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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 17 janvier 2018 26 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : "le plus vite sera le mieux" juge François de Rugy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 52 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10ComplaisanteRéponse partielle

    L'invité de France Info ce matin est François de Rugy, président de l'Assemblée Nationale.

  • 0:19OuverteÉludée

    La décision concernant Notre-Dame-des-Landes, le fameux aéroport, est imminente. Le Premier ministre et le Président de la République en parleront ce matin. En Conseil des ministres, vous avez peut-être des informations sur le sens de la décision ?

  • 0:41RelanceRéponse partielle

    Il a dit tout et son contraire Emmanuel Macron en élection. Il a dit qu'il faut respecter le résultat du référendum.

  • 0:48FerméeRéponse partielle

    Vous croyez qu'il va être respecté le référendum ?

  • 1:24RelanceRéponse partielle

    Et aujourd'hui aussi, il faut respecter le résultat du référendum qui s'est conclu à 55%, si j'ai bonne mémoire, par « oui, il faut faire l'aéroport ». Donc, vous voyez, il a dit beaucoup de choses.

  • 2:01FerméeÉludée

    Sans doute aujourd'hui.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Le Président de la République a demandé à son gouvernement d'appliquer ce qu'il avait dit avant les élections. »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « Il a dit « je demanderai à ce qu'il y ait des médiateurs ou des experts qui rendent un rapport pour éclairer une décision qui devra être prise au bout de six mois ». »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « La ZAD, cette zone à défendre, au départ c'était zone d'aménagement différée. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Ensuite, il y a eu une tentative d'évacuation par la force en octobre-novembre 2012. Ça a été un échec. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Tout le monde sait très bien que si le projet est abandonné, le démantèlement de la ZAD sera beaucoup plus facile et rapide. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Quand il y a eu des manifestations contre la loi El Khomri, nous l'avons subie à Nantes de façon absolument incroyable. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « Les syndicats agricoles sont unanimes contre ce projet. »
  • 7:02Invité politiqueChiffre
    « 7 milliards d'euros pour Tour-Bordeaux, en réalité. »
  • 12:34Invité politiqueFait
    « L'Allemagne avait dit qu'on ouvre quasiment sans condition, jusqu'à 1 million de personnes par an. »
  • 16:56Invité politiqueChiffre
    « La suppression de la taxe d'habitation, même pour les 80% des ménages, eh bien c'est 11 milliards d'euros. »
  • 17:03Invité politiqueChiffre
    « La modification de l'impôt de solidité sur la fortune, c'est 3 milliards et demi. »
  • 19:09Invité politiqueChiffre
    « Sur le mariage pour tous, la loi dite de mariage pour tous, il y a eu plus de 9000 amendements. »

Temps de parole

  • François De Rugy68 %
  • Invité18 %
  • Invité 29 %
  • Présentateur3 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

L'invité de France Info ce matin est François de Rugy, président de l'Assemblée Nationale. Jean-Michel Apathy.

0:10
Invité

Bonjour François de Rugy. La décision concernant Notre-Dame-des-Landes, le fameux aéroport, est imminente. Le Premier ministre et le Président de la République en parleront ce matin. En Conseil des ministres, vous avez peut-être des informations sur le sens de la décision ?

0:23
François De Rugy

Non. Et si vous en aviez, vous ne nous les donneriez pas ? Non mais je n'ai pas cherché à savoir, tout simplement parce que le Président de la République a demandé à son gouvernement d'appliquer ce qu'il avait dit avant les élections. Alors je sais que de nos jours ça surprend que les politiques tiennent leurs engagements après les élections.

0:41
Invité

Il a dit tout et son contraire Emmanuel Macron en élection. Il a dit qu'il faut respecter le résultat du référendum.

0:46
François De Rugy

Oui mais vous savez, quand il était en campagne...

0:48
Invité

Vous croyez qu'il va être respecté le référendum ?

0:50
François De Rugy

Mais vous allez voir, on verra. Moi je ne me prononce pas sur ce que va décider le gouvernement. Ce que je sais, c'est que le Président de la République, avant d'être élu, quand il était en campagne, il a dit « je demanderai à ce qu'il y ait des médiateurs ou des experts qui rendent un rapport pour éclairer une décision qui devra être prise au bout de six mois ». Et il a demandé à son gouvernement, à peine nommé, de le faire. Nous, quand je dis nous les députés, lorsque nous avons été candidats aux élections législatives, nous avons fait campagne dans ce cadre-là. Et moi, je souscris à cette méthode et je l'ai même défendu devant les électeurs. J'ai été élu sur cette base.

1:24
Invité

Et aujourd'hui aussi, il faut respecter le résultat du référendum qui s'est conclu à 55%, si j'ai bonne mémoire, par « oui, il faut faire l'aéroport ». Donc, vous voyez, il a dit beaucoup de choses.

