Rachida Dati : "A titre personnel, je voterai Emmanuel Macron mais ce n'est ni un vote d'adhésion, ni un ralliement"
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Que voter pour le deuxième tour de l'élection présidentielle qui aura lieu le 7 mai ?
- 1:29RelanceRéponse partielle
Vous avez été choqués par quoi ?
- 1:33RelanceÉludée
Mais qu'est-ce que vous voulez dire par la défaite ? Les raisons de la défaite ? Les causes de la défaite ?
- 2:09OuverteRéponse partielle
Vous incriminez qui ? La personnalité du candidat ?
- 2:45RelanceRéponse partielle
Vous ne l'avez pas trouvé si digne que ça ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que je vous demandais si vous mettriez un bulletin de vote Emmanuel Macron dans l'urne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« À titre personnel, je voterai Emmanuel Macron. »
- 1:07Invité politiqueFait
« C'est pas un vote d'adhésion, c'est pas un ralliement. C'est qu'aujourd'hui on n'a pas d'autre choix. »
- 1:59Invité politiqueChiffre
« qui est quand même quasiment au 20%. »
- 2:04Invité politiqueFait
« C'est la première fois que la droite est disqualifiée, pour un deuxième tour. »
- 2:21Invité politiqueFait
« On était quasiment majorité absolue. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Il a une part de responsabilité. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Il est en grande partie à l'origine de cet échec. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« Il y a quand même plus de 40% des Français qui ont voté contre l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron devrait aussi s'interroger pourquoi, alors qu'il est en tête, il n'a pas créé la dynamique. »
- 10:24Invité politiqueFait
« j'ai entendu que toutes les peines de deux ans doivent être absolument exécutées. Il faut construire 15 000 places de prison sur le Régalien. »
- 10:40Invité politiqueFait
« L'école, on n'a jamais autant fait augmenter les inégalités à l'école. C'est une catastrophe ce qui se passe en France en ce moment. »
- 10:47Invité politiqueFait
« La pauvreté n'a jamais été aussi élevée en France. »
- 15:51Invité politiqueFait
« Moi, je trouve qu'il fasse très attention avec ce type de phrase. »
Temps de parole
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info. On est ensemble jusqu'à 9h comme tous les matins. Jean-Michel Apathy, bonjour. Bonjour Fabienne. Gilles Bornstein est également avec nous, avec Guy Birenbaum comme tous les matins. Et notre invité, député européen, ancien ministre de la Justice. Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Que voter pour le deuxième tour de l'élection présidentielle qui aura lieu le 7 mai ? Le débat agite les républicains. Tous les dirigeants des républicains, votre parti Rachida Dati, sont d'accord pour dire qu'il faut barrer la route à Marine Le Pen. Quelquefois ça s'arrête là. D'autres sont plus précis. C'est l'ADN de notre parti. D'autres sont plus précis.
On va écouter François Baroin. C'était dimanche soir sur TF1.
Je vais m'exprimer à titre personnel. J'ai inscrit mon action politique depuis 25 ans dans la filiation gaulliste qui a toujours été l'adversaire irréductible du Front National. À titre personnel, je voterai naturellement Emmanuel Macron.
À titre personnel, je voterai Emmanuel Macron. Et vous Rachida Dati ?
À titre personnel, je voterai Emmanuel Macron.
Vous mettrez un bulletin de vote Emmanuel Macron ?
Oui mais c'est pas... Moi je vais vous dire, mais je suis très inquiète pour la suite. C'est pas un vote d'adhésion, c'est pas un ralliement. C'est qu'aujourd'hui on n'a pas d'autre choix. C'est l'honneur de notre famille politique. Mais c'est vrai qu'il n'y a aucune hésitation dans notre parti à voter contre Marine Le Pen. Aucune hésitation. Mais accepter quand même qu'on soit très choqués par cette lourde défaite et cet échec cuisant qu'on a quand même subi lors de ce premier tour de l'élection présidentielle.
Vous avez été choqués par quoi ?
Par la défaite.
Mais qu'est-ce que vous voulez dire par la défaite ? Les raisons de la défaite ? Les causes de la défaite ?
