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Audition parlementaireAssemblĂ©e nationale (sur YouTube)· 26 fĂ©vrier 2026 43 minFond programmatiqueLogementEurope & internationalÉconomie & entreprises

🔮PrĂ©sentation d’une communication sur les consĂ©quences du tourisme sur l’accĂšs au logement dans l’UE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Locuteur 2Chiffre
    « Plus de 800 millions de nuités ont été réservés en 2024 sur les quatre principales plateformes »
  • 8:15Locuteur 3Fait
    « La politique commune des pĂȘches n'a pas Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e depuis 2013 »

ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup monsieur le président. Mes chers et chers collÚgues, le logement, vous le savez, c'est une question de dignité, de cohésion sociale et de justice. L'Union européenne traverse actuellement incontestablement une crise du logement profonde.

Ces 10 derniĂšres annĂ©es, les prix des logements Ă  l'achat ont augmentĂ© de 60 %, les loyers de plus de 20 %. Les jeunes ne peuvent absolument plus vivre lĂ  oĂč ils ont grandi. Les familles sont contraintes de s'Ă©loigner.

De leur emploi, les travailleurs saisonniers ne trouvent mĂȘme plus Ă  se loger. C'est une crise aigue dans tous les territoires touristiques. Ma circonscription se trouve au Pays-Basque.

Là-bas, comme dans de nombreuses régions littorales, de montagnes ou dans des grandes villes patrimoniales européennes, le logement est devenu un bien rare pour celles et ceux qui vivent à l'année. En 10 ans, l'émergence des plateformes numériques de location de courte durée a reconfiguré complÚtement le marché immobilier compte européen. Selon Eurostade, puis de 800 millions de de nuités ont été réservés en 2024 sur les quatre principales plateformes.

Une hausse de 66 % par rapport Ă  2019 et Ă  elle seule, la France compte 200 millions de sĂ©nuitĂ©s, ce qui en fait le premier marchĂ© europĂ©en. C'est une transformation totale du tourisme. Ça facilite bien Ă©videmment les dĂ©placements, crĂ©e des revenus complĂ©mentaires et contribue au dynamisme Ă©conomique local.

Certes, mais le revers de la médaille, c'est que ces plateformes ont transformé de maniÚre profonde et brutale le marché du logement. Au Pays-Bas que le nombre d'annonces de meublé de tourisme a augmenté de 130 % en 5 ans. Et c'est un phénomÚne qui s'accompagne d'une augmentation rapide du nombre de résidences secondaires qui vont jusqu'à représenter presque 40 % du parc dans certaines zones touristiques européennes, bien davantage encore dans certaines communes littorales.

Donc progressivement, le logement est devenu un actif financier, un objet d'investissement et de spéculation. Les conséquences sont claires. Augmentation des prix, disparition des locations durables, départ forcé des habitants.

Cela porte un nom, ça s'appelle la touristification. Dans certaines villes européennes, des quartiers entiers se transforment en parc d'attraction à euh ciel ouvert. Les euh commerce du quotidien euh disparaßt, sont remplacés par des activités destinées exclusivement aux visiteurs.

Des volets restent clos une grande partie de l'annĂ©e. Par exemple, du Brovnic, la population du centre historique a chutĂ© de 3 40 30 ans. Barcelone, la gentrification galopante a fait flamber des loyers. plus 68 % en moyenne en 10ant rendant impossible la location d'un deux piĂšces Ă  moins de 1200 € par mois.

Quand les travailleurs ne peuvent plus se loger, bien ce sont les hĂŽpitaux, les Ă©coles, les commerces et mĂȘme toutes les infrastructures touristiques qui elles-mĂȘmes vont trouver euh Ă  peinĂ©s Ă  fonctionner. Face Ă  cette situation, notre AssemblĂ©e nationale a montrĂ© la voie avec la loi du 19 novembre 2024 portĂ©e par nos collĂšgues Ignat et Channis et NaĂŻ Lemur qui a renforcĂ© les outils de rĂ©gulation des meublĂ©s de tourisme. De mĂȘme, les collectivitĂ©s locales europĂ©ennes arrivent Ă  se mobiliser.

Barcelone a décidé de supprimer progressivement les licences de meublé touristiques. Amsterdam a limité leur durée. Paris et la communauté d'agglomération du Pays-Basque ont instauré des mécanismes de compensation pour encadrer leur développement.

L'association locale Alda au Pays-Bas que dont je souhaite saluer l'engagement ici parle d'un coup d'arrĂȘt au tsunami des investisseurs financiers qui achetaient des immeubles entiers pour les transformer en location touristique permanente. Cela dĂ©montre une chose essentielle. L'action publique peut fonctionner, mais ces politiques locales se heurent parfois euh voire souvent Ă  des obstacles considĂ©rables.

D'abord Ă  la rĂ©sistance des grandes plateformes, c'est Ă©vident, qui conteste les rĂ©glementations devant les tribunaux. Ensuite, l'insĂ©curitĂ© juridique liĂ©e au droits europĂ©ens qui est vraiment fondĂ© sur la libre circulation de services. Certes, la cour de justice de l'Union europĂ©enne a considĂ©rĂ© dans une affaire Cali Apartments concernant la ville de Paris en 2020 que l'objectif de lutte contre la pĂ©nurie de logement destinĂ©e Ă  la location de long terme constitue bien une raison impĂ©rieuse d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pouvant justifier pardon une restriction de l'accĂšs au marchĂ©.

Dans les faits, les contentieux se multiplient, les décisions divergent et les collectivités locales manquent souvent de données nécessaires pour pouvoir agir euh efficacement. Alors euh on est effectivement face à des difficultés majeures pour faire appliquer les décisions. La plateforme Airbnb dont le siÚge européen et vous le savez à Nerland place les collectivités face à des recours trÚs longs, trÚs éprouvants, trÚs complexes qui retardent pendant des années l'application effective de rÚgles qui ont pourtant été établies démocratiquement pour protéger les habitants de ces régions.

