Mobilisation lycéenne, maintien de l'ordre: l'audition de Laurent Nuñez face aux députés
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Combien de temps souhaitez-vous pour votre propos liminaire ?
- 15:49ComplaisanteRéponse partielle
M. Lucas Landy, vous aurez la parole.
- 22:27FerméeRéponse directe
Retirez-vous tout l'armement intermédiaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:45Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui manifestent pacifiquement. »
- 12:01Invité politiqueFait
« Quand il y a des violences et des dégradations, nous intervenons. »
- 19:04Invité politiqueChiffre
« Hier soir, nous étions à 6629 interpellations. »
- 23:27Invité politiqueFait
« L'atteinte à l'intégrité physique est très grave. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez94 %
- ?4 %
≈ 35,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Merci
beaucoup,
M. le Président. Mesdames et Messieurs les députés, M. le Président, je dispose de combien de temps pour ce propos liminaire
? C
'est le temps qui vous paraît juste et nécessaire. Je pense que pour la clarté du propos, il faut que ça soit synthétique pour qu'ensuite vous puissiez avoir les questions des orateurs.
Très bien. Donc je vais présenter effectivement la gestion du maintien de l'ordre qui est mis en place depuis quelques jours maintenant, depuis plusieurs jours, sur la gestion du mouvement dit des lycéens.
D
'abord,
vous
dire que traditionnellement, nous avons eu et nous avons eu dans notre pays des mouvements de lycéens qui, en général, se déroulent devant les établissements scolaires et qui, de manière assez traditionnelle, se traduisent par des blocages totaux ou partiels.
Et
en général, le mouvement reste cantonné à l'établissement
en
fonction des thématiques. On avait évidemment en fonction des... Les thématiques ont pu varier pour ces mouvements de lycéens. Mais c'est quelque chose que nous avons évidemment l'habitude de gérer, en lien très étroit, comme toujours, avec les responsables des communautés éducatives et notamment les responsables... D'abord, les préfets en lien très direct, évidemment, avec les directeurs des services académiques ou avec les recteurs. Et puis, au plan local, chaque responsable de police ou de gendarmerie avec les chefs d'établissement. Les choses, traditionnellement, se passent bien, que les choses soient dites. Les choses se passent bien dans la gestion des mouvements lycéens. En général,
il
y a des blocages. Quand le blocage est partiel, il n'y a jamais d'intervention des forces de sécurité intérieure. Il est possible que les forces se prépositionnent pour éviter des incidents. Les accès se font, en général, par des accès dits secondaires.
Et
puis, quand il y a des blocages totaux
et
que d'autres élèves, les enseignants, sont empêchés d'entrer dans les établissements, il peut y avoir, il peut y avoir en lien, toujours en lien avec le chef d'établissement, des interventions des forces de l'ordre pour procéder à ce qu'on appelle un déblocage, c'est-à-dire faire en sorte que l'ensemble des élèves qui souhaitent accéder au sein de
l
'établissement scolaire puisse y accéder. Et ça fait partie, d'ailleurs, des instructions régulières que nous adressons au préfet. Et c'est, d'ailleurs, les instructions qui avaient été adressées au préfet au début de notre mouvement. Traditionnellement, d'ailleurs, en milieu de matinée, ces blocages se terminent. Il arrive parfois que les élèves partent en déambulation sauvage dans le centre-ville ou sur l'espace public. En général,
d
'ailleurs, je tiens à le dire, les forces de sécurité intérieure les encadrent. Et quand il n
'y
a pas de dégradation, il n
'y
a pas d'intervention. Voilà. C'est comme ça que ça se passe. Il n
'y a
pas d'intervention dans les mouvements lycéens. Et donc, c'est la première vérité, évidemment, la première vérité à rétablir, c'est qu'il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui manifestent pacifiquement, que les choses soient dites. Il n'y
a
pas d'intervention systématique. Même, il n'y
en
a pas quand les choses se passent pacifiquement.
Et
donc, je trouve qu'il est excessif de parler comme ça a pu l'être. Mais je pense que la question reviendra de répression policière d'un mouvement. Ça n'est pas le cas. Évidemment,
traditionnellement,
dans les mouvements lycéens, quand il y a des violences, les choses peuvent être... Il peut y avoir, évidemment, des interventions.