François Fillon ? Tout, c'est un tout. Il n'y a pas une cause, il y a plusieurs causes. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, notre électorat, nos militants... N'oubliez pas les militants, dans quelles conditions ils ont fait campagne. Les pauvres, ils se faisaient quand même piétiner, agresser, insulter tous les jours. Mais ils ont quand même maintenu le cap pour mener cette campagne. Pour quand même arriver à un score finalement assez honorable, compte tenu des circonstances, qui est quand même quasiment au 20%. Mais c'est vrai qu'on a été traumatisés par cet échec. C'est la première fois que la droite est disqualifiée, pour un deuxième tour.
Sachant que la France est quand même majoritairement à droite. Vous incriminez qui ? La personnalité du candidat ? Non, mais il y a plusieurs raisons. Cette élection était imperdable. Rappelez-vous le lendemain de la primaire. On était quasiment majorité absolue. C'est-à-dire qu'on partait, c'était le boulevard, jusqu'au 23 avril ou 23 avril. Et puis on se crache. C'est quand même douloureux. C'est Fillon donc ? Il a une part de responsabilité. Lui-même l'a reconnu. Mais certains disent oui, il est parti dignement. Parce qu'il a reconnu son échec personnel. C'est quand même... Il est en grande partie à l'origine de cet échec.
Vous ne l'avez pas trouvé si digne que ça ?
Non, non. Vous savez, je ne veux pas être désagréable. Dès le matin, on va quand même commencer les... Mais c'est comme quand on dit, c'est ténor de la majorité. Ce comité... Rappelez-vous, on appelait le comité des sages. La sagesse et les ténors, on est disqualifiés. C'est qu'à un moment donné, les ténors, ils ne sont pas si ténors que ça. Et puis la sagesse, elle n'a pas été peut-être là où elle aurait dû être. La sagesse, on l'a retrouvée chez les militants et les adhérents qui ont porté ce parti, ses idées, son projet et ses... Est-ce que la sagesse aurait été de se retirer ? Il y a eu un débat. Peut-être qu'il y a eu un débat. Ça a été posé sur la table, vous le savez bien.
Oui, on le sait, on le sait.
On le sait, il ne le s'est pas retiré. François Barouin, notamment, lui a permis de demeurer le candidat. On se souvient de l'épisode de Trocadéro. Vous voulez un peu à François Barouin de ça ?
Non, parce que François Barouin n'était pas candidat quand même.
Non, mais François Barouin était bien en vue devant les caméras, derrière François Fillon. Puisqu'on connaît tous ces épisodes. Et début mars, il a été un soutien important. On a perdu, M. L'Apathy, on a perdu. On va passer à autre chose, d'accord. Alors, pourquoi est-ce que je vous demandais si vous mettriez un bulletin de vote Emmanuel Macron dans l'urne ? Parce que certains dirigeants des Républicains ne veulent pas le dire. Par exemple, Laurent Wauquiez dit qu'il faut barrer la route à Marine Le Pen, point. Donc, c'est suggéré qu'un vote blanc ou une abstention puisse faire l'affaire. Et Emmanuel Macron...
Non, l'abstention, non. Non, non, regardez bien le communiqué. On a dit qu'il ne peut pas y avoir d'abstention. Mais le vote blanc.
Et écoutez ce que disait à ce propos Emmanuel Macron hier soir, c'était sur TF1.
Ne pas se positionner, c'est décider d'aider Mme Le Pen. C'est décider de renforcer un projet qui est un projet de sortie de l'Europe, de l'euro et de la République et de ses valeurs.
Alors, vous, vous vous positionnez, vous le dites ce matin sur France Info, vous mettrez un bulletin d'Emmanuel Macron dans l'urne le 7 mai. Mais tous les dirigeants des Républicains ne sont pas aussi clairs que vous.
Non, mais on n'est pas quand même... On a perdu, d'accord, il y a des raisons pour lesquelles on a perdu, mais on n'est quand même pas responsable de tout. Il y a quand même plus de 40% des Français qui ont voté contre l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. Ils parlent de l'Europe. Ce n'est pas uniquement à droite que ça s'est passé. Ça s'est passé aussi chez Mélenchon. Ça s'est passé chez Marine Le Pen. Ce n'est pas la question, vous avez raison. Non, je peux juste terminer ma phrase. Oui, allez-y. Simplement, Emmanuel Macron devrait aussi s'interroger pourquoi, alors qu'il est en tête, il n'a pas créé la dynamique. Rappelez-vous Chirac, il a créé la dynamique.