1:35
François De Rugy

Mais Emmanuel Macron, comme Édouard Philippe, ils héritent d'une situation dont tout le monde sait qu'elle est devenue inextricable, tant sur le fond que sur la forme. On peut s'envoyer à la figure le référendum contre les études, contre les différents rapports qui n'ont pas été suivis des faits, etc. Ce qui est sûr, c'est que lui, il a dit « on va trancher ». On ne va pas se relancer dans des hésitations, dans « un jour c'est oui, un jour c'est non », comme on l'a connu pendant cinq ans.

2:01
Présentateur

Sans doute aujourd'hui. Oui, c'est aujourd'hui.

2:02
François De Rugy

Il a dit entre le 15 et le 30 janvier. Oui, mais là, on est le 17. Nous sommes aujourd'hui le 17 janvier. Donc, nous sommes dans le bon calendrier.

2:08
Présentateur

Mais c'est aujourd'hui. Tout le monde le dit. Non ? Vous n'avez pas d'informations particulières sur le calendrier.

2:13
François De Rugy

Un, je n'en sais rien. Deux, qu'est-ce que ça change ? Vous, vous mettez à moi un scoop. Savoir que ce soit aujourd'hui, demain ou après-demain. Ce qui changerait quelque chose, c'est si on entretenait le flou. Non, non, mais il y a eu par le passé. Moi, ça ne me fait pas rire. Parce que vous savez, sur le terrain, ça fait 15 ans que l'on a des débats enflammés. Ce projet, il a près de 40 ans. Mais ça fait 15 ans qu'on a des débats enflammés. Et dont on ne sort pas parce que c'est devenu passionnel au lieu d'être rationnel.

2:38
Invité

En attendant, c'est factuel. Tout le monde le vérifie sur le terrain. Des CRS et des gendarmes sont positionnés depuis ce matin autour de la ZAD, qui est occupée par à peu près 300 personnes. Un positionnement quasi-militaire et qui fait peur à Mathieu Orphelin, qui est député de la République En Marche et proche de Nicolas Hulot. Moi, j'ai peur de cette évacuation violente. Je pense que c'est une opération à risque. Je vais faire moi tout mon possible pour convaincre que, effectivement, on peut revenir à l'ordre public sans évacuation violente. C'est possible. Ça va prendre quelques semaines. Il faut l'assumer. C'est la seule sortie par le haut.

Je n'ai pas envie que l'histoire de Notre-Dame-de-Lande se termine avec un mort sur le site. C'est une mauvaise idée d'évacuer la ZAD avec gendarmes et CRS.

3:15
François De Rugy

Mais là aussi, pas de faux débat. Il y a un consensus ou un quasi-consensus, à part peut-être quelques écologistes radicaux ou une partie de l'extrême-gauche, pour dire que cette ZAD doit être démantelée. Et je rappelle, comme je suis un élu de Loire-Atlantique, vous l'avez dit en me présentant ce matin, j'ai une connaissance assez fine de cette question et j'ai un peu de mémoire. La ZAD, cette zone à défendre, au départ c'était zone d'aménagement différée, et bien cette dite ZAD, elle a été installée, elle s'est enquistée, disons-le, quand Nicolas Sarkozy était président de la République et François Fillon, Premier ministre. Les gens devraient avoir un peu de mémoire.

Ensuite, il y a eu une tentative d'évacuation par la force en octobre-novembre 2012. Ça a été un échec. Depuis, il ne s'était rien passé malgré les coups de menton successifs de Premier ministre successif. Je ne l'ai pas oublié non plus. Est-ce que vous pensez que c'est une vraie idée de le faire maintenant ? Ce que je crois, et il y a un consensus là-dessus, c'est qu'il faut démanteler sa ZAD. Ce n'est pas ma question.

4:07
Invité

Il faut la démanteler par la force.

4:09
François De Rugy

Le plus vite sera le mieux.

4:10
Invité

Aujourd'hui, CRS, gendarmes ?

4:12
François De Rugy

On ne va pas le faire avant d'avoir pris une décision. Mais Gérard Collomb a dit... Vous savez très bien, il faut être précis et pragmatique vis-à-vis des Français. Et vous savez que le président de la République a été élu sur un parti pris pragmatique. Au lieu d'être les postures sur la force ou au contraire, on invoque Sivins ou autre. Soyons pragmatiques. Tout le monde sait très bien que si le projet est abandonné, le démantèlement de la ZAD sera beaucoup plus facile et rapide. Si le projet se fait, si le gouvernement décide de le faire, eh bien en effet, il y aura un affrontement dur. Voilà, ça c'est des données du problème.

C'est pas pour ça qu'il faut choisir une solution plutôt qu'une autre. Pour certains, oui peut-être. Mais ce sont les données du problème.

4:48
Présentateur

Gérard Collomb a dit, le ministre de l'Intérieur, il faudra déloger les ZADistes, au moins les plus radicaux. Ce qui déjà laisse penser que tout le monde ne partira peut-être pas.