Il
faut entendre par violence des prises à partie des forces de l'ordre,
des
violences entre les élèves, etc. Et des dégradations contre les matériels, les biens, etc.
Ça, c
'est le premier point. Deuxième point. Le mouvement lycéen auquel nous sommes confrontés,
il
est un peu différent. Il est assez inédit, d'abord, par le nombre d'établissements qu'il touche. Je crois que le ministre de l'Éducation nationale a communiqué très régulièrement sur le nombre d'établissements qui sont concernés, par les participants aussi, qui sont plus nombreux que les mouvements que nous avons d'habitude à constater d'habitude. Mais il est aussi inédit. Il est aussi inédit parce qu'il a basculé assez rapidement dans des violences qui sont graves, dans des violences graves. Je le dis à dessein. Il ne faut pas l'oublier.
Il a basculé dans des violences qui sont très graves et dont je tiens d'ailleurs, évidemment, à disposition de la Commission, la liste de l'ensemble des faits qui ont été constatés partout sur le territoire national. On a vu que le mouvement ne s'est pas cantonné seulement aux abords des établissements. Ou quand il s'est cantonné aux abords des établissements, il a souvent, pas partout, mais il a souvent été accompagné de violences graves. Parmi ces violences, je voudrais en citer quelques-unes.
Pardon, mais je vais quand même documenter ce que je vous dis, puisque quand, avec le gouvernement et comme ministre de l'Intérieur, je vous dis que parfois, on a basculé dans des scènes qui ressemblent plus à des scènes de violences urbaines que des scènes de manifestations, je pèse évidemment mes mots et je sais de quoi je parle.
Donc
je vais vous documenter, famille par famille, de débordements, ce dont on parle.
Il
y
a
eu énormément de violences contre les personnels de l'éducation nationale. Énormément de violences contre les personnels de l'éducation nationale.
Vous
avez toutes et tous en tête les images de la Ciotat, où un enseignant a été aspergé d'essence,
a
reçu un coup de pied de la part d'un élève. Marseille, dans plusieurs lycées, enfin dans un lycée, un proviseur qui a été aspergé d'essence.
Un
autre victime de jet de pierre, d'ailleurs il a été blessé au visage.
Ou
encore Rennes, où des véhicules de personnel ont été incendiés. Je pense à Lille également, là une vidéo avait circulé,
où
un professeur également avait été agressé par des élèves à coups
de
pied dans le dos. Je pense à Toulouse également, ou encore à Nice,
où
deux personnels enseignants ont été blessés. Ça c'est la première famille de violences qui sont assez inédites, et qui sont assez inhabituelles en fait, dans les mouvements lycéens, qui sont même, je dois le dire,
totalement
inhabituels.
La
deuxième série, évidemment, de violences auxquelles on a constaté, c'est l'atteinte au symbole des institutions, symbole de l'État, symbole divers et varié. Je pense, pour vous donner un exemple, à Bordeaux, où on a tenté d'incendier la porte de l'hôtel de ville, à Marseille, où tout le monde a vu un véhicule des marins-pompiers qui a été pris à partie, qui a été donc... Et d'ailleurs, un marin-pompier a été sérieusement blessé.
Et évidemment, je tiens à votre disposition tout un tas d'autres exemples, où on voit que le mouvement s'est enchaîné, pour partie seulement, je ne dis pas que c'est systématique, mais pour partie seulement, après une tournure qui a pu déborder sur de la violence envers les institutions, envers les bâtiments publics également. Je veux le redire. N'oublions pas qu'à Metz, un incendie s'est produit au sein d'un collège, qu'à Pessac, au sein d'un lycée, ont été dégradés des portails, des vitres,
le
tramway qui passait à proximité, étant un autre exemple. Donc une atteinte au bâtiment public. Je passe évidemment également sur l'incendie du lycée Nelson Mandela à Nantes, à Saint-Martin-d'Air également, où une trentaine d'individus ont saccagé une partie des installations
du
lycée Pablo Neruda et ont notamment incendié la loge de la gardienne. Ou encore à Lyon, au lycée Martinière d'Hydro,
il
y a eu une intrusion au sein de ce lycée et il y a eu énormément d'exactions qui ont été commises. Et notamment, le système de sécurité incendie a été dégradé, de sorte que les élèves internes n'ont pas pu poursuivre leur cursus ou que des logements de fonction ont été dégradés.