Et donc la question que nous examinons aujourd'hui, elle est profondĂ©ment europĂ©enne. L'Union europĂ©enne a bien compĂ©ten pour appuyer, coordonner, complĂ©ter l'action des Étatsmembres sur le tourisme. L'Union vient d'ailleurs d'amorcer une prise de conscience face Ă  la rĂ©alitĂ© de la crise du logement, la nomination d'un commissaire europĂ©en au logement, la prĂ©sentation d'un d'un plan pour des logements abordables.

L'adoption en 2024 du rÚglement SRT qui vise à améliorer la collecte et le partage des données relatives aux locations de courte durée constitue des avancées importantes. Le logement est une réalité territoriale qui exige des réponses totalement adaptées. restreindre les outils des élus locaux reviendraient à les désarmer face à la pression croissante sur le logement et constitue une remise en cause du principe de subsidiarité.

L'Europe ne peut pas et ne doit pas entraver l'action des territoires mais la soutenir durablement dans sa diversité. C'est justement dans cet esprit de vigilance et de responsabilité que s'inscrivve la communication et la vie politique. Je vous présente aujourd'hui.

Cet avis repose sur une conviction simple. l'accĂšs Ă  un logement dĂ©cent et abordable doit ĂȘtre reconnu comme un droit fondamental et non comme une variable d'ajustement du marchĂ© intĂ©rieur. Il appelle Ă  prĂ©server la capacitĂ© des États et des collectivitĂ©s locales Ă  rĂ©guler les les locations de courte durĂ©e et renforcer la responsabilisation des plateformes.

Il soutient Ă©galement la crĂ©ation d'une alliance europĂ©enne pour le logement afin que l'on puisse ensemble partager les bonnes pratiques et propose de mieux encadrer les investissements immobiliers spĂ©culatifs afin de redonner au logement sa vocation premiĂšre se loger. Donc en conclusion euh chers collĂšgues, le tourisme en Europe ne doit pas se dĂ©velopper au prix de l'Ă©viction de celles et ceux qui font vivre nos territoires. Le Pays Basque comme tant d'autres rĂ©gions europĂ©ennes nous montre que ce combat n'est ni thĂ©orique ni abstrait. qu'il est quotidien, qui touche Ă  notre modĂšle de sociĂ©tĂ©, Ă  notre capacitĂ© Ă  chacun de vivre dignement lĂ  oĂč il a grandit, lĂ  oĂč il travaille, lĂ  oĂč il construit euh sa vie.

Le l'Europe ne peut absolument plus rester spectatrice. Elle doit ĂȘtre l'alliĂ©e des territoires, des habitants, du droit au logement. C'est pourquoi je vous invite chers et chers collĂšgues Ă  soutenir cet avis politique et ce faisant nous pourrons adresser un message clair celui d'une Europe qui protĂšge d'une Europe qui agit et d'une Europe fidĂšle Ă  sa valeur fondatrice Ă  savoir la dignitĂ© humaine.

Merci pour votre attention. Merci beaucoup chers collÚgues. Nous allons passer maintenant la parole aux orateurs de groupe et donc j'ai une oratrice inscrite, madame Marietta Caramoli pour le groupe socialiste et apparenté.

Merci. Merci monsieur le prĂ©sident. D'abord, je souhaitais au nom de notre groupe saluer la l'initiative de Colette Capdeviel parce que je trouve qu'elle rĂ©pond totalement Ă  une rĂ©alitĂ© connue pas seulement en France mais Ă  travers l'Europe et plusieurs pays d'ailleurs se se mobilisent sur cette question et Ă  la fois avec une volontĂ© ferme de d'inviter l'Union et ainsi que nous-mĂȘmes parlement d'agir concrĂštement sur cette question.

Donc oui, cette crise concerne finalement plusieurs pays et il y a des raisons structurelles. Vous l'avez bien rappelĂ© que l'Union europĂ©enne, les prix d'achat ont augmentĂ© de 60 % en 10 ans et les loyers de plus de 20 % comme le rappelle le rapport de notre collĂšgue. Et cette dynamique donc empĂȘche de plus en plus des mĂ©nages Ă  accĂ©der Ă  un logement abordable de qualitĂ©.

C'est une raison essentielle qui doit nous mobiliser à agir aujourd'hui. Je voulais aussi rappeler effectivement que ce phénomÚne, nous le savons, il n'est pas marginal puisque Rostat estime plus de 800 millions de nuités ont été réservés en 2024 sur les quatre principales plateformes et dont 200 millions en France premier donc marché européen. Alors la pression est devenue insoutenable aujourd'hui.

Ce basculement n'est pas neutre. Il il rarifie justement l'offre locative de longue durĂ©e, renchĂ©rit les prix, accĂ©lĂšre la gentrification et provoque l'Ă©viction des habitants permanents. Et certes, les communes, ça a Ă©tĂ© rappelĂ© dans le dans la prĂ©sentation de madame la rapporteur, agissent beaucoup mais leurs actions connaissent beaucoup des limites, plusieurs facteurs, vous les avez rappelĂ©s, la rĂ©sistance juridique et la politique des plateformes, l'ambilitĂ© du droit europĂ©en effectivement malgrĂ© l'arrĂȘt Cali appartement qui reconnaĂźt la pĂ©nurie de logement comme un motif pour agir qualifiĂ© de raisons impĂ©rieuses d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et le le manque de donnĂ©es fiables.

À cela s'ajoute aussi une difficultĂ© majeure que je voulais rappeler, c'est l'absence de mĂ©canismes d'exĂ©cution transfrontaliĂšre. Une ville peut ordonner le retrait d'une annonce illĂ©gale, mais si la plateforme est domiciliĂ©e ailleurs, l'injonction reste donc l'ĂȘtre morte. L'Union donc doit aller plus loin euh plus loin.

