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Podcast / conversationLes Lueurs· 29 juin 2025 52 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleJustice

Tous vulnérables ? Ce que la mort de mon frère m’a appris sur la vie, avec Dominique de Villepin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Bonjour Dominique de Villepin, comment vous décririez-vous en dehors de vos fonctions politiques ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi et comment apprendre à dire non ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    Quelles sont les trois valeurs transmises par vos parents dans votre enfance ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Quelles valeurs vos parents ont-ils essayé de transmettre à travers votre éducation ?

  • 10:34OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a deux autres grandes lignes directrices de votre éducation transmises par vos parents ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a forgé votre vie avec une dernière ligne forte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:15Fait
    « Mon frère est mort quand j'avais 20 ans. Le frère aîné et ce frère dont j'étais très proche, je suis le second de la fratrie, a donc rencontré toute une série de difficultés qui sont liées à la maladie. »
  • 25:42Fait
    « Ce nom, d'abord, il se fabrique à travers un choix politique qui se fait avec Jacques Chirac qui, au nom de la France, considère que notre place, notre vocation, c'est de ne pas soutenir cette intervention et même de s'y opposer. »
  • 27:52Fait
    « Nous savons que ce que vous envisagez de faire est absurde. Vous imaginez que vous allez venir avec vos GI et que vous allez transformer le Moyen-Orient. »
  • 35:37Fait
    « Une démocratie, ça doit laisser la place à la minorité. 50 Dialoguer 50 plus un. C'est à dire on applique strictement la règle 50 % plus une personne et à partir de là, on croit qu'on a tous les droits. »
  • 38:34Fait
    « Vous ne gagnez jamais contre ça. Vous vous usez le fer d'avoir été et en telle et telle circonstance, d'avoir été couvert de merde, de sentir que les gens s'éloignent parce que c'est jamais agréable d'être avec quelqu'un qui est couvert de goudron et de plumes. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

C'était dur pour vous de défendre votre frère malade ? C'était dur car il était épileptique à l'époque. C'était une maladie qui faisait peur. Mais tout de suite, j'ai compris que. Il fallait prendre parti. Et donc j'ai pris évidemment le parti de mon frère. A quoi ça sert de se dire chrétien pour un responsable politique si vous n'êtes pas capable de le faire transparaître dans votre engagement, de le faire vivre à travers les choix que vous faites ? Le doute, les regrets, très souvent quand vous les exprimez dans la vie politique en direct, nourrissent le sentiment de fragilité qui encourage les observateurs à penser que vous êtes hémorragique. Le fait d'avoir été et dans telle et telle circonstance, d'avoir été couvert de merde, de sentir que les gens s'éloignent

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parce que ce n'est pas agréable. Personne n'a envie de fréquenter quelqu'un comme ça. D'abord, ça vous Rapproche de beaucoup. De gens et surtout ça vous rapproche de vous même.

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Bonjour Dominique de Villepin, bonjour. Un immense merci d'avoir accepté de venir sur le plateau des Lueurs. Vous êtes là la deuxième personnalité politique qu'on accueille. Mais juste avant, quand je vous ai dit que vous êtes la deuxième personnalité politique qu'on accueille, vous m'avez dit la politique, on ne peut pas me réduire juste à une personnalité politique. Si j'enlève justement les fonctions politiques que vous avez eues, votre nom, votre prénom, le type de personne vous êtes, comment vous vous décririez ? Ce que je vous ai dit, en vérité, c'est que je ne me sentais pas une personnalité politique parce que ce n'est. Pas ce n'est pas. La fonction et ce n'est même pas le désir qui me caractérise. Un homme public, oui, parce que je prends la parole, parce que je m'exprime,

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parce que j'ai des engagements et j'ai des convictions. Mais c'est surtout quelqu'un engagé dans la vie de la cité. Et et. Donc ça dépasse et ça déborde le cadre de la politique. Je n'ai pas de je n'ai rien à demander. Je ne. Je ne cherche pas à défendre la position d'un parti politique. Je défends des convictions, je défends un engagement personnel. Je défends un certain nombre d'expériences. Que j'ai eu. La chance de pouvoir faire, des erreurs que j'ai pu commettre. Et voilà, je veux partager des leçons et je veux partager aussi. Des. Leçons de l'histoire qui sont importantes dans le métier qui a été le mien, de diplomate. Alors justement, je vous reçois aussi parce que vous publiez un essai qui s'intitule Le pouvoir de dire non chez Flammarion.

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Et donc, à chaque commission des lois, on se pose une question, une question de 2 h du matin. Et donc la question qu'on va se poser ensemble tout au long de l'émission, comme un fil rouge, c'est pourquoi et comment apprendre à dire non. Et on va essayer de questionner à travers toute votre trajectoire, tout votre parcours. Qu'est ce qui a forgé votre socle de valeurs ? Qu'est ce qui a forgé votre capacité aujourd'hui à dire non ? On a une petite habitude juste avant, c'est de faire connaissance. Grâce à trois cartes, vous allez pouvoir retourner celle qui est la plus à gauche. Vous allez découvrir une phrase et je vous laisse la compléter sagement. Ce qui n'est. Pas mon habitude. Donc je vous la lis. Plus jeune, j'ai toujours pensé que mon destin était deux.

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Parfois, quand on est jeune, on projette sa vie. Comment je m'imagine quand je serai grand ? Ça ressemblait à quoi ? Ça ressemblait à. Un l'esprit de service. Qui. Enfant, m'a marqué. J'adorais les histoires de chevalerie, j'adorais l'histoire de France. Et donc je m'imaginais. Pouvoir aussi apporter ma contribution, ma petite pierre à l'édifice commun, à l'édifice national. J'ai admiré successivement la figure de Jeanne d'Arc, la figure d'Henri quatre, l'édit de Nantes. Voilà une décision qui me fascinait. Comment est ce que quelqu'un, à un moment donné, a le courage. De. Vouloir empêcher les divisions religieuses ? Comment quelqu'un comme Jeanne d'Arc, à un moment donné,

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veut empêcher l'abaissement de la France ? Cette capacité.

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Des hommes et des femmes à s'opposer à ce qui apparaît comme une fatalité. Et ce qui est extraordinaire et que je trouve personnellement fascinant, c'est qu'ils ne sont pas nombreux au départ. C'est le choix d'une femme ou d'un homme. Et puis, et puis les autres suivent, entraînés par un mouvement. Et c'est ça. Qui que je trouve étonnant, c'est qu'on se dit comme citoyen et je me le suis dit commençons nous. Ça nous confère une responsabilité.