Je
voudrais vous donner un autre exemple, c'est bien évidemment les victimes lycéennes également.
Il
s'est produit trop souvent, à de trop nombreuses reprises, des blessures de lycéens qui l'ont été dans le cadre de RICS ou de G de Mortier qui n'étaient pas maîtrisés
et
qui ont pu blesser parfois gravement des lycéens.
Ce
matin encore, à Strasbourg, un élève a eu la main gravement blessée sur un G de Mortier. Ce matin encore. Voilà, encore une fois, ces exemples, je les tiens à disposition. J'ai encore à Tonon-les-Bains un élève également gravement blessé à la main. Un élève qui a, par ailleurs, à Célesta, été grièvement blessé par du matériel apporté par des manifestants de type Mortier-Engin artisanal. Et puis on a eu aussi des victimes tiers sur des manifestations, des débordements.
Je
pense évidemment, bien sûr, à ce nourrisson à Saint-Cyr-l'École qui a dû être examiné suite à un tir de Mortier eu égard aux acouphènes dont il a fait l'objet, à Aix-en-Provence, où le jet d'une pierre par un individu qui depuis d'ailleurs a été interpellé, une dame a perdu un oeil. Et donc il y a eu, en marge des manifestations, énormément de victimes tiers.
Il
y a eu également des pillages de commerce, énormément de pillages de commerce,
ou
de tentatives de pillages de commerce qui ont été heureusement empêchées. Mais, madame la députée, je vais vous donner la liste alors des pillages puisque vous semblez en douter. On en a eu à Rennes, on en a eu à Luneville, à Pau, où un magasin de téléphonie a été pillé. On en a eu à Rezé, où il y
a
eu le pillage d'un magasin Lidl. On en a eu à Strasbourg également, où des commerces ont fait l'objet de dégradations. C'était le cas du McDo à Toulouse ou d'un bar tabac à Compiègne. Et puis, on a également eu beaucoup d'atteintes aux moyens de transport, y compris d'ailleurs à Marseille, avec l'incendie d'un bus.
Je
passe sur le mobilier urbain dégradé. Et j'en termine évidemment, évidemment, au titre de cette montée des violences, par les incidents qui ont concerné, les incidents graves qui ont concerné les forces de sécurité intérieure. Les forces de sécurité intérieure. Il y a évidemment l'effet de Belfort, où un commandant de police a été lynché au sol.
Il
y a des blessés qui ont été, des blessés notamment à Montélimar. Voilà, j'ai une liste qui est évidemment très très longue. Je pense aussi à ces deux policiers qui ont été blessés à Marseille ou cet officier stagiaire de police qui a été poursuivé dans les rues de Paris, jeté au sol et qui a fait l'objet de
coups.
Tout ça, et d'ailleurs aujourd'hui encore, je veux dire aujourd'hui encore, puisque M. le Président, vous me demandiez le bilan de la journée.
Il y a
un certain nombre d'événements qui se sont évidemment déroulés
aujourd
'hui,
à
Paris d'ailleurs, où certains d'entre vous étaient présents. Certains d'entre vous étaient présents, M. le député Léomont.
Un
seul ici, mais pour les autres, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec eux au téléphone. On est quand même un peu en contact, quand même. Aujourd'hui, à Béziers-Montpellier, on a eu des incidents extrêmement graves.
Je
crois que la préfète communiquera sur ces faits. À Béziers, avec
des
jets de cocktail Molotov,
le
caillassage du tram à Montpellier, et avec une implication assez importante de la mouvance d'ultra-gauche. Et je vous répondrai sur ce point, M. le Président, sur l'implication des mouvances. Encore aujourd'hui, d'ailleurs, à Fortbac, on a projeté dans l'enceinte d'un établissement des bouteilles d'acide chlorhydrique. À Pantocombo, tir de mortier sur un lycéen qui a été blessé. Tout ça, c'est aujourd'hui.