Pourquoi il ne crée pas la dynamique et un effet d'entraînement ? Chirac, il faisait moins que Macron. Dès dimanche soir, le premier tour. Justement, normalement, Emmanuel Macron aurait dû créer la dynamique. Et aujourd'hui, moi, je fais la différence entre une réussite personnelle, bravo, il a vraiment déjoué tous les pronostics, et puis je fais la différence entre gouverner un pays et avoir un projet politique pour un pays comme la France. C'est vraiment la différence.
Dimanche soir, Laurent Wauquiez a refusé de dire le nom d'Emmanuel Macron, a refusé de dire qu'il votait pour lui. Beaucoup, Xavier Bertrand et d'autres... Martin Aubry, Jean-Luc Mélenchon... Non, mais en partie, dans votre parti, vous avez raison. Beaucoup dans votre... Beaucoup à gauche, on vous confronte aux gens de votre parti. Moi, je vous confronte à la majorité des politiques. Beaucoup dans votre parti ont été choqués par cette attitude. L'avez-vous été aussi ?
Mais non, mais attendez. Laurent Wauquiez, qu'est-ce qu'il dit ? Il faut faire barrage au Front National, parce que ça n'est pas... Et d'autres disent... Je ne peux pas finir une phrase. Je ne peux pas finir une phrase. Il a dit très clairement, il faut faire barrage au Front National, et l'abstention n'est pas une solution. Donc, il ne faut pas s'abstenir, il faut faire barrage au Front National. Le statut de Laurent Wauquiez, il est quand même vice-président de l'UMP, enfin des Républicains. Il a une position liée au parti, et donc le communiqué qui sort et la position qui sort du parti, il l'incarne.
Donc, lui, à titre personnel, sans doute votera-t-il pour Macron, ou en tout cas, il fera barrage au Front National. Mais lui, il prend la position du parti, il a un statut, il est vice-président des Républicains. Donc, il y a eu des discussions et des débats, et j'y étais, sur le communiqué, sur la position à prendre. Ils ont trouvé une position équilibrée, ils l'apportent. Après, il y a la position du parti, et chacun fait ce qu'il veut.
Pour que ce soit clair, vous, vous voterez Emmanuel Macron, et c'est ce que nous retiendrons de notre dialogue dans cette première partie. D'accord, mais moi, j'ai peur pour mon pays, après. On va en parler. Et il est 8h40, sur France Info, l'essentiel, c'est vous, Victor Matry.
Emmanuel Macron, Marine Le Pen, duel à distance et appelle aux abstentionnistes pour le candidat d'En Marche, ne pas se positionner. C'est décidé d'aider Marine Le Pen, la candidate du FN. Donnée perdante dans les sondages, se présente à elle comme David contre Goliath. Le retour à la normale pour le trafic des TGV Est, ce matin, de nombreux trains ont accusé hier des retards à cause de vols de câbles en région parisienne. A Rouen, 300 enfants de 3 à 12 ans, victimes de nausées et de vomissements hier, des symptômes sévères, mais finalement sans gravité. La piste de l'intoxication alimentaire est privilégiée. Les repas venaient tous de la même cantine centrale.
Plus d'un mois après l'attentat de Londres, dans le quartier de Westminster, un homme soupçonné de vouloir commettre une attaque a été arrêté hier dans le même quartier. Par ailleurs, dans la soirée, 4 personnes ont été interpellées. Une femme blessée par balle lors d'une opération antiterroriste. Et puis le voile intégral, bientôt partiellement interdit en Allemagne. La loi a été votée hier soir par les députés. Elle s'appliquera aux fonctionnaires, mais pas à tout l'espace public.
France Info est avec nous ce matin sur France Info jusqu'à 9h. Question Gilles Bornstein.
Est-ce que vous connaissez Emmanuel Macron ? Quelle qualité lui reconnaissez-vous ? Quel défaut ? Est-ce qu'il est digne d'incarner la fonction présidentielle ?
Je ne suis pas psy.
Non mais ce n'était pas une question psychanalique. Vous ne parlez pas de ça. Est-ce qu'il est dit ? Ça, ça arrive. Non mais... Ça ne m'avait pas échappé que vous étiez pas psy, mais est-il digne d'incarner la fonction ? C'est une question de...
Non, moi je le connais. C'est vrai que je le connais bien. C'est quelqu'un qui est... Vous l'avez rencontré, c'est bien ? Oui, non mais moi je le connais depuis la commission Attali. D'accord. Et puis on a un ami commun qui est Jean-Pierre Jouillet. C'est pas un gros mot. Pourquoi ça n'a pas fait rien ? Non, parce que comme on nous a reproché notre amitié par moments, mais donc je le connais depuis longtemps. Il est sympathique, il est intelligent, mais là c'est la France, c'est l'avenir de notre pays.