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On va le voir tout au long de l'émission parce que ce qui n'est pas évident, c'est de savoir quel est le nom qu'il faut poser pour quelque chose de plus grand ou quel est le nom qui devient de l'orgueil. Quand vous dites Ils n'étaient pas nombreux, C'est une femme, c'est un homme. A l'époque, des gens devaient leur dire Mais t'es complètement à côté de la plaque. En fait, faire cette différence, cette différence entre le nom qui s'élève et le nom qui s'abaisse, ça vous a déjà intéressé ce questionnement là ? Je pense que c'est c'est la clé. Et la réponse, elle est pas très compliquée, c'est que quand on se lève pour dire non, on le. Fait. Au nom d'une valeur, au nom d'un principe. Et c'est ce. Que je crois être profondément. L'histoire de notre pays. Une nation peut s'abîmer

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dans son incapacité à dire non. Le régime de Vichy s'est, à un moment donné le sentiment que face à l'urgence, face à l'occupation, il valait mieux se résigner. Et le nom du général de Gaulle vient nous apprendre qu'il y a. Non, il y a un principe la France ne se couche pas, la France ne s'abandonne pas. Et l'idée que, somme toute, nous avions davantage intérêt à composer avec les Allemands plutôt. Que de nous. Opposer à eux, eh bien, c'était renoncer à ce principe. Et comme diplomate, je me suis senti très tôt la vocation. Et. Ce privilège inouï de défendre la parole de la France et l'action de la France dans le monde. La vie d'un diplomate, c'est la capacité à incarner ces principes. Et c'est quelque chose.

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Que. J'ai appris dès l'enfance. Mon père, par le souci qu'il avait du monde, la passion qu'il avait du monde et des 5 h du matin. Il mettait sa radio en ondes courtes et il nous réveillait parce qu'il écoutait le bulletin de nouvelles de Londres, d'Italie ou des Etats-Unis. Tous les grands événements du monde s'invitaient dans notre salon, s'invitait dans notre table à manger comme si. Au même. Titre que les nouvelles familiales, ce qui se passait dans le monde nous concernait intimement et nous nous sentions associés en joie, en tristesse, au bonheur et au malheur du monde. C'est quoi, durant votre enfance ? Les trois valeurs qui vous ont transmis vos parents ?

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Pas des vous, pas des grands principes qu'on pourrait transposer dans la vie politique, mais vraiment des valeurs pour un homme comme vous, pour un enfant ? Je ne sais pas. Par exemple l'écoute de l'autre, par exemple, le service, par exemple, le respect sont de sa personne, de son corps. C'est quoi les trois choses qu'ils ont essayé coûte que coûte de transmettre à vous ? Dominique de Villepin. La première, la première valeur, elle est liée à l'histoire de ma famille. C'est que mon frère. Est tombé malade quand. Il avait sept ans. Et. Donc nous étions confrontés toute la famille à cette épreuve. Frère extrêmement brillant à l'école qui du jour au lendemain, du fait des médicaments qu'il devait prendre, a. Été.

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Dans son temps, dans ses études. Il savait combien de frères et sœurs j'avais. J'en ai quatre et mon. Frère est mort quand j'avais 20. Ans, Le. Frère aîné et. Ce frère dont j'étais très proche, je suis le second de la fratrie, a donc rencontré toute une série de difficultés qui sont liées à la maladie. Et à. Ce que provoque parfois la maladie, la stigmatisation, le rire d'un certain nombre de camarades d'école et autres. Et donc, la première. Leçon que m'a inculqué. Mes parents. C'est on n'a jamais honte de ceux qu'on aime. On les défend. On n'a jamais honte de ce. Qu'on n'a jamais honte, de ce qu'on aime, on les défend en toutes circonstances. C'était dur pour vous de défendre votre frère malade ou c'était. C'était dur parce que il était épileptique à l'époque.

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C'était une maladie qui faisait peur. Et c'était. Une maladie qui pouvait provoquer des crises en toutes circonstances. Et quand vous avez eu. Quand vous avez eu. Sept, huit, neuf, dix ans, c'est pas facile de connaître la bonne réaction. Mais tout de suite, j'ai compris que. Et il fallait prendre parti. Et donc j'ai pris évidemment le parti de mon frère. Et donc. J'ai appris à m'opposer à tous ceux qui pouvaient s'en moquer et à tous ceux qui pouvaient choisir d'en rire. Et ça m'a donné une. Conviction dans la cour de récréation quand on est jeune, c'est d'être du côté de ceux qui très souvent se font charrier, se font harceler.

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C'est c'est cette idée que. On ne joue pas avec la meute. On ne joue pas en. Meute et. Que tous ces comportements faciles, tous ces comportements qui font qu'on se sent forts parce qu'on est en groupe. Eh bien il faut. Il faut les combattre. C'est un premier nom à poser dans la cour de récréation. C'est beaucoup de solitude. C'est beaucoup de solitude parce que.

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C'est tellement facile de rire en groupe, c'est tellement facile. De. S'amuser en groupe et c'est plus difficile de tenir. Quand on est attaqué, quand. On se sent même parfois vulnérable. Donc oui. Ça creuse une solitude, mais ça creuse aussi. Une conviction, c'est que celui qui est le plus faible, celui qui est vulnérable, mérite qu'on con, qu'on se tourne vers lui. La capacité à dire non puisque c'est justement la capacité à se poser avec des valeurs, avec des sentiments. Ça, ça vous conforte dans l'idée que quel que soit le combat

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qui soit à mener, eh bien il mérite d'être mené jusqu'au bout. Quand on regarde l'histoire de la République, la liberté, l'égalité, la fraternité, la première chose qui frappe, c'est à quel point nous sommes peu capables de mettre en pratique au quotidien toutes ces valeurs. La laïcité, à quel point nous sommes capables parfois de transformer ces valeurs en des armes alors qu'elles sont faites pour nous aider à mieux vivre ensemble. Et je pense que cette. Cette. Prise de conscience. Elle est. Elle est importante parce qu'elle, elle nous dit on a un pouvoir chacun et ce pouvoir, il faut l'exercer, On l'exerce vis à vis de celui qui est à côté de nous, on l'exerce au sein de sa famille, on l'exerce au sein de son entreprise, on l'exerce au sein de son administration

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et ça peut changer beaucoup de choses. Et cette responsabilité, je pense qu'il faut être capable de l'exercer. Donc moi, j'entends que vos parents et il y a la maladie de votre frère, vous transmettent la prise en compte de la vulnérabilité de l'autre, de sa souffrance et la capacité à s'y opposer. Est ce qu'il y a deux autres valeurs, deux autres grandes lignes directrices de votre éducation qui sont transmises par vos parents, vos parents ? La deuxième expérience qui devient donc une deuxième leçon pour moi. C'est que j'avais.