Donc
tout ça me fait dire, tout ça me fait dire, évidemment, que nous sommes donc dans un contexte de violence qui est assez élevé, et que nous qualifions volontiers, que je qualifie volontiers, quand il y a ces débordements, mais qui sont très fréquents, de violences urbaines. Alors évidemment, évidemment, et là, je réponds très clairement à votre question, M. le Président, sur le mot que j'ai utilisé au journal de 20 heures où j'ai parlé, il n'y a pas de retenue dans les interventions. Il faut évidemment le comprendre, mais il suffisait de m'écouter et d'écouter la suite de la phrase.
Ça veut dire que chaque fois qu'il y a des violences, des dégradations, il y a nécessité d'une intervention de police.
Et
on ne peut pas, je ne peux pas laisser dire comme ça a
pu
être dit sur certains bancs, que le ministre de l'Intérieur avait demandé de ne pas intervenir. Non, c'est faux. Quand il y
a
des violences et des dégradations, nous intervenons. C'est la règle.
C
'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il n'y avait pas de retenue dans le principe d'une intervention. En revanche, quand il y a intervention, on applique la proportionnalité de l'action. Voilà, que les choses soient claires.
Que
les choses soient claires, je veux le dire très clairement. Et d'ailleurs, je vous renvoie parce que, évidemment, j'ai eu l'occasion de le dire hier au QAG. Évidemment, je ne passe pas mes instructions aux forces de sécurité intérieure, que je connais quand même particulièrement bien, par des médias interposés. Je leur adresse les instructions. Je crois que le Premier ministre les a lu. Je vais, compte tenu du temps qu
'il
m'a imparti, vous épargner cette lecture. Mais ces instructions sont très claires. Il y
a
trois Télex. Il y en a un du 26 septembre. Il y
en a
un du 30 septembre où je rappelle à l'ensemble des forces de sécurité intérieure la nécessité d'intervenir quand il y a des violences. Et je ne veux pas qu'il soit dit que je donne des consignes de non-intervention et de le faire systématiquement, compte tenu du public que nous rencontrons souvent sur le terrain, sur l'espace public, qui sont le plus souvent des jeunes mineurs, de le faire avec encore plus de proportionnalité, évidemment, que d'habitude. Et ça, ce sont des consignes permanentes. Et puis, j'ai envoyé une autre instruction
pour
la manifestation d'hier, une instruction qui était qui visait à encadrer les manifestations intersyndicales, celles qui ont été déclarées par des organisations syndicales, dont la CGT, d'ailleurs. Donc,
l
'instruction que j'avais envoyée, c'était que systématiquement, on encadrait ces manifestations en ne se montrant pas. Il n
'est
pas nécessaire que les forces de l'ordre soient visibles. Dès lors qu'il y a un service d'ordre, les choses se passent correctement. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Modulo quelques villes, évidemment, où l'ultra-gauche n'a pas manqué de se manifester en fin de cortège et à essayer de les faire dégénérer.
Alors, quand
on est confronté à ce type de violence, donc voilà, les telex, c'est ça. Les instructions, c'est ça. On ne peut pas ne pas intervenir quand il y a des violences. Et on le fait toujours avec une grande proportionnalité. Mais c'est le cadre légal et réglementaire de l'emploi des armes.
On
le fait, évidemment, dans un contexte qui s'apparente à celui de violences urbaines. Alors, vous me demandez, M. le Président, si le schéma national du maintien de l'ordre s'applique. Oui, il s'applique dans les manifestations, bien sûr.
Mais
parfois, on bascule en violences urbaines. Et quand on est en violences urbaines, on n'est plus dans le maintien de l'ordre. Je vous l'ai donné de le dire, mais il existe des instructions en gendarmerie, en police, à la préfecture de police, qui visent plus spécifiquement à encadrer les troubles liés aux violences urbaines, c'est-à-dire les atteintes fortes qui sont portées aux biens, aux personnes et aux forces de sécurité intérieures. Juste pour aller à l'essentiel, l'armement intermédiaire. J'en profite d'ailleurs pour compléter la réponse que j'ai faite hier à M. le député Benjamin Lucas, à
M.
le député Roger Vico. Vous m'avez dit que l'armement intermédiaire non létal des forces de sécurité intérieure, ce sont des armes de guerre. Vous utilisez évidemment le concept de la réglementation,
mais
de manière un peu...