Vous pensez qu'il a les qualités pour diriger l'État ?
Non, je pense que...
Vous pensez qu'il a les qualités pour diriger l'État ?
Moi je pense que c'est trop tôt pour le dire, parce que c'est la... Moi, ce qui m'angoisse, c'est les législatives. C'est ça qui m'angoisse. Mais moi je trouve qu'il a ringardisé tous ceux qui se disaient nouvelle génération, le renouveau, on est les jeunes, les vieux schnock... Non, pas du tout. En disant... Mais il n'y a pas que lui, comme jeune. Non mais franchement... Il a ringardisé, allez-y, allez-y. Moi je trouve qu'il a ringardisé une partie de la classe politique, il faut se dire la vérité. Oui, il a ringardisé une partie, non ? Il vous a ringardisé aussi. Non mais à droite comme à gauche, c'est vrai que les autres, même du même âge...
Rappelez-vous, Manuel Valls, c'était l'espoir de la gauche. Franchement, il fait vieillard maintenant à côté. Non mais vieillard au sens des idées, même de la manière de faire la politique. Et d'ailleurs, il reconnaissait hier, je l'entendais dans une interview, il disait c'est vrai que j'ai essayé de porter ce qu'incarne aujourd'hui Emmanuel Macron. Il dit, ça a été un échec. Emmanuel Macron a réussi. Donc il a un autre talent, sans doute une autre ouverture. Sans doute aussi, il incarne aussi un espoir.
Qu'est-ce qui vous retient de le rejoindre, franchement ? Qu'est-ce qui vous a retenu ?
Non mais c'est grave quand même. La France et les Français, moi je trouve que ce sont des sujets de gravité. Est-ce qu'il y a des choses qui sont pour grandes écoles ?
Mais ce que ça veut dire, c'est que dans son programme, est-ce qu'il y a des choses auxquelles vous ne pouvez absolument pas adhérer ?
Non, parce que, alors hier j'ai entendu, ça va être compliqué d'ailleurs pour la gauche, j'ai entendu que toutes les peines de deux ans doivent être absolument exécutées. Il faut construire 15 000 places de prison sur le Régalien. Et il commence à être un peu plus clair. Donc ça commence effectivement à se préciser sur certains sujets qui moi me tiennent à cœur. L'école, on n'a jamais autant fait augmenter les inégalités à l'école. C'est une catastrophe ce qui se passe en France en ce moment. La pauvreté n'a jamais été aussi élevée en France.
Donc ces sujets-là, réduire les inégalités à l'école, réduire la pauvreté, favoriser, lutter contre le chômage des jeunes, regarder l'alternance qu'on avait effectivement fait augmenter, ça a beaucoup diminué. Donc il y a beaucoup de sujets qui moi m'apportent, sur lesquels je vous l'entends.
Quand on vous a demandé il y a quelques secondes s'il était capable d'incarner la fonction, vous nous dites, attendez, il y a la législative, il est trop tôt. Maintenant il n'est pas trop tôt, c'est dans dix jours là.
Non mais parce que que il soit... Non mais c'est maintenant qu'on choisit. Ce n'est pas faux. Non mais vous choisissez d'accord. Et après on gouverne comment et avec qui ? Vous le savez bien, on gouverne avec une majorité parlementaire. On va parler des législatives. Restons sur le second tour de l'élection présidentielle. Non parce que le gouvernement avec lequel il va gouverner va être issu de la majorité qui sortira de l'Assemblée. Voilà. Excuse-moi. Et c'est là le sujet.
Restons sur le second tour de l'élection présidentielle. J'aimerais juste comprendre quelque chose que je ne comprends pas en vous écoutant. Parce que je découvre un peu votre pensée. Vous connaissez Emmanuel Macron, vous trouvez qu'il a ringardisé tout le monde mais malgré tout, vous n'avez pas souhaité d'autres en franchir le pas, franchir le pas en le soutenant, par exemple, avant le premier tour.
Non mais soutenir quoi ?