4:59
François De Rugy

Non mais là aussi, tout le monde le sait. Vous avez des opposants, en effet, violents. On ne peut pas dire simplement radicaux, violents. C'est des gens qui sont non seulement prêts à l'affrontement avec les forces de l'ordre, mais qui le cherchent. Pas simplement à Notre-Dame-des-Landes. Vous le savez comme moi. Quand il y a eu des manifestations contre la loi El Khomri, nous l'avons subie à Nantes de façon absolument incroyable. À Rennes aussi, à Toulouse, dans beaucoup de villes de France malheureusement, dans beaucoup de manifestations, il y a maintenant des groupes qui veulent aller à l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Donc ces groupes-là, ils sont représentés à Notre-Dame-des-Landes. Il y a des gens qui sont des utopistes, qui sont dans l'idée d'une contre-société alternative. Et puis il y a des agriculteurs historiques. Des agriculteurs de la Confédération Paysanne, mais aussi de la FNSA et de la Coordination Urale. Les syndicats agricoles sont unanimes contre ce projet. Ce qui n'a rien à voir avec Sivins, par exemple. Sivins, les agriculteurs étaient pour le projet de barrage. Donc vous voyez que la réalité est évidemment complexe. Et là aussi, c'est parce qu'on a laissé les choses traîner depuis 15 ans.

5:58
Invité

Si le projet est abandonné, il faudra 15 ans avant de commencer à faire quelque chose à Nantes. Parce que là aussi, il y aura beaucoup d'opposition. Il faut recommencer tout le parcours. Enquête publique, déclaration d'utilité publique, gérer tous les recours administratifs, judiciaires. Donc avant 15 ans, de toute façon, la région nantaise n'a aucune modification à attendre de sa situation aéronautique. Aucune, vous le savez.

6:20
François De Rugy

Alors, je pense connaître assez bien la situation nantaise. Je n'oserais pas dire que je la connais mieux que vous. Mais je la connais assez bien. Je pense avoir emprunté l'aéroport de Nantes assez souvent, comme la gare de Nantes, où il y a un projet de gare. Vous savez, les gens qui disent qu'on ne peut plus faire de projet.

6:32
Invité

12 ans, la gare de Nantes, pour l'aménagement. J'ai entendu... C'est ce que disait Jean-Marc Ayrault cette semaine.

6:36
François De Rugy

Non, non. J'ai entendu un certain nombre de partisans, encore ce matin sur votre antenne, dire, si jamais l'aéroport ne se fait plus, on ne fera plus rien en France. Du plus petit village à la plus grande ville. Mais enfin, là aussi, soyons pragmatiques. Regardons ce qui se passe autour de nous. Moi qui suis de Nantes. Regardez. Avant 15 ans, on avait rien à Nantes. Le TGV Paris-Bordeaux, projet qui a été fait après Notre-Dame-des-Landes, il est déjà réalisé. Paris-Rennes, également. Avant 15 ans, on avait rien à Nantes. Vous savez combien c'était Paris-Bordeaux ? 7 milliards d'euros pour Tour-Bordeaux, en réalité. 7 milliards d'euros.

Alors dire qu'on ne fait plus de projet en France, c'est un peu de bon sens. Les 15 ans, c'est vrai ou pas ? Absolument pas. Vous savez de quoi on parle sur l'aéroport actuel de Nantes ? On parle d'augmenter les capacités de parking. Moi, je peux vous dire, j'ai été en charge des transports et des déplacements à Nantes. Un parking, vous pouvez faire ça en deux ans. Autorisation comprise. On parle d'extension de l'aérogare. Ce sont des travaux d'aménagement qui ne demandent même pas de déclaration d'utilité publique, qui demandent simplement un permis de construire. Donc soyons pragmatiques et de bon sens.

7:31
Invité

Il faut augmenter le nombre de vols, il faut quand même changer beaucoup de choses dans l'aéroport de Nantes. Et ça, on le fait déjà.

7:35
François De Rugy

Vous savez, l'aéroport de Nantes, il fonctionne.

7:37
Invité

On se demande pourquoi on s'est enfermé alors autant de temps à Notre-Dame-des-Landes.

7:39
François De Rugy

J'invite celles et ceux qui veulent venir nous voir à Nantes, à venir en train, en voiture, en avion.

7:44
Présentateur

Ils verront que Nantes n'est pas une ville coupée du monde, bien au contraire. Vous restez avec nous, 8h40, l'essentiel de l'info, Victor Maté.

7:49
Invité

La nuit, l'heure a-t-elle porté conseil ? Reprise des négociations depuis 8h entre l'administration pénitentiaire et les syndicats de surveillants de prison. Les propositions de la ministre de la Justice hier n'ont pas calmé la colère des gardiens après trois agressions en moins d'une semaine. L'heure n'est plus à la réflexion, mais bien à la décision. Dans le dossier Notre-Dame-des-Landes, épilogue dans les prochains jours, voire les prochaines heures. Le sujet est à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Un incendie désormais maîtrisé dans le Cap Corse à Sisko. Le feu avait été attisé par des rafales à plus de 200 km heure.