Voilà,
vous avez aussi envie de faire un petit peu peur. Arme de guerre, arme létale, arme qu'on utilise sur les théâtres de guerre. Que les choses soient claires. Je vous réponds. Je n
'ai
pas eu l'occasion de le faire hier, M. Vico. Je m'en excuse auprès de vous, mais en deux minutes,
c
'est difficile au QAG de répondre. Réglementairement, réglementairement, vous savez, une grenade lacrymogène, une simple grenade lacrymogène est une arme de guerre. Ça veut dire que des particuliers ne peuvent pas en détenir. Ça veut dire que des particuliers ne peuvent pas en détenir. Et ça veut dire que quand on les commercialise, notamment à l'export, on doit demander un certain nombre d'autorisations. Mais ça ne veut pas dire... Vous l'avez bien compris. Vous l'avez bien compris, M. le député, je sais bien. Vous
l
'avez bien compris qu'on ne les utilise pas dans un contexte de guerre. Ça reste des armes intermédiaires non létales qu'on utilise. Mais c'est qu'on utilise dans un cadre proportionné. Voilà. Je vous fais cette précision parce que hier, je n'avais pas pu répondre complètement. Ensuite, ces armes intermédiaires, M. le député, c'est ce que je vous disais hier, elles sont indispensables aux forces de l'ordre parce qu'elles permettent de garder à distance et d'avoir une gradation dans la réponse.
M. Lucas Landy, vous aurez
la parole. J'ai dit au début, M. le ministre, si vous me permettez d'intervenir... C'est
pas ce que j'ai dit, M. le député. C
'est pas ce que j'ai dit. J'ai parlé d'un type d'arme. M.
le
ministre, je me permets
juste d'intervenir parce qu'il
y
a un brouhaha qui monte dans le cadre de cette audition. Le ministre a salué votre question au gouvernement.
Il
ne vous a pas interpellé.
J'ai complété ma réponse.
Vous avez été parmi les groupes les plus pronds à me demander et à vous associer à la démarche d'une audition. Souffrez qu'on écoute le ministre et après, chacun aura sa question. M. le ministre, je
vous
en
prie. Donc, ces armes intermédiaires,
elles
sont absolument indispensables quand les policiers, les gendarmes ont en face d'eux une violence extrême. Ça permet de maintenir à distance, de graduer, évidemment, la réponse. Et ce sont des armes qui sont absolument indispensables.
Et
d'ailleurs, je tiens à dire, mais je l'ai dit hier aussi en répondant aux questions qui m'étaient posées, La proportionnalité de la réponse, elle s'apprécie eu égard au contexte, bien évidemment. Ce n
'est
pas la conséquence de l'utilisation de l'arme qui est prise en compte. C'est le contexte qui doit être celui de légitime défense
et
de la stricte et nécessaire proportionnalité. Et évidemment, toujours après sommation. Vous dire également, et j'en profite pour informer d'ailleurs la commission des lois, puisque je, à date, évidemment, ces interventions, elles se font sous le contrôle
de
la hiérarchie et de l'inspection générale de la police nationale. Donc, en fait, en clair,
de
l'autorité judiciaire qui, quand il y a des incidents, saisit l'inspection générale de la police nationale en judiciaire. Et nous avons actuellement, dans le cadre de ce mouvement, pour l'IGPN, 18 saisines en cours, 18 saisines en cours. Et nous n'en avons aucune pour l'inspection générale de la gendarmerie nationale.
Ce
que je veux dire également, M. le Président, je vais abréger mon propos pour tenir dans le temps qui m'est imparti. Vous m'interrogez sur la présence d'un certain nombre d'élus sur un certain nombre de blocages,
sur
un certain nombre de rassemblements. Ce qui a été constaté, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par certains députés de la France insoumise et d'autres formations politiques. Je ne reviens pas sur les propos qui ont pu être tenus, qui semblaient légitimer la violence, puis on s'est repris. On a dit finalement non dans certaines circonstances. Mais bon, je ne reviens pas non plus sur les propos qui ont pu être tenus, invitant à s'interposer entre les forces de l'ordre et les manifestants, dont je veux rappeler que les forces de l'ordre n'interviennent que quand il y a des violences.