Pourquoi Emmanuel Macron, sa démarche politique ? Vous dites qu'il a ringardisé tout le monde. Oui, c'est vrai. Mais non mais d'accord, je ne contestais pas ça. Enfin, je n'ai pas d'opinion, je vous entends. La question que je vous pose, c'est de savoir qu'est-ce qui vous a retenu de le soutenir, de franchir le pas comme d'autres l'ont fait. Mais ça veut dire quoi franchir le pas sur quoi ? Pourquoi ne l'avez-vous pas soutenu avant le premier tour ? Pourquoi ne l'avez-vous pas rejoint ? Je ne parle pas français ?
Non, parce que moi je suis à droite. D'accord. Même si certains considèrent que c'est quasi pénal que d'être à droite, je suis à droite. Moi je trouve qu'en France, revaloriser le travail, revaloriser la méritocratie, réduire les inégalités à l'école, lutter contre le chômage des jeunes, lutter contre la pauvreté. Et tout ça, il ne l'incarne pas lui, d'après vous ? Moi je n'ai pas entendu des mesures précises. C'est un sujet d'ailleurs, bien avant les élections, parce qu'évidemment on s'est vu, on s'est parlé sur l'école, c'est un sujet dont j'ai parlé avec lui.
On parlait par exemple de la protection maternelle et infantile, justement sur les enfants avant l'école maternelle, pour l'accès à l'école maternelle. Il y a des choses qui se jouent sur les enfants à ce niveau-là. C'est des questions dont on avait parlé avant. Mais moi j'aimerais précisément savoir quel est son projet politique pour la France sur des sujets aussi importants que l'école, qui a été fracassée par la gauche pendant 5 ans, que sur l'insertion des jeunes.
Il a beaucoup parlé de tout ça, mais pas suffisamment à votre avis. Par exemple, il a dit qu'il fallait multiplier les enseignants dans les zones prioritaires. Mais ça ne vous a pas convaincu ?
Par exemple, quand il dit, on va mettre dans certains endroits 12 enfants par classe. Mais ce n'est pas une question d'effectifs. La réussite, elle n'est pas uniquement sur l'effectif. Moi j'ai vu des lycées avec... D'ailleurs, vous allez me dire, ce n'est pas un point de comparaison, mais vu d'où je viens et continue mon parcours, l'école, pour moi c'est une vraie question.
Vous comprenez ce que vous pensez de lui en fait.
Vous dites qu'il insiste sur tout ce qui est important. Oui, mais alors concrètement, moi aussi je suis contre la guerre. Voilà, et après, je suis pour la paix.
Après, je suis contre la pauvreté. Mais ce n'est pas déjà quand il dit les places de prison, l'exécution des peines. Eh bien voilà, c'est nouveau, ça date d'hier. C'est concret. Oui, mais ça date d'hier. Ça date d'hier. Hier soir, il l'a dit.
Ça ne date pas d'il y a 15 jours.
Mais alors de ce que vous entendez depuis 2-3 jours, est-ce que ça...
Non, sur les places de prison, non. C'est dans le programme, quand même.
Ça s'est inscrit dans le programme. Mais ça se dit sur les places de prison, non. Sur l'application des peines, oui.
L'application des peines de moins de 2 ans, non.
Sur l'application des peines. Mais les places de prison, oui. Mme Taubira, qui l'a rejoint, j'aimerais bien connaître sa position sur le sujet. Ils ont empêché la construction de places de prison. Il est au ministère de l'Économie. Il y a un aspect de finance aussi, pour financer les prisons. Non, mais ce n'est pas anodin.
Ça veut dire quelque chose. Est-ce que vous pourriez franchir le pas, gouverner avec lui un jour ? Vous répondez.
Non, parce que moi, je trouve que dans la vie, il faut être cohérent. Moi, je suis cohérent avec mes convictions. Il n'incarne pas mes convictions. Voilà.
Juste un mot. Vous savez, je suis nul, donc je suis obligé d'aller chercher. C'est vous qui le dites. Dès mars, le candidat Macron disait que les peines de prison devaient être exécutées.
Oui, d'accord.
Hier, je l'ai entendu, je ne l'avais pas entendu. Non, mais...
Non, mais tout le monde, même Mme Taubira, je pense qu'elle était d'accord. Ce n'est pas hier soir. Non, mais est-ce que vous voulez être un peu dans la subtilité, pardon, vous dites... Pardon, j'essaye de... Il a du mal. Pardonnez-moi. J'espère contribuer à cela.