Les deux départements Corses-Levar et les Alpes-Maritimes restent placés en vigilance orange au vent violent. En Corse, 4000 foyers sont privés d'électricité. En Espagne, le Parlement de Catalogne siège aujourd'hui pour la première fois depuis sa tentative de sécession avec Madrid. L'Assemblée est dominée par les indépendantistes. L'ancien leader Carles Puigdemont veut être investi à distance. Il se trouve toujours à Bruxelles. Joe Wilfried, son gars, est passé tout près de la défaite à l'Open de tennis d'Australie. Le Français se qualifie finalement pour le troisième tour en battant le Canadien. Denis Chapeau-Lafaloff, Gilles Simon, lui, a dû abandonner. France Info.

9:03
Présentateur

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.

9:07
Invité

Le président de la République était hier à Calais pour parler des migrants. Un discours assez dur. On écoute Emmanuel Macron. Lorsque des associations encouragent ces femmes et ces hommes à rester là, à s'installer dans l'illégalité, voire à passer clandestinement de l'autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense. Jamais, jamais, elles n'auront l'État à leur côté. Qu'est-ce que vous pensez de la tonalité de ce discours d'Emmanuel Macron ? Vous la partagez ?

9:39
François De Rugy

Oui, je la partage et je crois qu'il est nécessaire d'avoir en matière d'immigration une politique de régulation. Donc, ça ne veut pas dire zéro immigration. Certains le prônent, comme le Front National. Et ça ne veut pas dire liberté de circulation et d'installation totale à l'échelle mondiale, comme certains le prônent dans certaines associations. Alors d'ailleurs, certains ne le prônent pas ouvertement, mais ils demandent qu'il n'y ait aucune mesure contraignante. S'il n'y a aucune mesure contraignante, ce sera la liberté de circulation et d'installation totale.

10:04
Invité

Personne ne parle de zéro immigration. Tout le monde note que depuis quelques mois, le discours d'Emmanuel Macron s'est radicalisé. Vous avez sans doute vu la tribune de gens qui l'ont soutenu, qui disent la tribune de gens publiée hier dans Le Monde. Il y a notamment Laurent Berger, patron de la CFDT, Jean-Ferry Pizani, qui a participé très activement à la campagne d'Emmanuel Macron. M. Macron, votre politique contredit l'humanisme que vous prenez. Il parle même de double langage dans la tribune. Et hier, Emmanuel Macron a été assez hostile aux associations, a parlé de primes pour les policiers et a indiqué que désormais, c'était l'État qui distribuerait les repas aux migrants.

Il y a quand même un changement de tonalité de la part d'Emmanuel Macron sur les migrants. Donc je vous demande simplement si vous le partagez, ce changement,

10:50
François De Rugy

ce durcissement du discours, je ne vois pas de changement de tonalité. Pour ma part, je vois une continuité entre le fait de dire qu'en même temps,

10:59
Invité

les signataires de la tribune se trompent. Oui, je le crois. Ils ont soutenu Emmanuel Macron.

11:03
François De Rugy

Oui, mais c'est très bien qu'ils aient soutenu Emmanuel Macron. C'est des amis d'Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, ce ne sont pas eux, et c'est normal, qui sont aux responsabilités. Quand on est aux responsabilités, on doit assumer les conséquences de ces actes. Si on ne prend aucune mesure contraignante, si on ne prend aucune mesure de régulation contraignante, il ne faut pas avoir peur des mots. Oui, il faut être contraignant sur la régulation de l'immigration, parce que si on ne le fait pas, vous aurez beaucoup plus de monde à venir. Si vous avez beaucoup plus de monde à venir, qu'est-ce qui se pose comme problème ? Un, l'hébergement.

Deux, le logement, parce que normalement, ce n'est pas de l'hébergement d'urgence pendant des années, c'est le logement. Vous avez vu la situation du logement dans les villes de France, à commencer par la région parisienne ? Une grande ville comme Nantes, vous croyez qu'il y a des logements vacants ? Zéro logement vacant.

11:42
Invité

Pourquoi vous opposiez il y a dix ans à Nicolas Sarkozy sur ce terrain de l'immigration ?

11:46
François De Rugy

Ah mais moi j'ai toujours été, vous pouvez regarder mes déclarations, toujours été pour la régulation. En revanche, ça ne sert à rien, vous parlez de Nicolas Sarkozy, de faire des déclarations à l'emporte-pièce, où on laisse entendre que tous les immigrés sont des délinquants, etc. Mais vous savez, il faut quand même objectiver les chiffres. Vous savez combien il y a eu de personnes renvoyées l'année dernière ? Je vois, 17 000. 14 000 personnes. Alors moi je veux bien qu'on dise, la France c'est horrible, alors l'autoflagellation, la culpabilisation de la France et des Français en disant nous sommes affreux, nous ne sommes pas humanistes.