Vous
me demandez si ce qu'a dit le Premier ministre, donc notamment sur la présence d'un certain nombre de parlementaires de la France insoumise, qui ont été présents au sein des manifestants dans de nombreux endroits. On l
'a
documenté évidemment dans de nombreux endroits, mais les médias s'en sont fait l'écho. Et vous me demandez si on a pu assister à la présence d'autres groupuscules. Oui, très clairement. Notamment en petite couronne parisienne, on a pu avoir des structures qui ont pu venir inciter les lycéens à commettre des exactions. J'assume de le dire. Je pense notamment au point levé, à Révolution Permanente, à certains militants d'ultra-gauche, qui ont pu être vus au sein du mouvement et qui ont incité à la commission de violence.
Il
n
'y a
pas de policier en civil qui incite à la commission de violence, monsieur le député. Mais ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Le bilan. Le bilan, hier soir, nous étions à 6629 interpellations. Je tiens à dire également qu'il y
a
eu 761 policiers qui ont été blessés, policiers ou gendarmes qui ont été blessés. 761. 215 élèves qui ont été blessés, 89 personnels enseignants. En vous précisant que pour les élèves, dans la très grande majorité des cas, pour les élèves, dans la très grande majorité des cas, les blessures sont des blessures qui sont accidentelles. Je veux escalader, je veux escalader un portail, je trébuche. Je veux mettre une banderole à vitaneuse, je me casse la figure au sein d'une verrière. Ou victime ou victime de jets de projectiles et de mortiers par d'autres manifestants. C'est la très grande majorité des blessures.
Mais qui sont vraiment, j'ai évidemment une pensée pour l'ensemble des blessés, sont vraiment toujours des blessures qui sont bien évidemment de trop.
Je
salue évidemment le travail des forces de sécurité intérieure qui, chaque fois qu'elles ont pu, ont mis un terme aux exactions. Et je veux évidemment les saluer.
Vous
dire également, évidemment, que quand il y a des manifestations déclarées, et je crois qu'hier, c'était un exemple de ce que peut être une bonne gestion d'un mouvement revendicatif, des intersyndicales qui ont déclaré, et des manifestations partout, qui partout en France, se sont bien passées, modulo des fins de manifestation. Ça, c'est assez habituel. Nous avons des groupes d'Ultra ou de Black Bloc qui viennent en perturber le bon fonctionnement. Mais globalement, elles se sont plutôt bien passées. Je veux donc, je remercie à nouveau les forces de sécurité intérieure, les personnels enseignants.
Et
puis, je voudrais dire à l'ensemble de la représentation nationale, je vais prendre le temps quand même d'expliquer quelque chose de très simple. C'est que les policiers qui sont engagés, les gendarmes qui sont engagés dans le cadre de ce mouvement,
ils
le font d'abord pour protéger les lycéens.
Que
les choses soient claires. D'abord, pour protéger les lycéens,
contre
des violences qui peuvent être commises par des individus, par des casseurs. Et moi, chaque fois qu'un policier ou un gendarme est blessé, il se trouve que je leur adresse un message
de
soutien.
L
'un d'entre eux, qui est un brigadier-chef de la préfecture de police de Paris, de la préfecture de police, donc, m'a envoyé un message que je me permets de vous lire très rapidement. Très rapidement sur l'honneur qu'il porte à exercer la fonction qui est la sienne et qui est celle de toute la police nationale et toute la gendarmerie. Il m'écrit, il est vrai que dans l'exercice de nos fonctions, chaque fonctionnaire de police accorde une importance particulière à certaines missions qui lui tiennent profondément à cœur.
Pour
ma part, la protection de la jeunesse de notre pays constitue une priorité à laquelle je suis particulièrement attaché. Ce jour, au péril de mon intégrité physique, j'ai fait le choix de me mettre en danger afin de protéger cette jeunesse qui, malgré ses revendications et certains débordements, demeure à mes yeux une priorité. C'est aussi notre rôle, en tant que policier, de protéger ces jeunes et de veiller à ce que les comportements d'une minorité d'individus malveillants et violents ne viennent pas entacher l'image de ceux qui portent des revendications légitimes et défendent des causes qu'ils considèrent importantes.