Les faits sont subtils, parfois, comme je viens de vous faire remarquer. Non, parce que de dire
qu'une peine de prison doit être exécutée, par définition, une peine prononcée par un juge doit être exécutée. Non, mais ça, ce n'est pas un truc de droite, de gauche... Non, non, non. Non, parce qu'après, on passe au truc, là, hier, il dit sur les peines de prison de deux ans. Pourquoi ? Parce que c'est à partir de deux ans ou entre un et deux ans, c'est aménageable. Je le sais bien. Et ça a été l'ADN de cette gauche pendant longtemps, de dire... Mais ce n'est pas le sien. Non, parce que là, il n'avait pas dit sur deux ans. Il y a une nuance entre plus de deux ans et moins de deux ans. Et donc, il a précisé hier.
Question, Gilles Banchet. Hier, à Sarcelles, Emmanuel Macron était à Sarcelles, ville parisienne où cohabite harmonieusement un certain nombre de communautés. Et il a dit ceci. Je vous propose de l'écouter et de le commenter ensuite.
Madame Le Pen, elle ne peut pas venir dans un quartier comme celui-ci. Parce que, qu'est-ce qu'elle veut ? Elle veut qu'il s'en aille. Elle veut séparer la phrase. La casser en deux.
Est-ce qu'il a raison de dire ça ?
Que Mme Le Pen ne peut pas dire... Moi, je trouve qu'il fasse très attention avec ce type de phrase. Qu'il s'en aille. Qui ?
Elle veut qu'il s'en aille.
Mais qui ?
C'est étranger. Certaines types de populations.
Donc, à Sarcelles, il sait qui est étranger et qui n'est pas étranger. Vous voyez bien ce qu'il dénonche à Marine Le Pen. Non, justement, moi, je vais vous dire. Je dis ça pour le débat dans la perspective du débat. Moi, je ne veux pas être l'avocat du diable. Mais moi, ces sujets... Moi, je suis contre le communautarisme. La gauche a favorisé le communautarisme. Je voyais le débat la dernière fois, d'ailleurs sur un plateau de France Télévisions, avec Julien Drey. Je l'ai connu au moment de SOS Racisme. Ils ont cassé la France. Et ce type-là se permet encore des commentaires. Ils ont réduit le PS, qui est à 6%. Ils ont peut-être une responsabilité.
Et ils nous jettent la paire en disant, c'est vous. Et puis le communautarisme. Mais là, vous ne vous êtes pas parce que je ne suis pas Marine Le Pen. Non, mais là, justement, il faut faire attention au moment du débat parce qu'elle va dire, moi, je ne communautarise pas. Je ne connais que les Français. Je ne connais que les Français. Ce type d'argument peut être extrêmement dangereux parce que moi, je ne fais pas de différence. Quand on est Français, on est Français. et moi, quand je vois quelqu'un, je ne sais pas s'il est étranger ou pas. Il est communautariste maintenant ? Ses propos peuvent être interprétés comme ça.
Moi, j'ai très peur et je pense qu'il le dit de manière bienveillante parce que je vois ce qu'il veut dire. J'entends ce qu'il veut dire. Mais il faut faire très attention parce que ça, ça fait le lit du communautarisme. Et puis ceux contre lesquels on veut lutter, notamment les salafistes ou autres, ça, ça fait leur jeu. Il faut faire très attention avec ce type de phrase. Et moi, je le dis de manière bienveillante à Emmanuel Macron. Et la discussion se poursuit dans une minute tout pile
avec Victor Meul. Il est 8h50, voici Victor Mathé.
Et la croissance de l'économie française qui marque le pas au premier trimestre, 0,3%. Un niveau inférieur aux attentes. Les explications, moins de production, moins de consommation des ménages aussi d'après ses premiers résultats de l'INSEE. Emmanuel Macron sera cet après-midi à Oradour sur Glane, village de la Haute-Vienne où la population fut massacrée par les nazis en 1944. Hier soir, le candidat d'En Marche et celle du FN, Marine Le Pen, ont tenté de mobiliser les abstentionnistes.
Soutenir les communautés chrétiennes visées par les djiadistes, dialoguer avec les autorités de l'islam sunnite, le pape François démarre cet après-midi une visite historique au Caire en Égypte et puis près d'un mois après les dégradations de ses supporters à Lyon, le PSG sanctionné par la Ligue de foot professionnelle, une amende ferme de 100 000 euros et deux matchs à huit clos mais partiels et avec sursis.