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Triché à l'école. La sanction donc tombe. Mais ce qui m'avait frappé, c'est que la sanction. De l'école était banale, comme. Le sont souvent dans ces cas. Là. Puisque c'était une pratique courante dans la classe qui était la mienne. Vous avez recopié 400 fois je ne tricherie. Plus, C'est que ça devait. Être de cet ordre là. Mais par contre, la sanction de mon père et de ma mère a été immédiate. Je me rappelle, je devais avoir treize ans. Le cadeau. Que m'a fait ma mère, c'est m'a. Dit Ecoute. En guise de punition, tu vas aller t'occuper des enfants dont elle s'occupait elle même, qui étaient des enfants. Qui. Étaient dans une institution pour enfants délinquants. Et tu vas participer à l'alphabétisation, ces enfants. Et donc je me suis retrouvé

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avec des enfants de sept ans, huit ans, neuf ans. Vous avez quel âge ? A cette époque. J'avais treize ans. Et je me suis occupé de ces. Enfants et c'était le plus beau cadeau que ma mère puisse me faire. Donc la punition, c'était de passer du temps à se donner pour les autres. Oui, c'est en tout. Cas, ce n'était pas présenté comme une punition, mais c'était, c'était. Voilà, il faut que tu comprennes et il faut que tu apprennes. Et je me suis retrouvé donc devant ces enfants, et ça a été une chance extraordinaire, parce que là aussi, c'est eux qui m'ont, qui m'ont appris à quel point. Le. Propre malheur de leur vie pouvait les avoir amenés à faire un certain nombre d'erreurs et de bêtises. Mais à quel point Il y avait aussi de la joie, à quel point il y avait de l'enthousiasme,

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à quel point il y avait de la volonté d'apprendre, de la curiosité. Et ça, ça m'a nourri. Et ça m'a. Convaincu que rien n'est écrit. Il n'y a pas d'un côté des êtres qui sont déterminés à faire le mal des autres, qui sont déterminés à faire le bien, qu'il doit y avoir une deuxième chance, qu'il doit y avoir la possibilité d'accompagner ceux qui justement n'ont pas cette chance là. Et je me rappelle qu'un des enfants qui, quelques jours plus tard, a. Réussi à obtenir. La permission de quitter la situation pour entrer dans une autre ayant eu un parcours très méritant, s'est fait écraser par une voiture. Et je me rappelle la tristesse de tous, de tout ce groupe d'enfants. Il y a. Dans. Le fait de pouvoir rentrer dans la vie des autres,

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la capacité tout à coup à éclairer. Quelque. Chose de. Neuf et de. Sortir de soi. C'est, je pense, la chance que j'ai eue dans mon enfance, c'est de pouvoir m'ouvrir à des milieux différents. Donc cette cette idée que rien n'est écrit. L'injustice et est. Ancrée très profondément dans nos sociétés. Mais on peut se battre contre, on peut renverser la fatalité. Il y a une. Sorte de devoir à continuer. À. Nous battre pour essayer de changer les choses. Moi je retiens en tout cas, rien n'est écrit. La facilité à se mettre du côté de la meute alors qu'en fait, il y a aussi la défense du plus faible, de celui qui est vulnérable et l'ouverture aux autres, l'ouverture à la différence et à l'inégalité.

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Trois grandes lignes directrices de votre éducation. On peut se dire que c'est ça qui a forgé votre. Vie avec une. Dernière ligne forte. C'est. Rien n'est acquis, tout est à faire. Même quand on grandit dans un endroit quand même. Vous l'avez dit à ces privilégiés. Et surtout. Surtout, surtout, comment on pourrait. Se dire en France, on est très comme ça, On pourrait se dire attendez, vous êtes né avec une cuillère d'argent dans la. Bouche, ce c'est compliqué. Et surtout chez mon père et chez ma mère, il y avait cette idée Ce n'est pas parce que tu a réussi ton bac, c'est pas parce que tu as fait Sciences-Po, ce n'est pas parce que tu as fait l'ENA que ta vie est réussie. C'est pas ça la vie. C'est quoi une vie réussie alors ? Eh bien justement, c'est une vie qui s'accomplit

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jour après jour dans un engagement. C'est une vie qui ne se contente pas de la valeur d'un diplôme, qui ne se contente pas d'une réussite sociale. J'ai toujours été allergique à tout ce qui ressemble aux honneurs. L'idée de faire partie de tel et tel cercle où on retrouve toutes les têtes couronnées du pays. Je n'ai jamais, je n'ai. Jamais. Pu l'accepter parce que je n'ai jamais trouvé ma place dans dans. C'est dans ces institutions, dans ces enceintes, C'est quoi ? Vous y sentez pas très à l'aise ? Quoi ? Non plus que ça. Je pense que c'est trahir ce que je suis. C'est trahir la chance que j'ai eue dans la vie. Et. Rien n'est plus important pour moi que d'être fidèle. À.

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Ces vérités de l'enfance, ces vérités que j'ai découverte au fil des différents pays où j'ai vécu l'histoire qui est la mienne. C'est pour ça que j'y passe du temps. C'est parce que la suite dans le non à lire, à venir dans la politique, c'est que tout procède de là. Tout, oui, tout s'écrit là dedans dans l'idée que.

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Face à la justice, face à ce que l'on croit être une certitude, eh bien il faut toujours tout remettre en cause. Et c'est pour ça que j'ai gardé de cette enfance l'idée qu'il fallait penser contre soi même. Il ne fallait pas imaginer qu'on détenait une fois pour toute la vérité que l'éducation. Et ça, c'est quelque chose auquel mes parents tenaient beaucoup. Ce n'est pas uniquement quelque chose qui vient des parents vers les enfants. Moi, dans ma famille, c'était chez mes parents et c'était vrai. Et ça a été vrai aussi. Moi comme parent avec mon épouse. Vis à vis de nos enfants, l'éducation va dans les deux sens et sans doute beaucoup plus d'ailleurs. Du côté des enfants. Envers les parents, j'ai beaucoup plus appris. De. Mes enfants que je n'ai pu, moi, leur enseigner.

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J'ai essayé par l'engagement qui est le mien, par la vie qui est la mienne, de leur montrer le chemin auquel je croyais. Juste parenthèse, le truc que vous ont appris vos enfants et dont vous vous rappelez encore aujourd'hui tous les jours, C'est quoi l'enseignement ? Vous vous dites Waow, ça franchement, c'est mes enfants qui me l'ont enseigné. Le choix des mots, le choix des mots, le choix des mots. J'ai été très touchée quand j'ai vu, par exemple mes filles me dire non, tu ne peux pas dire ça, tu peux pas dire ça, tu sais, ça, ça blesse, ça, ça blesse. Et souvent, quand on rit. On fait une blague. Qui se fait aux dépens de quelqu'un. Et ça. J'ai compris beaucoup avec mes enfants. Le risque de l'essentialisation, le risque de la stigmatisation.

17:08

Et une fois de plus, dans une tradition française, il y a cette idée du rire un peu. Gras où on se moque. De tel ou tel, on prend pour cible telle et telle. Et là, j'ai vu avec mes enfants qu'on avait changé de monde. J'ai vu avec mes enfants qu'il fallait être attentif. Aux mots. Que l'on choisissait et que ces mots pouvaient faire beaucoup de dégâts. Ces mots pouvaient faire de la peine, ces mots pouvaient donner le sentiment d'exclure. Dans le fond, on a souvent pris l'habitude en France, de rire aux dépens d'eux. Et bien le dépend d'eux, c'est c'est des hommes, c'est des femmes, Ce sont des enfants qui se sentent exclus. Et ça m'a renvoyé à ce que j'avais vécu dans la cour de récréation à Caracas, ce que j'ai vécu aussi en pension à Toulouse, dans une cour de récréation.