Alors bien sûr, vous l'avez rappelé, reste ces avancées que vous avez évoqué, madame la rapporteur qui reste insuffisante. L'avis politique proposée appelle donc à renforcer la régulation européenne des plateformes numériques et du marché immobilier. demande bien sûr la révision du rÚglement sur les services numériques et la directive e-commerce afin d'accroßtre justement la la responsabilité des plateformes.

Mais j'ajouterai aussi, il invite Ă©galement la commission Ă  Ă©laborer un cadre juridique commun. Ça c'est important. Et pour terminer, il s'agit aussi de de de d'agir pardon dans le futur cadre europĂ©en sur les location de courte durĂ©e.

Donc pour résumer cet avis, recours à trois mécanismes complémentaires nécessaires aujourd'hui et c'est pour cette raison-là euh nous apportons tout notre soutien à cette communication, cet avis politique et nous invitons aussi à aller plus loin que cet avis par une par un rapport ou par un travail plus concret encore sur le le sujet. Merci beaucoup madame Capeviel, vous souhaitiez répondre. Oui, rapidement.

Merci beaucoup madame Caraml. C'est un sujet que vous connaissez bien et merci pour tous vos propos. Je pense qu'il va falloir poursuivre nos travaux aprĂšs cet avis politique.

Merci. Merci. La parole est maintenant pour le groupe Ensemble pour la République à madame Liliana Tangi.

Merci monsieur le président. Madame la rapporteur, chers collÚgues, alors nous sommes pleinement conscients de l'ampleur du problÚme. La crise de logement est devenue une question de cohésion sociale et de compétitivité.

À l'Ă©chelle europĂ©enne, le prix Ă  l'achat, les prix Ă  l'achat, pardon, ont augmentĂ© de 60 % en en 10 ans et les loyers de plus de 20 %. Euh c'est ce que vous dĂ©montrez euh trĂšs clairement dans vos travaux euh madame la rapporteur. Dans le mĂȘme temps, euh les sorts euh des location de courte durĂ©e est massif, plus de 800 millions de nuitĂ©s rĂ©servĂ©es dans l'Union en 2024 sur les quatre grandes plateformes, soit plus de 66 % par rapport Ă  2019.

La France reprĂ©sente 200 millions de nuitĂ©s. Alors, nous partageons l'objectif et et plusieurs recommandations de cet avis. Il faut une rĂ©ponse efficace, respectueuse de la subsidiaritĂ© et capable de tenir tĂȘte Ă  des acteurs transfrontaliers.

Et nous avons dĂ©jĂ  su agir de maniĂšre transpartisane avec la PPL Airbnb, la loi du 19 novembre 2024 qui a renforcĂ© les outils locaux de rĂ©gulation, une proposition de loi que nous avons portĂ© nos deux groupes conjointement. Nous sommes par ailleurs prĂȘts Ă  durcir Ă©galement le ton face aux plateformes. Mais avant de de rouvrir la le rĂšglement euh sur les plateformes numĂ©riques, faisons d'abord respecter et exploiter pleinement ce qui existe dĂ©jĂ .

Tous les articles, notamment ceux permettant la mise en place de sanctions par exemple à l'égard des plateformes n'ont jamais été activées. Tùchons donc d'inciter la commission à recourir pleinement aux outils que nous offre ce texte. Enfin, sur l'idée d'une nouvelle taxe, l'objectif peut s'entendre mais nous pensons qu'il faut prioriser autre chose.

D'abord, retravailler la taxe de sĂ©jour et ses modalitĂ©s, par exemple en rĂ©flĂ©chissant Ă  une assiette plus pertinente comme la surface. Ensuite, clarifier fiscalement la frontiĂšre entre courte et longue durĂ©e. Et donc pour toutes ces raisons, si nous partageons l'objectif, nous considĂ©rons que d'autres chemins doivent ĂȘtre priorisĂ©s et notre groupe s'abstiendra.

Merci. Merci madame Capdeiel. Oui, je comprends pas euh le dĂ©roulĂ© de vos explications puisque dans un premier temps, vous faites le mĂȘme constat.

Vous Ă©voquez Ă©galement les dispositions de la loi transpartisane le meur et chanis et Ă  la fin vous dites que vous vous abstenez alors que vous comprenez bien que la question est aujourd'hui europĂ©enne, que vous ĂȘtes profondĂ©ment europĂ©enne et vous dites que vous vous abstenez. Je j'avoue que je j'ai pas vraiment euh euh compris puisque vous ne tirez pas vraiment les les conclusions des constats et et ce que ce que j'ai indiquĂ©. Mais je veux bien que vous expliquiez.

Alors pour une explication complĂ©mentaire juste trĂšs rapidement, nous sommes opposĂ©s Ă  une nouvelle taxe, je l'ai dit Ă  la fin de de mon exposĂ© et il existe d'autres dispositifs qui n'ont pas Ă©tĂ© activĂ©s et c'est cela qu'il faut tout d'abord exploiter parce que notre groupe s'oppose Ă  des taxes nouvelles qui risquent d'ĂȘtre rĂ©percutĂ© sur sur les les loueurs et les loyers. Donc c'est la raison pour laquelle on s'abstient. Merci.

Oui, enfin en rĂ©ponse ce que je peux vous dire hein que d'abord ce que vous dites n'est pas contenu dans le texte. Donc ça je pense que c'est vous qui qui l'affirmez et et par rapport Ă  ce que vous indiquez nouvelle taxe, c'est bien les services de l'État, c'est bien les services de l'État eux-mĂȘmes qui disent qu'il faut faire contribuer et que les plateformes doivent elles-mĂȘm contribuer au coĂ»t de contrĂŽle au coĂ»t de contrĂŽle des meublĂ©. Donc je crois qu'on est dans la ligne directrice et je comprends pas que vous n'y soyez pas mais bon c'est comme ça.