14 000 personnes ont été renvoyées après des procédures longues qui respectent le droit. Pourquoi d'ailleurs les délais sont si longs, y compris pour l'asile ? C'est parce qu'il y a d'abord l'instruction du dossier, mais qu'ensuite il y a des recours. Et c'est normal, les gens font des recours, appuyés par les associations. C'est normal, mais ça prend du temps. Regardez ce qui s'est passé en Allemagne. L'Allemagne avait dit qu'on ouvre quasiment sans condition, jusqu'à 1 million de personnes par an.

12:40
Invité

C'est salué par Emmanuel Macron en janvier 2017.

12:43
François De Rugy

Et ensuite, l'Allemagne est revenue à une politique plus restrictive, ce qui explique d'ailleurs que des personnes viennent vers la France en plus grand nombre qu'autrefois.

12:50
Invité

Emmanuel Macron, janvier 2017, Angela Merkel a sauvé l'honneur de l'Europe. Mais moi je ne dis pas... On change quand même, quand on est au pouvoir révisibilement.

12:57
François De Rugy

Moi je ne dis pas que Angela Merkel a eu tort. Il faut convenir de ça.

13:00
Invité

Le discours a changé quand même. Il faut convenir de ça.

13:02
François De Rugy

Écoutez, moi je veux bien qu'on commente à l'infini la tonalité du discours, etc. Moi ce qui m'intéresse, parce que le problème de l'immigration ne date pas d'aujourd'hui. Vous vous souvenez, sous Lionel Jospin, il y a 20 ans, il y a eu une politique de régularisation massive. 150 000 personnes, d'un seul coup, quasiment. Et on a dit, ça y est, le problème il est réglé. C'est fini. On a en gros purgé le problème. Évidemment que non, parce que des nouvelles personnes arrivent. Et c'est normal, ça ne s'arrêtera pas. Il faut aussi dire la vérité aux Français. L'immigration ne va pas s'arrêter demain. Donc il faut la gérer. Et pour la gérer, il faut le faire de façon responsable.

Parce que moi, je n'accepte pas non plus l'incohérence qui consiste d'un côté à dénoncer les bidonvilles qui ressurgissent en France alors qu'on les avait éradiquées dans les années 50. Dans les années 50. Et ensuite, de dire, ah ben il faut accueillir tout le monde sans restriction. Et après, moi le déluge, pour ce qui concerne le logement, pour ce qui concerne la scolarisation des enfants, pour ce qui concerne la question des mineurs isolés. Partout en France. Je discutais avec un collègue des Ardennes, il me dit, personne n'avait entendu parler du problème des mineurs isolés jusqu'à il y a quelques mois. Il y en a aussi dans les Ardennes.

14:00
Invité

Est-ce que vous soutenez la circulaire Collomb qui prévoit que des agents de la préfecture pourront entrer dans les centres d'hébergement d'urgence pour surveiller ou du moins s'informer du statut de chacun ?

14:10
François De Rugy

Non seulement je la soutiens, et je soutiens Gérard Collomb, j'ai déjà eu l'occasion de le dire et je le redis ce matin, parce que ce n'est pas facile de gérer ces problèmes. Et c'est tellement plus facile de critiquer. Regardez cette circulaire. Des gens ont été jusqu'à parler de rafles. Mais de quoi parle-t-il ? Les rafles, c'était pendant la Deuxième Guerre mondiale, c'est des gens qu'on a envoyés dans les camps d'extermination.

Là, on parle de fonctionnaires de l'OFPRA, donc l'Office public des réfugiés et des demandeurs d'asile, qui vont aller voir, rencontrer les gens, pour leur dire, voilà, si vous rentrez dans la catégorie demandeurs d'asile, vous pouvez déjà commencer à remplir votre dossier. C'est-à-dire qu'on fait du préenregistrement. Et en effet, si vous ne rentrez pas dans cette catégorie... On fait du tri. Est-ce que ce mot, vous l'acceptez ? Mais est-ce que vous croyez que les gens qui viennent en France, ils demandent d'abord pour certains l'asile, puis si ça ne marche pas, ils vont demander une autre procédure ? C'est comme ça. On a différentes procédures.

Alors on peut appeler ça du tri, mais c'est la réalité depuis toujours. D'ailleurs, les gens qui défendent le droit d'asile... Moi, j'ai reçu Amnesty International à Nantes vendredi. Je discute avec tout le monde. Les gens qui défendent le droit d'asile, ils ne disent pas que le droit d'asile doit être attribué à tout le monde sans condition. Sinon, ce n'est plus le droit d'asile. À ce moment-là, c'est en effet de nouveau la liberté de circulation et d'installation totale, c'est-à-dire l'ultralibéralisme en matière d'immigration. Vous-même, vous avez changé sur ce dossier ? J'ai toujours été...