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Il y a toujours une partie de la cour de récréation, une partie de la classe dont on se moque, qui est en quelque sorte le souffre douleur. Et les. Fortes têtes se font les dents sur sur cela. Et c'est pour ça que je me suis rappelé qu'enfant, j'avais le goût et le désir de me porter à chaque rentrée vers les nouveaux, vers ceux qui ne trouvaient pas spontanément leur place. Et là, mes enfants m'ont renvoyée en quelque part à ma propre enfance et je me suis dit oui, il faut être fidèle à ce que j'ai ressenti quand j'étais enfant et ce qu'ils ressentent eux, aujourd'hui, y compris à travers le choix d'une blague ou le choix d'un mot. Donc je pense que cette éducation se fait, oui, plus que jamais, à travers des époques qui changent, à travers des sensibilités qui changent.

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On a besoin d'être guidé aussi par ces enfants. Je ne sais pas si ceux qui nous écoutent, qui nous regardent, le ressentent ou ont l'habitude de vous écouter, Mais moi c'est vrai que quand je vous écoute et là c'est après ça que je vous rencontre, on sent que je sent le combat qui vous habite, c'est à dire l'envie de l'envie de mieux, l'envie de changement, l'envie de. Non. Vous avez écrit en 2002 dans Le Cri de la Gargouille C'est dans le silence que se forme le cri du juste hors contexte de ce livre. Moi, ce qui m'intéresse, c'est est ce que vous vous souvenez, à l'adolescence ou à un autre moment, le moment en vous, Il y a comme un cri, il y a comme un combat, il y a comme quelque chose qui s'impose à vous, qui va être le moteur du combat de votre vie.

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Et est ce que vous venez d'une prise de conscience ? Mais je ne peux pas passer à côté de ce qui m'habite maintenant. C'est parfois le décès d'un proche. Pour certains, c'est des événements tragiques, des événements heureux, c'est des rencontres. Vous, c'est quoi ce moment où tout ce qu'on vient d'aborder ensemble devient un cri, devient un moteur, un moteur qui vous amène encore aujourd'hui à parler avec cette intensité qui vous caractérise, mais aussi avec ce combat qui, j'imagine, continue de vous faire lever le matin avec une rage de vivre énorme. Ça me ramène à mon frère. J'ai passé mon bac quand j'étais. En première parce que je voulais rejoindre mon frère qui lui allait essayer. Il avait deux ans de plus que moi.

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Elle essayait de passer son bac alors que tous les médecins, tout le monde avait toujours dit jamais il n'y arrivera. C'est pas possible compte tenu de la médication, il ne pourra pas passer son bac. Et ma mère s'était mis dans la tête qu'il le passerait. Et donc je me suis dit voilà, tu viens passer ton bac. Et. Part à New York. Je m'étais inscrit en licence de lettres par correspondance. Je voulais préparer un bac scientifique par ailleurs, et donc je pars à New York avec l'idée de l'aider à passer son bac. Et mon frère, quand je suis arrivé me dit Ecoute, tu viens de passer ton bac. Je suis l'aîné mais je te donne. Je te donne mon droit d'aînesse. Et là.

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Stupéfait Non, il n'y a aucune raison ici. Maintenant, c'est toi qui est l'aîné. Et j'ai passé un an avec mon frère à partager avec lui la préparation du bac. Et mes. Beaucoup à travers la poésie. Et j'ai partagé avec lui la passion que j'avais des poètes et surtout des poètes maudits. Truche. Borel, Gérard de Nerval, Antonin Artaud, en lui montrant que il y avait des êtres extraordinaires, blessés par la vie, qui avaient pu trouver en eux la force de faire partager.

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Cet or qui existait en eux et qui et qui nous permet aujourd'hui, parfois des siècles. C'est ce que vous. Livre, c'est ce que vous essayez de transmettre. À votre frère. Et c'est ce que je transmets à mon frère qui. C'est. Anecdotique. Mais obtient. Un 19 au bac de français qui bouleverse son. Professeur et. Mais surtout dont la transformation, la métamorphose. J'ai vu mon frère qui est. Mort. Un an plus tard. J'ai vu mon frère se métamorphoser, lui qui. Était. Plein de la violence et de la rage. Que donne. L'incapacité de faire et d'accomplir tous les rêves qu'on voudrait faire. J'ai vu la sagesse, j'ai vu l'humanité, j'ai vu le la volonté de partage. Et.

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Nous sommes partis. Pendant l'été, il s'était inscrit en licence de droit et nous sommes partis pendant l'été dans les pays du. Nord et. En Norvège, Suède, etc. Et il est mort au retour, alors que nous étions en Bretagne, dans une vie qui avait été totalement accomplie, une vie qui m'a laissé, moi, la plus grande leçon de vie que je puisse jamais avoir dans la vie. C'était une leçon que d'être capable ainsi. De se. Changer soi même, puisque dans le fond, c'est le but de toute vie, c'est de ne pas se considérer comme, comme achevé, mais d'essayer de se transformer au fil de la vie, au fil des rencontres, au fil de l'idéal que l'on veut servir. Et là, il. Y avait pour moi véritablement un parcours. Et.

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J'étais heureux que ce soit beaucoup par la poésie, pas par le fait de pouvoir s'appuyer sur des êtres qui avaient été au bout du désespoir. René Char a une très belle formule, un très bel aphorisme J'ai ramené du désespoir un panier si petit, mon amour, qu'on a pu le tresser en nous y. Et il y avait dans. Le partage que j'ai eu avec mon frère un moment très très fort pour moi et qui est resté très fort et qui a constitué et qui constitue encore une des passions de ma vie. Et qui est. L'affection que j'ai pour Gérard de Nerval. Gérard de Nerval se retrouve lors de la deuxième grande crise qu'il a de folie. Dans. L'asile du docteur Blanche. Qui est. Sur les bords de Seine, du côté de Passy,

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et dans cet asile qui était un asile où on pouvait entrer et sortir dans les périodes qui n'étaient pas les périodes les plus graves de folie.

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Gérard de Nerval se voit confier la tâche par le docteur Blanche, donc médecin psychiatre si l'on peut dire aliéniste, se voit confier la tâche de s'occuper d'un patient qui venait d'arriver, qui arrivait d'Afrique, qui s'appelait Saturnin et qui est complètement enfermé en lui même, qui ne peut pas dire un mot. Et pendant des heures, Gérard de Nerval prend Saturnin contre lui et lui parle, lui chuchote à l'oreille jusqu'à un moment où, après plusieurs jours, il prononce son premier mot. Saturnin, par l'affection, par la tendresse. Le. Fil des mots ont été retrouvés et je me suis dit dans le fond, toute la vie, c'est quoi ? C'est de trouver le mot juste au moment juste,

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c'est de trouver le geste juste au moment. Combien de fois on se lève la nuit en se disant j'aurais dû dire ça, J'ai rencontré telle personne qui est venue me demander telle chose et j'aurais dû faire ça. Et cette angoisse, ça a été celle de ma mère toute sa vie. Chaque matin, elle me disait Tiens, j'étais dans un dîner, on m'a dit ça. Et. J'ai pas su quoi répondre. Et elle m'a dit J'ai pas dormi de la nuit, mais si j'avais pu, j'aurais dû lui dire ça. Et je pense que le combat de la vie, c'est de trouver le mot juste au bon moment, de trouver le geste juste au bon moment qui fait que votre vie prend plus de sens. Et souvent on ne le fait pas par peur, par peur du ridicule. Et c'est quelque chose que mes parents m'ont enseigné. On ne dit jamais assez

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je t'aime aux gens qu'on aime et souvent on se dit tiens, mais j'aurais dû lui dire et c'est trop tard. Et donc cette capacité à vivre chaque moment comme si c'était le dernier à vivre chaque engagement, comme si c'était l'engagement de votre vie et qu'il n'y en aurait pas d'autre dans la fidélité à tout ce qui a été votre vie. Je crois cette logique du fil à plomb dans la vie.