Merci. L'État est toujours protĂ©iforme. Euh n'ayant plus de questions de ni de demande de prise de parole des orateurs de groupe et aucun amendement n'ayant Ă©tĂ© dĂ©posĂ©.

Je mets donc au voie le projet d'avis politique qui est pour qui est contre. Il a le projet qui s'abstient ou non ? Projet vie politique est donc adopté.

Je vous remercie. Bon, je suspends pour quelques minutes. Merci.

L'ordre du jour appelle ensuite la nomination d'un rapporteur sur la proposition de rĂ©solution europĂ©enne de madame Annapic et plusieurs de ses collĂšgues visant Ă  promouvoir une pratique de la pĂȘche durable et respectueuse des ressources aliotiques et des ocĂ©ans. NumĂ©ro 2517. Madame Pic a en effet retirĂ© sa PP initiale et a redĂ©posĂ© un texte modifiĂ©.

Je vous propose donc de la nommer Ă  nouveau rapporteur sur la nouvelle PPRE. Y a-t-il des objections Ă  cette nomination ? Je n'en vois pas.

Félicitations chers collÚgues. Vous voici donc à nouveau en charge cette fois-ci de la pépÚre. Il en a donc été décidé ainsi et par voie de conséquence.

L'ordre du jour appelle l'examen dans le cadre d'une discussion gĂ©nĂ©rale commune, du rapport d'information sur la politique commune de la pĂȘche et des deux propositions de rĂ©solution europĂ©enne de madame et de monsieur AurĂ©lien Lopez Ingori et plusieurs de ses collĂšgues, l'une visant Ă  promouvoir une pratique de la pĂȘche durable et respectueuse des ressources salotiques et des ocĂ©ans et l'autre Ă  sauvegarder la pĂȘche française de MĂ©diterranĂ©e. Le rapport d'information et les deux PPRE vont faire l'objet d'une discussion gĂ©nĂ©rale commune. Nous allons donc entendre successivement les interventions des deux rapporteur d'information Liliana Tangi et Damien Girard puis des deux rapporteurs sur les deux PPRE Annapic et AurĂ©lien Lopez Ligui.

Puis nous prendrons les questions des orateurs de groupe et celles des autres députés auquels les rapporteurs répondront directement. Enfin nous examinerons les amendements sur chacune des PPRE. Je donne donc la parole à nos collÚgues Liliana Natangi et Damien Gérard qui vont nous présenter les grandes lignes de leur rapport d'information.

Merci monsieur le prĂ©sident. Mes chers collĂšgues, nous avons commencĂ© ce long travail de rĂ©flexion sur l'avenir de la politique commune de la pĂȘche avec mon collĂšgue Damien Girard en avril dernier au moment mĂȘme oĂč la Commission europĂ©enne en clĂŽturait l'Ă©valuation. Et comme nous l'a confirmĂ© le commissaire Ă  la pĂȘche et aux ocĂ©ans, monsieur Costa Cadis, que nous avons rencontrĂ© le 13 janvier dernier Ă  Bruxelles, la commission doit rendre ses conclusions au printemps sur l'opportunitĂ© ou non de rĂ©former la PCP, la politique commune de la pĂȘche.

Nous avons auditionnĂ© l'ensemble des acteurs de la filiĂšre, les organisations non gouvernementales de dĂ©fense de l'environnement, l'administration chargĂ©e de mettre en Ɠuvre la PCP, la direction gĂ©nĂ©rale des affaires maritimes de la pĂȘche et de l'aquaculture, la la DG en pas, ainsi que ces dĂ©clinaisons rĂ©gionales, la Dream et sans oublier les outremĂšres. Nous avons auditionnĂ© deux ministres, madame AgnĂš Panirunachet en juillet 2025 et madame Catherine Chabau le 18 fĂ©vrier dernier. Nous avons Ă©galement fait deux voyages d'Ă©tudes au Danemark et en Espagne lors desquels nous avons rencontrĂ© l'ensemble des acteurs de la filiĂšre.

En octobre au Danemarc, nous sommes allĂ©s dans le Jutland observer le fonctionnement de la criĂ©e ainsi qu'une usine de construction de filets de pĂȘche plus sĂ©lective. En Espagne, Ă  Vigo, le plus grand port de dĂ©barquement d'Europe, nous avons rencontrĂ© la directrice de l'Agence europĂ©enne de contrĂŽle des pĂȘches et pu observer trĂšs concrĂštement les contrĂŽles effectuĂ©s dans la criĂ©e. Alors, la politique commune des pĂȘches n'a pas Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e depuis 2013, date de l'entrĂ©e en vigueur du rĂšglement 138 de 2013, 10 dit rĂšglement de base qui Ă©tablit les fondements d'une pĂȘche durable. par une approche Ă©cosystĂ©mique de la gestion des pĂȘches.

Ce rĂšglement pose deux principes toujours en vigueur. Un objectif environnemental, mettre en Ɠuvre une pĂȘche durable en respectant la capacitĂ© de restauration des stocks aliettiques. Pour ce faire, l'ensemble de ces stocks doivent ĂȘtre pĂȘchĂ©s au niveau du rendement maximum durable, le RMD d'ici 2020.

Un objectif Ă©conomique aussi, assurer le dĂ©veloppement Ă©conomique de la filiĂšre ainsi que des revenus dĂ©cents au pĂȘcheurs afin de sĂ©curiser les approvisionnements alimentaires pour assurer notre souverainetĂ©. Force de constater que ces deux objectifs n'ont pas Ă©tĂ© remplis avec la mĂȘme acuitĂ©. Le prĂ©sent rapport repose sur un constat partagĂ© la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former une politique ayant fait ses preuves d'un point de vue environnemental mais n'ayant pas permis d'assurer la souverainetĂ© alimentaire des Étatsmembres ni la sĂ©curitĂ© Ă©conomique des pĂȘcheurs.