Vous pouvez demander, d'ailleurs, chez les Verts, quand j'étais chez les Verts, j'étais critiqué pour cela, parce que j'ai toujours été pour la régulation. Et je me suis battu d'ailleurs à l'époque contre l'ultralibéralisme en matière d'immigration qui conduit à dire « laissez faire, laissez passer », mais qui ensuite dit aux immigrés « débrouillez-vous ». Vous n'avez pas de logement, vous êtes dans des bidonvilles, débrouillez-vous.

15:40
Invité

Pour terminer cette partie, une question un peu rapide. Vous avez vu l'étude de l'OFCE. 2% des ménages les plus aisés captent 42% des gains issus des aménagements fiscaux que le gouvernement a décidés au cours de l'année 2017. Gouvernement des riches ?

15:58
François De Rugy

Alors voilà, on part d'une étude économique et on arrive à le gouvernement des riches.

16:03
Invité

Enfin, j'espère que 2% des plus riches captent 42%.

16:05
François De Rugy

J'espère que c'est dans ce sens-là, qu'on part de gouvernement des riches et on va essayer de le prouver ensuite chiffre à l'appui. Moi, je trouve ça...

16:11
Invité

Non, c'est l'étude de l'OFCE. Non, non, non.

16:13
François De Rugy

Oui, mais je ne sais pas quels sont postulats de base. 2% des ménages les plus aisés. Mais je trouve ça très intéressant et je vais vous dire à l'Assemblée nationale, je souhaite que les députés puissent commander des études à des laboratoires universitaires et de recherche pour éclairer nos choix avant même de retenir le budget.

16:26
Invité

Un commentaire sur cette étude. Mais il faut toujours évaluer. Vous avez désarçonné cette étude ou pas ?

16:32
François De Rugy

Non, parce que je sais bien que c'est très facile de présenter les chiffres dans un sens comme demain de les présenter dans un autre sens. Vous savez que par exemple... Donc elle n'est pas honnête ? L'OFCE ? Mais bien sûr qu'elle est sans... Alors, je ne remettrai surtout pas en cause l'honnêteté de l'OFCE qui est un organisme de conjoncture économique.

16:48
Présentateur

Donc elle dit que les ménages les plus aisés sont beaucoup plus favorisés par la politique du gouvernement.

16:52
François De Rugy

C'est clair, objectif. Moi, je vais vous dire une chose simple. La suppression de la taxe d'habitation, même pour les 80% des ménages, eh bien c'est 11 milliards d'euros. La modification de l'impôt de solidité sur la fortune, c'est 3 milliards et demi. Donc ça profite plus aux classes moyennes qui vont voir leurs taxes d'habitation supprimées qu'à ceux qui vont bénéficier d'une baisse de l'ISF.

17:14
Présentateur

Vous restez avec nous, François Drougy, il est 8h50, l'essentiel de l'info, Victor Maté.

17:18
Invité

Des avocats de familles de djihadistes français récemment capturés par les forces kurdes en Syrie annoncent déposées plainte contre les autorités françaises pour détention arbitraire et abus d'autorité. Le gouvernement français a récemment indiqué qu'il souhaitait que ces personnes soient jugées sur place si les conditions le permettaient. L'attente dans le dossier Notre-Dame-des-Landes, décision finale, pourrait intervenir très prochainement. Le sujet est en tout cas à l'ordre du jour du Conseil des ministres à l'Elysée. Les surveillants de prison toujours mobilisés après une série d'agressions, trois en moins d'une semaine.

Ils attendent des propositions de la part de l'administration, pénitentiaire, direction et syndicats ont repris ce matin leur discussion. Il s'est lui-même récemment défini comme un génie très équilibré. Donald Trump ne souffre en tout cas pas officiellement de troubles cognitifs. C'est son médecin qui l'affirme, le médecin de la Maison Blanche, appelle simplement le président américain à surveiller son poids. Mario Balotelli, lui, est très en forme, doublé de l'attaquant italien hier soir. Nice repart de Monaco avec un match nul. Deux partout, Marseille en profite pour prendre la deuxième place de la Ligue 1.

18:21
Présentateur

François Drugy, président de l'Assemblée Nationale et l'invité de France Info ce matin.

18:25
Invité

Jean-Michel Apathy. Vous êtes donc président de l'Assemblée Nationale. Bruce vient de le dire et je le répète, vous voulez renforcer les pouvoirs du Parlement à l'occasion d'une révision constitutionnelle. De quelle manière ?

18:33
François De Rugy

Alors, je pense que la révision constitutionnelle, quand on en parle, tout le monde pense à la réduction du nombre de députés, l'on cumule des mandats dans le temps. Et c'est important. Ce sont des sujets très importants sur lesquels, d'ailleurs, la majorité et l'Assemblée Nationale est très offensive, très volontariste. Il y a des questions, des problèmes anciens, les présidents anciens, présidents de la République qui siègent au Conseil constitutionnel à vie, des choses comme ça, qui doivent être réglées à cette occasion. Et puis, il y a le renforcement du pouvoir du Parlement. Pour moi, c'est sur deux piliers. Un Parlement plus efficace dans la procédure législative.

