaccin est un début de perspective, mais j'appelle les Françaises et les Français à ne pas relâcher leurs efforts.
Il faut qu'on soit extrêmement strict sur le suivi des règles, des règles en matière sanitaire, des règles en matière de protection, des règles en matière de gestes barrières. C'est le risque aujourd'hui, c'est qu'on se démobilise. Ce qui nous sauve, ce sont ces règles et ce n'est pas le vaccin qui arrivera, nous l'espérons, dans quelques mois.
Alors il faut tout de même anticiper, l'Europe a commandé jusqu'à 300 millions de doses. Elle a eu raison ?
Bien sûr, il faut absolument trouver le moyen de vacciner largement la population européenne et j'espère que la coopération internationale qui s'est organisée autour aussi de la vaccination, pour que ce ne soit pas simplement les pays riches qui puissent se vacciner, mais il va falloir, y compris, je l'espère, une coopération européenne pour que ces 300 millions de doses, et si je comprends bien, ça veut dire 150 millions de personnes vaccinées, il faut deux doses par personne, en 2021, aillent évidemment aux populations les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus exposées, et que ce ne soit pas, au fond, une forme de compétition sociale.
Ce sera un crash test des égoïsmes européens pour voir qui en voudra le plus et qui voudra être servi le premier.
Il est évident qu'il va y avoir une compétition et j'appelle le président de la République qui doit s'entretenir avec ses homologues européens dans les quelques heures, les quelques jours qui viennent, à organiser justement parce qu'on a vu sur les masques, quasiment les batailles rangées sur les tarmacs chinois pour se voler des cargaisons de masques. Il faut évidemment que là, l'Europe affiche un tout autre visage. Elle n'a pas été exemplaire sur la crise sanitaire. Elle l'est davantage sur le plan de relance européen, sur tous ces enjeux-là. Mais là, il faut qu'on ait un visage de sérénité, de sang-froid et de protection, évidemment, prioritaire des plus vulnérables.
Si le vaccin arrive, vous vous ferez vacciner, vous ?
J'espère que je pourrai me faire vacciner. Je ne pense pas faire partie des populations les plus vulnérables. Donc, il n'est pas question qu'il y ait des passe-droits, encore une fois, liés à certains pays, liés à certaines catégories de la population. J'espère que tout le monde pourra se faire vacciner.
Il y a 40% de Français qui sont plutôt réticents à l'idée de se faire vacciner.
J'ai pas de doute. Franchement, là, vu ce que nous vivons, les petits commerces qui sont en train de mourir, nos personnes âgées dans nos familles qui sont tétanisées à l'idée de sortir, de voir leurs petits-enfants, nos relations sociales qui sont quand même terriblement affaissées, j'espère que tout le monde va participer à la fois aujourd'hui, je le rappelle, du respect des règles très strictes. Le vaccin n'est pas là. Il ne faut pas relâcher les efforts. Et puis, quand le vaccin sera là, de se faire vacciner.
Il faut qu'il soit obligatoire.
Oui.
Oui ?
Oui.
On vaccine obligatoirement les Français, même les 40 ou 50% de réticents. Aujourd'hui, on leur dit qu'on n'ait pas le choix. C'est pas obligatoire. Non, là, je crois qu'il faut être... Je m'attendais pas à cette réponse. Pardon ? Je m'attendais pas à cette réponse. Pourquoi on dit ça ?
Non, parce que regardez le traumatisme que vivent nos sociétés. On ne peut pas se permettre aujourd'hui d'allonger la période de confinement, la période d'affaissement culturel, social, économique de notre pays. Donc, à partir du moment où le vaccin sera là, j'espère que tout le monde ira se faire vacciner.
C'est la position de votre parti, ça ?