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J'aimerais justement qu'on parle un peu du non en politique. Vous venez d'y faire référence le discours du 14 février 2003 où vous dites non à l'engagement de la France dans la guerre en Irak. Tout le monde s'en souvient. Comment ce nom se cristallise à ce moment là ? Ce que vous pouvez nous le partager ? Alors ce nom, d'abord, il se fabrique à travers. Un. Choix politique. Qui se fait avec. Jacques Chirac qui, au nom de la France, considère. Que notre. Place, notre vocation. C'est de ne pas. Soutenir cette intervention et même de s'y opposer. Et Jacques Chirac est le dernier président de la République qui avait l'expérience de la guerre.

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Et. Cette expérience là, l'amener à savoir. Que. Plaider en faveur d'une intervention, c'est quelque chose qui. Pouvait se payer. En vies humaines. Et. Se payer en conséquences pour les peuples. Au cœur du gaullisme, de Jacques Chirac. Et. Du mien, il y a cette idée que bien sûr, il y a des relations d'Etat Etat. La politique internationale, ça se fait entre les Etats, mais il y a aussi des peuples. Et l'idée que la France, qui avait connu. Avec. Napoléon Bonaparte l'épreuve de la guerre d'Espagne contre. Le. Peuple espagnol, l'épreuve de la campagne de Russie et qui avait été battue dans les deux cas

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contre une armée de pouilleux et de moines. En. Espagne, contre une armée qui refusait le combat en Russie. La retraite de Russie avait été quelque chose d'épouvantable que notre pays, qui avait connu la guerre du Vietnam et qui avait dû capituler. À Diên. Biên Phu, qui avait connu la guerre d'Algérie, que j'ai eu par ma famille vécu de près. Et qui. Ayant gagné militairement mais ne pouvant pas transformer cette bataille militaire en bataille politique, eh bien tout ça, nous ne pouvions pas l'ignorer. Nous étions comptables de ces leçons de l'histoire et notre devoir, c'était de dire aux Américains Écoutez, nous savons. Et Jacques Chirac connaissait par cœur le Moyen-Orient.

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Nous savons que ce que vous envisagez de faire est absurde. Vous imaginez que vous allez venir avec vos GI et que vous allez transformer le Moyen-Orient. On a lacs de paix, de pays démocratique que vous allez rentrer par la porte de Bagdad, sortir par la porte de Jérusalem en faisant la paix partout. Tout ça est absurde. Vous allez semer la mort, vous allez semer le chaos. Et c'est cette conviction qui fait que il n'y avait aucun doute possible. Vous vous souvenez avant qu'on avance dans notre échange d'une fois, pas forcément sur des grands enjeux géopolitiques comme ça, où ?

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Vous n'avez pas trouvé la force de dire non, où en fait ou où parfois vous avez été confronté comme nous. Quand je dis comme nous, c'est comme des personnes qui ne sont pas médiatiques. Ah bah là j'ai j'ai pas la force de dire non, ou alors c'est trop compliqué. Ou alors je je je je dois passer à la suite. Est ce que. Est ce que pour vous quand même, cette hésitation là. Elle. Elle est arrivée dans votre vie ? Quoi ? Oui, elle est arrivée. Et il m'est arrivé. De ne pas trouver la parole juste. Et. Donc de ne pas pouvoir adopter avec fermeté la position que j'aurais voulu avoir. On prend un exemple. Dans. Un drame que vous. Avez évoqué. Avec François Molins, celui de. Bouna et Zayed. J'étais Premier. Ministre.

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Le ministère. De l'Intérieur sort un communiqué pour indiquer qu'à la suite d'un cambriolage. Des jeunes avaient. Pris la fuite. Et. Et évidemment, ce communiqué donnait le sentiment de mettre en cause ces jeunes comme s'ils étaient des délinquants, et il s'est avéré qu'ils ne l'étaient en aucun cas. Et donc j'ai pu à un moment donné, reprendre des mots, reprendre un communiqué. Et. Évidemment, en toute bonne foi, parce que c'était l'expertise qui était donnée par le ministère de l'Intérieur. Et j'ai eu le sentiment. De. Ne pas être à la hauteur de la tâche qui était la mienne. Et. De ne pas faire ce que je. Devais. De la même façon, au moment du CPE. Quand.

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Les manifestations ont grandi, j'ai bien compris que ce que je voulais faire et qui était ce. Qui avait. Été, qui avait été nourri par l'expérience de la crise des banlieues, c'est parce que j'ai vu l'injustice qui était faite à ces jeunes des banlieues qui avaient parfois cinq, six, sept ans d'études, ne se voyaient proposer aucun emploi, que j'ai imaginé un contrat qui au bout de deux ans devenait un cdi qui puisse permettre à ces jeunes de rentrer dans l'emploi sans que les patrons hésitent à les embaucher. Mais je me suis rendu compte que c'était vécu comme une injustice, que c'était vu comme de la précarité. Et je me revois me tournant vers mes collaborateurs en leur disant inventons quelque chose. Et. Tout, tout quelque chose. Pour communiquer ou pour.

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Eux, pour sortir de ce merdier, pour pour, pour eux, pour trouver le moyen de corriger l'incompréhension qui était. Qui était nouée. Autour de moi. Je ne montre pas ça à la télé ou dans les médias, non pas pour faire de la realpolitik petite, mais je vais dire pourquoi on n'accepte pas le doute, le regret. Quand je vous entends, on se dit mais à l'époque, parce que le CPE, c'est le contrat première embauche et des manifestations monstres, c'est une jeunesse qui se révolte contre et contre ces hommes et ces femmes politiques du moment. Pourquoi on dit pas attendez juste de seconde, là, il faut, il faut, il faut qu'on sorte de là. On s'est mal compris. Ou alors vous savez quoi ? On prend un an, on revient. Pourquoi ? Pourquoi on rajoute ?

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On rajoute, On rajoute de la com, de la com, des éléments de langage, éléments de langage, de la protection de l'impression. Là je ne parle pas de vous directement, mais mais c'est aussi cette authenticité là qui manque peut être. Parfois on a l'impression qu'on attend dix ans pour savoir ce qui s'est passé, pourquoi. Et je l'ai vécu à plusieurs reprises dans ma carrière politique et beaucoup comme conseiller. De Jacques Chirac. Le doute. Les regrets ? Très souvent, quand vous les exprimez dans la vie politique en direct, dans l'écosystème politico médiatique, nourrissent le sentiment de fragilité. Qui. Encourage les observateurs à penser que vous êtes hémorragique. Or, c'est la grande.