Aujourd'hui, nous avons des procédures qui s'enlisent. Une prime à l'obstruction. J'ai donné encore hier des chiffres. Songez que sur le mariage pour tous, la loi dite de mariage pour tous, il y a eu plus de 9000 amendements. Quand, sur l'avortement, la loi Veil, en 1974, il n'y en avait eu que quelques dizaines. Et pourtant, on ne peut pas dire que la loi Veil n'ait pas été débattue, n'a pas été un grand débat, bien au contraire. Donc, il y a une dérive qu'il faut maintenant réguler. Il y a les navettes qui n'en finissent pas entre l'Assemblée, le Sénat, le Sénat, l'Assemblée. Ça, c'est pour un Parlement plus efficace qui va le rendre, à mon sens, plus légitime aux yeux des Français.

Pour traiter les problèmes des Français. Et puis, il y a le contrôle et l'évaluation. Moi, je souhaite que les députés puissent avoir davantage de pouvoir. Par exemple, pour aller contrôler dans les ministères, directement. Ça existe aujourd'hui, mais pour quelques députés pendant la période budgétaire, c'est très restrictif, qui peuvent aller dans les ministères, demander des documents précis pour voir quelle est l'exécution du budget. Et vous voulez l'étendre

20:02
Invité

à tous les ministères ?

20:03
François De Rugy

Je voudrais qu'on puisse l'étendre à tous les ministères, à des députés qui sont en mission pendant toute l'année, pas simplement pendant la période budgétaire. Et je voudrais l'étendre aussi aux services publics, aux administrations, sur les territoires de France, partout en France. Un exemple concret, on en a parlé sur les prisons. Vous savez qu'aujourd'hui, les députés ont le droit d'aller à tout moment, sans demander l'autorisation à l'administration, dans une prison, dans un lieu de privation de liberté. C'est-à-dire, y compris, un lieu de garde à vue dans un commissariat.

Et ils n'ont même pas le droit de faire la même chose dans une école, dans une université, dans un lycée, ou dans n'importe quel autre service public de n'importe quelle autre administration. Voilà des choses concrètes pour à la fois évaluer l'application des lois et évaluer l'efficacité de la dépense publique.

20:42
Invité

Donc ça, vous souhaitez que ça soit dans la révision constitutionnelle et qui verra peut-être le jour cette année, c'est pas sûr.

20:47
François De Rugy

Elle est lancée. Oui, elle est lancée. J'en vois bien toujours, on veut instiller le doute, ça ne marchera pas, etc. Nous sommes déterminés, nous travaillons d'arrache-pied, nous les députés, les sénateurs le font également et avec le gouvernement et le président de la République, un texte sera présenté en Conseil des ministres, sans doute en février.

21:01
Invité

Quand vous avez été élu président de l'Assemblée nationale, donc c'était en juin 2017, vous avez dit...

21:06
François De Rugy

27 juin 2017.

21:07
Invité

Vous avez dit ceci, François de Rugy.

21:10
François De Rugy

Moi, j'ai pris un engagement, de même que Richard Ferrand, président du groupe, nous avons dit que nous remettions notre mandat en jeu à mi-mandat, ce qui ne s'est jamais produit, pour que l'on puisse permettre, ce sera l'occasion, en tout cas nous le souhaitons, de promouvoir des femmes

21:26
Invité

à des postes de responsabilité. Et puis jeudi, lors de vos voeux, vous avez repoussé un peu l'échéance, on vous écoute.

21:33
François De Rugy

Je veux en quelque sorte livrer à mon successeur, mais successeur en 2022, une Assemblée nouvelle, nous le faisons pour ceux qui viendront après nous, et notamment après moi, en 2022.

21:48
Invité

Après moi, en 2022. Alors, qu'il faut-il croire ? Rugy 1, j'abandonne à la mi-mandat, ou Rugy 2, je vais jusqu'en 2022 ?

21:54
François De Rugy

Vous avez bien fait de repasser l'extrait de cette interview sur TF1, aux 20h de TF1, le soir même de mon élection.

22:01
Invité

Et vous dites à la mi-mandat, je remets mon mandat en jeu.

22:03
François De Rugy

Oui, et c'est ce que nous avons dit avec Richard Ferrand, et d'ailleurs, je le précise aussi au passage, il n'y a pas d'opposition, parce que certains médias essayent de nous opposer, Richard Ferrand et moi. Richard Ferrand est président du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale. Moi, je suis président de l'Assemblée nationale. Nous travaillons en bonne intelligence et nous sommes d'accord sur ce point qui est que, à mi-mandat, et en effet, alors que rien ne nous y oblige, moi j'ai été élu, c'est la constitution pour la durée du mandat. Eh bien, nous aurons un débat sur l'exercice, un bilan sur l'exercice de nos responsabilités à l'Assemblée nationale.