Écoutez, je ne suis pas sûr. Le vaccin arrive. Je ne doute pas qu'Europe Écologie-Les Verts, qui est favorable à la vaccination... Pas tout le monde. C'est pour ça qu'on vous a posé la question. Vous savez, comme nous, Michel Rivasi, qui était avec vous. OK, il y a Michel Rivasi. La numéro 2 sur votre liste n'est pas favorable. 99,99% des autres, et puis même Michel Rivasi est pour la vaccination. Donc, simplement, ce que je dis, c'est qu'il faudra sortir de cette crise et puis s'organiser, évidemment, pour que de telles crises n'arrivent plus.
Et là, ça renvoie à toutes nos sociétés, la résilience, le fait qu'on ait nos industries pharmaceutiques sur le sol européen et qu'on arrête de détruire l'environnement, qui est évidemment une cause de propagation de virus. L'actualité, Yannick Jadot, c'est aussi la grève dans l'éducation. C'est Alia Braclia.
Oui, les syndicats demandent au gouvernement de revoir le protocole sanitaire renforcé qu'ils jugent insuffisant. Vous les soutenez, vous, les enseignants qui font grève aujourd'hui ?
Je constate que cet appel à la grève a conduit à ce qu'il y a un nouveau protocole sanitaire dans les lycées. Donc, à la fois, il y avait une défaillance du point de vue de l'État en matière de protocole sanitaire dans les établissements scolaires et que cette grève a permis d'améliorer les choses.
Alors, ils disent encore les syndicats que ce n'est pas suffisant.
Je comprends parfaitement l'angoisse, l'inquiétude des enseignants et de tous les personnels d'éducation. N'oublions pas les autres personnels d'éducation, l'angoisse des parents, l'angoisse des élèves. Il va falloir aujourd'hui à la fois renforcer le protocole sanitaire.
Mais souvenez-vous à votre antenne, il y a quelques mois, lors du premier confinement, j'avais appelé à ce qu'il y ait, y compris parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas de boulot aujourd'hui, à ce qu'on renforce les personnels d'éducation, qu'on ait au fond des assistants et des assistantes d'éducation pour pouvoir dédoubler les classes, pour que nos enfants aient des apprentissages à l'école, évidemment, mais qu'ils puissent aller au musée, qu'ils puissent aller dans la nature, qu'on élargisse le spectre des apprentissages pour qu'on puisse vivre selon des protocoles sanitaires stricts, mais tout en ayant les enfants à l'école, les enfants qui apprennent et les enfants qui vivent.
Donc on augmente les effectifs, Yannick Jadot, pour bien vous suivre, mais il est hors de question pour vous qu'on ferme à nouveau les écoles, les collèges ou les lycées ?
C'est si, à un moment donné, les experts scientifiques nous disent qu'il faut fermer, chacun prendra ses responsabilités, mais aujourd'hui, le fait que des enfants puissent aller à l'école, c'est essentiel. C'est essentiel à la fois l'apprentissage, la socialisation, c'est très dur pour les enfants en cette période, c'est dur pour nous, mais on a déjà vécu d'autres choses, pas des crises comme ça, mais on a déjà un bout de vie. Pour les enfants, c'est extrêmement difficile, mais tout ça renvoie, si vous me le permettez, à la façon dont est gérée la crise sanitaire dans notre pays.
On va en parler dans un instant, si vous le permettez. Je vous en prie. La gestion de la crise sanitaire, il est 8h40, je vous interromps Yannick Jadot pour le Fil Info avec Mélanie Delaunay.
C'est un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid, dit le PDG de Pfizer. Le laboratoire américain allié à l'allemand BioNTech annonce que son vaccin en cours d'essai clinique est efficace à 90% contre le Covid, mais il reconnaît qu'à l'heure actuelle, on ne sait pas combien de temps ce vaccin peut protéger contre une contamination. Grève sanitaire aujourd'hui dans les écoles, collèges et lycées pour réclamer un protocole renforcé partout contre l'épidémie. Des demi-groupes au collège, également l'intersyndical demande des recrutements massifs. Environ 20% des enseignants du primaire sont en grève aujourd'hui, selon leur principal syndicat.