Tant Ă  Copenhague qu'Ă  Madrid ou en France. Le retour des organisations professionnelles sont unanimes. La rĂ©glementation est devenue illisible et fait peser des contraines de plus en plus fortes sur les pĂȘcheurs au point d'obĂ©rer leur confiance en l'avenir.

La France accompagnĂ© d'autres États membres dont l'Espagne a prĂ©sentĂ© le 17 novembre dernier au Conseil de l'Union europĂ©enne une proposition de simplification de la politique commune des pĂȘches afin de renforcer la sĂ©curitĂ© Ă©conomique de la filiĂšre et assurer la souverainetĂ© alimentaire. Nous faisons 35 propositions pour rĂ©former la PCP dont un soutien inconditionnel Ă  la position française au conseil. Je laisserai mon collĂšgue Damien Girard prĂ©senter le volet environnemental de la PCP ainsi que les propositions qu'il porte Ă  titre personnel.

Pour ma part, je souhaite me concentrer sur deux autres aspects essentiels de la rĂ©forme. La nĂ©cessitĂ© de simplifier les rĂšgles pour rendre le volet socio-Ă©conomique de la filiĂšre efficace et la nĂ©cessitĂ© d'avoir une vision politique ambitieuse pour que le volet commercial et international de la PCP coĂŻncide avec les rĂšgles que l'on s'impose. En effet, on ne peut pas s'imposer des rĂšgles virtueuses et importer plus de 70 % de nos besoins alimentaires sans nous assurer qu'il proviennent Ă©galement d'une pĂȘche durable.

Toutefois, en propos liminaire, je tiens Ă  rappeler qu'au regard des enjeux, la proposition actuelle de ne rĂ©server que 2 milliards d'euros Ă  la pĂȘche dans le projet de cadre financier pluriĂ©annuel est bien trop faible et donc inadmissible. C'est pourquoi nous prĂ©conisons de crĂ©er un nouveau fond dans le cadre du pacte europĂ©en pour les ocĂ©ans. Concernant l'aspect Ă©conomique, je prends deux exemples prĂ©cis montrant la nĂ©cessitĂ© Je prendrai pardon deux exemples prĂ©cis montrant la nĂ©cessitĂ© d'une rĂ©forme pour sĂ©curiser Ă©conomiquement la filiĂšre et assurer le renouvellement des gĂ©nĂ©rations qui sont deux propositions que nous faisons.

La Commission doit revoir sa position afin de rendre Ă©ligible au fond europĂ©en pour les affaires maritimes, la pĂȘche et l'aquaculture le fait en pas la modernisation de la flotte. Les rĂšgles en vigueur, puissance et capacitĂ© des navires ne sont plus adaptĂ©es Ă  la rĂ©alitĂ© et ne permettent pas de construire le bateau du futur ou soutenir l'innovation. L'innovation en matiĂšre de sĂ©lectivitĂ© euh des engins de pĂȘche est trĂšs importante Ă  soutenir.

Je voudrais ici souligner que les pĂȘcheurs du guilvinegre dans ma circonscription ont introduit dĂšs 2003 l'innovation de la maille carrĂ©e dans les chalus Ă  l'Angustine dont l'initiateur Ă©tait le prĂ©sident du comitĂ© des pĂȘches du Finister, monsieur Robert BouguĂ©on et qui a permis d'amĂ©liorer fortement la sĂ©lectivitĂ© de cette pĂȘche et ainsi contribuer Ă  la reconstitution de leurs ressources Par ailleurs, la flotte europĂ©enne est trĂšs vieillissante. Elle a besoin d'ĂȘtre dĂ©carbonĂ©e. Donc, la Commission doit revoir ses lignes directrices pour financer cette Ă©volution.

Autre proposition, la nécessité de donner de la prévisibilité économique à la filiÚre concernant l'attribution des quotas. La filiÚre ne peut pas attendre le Conseil de l'Union européenne de décembre pour connaßtre le nombre de quotas dont elle disposera. Pour cela, nous préconisons des quotas pluriannuels ainsi qu'une avancée de la date de décision de leur attribution.

Dernier point, la nĂ©cessitĂ© d'avoir une politique de rĂ©ciprocitĂ© dans nos accords commerciaux. Nous demandons Ă  la commission d'imposer des mesures miroires dans les accords qu'elle contractent et de s'assurer surtout en renforçant les contrĂŽles que les produits importĂ©s respectent bien les mĂȘmes standards en terme de pĂȘche durable. Pour finir, je souhaiterais revenir sur l'amplitude de la rĂ©forme.

La France et l'Union europĂ©enne doivent porter une vision ambitieuse, celle d'une PCP durable Ă  l'Ă©chelle d'un continent. La Commission europĂ©enne manque de vision stratĂ©gique. C'est pourquoi d'Ă©tablir une vision stratĂ©gique de la PCP pour mettre en Ɠuvre une politique maritime offensive visant notamment Ă  imposer des mesures miroirs pour les produits issus de la pĂȘche et de l'aquaculture est imprĂ©alable.

Cette vision stratĂ©gique doit ĂȘtre portĂ©e par une diplomatie europĂ©enne des ocĂ©ans, notamment en renforçant des coalitions d'intĂ©rĂȘt entre les États-membres, partageant les mĂȘmes intĂ©rĂȘts. Ici, je peux citer ici l'Espagne, l'Italie, la France, le Portugal et le Danemark notamment. Il est important aussi de desserrer l'Ă©crou rĂ©glementaires et qui est Ă©galement un prĂ©alablable important, mais il faut toutefois une vision plus ambitieuse pour garantir l'avenir de la PCP et des pĂȘcheurs.

