2 MINUTES POUR COMPRENDRE - Comment Yaël Braun-Pivet entend ramener le calme à l'Assemblée
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Pour comprendre ce matin, comment remettre de la discipline, comment remettre de l'ordre à l'Assemblée nationale. Vous le voyez régulièrement, vous l'entendez régulièrement, les échanges sont souvent très houleux, les insultes fusent et des incidents poussent régulièrement à interrompre des séances. Des députés du groupe droite républicaine ont des idées. Bonjour Thomas Becker. Bonjour. La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet, a mis tout le monde autour de la table pour essayer de faire évoluer le règlement. D'abord, sont-ils si fréquents ces débordements ?
Oui, je vous présente les trois « i » qui rythment souvent les débats à l'Assemblée. Invective, insulte, incident. Le dernier en date, il y a quelques mois, un député modem perd les pédales, à deux doigts d'en venir aux mains avec son collègue insoumis. Une des raisons invoquées en coulisses, des débats qui s'éternisent. Un exemple, il y a quelques semaines, la niche parlementaire des Républicains. Ce jour-là, les débats avaient commencé à 9h et vers 20h. « Occupez-vous de vos propres niches. J'aurais tendance à vous dire restez-y peut-être même. Et puis, et puis, et puis... » « Attendez, attendez, attendez, monsieur le rapporteur. Monsieur le rapporteur, vous avez la parole.
Et seul monsieur le rapporteur... » « Non, non, mais ça ne sert à rien de taper, madame la députée, là. » Des scènes qui opposent d'ailleurs souvent la France insoumise à la droite et au RN. « Alors, qu'est-ce qui est prévu dans le règlement en cas de débordement ? » « C'est simple. Il y a quatre sanctions dans le règlement de l'Assemblée. Ça va du simple rappel à l'ordre à l'exclusion temporaire qui entraîne le retrait de la moitié de l'indemnité du parlementaire. » « Sauf qu'en cas de chahut, eh bien la règle est floue. Le règlement ne parle que de tumulte. Et c'est le bureau de l'Assemblée qui doit trancher le degré de la sanction. »
« Alors hier, des députés se sont réunis autour de la présidente de l'Assemblée. Il y a eu des propositions pour ramener le calme dans l'hémicycle ? Il y a des choses qui ont été retenues ? »
« Oui, les députés de la droite républicaine proposent une nouvelle sanction au règlement. Une exclusion pour 24 heures en cas de dérapage dans l'hémicycle. Plus facile à décider qu'une exclusion de plusieurs mois. Sauf que selon nos informations, la présidente n'y est pas favorable. En revanche, elle propose de confier ses pouvoirs de sanction au vice-président de l'Assemblée. Aujourd'hui, seule la présidente peut prononcer des sanctions disciplinaires qui impliquent des pénalités financières. Partager ses pouvoirs, c'est aussi une façon de contrer ceux qui l'accusent d'excès de zèle.
Pour finir, je vous donne une dernière proposition, celle du port de la cravate obligatoire proposée par LR. Sauf que la présidente sur ça a été claire, ce ne sont pas les cravates qui feront revenir l'ordre dans l'émicycle. »
« Ce ne sont pas les cravates, effectivement. Merci beaucoup Thomas Becker. »
Yaël Braun-Pivet