Pas d'estimation en revanche pour le second degré. L'Agence nationale de sécurité du médicament mise en examen pour homicides involontaires dans le scandale de la dépakine. Plus de 15 000 enfants dont les mères ont pris cet anti-épileptique pendant leur grossesse sont nés avec des malformations. En Arménie, la police reprend le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement. Après l'intrusion cette nuit de manifestants hostiles à l'accord de cesser le feu au Haut-Karabakh, il acte les victoires militaires de l'Azerbaïdjan. 2000 soldats russes seront déployés pour le maintien de la paix. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Yannick Jedd, au député européen Europe Écologie Les Verts. Selon Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le pic de l'épidémie est devant nous. La deuxième vague progresse et la France est le quatrième pays au monde en nombre de cas. Est-ce qu'il faut durcir le confinement ?
Il faut surtout l'organiser différemment, si je peux me permettre. Personne, ni les forces politiques, ni les forces sociales de ce pays, les entreprises, les représentants des salariés, toutes les associations qui permettent à notre pays de tenir en matière de solidarité, ne sont associées aujourd'hui aux décisions. Et donc il y a une perte très forte de légitimité, de la rédicité, parce que personne ne sait si elle est juste, si elle est bien pensée, si elle est bien décidée.
On a un président de la République qui décide seul, avec des soutiens d'experts, mais qui décide seul des règles qui organisent notre pays, qui avertit au mieux la représentation nationale, l'Assemblée du peuple, les maires, les forces vives de notre pays, quelques minutes avant son allocution télévisée, on ne peut pas fonctionner comme ça. C'est-à-dire le mode de fonctionnement de la République ? Ce que j'ai proposé depuis le début de cette crise, c'est un conseil de sécurité sanitaire.
Qu'autour des experts, parce qu'évidemment il y a plein d'incertitudes, c'est un océan d'incertitudes ce virus, qu'autour de cette incertitude il y ait un diagnostic partagé, évidemment le gouvernement, mais les forces politiques, je l'ai dit les forces vives du pays, et qu'autour de ce diagnostic partagé, nous ayons de l'intelligence collective, que nous ayons un message commun, que nous ayons un message commun à nos concitoyens, parce que nous avons partagé le diagnostic, parce que les réponses, les solutions, elles sont pleines d'incertitudes, mais elles sont éminemment politiques.
Vous ne pensez pas qu'il n'y a pas assez de cercles aujourd'hui, de réflexions, de décisions, entre le conseil scientifique qui épaule le gouvernement, le conseil de défense, où sont prises aujourd'hui les décisions, les conseils des ministres ?
Mais à chaque fois, c'est Emmanuel Macron, vous-même, vous-même, vous faites des spéciales, vous faites des spéciales, quelques minutes.
Qui doit trancher qui, à la fin, doit appuyer sur le bouton ? Mais c'est le président de la République, c'est l'Assemblée nationale, notre République est organisée pour que, et le président de la République, et l'Assemblée nationale puissent décider au nom du peuple français. Ce que je regrette profondément, c'est qu'on ne sait jamais, à la fin, sur quelle base a été prise telle décision ? Souvenez-vous, le professeur Delfraissy, fin août, qui alerte terriblement.
Qui dit, attention, il y aura des décisions difficiles à prendre.
Jean Castex, derrière, ne prend aucune décision. On annonce le couvre-feu, quasiment dans la minute après l'annonce du couvre-feu, on est déjà en train, on entend dire, d'envisager le confinement. Tout ça n'est pas sérieux à l'échelle de la crise que nous traversons. Donc un Conseil de sécurité sanitaire qui associe... Vous savez, ça ne suffit pas de commémorer le général de Gaulle. Ça ne suffit pas d'appeler à la cohésion. Ça ne suffit pas les incantations et les postures quand il s'agit de l'unité du pays. De Gaulle, il s'organisait tout seul. De Gaulle, il ne convoquait pas... De Gaulle, notamment celui qu'on commémore, c'est celui qui s'est appuyé sur le Conseil national de la...