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Règle de. L'hémorragie. Quand vous nagez en mer, que vous saigner, les requins arrivent et dont vous vous êtes manger tout cru où les piranhas arrivent. C'est l'histoire. La personne qui va sur une émission d'information continue. Il raconte son truc et en fait il est mort. Exactement. C'est à dire. Que c'est. La grande règle que se fixent les résistants mais se fixent aussi les criminels, n'avoue jamais la moindre reconnaissance, la moindre inflexion dans les certitudes que vous énoncez, donne le sentiment que vous êtes fragile, que vous êtes prêt à rompre, que vous êtes. Prêt. À vous rendre et c'est en ça que c'est compliqué. Mais je pense qu'il n'y a pas de fatalité et que de la même façon qu'on doit s'ouvrir

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à la vulnérabilité de l'autre, je pense que la politique a un effort à faire sur elle même. Je pense qu'il n'y a pas de fatalité et je pense qu'il faut être assez fort pour pouvoir faire montre de ses doutes, de ses inquiétudes, de ses idées, de ses hésitations, y compris en revenant en arrière. Mais pour arriver à ça, il faut une force intérieure, il faut une expérience. Ce n'est pas quelque chose que vous pouvez faire à 30 ans, c'est pas quelque chose que vous faites à 40 ans. Regardez Emmanuel Macron, il ne peut qu'être droit dans ses bottes parce que la moindre hésitation, et c'est évidemment la conviction qu'il peut avoir que le sol se dérobe sous ses pieds. Mais la vie doit nous. Amener à une. Maturité politique qui transforme le doute,

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qui transforme l'interrogation en force. Et j'en reviens à une des leçons que j'ai appris enfant les questions doivent venir avant les réponses. Et je me rappelle. À la maison. Quand j'affirmais quelque. Chose. Dans la force de la conviction qu'on a quand on. A. Quinze ans ou seize ans. Et à chaque fois, mes parents me faisaient revenir en arrière. Oui, mais est ce que tu t'es posé la question suivante. Et. Refaire le parcours qui a conduit tout à coup. À. Une position abrupte, à une position sans nuance, à une position qui est une position fermée ? Et si vous mettez les questions avant les réponses,

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vous êtes capables alors d'ajuster à chaque fois et de corriger. Il n'y a pas de. Il n'y a pas de devoir parfait en politique. Et c'est tout l'intérêt de ce rapport entre. Le. Pouvoir et le peuple. Le référendum, les conventions citoyennes, c'est de l'expérimentation, c'est de pouvoir introduire ce paramètre de doute, ce paramètre. De. Tion qui est mortel aujourd'hui en politique, mais qui a pour vocation, si l'on veut qu'une démocratie soit vivante, à être intégrée à travers des mécanismes de la vie publique. En gros, il faut que les politiques publiques intègrent ce que les artistes appellent le repentir. Vous savez, en peinture, quand un peintre. Fait un. Geste de trop sur la toile, eh bien il l'efface.

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Ça s'appelle un repentir. C'est comme ça. Que dans la fameuse. Toile de Courbet, l'Atelier. Il y a. Sur le côté droit un personnage. Qui a été. Quasiment effacé, qui est la maîtresse de Baudelaire, que l'on voit dans un coin. Jeanne Duval Vraisemblablement parce que Baudelaire a dit à Courbet Attention, c'est quelqu'un qui qui sent le soufre, donc je ne veux pas être avec elle sur la toile. Et donc ce personnage est effacé. Le repentir, on doit l'assumer dans une démocratie parce qu'une démocratie progresse de ses erreurs. Une démocratie progresse justement de ces hésitations et ça permet d'entraîner tout le monde. Pourquoi est ce que les démocraties tellement fragiles aujourd'hui ? Parce que nous sommes devenues des gens qui sont des adeptes du 50 plus saint.

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Une démocratie, ça doit laisser la place à la minorité. 50 Dialoguer 50 plus un C'est à dire on applique strictement la règle 50 % plus une personne et à partir de là, on croit qu'on a tous les droits. A partir de là, on croit qu'on est président de droit divin sur l'ensemble des Français. Mais il faut donner des gages, il faut écouter les minorités et il faut être capable d'élargir sa majorité. Et c'est cette intransigeance démocratique du fait majoritaire parce que la pratique politique fait que les hommes politiques ou les femmes politiques ne sont pas capables de s'ouvrir à la différence, de s'ouvrir à des concessions et des compromis. Regardez la réforme des retraites, c'est quand même inouï. On a une. Réforme des retraites qui est rejetée par 70 %

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des Français, pour ne pas dire davantage. Eh bien, comme un seul homme, on va ainsi contre les Français, contre le peuple. Ça montre que la méthode est mauvaise. Mais ça montre aussi que le point d'arrivée n'était sans doute pas le point de maturité et qu'il y avait encore sans doute à travailler. Donc on se retrouve dans une situation où, parce que cette réforme a été profondément rejetée. Eh bien regardez, il ne s'est rien passé depuis. La réforme est bloquée dans notre pays. Il va falloir trouver le moyen de repartir. Ça veut dire d'assumer des regrets, ça veut dire d'ouvrir. Le débat. Et le jeu à d'autres possibilités si on veut pouvoir renouer. Avec. La confiance démocratique. Cette confiance, elle est fragile.

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C'est vrai dans une famille, c'est vrai entre deux personnes qui s'aiment, mais c'est vrai aussi dans un pays. Là, ça fait 40 45 minutes qu'on discute et moi je me dis mais Dominique de Villepin, là, je comprends sa trajectoire, je comprends son authenticité. Et paf, une affaire ! Qu'est ce qui vous est arrivé ? L'affaire Clearstream en l'espace d'une fraction de seconde. Et vous êtes pas le premier, pas le dernier. Tout ce que vous venez de dire ne sert à rien. Ce n'est que des éléments de langage. Ce n'est que de la posture. Toute la machine s'emballe. Les gens sont pour, les gens sont contre et ça fait que ça coûte au pays. Ça fait que les gens s'engueulent à table le dimanche, ça fait qu'on y croit plus.