Car qui mieux que les pĂȘcheurs sont les vigan. C'est pour cela que je m'oppose Ă  toute forme d'interdiction gĂ©nĂ©rale non respectueuse des Ă©quilibres socio-Ă©conomiques comme je l'ai dĂ©jĂ  fait le 15 mars 2023 dans l' vie politique que nous avons votĂ© dans cette commission qui demandait le retrait de la proposition d'interdiction gĂ©nĂ©rale de la pĂȘche aux engins mobiles et de fonds dans la mesure oĂč cette mesure n'Ă©tait pas fondĂ©e d'un point de vue scientifique, le commissaire Costaadis a reconnu la justesse de cette dans la mesure oĂč il a retirĂ© cette proposition pour revenir Ă  une analyse au cas par cas qui prennent en compte les spĂ©cificitĂ©s local et maritime. La nouvelle PCP doit ĂȘtre Ă  la fois pragmatique et ambitieuse pour redonner espoir et confiance aux hommes et aux femmes de la mĂšre.

Je vous remercie et je passe la parole Ă  mon collĂšgue. Monsieur le prĂ©sident, mes chers collĂšgues, je veux d'abord remercier notre administratrice madame Pascal Reps et ma corporateur madame Liliana Tangi pour le travail rĂ©alisĂ© ensemble. L'ocĂ©an et la mer sont au cƓur des dĂ©fis du 21e siĂšcle.

Au cƓur des dĂ©fis du 21e siĂšcle pour l'Europe en particulier. Ă©nergie, ressources, biodiversitĂ©, climat et bien sĂ»r la pĂȘche. La France 2Ăš puissance maritime mondiale se trouve ĂȘtre au cƓur de ce sujet.

Nous pouvons rester figĂ©s dans les mĂ©thodes d'hier ou au contraire regarder l'avenir et proposer des solutions Ă  la nouvelle donne qui se dĂ©ploie sous nos yeux. La la derniĂšre rĂ©forme de la politique commune des pĂȘches date de 2013 avant la COP 21, avant le Brexit, avant que l'acidification des ocĂ©ans ne franchisse un seuil critique. 2013, c'est le monde d'hier.

La derniĂšre politique commune des pĂȘches a permis des progrĂšs environnementaux indĂ©niables en amĂ©liorant l'Ă©tat des stocks. Ces progrĂšs, nous les devons surtout aux pĂȘcheurs. Ils ont acceptĂ© de nouvelles rĂšgles, modifiĂ© leurs pratiques parce qu'ils savent que protĂ©ger la ressource, c'est protĂ©ger leur mĂ©tier.

Une révision de la PCP ne doit pas balayer ses efforts en fragilisant les acquis environnementaux. Mais la PCP atteint ses limites. Trois défis majeurs se posent à nous : scientifique, démocratique et économique.

Le dĂ©fi scientifique est aussi un dĂ©fi de luciditĂ© et de pragmatisme. MalgrĂ© le respect des quotas, la reconstitution des stocks ralenti, le changement climatique, les pollutions et la concurrence des loyal des loyales sont autant de facteurs qui fragilisent les stocks. La politique commune des pĂȘches doit s'adapter Ă  ces rĂ©alitĂ©s.

Tout d'abord, nous souhaitons améliorer les données scientifiques en donnant à la recherche des moyens adaptés. Ensuite, nous proposons d'adopter une approche socio-écosystémique plus fidÚle à la complexité des écosystÚmes, des écosystÚmes marins et des interactions avec les activités humaines. Cette approche intÚgre les interactions entre espÚces, le changement climatique, les pressions cumulées sur les milieux, mais elle intÚgre aussi les interactions entre les activités humaines et les milieux, les réalités économiques et sociales des communautés littorales, leurs dépendances alimentaires et leurs emplois.

ProtĂ©ger la biodiversitĂ© et assurer l'avenir des pĂȘcheurs et des territoires cĂŽtiers sont deux objectifs indissociables. L'expertise scientifique et les savoirs empiriques des pĂȘcheurs doivent ĂȘtre aussi ĂȘtre mieux associĂ©s notamment par des campagnes communes de collecte de donnĂ©es. Le dĂ©fi dĂ©mocratique.

Ensuite, nous devons moderniser et rĂ©gionaliser notre modĂšle de prise de dĂ©cision. Les rĂšgles europĂ©ennes ne sont efficaces que si elles s'appuie sur les territoires. Les prudomines mĂ©diterranĂ©es montrent que lorsque les pĂȘcheurs participent Ă  l'Ă©laboration des rĂšgles, ils en deviennent les meilleurs garants.

Les conseils consultatifs rĂ©gionaux prĂ©vus par la politique commune des pĂȘches favorisent une gestion adaptĂ©e aux rĂ©alitĂ©s locales. Ils doivent ĂȘtre renforcĂ©s et davantage consultĂ©s dans les processus de dĂ©cision. Cette attention aux spĂ©cificitĂ©s locales est particuliĂšrement nĂ©cessaire. pour les rĂ©gions ultra pĂ©riphĂ©riques, trop souvent dĂ©laissĂ© par la PCP.

Renforcer la dĂ©mocratie implique aussi d'assurer une reprĂ©sentation juste des diffĂ©rents types de pĂȘche dans les instances de dĂ©cision. La pĂȘche artisanale qui constitue la majoritĂ© de la flotte europĂ©enne demeure trop peu reprĂ©sentĂ©e. Je propose donc de rĂ©server au moins 25 % des siĂšges des conseils consultatifs Ă  la pĂȘche artisanale.

Enfin, nous avons Ă  relever un dĂ©fi dĂ©mocratique et social. un dĂ©fi de souverainetĂ© et de justice. Nous devons permettre Ă  tous les pĂȘcheurs de continuer Ă  vivre de leur mĂ©tier.