France Info. Richard Dettier est avec nous dans l'émission politique de France Info ce matin. Jean-Michel Apathy, question ? Une information, Louis Alliot, qui est vice-président du FN, annonce que Jean-François Jalc, qui remplaçait Marine Le Pen à la tête du FN, vient d'être poussé un peu sur le côté à cause de propos révisionnistes qu'il aurait tenu il y a une dizaine d'années. C'est Steve Briouat qui devrait prendre la présidence du FN. Je ne sais pas si vous avez envie de commenter cette information ou pas, peut-être pas.
Quand vous lisiez la teneur des propos, franchement,
il niait les avoir tenus mais visiblement.
Dans une revue qui s'appelle Le Temps de Savoir qui était publiée par Odile Jacob et dans laquelle il tenait les propos suivants sur l'utilisation d'un gaz qu'on appelle le Ziclombé, je considère que d'un point de vue technique il est impossible, je dis bien impossible de l'utiliser dans les exterminations de masse, propos dont on ne sait pas, encore une fois, même si la chercheuse qui les a recueillis dit qu'elle a les bandes qui la testent. Mais qu'on n'a pas entendu. Mais on ne les a pas entendu.
Un commentaire à chez la teneur ? Le commentaire, moi, si je commente ce que vous venez de dire, il ne faut pas rajouter de l'horreur à l'horreur. Je ne vais pas commenter quelque chose qui est incommentable. Mais est-ce que ça veut dire
au fond que le Front National n'est pas un parti comme les autres parce qu'on y trouve encore ce genre de personnes ? Mais bien sûr
que ce n'est pas un parti comme les autres. Maintenant, on fait comme si c'était un parti comme les autres parce qu'à chaque élection et même, vous allez voir, qu'on va s'atteler à la prochaine élection. On va dire, oui, alors quels seront les comportements pour lutter contre le Front National ? Maintenant, on s'est habitué à ce que le Front National soit à toutes les élections en deuxième tour. Il ne fallait pas débattre
avec Marine Le Pen sur TF1, le premier...
Mais s'il faut débattre parce que moi...
C'est ça qui en fait un parti comme les autres.
Non, et je vais vous dire, ce qui en fait un parti comme les autres, vous ne vous rendez pas compte quand il y a cette élite qui se mobilise pour donner des leçons aux Français. Comme l'élite n'a plus d'autorité morale et qu'elle n'a plus aucun engagement parce qu'ils sont confinés entre eux, ça, ça incite encore plus les Français. Ce que vous appelez l'élite dit,
c'est pas un parti comme les autres.
Oui, mais cette élite dit, vous êtes horrible, vous votez Front National, vous êtes des horribles Français. Non, mais c'est ça. Ça revient à ça. Et donc, ça conforte. Que question rapide. Enfin, les questions sont rapides,
mais les réponses, j'en suis sûr, le seront aussi. Les Républicains peuvent-ils gagner les élections législatives ? Oui. D'accord. Qui doit mener la campagne des législatives et un candidat, on l'écoute.
Le mode de scrutin, il est majoritaire. Si les Français veulent une alternance sans équivoque, s'ils veulent tourner la page de Hollande et de Macron réunis, parce qu'ils sont les deux responsables de la politique économique qui a massacré les classes moyennes, alors, dans ce cas-là, les Français choisiront un gouvernement de droite et de centre droit et dans ce cas-là, je suis disponible pour le gouverner.
Ça serait un bon Premier ministre si vous gagnez ?
Oui, il y a un grand consensus dans le parti concernant François Barrault.
Vous faites partie de ce consensus ? Oui, bien sûr. Écoutez Nadine Morano qui dit que peut-être François Barrault il ferait un bon Premier ministre, mais il y a quelqu'un à côté qui a un grand rôle. Écoutez Nadine Morano.
Vous ne le voyez pas, Nicolas Sarkozy, et pourtant, il est là tout le temps. C'est ça, c'est incroyable, mais c'est ça sa force. Il est là tout le temps ?
Non, mais ce n'est pas Madame Colombo.
C'est-à-dire ? Non, mais c'est genre on en parle tout le temps, on ne la voit jamais. Non, ce n'est pas vrai. Non, mais c'est vrai. Non, mais la question claire, est-ce qu'il doit revenir ?
C'est un peu important, là ?
Non, mais il reçoit tout le monde. Moi, je l'ai vu hier, il reçoit... Ah, vous l'avez vu hier ? Depuis toujours. C'est quelqu'un qui nous voit tout le temps, qui discute avec une politique, vous savez très bien qu'il a mis en politique. Au nom de sa retraite de la politique. Donc voilà,
il n'est pas retiré du tout, quoi.