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Donc ma question est simple est ce qu'on peut encore être authentique, dire oui, dire non et y croire ? Je crois. Je crois. C'est un combat. Et ça demande du temps. Il faut accepter les coups. Et il. Faut accepter de ne pas les rendre. Il faut être plus fort que la rumeur, non pas en cherchant à la combattre, vous n'y arriverez pas, mais en restant debout, en montrant l'exemple. Donc il faut pas la combattre, faut juste rester debout. Vous laissez passer. L'orage ? Je l'ai jamais, Je n'ai jamais. Fait de. Procès à tous ceux qui me diffamer et Dieu sait. Je peux vous dire dans les derniers mois, les dernières années, le nombre de sottises qu'on raconte dans la presse, de fausses rumeurs. Vous ne gagnez jamais contre ça. Vous vous usez le fer d'avoir

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été et en telle et telle circonstance, d'avoir été couvert de merde, de sentir que les gens s'éloignent parce. Que c'est jamais agréable d'être avec. Quelqu'un qui est couvert de goudron et de plumes et qu'on s'apprête à lâcher à la première occasion. C'est pas agréable. Personne n'a envie de fréquenter quelqu'un comme ça, mais le fait d'avoir connu ça d'abord, ça vous rapproche de beaucoup de gens et surtout, ça vous rapproche de vous même, ça vous rend authentique. Moi, je n'ai rien à gagner de la politique, rien. Je n'ai rien à gagner. Et. Ça me ramène à la vérité de ce que je crois et à la simple vérité du combat que je mène et que je mène pour le service de mon pays. Parce que je crois que notre pays n'est pas n'importe quel pays. Pourquoi j'accepterai, moi, que mes enfants soient

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salis, soit insultés, soit harcelés, soit traîné dans la boue ? Pourquoi je l'accepterais sur les réseaux sociaux ou ailleurs ? Personne, aucun père n'accepte ça. Eh bien, c'est parce qu'il y a quelque chose de plus grand et que depuis qu'ils sont enfants, ils savent qu'il y a quelque chose qui nous dépasse tous, qui est l'amour de la France. Et ça, c'est pas négociable. Et si j'étais quelqu'un parce qu'il a peur de se faire insulter dans la rue ou qui parce qu'il a peur. De se. Faire attaquer sur tel et tel sujet, eh bien rentrer chez. Lui et. Marcher tête basse, Eh bien, je ne pourrais pas vivre, Je ne pourrais pas me regarder dans la glace. Je n'aurais pas le sentiment d'avoir été au bout de ce que je dois à mon pays et de ce que je dois aux Français.

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Vous savez, très tôt, on découvre qui on est, on découvre qui on est à travers des livres d'histoire, à travers des images, à travers des rencontres. J'ai eu la chance. C'est la première question que je vous ai posée. Qui êtes. Vous ? Mais j'ai eu la chance de voir le général de Gaulle à quelques mètres de moi, à l'occasion de la communion d'un de ses petits fils qui faisait sa communion en même temps que mon frère. Et quand j'ai vu cet homme. Cet homme droit comme un i. Et qui était qui était la France, il n'y a pas temps. Yvonne, qui lui disait alors. Charles, tu. Te prends pour la France ? Il était la France. Eh bien, je me suis dit ça, c'est l'exemple à suivre. Ça, c'est un homme.

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Qui ne s'agenouille devant rien de méprisable. Voilà quelqu'un qui ne recule pas, voilà quelqu'un. Et ça, c'est l'idée que j'ai de mon pays. C'est quelqu'un. C'est un pays qui joue au dessus de sa catégorie, c'est nous sommes nous sommes en dehors de toutes catégories. Pourquoi ? Parce qu'il y a un devoir français. Il y a quelque chose qui nous oblige dans l'histoire de France. Et quand tous les pays accepteraient. De. Se compromettre parce que c'est plus facile de suivre telle et telle grande puissance, la France, eh bien c'est le discours du général de Gaulle qui fait la leçon aux Américains. La France, c'est un pays qui, au bout du compte, décide. Qu'une. Guerre ne saurait être sans fin et qui met fin à la guerre d'Algérie.

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C'est un pays qui a le courage de se confronter avec lui même. C'est Jacques Chirac qui a le courage et la capacité de reconnaître que, à l'occasion du Vel d'Hiv, la France a failli, l'Etat français a failli et que nous avons commis l'irréparable. Ça, pour moi, c'est la France. Vous avez dit les affaires que j'ai vécues, les coups que j'ai pris m'ont fait beaucoup apprendre sur moi. Il y a beaucoup de dirigeants d'entreprise, il y a beaucoup aussi d'entrepreneurs. Et puis il y a tout un chacun qui, dans sa vie, travaille sur lui même pour progresser. La notion de progression est ce que vous êtes à travers tous ces coups que vous avez pris ? Vous accepteriez de nous dire si c'est le cas, que vous avez travaillé sur vous même pour progresser sur sur

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pour mener vos combats ? Est ce qu'un homme politique peut dire ça ? Mais bien sûr, c'est la. Première chose qu'il doit dire d'ailleurs. Et moi, quand. J'étais enfant et que j'empruntais des livres à la bibliothèque de l'école, je prenais toujours les plus gros livres. Parce que c'est pas. Forcément des livres de développement personnel. Et ici, justement. Quand vous lisez l'Iliade et l'Odyssée, vous pouvez difficilement trouver meilleure leçon de développement personnel entre la trajectoire d'Achille et la trajectoire d'Ulysse. C'est ces deux choix de vie de deux engagements dans la vie. Quand vous lisez Rabelais, Pantagruel, Gargantua, là aussi c'est des choix de vie. Donc je prenais les plus gros livres parce que j'étais convaincu qu'une fois que je les aurai lus,

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j'aurais réussi à me changer, à me transformer, à me débarrasser de tout ce qui pouvait me déplaire justement, dans certaines de mes réactions, de mes façons de penser. Et je n'ai jamais cessé de penser que la première chose qu'on peut faire dans la vie, c'est de se changer soi même. On peut rêver de changer les autres, de changer le monde, mais se changer soi même, c'est quand même ce qui vous permet. À. Chaque fois de vous ajuster et de rester fidèle à ce qu'on est. Se changer, c'est rester fidèle à l'idée qu'on se fait d'un certain nombre d'idéaux que l'on veut atteindre. Donc oui, et de ce point de vue là, toute la littérature, c'est ça. Vous lisez Samuel Beckett, vous lisez. Les grandes pièces. d'Albert. Camus et à.

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Chaque fois, vous êtes confronté à des situations qui sont celles qui vous offrent le changement. Je vous donne un exemple dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski, il y a. Un. Épisode. Tout à fait inouï. Qui est l'épisode du Grand Inquisiteur. Où. Le Christ revient sur terre des siècles après, et le Grand Inquisiteur le fait comparaître. Et. Se propose de le condamner.

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Et le Christ se lève et embrasse les lèvres desséchées du Grand Inquisiteur qui renonce finalement à le condamner. Les gestes de la vie. Les. Le choix. De l'inattendu. Le choix d'une. Pensée différente de ce que l'on n'attend pas, de cette capacité qu'on a creusé en soi pour. Pour ne pas céder à la pulsion normale de tout être humain dans certaines circonstances de colère, de rage, de gratitude, Tout ça transforme le monde. C'est comme ça qu'on change le monde. Et c'est ce qu'on peut apprendre de plus beau à nos enfants, c'est

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que il ne faut pas se laisser aller à tout ce qui au fond de nous. Bout. Et il faut être capable de le transformer, de l'enrichir. Et. De l'apporter après. À. La vie collective. Donc je pense que oui, cette alchimie, cette métamorphose, je l'ai souvent dit, pour un président de la République, un président de la République, c'est un homme qui doit se métamorphoser. Personne n'a. Écrit dans son destin. Dans ça. Dans son esprit, une capacité naturelle à devenir un jour chef de l'Etat. Ça veut aussi dire connaître ses fragilités. Mais bien sûr ! Mais c'est en ça qu'il faut être capable de métamorphose. Parce qu'il y a au cœur de tout ce dont on parle une idée qui explique l'esprit

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mission, qui explique l'esprit de service public. Le choix de servir l'Etat, c'est l'intérêt général pour arriver à servir l'intérêt général, il faut sortir de soi même, il faut sortir de ses égoïsmes, il faut sortir de ses désirs personnels, il faut sortir de ses ambitions. Et. Être à la hauteur de cet intérêt là.