Je propose ainsi d'instaurer un moratoire de 5 ans sur les projets de ferme usine de saumon en circuit fermĂ© qui viendrait concurrencer nos producteurs. Pour permettre Ă  tous les pĂȘcheurs de continuer Ă  pĂȘcher, je propose Ă©galement de mieux rĂ©guler l'accĂšs aux grandes des grands navires aux zones cĂŽtiĂšres pour prĂ©server la petite pĂȘche. Dans ce sens, nous proposons Ă©galement une rĂ©partition des costats plus justes en appliquant en appliquant enfin les critĂšres sociaux et environnementaux prĂ©vus Ă  l'article 17 de la politique commune des pĂȘches.

Nous devons Ă©galement lutter contre la pĂȘche illĂ©gale et contre la concurrence de pays tiers qui s'attribuent des quotas au-delĂ  des avis scientifiques. L'accord de dĂ©cembre sur le macro entre le Royaume-Uni, l'Islande, la NorvĂšge et les Ăźles ferroĂ©es est un exemple douloureux de cette concurrence qui menace la ressource et nos pĂȘcheurs qui en dĂ©pendent. Enfin, assurer l'avenir de la pĂȘche et aussi moderniser les flottes, accĂ©lĂ©rer la dĂ©carbonation et inciter les jeunes Ă  prendre la relĂšve en amĂ©liorant les conditions de travail et en soutenant leur installation.

Notre dernier dĂ©fi, c'est le dĂ©fi humain. La politique commune des pĂȘches doit rendre le mĂ©tier plus vivable au quotidien. Nous proposons par exemple d'instaurer des quotas pluriannuels pour Ă©viter l'incertitude qui pĂšse chaque annĂ©e sur les pĂȘcheurs.

Mes chers collĂšgues, l'avenir de la pĂȘche europĂ©enne ne se construira ni contre les pĂȘcheurs, ni contre l'environnement, mais avec eux. Le projet europĂ©en qui s'est construit sur les enjeux de la terre et de l'industrie doit aussi se mobiliser pour l'ocĂ©an. C'est notre responsabilitĂ© collective.

Je remercie. Merci mes chers collĂšgues. Je donne donc maintenant la parole Ă  notre collĂšgue Anapic.

Merci monsieur le président. Lorsque j'ai commencé à travailler sur cette proposition de résolution au début de l'année 2025, l'objectif était double. Il s'agissait dans un premier temps de participer à l'élan créé par l'organisation en France de la 3e conférence des Nations unies sur l'océan, UNOC 3, en engageant une réflexion sur la préservation de l'océan.

Il s'agissait ensuite de rattacher cette action Ă  un sujet auquel j'ai dĂ©jĂ  Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  de nombreuses reprises en tant qu'Ă©lu d'un territoire littĂ©roral, celui de la pĂȘche. Depuis, l'Unoc a eu lieu, je m'y suis d'ailleurs rendu avec des collĂšgues socialistes pour rencontrer les nombreux acteurs prĂ©sents sur place et l'annĂ©e de la mer 2025 s'est terminĂ©e. Mais ma dĂ©termination Ă  porter ces deux thĂ©matiques, elle n'a pas faibli.

Pourquoi ? Parce que l'espĂšce humaine est nĂ©e de l'ocĂ©an et qu'il est au cƓur de sa pĂ©rennitĂ©. Depuis notre apparition sur terre, l'ocĂ©an a rĂ©gulĂ© notre climat en absorbant plus de 90 % de l'excĂšs de chaleur et 30 % du dioxyde de carbone liĂ© aux activitĂ©s humaines.

Il nous fournit 50 % de l'oxygÚne que nous respirons et de la nourriture que nous consommons. Il abrite une biodiversité d'une richesse encore méconnue par certains aspects partie prenante de notre patrimoine commun. Vous l'aurez compris, il permet notre existence et sa préservation est indispensable au maintien de la vie humaine sur terre.

Vous avez sans doute déjà entendu tout cela, mais nous ne le répéterons jamais assez eu égard au péril qui le menace. Je pense évidemment au dérÚglement climatique, lequel provoque entre autres une hausse de la température de l'eau, de la salinité ou encore de l'acidité, autant de phénomÚnes enthropiques qui menacent le vivant. Je pense également aux pollutions multiples auxquelles il est confronté.

Nous avons tous en tĂȘte le flĂ©au du plastique, 80 % des dĂ©chets marins aujourd'hui et c'estes milliers de milliards de particules de microplastiques qui flottent Ă  la surface et plus ou moins profondĂ©ment dans l'ocĂ©an. Je pense enfin Ă  certaines pratiques de pĂȘche nuisibles, Ă  un milieu ocĂ©anique interconnectĂ© oĂč une lĂ©gĂšre modification peut entraĂźner des cascades environnementales aux consĂ©quences alarmantes. Ces pratiques sont justement l'objet de ma proposition de rĂ©solution et me voici donc devant vous pour vous prĂ©senter Ă  la fois le rĂ©sultat du travail menĂ© ainsi qu'une sĂ©rie de recommandations qui, je l'espĂšre, emportera l'adhĂ©sion collective.

Avant toute chose, je souhaite rappeler mon soutien aux pĂȘcheurs dont les mĂ©tiers, j'insiste sur le pluriel, sont particuliĂšrement difficiles, les plus accidentogĂšnes et les plus mortels de France. Il n'a jamais Ă©tĂ© question de leur faire du tort, de les pointer du doigt comme responsable de tous les mots de l'ocĂ©an. Bien au contraire, j'ai compris depuis bien longtemps qu'ils Ă©taient les premiĂšres victimes socialement et Ă©conomiquement de la menace qui pĂšse sur les ressources aliotique.