Notre devoir est de rester présent, de protéger et d'agir avec conviction, y compris lorsque l'exercice de cette mission nous expose personnellement. C'est avec cette conviction que j'ai accepté ce jour de prendre des risques pour assurer la sécurité de ces jeunes et de ceux qui les entourent. Il me paraissait important de vous lire ce message qui est celui de l'état d'esprit de l'ensemble des policiers et des gendarmes de notre pays qui ne visent qu'à protéger nos concitoyens des individus violents et qui interviennent uniquement contre les individus violents. Je voudrais également avoir, évidemment, d'abord, retirer, M. le député Benjamin Lucas, ce que j'ai dit ce matin.
Ce matin, je n'ai pas annoncé que je retirerai tout l'armement intermédiaire, que les choses soient claires. Je retire un type d'armement qui est la grenade assourdissante qui a causé un dégât très grave à Lens. Je retire provisoirement, je suspends l'utilisation. Oui,
c
'est très grave. C'est très grave. C'est très grave. Il y a une atteinte à l'intégrité physique qui est majeure. Je ne le conteste pas, M. le député. Je ne le conteste pas. Ne jouez pas sur les mots. Je ne le conteste pas. Cher
collègue, je redis ce que j'ai dit à l'instant.
Je
suspends l'utilisation. M. le ministre,
je me repris un instant.
Cher collègue, on va écouter le ministre. M. le député,
M. le député, ce que j'ai annoncé ce matin,
c
'est que je suspendais l'utilisation pour le mouvement des lycéens de ce type de grenades, qui sont des grenades assourdissantes, donc elles sortent le temps que nous comprenions exactement ce qu'il s'est passé. Et je vous le confirme, je pèse mes mots, l'atteinte à l'intégrité physique est très grave. Et j'ai vraiment une pensée pour ce jeune homme, pour sa famille, comme pour tous les blessés, M. le député, M. le
député, M.
le député. Moi, mon travail, c'est qu
'il
n
'y ait
pas de blessés. Mon travail, c'est qu
'il
n
'y ait
pas de blessés. Voilà. Mon travail, c'est ça. Voilà. Mon travail, c'est ça. C'est qu
'il
n
'y ait
pas de blessés, qu'il n
'y ait
pas de violence, et que les policiers puissent intervenir toujours avec proportionnalité. Toujours.
Et
donc, j'ai évidemment une pensée pour l'ensemble des blessés, quels qu'ils soient. Et je terminerai également en disant, hier soir,
le
président de la République nous a réunis, le Premier ministre, et les trois ministres particulièrement concernés, le ministre de l'Éducation nationale, le ministre de l'Enseignement supérieur,
et
le ministre de l'Intérieur.
Et
il nous a bien rappelé le soutien qu'il a apporté aux forces de l'ordre et la nécessité de maintenir l'ordre public. Soutien appuyé du président de la République, du Premier ministre, dont je suis ici aussi le porte-voix, aux forces de sécurité intérieure dans les missions très difficiles qu'elles accomplissent actuellement. C'est très compliqué de maintenir l'ordre sur un mouvement lycéen. C'est très compliqué. Il faut agir avec beaucoup de tact, beaucoup de proportionnalité. C'est ce qu'ils font. Et le président de la République l'a salué, tout en nous rappelant cette exigence de proportionnalité que je fais mienne, que l'ensemble des forces de sécurité intérieure, évidemment, font leur
également.
Et puis surtout, il nous a demandé, c'est ce que les préfets vont continuer à faire, et ce que je fais aujourd'hui devant vous, à toujours bien documenter les circonstances dans lesquelles nous sommes conduits à intervenir. À intervenir. Les interventions ne se passent pas toujours devant les établissements scolaires. Elles se passent parfois sur l'espace public, parce qu'il
y
a des violences. Et donc nous allons continuer à documenter les raisons qui font que nous sommes conduits à intervenir, de manière à clarifier les choses avec beaucoup de pédagogie. Voilà, monsieur le président, ce que je voulais vous dire. Merci. Merci. Merci.
Laurent Nuñez