Et c'est aussi l'homme qui savait dire oui, non, ou qui appuyait... Et c'est aussi celui qui s'est appuyé sur le Conseil national de la résistance pour créer la sécurité sociale, pour recréer, pour reconstruire ce pays qui a associé les principales forces politiques et les forces vives dans lesquelles il croyait. Et bien moi, j'aimerais que notre président de la République, ça ne soit pas simplement de la commémoration, mais qu'il s'inspire effectivement du général de Gaulle et qu'il écoute les propositions des autres forces politiques comme des forces sociales de ce pays.
Yannick Jadot, revenons sur le confinement, c'était ma question du début. Julien Bayou, le patron de votre parti, demande que tous les Français aient un égal accès à la nature pendant le confinement. Bien sûr. Ça veut dire quoi ? Il faut revenir sur la règle du kilomètre autorisé ?
On a besoin de nature. On a fondamentalement besoin de nature. La nature, c'est quand même pas un supermarché. Quand on se balade, ça peut être le moment où on enlève le masque. Et franchement, ça fait sacrément du bien quand on peut enlever le masque, qu'on peut respirer et qu'on peut s'oxygéner le cerveau et l'organisme. Donc oui, il faut favoriser l'accès à la nature. Je l'ai dit pour nos enfants.
Alors comment, concrètement ? On touche à quoi ? Sur quelle base on se dit ? Là, on peut élargir à 1, 2, 3, 4 kilomètres et pas à un autre endroit.
On peut élargir au fait d'avoir accès à une nature qui ne soit pas un parc où on est tous concentrés.
C'est-à-dire qu'on crée une nouvelle case sur les applications de sortie pour dire je vais en forêt.
Bien sûr, pour aller se balader. Aujourd'hui, qui a...
Et quand on se fait contrôler par un policier ou un gendarme, on dit je suis peut-être à 15 kilomètres de chez moi, mais j'allais en forêt.
Eh bien voilà, mais quand vous êtes dans votre voiture ou à vélo et que vous vous baladez pour aller, enfin, que vous allez vous promener, franchement, ça peut parfaitement rentrer. Aujourd'hui, vous avez le droit... C'est pas à la fois une usine à gaz et un moyen incroyable de contourner. Aujourd'hui, vous avez le droit de faire 15 kilomètres pour aller à l'hypermarché. Si c'est le plus proche. Si c'est le plus proche. Il y a beaucoup d'endroits. Parfois, il faut faire 10 kilomètres, 15 kilomètres pour trouver un hypermarché, y compris parce qu'on a pris cette décision absurde de fermer les petits commerces.
Mais disons, pour un policier ou un gendarme, Yannick Jadot, c'est plus facile de vérifier qu'il y avait un seul supermarché à la ronde que d'aller voir la liste des forêts ou des parcs à 10 ou 20 kilomètres.
Mais est-ce qu'on peut à un moment faire confiance aux Françaises et aux Français ?
Dans ce cas-là, on oublie l'attestation purement et simplement.
Mais l'attestation, tout le monde en fait, des attestations. Je veux dire, bon, il y a quelques pays d'Europe qui ont les attestations. Ce truc un peu humiliant de signer des papiers quand on sort. Bon, voilà, c'est la règle. Mais franchement, aller en forêt. Aujourd'hui, les seuls qui peuvent aller en forêt, c'est ceux qui tirent le gibier. Et c'est choquant. Je veux dire que la seule dérogation pour les forêts, ce sont les chasseurs. Comme d'habitude, à l'Elysée, il y a une place spéciale pour les chasseurs. Voilà, ils ont droit aux dérogations, ils ont le droit de tirer, ils ont le droit de nous empêcher de nous promener. Et aujourd'hui, c'est les seuls qui peuvent profiter de la nature.