Si certains d'entre eux ont des pratiques vĂ©ritablement autodestructrices pour le secteur, loin de moi l'idĂ©e d'en faire une gĂ©nĂ©ralitĂ© et c'est justement vers la protection des pratiques les plus vertueuses tant que pour nos pĂȘcheurs que j'ai souhaitĂ© m'orienter. Au fil des auditions que nous avons menĂ© en amont de l'examen du tex, j'ai pu constater la place centrale qu'occupe l'Union europĂ©enne en matiĂšre de protection de l'ocĂ©an et de ses ressources. L'Union europĂ©enne dispose en effet d'une compĂ©tence exclusive concernant la protection des ressources biologiques de la mer en vertu de l'article 3 du traitĂ© sur le fonctionnement de l'Union europĂ©enne.

À ce titre, la Commission europĂ©enne dispose d'une compĂ©tence renforcĂ©e pour protĂ©ger les ressources aliotiques dans le cadre de la politique commune de la pĂȘche. D'autres textes Ă  valeur normative viennent complĂ©ter l'arsenal lĂ©gislatif europĂ©en. RĂšglement sur la restauration de la nature, rĂšglement sur le contrĂŽle des pĂȘches, rĂšglement relatif Ă  la conservation des ressources aliotiques et Ă  la protection des Ă©cosystĂšme marin par des mesures techniques.

Directive habitat, directive cadre stratĂ©gique pour le milieu marin, directive oiseau ou bien encore directive sur la planification de l'espace maritime. À cela s'ajoute l'adoption l'an dernier du pacte europĂ©en pour les ocĂ©ans qui engage les Étatsmembres Ă  renforcer la protection des aires marines protĂ©gĂ© appelĂ© AMP. En la matiĂšre, la France et ses 30 % d'AMP dans sa zone Ă©conomique exclusive fait figure de bonnes Ă©lĂšves au sein de l'Union europĂ©enne.

Il convient nĂ©anmoins de souligner que seul 0,1 % de ces AMP affichent aujourd'hui une protection forte. Pour remĂ©dier Ă  cela, une finalisation des analyses risque pĂȘche Ă  RP est attendue d'ici la fin de cette annĂ©e aprĂšs une mise en demeure de la France par la Commission europĂ©enne en 2020 et l'adresse d'un avis motivĂ© en 2022. En rĂ©sumĂ©, comme nous l'ont confirmĂ© les acteurs que nous avons auditionnĂ©s, l'Union europĂ©enne dispose d'un arsenal normatif efficace dĂšs lors que celui-ci est respectĂ© pour prĂ©server l'ocĂ©an, la ressource aliotique et son Ă©cosystĂšme.

Les donnĂ©es scientifiques en la matiĂšre en atteste. Est-ce que nous ne rencontrons aucun problĂšme ? Évidemment non.

S'il y a d'abord le flĂ©o de la pĂȘche illicite non dĂ©clarĂ© et non rĂ©glementĂ© qu'il est difficile par dĂ©finition de quantifier. D'aprĂšs les informations fournies par la direction gĂ©nĂ©rale des affaires maritimes de la pĂȘche et de la coaculture, elle correspondrait Ă  15 % des captures au niveau mondial. Surtout, elle souffre d'un vĂ©ritable dĂ©ficit en matiĂšre de contrĂŽle, d'un niveau de sanction particuliĂšrement faible et d'une extrĂȘme timiditĂ© de la Commission europĂ©enne lorsqu'il s'agit de les faire appliquer comme l'a soulignĂ© la Cour des comptes europĂ©ennes dans un rapport de 2022.

Pour toutes ces raisons, la prĂ©sente proposition de rĂ©solution europĂ©enne invite la Commission europĂ©enne Ă  renforcer sa police des pĂȘches et Ă  accentuer les sanctions Ă  l'Ă©gard des contrevenants. Elle propose Ă©galement d'aller plus loin en incitant la commission Ă  faire de la lutte contre la pĂȘche illicite non rĂ©glementĂ© une prioritĂ© de son action politique et diplomatique. Enfin, elle demande Ă  la commission d'imposer au pays tiers des mesures miroires sur l'importation des produits de la mer.

Autre limite Ă  laquelle nous sommes confrontĂ©s, celle du rendement maximum durable RMD, indicateur sur lequel se base la Commission europĂ©enne pour Ă©tablir les quotas de pĂȘche des États-membres. S'il existe un consensus de la comitĂ© scientifique pour dire que le RMD reste le meilleur indicateur en l'Ă©tat actuel de la recherche, celui-ci se heurte dĂ©sormais Ă  plusieurs obstacles. D'une part, les donnĂ©es sur lesquelles se basent des scientifiques pour Ă©tablir le RMD sont celles de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Les scientifiques sont souvent en lien avec les pĂȘcheurs pour tenter d'attĂ©nuer ce problĂšme et d'adapter au mieux leurs travaux. Il n'en reste pas moins que l'Ă©volution de la ressource et de son Ă©cosystĂšme peut ĂȘtre l'Ă©volution peut ĂȘtre significative d'une annĂ©e Ă  l'autre. Cela est d'autant plus vrai du fait du dĂ©rĂšglement climatique qui a un impact qui devient de plus en plus important.

D'autre part, le RMD pense les ressources comme si elles Ă©taient indĂ©pendantes les unes des autres alors qu'elles sont interconnectĂ©es comme nous l'avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© plus haut. DĂšs lors, et considĂ©rant le rĂŽle dĂ©terminant de la quantitĂ© de ressources prĂ©levĂ©es dans la dĂ©gradation de l'ocĂ©an, il m'a parut important de rappeler la nĂ©cessitĂ© d'amĂ©liorer les connaissances scientifiques des questions et entrĂ© Ă  l'ocĂ©an et d'inviter la Commission europĂ©enne Ă  prendre en compte les effets du dĂ©rĂšglement climatique dans le calcul de l'effort de pĂȘche. Enfin, les interlocuteurs que nous avons pu rencontrer Ă  l'occasion de la prĂ©paration du texte puis du rapport ont tous insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de trouver un juste