Non, mais vous n'êtes jamais retraité de la politique, vous n'êtes jamais retraité de votre passion.
Vous l'avez vu hier, et dans quel état d'esprit est-il ?
D'abord, il est très préoccupé par cette défaite, il faut vous dire la vérité. Il est très préoccupé parce qu'il considère quand même que la droite, les Républicains, peuvent gagner une majorité à l'Assemblée, mais quand même, il est inquiet d'un groupe Front National à l'Assemblée. Parce que le groupe Front National à l'Assemblée va gêner Macron s'il est élu et nous gênera aussi. Il faut se dire la vérité. C'est votre question. En tout cas, je ne vais pas poser la question. Il n'est pas dans une logique de retour et on discute pareil avant la primaire et après la primaire. On discute de la même manière.
Mais il est passionné par la politique, il est passionné par son pays et donc de ça, ça ne s'arrête pas du jour au lendemain. S'il n'y a pas de cohabitation,
si ce n'est pas François Barin qui est Premier ministre, est-ce qu'il peut y avoir quand même une forme de coopération ou est-ce qu'on part sur une opposition pure de la part du groupe Les Républicains ?
Est-ce qu'une coopération est exclue ? Non mais la coopération, s'il y a des sujets, regardez même à droite, certains dans mon parti ont voté la loi Macron. Il y a des sujets sur lesquels ils ont voté. Regardez, sur la déchéance de nationalité, droite et gauche se sont retrouvés sur certaines positions. Donc on n'est pas non plus des dogmatiques, c'est du genre c'est la gauche donc on est contre, c'est la droite et on est pour. C'est plus subtil que ça.
Question simple, vous serez candidate aux élections législatives en Chéatine ? Non.
D'ailleurs j'étais venue ici pour en parler. Moi je n'ai jamais été candidate pour la législative, je suis maire du 7ème arrondissement, je suis députée européen. Mais si vous vouliez la circonscription de François-Philippe ? Pas du tout, à jamais. Et reprenez les propos que j'ai tenus ici. Non, rappelez-vous ce que j'ai contesté, c'était la candidature qui avait été faite en dehors de tout statut, de madame Kossusko-Moriza. Oui, mais en dehors de tout statut, de toute commission d'investiture réglementaire. Et moi ce que j'ai contesté, c'est un parachutage d'une personne qui ne correspond absolument pas aux aspirations de cette circonscription et en l'occurrence aux habitants du 7ème.
Donc j'ai juste le droit de dire cela. Et en plus, ça, ça écœure les électeurs. Ça écœure les électeurs.
Vous, vous ne serez pas candidate. Ça, c'est définitif. Ça, c'est dit, c'est clair, c'est simple. Est-ce que sur votre circonscription, 7ème arrondissement, il doit y avoir un bout de 6ème, je ne sais pas quoi. C'est 5, 6, 7. 5, 6, 7, oui. Est-ce que vous souhaitez que l'investiture... Je ne sais pas quoi. Je ne savais pas si le 5ème y était ou pas. Je ne savais pas si il y avait un bout du 5ème.
Le 7ème, c'est je ne sais pas quoi, ça me va.
7ème, 6ème, 5ème. Est-ce que vous souhaitez que soit revue l'investiture qui a été accordée à Nathalie Kosciuszko-Morizet ?
Il y a des discussions, parce que, je veux vous dire, les discussions vont se poser pour savoir si, effectivement, elle peut gagner cette circonscription. Et comme moi, je vous l'ai dit, c'est-à-dire que quand on a vocation à être député quelque part, on y reste. On ne fait pas 22 circonscriptions et dès qu'on échoue, on va ailleurs. Vous souhaitez qu'un autre candidat soit présenté dans cette circonscription ? Non, non, non. Elle n'est pas là, la question. C'est de savoir, j'espère qu'après, elle ne sera pas ministre de Macron en ayant été élue avec nos électeurs. Vous en doutez.
Vous doutez de sa fidélité ?
Moi, je fais confiance aux gens quand on regarde leur parcours. Elle est là, pas tellement, là. Oui, j'ai le droit, non ? Oui, je fais donc goût. Non, mais j'ai quelques arguments objectifs.
Bon, c'est fini ?
Non, mais on peut continuer. Non, on ne peut pas. Je peux faire les infos de 9h.
Merci d'avoir accepté notre invitation.
Et merci à tous ce bon week-end.
Rachida Dati