Moi, en tant que président, d'autres en tant que vice-président, en tant que président de commission, questeur, président de groupe, et ça, nous le faisons par nous-mêmes, rien ne nous y oblige et nous en tirons, évidemment, toute conclusion.

22:44
Présentateur

Un débat, ça ne veut pas dire forcément la même chose. On va mettre en jeu...

22:48
Invité

Vous remettrez en jeu votre mandat,

22:49
Présentateur

la mi-mandat.

22:49
François De Rugy

La phrase que j'ai dite le soir de mon élection dans cette interagence sur TF1, c'est remettre en jeu. Je vous le redis aujourd'hui exactement de la même façon. Ça veut dire que... Rugy 2 dit la même chose

22:59
Invité

que Rugy 2 dit mon successeur en 2022. Donc, vous présumez qu'à mi-mandat, on vous reconduira. Mais en fait, vous n'en savez rien.

23:06
François De Rugy

Mais par ailleurs, il se trouve que l'article 32 de la Constitution de la République française dit que le président de l'Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature. Ça, c'est un fait. Ça, c'est Rugy 2, ça. On le reconnaît bien. L'intervieweur de TF1 a lu devant les millions de téléspectateurs de TF1 cet article de la Constitution ce jour-là. Et deuxièmement, non mais soyons un peu... Parce que moi, je veux bien qu'on fasse des polémiques sur la moindre petite phrase.

23:30
Invité

On va retenir ce que vous dites. Vous dites que vous remettrez votre mandat en jeu à mi-mandat.

23:34
François De Rugy

Et que je m'inscris dans la durée de la même façon. Parce que si je me dis tout s'arrête au bout de deux ans et donc les réformes que je fais, on ne travaille pas correctement.

23:42
Invité

Richard Ferrand est l'objet, je vais voir lire Richard Ferrand, président du groupe La République En Marche, l'objet d'une information judiciaire de la part du parquet national financier. C'est normal ? C'est de l'acharnement ? Un commentaire ?

23:51
François De Rugy

A priori, d'après ce que j'ai compris, moi je ne vais pas commenter la décision des juges, mais c'est une suite automatique de la plainte avec constitution de parti civil. J'avais eu l'occasion sur cette antenne d'ailleurs de commenter la plainte, elle, d'une association qui me semblait relancer quelque chose qui avait été tranchée. Et par ailleurs, dans la procédure judiciaire, on se plaint souvent que nos tribunaux sont encombrés. Et bien là, c'est vrai que c'est un peu étrange puisque le procureur de Brest a dit il n'y a pas lieu de poursuivre. Et parce qu'une association ou des particuliers relance, et bien on va relancer une procédure qui va de nouveau occuper des magistrats.

24:27
Invité

En ces temps où dès que quelqu'un va faire à la justice, on dit il faut démissionner, est-ce que Richard Ferrand peut rester à son poste ? Ou est-ce qu'il doit démissionner ?

24:34
François De Rugy

Ah ben là, si on devait démissionner chaque fois que quelqu'un dépose une plainte, on ne s'en sort plus. Que ce soit ici... C'est pas un dépôt de plainte, c'est l'ouverture d'une enquête. Oui, mais que ce soit pour un président de groupe parlementaire ou que ce soit pour un président d'une entreprise. Donc il reste. Y compris comme Radio France ici, moi je le dis aussi très tranquillement, si on doit démissionner chaque fois qu'il y a un nouvel acte judiciaire, sur la base de condamnation définitive, voilà, oui, mais en tout cas...

25:04
Invité

Vous trouvez que l'intervention de Mme Nissen était inappropriée concernant le PDG de Radio France ? Je ne crois pas

25:08
François De Rugy

qu'elle ait dit qu'il fallait que le PDG de Radio France devait démissionner. C'est ce que tout le monde a compris.

25:13
Invité

C'est inacceptable qu'il reste. Donc, vous en déduisez ce que vous voulez, mais...

25:17
Présentateur

Attendez, vous souhaitez qu'il reste dans ses fonctions de président de Radio France ? En tout cas, moi j'aimerais bien

25:22
François De Rugy

que les choses fonctionnent normalement. Il y a un conseil d'administration à Radio France, comme dans n'importe quelle entreprise, publique ou privée. Non, c'est le CSA qui... Et le président... C'est le CSA qui... Oui, non, mais le président, il peut rendre compte et s'expliquer devant son conseil d'administration, donner les explications sur la procédure en cours, et puis ensuite, le conseil d'administration peut se prononcer. Il se trouve qu'en France, en effet, c'est le CSA qui désigne les présidents de chaînes publiques et de radio publique. Et à ce moment-là, le CSA va sans doute s'en saisir et se prononcer également. Merci beaucoup François Drugy. Bonne journée à vous. Merci.