Officiellement, c'est uniquement pour réguler, notamment, la population de sangliers.
D'accord, elle vient de où, cette population de sangliers ? Ah, j'en sais rien. Elle vient des chasseurs. C'est-à-dire ? Ce sont les chasseurs qui créent les populations de sangliers. Ce sont les chasseurs qui créent des populations de sangliers, y compris au détriment de l'agriculture. C'est les chasseurs qui nourrissent les sangliers, pour qu'ils se développent, pour qu'ils soient plus nombreux. Donc, l'idée qu'aujourd'hui, seule la nature est accessible aux chasseurs est profondément absurde.
On a besoin de s'oxygéner, on a besoin d'être intelligent, on a besoin de pouvoir aller dans un petit commerce, on a besoin de pouvoir consulter un médecin ou un psy si c'est nécessaire, et on a aussi besoin d'aller dans la nature.
Vous parlez des petits commerces, Yannick Jadot. Justement, c'est Alia Braclia. Il y a une question sur ce thème très précisément.
Est-ce que vous demandez au gouvernement de rouvrir dans les prochains jours les petits commerces ? Alors, on sait que les maires écologistes n'ont pas pris d'arrêter pour la réouverture, mais est-ce que vous demandez que les petits commerces rouvrent plus vite ?
Oui, les maires écologistes sont responsables, et je pense que la désobéissance qui s'est organisée autour des petits commerces n'est pas une bonne solution. Elle n'est pas responsable. En revanche, d'ailleurs, vous savez que...
Là, vous parlez des élus qui les ont soutenus en faisant ces arrêtés.
Vous avez expliqué que c'est de la désobéissance. Voilà. Mais le Conseil scientifique n'avait pas demandé la fermeture des petits commerces, qui avaient organisé des protocoles sanitaires très sérieux. Évidemment, il fallait fermer les petits commerces pour le premier confinement. Il n'y avait pas de protocole sanitaire. Ils se sont organisés. Ils se battent pour survivre. Ils se battent pour survivre aujourd'hui. À partir du moment où les protocoles sanitaires sont stricts, je ne vois pas en quoi ces petits commerces sont fermés. Donc, moi, j'appelle...
Vous avez trouvé ma question peut-être complètement bête, mais si on maintient tous les commerces ouverts, si on maintient les écoles, les collèges et les lycées ouverts, si on autorise les Français à se déplacer, y compris à des dizaines de kilomètres de chez eux, pour prendre l'air, est-ce que ça s'appelle encore un confinement ? Qu'est-ce qui est confiné dans ces cas-là ?
Mais ce qui est confiné, c'est de bloquer, d'essayer de bloquer les interactions sociales lorsqu'elles ne sont pas nécessaires, essentielles. Mais qu'est-ce qui reste de confiné si tout est ouvert ? Eh bien, c'est un, on est dans la rue, on a tous des gestes barrières. Mais il n'y a plus de confinements. Par rapport au premier confinement...
Il y a quand même du brassage.
Il y a du brassage et c'est normal. Je veux dire, on doit continuer à vivre. Ce qui ne va pas dans la situation actuelle, je l'ai dit, il faut respecter strictement les règles. Mais il faut construire des règles qui nous inscrivent dans la durée. Là, on a une succession de mesures d'urgence, d'état d'urgence. Il n'y a pas de cohérence. Il n'y a pas d'anticipation sur le fait que cette crise va être durable. Moi, j'appelle au sein de ce Conseil de sécurité sanitaire. Et si le président de la République ne prend pas cette initiative au sérieux, nous allons le faire. Organisons une perspective pour les deux ans qui viennent.