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Il y a ceux qui nous écoutent, il y a ceux qui nous regardent. Vous m'avez vu ce qui nous regardent. Vous m'avez vu sourire quand vous avez dit l'intérêt général. J'ai souri parce que j'ai retrouvé cette phrase du pape François qui a été dit par différents papes avant lui. Je le cite La politique est une des formes les plus élevées de la charité, parce qu'elle cherche le bien commun. Est ce que vous, à titre personnel, la vie spirituelle fait partie de votre vie et est ce qu'elle guide aussi votre engagement ? Elle vous transmet une hauteur de vue. Elle vous garde aussi humble par rapport à quelque chose qui nous dépasse et qui qu'on appelle la verticalité, la transcendance. Qui, qui, qui pour ceux qui y croient, est aussi un moteur, une source, une confiance de vie.

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Bien sûr, et dans mon cas, j'ai eu des. Périodes très différentes.

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Dans toute une partie de ma vie, du fait de l'éducation qui était la. Mienne et. Des épreuves que j'ai traversé. La force spirituelle a été très présente. Au point que. J'allais à la messe tous les jours, je. Gèle. Le besoin d'une quête spirituelle était très. Fort avec avec le. Temps, avec la réflexion. Mais cette quête est davantage aujourd'hui une quête d'humanisme, une quête d'universalisme, une quête d'altérité. Et cette cette exigence là. Est elle. Est elle est en permanence à la source de questions. Quand on. Lit les évangiles, on est extraordinairement frappé par la capacité. De. Jésus à réconcilier le visible et l'invisible.

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La poésie fait pareil. Vous pouvez développer ce point là. Les paraboles permettent d'établir ce lien entre la vie quotidienne, la femme adultère que d'aucuns voudraient lapider parce qu'elle n'obéit pas aux règles morales de la cité. Et Jésus trace dans la poussière des petits dessins en disant que celui qui a le plus péché jette la première pierre. Et puis il passe quelques instants. Et évidemment. Les pharisiens s'en vont les uns après les autres. Ils se retrouvent seul. Avec la. Femme adultère. C'est. C'est le visible qui rencontre l'invisible. Je citais Saturnin et Gérard de Nerval. Toute sa vie, il a voulu réconcilier le rêve et la vie.

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Je crois que c'est de rendre cette exigence. A quoi ça sert de se dire chrétien pour un responsable politique si vous n'êtes pas capable de le faire transparaître dans votre engagement, de le faire vivre à travers les choix que vous faites ? Est ce que vous vous prenez des moments de recueillement, de silence pour un croyant, dirais de spiritualité ? On dirait de prière pour un non-croyant, un moment de méditation. Est ce que on est capable aussi ? Est ce que vous parfois vous prenez des moments dans votre hygiène personnelle d'extraction du monde à la fois pour être humble par rapport à ce qui me dépasse et en même temps aussi pour avoir le temps du recul ? Oui, c'est indispensable. Moi je suis resté fidèle. À. L'angélus du matin. Et. L'angélus du soir.

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C'est ces moments où on se retrouve, on fait le point. Qu'ai je fait de ma journée ? Est ce que j'ai. Est ce que je me suis trompé ? Est ce que j'ai péché ? Je m'excuse de l'emploi de ce terme et au sens est ce que. Est ce que j'ai dérapé ? Est ce que j'ai. Est ce que j'ai fait tout ce que je voulais faire ? Ce questionnement le matin, de bonnes résolutions, de celles qu'on s'est fixé la veille, des nœuds qu'on a fait dans son mouchoir et le questionnement du soir pour pour voir jusqu'où on a pu aller et essayer de faire mieux le lendemain. Je crois qu'il faut beaucoup d'humilité et c'est vrai que la solitude, elle est indispensable. Moi c'est pour ça que l'écriture m'a accompagné et m'accompagne tout au long de ma vie. Parce que devant la page blanche, je ne peux pas me mentir,

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je ne peux pas trahir. Et c'est la même main qui écrit et c'est. C'est le même enfant qui respire. Et donc ça, on ne trahit pas, on ne. On ne peut pas jouer avec son enfance. Et au bout du compte, c'est le jugement le plus dur qu'on puisse se porter à soi même, c'est celui de convoquer l'enfant qu'on était pour juger de ce qu'on est devenu. Et ça, c'est une nécessité absolue. La boucle est bouclée. Avec notre début d'interview, on arrive au terme Dominique de Villepin de notre échange. On est tellement rentré vite que j'ai même pas eu le temps de vous faire retourner les deux dernières cartes qui étaient deux autres phrases à compléter. Retourner parce que les gens vont nous demander ce que c'est. Peut être que vous pouvez répondre en une fraction de seconde, mais.

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Ce n'est pas un manifeste pour 20. Ouais, mais très simplement. Non, ce n'est pas un manifeste pour. 2027. Mais c'est. Mais c'est. Une volonté de poser une pierre blanche dans ma réflexion. Dans. Ma volonté de partager avec les Français cette réflexion. Donc c'est une pierre sur un chemin. Et la dernière carte. La dernière fois que j'ai dû dire non et. Que ça m'a coûté, c'était bien, c'était, c'était pour Gaza. Non. Non, à un monde qui devient un monde inhumain. Non à un monde qui qui divise. Non à un monde qui perd le sens. Du. Quotidien, des valeurs. Non. Un monde qui ne regarde pas les enfants mourir et les femmes mourir innocentes.

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Et tout en essayant de ne pas perdre de la complexité d'un enjeu aussi difficile que celui de Gaza. J'aimerais que vous nous laissiez tous ceux qui nous ont écouté, qui nous ont regardé avec deux lueurs. Une personne aujourd'hui qui ne sait pas dire non. Vous aimeriez lui dire quoi ? Vis chaque instant de ta vie, comme si la vie allait s'arrêter. Et pour celui qui ne croit plus en rien quand il regarde notre époque. Ouvre les yeux sur celui qui. Passe à tes côtés. Ouvre ce livre, Ouvre les yeux sur cette femme qui porte son enfant et qui marche dans la rue, ouvre les yeux sur le sur l'enfant que tu étais. Merci beaucoup, Dominique de Villepin d'être venu aujourd'hui sur le plateau des Lueurs. Je rappelle la sortie

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de votre livre Le pouvoir de dire non aux éditions Flammarion. Merci à vous tous de nous avoir suivi. J'espère que cette nouvelle série vous plaît. Vous pouvez la commenter, vous pouvez nous faire vos retours. Vous pouvez aussi poser vos questions à Dominique de Villepin. On lui transmettra. Continuez de vous abonner et moi je vous donne rendez vous dès dimanche prochain pour un nouvel épisode des Lueurs. A très vite !