On a besoin d'une perspective qui soit sanitaire, économique, qui soit sociale. Nyon, on va le faire avec des maires. Eh bien, on va prendre cette initiative avec des maires, les maires des grandes villes, avec les patrons des régions, avec les représentants des salariés, avec les entreprises, avec les scientifiques. Il faut donner à ce pays une perspective sur les deux ans. Sinon, on va continuer potentiellement à s'affaisser, à rentrer dans une déprime collective qui n'est bonne pour personne, ni pour notre santé physique, ni pour notre santé mentale,
ni pour la santé économique et sociale de ce pays. Dans un instant, Yannick Jadot, vous nous direz si vous avez regardé le 20h de TF1 avant-hier et l'entrée, la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'Élysée. Est-ce que vous en avez pensé éventuellement ? Le suspense est insoutenable. D'abord, le fil info, 8h52, Mélanie Delaunay.
Dès la semaine prochaine, le début d'un dépistage massif dans les établissements scolaires. Un million de tests antigéniques. Ces tests rapides pour les personnels uniquement annoncent, alors que les enseignants sont appelés à faire grève aujourd'hui contre les conditions sanitaires. Pour la première fois, des résultats montrent qu'on pourrait avoir un vaccin qui nous protège, estime l'infectiologue Odile Launay. Mais toute la question va être de savoir combien de temps cette protection va perdurer. L'alliance Pfizer-BioNTech affirme que son vaccin en cours d'essai clinique est efficace à 90% contre les infections par le Covid.
Invité de France Info, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot souhaite que le vaccin soit obligatoire quand il sera disponible. Le taux de chômage en forte hausse au troisième trimestre en France. 9% de la population active est sans emploi selon l'INSEE. Après les attaques de Nice et de Vienne, le chancelier autrichien rencontre Emmanuel Macron à l'Élysée. Ils vont participer par visioconférence à un mini-sommet européen sur le terrorisme. Aux Etats-Unis, le ministre de la Justice, fidèle de Donald Trump, autorise les procureurs à ouvrir des enquêtes sur l'élection présidentielle. Le président sortant dénonce toujours des fraudes. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Yannick Jadot, où étiez-vous avant-hier à 20h25 ? Devant la télé ou pas ?
Ah, est-ce que j'ai regardé l'intervention ? Oui, le reste ne regarde pas, pardon. Non, non, le suspense, parce que vous mettez en scène un suspense qui n'avait d'ailleurs pas lieu d'être, puisque tout le monde savait que Jean-Luc Mélenchon était candidat. Voilà, il est officiellement candidat, dont acte.
Vous l'avez trouvé réussi cette entrée en campagne ? Je n'ai pas eu l'appel aux 150 000 parrainages pour justifier sa candidature.
Je n'ai pas à juger de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il incarne une pensée politique, il incarne un logiciel politique, il incarne un mouvement politique qui n'est pas le mien. Il y a une clarification. Jean-Luc Mélenchon va être candidat à l'élection présidentielle. C'est une surprise pour personne. Ça clarifie le paysage politique et puis ça clarifie aussi encore pour celles et pour ceux qui considéraient que l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon était une étape indispensable de la victoire de 2022. Pour ma part, 2022, c'est évidemment loin, loin des préoccupations des Françaises et des Français aujourd'hui. Chacun choisit son tempo politique.
Mais 2022, pour moi, ça doit être de l'apaisement. Ça doit être du rassemblement, de forces politiques, d'humanistes, de progressistes qui veulent gouverner. Ce sera pas le cas avec Jean-Luc Mélenchon ? Dans le monde d'aujourd'hui, 2022 et le prochain quinquennat, ça doit être un quinquennat européen. Ça ne doit pas être un quinquennat souverainiste ou de repli national. Ça doit être une perspective très forte, je l'ai dit tout à l'heure, de faire confiance aux forces vives de notre pays. Moi, je ne suis pas pour remplacer un dirigisme d'État technocratique libéral par un dirigisme d'État rouge et vert. Je suis pour que l'État stratège joue pleinement son jeu.
On a besoin aujourd'hui de renforcer les services publics. L'État doit intervenir alors qu'explose la pauvreté. L'État doit se substituer au marché quand il ne fonctionne pas. Réguler le marché. Mais nous devons faire confiance aux forces vives dans notre pays. Nous devons faire confiance aux collectivités territoriales. Et c'est ça, pour moi, c'est un beau projet pour 2022.
Alors, Yannick Jadot, Adrien Quatennens, le coordinateur de la France Insoumise, était à votre place hier et il vous tend la main. Écoutez. Je dis à toutes celles et ceux qui voudraient nous donner le coup de main qu'il y aura de la place et qu'ils ne seront pas méprisés. La dispersion pourrait nous nuire, mais le pire, ce serait surtout la confusion. C'est-à-dire que l'unité n'est pas un programme. Si on doit se retrouver pour faire équipe, il faut que ce soit à la condition de la clarté absolue. Parce que cette clarté est une nécessité face à l'abstention et pour que les gens sachent clairement où nous allons.
Et que ça ne soit pas la tambouille politique des accords, finalement, autour d'un coin de table. Il a raison.
Ah, il a raison, Quatennens. Il a raison. Il faut de la clarté. Il a raison.
Et la clarté, ce n'est pas de candidature commune à gauche.
Mais non, la clarté, c'est les propositions qu'on offre aux Françaises, aux Français. Je l'ai dit, est-ce qu'on brutalise le débat public ou est-ce qu'on l'apaise ? Est-ce qu'on a besoin de l'Europe, de renforcer l'Europe ou pas ? Est-ce qu'on fait confiance et on organise une nouvelle grande décentralisation ou pas ? Est-ce qu'on fait confiance aux forces vives de notre pays ou pas ? Est-ce qu'on mobilise ? Est-ce qu'on fédère très largement tous les progressistes, tous les humanistes, autour de cette grande transition écologique ?
Il n'y aura pas de candidat unique de la gauche en 2022. C'est impossible.
Moi, ma responsabilité au sein du mouvement écologiste et au-delà, c'est de participer à la construction d'un projet pour les 18 mois qui viennent avant l'élection. Compatible avec celui de M. Mélenchon ou pas ? Non, pas forcément. Non, mais nous avons des différences politiques. Mon problème n'est pas de me différencier de Jean-Luc Mélenchon. Compatible avec le programme. Mon problème, mon enjeu, ma priorité, c'est de réussir un rassemblement autour d'une écologie sociale et républicaine.
Donc, il n'y aura pas de candidat unique de la gauche en 2022, on est bien d'accord ?
On verra ce qui se passera. Ça veut dire que vous pourriez ne pas être candidat ? Qu'est-ce qui se passera, M. Fauvel ? Lui, il l'est déjà. Simplement, lui, il l'est déjà, sans surprise. Et vous, c'est pour quand ? Je l'ai dit. Non, mais je pense que ce n'est pas la préoccupation des Françaises et des Français. Je l'ai dit.
Moi, je veux travailler aujourd'hui à donner une perspective pour les deux ans qui viennent aux Françaises et aux Français pour que, justement, on puisse combattre la pauvreté qui explose, qu'on puisse sauver les entreprises et qu'on organise le bas carbone, qu'on organise la sortie des pesticides, qu'on organise les emplois locaux, qu'on organise la relocalisation de notre industrie. Voilà le travail dans lequel je m'inscris. Et il y a des différences politiques non négligeables, importantes, avec Jean-Luc Mélenchon. Et la beauté de la démocratie, c'est justement de pouvoir les faire vivre dans le débat public.
Et ça se règle dans les urnes, au final, si j'ai bien compris. Merci beaucoup. Et ça se règle dans les urnes. C'est ça la beauté de la démocratie.
Mais si, c'est ça la beauté de la démocratie, c'est qu'à un moment, ce sont les Françaises et les Français qui décideront dans l'isoloir ou peut-être par correspondance.
Merci infiniment Yannick Jadot d'être venu ce matin sur France Info.
Yannick Jadot